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2013/09/20

"Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux à Marseille, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir"


Voici deux jours pourtant que le Petit-Colombes, zone urbaine sensible (ZUS) de cette ville des Hauts-de-Seine, vit dans un climat rendu tendu par des tirs échangés entre bandes de petits dealers de deux cités
écrit Sylvia Zappi dans Le Monde à propos d'une ville dans le pays qui, contrairement à l'Amérique, serait à l'abri des passionnés de la violence et des armes à feu.
C'est dans cette dernière que, dans la nuit de lundi à mardi, un homme a été blessé aux jambes par balles de calibre 9 mm. Mardi, un groupe de jeunes a tiré sur le conducteur d'un véhicule qui a pris la fuite sans qu'on sache s'il a été touché. Ces règlements de comptes rappellent la série des 15 agressions par arme à feu comptabilisées entre octobre 2011 et janvier 2013. En juin, des perquisitions avaient permis de saisir drogues et armes et conduit à douze interpellations.

"APPROPRIATION DU TERRITOIRE"

Le maire, Philippe Sarre (PS), s'est empressé de comparer la situation de sa ville avec celle de Marseille. Un rapprochement qui a choqué certains élus et habitants.

Concernant la ville phocéenne, justement :
En s'interrogeant, mardi 12 septembre, sur i-Télé, sur l'opportunité d'envoyer l'armée contribuer à ramener l'ordre à Marseille, Ségolène Royal a relancé une polémique pourtant tranchée il y a un an par le chef de l'Etat. "Marseille n'est pas en guerre, a reconnu l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle. Cela dit, puisqu'il y a des armes de guerre qui sont disséminées, pourquoi ne pas imaginer une coopération entre la police et l'armée pour saisir et détruire ces armes de guerre ?"  Selon un sondage (méthode des quotas,  échantillon représentatif de 944 personnes) réalisé pour le HuffingtonPost, 57% des Français seraient favorables à une telle intervention.  … 
  • Que demandent les politiques favorables à une intervention ?
La sénatrice et maire PS du 8e secteur de Marseille, Samia Ghali, avait appelé en août 2012 à un recours à l'armée pour lutter contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers nord de la ville. "Ça ne sert plus à rien d'envoyer un car de CRS pour arrêter des dealers. Quand dix d'entre eux sont arrêtés, dix autres reprennent le flambeau ! déclarait-elle dans un entretien à La Provence. C'est comme combattre une fourmilière. Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et puis pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages."

2013/09/16

Au pays de la non-violence, un homme "a été abattu comme un animal"


Heureusement que les armes ne sont pas en vente libre en Europe comme chez ces abrutis d'Amerloques rétrogrades et réactionnaires. Ainsi les armes à feu sont mis hors la loi et ne sont entre les mains de personne. Sauf, évidemment, entre les mains des criminels et d'autres… hors-la-loi — qui sont des personnes qui (comme c'est étrange, comme c'est inattendu) ne… respectent point… la loi.

Ainsi, nous apprend l'AFP,
Alors que deux hommes ont été tués par balle, jeudi 5 septembre à Marseille et dans sa région, la préfecture a annoncé une table ronde sur la sécurité samedi matin en présence de l'ensemble des élus et parlementaires de cette ville
 
LE FILS DU DIRECTEUR SPORTIF DE L'OM ABATTU
La région marseillaise a été le théâtre, dans la journée de jeudi, de deux nouveaux règlements de comptes, après un été marqué par une série d'homicides et d'agressions.
En effet, selon Luc Leroux et Laurent Télo, l'un d'entre eux n'est autre que le fils du
directeur sportif de l'Olympique de Marseille depuis 2005 [Le fils de José Anigo] a été abattu, jeudi 5 septembre en milieu d'après-midi, par deux hommes vêtus de noir, casqués et gantés alors qu'il se trouvait au volant d'un véhicule de location. Adrien Anigo, 30 ans, était arrêté à un feu tricolore sur une voie rapide du 13e arrondissement de Marseille. Sur un scooter de forte cylindrée, ses assassins auraient remonté la file des véhicules à l'arrêt. Entre dix et quinze coups de feu provenant d'armes de calibre 9 mm et 11.43 ont été tirés sur le conducteur du véhicule. Selon des témoins, le scooter s'est rapidement noyé dans la circulation. La victime n'était pas armée.

Comme en atteste la venue sur les lieux d'un représentant du parquet de la juridiction interrégionale spécialisée dans la lutte contre le crime organisé, magistrats et enquêteurs ont d'emblée classé ce nouveau règlement de comptes mortel – le quatorzième depuis le début de l'année à Marseille – dans la catégorie du grand banditisme. Contrairement aux nombreux assassinats commis sur fond de trafic de stupéfiants, "nous ne sommes pas dans une affaire de néobanditisme de cité, confie une source proche de l'enquête, mais vraisemblablement dans une lutte entre deux équipes".

"IL A ÉTÉ ABATTU COMME UN ANIMAL"

 … Avant cette série de vols qu'il a toujours contestés, Adrien Anigo avait déjà connu la prison, et son casier judiciaire portait neuf mentions entre 2001 et 2005. "La détention l'avait profondément meurtri, assure son avocat, MChristophe Bass. Il me donnait l'image de quelqu'un qui se tenait à distance de relations pouvant le polluer. Il a été abattu comme un animal, ce qui me choque car je le voyais éloigné d'un tel milieu."

 … Moins de douze heures avant l'assassinat d'Adrien Anigo, un employé d'une déchetterie de La Ciotat (à 25 km à l'est de Marseille) était abattu dans le plus pur style des règlements de comptes alors qu'il allait prendre son travail à 5 h 30.

2012/09/10

Face au "rythme soutenu des assassinats" à Marseille


'ARMÉE pour garantir la sécurité dans les quartiers ?
demandent Laurent Borredon dans Le Monde (qui inclut aussi un article de Sylvia Zappi) tandis que les Français critiquent la violence chez ces fous des armes à feu aux États-Unis.
Bien sûr, ils ont été un peu piqués au vif, les flics marseillais, par la proposition de la sénatrice PS, Samia Ghali, le 30 août dans La Provence. Mais la déclaration les a placés face à leur bilan. Alors ils sont montés au créneau, avec en tête le premier d'entre eux, le préfet délégué à la sécurité, Alain Gardère, qui est allé jusqu'à assurer, le 31 août, sur RTL, que Marseille est « plutôt une ville paisible ». Depuis janvier, 14 personnes ont trouvé la mort dans des règlements de comptes par armes à feu liés au trafic de stupéfiants. Sans compter ces corps calcinés découverts dans les villes qui jouxtent les quartiers nord, ou cet homme qui est mort, le 12 février, de huit coups de couteau, dans la cité de Frais-Vallons. Il était sorti de prison le jour même.

« On essaie de faire face, on n'est pas démotivé », assure un responsable de la PJ locale. Mais, avec le rythme soutenu des assassinats, une affaire chasse l'autre. Le début de l'année est représentatif : du 12 février au 28 mai, pas moins de onze morts dans des règlements de comptes en seize semaines, rien qu'à Marseille. Le problème d'affichage réside dans le décalage - inévitable en police judiciaire - entre les faits et leur résolution. « Ce ne sont pas des trucs qu'on peut régler en un claquement de doigts, il faut faire un gros travail de terrain. La police technique et scientifique nous aide, mais les délais sont longs. Tout ça est incompréhensible pour le grand public », explique un haut responsable parisien, passé par Marseille, comme beaucoup. « Tout est compliqué par la loi du silence », ajoute un responsable marseillais …
« Poser le bon diagnostic »
Car si les règlements de comptes ont toujours existé à Marseille (dans les années 1980 ou 1990, le chiffre évoluait déjà entre 15 et 20 par an), la ville connaît une recrudescence, depuis 2008, à rebours de la situation nationale. En 2011, près d'un tiers des meurtres entre truands en France ont eu lieu dans les Bouches-du-Rhône. Et 2012 s'annonce comme une année record.

2012/12/20

Dans le Sud de la France, la Prison de la Honte — "C'est le Moyen Age"

L'équipe du contrôleur général des prisons en est sortie effarée. Par l'effroyable odeur d'ordures et d'urine, par les murs qui tombent en ruine, par l'eau qui ruisselle dans les bâtiments, par les rats qui pullulent au point que les surveillants tapent des pieds pendant les rondes de nuit pour les éloigner. Ils ont trouvé un scorpion dans une flaque et surpris un détenu qui lapait l'eau des toilettes, lassé de réclamer depuis trois semaines qu'on répare le robinet de sa cellule. Un autre a fini par leur murmurer, vert de peur, qu'il était l'esclave, y compris sexuel, de ses deux codétenus.
Pendant que les intellectuels français pourfendent le manque d'humanisme dans le système capitaliste pourri de ces êtres égoistes et réactionnaires que seraient les Américains qui n'auraient pas la moindre idée des droits humains et qui seraient rétrogrades comme ce n'est pas possible —, Franck Johannès publie à la une du journal Le Monde un article sur la prison de la honte à Marseille (voir le portfolio ainsi que la vidéo).

Le "surpeuplement des lieux de détention" est du reste une chose que le quotidien de référence décrit comme rien de moins qu'un mal français, tandis que Boris Targe, secrétaire national du Syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP) évoque "une explosion des violences entre détenus et envers les personnels" en concluant que la "situation des prisons est réellement alarmante".
"VIOLATION GRAVE DES DROITS FONDAMENTAUX"

 Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, a jugé le naufrage de la prison des Baumettes, à Marseille, suffisamment alarmant pour utiliser la procédure d'urgence, prévue en cas de "violation grave des droits fondamentaux"

… Le traitement des déchets "est problématique", relève poliment le rapport, le réseau électrique "ne couvre pas les besoins actuels" : un surveillant a fait sa ronde, la nuit, dans un noir intégral, avec sa petite lampe de poche personnelle. Sept douches sur dix sont hors d'état. La cuisine a bien été restaurée en 1998, "mais les couloirs du sous-sol où elle est installée sont extrêmement sales". Quand les détenus ne sont pas remontés de promenade, on dépose les barquettes des repas devant les cellules, à la grande satisfaction des rats qui attendent l'heure des repas. La plupart des barquettes finissent par la fenêtre. "Il est miraculeux qu'il n'y ait pas eu d'épidémie, s'indigne le contrôleur, si un détenu était gravement malade, elle se répandrait comme une traînée de poudre."

PAS DE MOYENS ET SURPOPULATION CHRONIQUE

Des travaux ont certes été entrepris. Un nouveau bâtiment a été construit en 1989, mais il pleut dedans, d'ailleurs le sol a bougé et "d'importants défauts de structure" le condamnent à terme. La prison des femmes, pourtant la moins dégradée, va être reconstruite, avec un autre nouveau bâtiment... en 2017. Mais les travaux de l'actuelle maison des hommes, la plus vétuste, ne sont pour l'heure pas prévus.
… Ces maisons d'arrêt sont elles-mêmes pleines à craquer, avec une surpopulation moyenne de 136,6 %.

GREFFIERS ET MAGISTRATS REFUSENT DE VENIR

Le personnel en revanche est rare, et compte tenu des conditions de travail, l'absentéisme est élevé : 2,6 jours par personne et par mois, a calculé le contrôleur. L'un des gardiens se souvient du jour où un rat lui a sauté sur la poitrine, et il en est resté durablement traumatisé. Il arrive qu'il n'y ait qu'un seul surveillant pour un étage, soit deux cents détenus. Les greffiers des juges d'application des peines refusent de venir en détention – du coup, les magistrats n'y vont pas non plus, tout comme les infirmiers du service psychiatrique (SMPR).

Il n'y a de surcroît strictement rien à faire aux Baumettes. … "Dans ces conditions, résume Jean-Marie Delarue, la seule activité est la promenade, jusqu'à six heures par jour."
Les surveillants ne surveillent pas la promenade – "parce qu'ils ont peur" –, ni d'ailleurs les douches, où se règlent des comptes sanglants. Depuis le début de l'année, les médecins ont recensé quatorze contusions multiples, huit plaies profondes, sept fractures diverses, trois traumas crâniens, un viol. C'est qu'en prison, tout se paie. Comme le téléphone. "J'ai deux prestataires de téléphone, dit un membre de la direction. Le concessionnaire et les caïds."
… Les plus pauvres, ou les moins forts, s'endettent (15 % en moyenne sont indigents), beaucoup n'osent plus sortir de leurs cellules, même pour la douche. D'autres passent au service des gros bras – ou cherchent à fuir. Les feux de cellule s'expliquent souvent par le besoin urgent d'échapper à un créancier. Ça ne résout rien, "on ne sait pas si on ne va pas mettre la victime entre les mains d'autres bourreaux", explique Jean-Marie Delarue, et la menace se porte tout aussi bien à l'extérieur, sur les familles des détenus. "L'état matériel, la pénurie d'activités, la violence : tout se tient. Et cela se passe à Marseille, en 2012."
Des prisonniers témoignent à Simon Piel que "Les Baumettes ce sont des oubliettes" et que "C'est le Moyen Age" :
… ses neuf mois passés dans l'établissement des Baumettes, le centre pénitentiaire de Marseille, dont il est sorti en 2006, l'ont profondément marqué. "On a essayé de me racketter mes baskets ou pantalon, mais je m'étais fait des potes balèzes. Et puis j'ai fait le guerrier. Quand les mecs savent que s'ils veulent vous agresser, il faudra se taper, ils réfléchissent. Si vous acceptez une fois, c'est terminé." Les escaliers, les douches et les espaces de promenade sont les endroits les plus redoutés. "Il ne faut jamais se déplacer seul, explique-t-il. Il n'y a ni caméras, ni surveillants dans ces endroits-là. Quand j'y étais, un type s'est pris trois coups de couteau dans les escaliers. Etre seul, c'est être une cible."

… S'ajoute à cette violence quotidienne et à la difficulté pour un personnel en manque d'effectifs à la gérer, une vétusté qui n'épargne aucun bâtiment. "C'est le Moyen Age", explique un ancien détenu. "Les rats font la taille d'un gros chat", décrit un autre qui pourtant se trouvait lui dans le bâtiment D. Il précise : "Ma cellule était infecte au niveau hygiène : les WC étaient effroyables, il y avait des poils plein le matelas et la couverture." Quant aux cafards, il en a identifié "trois races différentes".
Évoquant "l'indignité de la situation actuelle" et un "scandale national", un éditorial du Monde conclut que "la France régresse et traite ses détenus de façon inhumaine" :
Camus l'assurait : " Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d'une nation qu'en visitant ses prisons. " Visiter la prison des Baumettes, à Marseille, montre que la France régresse et traite ses détenus de façon inhumaine.

Jeudi 6 décembre, Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, a dressé un bilan effarant de l'état de cet établissement pénitentiaire : les rats et cafards pullulent, les cellules aux fenêtres brisées sont d'une saleté repoussante, des détenus, faute d'eau courante, boivent celle des toilettes. La prison est surpeuplée, l'inactivité forcée, les règlements de comptes et le racket généralisés. De fait, la privation de liberté n'y a plus aucun sens, car elle produit des enragés plus violents encore à la sortie qu'à l'entrée.


2012/09/03

Tandis que les Français critiquent la violence aux USA, on appelle à l'armée française à intervenir à Marseille

"Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et puis pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir", affirme Samia Ghali dans La Provence.

Tandis que les Français critiquent la société hyper-violente des USA, Laurent Borredon avec David Revault d'Allonnes nous apprend que
la sénatrice PS Samia Ghali a appelé à ce que l'armée intervienne dans les quartiers nord [ de Marseille], dans un entretien à La Provence. La veille, un nouveau règlement de compte, le dix-neuvième depuis janvier, avait fait une victime – la quatorzième sur la même période.
L'armée, il n'en est pas question, se sont hâtés de rappeler le ministre de l'intérieur, le premier ministre, et même le président de la République, depuis Madrid : "L'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers de notre République." Mais le gouvernement, lancé en cette rentrée dans une grande offensive de reconquête d'une opinion qui doute de l'activité de l'exécutif, ne veut pas être pris en flagrant délit de passivité sur ce dossier. Jean-Marc Ayrault a convoqué un comité interministériel, jeudi 6 septembre. Il réunira les ministres de l'intérieur, de la justice, de l'éducation, de la ville, de la réforme de l'Etat, du redressement productif et de l'économie et des finances.

"C'EST TOUTE LA CHAÎNE QU'IL FAUT RENOUVELER"

Branle-bas de combat ?

… les règlements de comptes, eux, n'ont jamais cessé, notamment dans les cités des quartiers nord. "Il n'a rien changé", estime un policier marseillais.
A COURT DE SOLUTIONS

A Marseille, les policiers semblent à court de solutions. "Ça ne sert plus à rien d'envoyer un car de CRS pour arrêter des dealers. Quand dix d'entre eux sont arrêtés, dix autres reprennent le flambeau. C'est comme combattre une fourmilière", explique Mme Ghali, maire des 15e et 16e arrondissements, dans son entretien à La Provence। Fin 2010, l'opération Brennus – une série de descentes policières dans les cités, décrétée après la mort par balles d'un adolescent de 16 ans – avait ainsi échoué.

"Quand on parle de Marseille, on pense, comme ailleurs en France, violences urbaines et règlements de compte de cités. Alors qu'il s'agit déjà de banditisme, de jeunes qui obéissent aux lois du milieu. C'est un problème de police judiciaire et de réponse pénale", juge pour sa part Bruno Beschizza, secrétaire national de l'UMP.

2012/08/04

Un meurtre de plus, et cela par kalachnikov ; aux USA ? Que nenni : en France


Tandis que les Français continuent de critiquer, de mépriser, et de ridiculiser les Ricains par la présence d'armes à feu dans leur société supposée ultra-violente, Yves Bordenave nous parle dans Le Monde "de la voyoucratie des cités marseillaises" ainsi que du "néobanditisme issu des cités qui ensanglante Marseille et sa région" tout en nous apprenant que
Salim Brahima a été fauché d'une rafale de kalachnikov, dimanche 29 juillet, peu avant 17 heures, à Marseille. … Salim Brahima est le seizième homme assassiné à Marseille et dans son agglomération depuis le 1er janvier. En 2011, 16 personnes avaient succombé sous les balles, victimes elles aussi de règlements de comptes. Au total, en l'espace de quatre années, Marseille et ses alentours ont été le théâtre d'une cinquantaine d'homicides …

Lire aussi notre enquête Jeunes, ultraviolents et surarmés : l'ère des caïds

2016/10/17

À Marseille, « Nous sommes face à un Everest de folie meurtrière »


« Nous sommes face à un Everest de folie meurtrière », a résumé le procureur de la République, Brice Robin, lundi 4 avril, au lendemain de deux règlements de comptes qui ont coûté la vie à quatre hommes à Marseille en quarante-huit heures.
Ainsi commence l'article de Luc Leroux dans Le Monde, alors que Français et autres Européens, ainsi que démocrates US, s'accordent sur le fait que l'Amérique des armes et de la violence devrait prendre l'Europe paisible et lucide en exemple. 
Marseille connaît un regain de violence, avec onze tués depuis le début de l’année lors de règlements de comptes, sur fond de guerre des clans pour contrôler le trafic de drogue dans les quartiers nord. Samedi 2 avril, vers 22 heures, trois hommes ont tiré à l’arme automatique à l’extérieur puis à l’intérieur de l’épicerie située au centre de la cité Bassens (15e arrondissement), l’une des plus déshéritées de la ville et longtemps l’un des plus juteux points de vente de drogue marseillais – au détail mais aussi en gros et demi-gros pour alimenter les autres cités.

2012/01/18

Dans le pays de la civilisation et des leçons sur le port d'armes, "le mois de décembre a vu s'enchaîner des meurtres spectaculaires"

[À Marseille] le mois de décembre a vu s'enchaîner des meurtres spectaculaires.
In the land that is always giving clueless Yanks lessons on gun control and remaining in a Zen state of conscience, Le Monde features on its front page the photo of… a 17-year-old gunned down by a Kalashnikov burst.

Indeed, while Frenchmen remain blinded (or because they remain blinded) to all types of crimes — as noted in Pamela Gellar's Atlas Shrugs story on the Serial Rapist in France [Who] Asks Victims Their Nationality and Religion Before Raping Them (hmm — what religion might he be part of?!) — we learn that homicides and attempted homicides are rising amidst bursts of Kalashnikov fire and spectacular murders.

An investigation by Yves Bordenave and Laurent Borredon into the Marseilles drug rings teaches us the following:
Le rituel est le même dans chaque cité. Les policiers ont à peine montré le bout de leur calandre que le "Arrraaah !" retentit de bloc en bloc, d'immeuble en immeuble, de cage d'escalier en cage d'escalier. Les guetteurs, des gamins, pas plus de 15 ans, veillent avec vigilance sur le commerce de la drogue. Parfois, un ou deux scooters escortent le véhicule jusqu'à ce qu'il sorte de la cité. Font-Vert, le Clos la Rose, la Castellane... toutes sont touchées, organisées, structurées par le trafic.

… cela fait en réalité trois ans que ces cités se mènent une guerre qui ensanglante la ville. Dans son bureau de l'hôtel de police, à l'Evêché, Roland Gauze, le patron de la police judiciaire (PJ) marseillaise, fait ses comptes : "En 2010, dans Marseille, on a dénombré 54 homicides et tentatives dont 17 relevaient de règlements de comptes ; en 2011, on a fini à 38 homicides et tentatives dont 20 règlements de comptes."

Une année plus calme donc, mais gâchée par un mois de décembre particulièrement meurtrier. Cinq morts en quatre semaines. Cinq jeunes hommes, dont un policier, tombés sous les rafales des kalachnikovs. Les victimes ont entre 18 et 38 ans. Elles sont plus ou moins connues des services de police pour leur implication à des degrés divers dans des trafics de drogue. Le scénario : deux ou trois individus cagoulés font irruption dans une cité, armés le plus fréquemment d'une kalachnikov. Ils s'approchent de leur cible, vident le chargeur et repartent à bord de puissants 4 × 4 aussi vite qu'ils sont apparus. "Les gains en argent sont tellement faciles, alors on tue", explique Yves Robert, délégué du SNOP, le syndicat majoritaire chez les officiers.

Parfois, la violence monte d'un cran encore. Dans la nuit du 25 au 26 décembre 2011, trois cadavres de jeunes gens ont été découverts en partie calcinés sur le siège arrière d'une Audi A3 aux Pennes-Mirabeau, à quelques encablures de la Canebière. Ils avaient 19 et 20 ans. Les hommes de la BAC se souviennent d'avoir contrôlé l'un d'eux quelques jours avant sa mort : "Il portait un gilet pare-balles !" Leurs assassins les ont exécutés à l'arme automatique avant d'incendier leur voiture pour faire disparaître toutes traces, certes, mais aussi pour marquer les esprits. Pour impressionner l'ennemi, on ne lésine ni sur les moyens ni sur la méthode.


Yves Bordenave and Laurent Borredon point out that there are places that the police do not dare go.

Une course-poursuite débute. Elle tourne court dans un cul-de-sac. Le passager s'enfuit en courant. Un policier le poursuit, mais revient vite : l'homme s'est engagé dans une zone d'ombre, où une dizaine de personnes veillent. "Trop dangereux", explique-t-il. Rien à reprocher au conducteur, connu des policiers mais resté sur place. Un coup pour rien.

… Des réseaux, il y en a des dizaines. "Impossible à chiffrer", indique prudemment Roland Gauze. Chacun veille, arme au pied, à défendre son territoire, sa part de marché. Le kalachnikov, c'est le nec plus ultra, un signe ostensible de puissance qui a remplacé le fusil à pompe d'antan. Ça fait du bruit. Ça impressionne. Mais les récentes saisies ont mis fin au fantasme d'un déferlement de mitraillettes sur le Vieux-Port. Il s'agit souvent d'armes anciennes ayant déjà servi.

A chaque opération, les enquêteurs mettent la main sur des butins à peu près identiques : quelques dizaines de kilos de cannabis, quelques milliers d'euros en liquide et quelques armes. A la Visitation, les salaires mensuels variaient de 5 000 euros pour les plus mal payés (les guetteurs) à 10 000 euros pour le "charbonneur".




2010/09/15

Le moindre litige se règle au gros calibre — kalachnikov, Scorpio, Uzi, pistolet automatique — et finit au cimetière

Pendant que les policiers français — n'ayons pas peur d'utiliser les seuls mots qui conviennent — emm*rdent les citoyens honnêtes avec des contraventions sans fin et la garde à vue arbitraire, ailleurs la violence explose, écrit Yves Bordenave dans Le Monde.

For a nation — and a continent — used to give Americans lessons 1) on the follies of possessing firearms, 2) on the (related) benefits of trusting the police, and 3) on the (resulting) peace that will follow for society, France has displayed an impressive, and a macabre, collection of bullet-ridden bodies this summer…
Dans [la ville de Marseille] où le milieu "avec un grand M" conserve des positions importantes dans le monde des jeux et des établissements nocturnes, le grand banditisme est aujourd'hui dépassé par ce que Roland Gauze, le directeur interrégional de la police judiciaire de Marseille, appelle "le banditisme des cités". Les parrains corso-marseillais, qui ont longtemps fait régner leur ordre implacable sur le monde du crime, voient la montée en puissance de ces nouveaux adeptes de la gâchette sans foi ni loi.

Leur fond de commerce est le trafic de stupéfiants, essentiellement le cannabis dont la vente fait florès dans les quartiers nord de la ville. Ces territoires sont autant de marchés que se disputent de jeunes truands, organisés sur le modèle des gangs.

…Le chiffre d'affaires quotidien peut dépasser les 10 000 euros pour un seul point de vente ; une activité qui rapporte gros et ne souffre pas la concurrence. Les équipes, composées d'une quinzaine d'individus, s'approprient un territoire (en général autour de leur domicile) qu'ils contrôlent arme au poing. Aucune intrusion n'y est tolérée. Le moindre litige se règle au gros calibre — kalachnikov, Scorpio, Uzi, pistolet automatique — et finit au cimetière. "Il n'y a pas de mise à l'amende, pas de peine intermédiaire. On tire sans préavis, comme dans les séries télé", explique M. Gauze.

The model of the drug trafficking groups, or gangs, adds Yves Bordenave, is usually organized among family members or among friends

L'analyse des données détaillées montre une diminution significative des infractions les moins graves, portant sur les biens, notamment les vols de véhicules (-36,6%) ou les dégradations et incendies de voiture (-27,7%), et une augmentation importante des atteintes aux personnes, notamment des violences
ajoute Luc Bronner dans son rapport du Monde qui constate "une augmentation des "crimes et délits contre les personnes" de 42,4 % en huit ans."
Le nombre de dépôts de plainte pour "coups et blessures" a augmenté de 53%. Les violences contre les personnes dépositaires de l'autorité, notamment les policiers, ont crû de 30%. Les vols avec violence ont augmenté de 15% sur cette période.
On ne s'étonnera donc pas que les armes, destinés à des cités sensibles d'Ile-de-France, forment un trafic très rentable, avec pour clients des bandes spécialisées dans le grand banditisme, selon Piotr Smolar in Le Monde.
Les policiers de l'office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) interviennent au moment où les sacs sont chargés à bord du véhicule volé de Necho, pourvu d'une fausse plaque d'immatriculation. Ils y découvrent huit pistolets-mitrailleurs Ingram de calibre 9 mm, avec chacun un silencieux, ainsi que des munitions.

2018/12/12

Lettre au Président de la République : M. Macron, vous avez évité les révendications les plus importantes des gilets jaunes


La France ! La France, surveillée ! La France, réprimée ! La France, persécutée ! La France, matraquée ! Mais… la France, révoltée !

(Excusez-moi, M. le Président de la République, je me suis emporté…)

Veuillez me permettre, M. le Président de la République, d'ajouter mon humble voix à la cacophonie d'experts professionnels réagissant à vos propos de lundi soir.

En effet, avec votre permission, je vais oser émettre l'opinion que vous ne semblez pas (encore?) avoir compris grand chose à la manifestation des gilets jaunes.

Si vous le voulez bien, je vais commencer par poser quelques questions :

Quelle pourrait être la signification du fait que les émeutes ont (ou semblent avoir) commencé quand votre gouvernement a annoncé la hausse des taxes sur le carburant ? Quelle pourrait être la signification du fait que la révolte a réellement commencé (avec la destruction systématique des radars à partir de l'été) quand votre Premier Ministre, M. Édouard Philippe, a fait passer la limite de lenteur (veuillez m'excuser, de vitesse), déjà assez agaçante précédemment, à 80 km/h ? Quelle pourrait être la signification du fait qu'on retrouve majoritairement les gilets jaunes sur la chaussée, sur les routes, sur les autoroutes, sur les rond-points et devant les péages ?

Oui, M. le Président de la République, vous avez raison : la réponse semble être, si je ne m'abuse, on ne peut plus claire : la révolte porte, avant tout, sur les moyens de transports des Français et donc sur les automobilistes, les camionneurs et les motocyclistes.

Dans cette perspective, M. le Président de la République, pourquoi diable (si vous me permettez l'expression) votre discours de lundi concerne-t'il la hausse du Smic, l'annulation de la hausse d'une taxe et la défiscalisation des heures supplémentaires, alors que, à l'inverse, il n'y a quasiment aucune mesure qui concerne, directement ou indirectement, la répression de ceux qui empruntent les routes de ce beau pays qu'est la France ?

Au contraire, il se peut que, en effet, vous ayez très bien compris le problème, M. le Président de la République, et que vous ayez décidé qu'il faille à tout prix sauvegarder la fiscalité gargantuesque. Comme le dit Jean Nouailhac dans Le Point,
En 2017, les automobilistes auront supporté quelque 67 milliards de taxes et amendes diverses, presque autant que l'impôt sur le revenu.

 … Le président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), Francis Duseux, n'y va pas par quatre chemins : « Le carburant est le produit le plus taxé de France. » Mais encore ? Un autre président, Didier Bollecker, celui de l'Automobile Club Association (ACA), la plus importante organisation privée de défense des automobilistes avec 800 000 adhérents, confirme que « les automobilistes français dépensent plus de taxes que de carburant », plus précisément un total de 36 milliards d'euros en 2017.

À cette somme, pour être complet, il faut ajouter 9 milliards de péage, 7 milliards de TVA sur les véhicules neufs, 6 milliards de TVA sur l'entretien, 4 milliards de taxes sur l'assurance, 2 milliards sur les cartes grises, 2 milliards d'amendes forfaitaires (radars, etc.) et un dernier milliard d'autres petites taxes, soit au total un déluge de 67 milliards d'euros de taxes pour les seuls automobilistes, un chiffre incroyable mais vrai, à comparer aux 73 milliards d'euros d'impôt sur le revenu de cette même année 2017.
 … Pour mieux comprendre le ras-le-bol fiscal des automobilistes, il faut entrer un peu dans le détail de ces 36 milliards d'euros de taxes sur les carburants, l'essentiel provenant de la TICPE, la « taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques », laquelle est elle-même taxée d'une TVA à 20 % ! La surtaxe de la taxe. Le comble du vice fiscal !
Comme l'ajoute 40 millions d'automobilistes, dans un autre courrier adressé à votre intention,
les automobilistes ont eu le sentiment d’être méprisés par une élite politique coupée du monde, en rupture de contact avec eux.

L’association « 40 millions d’automobilistes » n’a pourtant eu de cesse de vous alerter sur ce dossier inspiré par une pseudo élite de défenseurs auto-proclamés d’une sécurité routière dépassée, déconnectée de la réalité des Français et totalement minoritaire. Ces bienpensants vous ont conduit droit dans le mur à 80km/h.

 … Le mouvement auquel vous devez faire face aujourd’hui est incontestablement né de l’automobiliste, né de la colère d’un matraquage de mesures de sécurité routière ou de sanctions financières sans cesse augmentées, d’augmentation de la fiscalité des déplacements.
Si c'est le cas qu'il faut à tout prix sauvegarder la fiscalité gargantuesque, M. le Président de la République, je dirais, avec une bonne dose de certitude, que votre gouvernement n'en a pas fini — c'est le moins qu'on puisse dire — d'être confronté au problème des gilets jaunes et de leur révolte.

Une nouvelle branche des Fake News voudrait que les révolutionnaires ne savent pas ce qu'ils veulent ou qu'ils ne savent en tout cas pas s'entendre entre eux (voir par exemple l'article d'Olivier Costa — merci de ne pas le partager avec les membres du public ; cela pourrait provoquer des réactions de colère incontrôlables).

Il peut, certes, y avoir des différences, M. le Président de la République, à s'entendre sur ce que l'on souhaite que le gouvernement fasse — moi-même, je n'ai aucune envie d'augmenter le SMIC, de hausser les impôts sur les riches ou de faire revenir l'ISF, par exemple — mais ce sur quoi tous les gilets jaunes sont d'accord, c'est au sujet de ce que le gouvernement ne fasse pas — ou, plutôt, au sujet de ce que le gouvernement doit cesser de faire.

En d'autres mots :

Nous ne voulons pas de cadeaux (de pots-de-vin?) dans le futur (même proche) ; ce que nous voulons, ce dont nous avons besoin, c'est un soulagement — un soulagement immédiat.

Ce ne sont pas tant des initiatives que veulent les gilets jaunes. Ce sont des révocations.

Par exemple, nous ne voulons plus des 80 km/h.

Nous ne voulons pas d'une société surveillée en permanence.

Nous ne voulons plus de cette exaspération continuelle quand nous empruntons les routes de la République.

Nous ne voulons plus de ces radars de plus en plus omniprésents et de plus en plus sournois…

PAS DES INITIATIVES, MAIS DES RÉVOCATIONS

Dans cette perspective, M. le Président de la République, je me permets de prendre l'initiative de faire une liste des demandes basiques auxquelles s'accordent la vaste majorité des gilets jaunes et, par ailleurs, de la population française.

Vu que l'Allemagne a une mortalité routière moindre qu'en France, vu aussi que tout citoyen qui se respecte souhaite que la France puisse concourir avec les Allemands, vu aussi que les élites louent sans cesse l'Union Européenne, je suggère que l'on prenne quelques exemples chez nos voisins pour les intégrer dans le code de la route de la République française.

Ce qui souhaitent les gilets jaunes, c'est :

• La révocation de la limite de lenteur (pardon, de vitesse) de 80 km/h et le retour à la normale — voire (tenez-vous bien!) une hausse à la même limitation que nos voisins allemands (100 km/h sur les routes secondaires) ; quant à M. Philippe, certes on peut regretter que le premier ministre sera sans doute dans l'obligation de donner sa démission, mais est-ce que le destin d'un seul citoyen (fut-il premier ministre) vaut celle, potentielle, de 40 millions de Français ?

• La révocation des mesures qui sanctionnent les propriétaires de voitures anciennes

• La révocation des pénalités excessives sur le permis à points, pour des infractions sans conséquence à des règles purement adminstratives, infractions qui n'ont nullement, à aucun moment, mis d'autres gens ou leurs possessions en danger

• La révocation de la liberté accordée aux maires de fixer leurs propres montants des contraventions

• La révocation du projet des péages à l'entrée des villes

• Étudier, comme dans le reste de l'Europe, l'idée d'une révocation de l'ensemble des péages sur la totalité du réseau autoroutier français (certes, en Espagne, on trouve quelques péages, mais uniquement, semble-t'il, dans deux régions — étrangement, il s'agit de la Catalogne et du Pays Basque, les deux régions les plus secouées par des des velléités séparatistes)

• La révocation de nombreux radars sournois, notamment ceux positionnés à des endroits non accidentogènes ainsi que la totalité des radars mobiles, que ces véhicules soient conduits par des gendarmes en civil (quelle humiliation pour un homme ayant rêvé de porter l'uniforme pour défendre ses concitoyens!) ou par des employés de sociétés privées

En fait, M. le Président de la République, ce que voudraient les "déplorables", ce n'est pas nécessairement la révocation de l'État-nounou, du moins une dilution de son emprise.

Dans cette perspective, il y a autre chose. Si les propos qui vont suivre risquent de vous choquer, Herr Präsident der Französischen Republik, ou de scandaliser certains membres de votre équipe, sachez que leur contenu est basé sur les règles en Allemagne seit langem (depuis belle lurette, en allemand), c'est-à-dire le pays voisin dont la mortalité routière par habitant est plus basse qu'en France ainsi que le moteur économique de l'Europe que tous les habitants de l'Hexagone rêvent de rivaliser.

En outre, par conséquent, nous voulons :

• un permis à points dont la perte du premier point ne se fait qu'à partir du dépassement de la limite de lenteur (pardon, de vitesse) de 20 km/h au-dessus de la limite autorisée (certes, l'amende pécuniaire intervient tout de suite, au premier km au-dessus du seuil de tolérance — ce qui, rassurez-vous, permettra à l'État de continuer à financer bon nombre de mesures vitales telles que les nombreux carrefours au fin fond de la campagne française qui — scandale! — n'ont pas encore été transformés en rond-points)

• Une hausse de la limitation à 150 km/h-160 km/h sur l'ensemble du réseau autoroutier français couplée avec — êtes-vous bien assis dans votre fauteuil, M. le Président de la République? — une étude pendant une année de vitesse illimitée sur l'autoroute Paris-Lyon-Marseille. Il s'en va de soi que, au cas où cela pourrait vous faire plaisir, nous sommes disposés à accepter la vitesse illimitée immédiate sur la vaste majorité des autoroutes du pays.

Je vous prie de croire, M. le Président de la République, en l'expression de mes sentiments distingués et je vous assure de ma disponibilité pour tout complément d'information nécessaire.

Vive la République.

Vive la France.

2012/12/25

"Dans les trafics de stupéfiants, y a pas de justice"


"Pourquoi les dealers vivent-ils chez leur maman ?"
C'est la question que se pose Big Browser et
C'est à cette question que tente de répondre un documentaire diffusé dans l'émission "Les Pieds sur terre", sur France culture, au fil des discussions avec des jeunes des quartiers nord de Marseille.
Réponse, donc : "parce qu'ils n'ont pas assez d'argent pour se payer un appartement". Tout simplement. Car pour les petits dealers de La Castellane ou d'ailleurs, le commerce de cannabis n'est pas si lucratif, et les sous qu'ils gagnent, vite dilapidés. "Ils flambent d'ennui", dit la journaliste.

… Les jeunes, entre 18 et 20 ans, décrivent un commerce bien rodé, organisé, hiérarchisé. Il y a le guetteur, qui gagne entre 40 et 80 euros la journée, le rabatteur, le charbonneur ou vendeur, qui gagne 80 à 200 euros, le coupeur et le ravitailleur, 100 à 200 euros, puis la nourrice, le gérant du terrain, et le patron, qui gagnent respectivement 1 500, 6 000 et 10 000 euros par mois maximum, selon la journaliste. On apprend sur le tas, et on peut rapidement monter en grade.

Eux ne font que du shit et de l'herbe. "Ceux qui ont fait de la cocaïne, ils ont tous été en prison ou ils sont morts", explique l'un d'eux. Certains ont perdu des amis. "Dans les trafics de stupéfiants, y a pas de justice." 

2012/09/04

100 médailles d'or aux JO ?

Et voilà que de nouveau — dans une parade d'adulation de l'Europe contre le "nationalisme ferment" qui semble revenir tous les quatre ans —, d'aucuns nous sortent les statistique bidons de l'explosion de médailles que pourrait gagner et que pourrait avoir gagné l'Europe aux Jeux Olympiques si seulement elle était unie :

100 médailles d'or aux JO !

Peut-on comparer les Etats-Unis (310 millions d'habitants) avec la France (65 millions) ? Si le tableau d'honneur mettait en équivalence les populations, l'Europe serait la grande gagnante des JO de Londres : de la Grande-Bretagne (29) à la Lettonie (1), quelque vingt pays ont rapporté à l'Europe un total de 100 médailles d'or ! Deux fois plus que les Etats-Unis (46), presque trois fois la Chine (38), quatre fois la Russie (24) ! Est-on enfermé dans un nationalisme ferment de divisions que les JO entretiendraient indéfiniment ? Question subsidiaire : l'Europe existe-t-elle ?


Pierre Chalier,
Toulouse

Pourquoi des statistiques bidon ?!

Élémentaire, mon cher Watson!

Tous les quatre ans, donc, il y a quelqu'un qui nous sort le vieux refrain que si seulement l'Europe était unie, elle rapporterait une montagne de médailles.

Mais il faut savoir choisir : Si vous voulez avoir une équipe (trans)nationale européenne, il va de soi que la logique demande de mettre fin à la trentaine d'équipes des nations membres de l'UE. Passant outre le fait que le spectateur de Marseille ne va pas nécessairement trouvertrès passionnant de voir un athlète danois et que le spectateur de Copenhague ne va pas trouver d'un intérêt extrême de voir un athlète polonais, on ne peut demander à avoir le beur et l'argent du beur.

Si l'Europe était unie, les Européens ne pourraient mettre la vingtaine d'équipes en compétition mentionnés par Pierre Chalier puisque, logiquement, ils n'y aurait pas lieu pour une équipe (trans)nationale d'entrer en compétition entre eux.

Pour faire la comparaison, il faudrait alors laisser aux Américains le droit de mettre 50 fois plus d'athlètes en compétition, un par État de la Fédération américaine, et qu'en fin des jeux, on additionne toutes ces médailles pour un total au nom des seuls États-Unis !

Ils ne s'en rendent pas compte, mais ce que demandent les champions de l'Europe (il n'y a rien de mal en soi, évidemment, à être champion de l'Europe), c'est le beurre et l'argent du beurre ; ou, en termes moins diplomatiques, de la triche…

2012/08/15

"USArmes" dans Le Monde ; et Europattentats?

Encore un cartoon dans Le Monde (de Selçuk) fustigeant les armes et les tueries aux États-Unis…

Par contre, rarement quoi que ce soit sur les nombreux (si, si) massacres dans l'Europe de la raison et de la lucidité et dans l'Europe du discours et de la paix.

Dans un post de Le Monde Watch d'il y a cinq ans — c'est-à-dire avant la tuerie de 69 personnes en Norvège — on pouvait lire ceci :
Ecosse 1996: 16 enfants tués; Japon 2000: 8 gosses tués; Nanterre 2002: 8 morts; Erfurt 2002: 16 morts; Finlande 2007: 8 morts. "Mais! C'est la FAUTE à l'Amérique! Leurs armes à feu, leur violence, leur télé, leurs gangsters!" Ah oui? Et la Sicile? Et la Corse? Et Nice? Et Marseille? "Ah, mais ça ce n'est pas la même chôôôse… Là, c'est le Milieu!" Apparemment, on a appris (l'éducation nationale?) aux Européens que la violence et les meurtres aux USA se passent surtout entre citoyens "normaux" et pas entre voyous là aussi…

2012/08/05

Jeunes, ultraviolents et surarmés : l'ère des caïds

Dans M le magazine du Monde, Yves Bordenave et Jacques Follorou nous apportent un article sur l'ère des caïds…

Le crime paie toujours, mais la grande criminalité n'est plus tout à fait ce qu'elle a été. Aux parrains corses et marseillais s'ajoutent les voyous issus des cités. Les deux mondes se rencontrent peu. Ils se croisent parfois au hasard des prisons mais ne mêlent pas leurs affaires. Antonio Ferrara, alias Nino, célèbre malfrat originaire de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) reste une exception. Ce petit roi de la cavale, auteur en mars 2003 de l'évasion la plus spectaculaire de la prison de Fresnes – un commando armé de mitraillettes et d'un bazooka avait attaqué l'établissement pénitentiaire pour le faire sortir – a fait ses classes dans le trafic de cannabis, dans sa cité. Puis il est "monté au braquo", où ses talents de perceur de coffres-forts à l'explosif lui ont permis de gagner ses galons dans le gratin du grand banditisme. Si Nino, qui purge une longue peine de prison, n'a rien perdu de son aura, son parcours ne semble pas avoir fait beaucoup d'émules dans les cités. Désormais, les "minots" marseillais comme les "z'y va" de la banlieue parisienne tracent leur route seuls et sans chaperon.

… Avant d'être arrêté et incarcéré en juin 2011, Redoine Faïd, 39 ans, avait déjà purgé une dizaine d'années de prison. Braquages, trafics, Redoine est un bandit de haut vol, accusé du meurtre d'une policière municipale, lors d'une fusillade survenue à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), en mai 2010. Il a grandi à Creil (Oise) où il est très vite devenu le caïd du Plateau, une cité réputée pour être l'une des plaques tournantes du trafic de drogue au nord de Paris. Crâne rasé de près, costume de jeune cadre dynamique, chemise blanche immaculée, Redoine a même écrit un livre en 2010, dans lequel il raconte ses faits de guerre dans la voyoucratie. Attaques de "tirelires à roulettes" (les fourgons blindés) à la kalachnikov, adrénaline garantie, Redoine incarne cette catégorie de criminels apparus sur la scène du banditisme au début des années 1990. Ils ont inventé les go fast, transport de drogue entre l'Espagne et la France à bord de grosses cylindrées conduites à toute vitesse sur les autoroutes. Ils sont fans de Neil McCauley, le personnage joué par Robert De Niro dans Heat. Ont pour héros Al Pacino dans le Scarface de Brian de Palma et confondent la vraie vie avec les jeux vidéo qui ont rythmé leur adolescence.
… Changement aussi de méthodes et de mentalité. Les comptes se règlent toujours à coups de feu, mais le calibre a changé. L'AK 47, la fameuse kalachnikov, remplace de plus en plus souvent le colt 45, l'arme mythique de la pègre. Moins précise mais plus impressionnante, elle est devenue l'arme fétiche des cités. Les tueurs sont moins professionnels, souvent plus jeunes, mais tout aussi efficaces. Violents, audacieux, sans peur et sans scrupule, ils agissent au sein de petites bandes formées au bas des barres d'immeubles. Le sentiment d'appartenance à un territoire domine. Leur fonds de commerce : l'importation et la vente de cannabis. Un business "facile", plus facile que nombre d'activités traditionnelles du banditisme. La prostitution et les jeux, pas assez rémunérateurs, ne les intéressent pas. Ils laissent ça à d'autres, maquereaux originaires des Balkans, de Russie ou d'Europe de l'Est. Les sommes engrangées grâce au deal se comptent en centaines de milliers d'euros. Alors, dans le business, l'assassinat a force de loi.
Comme à Marseille où, depuis trois ou quatre ans, les cités sont devenues le théâtre macabre d'une série de règlements de compte. Là, au cœur de la cité phocéenne et un peu plus qu'ailleurs, les meurtres appellent les meurtres. Le tacatac des rafales de kalachnikov résonne aux oreilles des habitants de la cité Font-Vert, du Clos-la-Rose ou de la Castellane. Autant de cités du nord de la ville connues pour être des hauts lieux du trafic de cannabis. C'est là, dans le dédale des caves et au pied des cages d'escaliers, que s'épanouit ce que les policiers appellent le "néobanditisme". Là que s'affranchissent ceux qui, à 20 ans et parfois moins, rêvent de devenir caïds. Là que des petits délinquants, encore adolescents, tombent sous les balles de bandes rivales, tel Jean-Michel Gomez, 16 ans, fauché au pied de chez lui, au Clos-la-Rose, le 19 novembre 2010.
… La famille Houmani régnait en maître sur la cité [des 4 000, à La Courneuve (Seine-Saint-Denis)] après avoir neutralisé le clan concurrent des Ben Faiza.

A CHAQUE FOIS, LE SCÉNARIO EST LE MÊME : échanges de coups de feu, enlèvements, violences et intimidations. Les butins amassés sont écoulés dans des lieux comme Puerto Banus. Les trafiquants de drogue ont élu ce bout de côte espagnole comme refuge. Porte d'entrée de l'Europe du Sud, c'est sur les plages alentour que se font, toutes les nuits ou presque, les livraisons de cannabis. De là, "l'or gris", l'herbe cultivée au Maroc, remonte à bord de voitures pilotées par des chauffeurs chevronnés payés entre 4 000 et 10 000 euros selon le chargement. Une nuit d'autoroute pour atteindre le sud de la France et la marchandise file vers Toulouse, Marseille, Lyon, Paris, Metz, Nancy, Mulhouse, Lille, etc.