2019/07/24

Che Guevara : Outre la création de camps de “travail et de rééducation”, on lui attribue des centaines d’assassinats arbitraires


Plusieurs décennies après sa mort, cette icône de la révolution cubaine fascine toujours autant. Cinq informations étonnantes sur le “Che”.
C'est ce qu'on peut lire dans un article de Géo par Samantha Barreto.  Est-ce que la vérité sur les gauchistes arrive enfin aux oreilles et aux yeux des francophones ? Sur les cinq informations étonnantes, voici la plus importante :

Che Guevara : un personnage sombre

Pour servir sa cause, le commandant n’hésite pas à se débarrasser de tous ceux qui lui barrent la route. Outre la création de camps de “travail et de rééducation” (des camps de travail forcé) à son arrivée au pouvoir, on lui attribue des centaines d’assassinats arbitraires.

En 1959, quand le régime de Fulgencio Batista est renversé, Che Guevara est d’abord nommé commandant en chef de la prison de la Cabaña. Dans cette forteresse, il met en place un tribunal révolutionnaire qui est à l’origine de centaines d'exécutions. Policiers, militaires et ennemis du nouveau régime y sont jugés coupables de crimes de guerre et doivent parfois justifier leur condamnation devant leur famille. Ce passage à la Cabaña lui vaudra le surnom de carnicerito, autrement dit le “petit boucher”. Mais le Che assume : "Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons de fusiller autant qu'il le faudra", déclare-t-il aux Nations Unies en 1964.
Pour aller plus loin : La Véritable Histoire d'Ernesto Guevara, de Pierre Rigoulot, (éd. Larousse)

2019/04/03

Aux USA, les médias alternatifs ont prouvé à quel point ils étaient nécessaires, face à des médias traditionnels en faillite morale et intellectuelle


Les Américains disent MSM (pour Main Stream Media, « médias traditionnels ») 
explique Matthieu Vasseur sur le site Contrepoints ;
Donald Trump, ce grossier personnage, préfère les appeler fake news media. Ce sont les médias qui dominent le paysage américain depuis des décennies. Au sommet de la hiérarchie, deux journaux (New York Times, ou NYT, et Washington Post, ou WaPo) et deux chaines câblées (CNN et NBC/MSNBC, MSNBC étant la filiale « information en continu » de NBC). Ils sont les médias « de référence », ceux qui donnent le ton des journaux et chaînes de télévision régionaux et/ou moins prestigieux.

Depuis une quinzaine d’années, ces augustes institutions souffraient de la concurrence de l’Internet. De nouveaux sites d’information plus créatifs, plus rapides, plus drôles, plus insolents et plus agressifs leur taillaient des croupières. Qu’il s’agisse de CNN ou du New York Times, la décennie 2010 était celle d’une longue descente aux enfers. Alors que le Dow Jones s’envolait, le prix de leurs actions déclinait. La situation était désespérée. Puis, le 8 novembre 2016, le miracle survient : Donald Trump est élu président des États-Unis.

Trump, un Viagra médiatique

Les mainstream media découvrent la martingale : le pilonnage anti-Trump. Se convertissant dans la dénonciation sans relâche de l’ignominie trumpienne, CNN et MSNBC voient leur audience exploser. À la Bourse, les actions du New-York Times et de CNN s’envolent. Le « Trump-bashing » est du pur Viagra. Puisque Trump est Hitler, ils deviennent les agents de The Résistance. Leur Jean Moulin, c’est Rachel Maddow (les mauvais esprits disent Mad Cow), Grande Prêtresse de l’anti-trumpisme qui officie sur MSNBC. Tous les soirs, elle attire 3 millions de spectateurs à son émission. C’est l’icône de la gauche urbaine des côtes Est et Ouest, et MSNBC la paye 7 millions de dollars par an.

Premier chef d’accusation : Trump est un nazi, et il l’a prouvé lors des évènements de Charlottesville le 11 août 2017. Ce jour-là, une manifestation et une contre-manifestation au sujet du déboulonnage de la statue d’un général confédéré ont dégénéré, des manifestants néo-nazis d’un côté se confrontant violemment avec des militants antifas de l’autre.

Au lendemain de ces événements, Donald Trump déclare qu’il « condamne  totalement » les néo-nazis (qu’il avait antérieurement qualifiés de « répugnants »), mais qu’il y n’avait pas eu qu’eux parmi les manifestants : il y avait aussi eu des « very fine people » des deux côtés (pros et antis), venus manifester pacifiquement.

Les médias explosent : il a utilisé les mots « nazis » et « very fine people » dans la même phrase, donc, forcément, cela signifie que les nazis sont des « very fine people ». CQFD. Miracle du montage sélectif, bouts de phrase par-ci collés à d’autres bouts de phrase par-là : pour les médias américains, Charlottesville devient la preuve absolue des sympathies nazies de Donald Trump. En France, toute la presse, à la suite du journal Le Monde, reprend bien entendu à son compte cette interprétation généreusement fournie par le NYT, le WaPo, CNN et MSNBC.

La haine, décrétée omniprésente dans l’Amérique de Trump, devient une obsession médiatique. Au cœur de ce nouveau culte morbide, le Southern Poverty Law Center (SPLC). Fondé en 1971 pour lutter contre le Ku Klux Klan, il était orphelin de son meilleur ennemi. Avec Donald Trump, il prend une nouvelle jeunesse. Sa mission est la lutte contre la haine, toutes les haines. Le SPLC la voit partout : chrétiens traditionnalistes, conservateurs, trumpistes, tous sont haineux, tous susceptibles d’être dénoncés par le SPLC.

D’année en année, le nombre de « groupes de haine » identifiés augmente. Les Américains ouvrant la Hate Map que publie le SPLC découvrent avec effroi que leur bourgade est en fait un repère de nazis et que leur voisin d’apparence si paisible prépare probablement son prochain lynchage dominical : la preuve, il s’oppose à l’avortement. Appuyée par les médias, la psychose monte. Sommés à leur tour de « lutter contre la haine », les géants de la Silicon Valley font du SPLC leur arbitre des élégances, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

Malheur à ceux, associations, églises, entreprises, commerçants ou sites internet, que le SPLC place dans son collimateur : ils sont chassés des réseaux sociaux, ostracisés et, souvent ruinés. Pour la bonne cause, toujours. Contre les jugements du SPLC, il n’y a pas d’appel. Le SPLC est généreusement rémunéré pour sa sainte mission : l’argent afflue dans ses caisses, il le replace dans des paradis fiscaux. Jamais trafic de vertu ne fut aussi lucratif.

Fin 2018, la résistance peut se prévaloir d’un bilan impressionnant : l’audimat est florissant, le martèlement du thème de la collusion de Donald Trump avec les Russes a empoisonné la campagne des Républicains, en 2018 comme en 2016, et contribué à la reprise de la Chambre des représentants par les démocrates, les journalistes conservateurs sont retranchés dans leur dernier pré carré de Fox News, les réseaux sociaux traquent et purgent les voix dissidentes.

Le NYT et le WaPo s’octroient un Prix Pulitzer (le Prix Nobel du journalisme) conjoint pour se récompenser de leurs efforts pour imposer la théorie du complot russe. Donald Trump peut bien multiplier les tweets rageurs, les journalistes en profitent pour se féliciter de leur héroïsme et font mine de craindre la lourde menace que ces fulminations impuissantes feraient peser sur la liberté d’expression. Le WaPo adopte la pompeusement allitérative devise « Democracy Dies in Darkness » (« la démocratie meurt dans l’obscurité »). Les médias parachèvent leur fusion avec le Parti démocrate ; CNN suit à la lettre les mots d’ordre et les éléments de langage qu’édicte Nancy Pelosi, chef (speaker) démocrate de la Chambre des représentants.

Fake News, Fake News everywhere

Le rêve se brise en 2019.

Le 17 janvier, Buzzfeed, un site phare de la résistance, lâche un bombshell, une révélation explosive : Donald Trump aurait enjoint son ex-avocat, Michael Cohen, de mentir au Congrès, et Robert Mueller en aurait la preuve. Obstruction de justice, parjure : cette fois, on te tient mon gaillard. Euphorie dans les médias , CNN se met en mode 24 h/24 pour couvrir cette révélation. Las, un jour plus tard, consternation : Robert Mueller se fend d’un communiqué pour indiquer qu’il ne disposait d’aucune information de ce type. Partie remise, une fois de plus.

Cela aurait pu être l’occasion d’un grand mea culpa collectif… Pensez-vous ! Le lendemain de cette débâcle, samedi 19 janvier, des adolescents de l’école catholique de Covington, dans le Kentucky, participent à une marche contre l’avortement à Washington D.C. En fin d’après-midi, tandis qu’ils attendent sagement le bus qui les ramènera chez eux, un groupe de Noirs appartenant à la secte des Black Israelites  les insultent infatigablement pendant une heure (« Incest babies! Children of sodomy ! » etc.). Les adolescents, d’abord imperturbables, décident au bout d’un moment d’entonner des chants de leur école pour se donner du cœur et noyer le bruit de ces insultes.

Sur ce, un Native American (Indien d’Amérique) d’un certain âge, Nathan Philipps, se dirige vers leur groupe, se plante devant l’un d’entre eux en le regardant droit dans les yeux et, sans dire un mot, se met à battre son tambour. L’adolescent, surpris et confus, le regarde avec un sourire gêné. La photo de ce face-à-face insolite, entre le vieil Indien et l’adolescent timide, fait le tour des salles de rédaction. Il n’en faut pas plus pour qu’elles s’enflamment : comment, ce jeune morveux ose narguer ce vieil homme ? Racisme, ignominie. Le nom du jeune homme, Nick Sandmann, est diffusé urbi et orbi, il devient un objet de haine universelle.
 
Preuve de sa culpabilité : il porte la casquette rouge MAGA [Make America Great Again], symbole des trumpistes. Il n’en faut pas plus : de la part des éminences médiatiques fusent les appels urgents à lui casser la gueule (« punch him in the face »). Invité sur tous les plateaux télé, Nathan Philipps en rajoute : les adolescents étaient sur le point d’agresser quelques Noirs innocents ; lui, vétéran du Vietnam, a essayé de s’interposer. Ils l’ont entouré et menacé, il a craint pour sa vie. Par provocation, ils chantaient Build the wall, le slogan de Donald Trump. Chez les médias, l’indignation est à son comble : ces partisans de Donald Trump sont décidément les êtres les plus abjects qui soient (en avait-on jamais douté !), et ce dès le plus jeune âge. Agresser ainsi un vétéran du Vietnam, en plus !
Et puis, patatras : la scène a été filmée par des passants, et les vidéos commencent à circuler sur l’Internet. Tout ce qu’a dit Nathan Philipps (dont on apprend par ailleurs qu’il n’a jamais mis les pieds au Vietnam) est faux.

Les Black Israelites et Nathan Philipps ont été odieux, ils n’ont cessé de provoquer et d’insulter ces adolescents qui se contentaient d’attendre leur bus, et qui ont été exemplaires de retenue et de politesse. Ceux-ci n’ont répondu à aucune provocation, ils n’ont jamais chanté Build the wall, ils n’ont menacé personne. Ils voulaient juste retourner dans leur Kentucky natal, loin de la folie de Washington D.C. De nouveau, déconfiture complète des médias.

Peu importe, il en faudrait plus pour les décourager. L’occasion de la revanche vient le 29 janvier, quand Jussie Smollett, acteur montant de la série a succès Empire, noir et homosexuel, ami de gens très, très haut placés, annonce s’être fait agresser pendant la nuit, alors qu’il rentrait chez lui à Chicago, par deux hommes blancs, qui lui ont passé une corde autour du cou (symbole des lynchages) et lui ont versé de l’eau de javel sur la tête. Bien entendu, ces deux hommes blancs portaient la casquette rouge MAGA, bien entendu ils hurlaient des slogans trumpistes.

Pour quiconque y regarde d’un peu plus près, tout dans les faits rapportés par Justin Smollett sonne faux, rien n’est plausible, mais peu importe, l’occasion est trop belle. De nouveau, les médias entonnent leur couplet, de nouveau CNN se met en mode 24 h/24, de nouveau la condamnation des partisans de Trump est sans appel. La haine triomphe, le SPLC nous avait bien prévenus !

Et de nouveau, on apprend deux semaines après que tout était faux : Jussie Smollett, militant anti-trumpiste, avait en fait payé deux frères nigérians pour simuler l’agression à son encontre. Interrogés par la police, ceux-ci avouent la supercherie. De nouveau, déconfiture des médias. 16 chefs d’inculpation sont retenus contre Jussie Smollett.

Et puis… Tout d’un coup, sans explication, mais après intervention d’une proche des Obama, la procureur de Chicago annonce qu’elle abandonne toutes les poursuites et que Jussie Smollett en sera quitte pour 16 heures de travaux collectifs et 10 000 dollars d’amende. Le dossier de police est placé sous scellés. Le Maire de Chicago (un proche et ex-conseiller d’Obama) et le chef (noir) de la police de Chicago ont beau s’étrangler devant ce déni de justice, le message est sans ambiguïté : à Chicago, pays d’Al Capone et bastion sans partage des Démocrates depuis près d’un siècle, la justice, borgne mais pas aveugle, reconnait et protège les siens. Toute l’Amérique est outrée.

Toute ? Non, bien sûr : pour CNN, revenant sur la reconnaissance de la culpabilité de Jussie Smollett que les preuves tangibles lui avaient arrachée de haute lutte (culpabilité que la procureur n’a d’ailleurs même pas pris la peine de nier), « on ne saura jamais ce qui s’est réellement passé ». P’tèt ben qu’oui, p’tèt ben qu’non ; il n’y a bien que CNN en Amérique à ne pas avoir compris ce dont il retourne.

Et vint Robert Mueller

Le faux nazisme, les faux hate crimes ne sont cependant que des amuse-gueule. La pièce de résistance, celle qui a obsédé toute l’Amérique, pendant deux ans et demi, c’est bien sûr la collusion russe.

Selon le Dossier Steele, concocté par un espion anglais à la retraite, et dont on apprend plus tard qu’il avait été financé par Hillary Clinton, alors qu’il était à Moscou Donald Trump aurait, entre autres joyeusetés, demandé à des prostituées russes d’uriner sur le lit de la chambre d’hôtel dans laquelle avait dormi le couple Obama. Les agents de Poutine auraient secrètement filmé la scène et, depuis, feraient chanter Donald Trump. Les autres allégations du dossier, dont on apprendra plus tard que Steele les a puisées parmi les commentaires du site CNN (décidément…), sont toutes aussi insensées, mais peu importe.

Diffusé sous le manteau aux médias avant l’élection de 2016, le Dossier Steele est la « preuve » irréfutable de la collusion russe. Le FBI s’en sert comme prétexte pour mettre Donald Trump et sa campagne sous écoute et pour l’infiltrer, en toute illégalité. On ne saura peut-être jamais si c’est avant tout par animosité personnelle contre Trump ou par carriérisme que les dirigeants des agences de renseignement (FBI et CIA) ont espionné et piégé Trump et ses proches (après tout, Clinton était certaine de devenir la prochaine Présidente, donc il fallait se faire bien voir de la future patronne).

Après avoir bâclé, sur injonction du ministère de la Justice, l’enquête sur les emails criminels d’Hillary Clinton afin de la blanchir, le FBI s’est lancé dans une entreprise de vaste envergure pour déstabiliser Donald Trump. Malheureusement pour eux, John Brennan (ex-Directeur de la CIA) et James Comey (ex-Directeur du FBI) ont misé sur la (très) mauvaise jument.

Le complot échoue : Donald Trump est élu. Il faut alors tout faire pour empêcher que la tentative de coup d’État qu’ils ont perpétrée à son encontre ne soit dévoilée. Il faut détruire Trump avant qu’il ne les détruise. Pendant 2 ans, Brennan et Comey font le tour de médias ô combien complaisants pour annoncer qu’ils disposent d’informations secrètes prouvant la culpabilité de Trump et qu’il faut donc le destituer au plus tôt. Si ce sont eux qui le disent, comment le citoyen lambda pourrait-il en douter ?

Pendant deux ans donc, les Américains sont soumis à un bombardement sans relâche de Russie, Russie, Russie et de collusion. Les mêmes éléments de langage reviennent en boucle : de nouveaux bombshells  (révélations exclusives) signifient que, cette fois, on a atteint un « tournant », c’est le « début de la fin » tandis que « les murs se referment » sur Trump. Il est fichu, il ne passera pas l’année. Secouez, rincez, répétez, jusqu’à annihilation de toute faculté critique.

Les médias se font une idole de Robert Mueller. Ce Javert infatigable va, c’est certain, prouver la collusion et ainsi débarrasser l’élite de ce Président que le peuple a eu l’outrecuidance de lui infliger. Comme nous l’avions démontré, la vérité était pourtant accessible pour quiconque veut bien la regarder en face : mais qui peut résister à un tel rouleau compresseur ?

En France, nos médias se mettent au diapason de l’anti-trumpisme obsessionnel. Pour les chantres hexagonaux de la diversité, les seuls bons Américains sont ceux qui leur ressemblent : urbains, progressistes et diplômés. Les ranchers texans qui « s’accrochent à leurs fusils et à la religion » sont « déplorables ». Que l’homme qu’ils ont mis à la tête du pays soit un traitre à la solde de la Russie tombe donc sous le sens. Jusqu’au bout, nos médias n’ont rien vu, rien compris, rien voulu comprendre. « Il faut une lutte de tous les instants pour voir ce qui est au bout de son nez » (George Orwell).

Armageddon médiatique

Aujourd’hui, l’interminable enquête de Robert Mueller a pris fin, et le mythe de la collusion est enfin enterré. Pour Rachel Maddow et ses acolytes, c’est une tragédie. Cette Amérique voulait tellement que son Président fût un traître ! L’audience de CNN et de MSNBC s’effondre. Dans un post-mortem du Russiagate, le célèbre journaliste de gauche Matt Taibbi démontre que la crise des médias est « un million de fois plus grave » que celle des fausses armes de destruction massives qui avaient justifié l’invasion de l’Irak. Pour Glenn Greenwald, également de gauche, et lauréat (mérité, celui-là) du Prix Pulitzer, les médias traditionnels se sont autodétruits, au-delà du point de non-retour.

Fake News Media ? Il faut nuancer : tout ce qu’ils disent n’est pas faux, mais tout est faussé, biaisé, déformé. « Ennemy of the people » ? Là encore, Donald Trump exagère : non, ennemis de la moitié du peuple seulement, ennemis de cette Amérique profonde qui vit entre les deux côtes.

Désormais, les médias alternatifs, beaucoup plus mûrs en Amérique qu’en France, sont prêts à prendre la relève des médias traditionnels. Parmi eux, on trouve du pire, certes, mais surtout du meilleur : ces nouveaux médias ont prouvé sans ambiguïté à quel point ils étaient nécessaires, face à des médias traditionnels en faillite morale et intellectuelle.

Un malheur n’arrivant jamais seul, le SPLC est aujourd’hui ravagé par les accusations d’abus sexuels et de racisme ; encouragées, des voix se lèvent enfin pour dénoncer ces sordides maitres-chanteurs. Le fructueux racket s’effondre.

L’Annus Horribilis des médias est l’anus mirabilis de l’Amérique, qui expulse dans les égouts de l’Histoire les complotistes, les marchands de haine et les faussaires aux Pulitzer frelatés. L’Amérique a décidé de tirer la chasse d’eau. Adieu Rachel, tu ne nous manqueras pas !

En France, hélas…

Gêné aux entournures par son alignement aveugle sur ses confrères américains, Le Monde a choisi d’y aller au culot. La fin du Russiagate ? Bah, une simple « clarification », d’ailleurs fort bienvenue ! Euphémisme du siècle. À ce compte, les chambres à gaz ne seraient-elles pas un simple détail de la Seconde Guerre Mondiale ? Et puis d’ailleurs, ce ne sont pas les médias , non, c’est Trump qui a entretenu un « climat de clanisme et d’hystérie ». Le Monde ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît. En France au moins, les fake news médias ont encore de beaux jours devant eux !

2019/01/30

Mettre fin au mouvement des gilets jaunes ? Rien de plus facile


Plus il y a d'interdits et de prohibition
plus le peuple s'appauvrit;
… plus se multiplient les lois et les ordonnances,
plus foisonnent les voleurs et les bandits

— Lao Tseu, Tao Te King
(Le Livre de la Voie et de la Vertu)

L’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir 
le plus possible de plumes avec le moins possible de cris
Colbert

Ce ne sont pas de nouvelles initiatives que les Français désirent ; 
c'est la révocation d'anciennes initiatives

    L'une des critiques les plus pointues à l'encontre des Gilets Jaunes serait la façon dont ils laisseraient leur colère prendre le dessus et dont ils refuseraient de participer aux règles les plus élémentaires de la démocratie, pour ne pas parler des règles élémentaires du savoir-vivre.

    "En démocratie, le débat doit être pacifique" dit par exemple dans Les Échos Jacques Hardy, un professeur des universités qui veut "rappeler fermement ces règles" aux membres de "la jacquerie" : "la démocratie sociale … est la sève du vivre ensemble patiemment construit depuis la fin de la seconde guerre mondiale" et "les idées peuvent s'exprimer librement sous réserve que leurs manifestations ne mettent pas en péril l'ordre public."

Quant à Patrick Aulnas, l'essayiste prétend que
Le mouvement des GJ devient dangereux pour la pérennité de notre démocratie. La démocratie ne peut être la mise en demeure en 2019 d’un Président élu en 2017. La démocratie ne peut être le refus de dialoguer. La démocratie ne peut être l’injonction d’annuler des réformes qui sont la mise en œuvre d’un programme accepté démocratiquement. Il faut choisir : le débat raisonnable et l’inéluctable compromis démocratique ou la violence des passions habilement entretenue par les extrémistes.
    L'on se plaint que les Gilets Jaunes ne montrent pas suffisamment de respect envers la démocratie, envers la République, envers le Président de la République, envers le gouvernement, envers la maire de Paris, envers les policiers, envers le code de la route, envers la limite de vitesse (une expression orwellienne qui, de fait, devrait s'appeler "la limite de lenteur" — d'où — précisément — la colère des Français ; pour chaque chauffard qui mérite effectivement d'être sanctionné, gageons que 499 Français sont punis parce que — selon l'opinion (vorace) du governement — ils ne roulaient pas assez lentement.)

    Ce sont des belles paroles, certes, mais une question fondamentale s'impose : en tant que valeur, le respect n'est-il pas une valeur mutuelle et réciproque ?

    Dès lors que le respect serait une valeur mutuelle, est-on en droit de se demander à quel point les politiciens français, nationaux ou locaux, et le contenu des lois qu'ils ont passé font preuve de respect envers le peuple qu'ils sont censés servir ?

    Passons en revue les mesures qu'a fait passer le gouvernement français depuis que Emmanuel Macron a accédé à l'Élysée, surtout ces six derniers mois :

    Avant la hausse des taxes sur le carburant, ils ont fait voter une loi permettant aux mairies de doubler et même de tripler les PVs de stationnement.

    Ils ont fait voter des lois augmentant les prix des carburants, augmentant les prix du contrôle technique, augmentant le nombre de points qu'on peut perdre sur le permis de conduire, etc…

    Ils ont fait installer des radars de plus en plus performants et de plus en plus sournois.  (Tout comme, en Union Soviétique, le secteur militaire était le seul qui réussissait à accomplir des prouesses, le seul domaine qui semble se porter à merveille en France — mais alors, c'est ici le summum de la technologie ! — c'est la technologie des engins censés surveiller et matraquer son peuple. Peut-être devrait-on parler d'un "complexe radaro-industriel"?)

    Cela dure depuis 15 ans, bien sûr, mais sous le gouvernement d'Édouard Philippe, il a été décidé de cèder les radars mobiles aux mains de sociétés privées en recherche de bénéfices et du plus gros rendement.

    Surtout, le premier ministre Édouard Philippe a imité Annie Hidalgo sur le périphérique parisien et a accompli le 1 juillet 2018 ce qu'aucun pays en Europe ou même en Occident n'a jamais fait : aller contre le progrès et baisser la limite de lenteur (pardon, de vitesse) sur les routes secondaires de 90 km/h à 80 km/h

    De fait, ce n'est pas avec les Gilets Jaunes que la révolte a commencé ; c'est pendant l'été 2018 — avec la destruction des radars dans tout le pays.

    Et la goutte d'essence qui a fait déborder le réservoir du trop-plein fiscal, c'est la hausse des taxes sur le carburant.

    Une question pour le gouvernement et pour ceux qui critiquent les Gilets Jaunes :  

    Pourquoi insiste-t'on que les Français parlent calmement et posément avec des politiciens qui ne leur montrent que du mépris ?

    Est-ce que mettre les Français sous un système de surveillance permanent est censé leur montrer du respect ? Est-ce que traiter les Français comme des vaches à lait est censé leur montrer du respect ?

    Quand ces mesures sont passées, où était-il, ce débat tant vanté, où était cette discussion vantée jusqu'aux nues ?

    On dit aux Gilets Jaunes de faire preuve de respect pour les "gouvernants … désignés par des élections libres" tandis que Patrick Aulnas ajoute que "La démocratie ne peut être [ni] le refus de dialoguer [ni] l’injonction d’annuler des réformes qui sont la mise en œuvre d’un programme accepté démocratiquement."

    On pourra répondre que si le candidat Emmanuel Macron, ses candidats aux législatives, et le mouvement LREM dans son intégralité avaient montré tant soit peu de respect pour les électeurs pendant la campagne de 2017, ils auraient peut-être annoncé toutes les mesures liberticides et appauvrissantes qu'ils avaient l'intention de prendre.  ("Nous avons de bonnes nouvelles pour vous, chers concitoyens : si nous gagnons les élections, nous vous promettons de doubler le montant des amendes de stationnement — voire de les tripler ! Mieux : nous vous promettons d'augmenter le nombre de PVs et de points perdus, en baissant artificiellement la limite sur 400.000 km de routes secondaires!").

    Un membre du gouvernement prétend que seul 1 Français sur 50 fait partie des Gilets Jaunes.  En effet, personne ne peut nier qu'une grande partie de la population semble tellement aveuglée qu'elle croit qu'une solution à court terme ("c'est bon! ça suffit! ça nous fatigue, à la longue! rentrez chez vous!") va règler le problème.  Ça ne veut pas dire que la majorité a raison.

    L'un de ceux qui ne font pas partie des Gilets Jaunes est un directeur de théâtre de ma connaissance ; celui-ci me disait qu'il faut que cela s'arrête, il n'y a pas plus de 3-4 actes au théâtre, qu'ils mettent un terme à leurs protestations.

    "Moi, depuis le début, ils me font chier les Gilets jaunes" peste François Berléand, quant à lui, sur RTL :
Il y a la liberté de circuler, la liberté de travailler. Pourquoi bafouer ça ? Les Gilets jaunes n'ont pas conscience qu'il y a des gens qui travaillent, que ça coûte de l'argent, que les manifestations qui ont dégénéré à Paris, ce sont les assurances, et donc eux qui les payent, tout le monde paye. … Il y a des gens qui pensent comme moi aussi. Et c'est bien dommage que personne ne le dise, parce que je pense que c'est une grande majorité de gens qui n'ont pas la parole pour dire "stop" aux Gilets jaunes.
    C'est "tout le monde [qui] paye" ?! en ce moment ?! Je demanderais à ces deux professionnels du théâtre (le metteur en scène et l'acteur) comment ils s'attendent à ce que le citoyen lambda aille voir l'une de leurs pièces de théâtre quand (en admettant que ce dernier ait encore son permis) il a deux fois plus de PVs qu'avant et lorsque certaines de ces amendes auront doublé ou triplé.

    Là — là, dans le futur —, ce sera vraiment "tout le monde [qui] paye" !

    En effet, cela vaut pour le reste de l'économie, bien sûr, que ce soit l'achat de livres (classiques ou bandes dessinées), le départ en vacances (à l'étranger ou en France) ou le passage hebdomadaire au supermarché (caviar ou jambon) : comment les citadins dans ces secteurs — dans tous les secteurs de la société — qui se disent fatigués par les confrontations et qui sont opposés à la continuation des protestations (ceux qui, de fait, demandent une solution à court terme) vont-elles s'épanouir dans les mois, dans les années à venir, quand l'appauvrissement des citoyens et leur mise en situation de dépendance a été décidé par l'État ?!

    Alors, terminons sur une note positive : On nous a dit que les Gilets Jaunes sont trop désordonnés pour se mettre d'accord sur ce qu'ils veulent.

    Mais ce n'est pas ce qu'ils veulent qui les réunit ; c'est ce dont ils ne veulent pas.  On ne demande pas des nouvelles initiatives "brillantes" à l'Élysée ; on demande que Emmanuel Macron révoque la vaste majorité des initiatives "brillantes" prises par son premier ministre.

    Qu'il révoque la limite à 80 km/h ; qu'il révoque les augmentations des prix des carburants et des prix du contrôle technique ; qu'il révoque l'augmentation, scandaleuse, des forfaits de post-stationnement (les FPS, encore un terme orwellien) ; qu'il révoque l'augmentation du nombre de points qu'on peut perdre sur le permis de conduire.

    En clair : que le Président Macron révoque la vaste majorité des mesures prises par son gouvernement concernant la Sécurité Routière depuis mai 2017.

    D'aucuns regretteront que Edouard Philippe soit sans doute obligé de démissionner, mais espérons que d'autres leur rappelleront la façon musclée dont le premier ministre a tenté d'appauvrir le peuple français.  (Et qui dit appauvrissement dit liberticide.)

    De fait, s'il ne craint pas l'humiliation et s'il veut faire un pas de plus en notre direction, le Président Macron n'a qu'à s'inspirer des voisins européens de la France, par exemple l'Allemagne dont le taux de morts sur routes est plus bas qu'en France : au lieu de remettre la limite sur voies secondaires à 90 km/h, il pourrait la hausser à 100 km/h.

    En outre, il pourrait prendre exemple sur le permis allemand, qui, certes, pénalise un excès de "vitesse" (sic) par le paiement d'une amende, et cela dès le premier km dépassé, mais où la perte du premier point sur le permis n'intervient qu'après un dépassement de la limite de 20 km/h minimum.

    Dès lors, le mouvement des Gilets Jaunes s'éteindrait aussi vite qu'il a commencé, comme par magie.

    Et le peuple français pourra se réunir, comme un, pour entonner, tous ensemble, La Marseillaise !

2019/01/13

Comment distingue-t-on une télévision d'Etat ? Par ces petits oublis invisibles ; Par cette manière de considérer les choses immuablement du côté du pouvoir


Sur le site Arrêt sur Images, Daniel Schneidermann donne une définition des Fake News, avec moult exemples. En effet, un journaliste de France 2 lui avait demandé
pourquoi, dans le matinaute d'hier, je parle de "télévision d'Etat" à propos de France 2.

 … Dès les titres du journal, la présentatrice Anne-Sophie Lapix est déjà remarquable de retenue : "le grand débat commence dans six jours. Edouard Philippe a réuni ses ministres pour en définir les modalités". Si le bandeau - "le gouvernement est-il prêt ?"- émet une interrogation polie, aucune allusion n'est esquissée, dès ce titre, à la déroute du pouvoir, à cinq jours du lancement théorique du grand machin. Le Premier ministre Edouard Philippe fait la morale à Jouanno ("Ceux qui servent l'Etat, ceux qui l'aiment, ceux qui aiment leur pays, sont plutôt astreints à une forme de mobilisation plutôt que d'éloignement"), sans qu'à aucun moment il soit fait allusion à l'autre raison vraisemblable de la démission de Jouanno : l'assourdissante absence de garantie donnée par Emmanuel Macron, sur la manière dont l'Etat tirera les conclusions de ce débat.

 … comment va se dérouler ce grand débat ? C'est ici que la télé d'Etat donne son meilleur. Tout est prêt. Pas un bouton de guêtre ne manque, assure le journaliste cravaté maison, Guillaume Daret (par ailleurs spécialiste incollable du Fort de Brégançon). La "plateforme en ligne" sera prête "dès la semaine prochaine" (on prend les paris ?) "Des citoyens comme vous et moi, Anne-Sophie", pourront participer. Ils bénéficieront alors d'un "kit d'aide", avec tous les chiffres nécessaires. Et pour l'organisation, "l'exécutif compte vraiment avant tout sur les maires". Les maires ! Est-il revenu aux oreilles de vos journalistes que les maires de France sont pressurés, humiliés, exsangues ? Votre  journaliste spécialiste incollable du Fort de Brégançon a-t-il entendu l'Association des Maires de France, expliquer qu'elle ne se sent "en aucun cas engagée" ? Heureusement, le brégançonnologue a un scoop : "Ce qu'on sait, c'est que dans un second temps le gouvernement compte soumettre les résultats qui auront émergé à des comités régionaux, cent citoyens tirés au sort pour débattre de ces idées". On va donc débattre des résultats du débat.

 … Faute de temps, Matthias Second, je ne m'appesantis pas sur votre sujet sur l'argent perdu pour l'Etat des radars vandalisés (qui ne nous dit pas qu'un tiers des revenus va...aux radars eux-mêmes)

 … Comment distingue-t-on une télévision d'Etat ? Par ces petits oublis invisibles. Par ces images non montrées. Par ces imperturbables sourires sur le volcan. Par cette manière de considérer les choses immuablement du côté du pouvoir, en postulant soir après soir que l'Etat sera toujours le plus fort. Autant d'artifices discrets en période ordinaire, mais qui sautent aux yeux en période insurrectionnelle.

2019/01/07

Entonnant La Marseillaise, un gilet jaune remonte les Champs-Élysées


Entonnant La Marseillaise, un gilet jaune remonte les Champs-Élysées au milieu de l'avenue, aux côtés de Marianne.

Ne pas oublier (si vous maîtrisez l'anglais) de jeter un coup d'œil sur mon article de fond dans la New English Review sous le titre The Truth About France's Yellow Vests.

2019/01/05

The New English Review Presents an In-Depth Article on the Truth About France's Yellow Vests


Sporting an Egon Schiele painting, my post on How Fake News Has Misrepresented the Yellow Vest Revolt in France has been fully updated, markedly expanded, and, in the process, thoroughly rewritten, for an in-depth piece in the January 2019 issue of the New English Review entitled THE TRUTH ABOUT FRANCE'S YELLOW VESTS.

2018/12/29

Pour le Front National, beaucoup de points communs existent avec la Gauche

Quelle est l’inspiration politique et économique de la formation d’extrême-droite ? 
demande Frédéric Gardel sur le site de Contrepoints, qui valide ainsi mes nombreux posts montrant que le parti de Marie Le Pen — la femme qui a dit que "Obama est loin à droite de nous" — ne serait pas un parti de droite, voire d'extrême-droite, et surtout pas un parti de droite à l'américaine, mais un parti interventionniste, soit (presque) un parti typique de gauche. (Pour Gaspard Koenig dans Les Échos, le FN serait carrément la réincarnation du parti communiste!)
Étudions le projet pour la France et les Français de Marine Le Pen, accessible sur le site internet du Front National. Celui-ci détaille un certain nombre des mesures économiques phare qu’elle mettrait en œuvre si elle était chef du gouvernement et avait une majorité à l’Assemblée Nationale. … 

Fixation des prix par l’État

On peut lire dans le projet que « tous les salaires jusqu’à 1 500 € bénéficieront d’une augmentation de 200 € nets. Cette mesure sera notamment financée par l’instauration d’une Contribution sociale aux importations de 3 % sur la valeur des biens importés. »

L’État augmentera donc le SMIC de 200 euros. Pour les salaires supérieurs au SMIC, on se demande quelle méthode sera utilisée pour réaliser cette promesse.

Comme toute augmentation du SMIC, celle-ci entraînerait une destruction d’emplois non-qualifiés et diminuera la création de nouveaux emplois non qualifiés. Par ailleurs, elle diminuera encore ces écarts de rémunération entre bas salaires qui permettent de récompenser l’expérience ou les aptitudes. Au contraire, le marché du travail a besoin de plus de flexibilité et d’un État qui impose moins de charges sur le secteur productif.

Par ailleurs, une taxe sur les importations nécessitera de renégocier les traités de libre échange et les traités bilatéraux dont la France est signataire, les partenaires économiques de la France pénaliseront donc les exportations de biens français en représailles.

Une autre mesure du projet détaille que « les tarifs du gaz, de l’électricité et du train seront immédiatement baissés de 5 %. » On retrouve ici la légende de l’État qui croit mieux connaître le prix optimum que le marché. Rappelons que la fixation étatique des prix engendre des distorsions de marché, des sous-investissements ou des surprofits, et l’impossibilité pour les prix d’atteindre l’optimum. …

Le flou sur les dépenses publiques et les taxes

Le projet de Marine Le Pen donne des indications sur la politique fiscale souhaitée par le FN.

Le document révèle que « la revalorisation des pensions de retraite sera effectuée, de même que les pensions de réversion versées au conjoint de la personne décédée, et actuellement fixées à 18 720 € par an, seront rehaussées à 30 000 €. Le point d’indice sera revalorisé pour les petits salaires de la fonction publique. »

Ces dépenses seront financées par de l’impôt ou de la dette ; la dette, c’est de l’impôt futur ou bien de l’inflation différée qui pèse sur le pouvoir d’achat.

Le texte poursuit en prévenant que « les petits commerces seront défendus contre la grande distribution : une action sera engagée par l’État au niveau des centrales d’achat pour rétablir un équilibre entre le commerce indépendant et la grande distribution. Les liens d’exclusivité entre centrales d’achat et grands distributeurs seront interdits. » Cette intervention étatique déséquilibrera un marché en instruisant le procès de la grande distribution dont les marges sont déjà très basses.
On voudrait voir des promesses de réduction drastique des dépenses, de simplification de la fiscalité à défaut d’une annonce de saigner la fonction publique.

 … Sur la retraite, beaucoup de points communs existent entre le programme du Front de Gauche et du FN.

En effet le projet explique que « la retraite pleine à 40 annuités sera restaurée et l’âge légal de départ en retraite sera ramené à 60 ans. » Cette mesure entraînera un déséquilibre des comptes de retraites, celui-ci devra être compensé par une augmentation des cotisations, par les taxes ou par de la création monétaire qui appauvrira ceux qui les subiront.

Il faut au contraire reculer l’âge du départ à la retraite. Idéalement, les cotisations devraient être épargnées par les salariés afin qu’ils aient des droits réels plutôt que simplement une promesse de recevoir une retraite.

Enfin, en matière de fiscalité, Marine Le Pen soutient que « les produits de première nécessité continueront à bénéficier du taux réduit de TVA à 5,5 % » et elle préconise un impôt plus progressif et prévient que la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu sera portée à 46 %. On ne peut que s’inquiéter de cette annonce d’augmentation des impôts qui est dans la droite ligne du reste du programme économique.

L’exercice du pouvoir et la réalité économique pousseraient sans doute le FN à modifier sa politique économique une fois arrivé aux commandes mais peut-on voter pour des démagogues économiques ? Et la France a-t-elle les moyens de perdre du temps pour essayer des recettes impossibles car totalement antiéconomiques ?
À lire aussi :
Aux USA, avec sa politique économique, Marine Le Pen serait une politicienne de gauche,
dit le New York Times ; elle confirme que "Obama (!) est loin à droite de nous"

2018/12/24

Anne Flora de Negroni : au moment où je peins, je ne suis que le pinceau sur la toile

Anne Flora de Negroni is a Parisian artist (as well as a big dog lover) in the 17ème arrondissement who has been painting since the age of 13:
la peinture a toujours été un refuge pour moi, j’aime ce moment où je peins, où je ne suis que le pinceau sur la toile, les yeux qui regardent avec attention.

2018/12/17

Michel Houellebecq sur Donald Trump : « Les nationalistes peuvent se parler tandis que, bizarrement, cela ne réussit pas trop aux internationalistes »


Nationalists can talk to one another; with internationalists, oddly enough, talking doesn’t work so well. 
Comme le dit Andy Ngo sur Instapundit, l'interview de Michel Houellebecq dans Harper's cause quelque consternation en France.

L'auteur, dont le prochain roman a pour titre Sérotonine (un « neurotransmetteur associé à l’état de bonheur ») dit en effet que Donald Trump est un bon président.

Mieux : En attendant le livre de 347 pages, qui doit paraître le 4 janvier (quatre ans après Soumission), Le Monde explique (avec l'AFP) que
l’écrivain, qui n’est pas à une provocation près, affirme dans le magazine américain Harper’s : « Donald Trump est un des meilleurs présidents américains que j’aie jamais vu. »

 … En matière de commerce international, « Trump apporte une saine dose d’air frais », estime encore le Prix Goncourt 2010. Donald Trump ne considère pas le libre-échange mondialisé comme étant en soi la panacée du progrès humain, « il déchire les traités et les accords quand il pense qu’il ne fallait pas les signer, et il a raison ».

Selon lui, le milliardaire républicain « a été élu pour défendre les intérêts des travailleurs américains, et il défend les intérêts des travailleurs américains. On aurait voulu voir ce genre d’attitude en France plus souvent au cours des 50 dernières années. » L’écrivain français parmi les plus connus à l’étranger est aussi en phase avec l’hostilité de Trump envers l’Union européenne et son parti pris pour le Brexit : les Européens n’ont « ni valeurs communes, ni intérêts communs », « l’Europe n’existe pas », « c’est une idée stupide qui a tourné au cauchemar ».

Houellebecq se dit nationaliste

Et si Trump se proclame « nationaliste », au grand dam des démocrates qui y voient des relents d’extrême droite, Michel Houellebecq aussi s’identifie à ce vocable. « Les nationalistes peuvent se parler tandis que, bizarrement, cela ne réussit pas trop aux internationalistes », dit-il.
« Avec un programme équivalent, un conservateur authentiquement chrétien une personne honorable et morale aurait été mieux pour l’Amérique », fait-il valoir. En attendant, lance-t-il aux Américains anti-Trump, « autant vous habituer à l’idée : en dernière analyse, peut-être que Trump aura été une épreuve nécessaire pour vous ».

2018/12/12

Lettre au Président de la République : M. Macron, vous avez évité les révendications les plus importantes des gilets jaunes


La France ! La France, surveillée ! La France, réprimée ! La France, persécutée ! La France, matraquée ! Mais… la France, révoltée !

(Excusez-moi, M. le Président de la République, je me suis emporté…)

Veuillez me permettre, M. le Président de la République, d'ajouter mon humble voix à la cacophonie d'experts professionnels réagissant à vos propos de lundi soir.

En effet, avec votre permission, je vais oser émettre l'opinion que vous ne semblez pas (encore?) avoir compris grand chose à la manifestation des gilets jaunes.

Si vous le voulez bien, je vais commencer par poser quelques questions :

Quelle pourrait être la signification du fait que les émeutes ont (ou semblent avoir) commencé quand votre gouvernement a annoncé la hausse des taxes sur le carburant ? Quelle pourrait être la signification du fait que la révolte a réellement commencé (avec la destruction systématique des radars à partir de l'été) quand votre Premier Ministre, M. Édouard Philippe, a fait passer la limite de lenteur (veuillez m'excuser, de vitesse), déjà assez agaçante précédemment, à 80 km/h ? Quelle pourrait être la signification du fait qu'on retrouve majoritairement les gilets jaunes sur la chaussée, sur les routes, sur les autoroutes, sur les rond-points et devant les péages ?

Oui, M. le Président de la République, vous avez raison : la réponse semble être, si je ne m'abuse, on ne peut plus claire : la révolte porte, avant tout, sur les moyens de transports des Français et donc sur les automobilistes, les camionneurs et les motocyclistes.

Dans cette perspective, M. le Président de la République, pourquoi diable (si vous me permettez l'expression) votre discours de lundi concerne-t'il la hausse du Smic, l'annulation de la hausse d'une taxe et la défiscalisation des heures supplémentaires, alors que, à l'inverse, il n'y a quasiment aucune mesure qui concerne, directement ou indirectement, la répression de ceux qui empruntent les routes de ce beau pays qu'est la France ?

Au contraire, il se peut que, en effet, vous ayez très bien compris le problème, M. le Président de la République, et que vous ayez décidé qu'il faille à tout prix sauvegarder la fiscalité gargantuesque. Comme le dit Jean Nouailhac dans Le Point,
En 2017, les automobilistes auront supporté quelque 67 milliards de taxes et amendes diverses, presque autant que l'impôt sur le revenu.

 … Le président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), Francis Duseux, n'y va pas par quatre chemins : « Le carburant est le produit le plus taxé de France. » Mais encore ? Un autre président, Didier Bollecker, celui de l'Automobile Club Association (ACA), la plus importante organisation privée de défense des automobilistes avec 800 000 adhérents, confirme que « les automobilistes français dépensent plus de taxes que de carburant », plus précisément un total de 36 milliards d'euros en 2017.

À cette somme, pour être complet, il faut ajouter 9 milliards de péage, 7 milliards de TVA sur les véhicules neufs, 6 milliards de TVA sur l'entretien, 4 milliards de taxes sur l'assurance, 2 milliards sur les cartes grises, 2 milliards d'amendes forfaitaires (radars, etc.) et un dernier milliard d'autres petites taxes, soit au total un déluge de 67 milliards d'euros de taxes pour les seuls automobilistes, un chiffre incroyable mais vrai, à comparer aux 73 milliards d'euros d'impôt sur le revenu de cette même année 2017.
 … Pour mieux comprendre le ras-le-bol fiscal des automobilistes, il faut entrer un peu dans le détail de ces 36 milliards d'euros de taxes sur les carburants, l'essentiel provenant de la TICPE, la « taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques », laquelle est elle-même taxée d'une TVA à 20 % ! La surtaxe de la taxe. Le comble du vice fiscal !
Comme l'ajoute 40 millions d'automobilistes, dans un autre courrier adressé à votre intention,
les automobilistes ont eu le sentiment d’être méprisés par une élite politique coupée du monde, en rupture de contact avec eux.

L’association « 40 millions d’automobilistes » n’a pourtant eu de cesse de vous alerter sur ce dossier inspiré par une pseudo élite de défenseurs auto-proclamés d’une sécurité routière dépassée, déconnectée de la réalité des Français et totalement minoritaire. Ces bienpensants vous ont conduit droit dans le mur à 80km/h.

 … Le mouvement auquel vous devez faire face aujourd’hui est incontestablement né de l’automobiliste, né de la colère d’un matraquage de mesures de sécurité routière ou de sanctions financières sans cesse augmentées, d’augmentation de la fiscalité des déplacements.
Si c'est le cas qu'il faut à tout prix sauvegarder la fiscalité gargantuesque, M. le Président de la République, je dirais, avec une bonne dose de certitude, que votre gouvernement n'en a pas fini — c'est le moins qu'on puisse dire — d'être confronté au problème des gilets jaunes et de leur révolte.

Une nouvelle branche des Fake News voudrait que les révolutionnaires ne savent pas ce qu'ils veulent ou qu'ils ne savent en tout cas pas s'entendre entre eux (voir par exemple l'article d'Olivier Costa — merci de ne pas le partager avec les membres du public ; cela pourrait provoquer des réactions de colère incontrôlables).

Il peut, certes, y avoir des différences, M. le Président de la République, à s'entendre sur ce que l'on souhaite que le gouvernement fasse — moi-même, je n'ai aucune envie d'augmenter le SMIC, de hausser les impôts sur les riches ou de faire revenir l'ISF, par exemple — mais ce sur quoi tous les gilets jaunes sont d'accord, c'est au sujet de ce que le gouvernement ne fasse pas — ou, plutôt, au sujet de ce que le gouvernement doit cesser de faire.

En d'autres mots :

Nous ne voulons pas de cadeaux (de pots-de-vin?) dans le futur (même proche) ; ce que nous voulons, ce dont nous avons besoin, c'est un soulagement — un soulagement immédiat.

Ce ne sont pas tant des initiatives que veulent les gilets jaunes. Ce sont des révocations.

Par exemple, nous ne voulons plus des 80 km/h.

Nous ne voulons pas d'une société surveillée en permanence.

Nous ne voulons plus de cette exaspération continuelle quand nous empruntons les routes de la République.

Nous ne voulons plus de ces radars de plus en plus omniprésents et de plus en plus sournois…

PAS DES INITIATIVES, MAIS DES RÉVOCATIONS

Dans cette perspective, M. le Président de la République, je me permets de prendre l'initiative de faire une liste des demandes basiques auxquelles s'accordent la vaste majorité des gilets jaunes et, par ailleurs, de la population française.

Vu que l'Allemagne a une mortalité routière moindre qu'en France, vu aussi que tout citoyen qui se respecte souhaite que la France puisse concourir avec les Allemands, vu aussi que les élites louent sans cesse l'Union Européenne, je suggère que l'on prenne quelques exemples chez nos voisins pour les intégrer dans le code de la route de la République française.

Ce qui souhaitent les gilets jaunes, c'est :

• La révocation de la limite de lenteur (pardon, de vitesse) de 80 km/h et le retour à la normale — voire (tenez-vous bien!) une hausse à la même limitation que nos voisins allemands (100 km/h sur les routes secondaires) ; quant à M. Philippe, certes on peut regretter que le premier ministre sera sans doute dans l'obligation de donner sa démission, mais est-ce que le destin d'un seul citoyen (fut-il premier ministre) vaut celle, potentielle, de 40 millions de Français ?

• La révocation des mesures qui sanctionnent les propriétaires de voitures anciennes

• La révocation des pénalités excessives sur le permis à points, pour des infractions sans conséquence à des règles purement adminstratives, infractions qui n'ont nullement, à aucun moment, mis d'autres gens ou leurs possessions en danger

• La révocation de la liberté accordée aux maires de fixer leurs propres montants des contraventions

• La révocation du projet des péages à l'entrée des villes

• Étudier, comme dans le reste de l'Europe, l'idée d'une révocation de l'ensemble des péages sur la totalité du réseau autoroutier français (certes, en Espagne, on trouve quelques péages, mais uniquement, semble-t'il, dans deux régions — étrangement, il s'agit de la Catalogne et du Pays Basque, les deux régions les plus secouées par des des velléités séparatistes)

• La révocation de nombreux radars sournois, notamment ceux positionnés à des endroits non accidentogènes ainsi que la totalité des radars mobiles, que ces véhicules soient conduits par des gendarmes en civil (quelle humiliation pour un homme ayant rêvé de porter l'uniforme pour défendre ses concitoyens!) ou par des employés de sociétés privées

En fait, M. le Président de la République, ce que voudraient les "déplorables", ce n'est pas nécessairement la révocation de l'État-nounou, du moins une dilution de son emprise.

Dans cette perspective, il y a autre chose. Si les propos qui vont suivre risquent de vous choquer, Herr Präsident der Französischen Republik, ou de scandaliser certains membres de votre équipe, sachez que leur contenu est basé sur les règles en Allemagne seit langem (depuis belle lurette, en allemand), c'est-à-dire le pays voisin dont la mortalité routière par habitant est plus basse qu'en France ainsi que le moteur économique de l'Europe que tous les habitants de l'Hexagone rêvent de rivaliser.

En outre, par conséquent, nous voulons :

• un permis à points dont la perte du premier point ne se fait qu'à partir du dépassement de la limite de lenteur (pardon, de vitesse) de 20 km/h au-dessus de la limite autorisée (certes, l'amende pécuniaire intervient tout de suite, au premier km au-dessus du seuil de tolérance — ce qui, rassurez-vous, permettra à l'État de continuer à financer bon nombre de mesures vitales telles que les nombreux carrefours au fin fond de la campagne française qui — scandale! — n'ont pas encore été transformés en rond-points)

• Une hausse de la limitation à 150 km/h-160 km/h sur l'ensemble du réseau autoroutier français couplée avec — êtes-vous bien assis dans votre fauteuil, M. le Président de la République? — une étude pendant une année de vitesse illimitée sur l'autoroute Paris-Lyon-Marseille. Il s'en va de soi que, au cas où cela pourrait vous faire plaisir, nous sommes disposés à accepter la vitesse illimitée immédiate sur la vaste majorité des autoroutes du pays.

Je vous prie de croire, M. le Président de la République, en l'expression de mes sentiments distingués et je vous assure de ma disponibilité pour tout complément d'information nécessaire.

Vive la République.

Vive la France.

2018/12/07

Les autorités ne seraient-ils pas… giletjaunophobes ?!


CHERCHEZ L'ERREUR ! Quand un attentat est perpétré par quelqu'un du nom de Mahomet ou Ali, avec moult morts et blessés, on nous dit (non sans raison, sans doute) qu'il ne faut pas faire d'amalgames et qu'il ne faut pas faire de généralisations et qu'il ne faut surtout pas blâmer l'Islam, qui (comme chacun le sait) est une religion de paix blablabla etc etc etc…  Par ailleurs, il faut se demander si ce n'est pas le monde occidental (ces horribles colonisateurs!) qui, quelque part, est coupable, sinon responsable, de la radicalisation des Islamistes.

Dans le cas contraire, il n'y a qu'une conclusion à tirer : vous faites partie de ce groupe de citoyens méprisables qui ne sont autres que des affreux islamophobes.

Mais alors, quand deux ou trois personnes sont tuées durant une manifestation de gilets jaunes et que l'on compte plus d'une centaine de blessés (y compris parmi les forces de l'ordre) — sans oublier les "victimes" économiques pour cause de perte de temps et d'absence de revenus — là, soudain ministres et politiciens se manifestent (alors que contrairement aux attentats, aucune des victimes, parions-le, n'était visée) pour condamner le mouvement tout entier et pour regretter le manque de citoyenneté des protestataires, le manque de sérieux des protestataires, et le manque de lucidité chez les protestataires       

Alors, s'agit-il d'hypocrisie, d'un exemple de plus, de deux poids deux mesures ?

En fait, la réponse — surprenante — est :
Non.  Pas du tout.

Dans les deux cas (dans tous les cas), il s'agit pour les politiciens de diaboliser leurs propres populations, de les traiter comme des affreux jojos irresponsables (lire : comme des enfants) qui ont besoin de politiciens et de fonctionnaires (d'une armée de fonctionnaires), sans oublier une pléthore de règles ainsi qu'une masse d'impôts, pour survivre et pour bien se tenir.

En fait, ils placent les citoyens à la même enseigne que les terroristes : des palabres, peut-être, mais aucune concession — c'est la même attitude officielle qu'envers un terroriste : pas de faiblesse/
La conclustion est limpide :

pour les élites du monde occidental,
les citoyens n'ont que trois droits :
— celui d'obéïr, celui de payer, et celui de se taire.

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais le 14 juillet 1789, il y a eu une révolte à Paris.  Combien sont morts ce jour-là ? On parle de 98 personnes tuées.  Qui est responsable ? D'un côté, la réponse est limpide : c'est la foule, ou des membres de la foule, qui sont indéniablement la cause de la mort de cette centaine de personnes.  Ils n'avaient qu'à se tenir coi et ne pas se conduire de la sorte.

Mais ne faut-il pas réserver au moins une partie du blâme du côté de Louis XIV, et/ou de son gouvernement ?

Quelques 230 ans plus tard, on débat encore et toujours — bien que l'on notera que l'histoire officielle de la République met tout sur le dos de la monarchie et considère les révolutionnaires de la prise de la Bastille sine qua non comme des héros.

Notez que je n'entends pas juger, que je ne veux pas trancher, d'une manière ou d'une autre.

Parmi les morts, par ailleurs, on compte sept soldats ou hommes du gouvernement royal à la Bastille.  De façon systématique, quand un début de révolte éclate, les autocrates vont toujours essayer de mettre en avant l'éventuel malheureux fantassin de 19 ans victime des insurgés "enragés".  Pour prendre un exemple non français et moderne, c'est ce qui est arrivé dans les pays de Europe de l'Est 200 ans plus tard, lors des révolutions anti-communistes de 1989.  Rien n'aurait rendu un Honecker ou un Ceaușescu plus heureux que de voir des jeunes appelés tués par la foule de "contre-révolutionnaires".

Mais revenons au présent : en ce qui concerne les manifestations de gilets jaunes de 2018 (bien moins sanglantes), les autorités n'y sont pour rien ! Vous entendez ? Rien de rien ! Il n'y a rien à débattre ! Elles n'y sont pour rien !

Tous les débordements sont à mettre sur le dos des manifestants, des révolutionnaires.

2018/12/04

Macron se débat dans son incompétence ; il annonce simultanément qu'il faut entamer le dialogue et qu'il ne reculera sur rien

Le gilet jaune est une idée de génie

s'exclame, depuis la Suisse, Stéphane Montabert :
Rendu obligatoire par la loi, tout Français disposant d'un véhicule a forcément un gilet jaune à disposition. Tout automobiliste est donc, forcément, un rebelle en puissance. Il peut se révéler partout, à n'importe quel moment.

La protestation était à l'origine liée aux nouvelles taxes sur le diesel décidées par l'exécutif au nom de l'excuse magique du moment, la lutte contre le réchauffement climatique. Pour toute cette France des campagnes, cette France oubliée des services publics, cette France méprisée par les radars et les limitations à 80 km/h, cette France qui se lève tôt et qui travaille dur sans parvenir à s'extraire de la pauvreté, ces centimes d'euro font toute la différence. …

"Macron, démission"

En face, Emmanuel Macron se débat dans son incompétence pour juguler le mouvement, sans y parvenir, car il ne dispose pas du logiciel intellectuel adéquat. Il annonce simultanément qu'il faut entamer le dialogue et qu'il ne reculera sur rien: comment prendre un tel individu au sérieux?

 … il est désormais clair pour tout le monde que même si le gouvernement reculait sur le diesel, cela ne suffirait plus à calmer la foule, le point de non-retour ayant été dépassé. Pas possible de contenir géographiquement la révolte - les gilets jaunes sont partout, à Paris et en province, dans les îles, dans les banlieues. Pas possible de rejeter la faute sur l'opposition, réduite à rien en Macronie.

Impossible de compter sur l'impopularité du mouvement. Les gilets jaunes sont extrêmement populaires. Plus de 70% des Français les soutiennent - selon un sondage effectué après les émeutes de ce week-end. Les Français sont plus de 90% à condamner les violences, mais ils ne savent que trop bien que les débordements sont le fait de nombreux éléments opportunistes greffés au mouvement, et dans lesquels les Français ne se reconnaissent pas. Les opérations médiatiques lancées par l'Élysée auprès des rédactions pour tenter de salir les gilets jaunes ne fonctionnent pas. Elles ne contribuent qu'à décrédibiliser un peu plus les journalistes.

 …  On peut comprendre la colère de ces gens lorsque les élites, jamais à bout de kérosène pour leurs jets, glosent sur la nécessité pour les peuples de se serrer la ceinture pour le plus grand bien de l'Humanité, ou s'enorgueillissent de vouloir accueillir - et traiter mieux que les autochtones - toute la misère du monde.

Des millions de Français - et plus encore d'étrangers - ont certainement été choqués par les scènes de chaos prenant place dans les rues de Paris. L'avenue des Champs-Elysées, autoproclamée la plus belle avenue du monde, est devenue un champ de bataille avec ses boutiques défoncées, ses barricades et ses brasiers.

 … Cerise sur le gâteau, la plupart des gilets jaunes ont un casier judiciaire vierge, ce qui signifie qu'ils risquent un rappel à la loi ou un sursis. Et ils pourront faire appel. On voit mal comment le dossier du moindre d'entre eux, compte tenu des circonstances, pourrait résister à une attaque sous l'angle du vice de procédure. Les gilets jaunes et les forces de l'ordre sont engagés dans une course d'endurance mais les seconds sont plus mal lotis que les premiers.

 … Quelque chose est en train de changer en France.

En seulement un an et demi, Emmanuel Macron et son mouvement La République en Marche ont réussi à se faire détester de tous. Après avoir axé son programme sur l'immigration et l'Europe, Macron déclarait crânement qu'il ferait obstacle au populisme ; la vague menace désormais de l'emporter.

Comment tout cela se finira-t-il? …

2018/12/01

Fake News et Gilets Jaunes : Ce qu'on vous cache sur la révolte

Devant le blocus de la Rue Arsène Houssaye, un Gilet Jaune essaie d'ouvir le dialogue avec des forces de l'ordre
De toutes les tyrannies, une tyrannie exercée pour le bien
de ses victimes est sans doute la plus opprimante. Il est
préférable de vivre sous des capitalistes véreux que sous
des corps moraux omnipotents. La cruauté du requin de la finance
peut parfois dormir, sa cupidité peut être rassasiée
à un moment donné; mais ceux qui nous tourmentent pour
notre propre bien nous tourmenteront sans fin, car ils le font
avec l'approbation de leur propre conscience.
— C.S. Lewis
Le Ouebmaistre de Le Monde Watch avait presque l'impression d'être visé personnellement alors qu'autour de lui, les grenades de gaz lacrymogène tombaient de part et d'autre (voir vidéo). C'était sur la foule de gilets jaunes rassemblés sur l'Avenue de Friedland, l'une des avenues desservant la Place Charles de Gaulle l'Étoile, déjà couverte non par le brouillard mais par la fumée des projectiles et le départ d'incendies ça et là.

Était-ce tout simplement une coincidence ? C'est quand la foule a commencé à scander "Macron ! Démission !" que les grenades se sont mises à pleuvoir et que l'Avenue de Friedland a commencé à ressembler à la bataille du même nom entre l'Empéreur Napoléon I et le Tsar Alexandre I.





Quoi qu'il en soit : L'avez-vous remarqué ? Le mouvement des Gilets Jaunes est criblé de "Fake News".  Tant les médias francaises que les médias internationales répètent inlassablement que ces manifestations sont une protestation contre la hausse des taxes sur le carburant.

Que font les médias, exactement ? Ils mettent les deux camps plus ou moins à égalité. (Ce qui semble a priori logique et, avouons-le, louable.) Les uns (les dirigeants de l'État) veulent plus d'impôts — ce que tout le monde s'accorde est nécessaire — et les autres (les citoyens) n'en veulent pas.

C'est ce qui, du coup, donne lieu à des incompréhensions, en France ou ailleurs : pourquoi tant de mélodrame — surtout, pourquoi tant de violences — quand tout le monde sait que, oui, on peut se plaindre des taxes, mais bon, après tout, les impôts ne sont-ils pas nécessaires ?!

Et c'est ce qui permet aux cyniques de hausser les sourcils et d'ironiser sur les irresponsables et les hystériques qui forcent la France entière à se mettre à l'arrêt pour "quelques centimes de plus" aux stations-essence — en ajoutant parfois des messages laconiques sur les problèmes humanitaires bien plus graves dans le reste du monde (l'équivalent de "Mange ta soupe, Toto; en Chine, les enfants meurent de faim!").

Ce n’est pas faux de dire que les manifestations sont une protestation contre la hausse des taxes sur le carburant, mais les Fake News, ce ne sont que rarement des mensonges outranciers ; les Fake News, c’est ce qu’on omet de dire, c'est ce qu'on ne dit pas.

En fait, les hausses des prix ne sont que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase (ou, plutôt, la goutte d'essence qui a fait déborder le réservoir …du trop-plein fiscal), le dernier exemple de répression, de persécution, et de matraquage des conducteurs depuis cinq mois. (De ce fait, le mouvement des Gilets Jaunes n'est guère si différente de la révolution américaine des Minutemen — quoique moins violent (pour l'instant) — dans les années 1770 après une douzaine années de taxes punitives et d'exactions du gouvernement anglais de George III…)

Récapitulons :

• D’abord Édouard Philippe a fait passer une loi en juillet, ce qu’aucun gouvernement d’Europe ou de l'Occident (ou de la planète) n'a fait — sur la baisse de la limite de lenteur (pardon, de la limite de vitesse)

• Ensuite, il y a eu la multiplication des radars, des radars de plus en plus sournois, notamment les radars mobiles qui sont maintenant, tant sur les autoroutes que dans les villes, la responsabilité de sociétés privées en recherche de gains

En fait, c’est durant l’été, à la suite de ces mesures, que les protestations ont commencé :
par des actions de résistance dans tout l'Hexagone : la destruction sauvage de radars sur le bas-côté de la route

• Puis, le gouvernement a renforcé, de façon gratuite, le permis à points, avec des punitions grotesques pour des actions tout à fait subjectives (la perte de 6 points (!) pour ne pas laisser la priorité aux piétons?!)

• Enfin, la hausse des prix de l’essence

Qu’est la démocratie si ce n’est
le pouvoir de dire aux autorités :
Nous ne sommes pas des vaches à lait !

Depuis l'Argentine, selon Le Figaro, où il participait au G20, Emmanuel Macron a réagi aux violences qui ont éclaté en France en marge de la mobilisation des «gilets jaunes».
«Ce qui s'est passé [samedi] à Paris n'a rien à voir avec l'expression pacifique d'une colère légitime», a lâché le président de la République lors d'une déclaration à la presse.

«Aucune cause ne justifie que les forces de l'ordre soient attaquées, que des commerces soient pillés, que des bâtiments publics ou privés soient incendiés, que des passants ou des journalistes soient menacés ou que l'Arc de Triomphe soit souillé», a poursuivi Emmanuel Macron.

 … «Je respecterai toujours les contestations, j'entendrai toujours les oppositions. Mais je n'accepterai jamais la violence», a ajouté Emmanuel Macron.
Effectivement, il serait facile de dire qu'idéalement, il faut toujours agir dans le calme et la paix. (Et qui ne regrette pas les dégâts, totalement injustifiables, sur l'Arc de Triomphe ?! nous y reviendrons à la fin de cet article…)

Trop facile.

Reprenons les termes, et les arguments, du gouvernement, point par point :

Emmanuel Macron n'acceptera «jamais la violence» nous dit-il.

N'est-ce pas un exemple de violence faite aux Français (sinon de façon physique, du moins de façon morale), cette manie depuis six mois de tenter de devenir le numéro 1 européen du radar et d'ajouter punition sur punition sur les conducteurs (voir leur énumération ci-haut) en leur prenant leur argent durement gagné ?

Tandis que Patrick Aulnas évoque la folle fiscalité environnementale et que Arnaud Bezard Falgas décrit l'Hexagone comme une "théocratie fiscale", Brice Gloux dénonce "le taux de prélèvement le plus élevé d’Europe" alors que Damien Theillier, lui, a dressé une liste (non exhaustive) des taxes nécessaires en France pour « rendre la société moins injuste ».

Dans Le Point, Jean Nouailhac s'indigne :
En 2017, les automobilistes auront supporté quelque 67 milliards de taxes et amendes diverses, presque autant que l'impôt sur le revenu !
 … Pour mieux comprendre le ras-le-bol fiscal des automobilistes, il faut entrer un peu dans le détail de ces 36 milliards d'euros de taxes sur les carburants, l'essentiel provenant de la TICPE, la « taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques », laquelle est elle-même taxée d'une TVA à 20 % ! La surtaxe de la taxe. Le comble du vice fiscal !
Comme le dit le général Bertrand Soubelet dans Le Figaro,
La grande méprise de nos «élites» est de perdre de vue, consciemment ou pas, la quintessence de leur statut: être au service [du] service public, être au service du bien commun.
À propos de la décision de baisser les limites de vitesse (sic) de 10 km/h, Paul de Métairy en conclut que l'attitude du gouvernement n'est rien de moins que hallucinante de cynisme :
Outre "l'abus de droit de prendre les usagers pour des cobayes d'une expérimentation purement vexatoire" [il y a le fait que] "Même à 90 km/h on a l'impression de se traîner", ce qui provoque "une déconcentration considérablement accrue à 80 km/h, au détriment de la  sécurité, comme aussi le phénomène inverse : une frustration et une agressivité en hausse."
… "Obliger les conducteurs à avoir l'œil rivé sur leur compteur comme sur un écran de TV est insensé" [et] "va engendrer une dangereuse exaspération".
"Une dangereuse exaspération" couplée à "une frustration et une agressivité en hausse" : voilà, Monsieur le Président de la République ; voilà, Monsieur le Premier Ministre ; voilà, Monsieur le Ministre de l'Intérieur ; voilà, Monsieur Barbe et Madame Perrichon et tous les autres, ce qui explique tant le mouvement des gilets jaunes que les actions extrêmes qui s'en découlent.

Cela s'appelle le réveil du citoyen.

Quand on comprend que le problème principal des Français, c’est l’État, on ne s'étonne plus des décisions et des actions des Gilets Jaunes (pour la vaste majorité d'entre eux, par ailleurs, ils demeurent pacifiques).

On pourrait dire que le mot d'ordre du mouvement a été renforcé :
Nous ne sommes ni des cobayes ni des vaches à lait.

Pour Jean-Pierre Le Goff, guère surpris par le mouvement et sa révolte contre les taxes sur le carburant,
la France des «gilets jaunes» n'est autre que la France périphérique sortie depuis trop longtemps des écrans radars médiatique et politique. Elle rejette la politique d'Emmanuel Macron mais plus largement quatre décennies de libéralisme culturel et d'«adaptation» économique à marche forcée voulus par les élites.
Revenons au discours du Président de la République :
«Ce qui s'est passé [samedi] à Paris n'a rien à voir avec l'expression pacifique d'une colère légitime» … a poursuivi Emmanuel Macron.
Mais quand les autorités excluent tout changement de cap et ignorent donc toutes vos protestations pour mener à bien leur objectif (plus ou moins) avoué "d'emmerder les Français", voilà le résultat !

En fait, ce que demandent MM Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Christophe Castaner, et al, c'est de la dignité, du respect. Mais qu'en est-il des membres du gouvernement ? "[Emmanuel Macron ne respecte pas] les contestations, [Emmanuel Macron n'entend pas] les oppositions." Au contraire : Il les ignore allégrement.

Comme je l'ai écrit dans un précédent article sur le site Contrepoints,
    Le respect n'est-ce pas plutôt quelque chose de mutuel, de réciproque ?

     … les politiciens et les bureaucrates qui "l'édifient", ce code de la route, respectent-ils, eux, les conducteurs ?

    … Les politiciens font-ils preuve de respect envers les conducteurs en [baissant la limite de vitesse (sic)], en augmentant les prix de l'essence, en triplant le montant des PVs et en évoquant des péages à l'entrée des villes ?

     … En quoi fait-on preuve de respect envers les conducteurs quand ils sont réprimés, persécutés et matraqués ?

    En quoi fait-on preuve de respect envers les Français quand ils sont traités comme des cobayes et comme des vaches à lait ?
N'est-on pas, par ailleurs, en droit d'être sceptique ? Depuis 50 ans, voire tout un siècle (ou plus), les élites, les politiques, les leaders culturels couvrent d'éloges, tant au niveau personnel et culturel (Luke. Don't give in to hate. That leads to the Dark Side … of the Force), tant au niveau national qu'international, les vertus tels que la compassion, la tolérance, la lucidité, l'esprit Zen, le pacifisme, la paix etc… Des valeurs qui semblent certes — et comment ! — ô combien admirables.

Mais est-on en droit de se poser des questions ? Se pourrait-il qu'en fait, tout ce cirque soit finalement une astuce cynique pour effeminiser ou châtrer le peuple et ainsi l'amener sur la route de la servitude en validant l'ensemble des décisions unilatérales des élites, tout en évitant un trop grand nombre de protestations et de révoltes, contre les autorités ?

La triste vérité — on peut très certainement le regretter — c'est que parfois il est nécessaire de se révolter. Il ne faut pas toujours forcément prendre les armes, il ne faut pas toujours forcément avoir recours à la pendaison, il ne faut pas toujours forcément avoir recours à la guillotine, mais… parfois un peu de goudron et de plumes peuvent faire le plus grand bien…

À propos de cynisme, est-on en droit de se demander pourquoi l'Arc de Triomphe n'a pas été protégé, et si les autorités ne voyaient pas d'un bon œil la réputation du mouvement des Gilets Jaunes tout entier en prendre un coup, en s'abstenant de s'opposer aux casseurs, aux blacks blocs et à la racaille ?

C'est en tout cas ce que pense Jean-Paul Garraud :
Jamais depuis le début de sa construction en 1806, l’arc de triomphe n’avait été vandalisé, saccagé, ravagé.

Hier, il a été décidé d’évacuer le cordon de CRS qui le protégeait et ainsi de l’abandonner [aux] mains des casseurs, des voyous, des criminels.

Hier, le combat à mener, celui qui aurait été à l’honneur de nos représentants et de nos forces de l’ordre, c’était de défendre ce haut symbole de l’histoire et de la gloire de la France.

Hier, il fallait protéger ce monument et la tombe du soldat inconnu.

C’était un honneur et un devoir.

Concentrer nos forces, se battre pied à pied, ne rien lâcher.

Mais un ordre contraire a été donné.

Le 1er ministre et le ministre de l’intérieur supervisaient sur place les opérations.
Ce sont les donneurs d’ordres, ils doivent être démis de leurs fonctions.

C’est la première des décisions que le président doit prendre aujourd’hui.

As I wrote last week, in How Fake News Has Misrepresented the Yellow Vest Revolt in France:

There is nary a single media report about the Yellow Vest demonstrations in Paris and France that I’ve read or watched that has not been slanted by Fake News.

It has (usually) not been deliberate, I gather, and nobody has said anything factually wrong; what is the problem is the fact that (very) important stuff has been omitted.

It is not wrong to say that the demonstrations were caused by the government's decision to raise gas prices. What is missing is that this is just one of several draconian measures dating back half a year, i.e., ‘tis the proverbial straw that broke the camel’s back.

For the past four to five months, the French government has done nothing but double down on bringing more and more gratuitous oppression and more and more unwarranted persecution measures down on the necks the nation's drivers and motorcycle riders.

In fact, the imposition of ever harsher rules has been going on for the past decade and a half or so — whether the government was on the right or on the left …/…

 …/… What has been most irksome for les Français since the turn of the century has been the ubiquitous radars, which, like red-light cameras in the United States, are accused of having (far) more to do with bringing revenue to the state than with road safety.

And just like the arms industry in the Soviet Union, if there was one area of France where the technology was always moving forward, it was the radar business.

Over the years, the radars have become evermore stealthy and insidious. …/… What has happened since shows the Deep State at work in Europe just as much as, if not more than, in North America — and this leftist statism is the kind of news that has been ignored by the mainstream media, in France itself as much as abroad. …/…

WE ARE NOT MILCH COWS!

All of which brings us to 2018. This year, as mentioned, Emmanuel Macron's government has doubled down on the repressive measures.

• On July 1, Prime Minister Édouard Philippe did what no other country in Europe or in the West (or, as far as I  know, on the planet) has done: go against the march of progress and lower the slowness limit (sorry, the speed limit) on secondary (country) roads by 10 km/h, decreasing the limit from 90 km/h (56 mph) to 80 km/h (50 mph).
.
• At about the same time came the contracts that the government decided to write with private corporations, handing the business of the state's (plainclothes) gendarmes over to their company employees, to take over the business of the mobile radars in their shiny new fleets of vehicles. (Meanwhile, other private companies have been getting similar contracts from city governments, meaning wage earners doing mostly nothing but driving up and down the city streets, while a license plate reader decides which cars' owners will be getting automatically-generated fines.)

This is actually the point at which the first protests started. During the summer, the country saw a huge increase in instances of destruction (or incapacitation) of radars on the roadside. Many were defaced with paint, others were set on fire, while still others were simply covered with something like a garbage bag (one man arrested while covering a radar was let free by a judge who decided that since the garbage bag hadn't actually brought any physical harm to the machine in any way, the defendant could not be accused of destroying it).

• More recently, the government added more gratuitous sanctions to the driver’s license point system, which is already far more punitive than that of most European countries, not least neighboring Germany's.

Finally, with the announcement of the gas prise rise, the French said "Enough is enough." And that was when the entire nation seemed to get together via the internet to mount the Yellow Vest revolt.