2005/07/16

July 4: An Occasion to Lambaste America While (Conveniently) Overlooking Europe's Sins

The editors of Le Monde could not resist celebrating the Fourth of July with a generous frontpage helping of anti-American incitement from its star cartoonist Plantu
writes John Rosenthal, who goes on to detail how the Kyoto Protocol not only was loaded in favor of the Europeans from the beginning, but how, even so, the latter are in no way being successful in following it directives; a fact little known and (strangely enough) little-made-a-big-deal-about (as we have recently pointed out) among the European populace. But then again, a rather normal fact, as you must understand that they are occupied, like Plantu, with far more important matters, such as castigating Uncle Sam for the world's troubles, environmental and other.

La sorte d'infos qu'on ne verra ni sur France 2 ni dans Le Monde

La vidéo (des "résistants"!) est là pour confirmer l'article dans Army Times (merci à Gregory) :

During a routine patrol in Baghdad June 2, Army Pfc. Stephen Tschiderer, a medic, was shot in the chest by an enemy sniper, hiding in a van just 75 yards away. The incident was filmed by the insurgents.

Tschiderer, with E Troop, 101st “Saber” Cavalry Division, attached to 3rd Battalion, 156th Infantry Regiment, 256th Brigade Combat Team, 3rd Infantry Division, was knocked to the ground from the impact, but he popped right back up, took cover and located the enemy’s position.

After tracking down the now-wounded sniper with a team from B Company, 4th Battalion, 1st Iraqi Army Brigade, Tschiderer secured the terrorist with a pair of handcuffs and gave medical aid to the terrorist who’d tried to kill him just minutes before.

2005/07/15

Navire de guerre US détourné pour la seule raison d'aller à la rescousse d'un adolescent français? Non, cela n'intéresse personne en France…

Étrangement, les rédacteurs du quotidien de référence, si rapides et si habiles à décrire les moindres faux pas et "erreurs" de l'armée américaine, ou de leurs leaders — pour ne pas dire leurs crimes (et de dépeindre les Ricains, ou leurs leaders, comme l'ennemi public numéro 1 de toutes les élites bien-pensantes et en fait de toute l'humanité) —, ne semblent pas avoir trouvé grand intérêt dans ce reportage de James Taranto dans le Wall Street Journal (merci à Frank Hart):

Remember the USS Cole? It is the American destroyer that was hit by an al Qaeda bomb in Yemen in October 2000, killing 17. Damaged but not destroyed, the Cole returned to service in December 2003. Columnist Michael Smerconish writes in the Philadelphia Daily News about the Cole's most recent mission:

Before arriving in Philadelphia, the Cole participated in the annual Baltic Sea operations, a joint exercise of 11 nations. But the Cole took an unexpected detour on the way here, for reasons that offer a symbolic story about the U.S. military, one which hasn't been told until now. Here is the way [Cmdr. Brian] Solo spelled out the itinerary in an e-mail to me:
"At 2300 hours on 27 June, COLE received word via the Coast Guard regarding a medical emergency aboard a civilian sailboat in the middle of the Atlantic Ocean... more than 300 [nautical miles] to the southeast of COLE's position. The patient was initially reported to have appendicitis. Due in Philadelphia, COLE nevertheless turned and headed, at best speed (30+ knots) towards the position of the sailboat. Simultaneously, the merchant vessel CHIQUITA NEDERLAND, who was in the vicinity of the sailing vessel, took the patient, a 16-year-old French national, on board, and then headed at best speed to the northwest to meet COLE."
Yes, one of the Navy's finest--in the midst of the war on terror--changed course to save a French teenager. (This isn't a picture of the military the mainstream media is anxious to portray. It's far too sympathetic.)
Hey France, de rien.

Tuer 3000 hommes, femmes, et enfants, quand il s'agit des Ricains, ce n'est rien de plus que de "contester la puissance américaine"

Sujet du Bac Histoire Géographie à Créteil (merci à RV):

L'éducation (sic) nationale nous apprend que la situation du monde actuel est entièrement la faute des Américains mesquins et tricheurs et en aucune façon liée à d'éventuels prises de décisions ou à des politiques sans lendemain — ne fussent-elles qu'hypothétiques — dans les pays du reste du monde (ce qui est souligné l'est par moi).

Ce mélange américain -université/recherche/entreprise/bourse- attire les meilleurs étudiants du monde, il explique que les Etats-Unis monopolisent plus de la moitié des prix nobel distribués chaque année.
Oui, et au lieu de vous en plaindre, une réaction plus logique serait peut-être d'essayer d'examiner, voire (oserais-je le dire?) d'imiter, le modèle américain. Mais dans ce sujet du bac Histoire Géographie il y a pire:
Document 1 :
1) Comment la puissance militaire des Etats-Unis se manifeste- t-elle dans le monde ?

Document 1 et 2 :
2) Relevez quatre indicateurs de la puissance économique américaine et donnez deux preuves de la puissance culturelle américaine. (4 points)

Document 3 :
3) Comment la puissance américaine a-t-elle été contestée le 11 septembre 2001 ? (1 point)
Tuer 3000 hommes, femmes, et enfants, quand il s'agit des Ricains dans les esprits des "humanistes" et des "plus-généreux-et-pacifiste-que-moi-tu-meurs", ce n'est rien de plus que de "contester la puissance américaine"

2005/07/01

Le dernier livre de Yves Roucaute

Peut-on ignorer la pensée qui anime la politique de la première puissance mondiale ? Et qui peut être mieux placé qu'un néo-conservateur pour expliquer ce qu'est le néo-conservatisme ? Yves Roucaute ne dissimule pas son propre itinéraire. Comment avoir été à la direction de l'UNEF, président de l'Institut Gramsci, et devenir néo-conservateur ? Le philosophe raconte sa recherche des valeurs perdues, l'histoire de la montée d'un doute qui le rongeait lors des soirées avec Louis Althusser, l'ami de la famille, Félix Guattari, le copain des combats marginaux, au cours des discussions informelles avec Jean-François Lyotard ou Michel Foucault, des rencontres plus cérémoniales avec Gilles Deleuze ou Jacques Derrida... Ce livre est celui des valeurs retrouvées contre le relativisme de la gauche intellectuelle et de la droite archaïque. Le néo-conservatisme est né en proclamant " plus jamais Auschwitz " : il a détruit l'URSS du goulag et ne détermine pas sans raisons la politique des États-Unis face au nouveau défi barbare et aux tyrans. Contre le relativisme, donc, et au nom de l'humanité de l'homme, le néo-conservatisme exige le respect des droits naturels inaliénables. Contre le laxisme, il affirme une philosophie des devoirs respecter les anciens, défendre la grande culture, obéir au droit, punir avec sévérité, instruire des mœurs policées. Ni Dieu État, ni Dieu Marché, ni maternage, ni irresponsabilité, mais " dynamique de la liberté ", sur les chemins ouverts par John Locke et les Pères fondateurs des États-Unis. L'auteur place le néo-conservatisme sous le principe espérance : une philosophie de la recherche du bonheur, appelée " singularisme ", qui exige la construction des " Cités de la compassion ", pour répondre à la souffrance et vivre dans le respect du " Vieil Homme " ; qui exige aussi une nouvelle conception de la prudence et de la guerre juste, dont la finalité est la liberté et le traité de paix universelle.

l'Europe ne croit pas au mal : elle ne connaît que des malentendus à résoudre par la compréhension, la concertation

L'histoire ne se divise pas entre nations pécheresses et nations innocentes, mais entre démocraties qui reconnaissent leurs forfaits et dictatures qui les dissimulent en se drapant dans les oripeaux du martyr
nous explique Pascal Bruckner.
Depuis un demi-siècle … l'Europe est irréconciliée, habitée par les tourments du repentir. Ruminant ses crimes passés, l'esclavage, le colonialisme, le fascisme, le communisme, elle ne voit dans sa longue histoire qu'une continuité de tueries et de pillages. Spontanément elle donne raison à ses ennemis dans le jugement qu'elle porte sur elle-même. On l'a constaté le 11 mars 2004 à Madrid : au terrible attentat qui l'a frappée, l'Espagne a immédiatement réagi par un mea culpa collectif et le retrait des troupes d'Irak, oubliant que la plupart des terroristes visaient moins la présence espagnole à Bagdad que la reconquête de l'Andalousie musulmane perdue depuis le XVe siècle.

N'en doutons pas : le même raisonnement prévaudrait si demain des poseurs de bombes détruisaient la tour Eiffel ou Notre-Dame. Les bonnes âmes de droite et de gauche nous intimeraient immédiatement de nous flageller : on nous frappe, donc nous sommes coupables alors que nos agresseurs sont en réalité des misérables qui protestent contre notre richesse insolente, notre mode de vie. L'Europe se constitue à l'intérieur du doute qui la nie et porte sur soi le regard d'un accusateur intransigeant.

… "Fichez-nous la paix", demandaient les manifestants contre la guerre en Irak en 2003. On ne saurait mieux dire.

La démocratie européenne évoque cette convalescence que des peuples jadis turbulents s'imposent après avoir perdu le goût des batailles. Elle devient ce qui reste quand tous les autres rêves ont été abandonnés : un espace d'une grande diversité où il fait bon vivre dans le voisinage de chefs-d'oeuvre culturels. Admirable projet certes, puisqu'il fait l'économie de la violence. Mais ce calme serait parfait dans un temps de grande sérénité, dans un globe enfin gagné à "la paix perpétuelle" (Kant). Or le contraste est saisissant entre l'idylle que se racontent les Européens le droit, le dialogue, le respect, la tolérance et la tragédie que vit le monde alentour : la Russie plus agressive que jamais, l'Iran devenu puissance nucléaire, le Moyen-Orient déchiré, l'Afrique instable.

Mais l'Europe ne croit pas au mal : elle ne connaît que des malentendus à résoudre par la compréhension, la concertation. Elle n'aime pas plus l'Histoire : celle-ci est un terrain miné dont elle est sortie à grand-peine en 1945 et en 1989. Elle laisse à d'autres le soin d'en prendre charge, quitte à les critiquer violemment pour leur archaïsme. Les Européens croient avoir tout dit en érigeant le "plus jamais la guerre" en dogme intangible. …

La défiance qui pèse sur nos réussites les plus éclatantes risque toujours de dégénérer en haine de soi, en défaitisme facile. …

L'Europe de l'Ouest préfère globalement la culpabilité à la responsabilité : la contrition ne coûte rien et nous laisse les mains blanches. Prendre en charge le poids du monde aux côtés de nos alliés serait une autre paire de manches. Nous assumons en paroles tous les malheurs de la terre, du réchauffement climatique au tsunami : mais nous nous délectons de notre impuissance tranquille. Si demain Vladimir Poutine posait sa grosse patte sur les pays baltes, envahissait la Géorgie ou la Moldavie, l'Europe occidentale d'un seul souffle s'exclamerait : "Servez-vous." Comment sortir des pièges de la mauvaise conscience ? En rappelant que … Pas plus qu'il n'y a transmission héréditaire du statut de victime, il n'y a transmission du statut de bourreau : le devoir de mémoire n'implique pas la pureté ou la faute automatiques des descendants. Nous ne sommes pas coupables des atrocités commises par nos ancêtres mais de celles que nous laissons faire aujourd'hui par indifférence, passivité, complaisance aux tyrannies.

L'attention obsessionnelle aux abominations d'autrefois nous rend aveugles à celles du présent. Le crime de masse est la chose du monde la mieux partagée, même si la plupart des régimes se refusent à l'admettre. L'histoire ne se divise pas entre nations pécheresses et nations innocentes, mais entre démocraties qui reconnaissent leurs forfaits et dictatures qui les dissimulent en se drapant dans les oripeaux du martyr. …

… C'est à une véritable révolution mentale que nous devons consentir. Faute de quoi l'Europe se réduirait à un camp de vacances, à un sanatorium de luxe toujours prêt à abdiquer son indépendance pour un peu plus de calme et de confort avant le dépeçage final.

2005/06/12

Tous les points de l'argumentation avaient en commun un gallo-centrisme d'autant plus gênant qu'il était soit inavoué, soit totalement inconscient

En rejetant cette Constitution, les Français semblent exprimer la nostalgie d'une époque où leur influence dominante et leur identité au sein de cette Europe étaient garanties
écrit Philip Gordon dans Le Monde. Sur la même page des débats, Erhard Friedberg décrit Le gallo-centrisme, tare si française.
…n'est pas vrai tout ce qui se dit ! Le débat n'était pas exemplaire, il n'a pas amélioré le niveau de connaissances des Français sur l'Europe et certainement pas servi la cause de l'Europe en France.

C'est d'abord, naturellement, un reproche qui s'adresse aux partisans du non. Ils n'ont pas fait preuve d'information, mais de désinformation systématique. … C'était, au mieux, des erreurs ou des demi-vérités, au pire des mensonges purs et simples, inventés avec le seul souci de faire peur, et ainsi de faire gagner des voix à la cause sacrée du non.

Ces contributions n'ont pas favorisé un débat éclairé ; elles n'ont d'ailleurs pas cherché à le faire. Dans leur diversité, tous les partisans du non (de gauche, souverainiste et anti-étranger d'extrême droite) ont joué sur la peur, sur les réflexes de retrait sur l'Hexagone, sur la nostalgie du cadre étatique national.

Mais l'Autrichien francisé, professeur des universités et directeur du Centre de sociologie des organisations à l'Institut d'études politiques de Paris, fait valoir qu'en aucun cas la prise de position française "ne démontre une connaissance des réalités européennes"
Quant aux partisans du oui, ils n'ont pas davantage amélioré le niveau d'information des Français ni fait avancer la cause de l'Europe. Ce, pour la simple raison qu'ils ont centré toute leur argumentation autour de deux points, modulés différemment par les uns et les autres, mais qui avaient en commun un gallo-centrisme d'autant plus gênant qu'il était soit inavoué, soit totalement inconscient. Le premier de ces points a développé l'idée que la Constitution reflétait les conceptions françaises, qu'elle était en fait "française" et, à ce titre, acceptable et bonne.

Le second a porté l'idée que, par un vote positif, on "renforcerait la position française au sein de l'Europe" afin d'éviter que ne l'emportent les forces malignes du libéralisme et du marché (version du oui de gauche) ou les tentatives de nos partenaires de grignoter les avantages que la France retirerait de l'UE (version plus cynique du oui de droite).

Le message transporté par cette argumentation était bien gallo-centriste : il considérait comme acquise la supériorité des conceptions constitutionnelles et politiques de la France et impliquait une vision quelque peu dédaigneuse des discussions qui avaient permis le compromis final. Mais, derrière cette argumentation gallo-centriste, se développait une vision bien plus pernicieuse, dans la mesure où elle suggérait que l'Europe était un champ de bataille hostile, où la France devait constamment se défendre.

Le moins que l'on puisse dire est qu'une telle argumentation n'est pas propice à développer une image positive de l'Europe, à entretenir l'idéal de la construction européenne, dont les bienfaits l'emportent largement sur les contraintes. Les discussions, indispensables à la construction de positions communes et acceptables pour tous les participants, ne sont jamais présentées en France comme un enrichissement : on s'y réfère de manière dédaigneuse, comme s'il s'agissait d'un appauvrissement, voire d'un avilissement de la pureté et de la logique impeccable d'une proposition initiale.

La tendance est à brocarder le byzantisme de la bureaucratie bruxelloise, sans comprendre que le processus politique européen, pour complexe et sinueux qu'il soit, est souvent infiniment plus ouvert à la délibération, plus riche et diversifié que ne l'est le processus administratif et législatif français.

Au fond, le non-dit de cette campagne, partagée par la grande majorité de la classe politique, est une vision étroitement instrumentaliste et gallo-centriste de l'Europe. Celle-ci doit servir les intérêts français et refléter les conceptions françaises : dans cette seule mesure, elle est intéressante, à cette condition seulement elle est acceptable.

Le soir du référendum, sur un plateau de télévision, il y eut une belle illustration de cette arrogance française : un certain nombre de participants développaient des arguments s'appuyant sur le non français pour suggérer qu'il était désormais inutile de poursuivre le processus de ratification à l'échelle des Vingt-Cinq. La France avait parlé, elle avait dit non, il était tout simplement superfétatoire de continuer la procédure.

Lorsque le président du Parlement européen a calmement répondu que "la procédure de ratification allait se poursuivre, que la France décidait pour la France, mais qu'en Europe il y avait 25 pays, donc 25 processus de ratification", les réactions furent édifiantes. A peu d'exception près, dont celle de l'ancien ministre des affaires étrangères, Michel Barnier, qui connaît bien l'Europe, on pouvait lire sur les visages des présents (y compris du journaliste) une expression d'étonnement, de consternation incrédule, voire un début d'irritation.

Comment ? L'avis de la France n'était pas plus important que celui d'un autre pays ? On ne reconnaissait donc pas à la France la capacité de parler pour les autres peuples ni celle de leur montrer le chemin (hors de l'enfer"ultralibéral", vers lequel conduisait tout droit le projet Constitution) ?

Perçait là tout un non-dit de la position française face à l'Europe, mélange d'arrogance, de condescendance de donneur de leçons et d'instrumentalisation pure et simple, une position qui est partagée bien au-delà des partisans du non au référendum du 29 mai.

2005/06/05

La campagne anti-guerre de Chirac et Schröder ne semble pas avoir profité auprès des électeurs, contrairement à…

Il y a quelque chose de curieux
dit Charles Kupchan, professeur à l'université Georgetown à Washington et directeur des études européennes au Council on Foreign Relations, à Corine Lesnes.
Chirac et Schröder avaent fait campagne de manière très nette contre la guerre en Irak, ce qui correspondait à l'avis de leurs opinions publiques. Cela ne semble pas leur avoir profité auprès des électeurs, alors même que la situation est mauvaise en Irak. Le président Bush, lui, a été réélu. Et pas seulement lui, mais aussi le premier ministre danois, le premier ministre australien, et Tony Blair en Grande-Bretagne, alors que de l'avis générale la guerre a mal tourné.

2005/06/01

"Les Néerlandais reprochent généralement à la France ce qu'il estiment être un anti-américanisme primaire"

La prochaine fois que Néron voudra construire une alliance anti-américaine, le premier ministre fera mieux de consulter ses partenaires européens et de lire le chat avec Jean-Pierre Stroobants, envoyé spécial du Monde aux Pays-Bas, mercredi 1er juin 2005 (débat modéré par Célia Mériguet et Guillaume Pélissier-Combescure).
Coolbens : Quelles sont les relations entre les Pays-Bas et les Etats-Unis ? Quel impact ont-elles eu sur le débat durant la campagne référendaire ? Les Néerlandais craignent-ils de devoir s'éloigner du partenaire américain ?

Jean-Pierre Stroobants : Les relations Pays-Bas - Etats-Unis, et plus généralement avec le monde anglo-saxon, sont une priorité pour la plupart des partis politiques. Il faut rappeler que les Néerlandais ont envoyé des troupes en Irak. Cette question n'a toutefois joué qu'un rôle mineur. Et si l'on reparle de l'influence du non français, on peut souligner que les Néerlandais reprochent généralement à la France ce qu'il estiment être un anti-américanisme primaire.

2005/05/27

Union européenne : les contribuables doivent placer les technocrates sous contrôle

Quelle que soit l’issue du scrutin, les actions que [les Contribuables associés auront] à mener à l’avenir, au niveau européen, ne varieront pas d’un iota. Si le « oui » l’emporte, l’Europe ne se libérera pas pour autant de son carcan technocratique. Et si, au contraire, le «non» l’emporte, cela n’empêchera pas non plus les hauts fonctionnaires de Bruxelles, en « bons » bureaucrates, de tenter d’élargir leur pouvoir d’intervention.

2005/05/25

Politique Américaine

Politique Américaine est une revue consacrée aux affaires et contemporaines aux Etats-Unis. Publiée trois fois par an, la revue examine les enjeux intérieurs et de politique étrangère américaine.

Parmi les dix plus grands «think tanks » en France (selon L'Expansion), l'Institut Choiseul pour la politique internationale et la géoéconomie (anciennement Institut européen de géoéconomie) est un centre de recherche indépendant basé à Paris consacré à l'analyse des relations internationales, des stratégies et des rapports de force dans les domaines économiques, politiques et culturels internationaux.

Éditeur spécialisé dans les revues intellectuelles consacrées aux questions régionales et internationales, Choiseul éditions publie aussi les revues suivantes : Géoéconomie, Maghreb-Machrek, Problèmes d'Amérique latine, Nordiques, et Monde chinois.

(Thanks to e-Nough)

2005/05/10

Preuves de l'exigence d'un journaliste modèle du Monde qui défendait toutes les bonnes causes

Avec Claude Julien disparaît l'un de ces hommes de caractère et de conviction, l'un de ces journalistes incisifs et exigeants qui ont marqué l'histoire du Monde, puis du Monde diplomatique
writes Jean-Marie Colombani in person at the end of Claude Eveno's obituary of a Le Monde journalist which says a lot about the independent daily's values and orientation.
Homme de conviction et journaliste de talent, Claude Julien laisse le souvenir d'une forte personnalité, passionné par son métier et par les causes qu'il défendait.
Tout en respectant solennellement la mort d'un homme, sommes-nous autorisés à lire le papier le concernant avec un regard critique et à nous demander in what ways exactly, dans les yeux des pachas du Monde, was Monsieur Julien a man of conviction and a talented journalist, un journaliste incisif et exigeant?
Claude Julien s'impose comme le spécialiste de l'Amérique du Nord. Ses reportages aux Etats-Unis tiennent en haleine les lecteurs.

…Quand le temps lui reste, il accomplit lui-même des périples, comme celui qu'il fit à Cuba à l'occasion du premier anniversaire de la révolution castriste, "Cuba, ou la ferveur contagieuse" (Le Monde du 17 au 23 mars 1960), qu'il publie en 1961 sous le titre La Révolution cubaine.

Très intéressé par le Canada, qui lui apparaît comme un des bastions de résistance à l'impérialisme américain, il le parcourt pour Le Monde, ses reportages étant regroupés dans un livre, Le Canada, dernière chance pour l'Europe (1965). Mais son plus grand succès de librairie, Claude Julien le doit à sa parfaite connaissance des Etats-Unis dont il décrypte, en 1968, la volonté de puissance dans L'Empire américain

En 1969 … Claude Julien est tout naturellement nommé chef du service étranger. … il est nommé rédacteur en chef du Monde diplomatique en 1973.

…Claude Julien en fait un organe incisif qui offre à la fois des analyses fouillées des grands problèmes internationaux, sociaux, économiques et culturels, et des critiques qui n'épargnent personne.

Surtout, il est certain, il est indéniable qu'on pouvait compter sur le Monde diplomatique pour écrire des critiques qui n'épargnaient aucunement les nations comme l'Union Soviétique, la Chine populaire, et autres pays de l'Est, voire des pays comme le Vietnam du Nord ou… le Canada ou encore …Cuba…

2005/05/04

Bruce Willis, homme qui ne cède pas aux cris d'alarme des médias environnants

…l'acteur qui aime à se définir comme "un garçon simple du New Jersey" est un homme de valeurs. Des valeurs républicaines en l'occurrence
peut-on lire dans l'article d'Isabelle Regnier sur Bruce Willis, tout en se demandant pourquoi il semble que ce n'est que parmi les stars du show-biz à qui Le Monde veut bien donner la parole aux supporters de W.
En 2003, il était allé soutenir les soldats américains en Irak. "J'ai vu là-bas beaucoup de choses que les médias américains refusaient de montrer", confie-t-il, l'air grave. Par exemple ? "Le peuple irakien était heureux de l'arrivée des Américains. L'armée rétablissait l'eau, l'électricité, rouvrait les écoles... Quand on pense qu'Hitler a fait tant de désastres en imposant un régime terroriste pendant dix ans. Saddam, lui, est resté trente ans ! Il brutalisait son peuple, il le gazait aussi."

A l'exception de Fox News, "la seule chaîne qui ait eu le courage" de rendre compte de son témoignage, "les médias américains sont vraiment trop "libéraux"". Il leur en veut, beaucoup, de n'avoir pas rendu compte des "réelles motivations de cette guerre". "Ce n'est évidemment pas pour le pétrole que les Américains se sont battus. C'est pour apporter sur place l'économie de marché. Et, jusqu'à présent, tous les pays où l'on a apporté l'économie de marché prospèrent !"

Il croyait tellement à cette guerre qu'il aurait voulu s'y battre, soutient-il, mais son âge — 50 ans — l'en a "malheureusement" empêché. Depuis que George W. Bush l'a nommé ambassadeur de Foster Care, une association qui oeuvre en faveur de l'adoption d'orphelins, il se console. Parce que la famille, Bruce Willis ne le dira jamais assez, "c'est ce qui compte le plus".

2005/05/01

Un livre critique du Monde est cité dans le quotidien, mais pas dans la section des livres et ...un an après sa parution

Ce n'est pas pour rigoler que François Jourdier (Toulon) a envoyé depuis douze ans quelque... quatre cents lettres au Monde !
s'exclame Robert Solé dans sa chronique du médiateur, dont la citation du livre critique de ce même lecteur pourrait inciter à une certaine admiration, si cette mention du livre n'était pas la première, et la seule, à paraître dans le journal indépendant depuis la parution dudit livre il y a presque …un an. Et cela, dans la chronique du médiateur, et ni dans la section littéraire ni sur la page des médias.
N'ayant pas été souvent cité, il a fini par publier un recueil de ces textes, puis un vrai livre, préfacé par Wladimir Volkoff (La Désinformation et le journal Le Monde, Editions du Rocher, 2004). On est là dans un tout autre registre que les lecteurs précédents.

"Je lis Le Monde depuis des années, écrit M. Jourdier dans son livre. C'est un journal fort intéressant : on y trouve tout. On y trouve tout mais présenté, interprété, voire déformé en fonction d'a priori, de jugements, de condamnations fondés sur une conception du monde profondément marquée par le trotskisme et Mai-68. (...) Le Monde a toujours raison, ce sont les événements qui ont tort."

Que reste-t-il alors de nos amours européennes ? Sinon des lois, lois-cadres et des règlements…

Dira-t-on plus tard de l'Europe, comme le fit William Pitt à propos de la France de 1789, qu'elle a «traversé la liberté» ?
demande, dans Le Figaro, Yves Roucaute qui, contrairement à la majorité des Européens, semble avoir lu le texte intitulé Consitutution européenne. (Soyez gentils et adressez-lui vos sympathies…)
Il arrive que, perdus, nous n'ayons pas tant à trouver le bon chemin qu'à nous écarter du pire. Refuser la Constitution ? Voilà, je le sais, qui sera interprété par les courants anti-européens comme une victoire. Et beaucoup d'amis de la liberté s'inquiètent déjà de l'échec de cette Union qui, seule, paraît en mesure de secouer les archaïsmes français par le jeu de ses trois piliers : le technocrate, le juge et l'universitaire. Faudrait-il l'accepter, alors ? Je crains que le pari non démocratique d'hier ne soit forclos aujourd'hui.

Une victoire du oui annoncerait une déroute stratégique bien plus grave pour l'esprit qu'on ne l'imagine, et la certitude d'un grand désordre futur face à une Constitution rigide qui n'autorisera plus les populations qu'à se soumettre ou à se démettre. Disons-le sans fard : ce «traité établissant une Constitution européenne» n'oppose en aucune façon pro-européens et anti-européens. Encore moins libéraux et socialistes.

Nous reproduisons un débat qui vit s'affronter, lors de la construction des États-Unis, les partisans d'un centre politique et administratif fort, aux amis de Jefferson, favorables à la liberté des Etats et des individus. Peut-être devait-il un jour avoir lieu en raison de la force, jusqu'ici positive, du «parti technocratique».

Droits individuels ? Dès le préambule, le projet évoque vaguement les «héritages culturels, religieux et humanistes de l'Europe». Un peu plus loin, dans une confusion conceptuelle déroutante, la Constitution se réfère aux «valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme». Plus loin encore, perpétuant la confusion, sont évoqués droits fondamentaux et citoyenneté de l'Union.

L'esprit du Léviathan rôde. Il ne se lit pas seulement par son incroyable monstruosité, dépassée par la seule Constitution indienne. Il hante le texte dès la phrase d'exergue qui ouvre le projet : «Notre Constitution... est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorité mais d'un plus grand nombre.» Le droit de propriété (article 76) ? Certes, mais seulement «conformément au droit de l'Union et aux législations et pratiques nationales». Il suffit donc d'une majorité changeant sa législation nationale pour limiter ce droit naturel. Limiter ? Abroger aussi. L'article suivant précise : «Nul ne peut être privé de sa propriété si ce n'est pour cause d'utilité publique, dans des cas et conditions prévus par une loi.»

L'«utilité publique» ? Une belle idée qui avait naguère procuré des débouchés insoupçonnables aux spécialistes encartés de l'utilité publique en Europe de l'Est. Le droit de se réunir (article 72) ? Seulement si la réunion est jugée «pacifique» ; les communistes soviétisés qui interdisaient les réunions ne prétextaient pas autre chose. Le droit de se marier, de fonder une famille (article 69) ? Ils sont «garantis selon les lois nationales qui en régissent l'exercice», et les lois nationales variant bien fol qui s'y fie... Le droit à l'éducation, de créer des établissements libres (article 74) ? Seulement «selon les lois nationales qui en régissent l'exercice». Il suffira donc d'une majorité qui vote une loi pour imposer à tous un type d'école religieuse ou bien, à l'inverse, l'interdire à tous...

Incroyable recul de la liberté. Toute l'histoire contemporaine de l'Europe est d'avoir tenté de poser les droits naturels hors de portée des tyrannies individuelles ou majoritaires afin que plus jamais ne soient possibles la Shoah et le goulag, afin que nulle violation des droits individuels ne puisse se produire sous couvert d'une décision majoritaire. Nul n'a juridiquement raison parce qu'il est politiquement majoritaire.

Ce retour en arrière qui se lit jusque dans la prétention de ce projet de «constituer» des droits naturels. Jusque dans l'insensé projet de placer la charte des droits en partie II, après la définition des organes de pouvoir. Or, les droits ne se constituent pas, mais se déclarent. Ils sont déjà là, donnés avant nous, par la nature ou le Créateur. Ils sont un quelque chose qui était là de toute éternité, qu'il faut dé-couvrir. Aucun individu, aucune minorité, aucune majorité ne peut les discuter. Ils précèdent la Constitution et l'organisation des pouvoirs qu'ils contrôlent, comme l'ont toujours pensé les amis de la liberté, et cela depuis les premières «Déclarations» de droits, en passant par les «Déclarations» américaines ou celles qui ont été votées après la chute des forces brunes puis rouges dans l'Europe de l'Est.

On comprend mieux la confusion des droits naturels avec les droits politiques et sociaux qui, eux, se constituent. On saisit mieux l'absence de référence aux valeurs judéo-chrétiennes. … Au lieu de Locke ou Voltaire, de Jefferson ou Burlamaqui, le «parti technocrate» a choisi Hobbes et Rousseau. Au lieu d'un centre politique contrôlé, il a élu le contrôle du centre.

Conception cavalière des droits individuels d'un côté, renforcement jacobin des pouvoirs du centre de l'autre. Les compétences de l'Union, me dit-on, sont de trois ordres : compétences exclusives (politique monétaire, commerciale commune, union douanière...), celles qui sont du domaine apparemment exclusif des Etats (industrie, protection et amélioration de la santé, éducation, formation et jeunesse, sport, culture, protection civile) et, les plus importantes, les autres, dites «compétences partagées». Quel est le principe de la compétence partagée ? «Les Etats membres exercent leur compétence dans la mesure où l'Union n'a pas exercé la sienne ou a décidé de cesser de l'exercer.»

Ainsi, par un coup d'État européen non annoncé, seule l'Union décide. Marché intérieur, agriculture et pêche, espace de liberté, sécurité, transport, réseaux transeuropéens, énergie, politique sociale, emploi, cohésion sociale, cohésion économique, territoriale, environnement, protection des consommateurs... l'Union se donne en même temps (article 14) compétence pour coordonner la politique économique des Etats, offrir les «grandes orientations de ces politiques», les lignes directrices et la coordination des politiques de l'emploi des Etats membres...

Ajoutez à cela l'idée d'une majorité qualifiée, la possibilité d'une flexibilité sur les droits apparents des Etats et les «actions d'appui et de coordination» que l'Union pourra s'autoriser avec ses autres compétences, que reste-t-il alors de nos amours européennes ? Sinon des lois, lois-cadres et des règlements ?

Pourtant le parti technocratique lui-même serait bien inspiré de se méfier. Pour asseoir son pouvoir, il a ouvert une terrible boîte. Imaginez demain que du vote des urnes sorte une majorité tyrannique ? Impossible, dites-vous ? Priez alors car l'Europe est coutumière du fait. Je ne parierai pas ma liberté sur votre insouciance. Crise économique, crise sociale, crise morale, qui sait ce que demain sera ? Le pire n'est certes pas certain, mais prévoir l'incertain peut nous garantir du pire. Et n'est-ce pas là le premier rôle d'une Constitution ? Affaiblissement du centre, principe de subsidiarité et garantie des droits individuels, telles sont les conditions de l'Europe de la liberté. Je ne souhaite pas que l'Europe traverse la liberté mais qu'elle l'épouse. Ou la souveraineté des individus précède celle des Etats et des peuples ou la liberté n'est qu'un mot mis sur les fers.

2005/04/25

Les «veuves de la révolution», ces étrangers qui poussent Castro à l'anti-impérialisme sur le dos d'un peuple qui a faim, les Cubains les méprisent

Quand Paulo A Paranagua fait valoir à Raul Rivero que "Castro garde du prestige", le poète et journaliste cubain en exil en Espagne répond à l'envoyé spécial du Monde que

Je suis attrisé par les « veuves de la révolution », c'est à dire tous ces gens qui se rendent à la Havane pour pousser à l'anti-impérialisme, sur le dos d'un peuple qui a faim. Les Cubains les méprisent, mais ne peuvent le montrer. Les gens aspirent à la modernité. Les mots d'ordre et les mythes, c'est fini. Dequelle éducation peut-on parler quand il n'y a pas de libertés ? Je ne veux pas que ma fille soit comme Che Guevara, mais comme ça lui chante.
Rivero ajoute que tout en admettant être libre grâce à la nouvelle orientation politique de l'Union européenne, amorcée par Zapatero, qui favorise le dialogue avec la Havane,
je suis également reconnaissant à son prédécesseur, José Maria Aznar, qui s'est élévé contre les condamnations de 75 opposants en 2003. Sans la sévérité d'Aznar, l'assouplissement proposé par Zapatero n'aurait pas marché.
Sur "l'attitude immobiliste et même régressive" du Comandante, Rivero ajoute :
Castro détient un pouvoir absolu, il n'hésite pas à tuer ceux qui lui font de l'ombre, comme dans le cas du général Ochoa [fusillé en 1989].

2005/04/23

Nous nous nourrissons de slogans — ultralibéralisme, dumping social, fracture sociale, citoyenneté — mais ils sont creux, parce qu'ultrasimplistes

L'exception française ne fait que recouvrir des archaïsmes qui déroutent nos partenaires et qui nous coûtent très cher, en prestige mais aussi en emplois et en niveau de vie
écrit Charles Wyplosz dans Le Monde.
Le rejet de la Constitution va faire apparaître au grand jour ce que les observateurs de la scène européenne ont constaté depuis plusieurs années : la France n'est plus le pilote de l'Europe. …
Contrairement à ce que pensent beaucoup d'entre eux, affirme le professeur d'économie à l'Institut des hautes études internationales de Genève, les Français "lucides" ne sont pas immunisés à une vision du bien et du mal ni à un fondamentalisme du type religieux.
Les Français, et la plupart de leurs dirigeants politiques, ont une vision idéologique de ces questions. Il y a le mal — le profit, les multinationales, les marchés financiers — et le bien — les pauvres, les chômeurs. Profondément empreinte de marxisme, cette vision est à mille lieues de la réalité. Il est politiquement correct de rejeter d'un revers de manche le "modèle anglo-saxon", de le déclarer inadapté à nos traditions. Mais comment expliquer la stagnation prolongée de l'économie française ?

… Nous adorons nous offusquer des fondamentalistes religieux américains qui veulent que l'on n'enseigne plus le darwinisme sans présenter comme également valide le créationnisme, la croyance que Dieu a fait le monde. Mais nous trouvons normal de présenter à égalité les lois du marché et des fadaises marxisantes.…

Nous nous nourrissons de slogans — ultralibéralisme, dumping social, fracture sociale, citoyenneté — mais ils sont creux, parce qu'ultrasimplistes. Nous adorons opposer le modèle social européen à l'individualisme américain, mais il n'y a pas de modèle social européen. C'est bien pour cela que notre insistance à avoir une politique sociale européenne ne peut aboutir : à chacun de balayer devant sa porte, disent nos partenaires, et ils le font.

L'exception française est vraiment unique. Elle est rejetée par la quasi-totalité de nos partenaires qui ont rangé depuis longtemps les querelles idéologiques dans le placard des débats inutiles. Ils s'impatientent des efforts incessants de la France pour imposer ce qu'eux-mêmes perçoivent comme des sources de stagnation et de chômage.

…Il va falloir enterrer la vieille idée que l'Europe sert avant tout à donner du poids à la France pour lui permettre de tutoyer les Etats-Unis.

Nos partenaires ne partagent pas cette vision. S'ils l'ont longtemps tolérée sans la soutenir, le non va leur donner le droit de la rejeter, et ils ne vont pas s'en priver.

Il va aussi falloir comprendre que la compétition économique est le seul moyen de ne pas régresser. … le protectionnisme ne protégera pas les perdants, il ne fera que paralyser les gagnants.

2005/04/22

Vive la dictature du fonctionnariat !

Quand une manif massive réunit des dizaines de milliers de fonctionnaires dans les rues de Paris, pour demander plus de fric, plus de présence et d'intervention gouvernmentales, et plus de bureaucratie, un petit groupe de protestataires, quelque peu différent de l'autre, décida d'infiltrer les multitudes grognantes avec des panneaux tout aussi (peu?) différents.

Lire la précédente opération
commando
de la BAF

2005/04/20

Le président du "pays où tout est bâti sur le dollar" "incite les nations à la guerre"

Il ne faut pas prendre les critiques comme une attaque sur les USA, me dit-on souvent. Ce n’est pas contre le peuple américain que nous en avons, c’est contre leurs dirigeants. Ah oui, je compatis. Ainsi, récemment, un ministre des affaires étrangères européen a dénoncé le président américain comme “un fanatique" et le “coupable principal de la guerre” et a pleuré le “peuple américain” d’avoir été trahi par un tel leader irresponsable avec son “attitude intransigeante”.

“Les Américains n’ont pas d’avenir” disait pour sa part le chef d’État du ministre sus-mentionné.

C’est un pays pourri. Le problème racial et le problème d’inégalités raciales y sévissent … Mes sentiments sur l’américanisme sont la haine et le plus profond dégoût … Comment espérer qu’une tel État puisse rester soudé — un pays où tout est bâti sur le dollar.
Évoquant l’“insolent mépris [américain] de la vérité et du droit” dans des paroles qui auraient sans doute pu sortir tant des bouches des militants d’Attac et d’autres pacifistes qui défilent dans les rues de Paris que des salles des Nations Unies, il ajouta que le “soi-disant” président s’était “rendu coupable d’une série de crimes contre les lois internationales”. L’Européen précisa que
tout d’abord, [le président américain] incite les nations à la guerre, puis il en falsifie les causes et, drapé dans un manteau d’hypocrisie chrétienne, il conduit lentement et sûrement l’humanité à la guerre, non sans prendre Dieu à témoin de la pureté de ses intentions.

Une opposition menaçante se concentrait sur la tête de cet homme et lui fit pressentir qu’il ne trouverait le salut qu’en détournant l’attention publique de la politique intérieure vers la politique extérieure … Ainsi commencèrent à se manifester les efforts du Président américain dans le sens de la provocation de cette guerre … Pendant des années, cet homme nourrit un désir unique : le déchaînement d’un conflit quelque part dans le monde.

[Le fait qu’un pays] se soit finalement lassé de se voir bafoué de manière aussi indigne, voilà qui remplit … toutes les … nations honnêtes d’une profonde satisfaction.

Et au chef d’État d'exprimer son opinion qu’il ne voyait
aucune raison de prolonger cette guerre.
Quels politiciens courageux avaient proféré de telles paroles édifiantes? Quels héros de la scène internationale avaient prononcé de tels discours impressionants? Jacques Chirac? Villepin? Zapatero? Schröder? Fischer?

Non.

Et de quel président parlaient-ils, au fait? De Bush junior?

Non.

Bush père?

Non.

Ronald Reagan?

Non.

Pas un démocrate, quand même?

Si, si.

Et d'où tiens-je ces paroles édifiantes?

De Jean-Marie Colombani? D'Edwy Plenel? De Claire Tréan? De Bertrand Le Gendre? De Dominique Dhombres? D'Éric Fottorino?

Non non non non non non.

Du journal Le Monde? De Libération? De France 3? D'El País? De la BBC? De Stern? Du Spiegel?

Non, non, non, no, no, nein, nein.

Suffit, les devinettes.

Voici les réponses…

Voici le président américain qui est à la tête d'une société pourrie ainsi que la cause de la guerre.

Voici le ministre des affaires étrangères cité.

Voici le journaliste et la source de mes informations.

Voici le chef d'État.

Décidément, il s'avère que, comme on le voit, l'Europe a une longue tradition de produire des citoyens, des sociétés, et des leaders qui ne se privent pas de donner des leçons aux Yankees, tant ces Européens étonnent par leur lucidité, leur humanisme, leur générosité, leur amour du genre humain, leur respect pour les conventions internationales, et leur immuable désir pour la paix…

2005/04/16

Rioufol cite D'Souza sur l'esclavage

…la position anti-Constitution du numéro deux du PS, Laurent Fabius, a décomplexé un électorat de gauche dans sa résistance à la tyrannie de l'unanimisme obligé
écrit Ivan Rioufol dans son bloc-notes.
Alain Minc, modèle de l'intelligentsia parisienne, partisan du oui : «Le référendum est pareil à une «vérole» antidémocratique que la France aurait propagée dans l'ensemble de l'Europe.» C'est ce mépris du peuple qui est, pour beaucoup, devenu insupportable.
Esclavage : démarche ambiguë
L'esclavage : il fait partie de l'histoire sombre de la France. Mais la nation doit-elle être désignée coupable de ce passé ? C'est le sens d'un rapport, qui a été remis mardi à Jean-Pierre Raffarin par le Comité pour la mémoire de l'esclavage. Le document invite le gouvernement à faire du 10 mai (date de la loi de 2001 reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'Humanité) une «Journée des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions». Raffarin a salué «la qualité du travail accompli».

… cette démarche victimaire [qui] espère une refonte des manuels scolaires et des créations de «lieux de mémoire» [est en fait ambiguë]. D'autant que l'initiative relativise le fait que l'Occident – la France singulièrement – a été la civilisation qui a précisément supprimé l'esclavage. Il fut pratiqué par les Sumériens, Babyloniens, Égyptiens, Chinois, Indiens, Arabes. Le chercheur américain Dinesh D'Souza a noté que ce furent les chefs africains, profiteurs du trafic d'esclaves, qui envoyèrent en Occident des délégations pour protester contre l'abolition. Il note : «Les descendants des esclaves africains doivent leur liberté aux efforts d'étrangers blancs, non pas aux Africains qui les ont trahis et vendus.» Le rappeler également.