2005/02/27

Et si Bush avait raison ?

Le gouvernement américain a peut-être gagné la guerre en Irak
écrit Guy Sorman dans Le Figaro
En tout cas, il ne l'a pas perdue ; les images des électrices irakiennes le 30 janvier dernier – brandissant le V de la victoire, les doigts maculés d'encre violette, au sortir des urnes – auront, dans l'opinion américaine, justifié les épreuves et comme effacé la mémoire des victimes. Il est étonnant que plus de mille soldats américains tués en Irak n'aient pas soulevé là-bas une émotion particulière, et les raisons qui furent initialement invoquées pour intervenir – les armes de destruction massive – sont à peu près oubliées : la guerre apparaît rétrospectivement comme juste – une guerre à la fois contre le terrorisme et pour la démocratie. On rappellera en particulier, parce que c'est rarement signalé en Europe, que plus de trois cent mille cadavres, exécutés du temps de Saddam Hussein, ont été exhumés de charniers découverts par l'armée américaine. Même l'opposition démocrate à George W. Bush est à peu près ralliée à l'intervention armée, à commencer par la prochaine candidate, Hillary Clinton.

…Toujours au bénéfice de George W. Bush, les élections en Afghanistan ont légitimé Hamid Karzaï, qui fut initialement désigné de manière arbitraire. …Le vaste dessein des conservateurs – celui de redessiner la carte du Proche-Orient comme préalable à la paix, au développement économique et à l'éradication du terrorisme – paraissait, quand il fut énoncé, une forme de délire idéologique ; à ce jour, il est presque réaliste.

Les Européens, les Français et les Allemands particulièrement, en sont quelque peu embarrassés ; n'avaient-ils pas promis, gouvernants et médias réunis, que la rue arabe se soulèverait, que l'islam s'embraserait, que l'armée américaine s'enliserait, que les attentats terroristes se multiplieraient, et que la démocratie ne décrétait ni ne s'exportait ? Ces drames ne se sont pas produits ; soit Bush a de la chance, soit il est trop tôt pour en juger, soit son analyse n'était pas fausse.

Il semble acquis, en tout cas, que les principes de la démocratie libérale sont parfaitement compris dans le monde arabe ; les Européens, trop sceptiques, avaient sous-estimé le désir de liberté de ces nations. … Les dirigeants américains se perçoivent donc de plus en plus comme une force révolutionnaire, contre le despotisme oriental et contre les forces du statu quo européennes.

En face, les Européens restent divisés et désorientés. Les Britanniques, l'Europe du Nord (Danemark, Pays-Bas) et de l'Est (Pologne, République tchèque, Slovaquie) partagent à peu près l'idéologie démocratique américaine, mais ni les Français, ni les Allemands, ni les Belges ne s'y résolvent. La France, la Belgique et l'Allemagne apparaissent comme immobiles, satisfaites de la carte du monde telle qu'elle existe, disposées à s'accommoder des tyrannies chinoise, russe, nord-coréennes ou iranienne ; les élites politiques et économiques de ces nations estiment que le commerce et la diplomatie valent mieux que l'écriture de l'histoire et l'exportation de la démocratie.

Seul le Liban, dans la diplomatie française, fait exception au principe de statu quo. Parce que la Syrie n'est pas dangereuse ? Mais ce n'est pas le gouvernement français qui a provoqué la révolte des Libanais ; comme l'a déclaré Walid Joumblatt, le leader historique des Druzes, jusque-là notoirement antiaméricain : «Le soulèvement contre l'occupation syrienne a été rendu possible par l'invasion américaine de l'Irak.» Au total, l'absence d'une vision globale dans le camp franco-allemand ne constitue pas un projet dynamique qui puisse rivaliser avec celui des Américains.

Si George W. Bush et les conservateurs américains feignent d'hésiter entre les deux options, la diplomatie ou la guerre, n'y croyons pas trop : l'hésitation sera de courte durée. À moins que les Européens n'obtiennent un dégel de l'Iran, de la Russie et de ses satellites comme la Biélorussie ou de la Corée du Nord dans les tout prochains mois, le gouvernement américain engagera une deuxième vague de démocratisation. Les conservateurs à Washington sont persuadés que les peuples opprimés souhaitent cette deuxième vague et probablement, s'ils pouvaient voter, les Egyptiens n'éliraient plus Moubarak, les Tunisiens se débarrasseraient de Ben Ali, les Chinois du Parti communiste et les Iraniens des ayatollahs. Poutine, en Russie, résisterait-il à une presse libre ? Ce n'est pas certain. En France, foyer historique des droits de l'homme, on ne peut oublier complètement ce désir de dignité dans toutes les nations.

(Merci à Carine)

2005/02/24

Enivrés par les paroles des autocrates, les dirigeants de l'Europe de l'Ouest nous considéraient comme de drôles d'empêcheurs de tourner en rond

Les pays d'Europe centrale ont-ils sur la Russie un regard différent de celui des autres Occidentaux ?

demandent Jacques Rupnik et Martin Plichta à Václav Havel (tout ce qui est souligné l'est par moi).

Dans les pays qui ont connu la domination soviétique, il y a réellement une sensibilité à certains dangers qui ne sont pas toujours perceptibles par les personnes extérieures. C'est particulièrement vrai pour les pays Baltes, qui ont été si proches du pouvoir communiste soviétique. Ceux qui ont eu l'expérience des régimes totalitaires, des conséquences des "politiques d'apaisement" et du "fermer les yeux" devraient justement tirer la sonnette d'alarme.

Je ne pense pas qu'il existe un ressentiment profond envers les Russes chez les Polonais, les Tchèques ou tous ceux qui ont appartenu à cet empire. Mais il existe une bonne connaissance des méthodes et aussi une plus grande résistance à la manipulation.

Lorsque nous étions dissidents et que nous rencontrions des dirigeants occidentaux, nous avions l'impression qu'ils avaient été enivrés par les paroles de leurs hôtes communistes et nous considéraient comme de drôles d'empêcheurs de tourner en rond. Je crois que celui qui n'a pas fait l'expérience d'un régime totalitaire ne parvient pas à percer ce qui peut se cacher derrière un acte a priori anodin.

Le président Bush a essayé de restaurer à Bruxelles les relations entre l'Amérique et l'Europe. Combien est importante à vos yeux la relation transatlantique ?
Elle est très importante pour les deux parties. Il y a toujours eu et il y aura encore des tensions. En Europe, pour moi qui viens d'un pays ayant subi la "politique de l'apaisement", trop d'hommes politiques ou d'institutions européens sont conciliants avec le mal. Ils manquent d'énergie pour défendre les valeurs qu'ils professent et qui figurent justement dans le préambule du projet de la Constitution européenne. Récemment, j'ai eu à critiquer l'Union européenne pour son attitude envers Cuba. Les pays européens devraient prendre davantage conscience de leur coresponsabilité dans l'état du monde, et faire davantage pour leur sécurité et celle du monde. Ils ne devraient pas attendre que les gros problèmes soient toujours résolus par les Etats-Unis comme ces derniers ont contribué à mettre fin aux deux guerres mondiales que les pays européens avaient provoquées.

2005/02/18

MON LIVRE EST PUBLIÉ !

Ce n'est pas tout à fait vrai…

Ce livre sur la censure et la répression a été écrite par Erick Dietrich et Stéphanie Griguer mais, cela dit, il est vrai que j'y ai contibué un chapitre — pour être précis, une annexe à l'arrière du livre.

L'annexe est sur les "médias qui nourrissent l'antiaméricanisme et qui, à leur tour, sont nourries par lui" — le cercle vicieux de la haine, si on veut.

Long de 14 pages, ce texte est en quelque sorte une synthèse de tous mes posts depuis un an et demi.

Quant au livre lui-même, voici la présentation de Il est interdit d'interdire:

Censure et répression, ces deux notions ont, paraît-il, disparues soirs nos latitudes ? Mais qu'en est-il en réalité ? Insidieusement, depuis les années 90, une certaine forme de répression morale et psychique s'est installée dans les démocraties occidentales. Au nom des bonnes mœurs, du protectionnisme d'Etat ou du politiquement correct, on empiète en permanence sur la liberté de pensée, de parole et d'opinion. Le docteur Erick Dietrich, la journaliste Stéphanie Griguer ont mené une enquête avec le concours de Maître François-Xavier Kelidjian. Ils dénoncent la mise en place de mesures de contrôle de plus en plus strictes et la montée en puissance d'un nouvel ordre moral sourd aux Droits de l'Homme. Ils nous disent comment de la censure à l'autocensure, de la liberté d'opinion et d'expression à la pensée unique, il n'y a qu'un pas, à ne pas franchir...
En ce qui concerne les auteurs (principaux ;oP ),
Erick Dietrich est Docteur en médecine et victimologue formé au Centre International des Sciences Criminelles et Pénales. Directeur de recherche et d'enseignement, il est spécialiste en stratégies de la communication. Pour lui, aujourd'hui, l'autocensure ambiante marque le signe d'un contexte historique pré-révolutionnaire. Stéphanie Griguer est journaliste à Radio France et France Inter.

La bouillie militante de la machine à embrigader

La Corée du Nord ne renierait pas ces éloges du décervelage
écrit Ivan Rioufol en évoquant "la bouillie militante" de "la machine à embrigader" dans son bloc-notes.
Ils sont repris par les enseignants «progressistes», qui voient dans l'éducation – la rééducation – un moyen d'endoctriner des imbéciles heureux.

2005/02/13

Qu'est-ce, déjà, qu'est censée représenter la Statue de la Liberté?

Les Français avaient offert aux Américains une statue de la Liberté éclairant le monde du port de New York et ils s'effarouchent maintenant de les voir dénoncer la tyrannie
écrit Jean-Claude Casanova pour Le Monde.
Pour se rassurer, on notera que George W. Bush, en prêtant serment, a affirmé que les alliés de l'Amérique devaient savoir qu'elle "s'honore de leur amitié, s'appuie sur leurs conseils et compte sur leur aide". D'ailleurs, la secrétaire d'Etat visite à grands pas l'Europe pour démentir les propos qu'on lui a prêtés et pour écouter l'Angleterre, flatter l'Allemagne et la France et ignorer la Russie.

…Les Européens, qui sont peu puissants, seront d'autant plus influents qu'ils se soumettront à cette rigueur en proposant des solutions communes constructives et en évitant les surenchères rhétoriques et les susceptibilités d'étiquette.

…En Irak, les élections ont délégitimé le terrorisme baasiste ou islamiste, que certains se complaisent à appeler "résistance".

…avant tout, les Européens et les Américains doivent savoir quel prix ils sont prêts à payer pour empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires. Voilà ce dont ils doivent parler sérieusement entre eux. Pour éviter les ambiguïtés, on doit agir à l'inverse de ce qui s'est passé pour l'Irak. Il ne s'agit pas d'aller faire des discours à l'ONU. Si l'on diverge entre Européens et Américains, il sera toujours temps de le dire. Avant, il faut chercher un accord raisonnable sur une politique raisonnable.

2005/02/11

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"Le discours politique se devrait de répondre aux réalités plutôt qu'aux slogans", tant sur le plan intérieur que sur la scène internationale

Au nom du dogme, les socialistes ont aggravé la paupérisation du peuple. En revendiquant le droit aux loisirs, les illusionnistes ont fait croire qu'il était possible de gagner plus en travaillant moins, tout en restant compétitif
écrit Ivan Rioufol dans son bloc-notes, qui, à part "cet éloge de la paresse", évoque aussi le PS qui "pourrait bien, à l'issue d'un référendum rejeté, se retrouver coupé du peuple qu'il pensait flatter", ainsi que les déceptions de certains par rapport "à des élites éloignées des citoyens et de leurs préoccupations".
Le discours politique se devrait de répondre aux réalités plutôt qu'aux slogans. Le Danemark, qui vient de reconduire, mardi, son premier ministre libéral, Anders Fogh Rasmussen, illustre ce qu'un pays peut produire de meilleur quand un gouvernement agit les yeux ouverts. «L'idéologie, c'est démodé», annonce Rasmussen. Il a réduit le chômage de moitié et fait adopter une politique d'immigration la plus restrictive d'Europe. Qu'attend-on pour donner le Danemark en exemple ?

… Toutes les questions devront être permises. Y compris celle-ci : n'est-il pas temps, face à l'anarchie des réglementations européennes, de rétablir les contrôles aux frontières de chaque État ?

Le poids du politiquement correct et de la haine de soi est tel que notre pays reste un des rares en Europe à n'oser aborder la maîtrise de l'immigration et à continuer à désinformer les Français sur son ampleur. Dimanche, la Grande-Bretagne a annoncé son intention de ne laisser s'installer que «ceux qui apportent des compétences» et «contribuent à l'économie», en maintenant à l'écart ceux qui sont «une charge pour la société». Chez nous, demeure un puissant mouvement intellectuel bataillant contre le «démon des origines» et qui, comme le rappelle le spécialiste des politiques d'immigration, Maxime Tandonnet, «présente le remplacement de population comme une sorte d'impératif moral. Ce qui compte avant tout, c'est de supprimer la racine, la souche, les traces de toute origine, les étapes successives de la formation d'un peuple. Cette approche voue aux gémonies la culture, les traditions, la mémoire collective, le patrimoine national, les symboles de l'histoire de France (...)». Tant que nos dirigeants n'auront pas le courage de s'opposer à cette idéologie de la «table rase», l'immigration continuera d'être présentée comme «une chance pour la France», malgré les désastres que produit sa massification.

Couple maudit ?

Bush-Sharon : le couple maudit par la France antiguerre et moralisatrice, qui voyait dans les deux hommes une menace pour la sécurité du monde. Le premier fait avancer l'idée de démocratie en Irak ; le second tend la main qu'Arafat refusait. Ce que la France ne voulait voir apparaît d'évidence : la vraie menace pour le monde est bien, depuis le 11 septembre 2001, le totalitarisme islamiste, décidé à poursuivre sa terreur, notamment contre les Irakiens et les Israéliens.

2005/02/05

Quand Le Monde veut une opinion irakienne sur la situation en Irak, il choisit quelqu'un qui maudit les Américains

Quand il veut une opinion qui est censé refléter l'avis général en Irak, le journal indépendant choisit quelqu'un qui, par principe (!), décide de ne pas participer aux élections. Pour être plus précis, le quotidien de référence choisit un membre du …parti baasiste.
Les élections ? Autant le dire : je n'y ai pas participé. Pour des raisons de sécurité d'abord, de principe ensuite. De nombreux courants politiques et villes étaient à mon sens écartés ; ce qui rendait ce scrutin boiteux et joué à l'avance !

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Among the Losers in the Iraq Elections: The European Media

2005/02/04

Élections en Irak : Une fois de plus, l'antiaméricanisme des faiseurs d'opinion aura obscurci leurs propres jugements et égaré les Français

Cette victoire contre l'obscurantisme n'est pas le «succès de la communauté internationale», comme l'ont assuré sans complexe notre gouvernement et l'Union européenne. Elle appartient à George W. Bush et à Tony Blair. Si la France pacifiste et onusienne avait été suivie, Saddam Hussein coucherait encore dans son lit et gazerait ici et là ses opposants
écrit Ivan Rioufol dans son bloc-notes.
En Irak, la constatation : 60 à 75% des électeurs inscrits — le chiffre précis sera connu la semaine prochaine — ont élu dimanche leurs députés, en bravant les menaces d'attentats de la «résistance». Le peuple a dit non à al-Qaida, qui se revendique comme «ennemi de la démocratie». Il a dit non aux intégristes et à leur volonté d'imposer la charia. La leçon donnée à l'Europe «antiguerre» — et singulièrement à l'Espagne, qui quitta l'Irak après l'attentat de Madrid du 11 mars 2004 dû aux islamistes — est celle d'un courage hors du commun.

Une fois de plus, l'antiaméricanisme des faiseurs d'opinion aura obscurci leurs propres jugements et égaré les Français. A l'automne, les experts en certitudes donnaient George W. Bush pour déshonoré et vaincu : il allait être confortablement réélu le 3 novembre. Les mêmes assuraient que les Irakiens refuseraient de s'ouvrir à un processus démocratique initié par les Etats-Unis et imposé par la force des armes : ils se sont à nouveau trompés en beauté. Cela fait beaucoup.

Il est d'usage, dans la presse française, de s'effarer du militantisme néoconservateur de la télévision américaine Fox News, effectivement critiquable. Mais c'est ce même esprit propagandiste, anti-Bush cette fois, qui habite la majorité des commentateurs. La pensée unique ne peut admettre que le président des Etats-Unis puisse marquer des points dans sa stratégie de sécurisation du Moyen-Orient. C'est pourtant ce qui se passe, même si rien n'est évidemment réglé.

Cette victoire contre l'obscurantisme n'est pas le «succès de la communauté internationale», comme l'ont assuré sans complexe notre gouvernement et l'Union européenne. Elle appartient à George W. Bush et à Tony Blair. Si la France pacifiste et onusienne avait été suivie, Saddam Hussein coucherait encore dans son lit et gazerait ici et là ses opposants. Le pari de la modernisation du monde musulman — particulièrement mal argumenté par ces armes de destructions massives inexistantes — est une perspective atteignable.

Même si les Américains n'ont pas su se faire accepter des Irakiens, ces derniers ont clairement désigné le totalitarisme islamiste comme étant leur véritable ennemi. Dès lundi, le terroriste al-Zarqaoui a d'ailleurs promis de continuer «la guerre sainte», «jusqu'à ce que la bannière de l'islam flotte au-dessus de l'Irak». Le choc des civilisations, claironné par les guetteurs, n'a pas fait se lever le peuple contre «l'occupant», comme le bêlaient les moutons. L'affrontement oppose une idéologie de soumission au désir d'émancipation des masses.

Néanmoins, nombreux vont être les prophètes à se bousculer pour annoncer le pire, tel ce chercheur au CNRS, Pierre-Jean Luizard, qui prédit «la guerre civile, inter communautaire et contre les Américains». Ils construisent leurs scénarios sur la poursuite et l'aggravation de l'insurrection — celle des égorgeurs et des bombes humaines — qui arriverait à opposer Kurdes, sunnites et chiites entre eux. Pourtant, après avoir vu ces hommes et ces femmes risquer leur vie pour aller voter en aspirant à la paix, on a du mal à prendre encore leurs augures au sérieux.

Contagion démocratique ?

Une des idées de Bush amuse beaucoup les belles âmes parisiennes et leurs poissons pilotes : celle d'une «contagion démocratique» au Moyen-Orient. Pour ces éminences méprisantes, non seulement un pays musulman ne peut produire que du pire, mais elles considèrent du plus haut comique d'imaginer qu'un Irak, délivré de son tyran, puisse ouvrir un appétit de liberté chez ses voisins. Et si, là aussi, nos donneurs de leçons se mettaient le doigt dans l'oeil ?

Se garder d'un optimisme béat. Mais un parallèle s'impose entre la dynamique démocratique enclenchée en Irak et celle apparue dans les Territoires palestiniens avec l'élection, le mois dernier, de Mahmoud Abbas à la succession de Yasser Arafat. Comme les Irakiens, les Palestiniens ont refusé de suivre les appels au boycott du scrutin, lancés par les mouvements intégristes. Lundi, le nouveau président de l'Autorité palestinienne a reconnu qu'il existait «une chance historique pour instaurer la paix» avec Israël.

Si l'on ajoute à ce tableau les élections qui ont eu lieu en Afghanistan après la chute des talibans, s'esquisse ce qui ressemble à une prise de conscience libératrice, dans un monde arabo-musulman vivant sous la férule des mollahs depuis des siècles. La «contagion» est certes encore timide en Syrie, et l'Iran théocratique reste inquiétant dans ses oeuvres nucléaires. Mais ce serait s'enferrer que de continuer à considérer cette région du monde rétive à toute forme de démocratie électorale.

Pour avoir soutenu Arafat et tenté d'épargner Saddam, la France des droits de l'homme est apparue comme l'alliée de deux despotes qui auront été des obstacles à l'épanouissement de leur peuple. Elle ne peut prolonger cette ambiguïté munichoise, aggravée par la décision de l'Union européenne de lever, cette semaine, ses sanctions diplomatiques contre le régime liberticide cubain. La France saura-t-elle saisir la main que lui tendent aujourd'hui les Etats-Unis ? Sa place est avec les démocraties. …

Le PC et sa mémoire

Le PCF serait-il exempté du «devoir de mémoire» concernant sa propre histoire ? Vendredi dernier, prenant prétexte du 60e anniversaire de la découverte d'Auschwitz, la présidente du groupe communiste au Sénat, Nicole Borvo, a appelé les collectivités à débaptiser «les rues et édifices publics portant le nom de personnes ayant soutenu les thèses des régimes vichystes et nazi». L'élue visait plus particulièrement Compiègne et sa rue Alexis-Carrel, Prix Nobel et théoricien de l'eu génisme ayant officié sous Vichy. Mais on aimerait entendre le PCF dénoncer ceux qui auront soutenu le pacte entre Staline et Hitler de 1940, ainsi que les dizaines de millions de morts des goulags, ces autres camps de concentration oubliés. Qu'attend Mme Borvo pour demander, par exemple, que Tulle (Corrèze) débaptise sa place Maréchal-Staline ?

2005/01/31

"Ce qu'il faut voir, dans les élections irakiennes, ce n'est pas les difficultés qui les entourent, mais tout simplement le fait qu'elles aient lieu"

Tandis que Le Figaro, comme à son accoutumée, multiplie les mises en garde et les remarques condescendantes quant à toute nouvelle positive impliquant l'Oncle Sam (l'élection démocratique en Iraq, pour prendre un exemple du jour) et en insistant que les bien-pensants français et européens sont, comme à l'accoutumée, la solution de toute bourde imaginée par les Yankees "ignorants du monde et aveuglés par leur puissance" (Charles Lambroschini termine son éditorial par "Il faut donc que la France et les autres alliés aident l'Amérique à s'arracher du bourbier irakien" !!!), l'ambassadeur de Grande-Bretagne en France écrit ceci :
Ce qu'il faut voir, dans les élections irakiennes, ce n'est pas les difficultés qui les entourent, mais tout simplement le fait qu'elles aient lieu ; et que la plupart des Irakiens d'aujourd'hui, qui n'ont jamais pris part à un scrutin démocratique, aient l'intention de se rendre aux urnes.

Les élections ne sont pas chose courante au Moyen-Orient. Les élections palestiniennes, qui ont porté au pouvoir Abou Mazen, ont pourtant envoyé un message fort de la volonté des Palestiniens de se tourner vers la démocratie et la paix. … L'Irak peut à son tour envoyer un nouveau message d'espoir, faisant écho à celui qu'a envoyé l'élection présidentielle en Afghanistan, qui s'est pourtant tenue dans des conditions tout sauf idéales.

Les actes de violence et d'intimidation perpétrés actuellement montrent bien que les factions opposées à la démocratie en Irak feront tout ce qui est en leur pouvoir pour saboter le scrutin du 30 janvier. L'un des leaders de la prétendue insurrection a déjà bien fait savoir que ce que lui-même et ses acolytes trouvent à redire à cette élection n'est pas tant les circonstances dans lesquelles elles se dérouleraient que le principe même de la démocratie.

Il faut bien voir la volonté qui anime ces adversaires de la démocratie de saper l'élection et l'ensemble du processus démocratique en cours dans les semaines à venir. L'intimidation est sans appel : "Si vous votez, vous vous ferez tuer." Il faut cependant bien voir aussi le désir qui anime la vaste majorité des Irakiens … de voter et de prendre en main leur destin. Leur détermination à participer au processus électoral et à l'organisation du scrutin, en dépit des menaces, est admirable.

Plus de 8 000 candidats sont en lice, soit plus de deux fois le nombre de candidats ayant brigué un siège à la dernière élection générale au Royaume-Uni ; 11 000 autres candidats se présentent aux élections locales, ainsi qu'aux élections régionales de la province kurde. Un tiers sont des femmes. 5 300 bureaux de vote ont été mis en place, et les campagnes d'information destinées aux électeurs touchent à leur fin. Près de 200 000 Irakiens participeront à l'organisation du scrutin sous la supervision des Nations unies. Le rôle de la coalition se bornera à assurer la sécurité là où il y aura lieu.

Dans la majeure partie du pays, on s'attend à un taux de participation honorable et à des conditions de vote plutôt régulières. Le calme règne dans 14 des 18 provinces du pays. Les choses seront donc effectivement plus difficiles dans certaines régions. Le problème majeur est de savoir dans quelle mesure toutes les communautés irakiennes y participeront. La décision de certaines factions sunnites de se désister n'arrange pas la situation.

Il reste cependant sur les listes de nombreux candidats sunnites prêts à braver la menace, à commencer par le président Ghazi Al-Yaouar, dont on connaît le succès de la visite à Paris ce mois-ci. Les sondages montrent en outre que de nombreux sunnites voudraient prendre part au vote malgré les menaces et les mesures d'intimidation épouvantables dont ils font l'objet.

En tout état de cause, le gouvernement qui sortira des urnes devra prendre en compte les vues et les aspirations de tous les Irakiens, notamment quand il s'agira d'élaborer et d'adopter la Constitution définitive de l'Irak. Le processus politique engagé et la tenue d'élections libres sont le meilleur garde-fou contre les divisions sectaires ou ethniques qui risqueraient de mettre en péril la souveraineté et l'intégrité du territoire, auxquelles nous sommes tous attachés.

Je passe beaucoup de temps à expliquer en France la position de la Grande-Bretagne sur l'Irak, et mes interlocuteurs ne sont pas avares de conseils quant à la manière dont il faudrait procéder. Nous tombons tous d'accord, en revanche, sur le fait que c'est aux Irakiens de prendre leur pays en main. Les élections du 30 janvier sont une étape dans ce sens. Le gouvernement irakien, avec le soutien de l'ensemble de la communauté internationale, a engagé un processus politique qui conduira dans les mois à venir non seulement à l'élaboration de la nouvelle Constitution, mais aussi à la tenue de nouvelles élections d'ici à la fin de l'année. Nous avons tous un rôle à jouer pour aider les Irakiens sur cette voie, qu'il s'agisse de sécuriser leur environnement, de faire monter en puissance le rôle des Nations unies, d'entraîner leurs forces de police et leurs forces armées, ou de leur offrir notre soutien financier et technique. Nous avons tous gros à y gagner.

C'est dans cette perspective que le Royaume-Uni s'est engagé à maintenir ses forces déployées en Irak, aux côtés de celles de la trentaine de pays qui participent à la coalition internationale. Nous avons cependant bien précisé que c'était aux Irakiens de décider, et que nous ne resterions pas si notre présence n'était plus souhaitée.

Nous nous attachons à former les forces de sécurité irakiennes dans les plus brefs délais pour leur permettre de prendre la haute main sur la sécurité intérieure et extérieure du pays. Il est indispensable, d'ici là, que les graves défis auxquels nous sommes confrontés n'entament pas la volonté de la communauté internationale de reconstruire l'Irak, comme les Irakiens eux-mêmes y sont bien décidés.

Par ailleurs, nous avons déjà eu le plaisir d'entendre la voix de Sir John Holmes par le passé…

"Les Européens préfèrent apparaître comme contrôlant la situation, plutôt que de stigmatiser l'Iran"

"Les Européens sont cyniques et vont échouer"

Le Monde publie un "Entretin [sic] avec Henry Sokolski", dans lequel ce spécialiste de la politique de non-prolifération, entre autres, montre le revers des cartes quant au bien-fondé supposé du dialogue et des négotiations, éternellement loués aux Cieux comme indicatifs de la fraternité et de la bonne foi :

Laurent Zecchini : Vous désapprouvez la négociation menée par les européens avec l'Iran ?

La seule question est de savoir si les efforts européens ne renforcent pas l'idée que l'Iran a le droit, selon les dispositions du traité de non-prolifération [TNP], de se livrer à l'enrichissement de l'uranium. Si les Iraniens parviennent à convaincre qu'ils ont ce droit, alors nous sommes tous en difficulté. Pas seulement par rapport à ce que l'Iran pourrait faire, une fois ce droit acquis, mais surtout parce que cela créerait un exemple que beaucoup de pays pourraient suivre. C'est pour cela que je dis que les efforts actuellement déployés [par les Européens] sont très mal orientés, parce qu'ils ne font rien pour inverser cette thèse ; au contraire, ils la renforcent.
Les Européens sont-ils naïfs de croire en la parole des Iraniens ?
Non, je pense que le terme exact est "cyniques", car ils savent ce qui se passe en Iran. Mais ils préfèrent apparaître comme contrôlant la situation, plutôt que de stigmatiser l'Iran en portant la situation devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Ils ne veulent pas que les Etats-Unis soient aux commandes de ce problème. Ils peuvent l'éviter actuellement, parce que les Etats-Unis supportent le fardeau [irakien] pour l'Europe. Nous avons le sentiment aux Etats-Unis que les Européens vont échouer et que, tôt ou tard, nous aurons à prendre la situation en main.
Certains experts estiment que l'Iran ne disposera pas d'armes nucléaires avant trois ou cinq ans. Est-ce votre avis ?
Ce sont des suppositions. De toute façon, il est moins important de savoir où en sont les Iraniens que de savoir d'où ils viennent. Or nous savons ce qu'ils ont fait dans le passé. Ils ont été forcés de reconnaître qu'ils n'ont pas respecté les règles, qu'ils les ont violées de multiples façons. Quand vous ne faites rien, même modestement, dès les premières indications d'un manquement aux règles en matière nucléaire, vous aboutissez à des pays comme l'Irak et la Corée du Nord.

Les Européens sont persuadés que s'ils sanctionnent d'une quelconque façon l'Iran, cela entraînera la troisième guerre mondiale ; les Américains utiliseront leurs armes nucléaires, tout va s'embraser, et l'Amérique va devenir le maître du monde ! Personne ne dit cela exactement, mais c'est ce sentiment diffus qui mine la diplomatie. L'idée, d'autre part, que les Etats-Unis vont s'engager maintenant dans une autre guerre est particulièrement fantaisiste, parce que nous sommes actuellement un peu occupés ailleurs...

Vous dites qu'après quinze mois d'activité la centrale de Bouchehr aurait suffisamment de combustible nucléaire pour produire près de soixante bombes égales à celle d'Hiroshima .
Cela ne doit pas être une surprise, ce n'est qu'un fait. Ils ont la capacité de produire de l'uranium enrichi pour fabriquer des bombes. Or, s'il n'y a pas de raison de penser qu'ils vont détourner ce combustible, il n'y a pas de raison de penser qu'ils ne vont pas le faire.
Pensez-vous que les Etats-Unis n'auront pas d'autre alternative que de détruire les installations nucléaires iraniennes ?
Nous avons de nombreuses alternatives, et pas seulement les Américains. Si nous croyons qu'un pays qui a violé ses obligations au regard du TNP mais est quand même autorisé à poursuivre ses activités nucléaires jusqu'au moment où il sera capable de se doter d'une bombe en quelques jours, l'Iran, est prêt à coopérer sur le plan nucléaire, nous avons l'obligation de nous assurer qu'il n'exporte rien dans ce domaine. Pratiquement, cela signifie qu'il faut intercepter des navires, si ce n'est tous les navires, qui sortent du golfe Persique, ce qui n'a pas été fait. Je me demande jusqu'à quel point nous sommes vraiment sérieux — Washington, les Européens — en matière de non-prolifération.

2005/01/30

"Depuis la chute du régime de Saddam, la politique étrangère de la France a été sceptique, suspicieuse"

Le Monde publie un entretien avec Hoshyar Zebari, ministre des affaires étrangères irakien et candidat de la Liste unifiée du Kurdistan. Extrait :

Cécile Hennion : Ministre des affaires étrangères, quel bilan établissez-vous des relations entre l'Irak et la France ?

Depuis la chute du régime de Saddam [Hussein], la politique étrangère de la France a été sceptique, suspicieuse. Elle s'est exprimée davantage à l'encontre des Etats-Unis que par rapport à l'Irak. Et, jusqu'à ce jour, elle demeure peu active. En retour, nous avons dialogué avec la France avec précaution, mais aussi avec respect. Nous ne souhaitons pas de conflits, nous sommes plutôt en situation d'attente.

Cela dit, les relations diplomatiques ont été rétablies. J'ai rencontré M. Barnier [ministre français des affaires étrangères] à plusieurs reprises. Je considère son attitude beaucoup plus constructive que celle de son prédécesseur. Ancien opposant irakien à Saddam, et spécialement en tant que Kurde, je peux témoigner des liens forts qui nous attachent à la France. Danièle Mitterrand et Bernard Kouchner, notamment lors du génocide kurde, ont élevé leur voix en notre faveur, à une époque où pourtant la France entretenait de très bonnes relations avec Saddam Hussein. Je suis donc optimiste. Lorsque l'Irak se sera doté d'un gouvernement légal, nos relations s'amélioreront encore.

Lorsque Jacques Chirac a demandé la participation de l'opposition [arabe sunnite] à la conférence de Charm el-Cheikh, cela a été très mal perçu. Il n'était pas question pour nous de recevoir des groupes qui font usage de la violence ou de la terreur. Nous reconnaissons l'existence de cette opposition et nous sommes prêts à dialoguer avec elle mais à Bagdad, à condition que ces groupes acceptent de désarmer et dans le cadre d'une rencontre où la société civile aurait également droit au chapitre. Si la France a de l'influence sur ces groupes, elle a le devoir de les pousser à participer à une telle rencontre.

La France aurait selon vous de l'influence sur ces groupes ?
Disons qu'elle a des relations...

2005/01/26

Mais seulement quand ça nous convient et quand on en tire profit, dans l'image (ô combien) positive que nous avons de nous-mêmes

(…c'est-à-dire quand la langue de bois ci-dessous donne aux Européens l'image d'être ouverts (justement), généreux, sages, solidaires, lucides, visionnaires, etc, etc, etc…)

Il faut ouvrir le débat, encourager le dialogue, être ouvert à tous, considérer tous les points de vue, laisser chacun se sentir faire partie de la fraternité humaine…

2005/01/25

Opération "Manne d'EDF"

L'objectif du Cri du Contribuable : faire donner le commando Brigade de l’Argent des Français pour retrouver les 6 milliards d'euros des retraites d'EDF ...

Aléric: Bonjour, Monsieur, ici la BAF ; pourriez-vous nous aider à retrouver l'argent des contribuables français afin que… ?

Employé EDF : La sortie, Monsieur, c'est derrière vous !

(À l'EDF, les pigeons roucoulent…)

Leurs premières tentatives refoulées, l'ordre est donné de déclencher l'Opération "Manne d'EDF"

Faisant appel à tout leur courage et usant de toute leur ingéniosité, les commandos du Cri parviennent à s'introduire dans les locaux techniques de l'EDF…

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2005/01/21

Les formules passe-partout du monde politique et la manie de se défausser de ses responsabilités et décisions sur des institutions impersonnelles

Il est irritant d'entendre répéter si souvent en Europe, et dans tous les pays, que telle décision ou telle règle a été « édictée par Maastricht », ou « imposée par Bruxelles »
s'indigne un vieux lecteur du Monde, Robert Polet, lequel se déclare irrité par les formules déresponsabilisantes (et lequel aurait pu aisément inclure l'ONU dans l'équation).
C'est d'autant plus préoccupant lorsque cela vient des journalistes du Monde, que vous appréciez et lisez depuis des dizaines d'années (depuis 1965 dans mon cas).

Ces formules passe-partout sont incorrectes (...), on sait que ces décisions ou règles sont prises par les institutions européennes : le plus souvent par le Conseil, c'est-à-dire par les chefs d'Etat ou de gouvernement, ou par les ministres spécialisés de ces Etats ; parfois en combinaison avec le Parlement européen dans le cadre de la « codécision » et presque toujours sur propositions de la Commission européenne — rares sont les domaines où celle-ci jouit d'un pouvoir de décision propre. (...)

Ce qui est préoccupant, c'est, du côté politique, cette manie de se défausser de ses propres responsabilités et décisions sur des impersonnels — Bruxelles ou Maastricht — et, du côté des médias — en particulier d'un grand journal comme Le Monde —, de contribuer à propager dans l'opinion publique des idées erronées sur la responsabilité des décisions politiques.

Je vous serais tellement reconnaissant si vous pouviez être attentifs à ne plus recourir à ces formules stéréotypées et venimeuses !

2005/01/14

Les tolérances de Reporters sans frontières

L'organisation française Reporters sans frontières, qui s'est engagée dans un soutien de la chaîne de télévision du Hezbollah libanais al-Manar, a été mieux inspirée
écrit Ivan Rioufol dans son bloc-notes.
Sous le louable prétexte de vouloir défendre la liberté d'expression, son secrétaire général, Robert Ménard, s'est rendu à Beyrouth cette semaine pour témoigner sa solidarité avec la chaîne, dénoncée comme «organisation terroriste» par les Etats-Unis et interdite de diffusion par la France pour ses propos antijuifs réitérés. Ménard montre, en l'occurrence, une tolérance douteuse vis-à-vis des propagandes diffusées par cette télévision. C'est l'ordre public qu'al-Manar menaçait, par ses incitations à la haine reçues dans les cités françaises. De surcroît, ce soutien au nom des médias à une chaîne encourageant le djihad semble particulièrement déplacé alors que Libération est sans nouvelle depuis une semaine de son envoyée spéciale à Bagdad, Florence Aubenas, et de son guide irakien.

2005/01/13

Secousses et effroi




Shock and awe Secousses et effroi
After a resounding success in round 1, let's move on to round 2. Authors previously published or not: New Paris publisher starting activity in July 2005 is looking for manuscripts from daring French language authors. Contact publisher at nouvelediteur@hotmail.fr. Leftist humanists poets need not apply.
Suite à un succès retentissant lors de la 1ère étape, nous passons à la 2ème. Ecrivains débutants ou confirmés: Nouvel éditeur parisien qui démarrera son activité au mois de juillet 2005 recherche des manuscrits inédits de la part d'écrivains qui osent. Contactez l'éditeur à nouvelediteur@hotmail.fr. Poètes humanistes de gôche s'abstenir.

2005/01/09

Tsunami : Arrive un moment où l'antiaméricanisme devient risible

L'opinion s'extrait lentement de la machine à décerveler entretenue par la bien-pensance, qui interdit de contester le multiculturalisme et dénonce comme xénophobes ceux qui s'inquiètent de la préservation de l'identité occidentale.
écrit Ivan Rioufol dans son bloc-notes.
En réalité, c'est la politique de l'Union qui a consolidé le choix d'un rapprochement avec le monde arabo-musulman, au détriment de son atlantisme. Et Jacques Chirac a été l'un des plus convaincus par cette option, allant jusqu'à soutenir que «les racines de l'Europe sont autant musulmanes que chrétiennes». La Constitution, qui s'engage à respecter les minorités et les diversités culturelles et religieuses, renonce de ce fait à intégrer l'islam dans le modèle européen et à consolider une communauté de destin. Ce n'est pas rien. Or jamais les citoyens n'ont été informés de leur sort, mijoté dans la confidentialité des sommets. Le bouleversement de leur avenir a été décidé par des dirigeants pressés d'accompagner la pression migratoire pour feindre de la maîtriser. …

La Constitution, lue dans la perspective d'une adhésion de la Turquie … se prête à ce pari farfelu visant, au nom du pacifisme et du respect de l'autre, à laisser islamiser en catimini une Europe laïque. Il reste six mois aux partisans du oui pour convaincre que cette interprétation est inexacte.

Ce n'est pas choisir le «repli» au détriment de «l'ouverture» – argument avancé par Jacques Chirac lors de ses voeux télévisés – que de se dire réticent à ce projet de Constitution qui s'enorgueillit d'être une passoire plutôt qu'un bouclier. Ce n'est pas en dévalorisant le contradicteur qu'un débat serein s'organisera. D'autant que l'opinion publique ne se contentera vraisemblablement plus des vieux trucs consistant à déclarer réactionnaire, demeuré et infréquentable celui qui refuse de se soumettre d'emblée à la pensée dominante ou aux décisions prises par ses experts inspirés.

Ce terrorisme intellectuel est déjà repris par les gardes-chiourmes du discours officiel, qui vantent les bienfaits d'une Europe culturellement métissée et économiquement libre-échangiste et qui réécrivent l'histoire idyllique des invasions ottomanes. Cela fait trente ans que la république des bons sentiments se détourne des réalités dérangeantes, de peur d'avoir à porter des jugements offensant son angélisme. Mais la sanction des faits se profile. Elle impose à présent aux hommes politiques et aux médias de parler sans fausse pudeur, en laissant le Front national à ses outrances.

Dans ce contexte, le temps qui nous sépare du référendum, annoncé «avant l'été», va être une occasion de vérifier si notre démocratie peut retrouver ses réflexes vitaux, en renonçant au lynchage ou à la relégation des récalcitrants. Alors que la liberté d'expression est de plus en plus soumise à l'intolérance du politiquement correct, il est urgent de redécouvrir les bienfaits du choc des idées. Seuls ceux qui craignent la fragilité de leurs arguments peuvent redouter cette confrontation.

Réflexe antiaméricain

Arrive un moment où les jugements automatiques deviennent risibles. Ainsi de l'antiaméricanisme qu'il est convenu, en France, de porter en sautoir si l'on veut être applaudi. Immédiatement après la tragédie qui a frappé les pays riverains de l'océan Indien, les Etats-Unis ont été critiqués pour n'avoir pas suffisamment débloqué d'argent. Puis ils l'ont été pour en avoir recueilli trop. Accusés alors par les uns de vouloir diriger une «coalition» au nez de l'ONU, ils ont été soupçonnés par les autres de chercher au contraire les bonnes grâces de la communauté internationale. Passons…

Curieusement, pas un commentateur ne s'est étonné de la très modeste mobilisation des pays arabo-musulmans, dont certains savent distribuer des fonds quand il s'agit de financer al-Qaida. Cela alors même que l'Indonésie, durement frappée, est avec ses 220 millions d'habitants le plus important pays musulman au monde. Certes, les riches pays pétroliers comme l'Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis ou le Koweït, ont débloqué quelques dizaines de millions de dollars au total. Mais la somme reste dérisoire à côté de l'incroyable générosité venue de l'ensemble des pays occidentaux.

… Oui, la catastrophe asiatique donne aussi à l'Occident l'occasion de montrer ses vertus. Et alors ? Il n'y a pas de raison d'en rougir. …

Le monde entier, et singulièrement les musulmans touchés par les tsunamis, regarde les démocraties à l'oeuvre. Elles envoient leurs volontaires, leurs humanitaires, leurs ministres mais aussi leurs soldats, leurs porte-avions, leurs hélicoptères. Elles sont l'honneur d'une humanité à qui l'on enseigne que l'Occident serait la cause des maux des pays les plus pauvres. En réalité, elles n'ont rien à se faire pardonner, sinon d'avoir fait preuve de la réussite de leur modèle. Mais, si les esprits chagrins veulent voir une contrition dans cette splendide mobilisation, why not !

2005/01/05

Un artiste afghan qui n'est pas contre Bush ? C'est sans intérêt…

Dans le portrait que Florence Colombani esquisse d'un auteur et cinéaste afghan, c'est à peine si le mot Amérique, tous ses dérivés, ou le nom d'une quelconque personnalité américaine est prononcé, et cela alors que c'est précisément à un VIP afghan que la question devrait être posée ; le vaste appareil militaire américain étant présent dans le pays depuis plus de deux ans (après avoir fait tomber le joug totalitaire des talibans), ne serait-il pas parmi les premiers concernés ? (D'autant plus que Thomas Sotinel décrit le film comme "une représentation extraordinairement vivante d'un monde en guerre"…)

Tout au plus l'intervention US est mentionnée une seule fois, indirectement et au passif (!) :

Survient le 11 septembre 2001. Un mois après la chute des talibans, le romancier-cinéaste retourne en Afghanistan, après dix-huit ans d'exil.
Évidemment, comme Atiq Rahimi n'a pas dû accepter de faire de l'antiaméricanisme ou de parler contre Bush (c'est quand même grâce à Deubeliou — fût-ce indirectement — que, n'en déplaise à Florence Colombani, Atiq Rahimi a pu revenir dans son pays et y réaliser un film), le sujet n'est pas abordé du tout — exactement comme à l'accoutumée — dans son article…

La geôle de Fidel Castro équivaut aux "latrines d'une caserne" ou à "une porcherie"

Pendant que la France — et l'Europe, et le monde — s'indignent et se scandalisent devant les abus dans la prison américaine de Guantánamo (ainsi que des sévices d'Abou Ghraib — le dernier exemple, dans lequel Éric Fottorino invente le mot "Guantanamesque", datant de pas plus tard qu'aujourd'hui), rare est le document — à part tel ou tel article potiche, comme celui de Olivier Languepin — qui fait état des tourments dans la prison cubaine de Guantánamo. Un extrait sur "l'enfer" de Fidel Castro, la prison de Boniato :
Manuel Vazquez Portal [journaliste indépendant de 53 ans] témoigne : "Si je devais résumer cette épreuve en une phrase, je dirais que j'ai passé quinze mois dans les latrines d'une caserne, ou dans une porcherie. Les premiers mois ont été très durs, surtout avec le régime d'isolement total."

"La cellule s'inonde tous les jours avec les eaux résiduelles du couloir. Tension artérielle élevée. Ils m'emmènent à l'hôpital avec des fers aux pieds et des menottes aux mains. Matelas sale, déchiré, vieux, dur. Il pleut très fort. Je découvre des fuites sur le plafond de la cellule. Abondantes. Je reste en cellule d'isolement. Ils me tondent la tête et le visage. Ensuite je me rase. La nourriture, comme tous les jours, indescriptible."

"En prison, explique-t-il, c'est très important de se rappeler en permanence sa propre condition et de se projeter dans le futur pour éviter la folie. C'est difficile de se convaincre chaque jour que c'est toi qui a raison et qu'eux seront obligés de céder un jour. Et surtout, surtout, ne pas perdre le sens de l'humour."

… A son arrivée à Guantanamo, Jorge Olivera [journaliste de 43 ans] a d'abord été détenu pendant trois mois avec des prisonniers de droit commun. "Nous étions 18 dans la même cellule, et il y avait un seul WC attenant : un trou dans le sol. C'est un sous-monde dangereux avec des individus qui ont une histoire pénale très lourde. La plupart avaient été condamnés pour homicide ou trafic de drogue et certains avaient de gros problèmes de santé mentale. Tous étaient potentiellement très dangereux, et ça a été une punition supplémentaire de nous enfermer, nous les détenus politiques, avec ces gens-là. Il m'a fallu beaucoup de psychologie pour accepter ces conditions et éviter d'avoir des problèmes."

Avant cette épreuve, Jorge Olivera souffrait déjà d'une grave maladie intestinale provoquant des hémorragies internes. Son état s'est considérablement aggravé en prison. "Les conditions étaient infrahumaines, l'eau était contaminée, la nourriture souvent pourrie. Elle se résumait à une mixture de farine de maïs, de haricots écrasés avec de la farine de blé et mélangée avec de l'eau. Deux fois par mois, nous avions droit à un morceau de poulet. On me sortait une heure par jour, seul dans une cour, et selon l'heure il pouvait y avoir ou ne pas y avoir de soleil. Je n'étais pas bien soigné. Le stress et la mauvaise nourriture ont compliqué mes symptômes. J'ai aussi attrapé des parasites." …

How should the West reward Castro
for releasing prisoners from his "pigsty"?

2005/01/01

Le droit de caricaturer n'est acceptable que chez les gens lucides, voyez-vous…

…c'est-a-dire les sages éminemment tolérants et rationnels qui défendent les thèses du mouvement humaniste
Un prétendu "mouvement" combattant, paraît-il, le "racisme" et se battant, sans rire, pour "l'amitié entre les peuples" … a assigné en justice Lucien Samir Arezki Oulahbib le webmaster du site Touscontrelevoile … , assisté pour ce faire d'une soit disante "association de femmes libres" (et sans doute aux barbes bien cachées), à l'occasion d'une caricature … se moquant des propos de …

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P.S. : Heureusement que le Monde Diplomatique, lui (pour ne prendre qu'un exemple), ne publie jamais de dessins racistes ou incitantes à la haine

2004/12/22

"Le Monde nous est acquis"

Sur un forum de l'Humanité :
… Un travail de sape en profondeur a débuté depuis longtemps par l’extrême gauche et ses satellites qui vise à instiller dans la société française et surtout dans les esprits les vraies valeurs de gauche et l’esprit de révolte face au capitalisme triomphant.

Nous, militants de l’extrême gauche, préparons avec lucidité la transition vers le communisme et l’anéantissement du système bourgeois. Pour des raisons historiques et comportementales, la France est un terrain favorable pour une expérience collectiviste. …

Depuis quelques années nous avons fortement progressé dans la bataille des idées, grâce à la presse : le Monde nous est acquis avec l’excellent E. PLENEL et ses bons journalistes trotskistes, Libé est avec nous et même le Figaro rosit singulièrement (nous sommes en train d’infiltrer 2 journalistes). Dans la télé publique, nous marquons quelques points et à Canal+, on est chez nous. …

(Merci à RV)

2004/12/20

The 60th Anniversary Celebrations of Le Monde

As I recently wrote, Le Monde has been celebrating its 60th anniversary. In that context, it has printed 60 articles, one per day (and one for each year) for the past two months. Each of those 60th anniversary pages also included a photo from the respective year, as well as a vintage editorial taken verbatim from one particular day during the 12-month period.

Recently I wrote about the very first of these commemorative articles, which focused on the newspaper itself (i.e, on its birth). Here is a list of the rest, with comments on a dozen and a half of them…

The 60th Anniversary Celebration of Le Monde

Before we start, allow me to point out that the main headline of its very first issue (dated December 19, 1944), reads France and the USSR Have Signed a Treaty of Alliance and Mutual Assistance… It is true that offhand, this means nothing more than simply reflecting the news of that particular day. Still, some might find it fitting… Read through the comments and decide for yourself.

(The three hyperlink-filled paragraphs that follow and that precede the comments are comprehensive lists of the articles, vintage editorials, and photo (caption)s chosen for the 60th anniversary; although they are here mainly for archival sake they are sometimes quite instructive in what was chosen — and what was not — if you are in a hurry, though, scroll down past them…)

The main (in-depth) articles have taken on the following subjects: the first issue of Le Monde, the atomic bomb dropped on Hiroshima, the Nuremberg trials, the partition of India and Pakistan, the birth of Israel, the death of boxer Marcel Cerdan, the Korean War, the Schuman plan, the coronation of Elizabeth II, the death of "Marshall Stalin", the fiasco at Dien Bien Phu, oddities of the climate, the Malpassat dam disaster, Hungary's revolution put down by Soviet tanks, the Treaty of Rome, the birth of the Fifth Republic, the new franc, the Bay of Pigs, the assassination of JFK, the fall of Krushchev, the Vietnam quagmire, France's departure from NATO, the Six-Day War, May 1968, the rise of Georges Pompidou to the presidency, the death of Charles de Gaulle, Mitterrand grabbing the reins of the Socialist Party, Nixon's trip to China, the coup d'état of Chile, the decriminalization of abortion, Juan Carlos and the advent of democratic Spain, the resignation of Prime Minister Jacques Chirac, the birth of the anti-nuclear movement, the assassination of Aldo Moro, the Soviet invasion of Afghanistan, the failure to free the US Embassy's hostages in Tehran, the election of François Mitterrand, Mexico's banking crisis, the Soviet downing of a Korean Boeing, the Bhopal tragedy, the Rainbow Warrior affair, the onset of la cohabitation, the French right's privatizations, the reelection of Mitterrand, the fall of the Berlin Wall, the first Gulf War, the collapse of the Soviet Union, France's yes in the Maastricht referendum, the suicide of former Prime Minister Bérégovoy, the Rwanda genocide, ethnic purification in Kosovo, the expulsion of the band of illegal immigrants occupying a Paris church, the cloning of Dolly, the condemnation of Maurice Papon for his WWII crimes against humanity, the antiglobalization movement's undermining of the WTO summit in Seattle, the damning videotape that accused Chirac and his ruling RPR party of fraud, the 911 attacks, Le Pen's victory in the French elections' first round, the dead in France's heat wave, and the Madrid attacks.

These in-depth articles are accompanied by reprints of vintage editorials from the respective year, with no context provided, which is important, as we will see further down. They concerned the ancestors of Le Monde, the Yalta conference, the birth of the Fourth Republic, the new communist international, the progress of communist forces in China, the Soviet acquisition of the atomic bomb, Einstein's warning about the H-bomb, the assassination of Jordan's King Abdallah, gold and public loans, the execution of the Rosenbergs, the death of Matisse, natural disasters, the optimism of Krushchev, trouble in Little Rock, the return to power of General De Gaulle, Fidel Castro's "adventure without precedent", the price of independence of the African states, the Berlin Wall, the Cuban missile crisis, the march of blacks for equality, the victory of Cassius Clay, De Gaulle's election win, China's cultural revolution, the military coup d'état in Greece, the Prague Spring, the race to send a man to the moon, Salvador Allende chosen president of Chile, the end of the dollar-gold conversion, the massacre at the Munich Olympics, the oil crisis, the election of Giscard d'Estaing, the 30-year war of Vietnam, the death of Mao, the fate of Germany's Baader terrorist group, the advent of John Paul II, the peace agreement between Sadat and Begin, the Polish crisis, the imposition of martial law in Poland, the Sabra and Chatilla tragedy, the Klaus Barbie trial, the birth of Canal +, the Heysel soccer stadium tragedy, ruminations on who might be the beneficiaries of terrorism against France, the anger of the Palestinian youth, the attack on the Ouvéa stronghold of New Caledonia's separatists and hostage-takers, Beijing's repression of the students on Tien An Mien square, the problem of violence in the cités, Bill Clinton's election, the case against Andreotti, the Zapatistas in Chiapas, the massive demonstrations against Alain Juppé's economic plans, science and politics, the 35-hour work-week, the assassination of Corsica's prefect, the lessons of the Kosovo conflict, the loss of the Kursk submarine, French TV's first reality show, Lula's election in Brazil, the Iraq war, and the enlargement of the European Union.

Each year's in-depth article and verbatim editorial are also accompanied by a photo; the latter show scenes from the Battle of the Bulge, the liberation of Buchenwald, Jewish violence in Palestine, the creation of the Avignon theater festival, the French miners' strike, Mao's proclaiming the Popular Republic of China, Maurice Herzog's ascension of Mount Annapurna (why this Frenchman's feat is more important than Edmund Hillary's conquering Mount Everest, I cannot say), the wedding of Yves Montand and Simone Signoret, Nassar's coup in Egypt, the discovery of DNA, the plan for a European Defense Community, Citroën's ultra-modern DS car model, the Suez Canal crisis, the Nobel Prize to Albert Camus, the election of Pope John XXIII, the exile of the Dalai Lama, France's atomic bomb, the Paris demonstration against a curfew for Algerians, the burial of Edith Piaf, Jean Moulin's entombment in the Pantheon, the miniskirt, floods in Florence, the dead body of Che Guevara, the new society of Chaban-Delmas, Sihanouk's ouster from Cambodia, the independence of Bangladesh, the Biafra tragedy, the first women to graduate from the Polytechnique engineering college, the Lip factory takeover, Nixon and Watergate, the violence in Corsica, Soweto's anti-apartheid march, the case leading to the end of France's death penalty, Vietnam's boat people, Iran's Islamic revolution, the murder of John Lennon, the coup attempt in the Madrid Cortes, the birth of France's first test-tube baby (why this is more important than the world's first test-tube baby [four years earlier] I am not sure), the discovery of the AIDS virus, the mass demonstrations against the Mitterrand government's plans to abolish France's private school system, Coluche's Restos du Cœur, the Chernobyl disaster, the landing of a Cesna plane on Red Square, mob violence in Algiers, the sabotage of a French DC-10 over Africa, the desecration of Jewish tombs in Carpentras, the contaminated blood scandal, the 10th Frenchman to win a Nobel Prize in physics, the inferno at the David Koresh sect's ranch in Waco, the chunnel, the shooting of French terrorist Khaled Kelkal, the Talibans' seizure of Kabul, the meeting of Europe's new socialist prime ministers (Tony Blair and Lionel Jospin), the French soccer team's victory in the World Cup, the storm of the century, the crash of a Concorde taking off from Roissy airport, violence at the Genoa summit, the first Paris Plage, the Sars epidemic scare, and the Abu Ghraib scandal.

Needless to say, a strong anti-American flavor is present throughout the series. Going backwards in time:

Starting with Facts and Stealthily
Evolving Towards Partisan Viewpoints

In the article on Le Pen's win in the first round of France's 2002 presidential election, Hervé Gattegno shows the French aptitude to put things into perspective as he compares the "shock" of April 21 to that, in America, of… September 11 (something Plantu's cartoon did as early as the following day).

The article on 911 itself starts out in a surprisingly benign manner, with about half of the story devoted to UA flight 93, the fourth hijacked plane whose passengers decided to "roll" when they knew what fate lay in store for them. It's not unusual for a benign beginning to turn out to be a sort of "trick" to stealthily "evolve" towards more partial (read condescending) viewpoints, and Patrick Jarreau's piece is no exception: the United States discovers "its vulnerability", "the mightiest country on Earth has been shown to be at the mercy of a 'private' organization", and, of course, "the Americans have become conscious of their unpopularity" …




Because this article was so long, it was clipped. Read the article in full here (scroll down to the same red cover as the one above)