Révélations sur le politiquement correct, les partis pris et le refus de mettre en doute les grandiloquences auto-congratulatoires des autorités (avec preuves à l'appui) qui sévissent dans le journal de référence, Le Monde, et dans d'autres médias français…….Bilingual Documenting and Exposing of the Biased Character of French Media, Including its Newspaper of Reference, Le Monde
2012/03/19
L'Algérie et la Torture
2012/03/18
Camus : "Une société qui supporte d'être distraite par une presse déshonorée et par un millier d'amuseurs cyniques court à l'esclavage"
En 1939, peu après le déclenchement de la guerre, et alors que la presse est déjà souvent censurée, l'écrivain veut publier dans le journal qu'il dirige à Alger un texte vibrant qui invite les journalistes à rester libres. Ce texte fut interdit de publication. Il est inédit. Et il reste très actuel.Albert Camus :
Certes, toute liberté a ses limites. Encore faut-il qu'elles soient librement reconnues. Sur les obstacles qui sont apportés aujourd'hui à la liberté de pensée, nous avons d'ailleurs dit tout ce que nous avons pu dire et nous dirons encore, et à satiété, tout ce qu'il nous sera possible de dire.C'est Macha Séry qui a retrouvé le texte aux Archives Nationales d'Outre-Mer, à Aix-en-Provence. La collobroratrice explique son enquête :
… ce qu'il nous plairait de définir ici, ce sont les conditions et les moyens par lesquels, au sein même de la guerre et de ses servitudes, la liberté peut être, non seulement préservée, mais encore manifestée. Ces moyens sont au nombre de quatre : la lucidité, le refus, l'ironie et l'obstination.
Moins encore qu'en métropole, la censure ne fait pas dans la nuance. Elle biffe ici, rature là. … Ce n'est jamais assez pour le chef des censeurs, le capitaine Lorit, qui ajoute d'acerbes remarques sur le travail de ses subalternes lorsqu'ils laissent passer des propos jugés inadmissibles. Comme cet article du 18 octobre, titré " Hitler et Staline ". " Il y a là un manque de discernement très regrettable ", écrit le capitaine. Ironie, trois jours plus tard, à Radio-Londres (en langue française), les auditeurs peuvent entendre ceci : " La suppression de la vérité, dans toutes les nouvelles allemandes, est le signe caractéristique du régime nazi. "
Le 24 novembre, Camus écrit ces lignes, qui seront censurées : " Un journaliste anglais, aujourd'hui, peut encore être fier de son métier, on le voit. Un journaliste français, même indépendant, ne peut pas ne pas se sentir solidaire de la honte où l'on maintient la presse française. A quand la bataille de l'Information en France ? "Même chose pour cet article fustigeant le sentiment de capitulation : " Des gens croient qu'à certains moments les événements politiques revêtent un caractère fatal, et suivent un cours irrésistible. Cette conception du déterminisme social est excessive. Elle méconnaît ce point essentiel : les événements politiques et sociaux sont humains, et par conséquent, n'échappent pas au contrôle humain " (25 octobre).
… " Les quatre commandements du journaliste libre ", à savoir la lucidité, l'ironie, le refus et l'obstination, sont les thèmes majeurs qui traversent son oeuvre romanesque, autant qu'ils structurent sa réflexion philosophique. Comme le football puis le théâtre, le journalisme a été pour Camus une communauté humaine où il s'épanouissait, une école de vie et de morale. Il y voyait de la noblesse. Il fut d'ailleurs une des plus belles voix de cette profession, contribuant à dessiner les contours d'une rigoureuse déontologie.
C'est aux lecteurs algériens que Camus a d'abord expliqué les devoirs de clairvoyance et de prudence qui incombent au journaliste, contre la propagande et le " bourrage de crâne ". A Combat, où Pascal Pia, son mentor dans le métier, fait appel à lui en 1944, Camus poursuit sa charte de l'information, garante de la démocratie pour peu qu'elle soit " libérée " de l'argent : " Informer bien au lieu d'informer vite, préciser le sens de chaque nouvelle par un commentaire approprié, instaurer un journalisme critique et, en toutes choses, ne pas admettre que la politique l'emporte sur la morale ni que celle-ci tombe dans le moralisme. "
En 1951, il laisse percer sa déception dans un entretien donné à Caliban, la revue de Jean Daniel : " Une société qui supporte d'être distraite par une presse déshonorée et par un millier d'amuseurs cyniques (...) court à l'esclavage malgré les protestations de ceux-là mêmes qui contribuent à sa dégradation. "
Le texte entier de Albert Camus :
Il est difficile aujourd'hui d'évoquer la liberté de la presse sans être taxé d'extravagance, accusé d'être Mata-Hari, de se voir convaincre d'être le neveu de Staline.Pourtant cette liberté parmi d'autres n'est qu'un des visages de la liberté tout court et l'on comprendra notre obstination à la défendre si l'on veut bien admettre qu'il n'y a point d'autre façon de gagner réellement la guerre.
Certes, toute liberté a ses limites. Encore faut-il qu'elles soient librement reconnues. Sur les obstacles qui sont apportés aujourd'hui à la liberté de pensée, nous avons d'ailleurs dit tout ce que nous avons pu dire et nous dirons encore, et à satiété, tout ce qu'il nous sera possible de dire. En particulier, nous ne nous étonnerons jamais assez, le principe de la censure une fois imposé, que la reproduction des textes publiés en France et visés par les censeurs métropolitains soit interdite au Soir républicain - le journal, publié à Alger, dont Albert Camus était rédacteur en chef à l'époque - , par exemple. Le fait qu'à cet égard un journal dépend de l'humeur ou de la compétence d'un homme démontre mieux qu'autre chose le degré d'inconscience où nous sommes parvenus.
Un des bons préceptes d'une philosophie digne de ce nom est de ne jamais se répandre en lamentations inutiles en face d'un état de fait qui ne peut plus être évité. La question en France n'est plus aujourd'hui de savoir comment préserver les libertés de la presse. Elle est de chercher comment, en face de la suppression de ces libertés, un journaliste peut rester libre. Le problème n'intéresse plus la collectivité. Il concerne l'individu.
Et justement ce qu'il nous plairait de définir ici, ce sont les conditions et les moyens par lesquels, au sein même de la guerre et de ses servitudes, la liberté peut être, non seulement préservée, mais encore manifestée. Ces moyens sont au nombre de quatre : la lucidité, le refus, l'ironie et l'obstination. La lucidité suppose la résistance aux entraînements de la haine et au culte de la fatalité. Dans le monde de notre expérience, il est certain que tout peut être évité. La guerre elle-même, qui est un phénomène humain, peut être à tous les moments évitée ou arrêtée par des moyens humains. Il suffit de connaître l'histoire des dernières années de la politique européenne pour être certains que la guerre, quelle qu'elle soit, a des causes évidentes. Cette vue claire des choses exclut la haine aveugle le désespoir qui laisse faire. Un journaliste libre, en 1939, ne désespère pas et lutte pour ce
etqu'il croit vrai comme si son action pouvait influer sur le cours des événements. Il ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir. Tout cela est en son pouvoir.
En face de la marée montante de la bêtise, il est nécessaire également d'opposer quelques refus. Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu'un esprit un peu propre accepte d'être malhonnête. Or, et pour peu qu'on connaisse le mécanisme des informations, il est facile de s'assurer de l'authenticité d'une nouvelle. C'est à cela qu'un journaliste libre doit donner toute son attention. Car, s'il ne peut dire tout ce qu'il pense, il lui est possible de ne pas dire ce qu'il ne pense pas ou qu'il croit faux. Et c'est ainsi qu'un journal libre se mesure autant à ce qu'il dit qu'à ce qu'il ne dit pas. Cette liberté toute négative est, de loin, la plus importante de toutes, si l'on sait la maintenir. Car elle prépare l'avènement de la vraie liberté. En conséquence, un journal indépendant donne l'origine de ses informations, aide le public à les évaluer, répudie le bourrage de crâne, supprime les invectives, pallie par des commentaires l'uniformisation des informationset, en bref, sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure, si relative qu'elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu'aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter : servir le mensonge.
Nous en venons ainsi à l'ironie. On peut poser en principe qu'un esprit qui a le goût et les moyens d'imposer la contrainte est imperméable à l'ironie. On ne voit pas Hitler, pour ne prendre qu'un exemple parmi d'autres, utiliser l'ironie socratique. Il reste donc que l'ironie demeure une arme sans précédent contre les trop puissants. Elle complète le refus en ce sens qu'elle permet, non plus de rejeter ce qui est faux, mais de dire souvent ce qui est vrai. Un journaliste libre, en 1939, ne se fait pas trop d'illusions sur l'intelligence de ceux qui l'oppriment. Il est pessimiste en ce qui regarde l'homme. Une vérité énoncée sur un ton dogmatique est censurée neuf fois sur dix. La même vérité dite plaisamment ne l'est que cinq fois sur dix. Cette disposition figure assez exactement les possibilités de l'intelligence humaine. Elle explique également que des journaux français comme Le Merle ou Le Canard enchaîné puissent publier régulièrement les courageux articles que l'on sait. Un journaliste libre, en 1939, est donc nécessairement ironique, encore que ce soit souvent à son corps défendant. Mais la vérité et la liberté sont des maîtresses exigeantes puisqu'elles ont peu d'amants.
Cette attitude d'esprit brièvement définie, il est évident qu'elle ne saurait se soutenir efficacement sans un minimum d'obstination. Bien des obstacles sont mis à la liberté d'expression. Ce ne sont pas les plus sévères qui peuvent décourager un esprit. Car les menaces, les suspensions, les poursuites obtiennent généralement en France l'effet contraire à celui qu'on se propose. Mais il faut convenir qu'il est des obstacles décourageants : la constance dans la sottise, la veulerie organisée, l'inintelligence agressive, et nous en passons. Là est le grand obstacle dont il faut triompher. L'obstination est ici vertu cardinale. Par un paradoxe curieux mais évident, elle se met alors au service de l'objectivité et de la tolérance.
Voici donc un ensemble de règles pour préserver la liberté jusqu'au sein de la servitude. Et après ?, dira-t-on. Après ? Ne soyons pas trop pressés. Si seulement chaque Français voulait bien maintenir dans sa sphère tout ce qu'il croit vrai et juste, s'il voulait aider pour sa faible part au maintien de la liberté, résister à l'abandon et faire connaître sa volonté, alors et alors seulement cette guerre serait gagnée, au sens profond du mot.
Oui, c'est souvent à son corps défendant qu'un esprit libre de ce siècle fait sentir son ironie. Que trouver de plaisant dans ce monde enflammé ? Mais la vertu de l'homme est de se maintenir en face de tout ce qui le nie. Personne ne veut recommencer dans vingt-cinq ans la double expérience de 1914 et de 1939. Il faut donc essayer une méthode encore toute nouvelle qui serait la justice et la générosité. Mais celles-ci ne s'expriment que dans des coeurs déjà libres et dans les esprits encore clairvoyants. Former ces coeurs et ces esprits, les réveiller plutôt, c'est la tâche à la fois modeste et ambitieuse qui revient à l'homme indépendant. Il faut s'y tenir sans voir plus avant. L'histoire tiendra ou ne tiendra pas compte de ces efforts. Mais ils auront été faits.
par Albert Camus
2012/03/17
La France "demeure obsédée par elle-même et l'Europe n'a sa faveur qu'à condition de servir ses desseins"
Vu de Bruxelles, Frank De Bondt a son explication : "L'idée européenne s'est délitéechez les Français parce qu'ils ont compris soudain que la France n'était pas l'Europe ou que l'Europe ne serait jamais française. La campagne présidentielle montre que ce pays demeure obsédé par lui-même et que l'Europe n'a sa faveur qu'à condition de servir ses desseins." Avis aux candidats...
2012/03/13
"L'Etat états-unien" : Oui, il paraît que c'est pour rendre la lecture plus… claire (!!)
"Etat états-…" ? Il n'y a personne à la rédaction du Monde pour dire, "là, ça suffit, on devient ridicule" ? (Et éventuellement mettre le terme, s'il est vraiment nécessaire, dans un endroit plus approprié ?)
Ceux qui ne comprennent pas le problème (qui incluent journalistes et rédacteurs au Monde) : quand on commencera à évoquer les Unioneuropéenneniens, voire l'État Unioneuropéen, ils comprendront peut-être… (Mais évidemment, cela ne se passera jamais, car la suffisance, c'est seulement pour les autres — ces abrutis — et pas pour nous Européens, d'une telle intelligence rare, humanistes sans pareil, lucides jusqu'aux Cieux…)
Alors, récapitulons :
• L'Union Européenne, la Communauté Européenne (à un moment donné, comprenant six pays seulement du continent), et ses habitants, les… Européens : OUI
• Les États-Unis d'Amérique et ses habitants, les… Américains : Mon Dieu, quelle horreur, quel scandale, comment ôôôôôsent-ils agir avec un tel manque de respect et s'appeler ainsi ?!?!
À lire ou à relire : Le Monde utilise de plus en plus le mot "étasunien", invariablement prononcé sur un ton suffisant
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2012/03/12
So Long, Gir

Dan Greenberg, the immensely talented French artist on General Leonardo and on the upcoming Life & Times of Abraham Lincoln, has made a stunning tribute to the memory of Jean Moebius Giraud, who died Saturday morning (click on the drawing for an even larger image).
2012/03/10
2012/03/03
Politique pendant la Guerre Froide : une pratique de la détente qui frisa souvent la complaisance
relate nombre des événements qui émaillèrent ces temps de guerre froide. Au passage,Quant à Anita Davidenkoff, elleil décrypte les aléas d'une politique française qui, vis-à-vis de l'URSS, tâtonna entre des moments de courage, assez rares, et une pratique de la détente qui frisa souvent la complaisance. Le journal consigne aussi les révoltes, les colères, les étonnements du diariste devant ce mélange de brutalité, d'absurdité et de paradoxes désarmants qu'était le cocktail soviétique. Rien de très diplomatique dans ces pages passionnantes.
a quitté Moscou plus que mélancoliquement : attachée culturelle à l'ambassade de France à l'époque de Gorbatchev, elle a fait partie d'une charrette de diplomates expulsés d'URSS par mesure de représailles, dans la grande tradition KGB, à la suite de l'expulsion de diplomates soviétiques par la France.
2012/02/27
Élysée : Ces malades qui nous gouvernent
D'abord, c'est un secret médical. Puis un secret d'Etat. Au bout d'un certain temps, un secret de Polichinelle. Enfin, la santé des présidents de la Ve République peut devenir, au fur et à mesure que les uns disparaissent et que les autres acceptent de parler, le sujet d'un documentaire historique.Ainsi commence la chronique télé de Isabelle Talès.
La maladie du pouvoir reconstituait ainsi, mercredi 22 février sur France 3, les heures dramatiques où le pays fut gouverné par de grands malades. Enfin... dramatiques, c'est facile de le dire aujourd'hui, mais à l'époque, qui s'en doutait ?C'est comme si l'histoire se rembobinait : on reconnaît les images d'archives (Georges Pompidou de plus en plus bouffi, François Mitterrand de plus en plus fragile), mais elles s'accompagnent désormais du bon commentaire. Lors d'une visite en URSS quelques semaines avant sa mort en 1974, Pompidou, atteint d'un cancer du sang, sourit aux officiels mais souffre d'hémorragies.![]()
… L'enquête de Philippe Kohly et Françoise Fressoz (journaliste au Monde) tente de répondre à trois questions : comment ont-ils tenu ? Pourquoi ? Mais surtout, auraient-ils dû tenir ?
On est presque surpris de voir s'ouvrir le dossier Jacques Chirac. Mais peut-être n'a-t-il jamais vraiment récupéré d'un arrêt vasculaire cérébral survenu en 2005. Les témoins ne sont pas encore tout à fait "mûrs" ni tout à fait sûrs. Il faudra encore attendre quelques années.
C'est alors que se présente le cas Sarkozy. On l'avait presque oublié : l'actuel chef de l'Etat a été pris d'un malaise vagal en joggant sous le soleil en 2009. Mais là, il est vraiment trop tôt.
N'empêche, on sort de ces visites répétées au Val-de-Grâce un peu inquiet. Les candidats qui courent la France ces jours-ci feraient bien de subir un check-up. Et surtout, si ça ne va pas, qu'ils nous le disent !
2012/02/06
France Inter : Le Général de Gaulle n'avait pas hésité à affirmer que la RTF devait être clairement un instrument de propagande
Dans son discours inaugural, le Général [de Gaulle] n'avait … pas hésité à affirmer que la Radiodiffusion-télévision française (la RTF) … devait être clairement un instrument de propaganderésume Daniel Psenny dans son article du Monde sur le livre d'Augustin Scalbert, La Voix de son maître ? France Inter et le pouvoir politique, 1963-2012.
Inaugurée le 14 décembre 1963 par le général de Gaulle, la Maison de la radio, qui abrite les radios de service public (dont France Inter), a longtemps été considérée comme "la voix de la France". Dans son discours inaugural, le Général n'avait d'ailleurs pas hésité à affirmer que la Radiodiffusion-télévision française (la RTF) de l'époque avait "une responsabilité nationale" et devait être clairement un instrument de propagande.C'est ce que rappelle Augustin Scalbert, journaliste à Rue89, dans son livre La Voix de son maître ? France Inter et le pouvoir politique, 1963-2012, qui raconte les relations complexes entretenues entre la radio publique et le pouvoir politique. En clair, l'"avant" et l'"après" Nicolas Sarkozy, qui, en 2008, a décidé de nommer lui-même les présidents de l'audiovisuel public
(dont celui de Radio France), pour mettre fin à "l'hypocrisie".
La première partie du livre est historique. Le journaliste y rappelle que la droite (de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing) a toujours veillé à ce que l'audiovisuel public soit sous l'emprise du pouvoir politique. Outre les renvois de journalistes qui ne plaisaient pas, la censure et l'autocensure étaient la règle, et l'on évitait les sujets "tabous" …
En près de cinquante ans, les choses ont bien changé. Même si, financièrement, Radio France reste toujours dépendante de l'Etat, elle n'est plus le "relais de propagande" du pouvoir.
La décision de Nicolas Sarkozy de nommer lui-même le PDG de Radio France a jeté le trouble, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Maison ronde, et fait l'objet de la seconde partie du livre.
2012/02/03
Citant Karl Marx et Bertolt Brecht, Marine Le Pen prouve encore une fois que le FN n'a rien à voir avec les Tea Parties et les conservateurs U.S.
Dans un retournement de notions, Marine Le Pen se fait le héraut de cette « Nouvelle résistance » au « mondialisme ». Un mondialisme — terme qui, en soi, est un marqueur politique à l'extrême droite — présenté comme un « Léviathan » qui dirigerait le monde, l'Union européenne et la France. Avec — même si elle s'en défend — une grille de lecture complotiste décrivant « une guerre des élites contre le peuple ».Dans leur revue pour Le Monde du livre de la fille de Jean-Marie Le Pen (Pour que vive la France), Abel Mestre et Caroline Monnot laissent transposer que les thèses de la cheftaine du Front National n'ont rien à voir avec celles des conservateurs américains ou des Tea Parties.
Pour appuyer son raisonnement, elle n'hésite pas à citer des personnages appartenant à la gauche, que son mouvement a toujours récusés. Karl Marx est cité, mais aussi Bertolt Brecht, Victor Schoelcher, George Orwell, le journaliste Serge Halimi, ou des ouvrages comme le Manifeste d'économistes atterrés (Les Liens qui libèrent, 2010). Même dans les têtes de chapitre, les références sont claires : « Le sarkozysme, stade suprême du mondialisme », rappelle l'ouvrage de Lénine : L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme.Pierre Mendès France est aussi appelé à la rescousse par deux fois. Une figure dont, en 1958, Jean-Marie Le Pen estimait pourtant qu'elle cristallisait « un certain nombre de répulsions patriotiques et presque physiques ».
2012/02/02
Un idéal issu de la révolution d'Octobre qui a fait rêver — et broyer — des millions d'hommes et de femmes à travers le monde
… le 24 décembre 1991 … Mikhaïl Gorbatchev, secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique et réformateur célébré par les Occidentaux … met un point final à soixante-quatorze ans de communisme. Un idéal issu de la révolution d'Octobre de 1917 en Russie et qui a fait rêver — et broyer — des millions d'hommes et de femmes à travers le monde.C'est ainsi que Daniel Psenny commence son article sur la série d'Arte, Adieu camarades !, qui raconte la fin du communisme.
Vingt ans après cet effondrement historique qui ébranla le monde, Arte propose " Adieu camarades ! ", une vaste fresque en six épisodes qui raconte l'agonie du communisme. Tournée dans douze pays de l'ex-Europe de l'Est, écrite par l'essayiste français Jean-François Colosimo et l'écrivain hongrois György Dalos et réalisée par le Russe Andreï Nekrassov, cette production franco-allemande mêle les récits personnels à la grande Histoire collective. " Nous avons voulu nous démarquer des documentaires à l'anglo-saxonne et raconter l'histoire de l'intérieur ", explique le producteur Olivier Mille, qui a bénéficié d'un budget confortable de 2,4 millions d'euros grâce à la participation de nombreux partenaires européens.Une cinquantaine de témoins qui, chacun de leur côté, ont joué un rôle important dans ce bouleversement racontent comment ils l'ont vécu. Ces récits sont illustrés par des archives exceptionnelles (privées et publiques) qui ont été retrouvées dans les différents pays de l'ancien bloc communiste.
Andreï Nekrassov a choisi de raconter cette histoire à travers un dialogue entre sa propre fille et lui-même qui a vécu sous le régime soviétique et en garde une certaine nostalgie. " J'ai voulu montrer d'abord la complexité de ce monde disparu, explique le réalisateur qui milite aujourd'hui à Solidarnost, un mouvement d'opposition à Vladimir Poutine.
J'ai essayé de faire revivre notre histoire avec son atmosphère, ses chansons, ses émotions. Le communisme n'était pas seulement une idéologie, c'était un univers, la matière de notre vie. Comme tout le monde, j'étais conscient des mensonges et des dérives, mais cela ne m'empêchait pas de croire aux idéaux inculqués dans l'enfance ", poursuit-il.
DIALOGUE ENTRE SA PROPRE FILLE ET LUI-MÊME
Ce dialogue avec sa fille permet aussi au réalisateur d'aborder, à travers différents témoignages, toutes les atrocités du communisme. " De ton temps, on torturait encore les dissidents dans les hôpitaux psychiatriques, on abattait ceux qui voulaient fuir le paradis des travailleurs et on mentait à la population ", lui rappelle-t-elle.
Même si la série a été conçue comme un film, les six épisodes peuvent se regarder séparément. Déclinée en livre et en coffret de deux DVD (Arte éditions), la série est aussi jumelée avec un remarquable site interactif (Arte.tv/camarades) en cinq langues qui propose un voyage dans l'ex-bloc soviétique à travers les cartes postales que se sont envoyées une trentaine de personnages entre 1975 et 1981. Grâce à une exceptionnelle collection d'archives personnelles mises en ligne, les internautes peuvent (re)vivre de l'intérieur les grands moments de cette utopie historique jusqu'à son écroulement.
2012/01/28
Le Monde et le HuffPost : "En quoi le conflit d'intérêts n'a-t-il plus cours ?"
Sujet délicat cette semaine pour le médiateurécrit Pascal Galinier, le médiateur du Monde. alors que le quotidien participe (actionnaire à 34 % de ce nouveau média "participatif") au lancement de l'édition française du Huffington Post.
Il s'avère que la directrice éditoriale de HuffPo France est
Une certaine Anne Sinclair. Ancienne journaliste de TF1, mais aussi et surtout épouse de Dominique Strauss-Kahn.
"Superbe opération de com'", comme s'exclament Ariane Chemin et Marion Van Renterghem, grands reporters au Monde ? De fait, dans la foulée,Anne Sinclair a fait cette semaine la cover de Gala, de Paris Match, de VSD... Avec de belles photos dans les locaux du Monde... De quoi faire un peu oublier les articles moins avenants de la presse américaine ? Cette presse qu'Anne Sinclair juge "exigeante, précise, travailleuse" dans un entretien au magazine Elle la semaine dernière. "Certains commentateurs français ont questionné son objectivité quant aux scandales en cours en lien avec son mari", écrivait dès mardi le Herald Tribune, qui cite "certaines critiques (qui) pensent qu'elle a perdu sa pertinence depuis qu'elle a abandonné son job de présentatrice en 1997 quand M. Strauss-Kahn a été nommé ministre des finances". L'hebdomadaire Newsweek, lui, est plus lapidaire : "Anne Sinclair - Mme DSK - a été nommée directrice éditoriale d'une nouvelle extension française du Huffington Post, une publication qui fait aux auteurs ce que son mari est réputé faire aux femmes de chambre."
Façon un peu "limite" de rappeler aux lecteurs américains qui est Anne Sinclair, illustre inconnue outre-Atlantique...
"Lui c'est lui, moi c'est moi", semble-t-elle répliquer à ceux qui évoquent son époux. Pas si simple. "Elle est à la fois journaliste et femme de DSK. Personne ne peut l'oublier", observe Raphaëlle Bacqué, grand reporter au Monde. "Elle a abandonné le journalisme quand son mari est entré au gouvernement, en expliquant elle-même qu'il y avait conflit d'intérêts. En quoi le conflit d'intérêts n'a-t-il plus cours ? DSK, dont elle a fait la communication, reste mêlé à un fait divers majeur de l'actualité française, dont on ignore encore toutes les ramifications",
Comme toujours, le médiateur se pose plus de questions qu'il n'obtient de réponses. Etre ou ne pas être dans le "plan com'" de DSK ? Sacré dilemme, que le médiateur soulevait déjà une chronique en septembre 2011. La réponse n'a pas changé. Et l'accueil d'Anne Sinclair dans notre maison n'y changera rien. Tenez, lundi, la conférence de presse du Huffington Post était organisée par Anne Hommel, d'Euro-RSCG, la "communicante" de... Dominique Strauss-Kahn.rappelle Marion Van Renterghem.
2012/01/24
Dominique de Villepin's Opposition to Bush and Rumsfeld Compared to Charles de Gaulle's Resistance to Pétain and Hitler
In a one-page spread in Le Monde Magazine called Le Roman-Photo de Villepin le Magnifique, Bastien Bonnefous compares Dominique de Villepin to Charles de Gaulle, no less — both in the title of the caption (L'homme qui a dit non) and in the caption itself. When Jacques Chirac's foreign minister appears at the United Nations to oppose George W. Bush and Donald Rumsfeld in their decision to oust Saddam Hussein, Bonnefous says that "It is his June 18, 1940."C'est son 18 juin 1940.Uh, is that so, Monsieur Bonnefous? Charles de Gaulle was not a minister or even in any position of influence and power at the time he launched his appeal over the BBC, far from it, and he was not opposing a fellow democratic republic from which he had nothing, personally, to fear. He was an outcast, battling Nazi Germany, and an outcast whose (French) government would pronounce the death penalty against him… Dominique de Villepin was hardly in danger of death, or of anything else, for opposing Washington. So… Let's not mix things up, shall we?
2012/01/18
Dans le pays de la civilisation et des leçons sur le port d'armes, "le mois de décembre a vu s'enchaîner des meurtres spectaculaires"
[À Marseille] le mois de décembre a vu s'enchaîner des meurtres spectaculaires.In the land that is always giving clueless Yanks lessons on gun control and remaining in
Indeed, while Frenchmen remain blinded (or because they remain blinded) to all types of crimes — as noted in Pamela Gellar's Atlas Shrugs story on the Serial Rapist in France [Who] Asks Victims Their Nationality and Religion Before Raping Them (hmm — what religion might he be part of?!) — we learn that homicides and attempted homicides are rising amidst bursts of Kalashnikov fire and spectacular murders.
An investigation by Yves Bordenave and Laurent Borredon into the Marseilles drug rings teaches us the following:
Le rituel est le même dans chaque cité. Les policiers ont à peine montré le bout de leur calandre que le "Arrraaah !" retentit de bloc en bloc, d'immeuble en immeuble, de cage d'escalier en cage d'escalier. Les guetteurs, des gamins, pas plus de 15 ans, veillent avec vigilance sur le commerce de la drogue.Parfois, un ou deux scooters escortent le véhicule jusqu'à ce qu'il sorte de la cité. Font-Vert, le Clos la Rose, la Castellane... toutes sont touchées, organisées, structurées par le trafic.
… cela fait en réalité trois ans que ces cités se mènent une guerre qui ensanglante la ville. Dans son bureau de l'hôtel de police, à l'Evêché, Roland Gauze, le patron de la police judiciaire (PJ) marseillaise, fait ses comptes : "En 2010, dans Marseille, on a dénombré 54 homicides et tentatives dont 17 relevaient de règlements de comptes ; en 2011, on a fini à 38 homicides et tentatives dont 20 règlements de comptes."Une année plus calme donc, mais gâchée par un mois de décembre particulièrement meurtrier.
Cinq morts en quatre semaines. Cinq jeunes hommes, dont un policier, tombés sous les rafales des kalachnikovs. Les victimes ont entre 18 et 38 ans. Elles sont plus ou moins connues des services de police pour leur implication à des degrés divers dans des trafics de drogue. Le scénario : deux ou trois individus cagoulés font irruption dans une cité, armés le plus fréquemment d'une kalachnikov. Ils s'approchent de leur cible, vident le chargeur et repartent à bord de puissants 4 × 4 aussi vite qu'ils sont apparus. "Les gains en argent sont tellement faciles, alors on tue", explique Yves Robert, délégué du SNOP, le syndicat majoritaire chez les officiers.
Parfois, la violence monte d'un cran encore. Dans la nuit du 25 au 26 décembre 2011, trois cadavres de jeunes gens ont été découverts en partie calcinés sur le siège arrière d'une Audi A3 aux Pennes-Mirabeau, à quelques encablures de la Canebière. Ils avaient 19 et 20 ans. Les hommes de la BAC se souviennent d'avoir contrôlé l'un d'eux quelques jours avant sa mort : "Il portait un gilet pare-balles !" Leurs assassins les ont exécutés à l'arme automatique avant d'incendier leur voiture pour faire disparaître toutes traces, certes, mais aussi pour marquer les esprits. Pour impressionner l'ennemi, on ne lésine ni sur les moyens ni sur la méthode.
Yves Bordenave and Laurent Borredon point out that there are places that the police do not dare go.
Une course-poursuite débute. Elle tourne court dans un cul-de-sac. Le passager s'enfuit en courant. Un policier le poursuit, mais revient vite : l'homme s'est engagé
dans une zone d'ombre, où une dizaine de personnes veillent. "Trop dangereux", explique-t-il. Rien à reprocher au conducteur, connu des policiers mais resté sur place. Un coup pour rien.
… Des réseaux, il y en a des dizaines. "Impossible à chiffrer", indique prudemment Roland Gauze. Chacun veille, arme au pied, à défendre son territoire, sa part de marché. Le kalachnikov, c'est le nec plus ultra, un signe ostensible de puissance qui a remplacé le fusil à pompe d'antan.
A chaque opération, les enquêteurs mettent la main sur des butins à peu près identiques : quelques dizaines de kilos de cannabis, quelques milliers d'euros en liquide et quelques armes. A la Visitation, les salaires mensuels variaient de 5 000 euros pour les plus mal payés (les guetteurs) à 10 000 euros pour le "charbonneur".Ça fait du bruit. Ça impressionne. Mais les récentes saisies ont mis fin au fantasme d'un déferlement de mitraillettes sur le Vieux-Port. Il s'agit souvent d'armes anciennes ayant déjà servi.
2012/01/17
Le Monde Suggests that the Fault for the Concordia's Shipwreck Belongs Not to Captain Schettino, But to… American Capitalism!
Elsewhere in Le Monde, we hear (from Sylvain Cypel) that the Republicans, or that their debates, as well as their focus on capitalism
Francesco Schettino, un coupable idéal ? Pour la compagnie, propriété de la société américaine Carnival qui règne sur les trois quarts du marché des croisières avec Royal Caribbean,la thèse de l'erreur humaine est essentielle. Alors que l'action de Carnival a perdu, le 12 janvier, 17 % à la Bourse de Londres, l'entreprise doit à tout prix sauver au moins sa réputation. Costa, qui avait prévu de serrer ses prix en 2012 pour affronter la crise, prévoit une perte de 90 millions d'euros, soit le chiffre d'affaires
attendu par le Concordia en 2012. Le navire, assuré pour une valeur de 450 millions de dollars, effectuait une rotation par semaine sur un parcours passant par Savone (Ligurie), Barcelone, Palma, Tunis, Palerme, Civitavecchia (Latium).
2012/01/16
Is Wikipedia Really Trustworthy? Asks Le Monde — as It Proceeds to Get Bush's Middle Name Wrong
…comment, en faisant appel au public, rédiger une encyclopédie fiable, sans amateurisme, qui ne devienne pas une foire d'empoigne ou un lieu de toutes les manipulations ? C'est très difficile. Depuis sa création, Wikipédia se trouve écartelée entre ses deux exigences originelles : le souci de la relecture experte voulue par Larry Sanger, dans la tradition des grands encyclopédistes depuis Diderot et d'Alembert, et la richesse d'une matière éditoriale parfois approximative, de parti pris, peu référencée, apportée par des milliers de passionnés ou des esprits sectaires.
Quant aux fameux " trolls ", les vandales et farceurs du Net, ils sont désormais repérés plus vite quand ils changent le second prénom de George W. Bush, Walter, en " Wanker " (branleur), prétendent que la boisson Red Bull contient du " sperme de vache " ou annoncent à tort le décès d'une star.
2012/01/10
Pacte pour la Justice
concerne tous les citoyens qui, un jour peut-être, auront affaire comme nous à la justice.Voici le texte complet, même si le témoignage, ainsi que le Pacte pour la Justice, ont été critiqués :Et nous ne voulons pas que d'autres connaissent ce que nous avons connu
… Comme beaucoup de victimes, nous avons cru que la justice allait nous défendre. Qu'elle allait tout faire pour poursuivre les assassins. Ou qu'elle allait, au minimum, essayer de les empêcher de recommencer. Mais non, ce fut TOUT LE CONTRAIRE.
Madame, Monsieur,
Je m'appelle Joël Censier, j'ai 52 ans et trente ans de police derrière moi.
En vous envoyant cette vidéo, j'ai conscience de commettre un acte grave.
Mais c'est une question de conscience.
Un de mes enfants, Jeremy, a été tué par un groupe de jeunes, alors qu'il rentrait à la maison. Ces jeunes, pour certains « bien connus des services de police », se sont déchaînés sur Jeremy, simplement parce qu'il était « fils de flic ». A dix contre un, ils l'ont tué avec une « barbarie inimaginable », selon les témoins et les médecins légistes.
Vous en avez sans doute entendu parler à la télévision, ou dans les journaux. C'était à Nay, une ville du Sud-Ouest, le 22 août 2009.
Pour Corinne, mon épouse, et pour moi, la vie s'est arrêtée ce jour-là. Nos nuits et nos jours ne sont plus qu'une succession de cauchemars insupportables. Jusqu'à la fin de nos jours, nous pleurerons cet enfant que rien ni personne ne pourra nous rendre.
Mais cette vidéo n'a PAS pour but de vous raconter notre histoire, et encore moins de vous demander de nous plaindre.
Ce n'est pas parce que notre enfant est mort que nous avons décidé de lancer cet appel. Si je vous parle aujourd'hui, c'est à cause de ce qu'il s'est passé après. Car cela concerne tous les citoyens qui, un jour peut-être, auront affaire comme nous à la Justice. Et nous ne voulons pas que d'autres connaissent ce que nous avons connu.
Nous ne voulons pas que d'autres traversent les terribles épreuves que nous avons vécues après la mort de notre fils.
Comme beaucoup de victimes, nous avons cru que la Justice allait nous défendre. Qu'elle allait tout faire pour poursuivre les assassins. Ou qu'elle allait, au minimum, essayer de les empêcher de recommencer. Mais non, ce fut TOUT LE CONTRAIRE.
Dès les premières heures de la procédure, la Justice s'est rangée du côté des assassins. D'abord, le juge chargé de l'enquête a déclaré que, comme ils étaient dix, on ne pouvait pas savoir avec certitude qui avait donné les coups qui ont tué notre enfant.
Il a donc immédiatement libéré sept des voyous, ne gardant que les trois plus dangereux.
Peu de temps après, sur les trois, ils en ont relâché deux, sans raison.
Toute poursuite pour meurtre a été abandonnée contre eux. Les magistrats ont déclaré qu'ils ne retiendraient que le délit de « violences volontaires ayant entraîné une interruption de travail supérieure à huit jours ».
Oui, vous avez bien lu : une « interruption de travail supérieure à huit jours ». Un des délits les moins graves du code pénal. Alors que notre fils est mort !
Mais le pire était à venir.
Le 16 septembre dernier, c'est-à-dire il y a un mois, la Justice a décidé de relâcher pour « vice de forme » le dernier qu'elle détenait encore. Cet individu est pourtant le danger public qui a avoué être l'auteur de multiples coups de couteau sur notre fils : un coup qui a transpercé son cœur, un coup qui a traversé sa boîte crânienne, et d'autres encore qui l'ont défiguré.
Mais la Justice l'a libéré pour « vice de forme » !
Et quel « vice de forme » ? Ses avocats ont demandé une « mise en état du dossier de leur client, le 25 octobre 2010 ». Il s'agit d'une formalité purement juridique, sans aucune conséquence pratique sur la culpabilité de l'accusé.
La chambre d'instruction avait trois mois pour leur répondre. Mais elle a dépassé ce délai. Alors les avocats ont exigé la libération du jeune. Et la Cour de Cassation leur a donné raison. Il a donc été immédiatement libéré.
« Cette décision de remise en liberté pour non-respect des délais est une première en France dans l'application du texte concerné. C'est un immense soulagement », a déclaré l'avocat du tueur, Maître Sagardoytho.
« Un immense soulagement » ; « une première en France ».
Pour Corinne et pour moi, ces mots victorieux sont insupportables. Nous avons pensé à tous les autres parents qui, désormais, risquent de voir eux aussi les assassins de leur enfant libérés pour ce « vice de forme ».
Alors nous avons décidé de lancer cet appel à toute la population pour protester auprès des autorités afin que cette affreuse injustice ne touche pas d'autres familles. Pour nous, c'est trop tard, la Justice ne reviendra pas en arrière.
Mais si vous ne faites rien, le monde judiciaire et les hommes politiques considéreront que ce fonctionnement là de la Justice est accepté par l'opinion publique. Et le même scénario frappera d'autres familles.
Il faut savoir que le jour de la reconstitution, toute la bande est arrivée le sourire aux lèvres, les mains dans les poches. Ils se sont amusés à raconter et re-raconter le meurtre, en changeant de version à chaque fois, pour se moquer de gendarmes, ou de nous. Ils étaient parfaitement décontractés et désinvoltes. Ils savaient qu'ils n'avaient rien à craindre. De mon côté, je pleurais de douleur. J'ai commencé à comprendre que la Justice était en train de nous lâcher.
Sur le pont, à l'endroit de la reconstitution, un gendarme s'est approché de moi. Ce n'était pas pour me dire un mot de sympathie.
Non. Il m'a présenté une convocation à la Gendarmerie. Une plainte avait été déposée contre moi pour « subornation de témoin », et je devais être entendu par les gendarmes. Je me suis retrouvé sur le banc des accusés parce que j'avais demandé à un témoin du meurtre de se manifester auprès des autorités. On m'a expliqué que ce n'était pas à moi de le faire, je devais « laisser la Justice faire son travail »...
J'ai même risqué des poursuites pénales car j'avais parlé d'un des meurtriers de mon fils en disant que c'était un « enfoiré ». Son avocat me menaçait d'un procès en « diffamation ».
C'est alors que mon épouse et moi avons décidé de ne plus nous laisser faire. Au lieu d'attendre passivement le procès, nous avons décidé de rejoindre l'Institut pour la Justice.
L'Institut pour la Justice est un organisme indépendant qui regroupe des juristes, des victimes et des citoyens, qui œuvrent pour réformer la Justice française. Cet Institut a élaboré un Pacte 2012, qui sera présenté à tous les candidats à l'élection présidentielle, pour demander des réformes urgentes du système judiciaire.
Vous pouvez contribuer aujourd'hui à faire passer ces réformes, et à sauver des victimes futures, en signant le Pacte 2012 pour la Justice, en cliquant sur le bouton ci-dessous. Car si nous sommes des centaines de milliers de citoyens à soutenir ces propositions de réforme, les candidats seront obligés de nous écouter ; c'est une question de poids électoral. Mais c'est aussi une question de conscience et de justice.
Lorsqu'on n'y est pas personnellement confronté, on pense souvent que la Justice fait bien son travail. On n'ose pas demander qu'elle soit plus rigoureuse envers les délinquants et les criminels, de peur d'être accusé de manquer d'humanité.
Mais je peux vous dire, après trente ans d'expérience dans la Police, que vous n'avez pas à craindre cela. Il est rarissime qu'un vrai délinquant soit traité trop sévèrement en France. La plupart des délinquants bénéficient même d'une impunité à peine croyable.
On entend souvent parler de "violation des Droits de l'homme" dans nos prisons. Mais savez- vous pourquoi 225 détenus, dans une prison de Lyon, viennent de lancer une pétition pour dénoncer « des conditions de détention inacceptables » ? Ces conditions « inacceptables » c'est qu'il leur est interdit d'utiliser... la Playstation 3 dans leur cellule !!
Il n'est pas rare que la Justice relâche un délinquant arrêté des dizaines, voire des centaines de fois par la Police. Le Préfet de Police de Paris, lui-même, en a témoigné dans la presse, le 8 septembre dernier.
Il a cité le cas d'un homme qui venait d'être arrêté pour la 97eme fois. Peut-on imaginer pire mépris pour les victimes ?
Des dizaines de milliers de personnes âgées sont cambriolées chez elles chaque année, sans qu'on ne se donne même plus la peine de rechercher les coupables, parce qu'on sait qu'ils seront de toute façon relâchés par la Justice.
Des femmes se font violer, ou disparaissent, et on laisse leurs agresseurs libres de recommencer sous des prétextes dérisoires.
Aujourd'hui, il est grand temps que les candidats aux élections s'en aperçoivent.
Mais si nous voulons être sûrs qu'ils se prononcent officiellement, alors il est indispensable que nous soyons des centaines de milliers à signer le Pacte 2012 de l'Institut pour la Justice. J'espère que vous allez le signer et transmettre cette vidéo à tout votre entourage.
Il ne s'agit pas de mesures « répressives », et encore moins de réclamer un retour en arrière. Il s'agit simplement de recentrer la Justice sur sa mission première de protection des citoyens. Instaurer un fonctionnement normal, moderne et juste de l'institution judiciaire, adapté à la réalité d'aujourd'hui, dans lequel les citoyens puissent avoir confiance.
Nous demandons:
- que les peines de prison soient vraiment appliquées quand elles sont prononcées ; il faut savoir en effet qu'actuellement, 80 000 peines de prison restent non exécutées, faute de place.
- que les victimes aient au moins autant de droits que les accusés, car aujourd’hui la triste réalité est que les délinquants ont souvent plus de droits et de considération que les victimes ;
- qu’aucune atteinte aux personnes et aux biens ne reste impunie, car les plaintes classées sans suite sont une invitation à la récidive;
- que les lois nous protègent vraiment des criminels récidivistes ; aujourd’hui, la perpétuité dure 20 ans en moyenne. Même les prédateurs les plus dangereux ont vocation à sortir de prison ;
- que la justice et les magistrats soient responsables devant les citoyens, parce que leurs décisions sont prises au nom du peuple français ;
La mise en œuvre de ce Pacte serait un changement considérable pour la protection des citoyens et des victimes.
Mais même si ces mesures peuvent vous paraître évidentes, elles n'ont aucune chance d'être reprises par les candidats à la présidentielle et votées dès 2012 si des centaines de milliers de citoyens ne se manifestent pas pour les demander maintenant.
C'est pourquoi je vous demande de cliquer sur le bouton ci-dessous pour signer votre Pacte 2012, puis de transférer ce message à vos amis, votre famille, vos collègues.
De notre côté, nous mobilisons d'importants moyens humains et financiers pour :
- rassembler des dizaines, des centaines de milliers de signatures ;
- préparer des dossiers précis, justifiant le coût et la faisabilité de chacune de nos réformes, avec des avocats et des juristes spécialisés ;
- mobiliser la presse, pour que cette action soit médiatisée le plus largement possible ;
- organiser des rencontres officielles avec chaque candidat, pour obtenir leur engagement à mettre en œuvre nos réformes, en cas d'élection.
Mais quoi que nous fassions, nous ne serons entendus que si des milliers de citoyens comme vous exprimez votre soutien. C'est une question de légitimité.
C'est pourquoi votre signature est cruciale aujourd'hui.
Au nom de mon enfant, de ma famille, et de mon pays, je vous dis merci.
2012/01/06
D'un côté, un dictateur qui a affamé son peuple ; De l'autre un résistant de la trempe des Mandela, Walesa, Lula ; Et sur qui titre Le Monde ?
Vaclav Havel, Kim Jong-il... Cherchez l'intrus !
Le Monde du 20 décembre : gros titre sur la mort de Kim Jong-il, avec sa photo. Une modeste cinquième colonne est consacrée à l'autre disparu du jour, Vaclav Havel.
D'un côté, un dictateur qui a affamé son peuple et enrichi son clan en mettant en coupe réglée son pays. De l'autre un résistant de la trempe des Mandela, Walesa, Lula. Et sur qui titre mon journal ? Le tyran nord-coréen ! Cherchez l'erreur...
Qui se souviendra, dans cinquante ans, de cet obscur " fils de " nord-coréen ? En revanche, le nom de Vaclav Havel restera une référence universelle pour tous ceux qui croient toujours possible que l'homme change le cours des choses quand celles-ci sont insupportables et contraires à la dignité.
C'est sa photo en première page qu'on aurait aimé voir, et non pas celle d'un personnage qui passera aux poubelles de l'Histoire, comme ses petits camarades tunisien, égyptien, libyen, et syrien demain !
Christian Colas,
Paris
2011/12/29
Obama perdra-t-il l'Irak comme Carter avait perdu l'Iran ?
En 1979 le président Carter avait "perdu l’Iran"rappelle Gérald Olivier.
Le monde entier pays encore le prix de son aveuglement. Dira-t-on demain d’Obama qu’il a "perdu l’Irak" ?
2011/12/27
À cause de Bush, "l'Irak a été privé d'une partie de son histoire" ainsi que de sa "stabilité" sous Saddam
Il faudra des années avant que l'Irak retrouve la voie de la stabilitéapprenons-nous dans un éditorial du Monde. Ah bon ?! "Retrouver" la stabilité — la stabilité d'antan ? Au moins, sous Saddam Hussein, l'Irak était stable, il n'était pas "en piètre état", on est content de le savoir… Ah non, l'éditorial écrit, plus loin, que
Personne ne regrettera Saddam Hussein, l'un des tyrans les plus sanguinaires du Proche-Orient.Il ne manquerait plus que ça ! Surtout quand on apprend que
L'homme que l'intervention américaine chasse du pouvoir en 2003 est responsable de la mort de centaines de milliers d'Irakiens, plongés par sa faute dans des années de guerres civiles et étrangères. On retrouve, ici et là, en Irak, des fosses communes de plusieurs dizaines de milliers de cadavres, des charniers laissés par les années de plomb de l'ère Saddam.Si l'éditorial écrit cela, évidemment, c'est pour poursuivre avec un "mais" :
Mais les Irakiens ne se sont pas libérés eux-mêmes de cette tyrannie. Les Etats-Unis ne les ont pas associés à leur intervention. Il n'y a pas de "brigades d'Irakiens libres" pour accompagner les troupes américaines quand elles entrent dans Bagdad en avril 2003.Oui ?! Et alors ?!
L'Irak a été privé d'une partie de son histoire.Ah oui ?! Rien que ça ?! Parce qu'il y a eu des légions, mettons, de Hollandais ou de Philippins qui ont accompagné la libération de la Hollande du joug allemand ou des Philippines du joug japonais en 1944-1945 ? Peut-être que ces populations étaient tout simplement contentes d'être débarrassé de leurs bourreaux, quels que soient les libérateurs. On a du mal à croire que les membres des familles des "centaines de milliers d'Irakiens" tués par Saddam aient mis beaucoup d'importance dans l'identité de ceux qui ont renversé la dictature de leur bourreau et pour des considérations intellectuelles comme quoi l'Irak aurait été "privé [?!] d'une partie de son histoire."
Sans doute eût-il mieux valu attendre pendant encore des années — et durant l'assassinat de "plusieurs dizaines de milliers" d'Irakiens de plus dans les charniers — pour que les Irakiens fassent la révolution eux-mêmes (en admettant qu'ils puissent même la lancer, cette révolution), tout en se faisant, à l'instar des Syriens aujourd'hui, mitrailler à bout portant par les Baasistes.
Folle aussi, cette prétention prométhéenne que l'Amérique pouvait exporter dans ses Humvee la démocratie jeffersonienne sur les bords du Tigre.C'est sûr qu'on n'a jamais su exporter la démocratie par les armes, comment croire une pareille sottise ?! (Soupir…) Oh si, c'est vrai, il y a bien eu une poignée d'exceptions, comme l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste, et le Japon impérial… Mais mis à part ces exceptions sans importance — sans la moindre importance, vous dis-je — c'est sûr qu'il est impossible d'exporter la démocratie par les armes…
On a aussi droit aux expressions sur le conflit toutes faites comme la "guerre de Bush" et "un désastre", ainsi qu'aux diatribes sur les mensonges supposées de Deubeliou. Rappel : ce n'est pas George W. Bush et Tony Blair seuls qui croyaient — soi-disant contre l'avis de tous — à l'existence de ces armes ; c'est toute la communauté internationale. Personne, de la CIA aux services secrets russes, de la DGSE aux services d'espionnage allemands, de Chirac à Schröder, de Hou à Poutine, ne mettait en doute l'existence de cet "arsenal d'armes de destruction massive" — et pour cause : Saddam avait essayé d'en construire par le passé (Osirak) et il les avait utilisé par le passé (Kurdistan). Les pays qui n'ont pas participé à l'invasion de ce pays "stable" ont marqué leur désaccord pour diverses raisons, y compris le pétrole de Saddam, mais qu'on arrête de tromper le monde avec ces histoires trompeuses (et auto-congratulatoires) publiées après l'échec de trouver les ADM.
Mieux : En traitant Bush (et Blair) de menteur(s), qui alors sont ceux qui sont — vraiment — sinon des menteurs du moins des gens qui essaient de réécrire l'Histoire en trompant les citoyens (les leurs comme les étrangers) voire eux-mêmes ?
Suite à quoi on a droit à une liste d'horreurs, dont le fait que "les Kurdes du pays vivent en quasi-indépendance" (mon Dieu, quelle horreur !), que "La violence est endémique" (ne l'était-elle pas lorsque les forces de l'ordre de ce pays "stable" remplissaient "des fosses communes de plusieurs dizaines de milliers" d'Irakiens fusillés ?), et que "La classe moyenne a fui à l'étranger" (merci au Monde de prendre un exemple de libertés retrouvées — la liberté de se déplacer, de voyager, de prendre une décision pour soi-même — et de les montrer sous le plus mauvais jour possible ; imaginez, sous la "stabilité" de Saddam, ces gens n'auraient jamais quitté leur pays!!).
Pour terminer, on apprend que tout est de la faute de… Bush. Tant "la déstabilisation des finances publiques américaines" que "la crise de 2008" sans oublier "l''impasse" en Afghanistan. Soupir…


