2012/07/08

66% des radars ne sont pas placés en zone dite accidentogène


Denis Boulard, auteur de Radar Business, a répondu à vos questions.
blutch : Pouvons-nous comparer la carte des radars en France, avec celle des routes et carrefours accidentogènes? Comment le lieu d'implantation d'un nouveau radar est-il choisi? En effet, nous avons souvent l'impression que les radars ne sont pas "là où ils devraient être". Est-ce une simple impression?

Denis Boulard: Une enquête d'Auto Plus de 2010 - jamais contredite par les pouvoirs publics - répond à cette juste interrogation: 66% des radars ne sont pas placés en zone dite accidentogène. Et deux chiffres l'illustrent: on trouve un radar en moyenne tous les 1000 kilomètres sur les routes secondaires - là où l'on trouve 85% des victimes - quand on en trouve un tous les 40 kilomètres sur autoroute - où l'on trouve 5% des victimes... Votre impression est donc juste!

… l'apparition des radars conduit de plus en plus de gens à s'installer bien à l'abri derrière leur régulateur de vitesse... et ils s'y endorment! La vitesse ne représente plus "que" 10% des gens concernés sur autoroutes...

… La prévention est délaissée mais elle est pourtant la seule qui permettrait, notamment en donnant leur permis à des gens qui savent conduire - et non pour répondre à des quotas! - de diminuer la mortalité. Mais voilà, là encore, nous nous écartons du "politiquement efficace" à court terme. C'est regrettable. Mais c'est ainsi. La preuve? Même les pistes de la Prévention routière sur lesquelles se formaient jadis les enfants en leur apprenant les panneaux et en étant encadrés par des policiers ferment...

… Ce qui est certain, c'est que la répression prend clairement la pas sur la prévention en la matière. Tout simplement parce que c'est immédiatemment visible pour le grand public... et donc immédiatemment profitable aux politiques!

2012/07/07

Est-ce que le déploiement des radars a fait baisser le nombre de morts ?


La FFMC répond :
En fait, les radars automatiques ne servent qu’à vérifier le strict respect des limitations de vitesse. Ils restent sans effet sur les causes multifactorielles des accidents de circulation que sont l’usage du téléphone au volant, la nécessité de respecter les distances de sécurité, le contrôle des rétroviseurs, le respect des priorités, savoir bien se placer sur la chaussée…bref, l’attention portée aux autres.

Ce qui a également et fortement contribué à faire baisser la mortalité routière, c’est aussi l’usage de la ceinture de sécurité à l’arrière, les progrès accomplis en sécurité passive dans les véhicules autos de tourisme (notamment avec l’application de la norme EuroNCAP, évidemment sans effet sur les usagers en 2RM) et la réduction des temps d’alerte aux secours (donc leur efficacité) grâce au développement des téléphones mobiles.

La Grande-Bretagne, fréquemment citée en exemple pour ses bons résultats en sécurité routière renonce en 2010 à l’implantation de nouveaux radars et envisage d’en supprimer.


Le Cowblog ajoute :
Le nombre de tués sur Les routes baisse de façon continue depuis plus de vingt ans, grâce à l'amélioration des routes et surtout de la sécurité des véhicules, et grâce à des contrôles exercés avec discernement, et l’introduction des radars n'a rien changé à la pente de la courbe !

… Dans cette période de crise, où on nous impose des économies et des sacrifices, le gouvernement jette notre argent par les fenêtres. Cela me rappelle les 90 millions de doses de vaccin anti grippe mexicaine dont plus de la moitié est allé à la poubelle!

Alors les radars dans tout cela ? Nos dirigeants seraient ils devenus idiots ?
Pas du tout, il faut faire rentrer I'argent dans les caisses.
Les policiers ont même des quotas de PV à rermplir.

A Rennes, le Centre national de traitement des amendes, avec ses 450 salariés, traite les 17 millions de PV qui lui sont directement adressés par les radars routiers et expédie 60. 000 courriers par jour. "Un savoir-faire unique au monde !" se félicitent ses responsables. Une merveille d'organisation à la française, que des délégations étrangères viennent visiter et qui taxe sans le dire les automobilistes, certes ceux qui ne respectent pas systématiquement les vitesses limites, cela c'est normal, mais pour la plupart, ceux qui ne regardant pas leur compteur pendant quelques secondes, ont dépassé un instant cette limite de quelques kilomètres, sans mettre en danger la vie de quiconque.!

Les informations de Denis Boulard — l'auteur du livre Radar Business nous apprend que "66% des radars ne sont pas placés en zone dite accidentogène" — sont en outre confirmées par la Ligue des Conducteurs dans leur pétition, 4 vérités sur les radars (aller au lien pour voir le détail) :
Vérité n°1 : la baisse de la mortalité routière est bien antérieure à la mise en place des radars

Vérité n°2 : A ce jour, aucune étude scientifique française n’établit un lien direct entre vitesse et mortalité routière

Vérité n°3 : deux radars sur trois ne sont pas placés à des endroits dangereux

Vérité n°4 : l’Etat a empoché plus d’un demi-milliard d’euros [en 2010] grâce aux radars

2012/07/06

Qui a fait plus de morts ? La Révolution française ou l’Inquisition ?

Michel Garroté nous offre un article polémique qui compare les chiffres historiques des victimes des religions avec celles des Étatistes (les réactions des lecteurs, pour et contre, sont à méditer aussi)…
A propos de la série télévisée ‘Inquisitio’, je rappelle que la ‘Révolution française’ a fait plus de morts en un seul mois, au nom de l’athéisme, que l’Inquisition, au nom de Dieu, pendant tout le Moyen-Âge et dans toute l’Europe. Voici des extraits du communiqué de monseigneur Bernard Podvin, porte-parole de la conférence des évêques de France, concernant le feuilleton estival ‘Inquisitio’ : « Inquisitio ? Tel est le titre d’une saga télévisée de l’été. Programmée, hélas, à heure de grande écoute. Plusieurs universitaires médiévistes, peu suspects de complaisance envers l’Eglise catholique, nous disent combien ils sont atterrés par cette série. Citons, entre autres points scandaleux, le traitement indigne réservé à la grande mystique Ste Catherine de Sienne. Parce que cette période historique est extrêmement difficile pour tous, elle requiert d’autant plus un service délicat et éminent de la vérité. Quand un tel parti-pris aimante une production, qu’a-t-elle encore de culturelle ? Je pleure et m’indigne de songer qu’à l’audimat, beaucoup risquent de se croire instruits par cette manière tendancieuse d’honorer l’histoire humaine et religieuse ».

Lu ici, ce point de vue historique inspiré de plusieurs œuvres de référence sur l’Inquisition : l’Inquisition est inintelligible à des esprits contemporains. Replaçons-nous dans le contexte médiéval. Contexte : au Moyen Age, et surtout dans la période qui va du 10ème à la fin du 13ème siècle, la société est chrétienne. Il est impensable de ne pas l’être. Le concept de liberté religieuse est incompréhensible, autant que le relativisme moral. On est chrétien parce qu’on est convaincu de la Vérité du Christianisme. Or, la Vérité est une et indivisible. Donc il n’y a pas, par définition, de place pour d’autres religions ou opinions. Etre athée au Moyen Age est aussi inconcevable qu’être raciste ou nazi à notre époque. C’est dans ce contexte que se développe la lutte contre les hérésies, notamment le catharisme.

Dès 1213, Innocent III affirme la nécessité de traquer l’hérésie non sur la base de rumeurs, mais d’une enquête, en latin inquisitio. Pour l’Eglise, le but premier reste la conversion des égarés. L’Inquisition n’est pas compétente pour juger les fidèles des autres religions, notamment les Juifs. Elle ne s’adresse qu’aux hérétiques chrétiens. En 1231, Grégoire 9 publie Excommunicamus, acte fondateur de l’Inquisition. Les inquisiteurs seront essentiellement les Dominicains et les Franciscains. Ce sont eux qui ont l’expérience des hérésies. Dès 1240, l’Inquisition se répand dans toute l’Europe sauf l’Angleterre. L’Inquisition est une institution religieuse parallèle et indépendante de la justice civile. Les inquisiteurs sont des théologiens qui ne dépendent que du Pape. Leur mission est ponctuelle. La procédure n’a pas été fixée par Excommunicamus. Elle est donc variable selon les régions.

Comment se déroule un procès ? 1 – L’inquisiteur commence par une prédication générale. 2 – L’inquisiteur publie l’édit de foi, qui oblige les fidèles à dénoncer les hérétiques de leur connaissance. Le nom des dénonciateurs est tenu secret pour éviter les représailles. Mais certains inquisiteurs préfèrent procéder à une confrontation contradictoire entre accusé et dénonciateur afin que l’accusé puisse démasquer un dénonciateur qui aurait intérêt à lui nuire. Rappelons qu’en cas de faux témoignage, le dénonciateur risque la peine encourue par l’accusé. 3 – L’inquisiteur publie l’édit de grâce, qui accorde un délai de 15 à 30 jours aux hérétiques pour se rétracter. Passé ce délai, l’hérétique présumé est justiciable du tribunal inquisitorial (suite).

Par ailleurs, le fait est que la ‘Révolution française’ a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen-Âge et dans toute l’Europe. Ce fait a été démontré par un historien sérieux (et protestant), Pierre Chaunu. On en retrouve l’analyse dans le quatrième numéro hors-série de L’Homme Nouveau consacré à quelques mythes de l’histoire antichrétienne, dont l’Inquisition. Un ensemble d’extraits de cette analyse est ici. Des extraits également ci-après : « La création de l’Inquisition au XIIIe siècle marque de réels progrès en matière de justice. D’abord en confiant à un tribunal, c’est-à-dire une institution de justice, des hérétiques dont l’impopularité était telle qu’ils étaient l’objet de la violence aveugle des foules ou des autorités politiques : ils étaient ainsi soustraits au lynchage ».

« Ensuite cette institution de justice, même si elle n’offre pas aux prévenus toutes les garanties de nos procédures modernes et démocratiques, comporte bien des éléments originaux qui la diffèrent des justices ordinaires de l’époque : l’instruction est inquisitoire et secrète (recherche par voie d’enquêtes et de questionnements). Le tribunal de l’Inquisition cherche avant tout à établir la vérité au nom de l’intérêt de la société (comme le ministère public). Il s’écarte de la procédure accusatoire du droit romain où le juge arbitrait les litiges entre deux parties argumentant chacune en sa faveur. De plus le dénonciateur calomnieux subit la peine encourue par celui qu’il a dénoncé. Pour l’historien Bartolomé Bennassar, ‘l’Inquisition, par ses méthodes d’investigation et le fonctionnement de son tribunal, a contribué à inventer les règles d’une procédure nouvelle’, débouchant à terme sur le système juridique contemporain, à cette nuance près que l’accusé y était présumé coupable ».

« Les enquêtes scrupuleuses offrent cependant des garanties aux prévenus. L’accusé peut réfuter les accusations de l’inquisiteur et récuser certains témoins. Il peut aussi produire des documents ou exposer des faits tendant à prouver l’inanité des charges portées contre lui. Enfin cette institution est confiée à des professionnels dotés de manuels très codifiés et soucieux du droit. En 1246, le concile régional de Narbonne demande que la condamnation soit portée exclusivement après un aveu formel, ou au vu de preuves irréfutables. Mieux vaut, estime l’assemblée, relâcher un coupable que condamner un innocent. Pour obtenir cet aveu, la contrainte peut être utilisée : soit par la prolongation de l’emprisonnement, soit par la privation de nourriture, soit enfin par la torture. Le recours à la torture est rare et contesté. Longtemps l’Église y a été hostile. En 866, le pape Nicolas Ier déclare que ce moyen ‘n’était admis ni par les lois humaines ni par les lois divines, car l’aveu doit être spontané’ ».

2012/07/05

Depuis 68, la pensée dominante en matière de criminalité, prise pour credo par nombre de médias et de politiques, est une "culture de l’excuse"


Tandis que les Français vilipendent les Américains abrutis pour leur possession d'armes et pour la violence dans leur société — choses inimaginables dans l'Europe des lumières, des lucides, et des humanistes — Xavier Raufer étudie les crimes et les meurtres, en… France, à la… kalachnikov ! (merci à Lucien Oulahbib)
Des bandits usent aussi de ces fusils d'assaut pour braquer des commerces, régler leurs comptes — ou tirer sur des policiers.

Or ces crimes se multiplient sur le territoire français. C'est simple à vérifier : tapez "Assassinat Kalachnikov" sur Google. S’affiche l'énumération des attaques commises en France avec cette arme de guerre, "environ 44 000 résultats". Ainsi, l’usage en France de la kalachnikov par des bandits tient désormais de la routine.

Comment en est-on venu là ? La faute à qui ?

… Car ces armes ne tirent pas seules : une kalachnikov est inoffensive si nul ne s’en sert. Les premiers coupables de ces "tueries" sont bien sûr ceux qui usent de ces armes, les tueurs, puis ceux qui les importent, les trafiquants.

Mais au-delà des criminels immédiats, l'origine vraie de cette tragédie est intellectuelle. La faute incombe à ceux qui ont produit les diagnostics erronés en matière criminelle et interdit à nos dirigeants de voir assez clair, assez tôt.

Car depuis la "génération 68", la pensée dominante en matière de criminalité, prise pour credo par nombre de médias et de politiques, est une "culture de l’excuse" véhiculée par de fort activistes "sociologues critiques".

Depuis quarante ans, ces idéologues nous ont assuré qu’il n’y avait nulle vague criminelle, mais un simple "sentiment d’insécurité" propagé par des beaufs’ avinés. Par aveuglement idéologique, cette génération de "sociologues critiques" a purement et simplement nié le phénomène criminel.

Pire encore : les mêmes "sociologues critiques" et leurs complices médiatiques ont prétendu qu’il n’y avait pas de bandes mais de "malheureuses victimes de l’exclusion et du racisme". Que parler d’armes relevait du fantasme. Or des bandes, il y en a toujours plus et toujours plus violentes, et les banlieues grouillent désormais de kalachnikov.

Ainsi, en matière criminelle, le vrai problème de la France est de longue date, sous la gauche comme sous la droite, la production d'un diagnostic juste. Celui de la "culture de l'excuse" était clairement faux et voici désormais le fatal résultat de cette dérive idéologique : en plein délire d'impunité, les soi-disant "victimes de l'exclusion", en fait, des voyous, tuent comme ils respirent, armes de guerre au poing.

2012/07/03

Le permis à points "est une idée de fonctionnaire, qui pénalise non pas ceux qui roulent mal mais ceux qui roulent beaucoup"

Alors que la Sécurité routière dressait, en avril 2010, un bilan extrêmement encourageant du dispositif [du permis à points],
prétend Le Monde (suivi par ses lecteurs),
ce dernier a été hissé par nombre d'associations de défense des automobilistes en symbole des "politiques répressives" des gouvernements successifs en matière de sécurité routière, aux côtés des radars automatiques et des limitations de vitesse considérées comme abusives.
Il se peut que Francis Rongier soit membre du Front national (ainsi que candidat à l'élection présidentielle de 2012), ce n'est pas parce qu'un Le Pen (père ou fille) prétend que le soleil est jaune qu'on va se mettre à dire qu'il est bleu et admettons, par conséquent, que ce Francis Rongier a raison de ne pas en démordre.
Francis Rongier n'en démord pas : le permis à points est profondément inégalitaire. "C'est une idée de fonctionnaire, qui pénalise non pas ceux qui roulent mal mais ceux qui roulent beaucoup", argumente-t-il.

… Parmi tous les détracteurs du permis à points, les plus violents sont en effet les membres du Front national. En février 2012, Marine Le Pen, alors candidate à la présidentielle, s'est rendue sur le bord de la RN20 dans l'Essonne, à l'endroit même où Nicolas Sarkozy avait inauguré en 2003 le premier radar automatique, pour proposer l'abrogation du permis à points. "Il s'agit d'un lieu symbolique d'une dérive lente mais certaine d'une politique de sécurité routière vers une politique de chasse à l'automobiliste, vache à lait pour les finances de l'Etat", avait alors déclaré Mme Le Pen. Selon le projet de loi de finances pour 2012, l'ensemble des amendes de police de circulation et du stationnement pourrait s'élever à près de 1,4 milliard d'euros.
Il est sidérant, il n'y a guère d'autre mot pour le décrire, que seul le Front National défend les automobilistes. Comme le déclare Jean-Luc Nobleaux, auteur du livre Radars : le grand mensonge, qui vient "d’une famille fortement ancrée à gauche",
je suis le premier sidéré par cette incroyable désertion du terrain, de la part du PS notamment
et par le fait que (pour citer Jeanne Bourdillon) "depuis des années, la seule force politique qui paraisse défendre les automobilistes soit le Front national".
Quoi qu'il en soit, s'étonne-t'on donc encore que seul un Français sur deux estime que la police est efficace ?
Quelle image ont les Français de leur police ? Efficace ? Digne de confiance ? Honnête ? Un sondage Ifop réalisé pour Sud Ouest dimanche scrute le sentiment de la population française envers ses forces de l'ordre. Résultat : une lente mais certaine dégradation globale.

Ainsi, seul un Français sur deux (50%) estime que la police est efficace alors qu'en 1975, ce taux atteignait 63%, soit une baisse de 13 points en un peu moins de 40 ans. En parallèle, devant choisir spontanément dans une liste de quatre sentiments - confiance, l'inquiétude, la sympathie et l'hostilité - moins de la moitié (44%) des Français éprouvent de la confiance à leur égard contre 53% de la population en 1999. Le sentiment de sympathie pour la police baisse également (20%, soit - 2 points) alors que grimpe l'inquiétude (22%, soit + 8 points).

2012/06/27

Vivons-nous vraiment dans un monde dans lequel 11 gars qui encaissent 2 buts sont censés faire honte à tout un pays ?

« Honte », « humiliation », « défaite insupportable », « aucun amour-propre »... On pensait ces mots réservés à d'autres domaines. Vivons-nous vraiment dans un monde dans lequel onze gars qui encaissent deux buts sont censés faire honte à tout un pays ? Que s'est-il passé pour que nous placions tant de choses, dont notre honneur, sur le dos de quelques post-adolescents aux capacités sportives hors normes ?
Après vingt-trois matchs sans défaite, la France du foot a eu honte de son équipe, honte de joueurs censés représenter une cause dont ils n'ont jamais entendu parler. Deux ans après Knysna, la France du foot ne sait toujours pas perdre, et encore moins apprendre de ses défaites.

Dans un chat et un article pour Le Monde, Vikash Dhorasoo défend les Bleus.

A quel moment peut-on juger si le mec était impliqué, a mouillé le maillot, a bien représenté la France ? Et être en quart de finale, est-ce bien représenter la France ? Tout ça est très difficile à juger. A quel moment l'entraîneur est-il responsable, ou les joueurs ? Difficile à dire. Je n'ai pas envie d'accabler ni l'entraîneur ni les joueurs. Un match, on peut le perdre ou le gagner.

… Moi, je ne vois pas de différence entre 2002 et 2004, et 2010 et 2012, finalement, entre toutes ces périodes et les autres périodes où la France a gagné. La différence, c'est la gestion de la défaite. La France n'aime pas le foot finalement, on ne sait pas perdre et on ne sait pas apprendre de nos défaites. En France ou ailleurs, c'est pareil. En Italie, tout se passe bien, alors que Cassano est pire que Nasri. Evidemment, si on avait gagné, les mecs étaient prêts à s'enflammer pour cette équipe. Cette équipe n'a pas perdu pendant 23 matches, et après une défaite, le déferlement est incroyable.
… Je n'excuse à aucun moment les comportements excessifs, d'où qu'ils viennent. J'ai été footballeur, et je défends les footballeurs. J'ai croisé tous ces journalistes, et j'ai souvent eu envie de leur cracher à la figure. Ces gens ne nous aiment pas et ne nous aimeront jamais. Mais c'est dans toute l'opinion publique qu'il y a un mépris du footballeur. On ne comprend pas pourquoi ces gens gagnent autant d'argent, on ne les trouve pas légitimes à être des stars tout en n'étant pas instruits, moins cultivés. On leur envoie toujours ça dans la figure par rapport à leur salaire, comme si ce n'était pas mérité, d'une certaine manière.

2012/06/23

Leftist Logic: "America Is Racist Because Americans Do NOT Join in Racist Attacks" (?!?!)

Huh?! So this is supposed to be another example of stellar leftist logic?!

Over two years ago, "one of the most respected analysts on racial questions in the United States" brought readers of Le Monde the startling information that it turns out that the very fact that an African-American was elected president is proof that America is racist! (And indeed, the racial issue in America is nothing less than "explosive"!)

Today, Le Monde's Philippe Bernard is back with the Harvard law professor "respected for his analyses without concession on racial issues." (A couple of months ago, Bernard was the reporter who suggested on the front page of Le Monde that, like James Bond 007, in overarmed America you are allowed to kill.) And, over the past two years, Randall Kennedy's logic has hardly gotten any better.

When not defending affirmative action or accusing Mitt Romney of exploiting the racial question, Randall Kennedy goes on to tick off every liberal notch in the race-baiting book, from George Zimmerman being a "white" "murderer" to "the assassination" of Trayvon Martin, a.k.a. "a young black" high-school student peacefully "walking down the street with sweets in one hand and an iced-tea can in the other."

In-between, we get the necessary USA being "divided on a racial basis", the "persistence of the racial barrier", the "gulf of distrust between the races", and "the failure" of the United States "to protect African-Americans against criminality". All "analyses without concession on racial issues" for which Randall Kennedy has allegedly earned undying respect.

No, no comments on Eric Holder's refusal to charge members of Philadelphia's Black Panther Party with disrupting the democratic process in 2008. Nor anything on (far more prevalent) black-on-black crime. Nada, of course, on the professional anti-racists and their exploitation of Trayvon Martin.

In other words, it turns out that America is nothing but one nightmarish hell-hole of racism.

And what can we in turn infer from this? But that France needs to make absolutely (100%) sure that the French population (and that the French population's kids) are aware of how dastardly wicked les Américains actually are, naturellement!! "Don't be blinded by their riches, don't take into account the (alleged) rights of their citizens (of whatever color), don't envy them their republican institutions, in truth it is all really one nightmarish hell-hole — of racism; of poverty; of everything! Those Yankees — they are so tricky!"

And so: you shouldn't be surprised that Le Monde recommends that Philippe Bernard's interview should be studied by high-school students for their baccalaureate exams (see wording on orange background)…
And in-between, we come to Randall Kennedy's crowning achievement — a total lack of logic:
Je prévois une campagne très désagréable, incluant le recours aux codes de l'imagerie et du vocabulaire raciaux. Pas des attaques explicites, car les gens ne suivraient pas, mais un usage prudent d'insinuations raciales visant le président.

I predict a very disagreeable campaign, including the recourse to racial imagery and vocabulary codes. No explicit attacks, because people wouldn't join in those, but a prudent usage of racial insinuations targeting the president.
Well, what is it, Professor Kennedy? Are (white) Americans racist or are they not? If they are racist, why would they not join in explicit racial attacks? And if they do not join in explicit racial attacks, why would they be racist in the first place?

Oh, that's right — as InstaPundit would say:
They’re very tricky.
Naturally, at no point do Randall Kennedy or Philippe Bernard even remotely address the issues brought up by Juan Williams:
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them?

The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. … Black America needs to get out of the rut of replaying racial injustices of the past.

… While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America.

Nor do Randall Kennedy or Philippe Bernard ever speak about the exploitation carried out by the professional anti-racists — probably because, you know (when you think about it), both of them belong to that group!
SHELBY STEELE: The Exploitation of Trayvon Martin. “The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by.”
Thanks, Le Monde, for doing the typical MSM thing and only allowing the leftists and the race-baiters to share their (self-serving) vision of the world.

• A look back to October 2008: Predicting that Obama's (then-)hypothetical election in no way would end the hand-wringing about racism in America

(Follows the interview in the original French.)
L'Américain Randall Kennedy, professeur de droit à Harvard, examine le poids de la question raciale dans les Etats-Unis de Barack Obama et dans la bataille présidentielle qui s'annonce
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" THE PERSISTENCE OF THE COLOR LINE : RACIAL POLITICS AND THE OBAMA PRESIDENCY "

de Randall Kennedy (Pantheon Books, 2011).


Randall Kennedy.

FRED DUFOUR/AFP

Alors que Barack Obama est entré en campagne pour sa réélection, le meurtre du lycéen noir Trayvon Martin, 17 ans, commis à Sanford (Floride) le 26 février, rappelle que la question raciale continue de diviser l'opinion américaine. Aucune poursuite n'avait été diligentée contre son meurtrier, blanc, George Zimmerman, un vigile autoproclamé, jusqu'à ce qu'une vague de protestation dans tout le pays finisse par imposer son inculpation, le 12 avril.

Randall Kennedy, 57 ans, professeur de droit à Harvard, respecté pour ses analyses sans concession des questions raciales, examine leur poids dans la société américaine et dans la bataille présidentielle.

Que nous apprend l'affaire Trayvon Martin sur l'état des relations raciales dans l'Amérique de Barack Obama ?

Elle montre à quel point les Etats-Unis restent divisés du point de vue racial. Beaucoup d'Américains sont convaincus que la police et la justice auraient agi différemment si un jeune Noir avait tué un Blanc désarmé. Et il a fallu que la société civile se mobilise pour que le meurtrier soit poursuivi. Selon un récent sondage, les Blancs trouvent que les médias ont accordé trop d'importance à cette affaire, tandis que les Noirs sont d'un avis opposé. Ce sont des réalités lourdes de sens.

Pourtant, les Noirs n'ont pas été les seuls, loin de là, à protester.

C'est vrai. D'un côté, il est effrayant qu'un tel meurtre ait eu lieu et que la police ait, dans un premier temps, aussi mal réagi. Mais d'autre part, il est très significatif que beaucoup d'Américains de toutes origines aient protesté haut et fort et obligé les autorités à réagir.

L'affaire Trayvon Martin fera-t-elle date, comme d'autres crimes à connotation raciale, ou tombera-t-elle dans l'oubli ?

Je ne crois pas qu'on l'oubliera avant longtemps ! George Zimmerman a été inculpé de meurtre, mais la procédure ne fait que commencer. La fin de cette histoire n'est pas écrite car beaucoup de choses regrettables peuvent advenir au tribunal. Le juge peut par exemple rejeter les charges en estimant que la loi de Floride sur la légitime défense protège le meurtrier.

Pour mobiliser l'opinion, les défenseurs de Trayvon Martin ont diffusé un récit des faits très simplificateur, opposant un meurtrier raciste à une victime angélique. N'y a-t-il pas un risque de retour de bâton ?

Bien sûr que si. Nous ne sommes malheureusement pas dans le cas normal où le public fait confiance aux autorités qui rendent la justice et est prêt à accepter leurs conclusions même s'il les désapprouve. Nous avons une mobilisation et une contre-mobilisation, deux versions de l'histoire qui s'opposent avec, des deux côtés, des tentatives pour simplifier, généraliser le sujet. Cela confirme la profonde méfiance raciale qui existe dans ce pays.

Vous avez analysé dans vos écrits l'" échec - des Etats-Unis - à protéger les Afro-Américains contre la criminalité ". En est-on toujours là, près de quatre ans après l'élection d'un président noir ?

Malheureusement oui. La sous-protection de la loi, s'agissant des Noirs, effraie ceux-ci et creuse ce fossé de méfiance entre les races. Or l'affaire Trayvon Martin étaie cette crainte terrible : un jeune Noir, qui marchait dans la rue avec des bonbons dans une main et une cannette d'iced tea dans l'autre, a été tué par arme à feu. Et il a fallu que les parents de la victime se battent pour qu'on leur dise ce qui s'était passé !

Ce qui a nourri la protestation, c'est ce sentiment, très répandu chez les Afro-Américains, que leur vie vaut moins que celle d'un Blanc. C'est une réalité non seulement en matière de sécurité, mais dans des domaines aussi variés que la mortalité infantile, l'éducation, la santé ou les prisons. Voilà ce qui reste en travers de la gorge des Noirs américains, mais aussi de bien d'autres gens.

Votre dernier livre traite des politiques raciales sous la présidence Obama. Reprochez-vous à ce président d'avoir échoué à combler ce fossé ?

Barack Obama est président des Etats-Unis et cela traduit un grand changement. Mais ce qui s'est passé au lendemain du meurtre de Trayvon Martin montre aussi la persistance de la barrière raciale. Regardez la prudence avec laquelle Obama s'est exprimé sur ce meurtre ! C'est la personne la plus puissante des Etats-Unis, mais dès qu'il s'agit de la race, ce " numéro un " marche sur des oeufs. Il sait que la société est instable dans ce domaine et que le sujet peut lui exploser à la figure. Cela suffit à montrer la centralité de la question raciale dans la société américaine.

" Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon Martin ", a fini par dire Barack Obama. Comment analysez-vous cette phrase ?

C'est d'une ambiguïté étudiée, du pur Obama ! Il n'a pas parlé expressément de race. Certains ont pu comprendre qu'il parlait en tant que Noir, comme le républicain Newt Gingrich, qui l'a accusé de diviser le pays. Mais la phrase pouvait aussi avoir été prononcée par n'importe quel père de famille. Certains critiquent cette ambiguïté du président. Ce n'est pas mon cas. Je pense que c'est la seule façon possible de s'exprimer à ce stade de l'évolution de la société. Sauf à donner des munitions à ses ennemis.

Considérez-vous que, paradoxalement, les Noirs sont moins protégés sous la présidence d'Obama qu'auparavant ?

Non. Je dirais plutôt que, de façon ironique, Barack Obama a une liberté de parole plus limitée dans ce domaine qu'un président blanc. Bill Clinton avait déclaré que l'affirmative action - la discrimination positive à l'américaine - avait été une bonne chose pour l'Amérique. Obama n'a pas fait ce discours. S'il le faisait, il serait accusé de plaider pour lui-même ou de pratiquer le favoritisme.

Le taux de chômage des Noirs reste deux fois supérieur à la moyenne. Ne risquent-ils pas de reprocher au président de les oublier ?

Tout ce qui arrive de négatif - chômage, catastrophe naturelle, épidémie - touche particulièrement les Noirs parce qu'ils sont plus vulnérables socialement. Mais les Noirs demeureront la catégorie de la population américaine la plus farouchement pro-Obama. Ils vont rester massivement derrière lui, même s'ils souffrent socialement. Ils comprennent qu'Obama ne peut leur venir en aide à haute voix, mais ils sont convaincus que, pour le long terme, cela vaut le coup d'avoir un Noir à la Maison Blanche. Ils voient bien que, jour après jour, cela modifie la psychologie de la société américaine.

Beaucoup d'Américains de gauche critiquent le manque d'audace de Barack Obama.

C'est vrai, c'est un homme politique prudent. Mais ils sont de moins en moins nombreux au fur et à mesure que l'élection approche. Une chose est de critiquer Barack Obama dans l'abstrait, une autre est de prendre conscience que, s'il n'est pas réélu, nous aurons Mitt Romney !

La question raciale avait été centrale dans la campagne de 2008. Sera-t-elle secondaire cette année ?

Mon sentiment est que la prochaine campagne va être davantage marquée par la démagogie raciale que celle de 2008, qu'elle va être plus sale. A l'époque, John McCain avait refusé de jouer sur la peur raciale. Cette fois, il n'y aura pas de telles réticences. Je prévois une campagne très désagréable, incluant le recours aux codes de l'imagerie et du vocabulaire raciaux. Pas des attaques explicites, car les gens ne suivraient pas, mais un usage prudent d'insinuations raciales visant le président.

En voyez-vous des signes ?

Depuis le début de son mandat, on entend dire que le président n'est pas né aux Etats-Unis, qu'il est secrètement musulman. Les leaders républicains n'ont pas fait cesser ces calomnies. Je pense que ces rumeurs sont des substituts au racisme. Au lieu d'évoquer directement la couleur de la peau, on parle de lieu de naissance ou d'islam.

Vous imaginez le camp Romney utiliser ce genre de rhétorique ?

Sans doute pas directement, car ils ne veulent pas se salir les mains. Ils laisseront d'autres parler sans les démentir. La décision que doit rendre cette année la Cour suprême à propos de l'affirmative action pourrait en fournir l'occasion.

L'opposition acharnée des républicains à la loi Obama sur la santé a-t-elle une composante raciale ?

Indirectement, oui : Rush Limbaugh - chroniqueur de radio populaire et ultraconservateu - a prétendu que cette réforme phare d'Obama visait de façon déguisée à réparer les dommages causés aux Noirs par l'esclavage. Dans ce pays, tous les sujets sociaux ont une dimension raciale, qu'il s'agisse de sécurité sociale, de justice ou de lutte contre la pauvreté. Même les idées de service public, d'allocations sont " colorées ", car beaucoup de gens pensent qu'il s'agit principalement d'aider les Noirs. A l'inverse, quand vous parlez de " secteur privé ", de " loi du marché ", vous évoquez l'individualisme et indirectement les Blancs.

Y compris lorsqu'il s'agit d'obliger tout le monde à souscrire une assurance-maladie, comme le prévoit la loi Obama ?

Dans l'absolu, les Blancs pauvres sont plus nombreux que les Noirs pauvres. Mais la pauvreté fait penser immédiatement aux Noirs, sans doute parce que, dans les médias, on ne montre jamais de Blancs pauvres. Il en est de même pour la réforme Obama sur la santé : elle concerne beaucoup plus de Blancs, mais ses détracteurs les plus conservateurs considèrent qu'elle a été conçue au bénéfice des Noirs.

Propos recueillis par Philippe Bernard

© Le Monde

Le racisme de la gauche

Lucien SA Oulahbib revient à la charge :

Le racisme de la gauche

En fait, la gauche embrouille ainsi le débat (jusqu'à s'en prendre jusqu'au délire à Nadine Morano) parce que c'est elle qui est la vraie raciste au sens de diaboliser tout ce qui n'est pas de sa "race"; il y aurait en effet une race de gauche, une race métaphysique disait Heidegger lorsqu'il explique la notion de race chez Nietzsche ; la race des seigneurs avait écrit Maurice Blanchot le maître de Foucault (alors que Blanchot vient des milieux maurrassiens avait signalé en vain Sartre)… "On est les plus intelligents" m'avait asséné un prof d'italien à l'ENS de Lyon, l'un de ceux qui avait pétitionné contre Sylvain Gouguenheim…

Dans la vie pratique, il suffit de dire que quelqu'un est "de droite" pour clore le débat, (on peut ajouter "libéral" pour aggraver le cas, et "islamophobe" donc "d'extrême droite" pour le crucifier : par exemple votre humble serviteur mais je ne suis pas seul dans cette case) ; sans argument supplémentaire, ce n'est pas nécessaire, il n'y a pas à discuter, comme l'on dirait il est "noir", ce qui le classe, l'ostracise, ce n'est plus le même monde. Il est de droite cela veut dire qu'il est d'un autre univers, il n'est pas fait comme nous, c'est d'ailleurs un monstre cupide avide ou le gros cochon chantait Brel ; alors que la personne qui le dit peut l'être tout autant, mais ce n'est pas grave si ce cochon est de gauche…

Il suffit de se dire de gauche donc d'être adoubé tel et d'être ainsi membre de cette race idéologique qui évidemment à beau jeu de balayer ceux qui s'en tiennent encore à l'idée d'une communauté de destin ou la nation, ce qui semble trop étroit pour ces nouveaux dieux.

C'est ce racisme là qu'il faut savoir détecter et combattre : "le changement c'est maintenant".

2012/06/21

Grande victoire des contribuables aux USA

Un article sur le recall election (l'élection de rappel) de Scott Walker est en ligne sur le site du Cri du Contribuable, avec la signification de la défaite pour les syndicats et le contexte dans la lignée du mouvement Tea Party (si l'article vous plaît, ne soyez pas timides, donnez-lui 5 étoiles).
Grande Victoire des Contribuables aux USA
Erik Svane
Beaucoup de Français ne semblent pas s’en rendre compte — tant les médias, américains comme français, se sont montrés discrets sur le sujet — mais le 5 juin, les contribuables américains ont remporté une grande victoire.
Ce jour-là, la tentative, de la part des syndicats nationaux et de leurs alliés parmi les pouvoirs retranchés (et particulièrement au parti démocrate), de mettre fin à la vie politique d’un réformateur au Wisconsin a échoué. Le Gouverneur Scott Walker, visé par les syndicats pour avoir décidé de remettre de l’ordre dans les dépenses de l’État, se confronte à une élection de « rappel » (a recall election, normalement réservée pour des affaires criminelles) et la remporte, haut la main.
Rappelons que Scott Walker fait partie du mouvement de protestation adoubé Tea Party (leur devise pourrait être « non, nous ne sommes pas des vaches à lait ») dont les membres sont de fait les contribuables américains qui, finalement, en ont eu assez de l’argent jeté par les fenêtres — la goutte qui a fait déborder la vase arrive lorsque Barack Obama dépense plus pendant sa première année à la Maison Blanche (2009) que George W Bush ou Bill Clinton pendant leurs huit ans à la tête du pays — provoquant le raz-de-marée des révoltés pendant les élections de mi-mandat en novembre 2010 qui décime la majorité démocrate. Le Tea Party est tant contre le parti démocrate (naturellement de gauche) que, dans les primaires du parti républicain (plutôt conservateur), contre les dinosaures qui se sont laissés scléroser par l’usure.
N’oublions pas que la mauvaise réputation dont jouissent parfois les Tea Partiers, tant en Amérique qu’en France — ils ne seraient autre chose que des abrutis réactionnaires, voire des racistes, etc —, est due à une volonté expresse et délibérée de la part de la classe politique installée (tant de gauche comme de droite, et des deux côtés de l’Atlantique) de les diaboliser, car les politiciens professionnels savent que si les idées de ces trouble-fêtes ( »ça suffit ! cessez de jeter de l’argent par les fenêtres ! ») triomphent, la « fête » dont ils jouissent depuis des vingtaines d’années risque de prendre fin. (Pour plus de détails, lire « Tea Parties : La révolte des contribuables américains » de Charles-Henri d’Andigné dans Le Cri nº 90.)
[INTERTITRE] Le Nouveau Gouverneur Ose s’Attaquer aux Fonctionnaires
Aussitôt élu, le Gouverneur Walker réduit les impôts et s’attaque aux avantages des fonctionnaires : il ne s’agit pas seulement de réduire les pensions et les avantages sociaux (pour qu’ils soient plus proches de leurs équivalents dans le privé), il veut aussi laisser aux employés de l’État le choix de payer ou non des cotisations syndicales tout en supprimant la possibilité pour les syndicats de négocier collectivement leurs conditions de travail.
Pourquoi ne devrait-on pas laisser les employés publics former un syndicat ? (Franklin Roosevelt, le président qui était à l’origine de l’État-providence à l’américaine, avait dit que ce serait de la folie de ce faire.) Parce que, contrairement au syndicat d’une entreprise privée, il n’y a personne pour opposer ce qui est un monopole, pas de contre-pouvoir pour assurer que leurs demandes restent raisonnables, pas de PDG pour assurer que son argent ne soit pas utilisé n’importe comment. Surtout, les politiciens n’assumeront pas ce rôle, puisqu’ils seront « récompensés » par le syndicat (en espèces, en contributions, et en votes) s’ils acquiescent à leur ouvrir les robinets des deniers publics, alors que, à l’inverse, ils seront punis s’ils s’y opposent — exactement comme c’est le cas pour Scott Walker.
En effet, les boucliers se lèvent au Wisconsin et c’est une véritable fronde syndicaliste qui prend forme en défense du statu quo et de l’état nourrice. Dès février 2011, l’ensemble des sénateurs d’État démocrates quittent Madison, la capitale, pour se réfugier dans l’État voisin (l’Illinois de Barack Obama), dans l’espoir d’empêcher les partisans des réformes d’atteindre le quorum. Pendant ce temps, des centaines de milliers de manifestants et de grévistes descendent sur Madison avec slogans, chants et tambours pour noyer, jour après jour, la capitole dans un boucan incessant (préfigurant le mouvement Occupy Wall Street). Plusieurs Républicains, réformateurs ou non, reçoivent des menaces de mort. Une première vague de recalls a lieu pendant l’été 2011, visant six sénateurs républicains (les Républicains riposteront en organisant des élections recalls contre trois Démocrates), qui se soldera par des échecs sauf pour deux républicains. N’oublions pas la tentative d’élire une juge d’extrême gauche à la Cour Suprême de Wisconsin. Enfin, en janvier 2012, la réunion de plus de 900.000 signatures pour demander le recall de Scott Walker ainsi que de son lieutenant-gouverneur et de quatre sénateurs républicains.
Rien n’y fait. Grâce à la politique de Scott Walker, le Wisconsin a atteint, en moins d’un an et demi, un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale et un budget en équilibre, ainsi qu’une diminution de la criminalité. Par ailleurs, les citoyens ne veulent pas que les États-Unis continuent de se comporter comme la Grèce ou de l’Espagne ou qu’ils subissent leur sort. Enfin, faire appel au recall, alors qu’il n’y a eu ni affaire criminelle ni preuve d’incompétence (le recall est une procédure rarissime, utilisé seulement trois fois depuis le début de l’histoire des USA), n’est pas du goût des électeurs, qui voient (avec raison) d’un mauvais œil le fait de faire appel au recall simplement parce qu’on n’a pas digéré le résultat, légitime, d’élections non contestées.
[INTERTITRE] Lamentations des Médias
Suite à la victoire de Scott Walker (plus de 53.1%, mieux que ses résultats dans l’élection de 2010), les rares récits que les médias français produiront sur l’affaire seront larmoyants pour les nobles syndicats, leur échec dû à l’injustice du monde capitaliste : « Pour le monde syndical, les enseignants et les fonctionnaires qui se sentent montrés du doigt comme les fauteurs de déficits, c’est un coup dur » regrette Corine Lesnes dans Le Monde. Comme ses homologues américains, le journal de référence accuse le capitalisme, mentionnant les contributions, soi-disant anti-démocratiques, de ces « milliardaires républicains … des frères Koch … aux Texans Harold Simmons et Bob Perry » — tout en oubliant pertinemment l’existence de George Soros et d’autres milliardaires démocrates…
On avance les chiffres de « 45,6 millions en faveur de Scott Walker [contre] 17,9 millions pour Tom Barrett » (le maire de Milwaukee, adversaire démocrate du gouverneur dans le recall) ; à la Maison Blanche, le porte-parole de Barack Obama regrette une « compétition dans laquelle l’un des adversaires a huit fois plus d’argent que l’autre » ; tandis qu’un un manifestant à Madison sanglotera : « C’est la fin de la démocratie ». Or, tous ces chiffres sont trompeurs, vu que les statistiques ignorent plusieurs données. Par exemple (et avant tout), ils ne tiennent pas compte des contributions des syndicats (aussi opaques, voire plus, aux USA qu’en France) qui atteindraient — au moins — le chiffre de 21 millions de dollars.
Par ailleurs, on notera que la gauche, américaine comme française, est beaucoup moins scandalisée quand c’est la gauche qui dépasse la droite en dépenses, comme c’était le cas en 2008 (la campagne de Barack Obama a dépensé le double de celle de John McCain), ou en 2012 quand il s’agissait de vanter (!) le fait que la campagne de réélection d’Obama allait dépenser plus que toutes les campagnes antérieures de l’histoire des États-Unis, et atteindre, pour la première fois, le chiffre rond d’un milliard de dollars.
Le combat et la victoire de Scott Walker risquent fort d’être source d’inspiration pour les gouverneurs d’autres États (tant démocrates que républicains), ainsi que pour les maires des villes surendettées (des réformes similaires sur les pensions publiques ont été votées dans les villes californiennes de San Diego (maire républicain) et de San José (maire démocrate)). Mitt Romney, le candidat du parti républicain qui a promis d’être pro-contribuables et pro-business s’il était élu président en novembre 2012, a aussitôt réagi : « Les résultats de ce soir auront un écho au-delà des frontières du Wisconsin … Le gouverneur Walker a montré que les citoyens et les contribuables peuvent l’emporter sur les coûts incontrôlés de la fonction publique imposés par les syndicats. »
Erik Svane

Le Gouverneur du Wisconsin Scott Walker, visé par les syndicats pour avoir décidé de remettre de l’ordre dans les dépenses de l’État, a remporté les élections du 5 juin haut la main.

Beaucoup de Français ne semblent pas s’en rendre compte — tant les médias, américains comme français, se sont montrés discrets sur le sujet — mais le 5 juin, les contribuables américains ont remporté une grande victoire.

Ce jour-là, la tentative, de la part des syndicats nationaux et de leurs alliés parmi les pouvoirs retranchés (et particulièrement au parti démocrate), de mettre fin à la vie politique d’un réformateur au Wisconsin a échoué. Le Gouverneur Scott Walker, visé par les syndicats pour avoir décidé de remettre de l’ordre dans les dépenses de l’État, se confronte à une élection de « rappel » (a recall election, normalement réservée pour des affaires criminelles) et la remporte, haut la main.

Rappelons que Scott Walker fait partie du mouvement de protestation adoubé Tea Party (leur devise pourrait être « non, nous ne sommes pas des vaches à lait ») dont les membres sont de fait les contribuables américains qui, finalement, en ont eu assez de l’argent jeté par les fenêtres — la goutte qui a fait déborder la vase arrive lorsque Barack Obama dépense plus pendant sa première année à la Maison Blanche (2009) que George W Bush ou Bill Clinton pendant leurs huit ans à la tête du pays — provoquant le raz-de-marée des révoltés pendant les élections de mi-mandat en novembre 2010 qui décime la majorité démocrate. Le Tea Party est tant contre le parti démocrate (naturellement de gauche) que, dans les primaires du parti républicain (plutôt conservateur), contre les dinosaures qui se sont laissés scléroser par l’usure.

N’oublions pas que la mauvaise réputation dont jouissent parfois les Tea Partiers, tant en Amérique qu’en France — ils ne seraient autre chose que des abrutis réactionnaires, voire des racistes, etc —, est due à une volonté expresse et délibérée de la part de la classe politique installée (tant de gauche comme de droite, et des deux côtés de l’Atlantique) de les diaboliser, car les politiciens professionnels savent que si les idées de ces trouble-fêtes ( »ça suffit ! cessez de jeter de l’argent par les fenêtres ! ») triomphent, la « fête » dont ils jouissent depuis des vingtaines d’années risque de prendre fin. (Pour plus de détails, lire « Tea Parties : La révolte des contribuables américains » de Charles-Henri d’Andigné dans Le Cri nº 90.)

Le nouveau gouverneur ose s’attaquer aux fonctionnaires

Aussitôt élu, le Gouverneur Walker réduit les impôts et s’attaque aux avantages des fonctionnaires : il ne s’agit pas seulement de réduire les pensions et les avantages sociaux (pour qu’ils soient plus proches de leurs équivalents dans le privé), il veut aussi laisser aux employés de l’État le choix de payer ou non des cotisations syndicales tout en supprimant la possibilité pour les syndicats de négocier collectivement leurs conditions de travail.

Pourquoi ne devrait-on pas laisser les employés publics former un syndicat ? (Franklin Roosevelt, le président qui était à l’origine de l’État-providence à l’américaine, avait dit que ce serait de la folie.) Parce que, contrairement au syndicat d’une entreprise privée, il n’y a personne pour opposer ce qui est un monopole, pas de contre-pouvoir pour assurer que leurs demandes restent raisonnables, pas de PDG pour assurer que son argent ne soit pas utilisé n’importe comment. Surtout, les politiciens n’assumeront pas ce rôle, puisqu’ils seront « récompensés » par le syndicat (en espèces, en contributions, et en votes) s’ils acquiescent à leur ouvrir les robinets des deniers publics, alors qu’à l’inverse, ils seront punis s’ils s’y opposent — exactement comme c’est le cas pour Scott Walker.

En effet, les boucliers se lèvent au Wisconsin et c’est une véritable fronde syndicaliste qui prend forme en défense du statu quo et de l’état nourrice. Dès février 2011, l’ensemble des sénateurs d’État démocrates quittent Madison, la capitale, pour se réfugier dans l’État voisin (l’Illinois de Barack Obama), dans l’espoir d’empêcher les partisans des réformes d’atteindre le quorum. Pendant ce temps, des centaines de milliers de manifestants et de grévistes descendent sur Madison avec slogans, chants et tambours pour noyer, jour après jour, la capitale dans un boucan incessant (préfigurant le mouvement Occupy Wall Street).

Plusieurs Républicains, réformateurs ou non, reçoivent des menaces de mort. Une première vague de recalls a lieu pendant l’été 2011, visant six sénateurs républicains (les Républicains riposteront en organisant des élections recalls contre trois Démocrates), qui se soldera par des échecs sauf pour deux républicains. N’oublions pas la tentative d’élire une juge d’extrême gauche à la Cour Suprême de Wisconsin. Enfin, en janvier 2012, la réunion de plus de 900 000 signatures pour demander le recall de Scott Walker ainsi que de son lieutenant-gouverneur et de quatre sénateurs républicains.

Rien n’y fait. Grâce à la politique de Scott Walker, le Wisconsin a atteint, en moins d’un an et demi, un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale et un budget en équilibre, ainsi qu’une diminution de la criminalité. Par ailleurs, les citoyens ne veulent pas que les États-Unis continuent de se comporter comme la Grèce ou l’Espagne et qu’ils subissent leur sort. Enfin, faire appel au recall, alors qu’il n’y a eu ni affaire criminelle ni preuve d’incompétence (le recall est une procédure rarissime, utilisé seulement trois fois depuis le début de l’histoire des USA), n’est pas du goût des électeurs, qui voient (avec raison) d’un mauvais œil le fait de faire appel au recall simplement parce qu’on n’a pas digéré le résultat, légitime, d’élections non contestées.

Lamentations des médias

Suite à la victoire de Scott Walker (plus de 53,1%, mieux que ses résultats dans l’élection de 2010), les rares récits que les médias français produiront sur l’affaire seront larmoyants pour les nobles syndicats, leur échec dû à l’injustice du monde capitaliste : « Pour le monde syndical, les enseignants et les fonctionnaires qui se sentent montrés du doigt comme les fauteurs de déficits, c’est un coup dur » regrette Corine Lesnes dans Le Monde. Comme ses homologues américains, le journal de référence accuse le capitalisme, mentionnant les contributions, soi-disant anti-démocratiques, de ces « milliardaires républicains … des frères Koch … aux Texans Harold Simmons et Bob Perry » — tout en oubliant pertinemment l’existence de George Soros et d’autres milliardaires démocrates…

On avance les chiffres de « 45,6 millions en faveur de Scott Walker [contre] 17,9 millions pour Tom Barrett » (le maire de Milwaukee, adversaire démocrate du gouverneur dans le recall) ; à la Maison Blanche, le porte-parole de Barack Obama regrette une « compétition dans laquelle l’un des adversaires a huit fois plus d’argent que l’autre » ; tandis qu’un manifestant à Madison sanglotera : « C’est la fin de la démocratie ». Or, tous ces chiffres sont trompeurs, vu que les statistiques ignorent plusieurs données. Par exemple (et avant tout), ils ne tiennent pas compte des contributions des syndicats (aussi opaques, voire plus, aux USA qu’en France) qui atteindraient — au moins — le chiffre de 21 millions $.

Par ailleurs, on notera que la gauche, américaine comme française, est beaucoup moins scandalisée quand c’est la gauche qui dépasse la droite en dépenses, comme c’était le cas en 2008 (la campagne de Barack Obama a dépensé le double de celle de John McCain), ou en 2012 quand il s’agissait de vanter (!) le fait que la campagne de réélection d’Obama allait dépenser plus que toutes les campagnes antérieures de l’histoire des États-Unis, et atteindre, pour la première fois, le chiffre rond d’un milliard $.

Le combat et la victoire de Scott Walker risquent fort d’être source d’inspiration pour les gouverneurs d’autres États (tant démocrates que républicains), ainsi que pour les maires des villes surendettées (des réformes similaires sur les pensions publiques ont été votées dans les villes californiennes de San Diego (maire républicain) et de San José (maire démocrate)). Mitt Romney, le candidat du parti républicain qui a promis d’être pro-contribuables et pro-business s’il était élu président en novembre 2012, a aussitôt réagi : « Les résultats de ce soir auront un écho au-delà des frontières du Wisconsin … Le gouverneur Walker a montré que les citoyens et les contribuables peuvent l’emporter sur les coûts incontrôlés de la fonction publique imposés par les syndicats. »

Erik Svane, journaliste, auteur de La Bannière étalée

2012/06/16

No Cell Phones Allowed During the Baccalaureate Exams

As a timid François Hollande hides under his desk, the baccalaureate examiner exclaims:
Valérie!! What did I tell you?!
Voir aussi : les gags précédents de Plantu

Lire également : Royal et Trierweiler, les femmes du président

2012/06/13

Royal et Trierweiler, les femmes du président

Entre film muet et soap opera…

… Tout au long de la campagne électorale, les équipes de François Hollande, les collaborateurs de Ségolène Royal, se concertent sans cesse pour éviter que les deux femmes ne se croisent dans les meetings.
Article superbe de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin sur Royal et Trierweiler, les femmes du président.
CRUELLE

Quand il arrive … à Paris, place de la Bastille, le nouveau président salue la foule, et applaudit en compagnie des figures socialistes le succès de la gauche. Puis quitte soudainement sa place pour embrasser affectueusement sur les deux joues Ségolène Royal, l'ancienne candidate malheureuse de 2007, la mère de ses enfants. Lorsque le nouveau chef de l'Etat revient à sa place, Valérie Trierweiler se glisse près de lui et le presse : "Embrasse-moi sur la bouche."

Quelques jours plus tard, elle mettra les choses au point pour les Français : "Elle est la femme politique, je suis la femme du politique." Et, cruelle, à l'attention du monde entier, dans le quotidien britannique The Times : "Il n'y a plus d'histoire sentimentale entre eux depuis sept ans." Autant dire depuis 2005, deux ans avant la séparation officielle du couple Hollande-Royal.

"CONFUSION"

Il faut se méfier des soirs d'élection présidentielle : ils sont souvent comme les scènes d'exposition des années à venir. Ce 6 mai 2012 sera-t-il le générique d'un mauvais vaudeville où François Hollande devrait s'accommoder de la rivalité de ces deux femmes, l'une compagne de son histoire passée, l'autre de sa vie présente ?

"Président normal", avait annoncé le candidat du PS. Sa promesse résonnait comme une rupture avec son prédécesseur - son ultraprésidence, la surexposition de son intimité et de sa famille. "Il y a des trucs que Sarkozy a tués, notamment l'affichage permanent du conjoint. Les Français ne supportent plus cette confusion du privé et du public", confiait-il au Point le 24 février 2011. Un an et quelques tweets plus tard, le pari est déjà raté.

Lire : Le conflit entre Trierweiler et Royal trouble la présidence Hollande

Lire aussi : Le tweet de Trierweiler "nous ramène à certains errements du sarkozysme"

Pour comprendre l'intrigue du petit drame politico-sentimental qui se noue, il faut remonter l'histoire politique sept ans en arrière. Nous sommes en 2005, quelques mois avant la première primaire socialiste. Ségolène Royal appelle les uns après les autres les plus proches amis du couple qu'elle forme, depuis leurs années étudiantes à l'ENA, avec François Hollande. "Tu as vu les sondages ? Ceux de François ? Les miens ?", demande-t-elle à Jean-Pierre Jouyet et à d'autres, qui finissent par comprendre qu'elle les somme de choisir entre eux lequel sera le candidat à la présidentielle. Voilà que s'enclenche ce qui restera l'un des secrets les mieux gardés de la campagne de 2007 : si Ségolène se présente, c'est aussi pour se venger d'un François Hollande qui l'a trahie.

Fin d'un couple, début d'une haine ordinaire. Les deux femmes ont pourtant bien des choses en commun. Une beauté classique à la française, des racines provinciales et un caractère autoritaire. Mais il y a, d'un côté, une femme blessée, qui n'entend pas tout perdre, y compris ce qu'elle croit être son destin politique. De l'autre, une compagne qui considère que Ségolène Royal a empêché, en le devançant, François Hollande de se présenter à l'élection présidentielle de 2007. "Vous n'avez aucune idée de tout ce qu'elle m'a fait !", répète la journaliste pour justifier ses préventions à l'égard de "l'ex".

2012/06/12

Halte à la désinformation sur la Pologne !

Halte à la désinformation sur la Pologne ! s'écrie Tomasz Orlowski, ambassadeur de Varsovie en France, qui, dans les dernières lignes de son brûlot, rappelle les façons méprisants dont l'Élysée avait traité la Pologne ainsi que d'autres pays de l'Est durant la guerre avec l'Irak.
… comment comprendre la phrase assassine : "L'UE, dont fait partie la Pologne, ne peut en aucun cas accepter en son sein l'existence et la persécution de prisonniers politiques" ? N'est-ce pas quasiment une imputation que la Pologne fait le contraire ? L'on conviendra que c'est aller assez loin.

Je ne connais pas les auteurs de ce pamphlet, ce qui ne joue pas en ma faveur, car ils doivent être des gens dotés de compétences rares, étant donné la certitude avec laquelle ils se prononcent, non seulement au sujet des sports, mais aussi des infrastructures, de la crise financière, de l'histoire contemporaine de l'Europe et tant d'autres. Si je les connaissais, je les aurais certainement priés de satisfaire ma curiosité et mon ignorance, en demandant quelle personnalité polonaise avait "l'impudence de dénoncer les menaces de boycottage politique lancées par certaines personnalités européennes comme "pratique de guerre froide"" ? !

Je tire mon chapeau devant l'intransigeance dont ils font preuve, aussi j'observerai avec intérêt s'ils vont défendre avec le même zèle les droits de l'homme dans le cas des autres grandes manifestations sportives qui nous attendent dans les prochains mois et années. Malheureusement, je crains qu'ils ne risquent d'en boycotter quelques-unes. Pour l'instant, je me limiterai à citer un homme politique français qui, il y a quelques années, a dit au sujet de mon pays : "Ils ont manqué une bonne occasion de se taire." Je leur laisse donc cette phrase à méditer.

2012/06/10

Portrait de l'un des idiots utiles d'un dictateur du Moyen-Orient

Toutes les dictatures ont leurs idiots utiles et Pierre Piccinin a bien servi le "bacharo-baassisme".
Ainsi commence l'article de Christophe Ayad dans Le Monde (qui le fait suivre avec un autre article, plus court, sur la galaxie hétéroclite des soutiens au régime de Bachar Al-Assad).
Jusqu'à ce qu'il ne soit plus utile à rien et qu'on l'envoie dans un cul-de-basse-fosse méditer sur l'ingratitude des dictateurs en général et de Bachar Al-Assad en particulier. Pierre Piccinin, 39 ans, belge et enseignant, est un aventurier sans fantaisie, un chercheur sans qualification. Bref, un touriste de la guerre.

Tel Fabrice à Waterloo, il a traversé la Syrie en révolution, sans rien y comprendre mais en croyant y voir clair. Jusqu'à ce qu'il passe de l'autre côté du miroir et découvre les geôles d'un régime qu'il avait défendu au-delà du raisonnable. Le 17 mai 2012, au mitan de son troisième séjour en un an, Pierre Piccinin a été arrêté en tentant d'entrer dans Tall Kalakh, un village près de Homs tenu par la rébellion et cerné par l'armée. Il a passé une semaine dans les geôles syriennes, trimballé de centres d'interrogatoire en lieux de détention, battu, torturé à l'électricité et contraint d'assister à l'agonie de pauvres diables atrocement suppliciés.

"EN SYRIE, ON TORTURE À LA CHAÎNE"

Ce saint Thomas contemporain aux convictions catholiques a vu de ses yeux les couloirs maculés de sang et les hommes en lambeaux. Il a entendu de ses oreilles les hurlements des torturés et la radio poussée à fond pour les couvrir. "En Syrie, on torture à la chaîne", dit-il aujourd'hui. On torture pour torturer, même pas pour des aveux.

Depuis son expulsion, le 23 mai, Pierre Piccinin plaide pour une intervention étrangère, seule à même, selon lui, de mettre fin au calvaire du peuple syrien. C'est un virage à 180 degrés pour ce chercheur autoproclamé et professeur d'histoire à l'Ecole européenne de Bruxelles. Pierre Piccinin, qui a effectué trois séjours en Syrie ces onze derniers mois, ne connaissait pas le pays avant le début du soulèvement en mars 2011. Alors que la quasi-totalité de la presse internationale se voit refuser des visas, il a bénéficié d'une surprenante tolérance, mais jamais ne s'en est étonné.

Visiblement éprouvé par la semaine passée en détention, Piccinin reste droit dans ses bottes, comme s'il faisait un effort intense pour ne pas voler en éclats avec ses illusions.

…. "On m'avait décrit un pays à feu et à sang, des manifestations monstres, une répression sans pitié, raconte-t-il. Et j'ai trouvé un pays calme, normal. Les rares manifestations étaient très limitées et les soldats ne tiraient pas. Les seules traces de destruction étaient le fait des manifestants." Son témoignage, publié sur son site, ravit le régime au point que le journal officiel As-Saoura le publie, sans les passages gênants, où il traite le régime baassiste de "dictature". Ses analyses plaisent tellement à Damas qu'il est réinvité, cette fois-ci par le ministère de l'information.

Avant de retourner en Syrie, il se rend deux fois en Libye pour vérifier ce qu'il appelle une "hypothèse" : "La chute de Kadhafi est le fruit d'une guerre de la France et de la Grande-Bretagne pour assurer leurs intérêts économiques." Obsédé par les théories du complot, il lui faut toujours découvrir le véritable sens caché des choses. Le régime syrien a su jouer à merveille de sa vanité et de son amertume d'être snobé par les chercheurs comme par les journalistes, qu'il ne se prive pas de critiquer.

Une Assemblée de cumulards : "Pour légiférer, il faut passer par le Parlement, ce qui revient à demander aux cumulards de mettre fin au cumul"


Anne Chemin sur Une Assemblée de cumulards :
le chemin de la rénovation semble difficile : plusieurs groupes de réflexion — la commission Mauroy sur la démocratie locale en 2000, le Comité Balladur sur la modernisation de la Ve République en 2007 — ont plaidé contre le cumul, et plus d'une quinzaine de propositions de loi ont été déposées depuis 2002, mais aucune n'a jamais abouti. "Pour légiférer, il faut passer par le Parlement, ce qui revient à demander aux cumulards de mettre fin au cumul, ironise Guy Carcassonne. Ce n'est pas le mouvement le plus naturel..."

Prudent, François Hollande n'a jamais promis le mandat unique qui prévaut dans certains pays anglo-saxons. Le nouveau chef de l'Etat s'est cependant engagé, dans ses 60 propositions, à faire voter une loi limitant le cumul des mandats : les députés pourraient dans ce cas conserver leur mandat de conseiller municipal, général ou régional, mais il leur serait interdit d'exercer des fonctions exécutives locales (maire ou maire-adjoint, président ou vice-président d'une collectivité territoriale) - une idée que les militants socialistes avaient approuvée à plus de 70 % lors d'une consultation, en 2009. Le PS admettait alors qu'il s'agissait là d'une "mesure modérée", mais il promettait d'imposer, un jour, un "mandat parlementaire unique". L'avenir dira si ces engagements seront respectés.