2012/06/21

Grande victoire des contribuables aux USA

Un article sur le recall election (l'élection de rappel) de Scott Walker est en ligne sur le site du Cri du Contribuable, avec la signification de la défaite pour les syndicats et le contexte dans la lignée du mouvement Tea Party (si l'article vous plaît, ne soyez pas timides, donnez-lui 5 étoiles).
Grande Victoire des Contribuables aux USA
Erik Svane
Beaucoup de Français ne semblent pas s’en rendre compte — tant les médias, américains comme français, se sont montrés discrets sur le sujet — mais le 5 juin, les contribuables américains ont remporté une grande victoire.
Ce jour-là, la tentative, de la part des syndicats nationaux et de leurs alliés parmi les pouvoirs retranchés (et particulièrement au parti démocrate), de mettre fin à la vie politique d’un réformateur au Wisconsin a échoué. Le Gouverneur Scott Walker, visé par les syndicats pour avoir décidé de remettre de l’ordre dans les dépenses de l’État, se confronte à une élection de « rappel » (a recall election, normalement réservée pour des affaires criminelles) et la remporte, haut la main.
Rappelons que Scott Walker fait partie du mouvement de protestation adoubé Tea Party (leur devise pourrait être « non, nous ne sommes pas des vaches à lait ») dont les membres sont de fait les contribuables américains qui, finalement, en ont eu assez de l’argent jeté par les fenêtres — la goutte qui a fait déborder la vase arrive lorsque Barack Obama dépense plus pendant sa première année à la Maison Blanche (2009) que George W Bush ou Bill Clinton pendant leurs huit ans à la tête du pays — provoquant le raz-de-marée des révoltés pendant les élections de mi-mandat en novembre 2010 qui décime la majorité démocrate. Le Tea Party est tant contre le parti démocrate (naturellement de gauche) que, dans les primaires du parti républicain (plutôt conservateur), contre les dinosaures qui se sont laissés scléroser par l’usure.
N’oublions pas que la mauvaise réputation dont jouissent parfois les Tea Partiers, tant en Amérique qu’en France — ils ne seraient autre chose que des abrutis réactionnaires, voire des racistes, etc —, est due à une volonté expresse et délibérée de la part de la classe politique installée (tant de gauche comme de droite, et des deux côtés de l’Atlantique) de les diaboliser, car les politiciens professionnels savent que si les idées de ces trouble-fêtes ( »ça suffit ! cessez de jeter de l’argent par les fenêtres ! ») triomphent, la « fête » dont ils jouissent depuis des vingtaines d’années risque de prendre fin. (Pour plus de détails, lire « Tea Parties : La révolte des contribuables américains » de Charles-Henri d’Andigné dans Le Cri nº 90.)
[INTERTITRE] Le Nouveau Gouverneur Ose s’Attaquer aux Fonctionnaires
Aussitôt élu, le Gouverneur Walker réduit les impôts et s’attaque aux avantages des fonctionnaires : il ne s’agit pas seulement de réduire les pensions et les avantages sociaux (pour qu’ils soient plus proches de leurs équivalents dans le privé), il veut aussi laisser aux employés de l’État le choix de payer ou non des cotisations syndicales tout en supprimant la possibilité pour les syndicats de négocier collectivement leurs conditions de travail.
Pourquoi ne devrait-on pas laisser les employés publics former un syndicat ? (Franklin Roosevelt, le président qui était à l’origine de l’État-providence à l’américaine, avait dit que ce serait de la folie de ce faire.) Parce que, contrairement au syndicat d’une entreprise privée, il n’y a personne pour opposer ce qui est un monopole, pas de contre-pouvoir pour assurer que leurs demandes restent raisonnables, pas de PDG pour assurer que son argent ne soit pas utilisé n’importe comment. Surtout, les politiciens n’assumeront pas ce rôle, puisqu’ils seront « récompensés » par le syndicat (en espèces, en contributions, et en votes) s’ils acquiescent à leur ouvrir les robinets des deniers publics, alors que, à l’inverse, ils seront punis s’ils s’y opposent — exactement comme c’est le cas pour Scott Walker.
En effet, les boucliers se lèvent au Wisconsin et c’est une véritable fronde syndicaliste qui prend forme en défense du statu quo et de l’état nourrice. Dès février 2011, l’ensemble des sénateurs d’État démocrates quittent Madison, la capitale, pour se réfugier dans l’État voisin (l’Illinois de Barack Obama), dans l’espoir d’empêcher les partisans des réformes d’atteindre le quorum. Pendant ce temps, des centaines de milliers de manifestants et de grévistes descendent sur Madison avec slogans, chants et tambours pour noyer, jour après jour, la capitole dans un boucan incessant (préfigurant le mouvement Occupy Wall Street). Plusieurs Républicains, réformateurs ou non, reçoivent des menaces de mort. Une première vague de recalls a lieu pendant l’été 2011, visant six sénateurs républicains (les Républicains riposteront en organisant des élections recalls contre trois Démocrates), qui se soldera par des échecs sauf pour deux républicains. N’oublions pas la tentative d’élire une juge d’extrême gauche à la Cour Suprême de Wisconsin. Enfin, en janvier 2012, la réunion de plus de 900.000 signatures pour demander le recall de Scott Walker ainsi que de son lieutenant-gouverneur et de quatre sénateurs républicains.
Rien n’y fait. Grâce à la politique de Scott Walker, le Wisconsin a atteint, en moins d’un an et demi, un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale et un budget en équilibre, ainsi qu’une diminution de la criminalité. Par ailleurs, les citoyens ne veulent pas que les États-Unis continuent de se comporter comme la Grèce ou de l’Espagne ou qu’ils subissent leur sort. Enfin, faire appel au recall, alors qu’il n’y a eu ni affaire criminelle ni preuve d’incompétence (le recall est une procédure rarissime, utilisé seulement trois fois depuis le début de l’histoire des USA), n’est pas du goût des électeurs, qui voient (avec raison) d’un mauvais œil le fait de faire appel au recall simplement parce qu’on n’a pas digéré le résultat, légitime, d’élections non contestées.
[INTERTITRE] Lamentations des Médias
Suite à la victoire de Scott Walker (plus de 53.1%, mieux que ses résultats dans l’élection de 2010), les rares récits que les médias français produiront sur l’affaire seront larmoyants pour les nobles syndicats, leur échec dû à l’injustice du monde capitaliste : « Pour le monde syndical, les enseignants et les fonctionnaires qui se sentent montrés du doigt comme les fauteurs de déficits, c’est un coup dur » regrette Corine Lesnes dans Le Monde. Comme ses homologues américains, le journal de référence accuse le capitalisme, mentionnant les contributions, soi-disant anti-démocratiques, de ces « milliardaires républicains … des frères Koch … aux Texans Harold Simmons et Bob Perry » — tout en oubliant pertinemment l’existence de George Soros et d’autres milliardaires démocrates…
On avance les chiffres de « 45,6 millions en faveur de Scott Walker [contre] 17,9 millions pour Tom Barrett » (le maire de Milwaukee, adversaire démocrate du gouverneur dans le recall) ; à la Maison Blanche, le porte-parole de Barack Obama regrette une « compétition dans laquelle l’un des adversaires a huit fois plus d’argent que l’autre » ; tandis qu’un un manifestant à Madison sanglotera : « C’est la fin de la démocratie ». Or, tous ces chiffres sont trompeurs, vu que les statistiques ignorent plusieurs données. Par exemple (et avant tout), ils ne tiennent pas compte des contributions des syndicats (aussi opaques, voire plus, aux USA qu’en France) qui atteindraient — au moins — le chiffre de 21 millions de dollars.
Par ailleurs, on notera que la gauche, américaine comme française, est beaucoup moins scandalisée quand c’est la gauche qui dépasse la droite en dépenses, comme c’était le cas en 2008 (la campagne de Barack Obama a dépensé le double de celle de John McCain), ou en 2012 quand il s’agissait de vanter (!) le fait que la campagne de réélection d’Obama allait dépenser plus que toutes les campagnes antérieures de l’histoire des États-Unis, et atteindre, pour la première fois, le chiffre rond d’un milliard de dollars.
Le combat et la victoire de Scott Walker risquent fort d’être source d’inspiration pour les gouverneurs d’autres États (tant démocrates que républicains), ainsi que pour les maires des villes surendettées (des réformes similaires sur les pensions publiques ont été votées dans les villes californiennes de San Diego (maire républicain) et de San José (maire démocrate)). Mitt Romney, le candidat du parti républicain qui a promis d’être pro-contribuables et pro-business s’il était élu président en novembre 2012, a aussitôt réagi : « Les résultats de ce soir auront un écho au-delà des frontières du Wisconsin … Le gouverneur Walker a montré que les citoyens et les contribuables peuvent l’emporter sur les coûts incontrôlés de la fonction publique imposés par les syndicats. »
Erik Svane

Le Gouverneur du Wisconsin Scott Walker, visé par les syndicats pour avoir décidé de remettre de l’ordre dans les dépenses de l’État, a remporté les élections du 5 juin haut la main.

Beaucoup de Français ne semblent pas s’en rendre compte — tant les médias, américains comme français, se sont montrés discrets sur le sujet — mais le 5 juin, les contribuables américains ont remporté une grande victoire.

Ce jour-là, la tentative, de la part des syndicats nationaux et de leurs alliés parmi les pouvoirs retranchés (et particulièrement au parti démocrate), de mettre fin à la vie politique d’un réformateur au Wisconsin a échoué. Le Gouverneur Scott Walker, visé par les syndicats pour avoir décidé de remettre de l’ordre dans les dépenses de l’État, se confronte à une élection de « rappel » (a recall election, normalement réservée pour des affaires criminelles) et la remporte, haut la main.

Rappelons que Scott Walker fait partie du mouvement de protestation adoubé Tea Party (leur devise pourrait être « non, nous ne sommes pas des vaches à lait ») dont les membres sont de fait les contribuables américains qui, finalement, en ont eu assez de l’argent jeté par les fenêtres — la goutte qui a fait déborder la vase arrive lorsque Barack Obama dépense plus pendant sa première année à la Maison Blanche (2009) que George W Bush ou Bill Clinton pendant leurs huit ans à la tête du pays — provoquant le raz-de-marée des révoltés pendant les élections de mi-mandat en novembre 2010 qui décime la majorité démocrate. Le Tea Party est tant contre le parti démocrate (naturellement de gauche) que, dans les primaires du parti républicain (plutôt conservateur), contre les dinosaures qui se sont laissés scléroser par l’usure.

N’oublions pas que la mauvaise réputation dont jouissent parfois les Tea Partiers, tant en Amérique qu’en France — ils ne seraient autre chose que des abrutis réactionnaires, voire des racistes, etc —, est due à une volonté expresse et délibérée de la part de la classe politique installée (tant de gauche comme de droite, et des deux côtés de l’Atlantique) de les diaboliser, car les politiciens professionnels savent que si les idées de ces trouble-fêtes ( »ça suffit ! cessez de jeter de l’argent par les fenêtres ! ») triomphent, la « fête » dont ils jouissent depuis des vingtaines d’années risque de prendre fin. (Pour plus de détails, lire « Tea Parties : La révolte des contribuables américains » de Charles-Henri d’Andigné dans Le Cri nº 90.)

Le nouveau gouverneur ose s’attaquer aux fonctionnaires

Aussitôt élu, le Gouverneur Walker réduit les impôts et s’attaque aux avantages des fonctionnaires : il ne s’agit pas seulement de réduire les pensions et les avantages sociaux (pour qu’ils soient plus proches de leurs équivalents dans le privé), il veut aussi laisser aux employés de l’État le choix de payer ou non des cotisations syndicales tout en supprimant la possibilité pour les syndicats de négocier collectivement leurs conditions de travail.

Pourquoi ne devrait-on pas laisser les employés publics former un syndicat ? (Franklin Roosevelt, le président qui était à l’origine de l’État-providence à l’américaine, avait dit que ce serait de la folie.) Parce que, contrairement au syndicat d’une entreprise privée, il n’y a personne pour opposer ce qui est un monopole, pas de contre-pouvoir pour assurer que leurs demandes restent raisonnables, pas de PDG pour assurer que son argent ne soit pas utilisé n’importe comment. Surtout, les politiciens n’assumeront pas ce rôle, puisqu’ils seront « récompensés » par le syndicat (en espèces, en contributions, et en votes) s’ils acquiescent à leur ouvrir les robinets des deniers publics, alors qu’à l’inverse, ils seront punis s’ils s’y opposent — exactement comme c’est le cas pour Scott Walker.

En effet, les boucliers se lèvent au Wisconsin et c’est une véritable fronde syndicaliste qui prend forme en défense du statu quo et de l’état nourrice. Dès février 2011, l’ensemble des sénateurs d’État démocrates quittent Madison, la capitale, pour se réfugier dans l’État voisin (l’Illinois de Barack Obama), dans l’espoir d’empêcher les partisans des réformes d’atteindre le quorum. Pendant ce temps, des centaines de milliers de manifestants et de grévistes descendent sur Madison avec slogans, chants et tambours pour noyer, jour après jour, la capitale dans un boucan incessant (préfigurant le mouvement Occupy Wall Street).

Plusieurs Républicains, réformateurs ou non, reçoivent des menaces de mort. Une première vague de recalls a lieu pendant l’été 2011, visant six sénateurs républicains (les Républicains riposteront en organisant des élections recalls contre trois Démocrates), qui se soldera par des échecs sauf pour deux républicains. N’oublions pas la tentative d’élire une juge d’extrême gauche à la Cour Suprême de Wisconsin. Enfin, en janvier 2012, la réunion de plus de 900 000 signatures pour demander le recall de Scott Walker ainsi que de son lieutenant-gouverneur et de quatre sénateurs républicains.

Rien n’y fait. Grâce à la politique de Scott Walker, le Wisconsin a atteint, en moins d’un an et demi, un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale et un budget en équilibre, ainsi qu’une diminution de la criminalité. Par ailleurs, les citoyens ne veulent pas que les États-Unis continuent de se comporter comme la Grèce ou l’Espagne et qu’ils subissent leur sort. Enfin, faire appel au recall, alors qu’il n’y a eu ni affaire criminelle ni preuve d’incompétence (le recall est une procédure rarissime, utilisé seulement trois fois depuis le début de l’histoire des USA), n’est pas du goût des électeurs, qui voient (avec raison) d’un mauvais œil le fait de faire appel au recall simplement parce qu’on n’a pas digéré le résultat, légitime, d’élections non contestées.

Lamentations des médias

Suite à la victoire de Scott Walker (plus de 53,1%, mieux que ses résultats dans l’élection de 2010), les rares récits que les médias français produiront sur l’affaire seront larmoyants pour les nobles syndicats, leur échec dû à l’injustice du monde capitaliste : « Pour le monde syndical, les enseignants et les fonctionnaires qui se sentent montrés du doigt comme les fauteurs de déficits, c’est un coup dur » regrette Corine Lesnes dans Le Monde. Comme ses homologues américains, le journal de référence accuse le capitalisme, mentionnant les contributions, soi-disant anti-démocratiques, de ces « milliardaires républicains … des frères Koch … aux Texans Harold Simmons et Bob Perry » — tout en oubliant pertinemment l’existence de George Soros et d’autres milliardaires démocrates…

On avance les chiffres de « 45,6 millions en faveur de Scott Walker [contre] 17,9 millions pour Tom Barrett » (le maire de Milwaukee, adversaire démocrate du gouverneur dans le recall) ; à la Maison Blanche, le porte-parole de Barack Obama regrette une « compétition dans laquelle l’un des adversaires a huit fois plus d’argent que l’autre » ; tandis qu’un manifestant à Madison sanglotera : « C’est la fin de la démocratie ». Or, tous ces chiffres sont trompeurs, vu que les statistiques ignorent plusieurs données. Par exemple (et avant tout), ils ne tiennent pas compte des contributions des syndicats (aussi opaques, voire plus, aux USA qu’en France) qui atteindraient — au moins — le chiffre de 21 millions $.

Par ailleurs, on notera que la gauche, américaine comme française, est beaucoup moins scandalisée quand c’est la gauche qui dépasse la droite en dépenses, comme c’était le cas en 2008 (la campagne de Barack Obama a dépensé le double de celle de John McCain), ou en 2012 quand il s’agissait de vanter (!) le fait que la campagne de réélection d’Obama allait dépenser plus que toutes les campagnes antérieures de l’histoire des États-Unis, et atteindre, pour la première fois, le chiffre rond d’un milliard $.

Le combat et la victoire de Scott Walker risquent fort d’être source d’inspiration pour les gouverneurs d’autres États (tant démocrates que républicains), ainsi que pour les maires des villes surendettées (des réformes similaires sur les pensions publiques ont été votées dans les villes californiennes de San Diego (maire républicain) et de San José (maire démocrate)). Mitt Romney, le candidat du parti républicain qui a promis d’être pro-contribuables et pro-business s’il était élu président en novembre 2012, a aussitôt réagi : « Les résultats de ce soir auront un écho au-delà des frontières du Wisconsin … Le gouverneur Walker a montré que les citoyens et les contribuables peuvent l’emporter sur les coûts incontrôlés de la fonction publique imposés par les syndicats. »

Erik Svane, journaliste, auteur de La Bannière étalée

2012/06/16

No Cell Phones Allowed During the Baccalaureate Exams

As a timid François Hollande hides under his desk, the baccalaureate examiner exclaims:
Valérie!! What did I tell you?!
Voir aussi : les gags précédents de Plantu

Lire également : Royal et Trierweiler, les femmes du président

2012/06/13

Royal et Trierweiler, les femmes du président

Entre film muet et soap opera…

… Tout au long de la campagne électorale, les équipes de François Hollande, les collaborateurs de Ségolène Royal, se concertent sans cesse pour éviter que les deux femmes ne se croisent dans les meetings.
Article superbe de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin sur Royal et Trierweiler, les femmes du président.
CRUELLE

Quand il arrive … à Paris, place de la Bastille, le nouveau président salue la foule, et applaudit en compagnie des figures socialistes le succès de la gauche. Puis quitte soudainement sa place pour embrasser affectueusement sur les deux joues Ségolène Royal, l'ancienne candidate malheureuse de 2007, la mère de ses enfants. Lorsque le nouveau chef de l'Etat revient à sa place, Valérie Trierweiler se glisse près de lui et le presse : "Embrasse-moi sur la bouche."

Quelques jours plus tard, elle mettra les choses au point pour les Français : "Elle est la femme politique, je suis la femme du politique." Et, cruelle, à l'attention du monde entier, dans le quotidien britannique The Times : "Il n'y a plus d'histoire sentimentale entre eux depuis sept ans." Autant dire depuis 2005, deux ans avant la séparation officielle du couple Hollande-Royal.

"CONFUSION"

Il faut se méfier des soirs d'élection présidentielle : ils sont souvent comme les scènes d'exposition des années à venir. Ce 6 mai 2012 sera-t-il le générique d'un mauvais vaudeville où François Hollande devrait s'accommoder de la rivalité de ces deux femmes, l'une compagne de son histoire passée, l'autre de sa vie présente ?

"Président normal", avait annoncé le candidat du PS. Sa promesse résonnait comme une rupture avec son prédécesseur - son ultraprésidence, la surexposition de son intimité et de sa famille. "Il y a des trucs que Sarkozy a tués, notamment l'affichage permanent du conjoint. Les Français ne supportent plus cette confusion du privé et du public", confiait-il au Point le 24 février 2011. Un an et quelques tweets plus tard, le pari est déjà raté.

Lire : Le conflit entre Trierweiler et Royal trouble la présidence Hollande

Lire aussi : Le tweet de Trierweiler "nous ramène à certains errements du sarkozysme"

Pour comprendre l'intrigue du petit drame politico-sentimental qui se noue, il faut remonter l'histoire politique sept ans en arrière. Nous sommes en 2005, quelques mois avant la première primaire socialiste. Ségolène Royal appelle les uns après les autres les plus proches amis du couple qu'elle forme, depuis leurs années étudiantes à l'ENA, avec François Hollande. "Tu as vu les sondages ? Ceux de François ? Les miens ?", demande-t-elle à Jean-Pierre Jouyet et à d'autres, qui finissent par comprendre qu'elle les somme de choisir entre eux lequel sera le candidat à la présidentielle. Voilà que s'enclenche ce qui restera l'un des secrets les mieux gardés de la campagne de 2007 : si Ségolène se présente, c'est aussi pour se venger d'un François Hollande qui l'a trahie.

Fin d'un couple, début d'une haine ordinaire. Les deux femmes ont pourtant bien des choses en commun. Une beauté classique à la française, des racines provinciales et un caractère autoritaire. Mais il y a, d'un côté, une femme blessée, qui n'entend pas tout perdre, y compris ce qu'elle croit être son destin politique. De l'autre, une compagne qui considère que Ségolène Royal a empêché, en le devançant, François Hollande de se présenter à l'élection présidentielle de 2007. "Vous n'avez aucune idée de tout ce qu'elle m'a fait !", répète la journaliste pour justifier ses préventions à l'égard de "l'ex".

2012/06/12

Halte à la désinformation sur la Pologne !

Halte à la désinformation sur la Pologne ! s'écrie Tomasz Orlowski, ambassadeur de Varsovie en France, qui, dans les dernières lignes de son brûlot, rappelle les façons méprisants dont l'Élysée avait traité la Pologne ainsi que d'autres pays de l'Est durant la guerre avec l'Irak.
… comment comprendre la phrase assassine : "L'UE, dont fait partie la Pologne, ne peut en aucun cas accepter en son sein l'existence et la persécution de prisonniers politiques" ? N'est-ce pas quasiment une imputation que la Pologne fait le contraire ? L'on conviendra que c'est aller assez loin.

Je ne connais pas les auteurs de ce pamphlet, ce qui ne joue pas en ma faveur, car ils doivent être des gens dotés de compétences rares, étant donné la certitude avec laquelle ils se prononcent, non seulement au sujet des sports, mais aussi des infrastructures, de la crise financière, de l'histoire contemporaine de l'Europe et tant d'autres. Si je les connaissais, je les aurais certainement priés de satisfaire ma curiosité et mon ignorance, en demandant quelle personnalité polonaise avait "l'impudence de dénoncer les menaces de boycottage politique lancées par certaines personnalités européennes comme "pratique de guerre froide"" ? !

Je tire mon chapeau devant l'intransigeance dont ils font preuve, aussi j'observerai avec intérêt s'ils vont défendre avec le même zèle les droits de l'homme dans le cas des autres grandes manifestations sportives qui nous attendent dans les prochains mois et années. Malheureusement, je crains qu'ils ne risquent d'en boycotter quelques-unes. Pour l'instant, je me limiterai à citer un homme politique français qui, il y a quelques années, a dit au sujet de mon pays : "Ils ont manqué une bonne occasion de se taire." Je leur laisse donc cette phrase à méditer.

2012/06/10

Portrait de l'un des idiots utiles d'un dictateur du Moyen-Orient

Toutes les dictatures ont leurs idiots utiles et Pierre Piccinin a bien servi le "bacharo-baassisme".
Ainsi commence l'article de Christophe Ayad dans Le Monde (qui le fait suivre avec un autre article, plus court, sur la galaxie hétéroclite des soutiens au régime de Bachar Al-Assad).
Jusqu'à ce qu'il ne soit plus utile à rien et qu'on l'envoie dans un cul-de-basse-fosse méditer sur l'ingratitude des dictateurs en général et de Bachar Al-Assad en particulier. Pierre Piccinin, 39 ans, belge et enseignant, est un aventurier sans fantaisie, un chercheur sans qualification. Bref, un touriste de la guerre.

Tel Fabrice à Waterloo, il a traversé la Syrie en révolution, sans rien y comprendre mais en croyant y voir clair. Jusqu'à ce qu'il passe de l'autre côté du miroir et découvre les geôles d'un régime qu'il avait défendu au-delà du raisonnable. Le 17 mai 2012, au mitan de son troisième séjour en un an, Pierre Piccinin a été arrêté en tentant d'entrer dans Tall Kalakh, un village près de Homs tenu par la rébellion et cerné par l'armée. Il a passé une semaine dans les geôles syriennes, trimballé de centres d'interrogatoire en lieux de détention, battu, torturé à l'électricité et contraint d'assister à l'agonie de pauvres diables atrocement suppliciés.

"EN SYRIE, ON TORTURE À LA CHAÎNE"

Ce saint Thomas contemporain aux convictions catholiques a vu de ses yeux les couloirs maculés de sang et les hommes en lambeaux. Il a entendu de ses oreilles les hurlements des torturés et la radio poussée à fond pour les couvrir. "En Syrie, on torture à la chaîne", dit-il aujourd'hui. On torture pour torturer, même pas pour des aveux.

Depuis son expulsion, le 23 mai, Pierre Piccinin plaide pour une intervention étrangère, seule à même, selon lui, de mettre fin au calvaire du peuple syrien. C'est un virage à 180 degrés pour ce chercheur autoproclamé et professeur d'histoire à l'Ecole européenne de Bruxelles. Pierre Piccinin, qui a effectué trois séjours en Syrie ces onze derniers mois, ne connaissait pas le pays avant le début du soulèvement en mars 2011. Alors que la quasi-totalité de la presse internationale se voit refuser des visas, il a bénéficié d'une surprenante tolérance, mais jamais ne s'en est étonné.

Visiblement éprouvé par la semaine passée en détention, Piccinin reste droit dans ses bottes, comme s'il faisait un effort intense pour ne pas voler en éclats avec ses illusions.

…. "On m'avait décrit un pays à feu et à sang, des manifestations monstres, une répression sans pitié, raconte-t-il. Et j'ai trouvé un pays calme, normal. Les rares manifestations étaient très limitées et les soldats ne tiraient pas. Les seules traces de destruction étaient le fait des manifestants." Son témoignage, publié sur son site, ravit le régime au point que le journal officiel As-Saoura le publie, sans les passages gênants, où il traite le régime baassiste de "dictature". Ses analyses plaisent tellement à Damas qu'il est réinvité, cette fois-ci par le ministère de l'information.

Avant de retourner en Syrie, il se rend deux fois en Libye pour vérifier ce qu'il appelle une "hypothèse" : "La chute de Kadhafi est le fruit d'une guerre de la France et de la Grande-Bretagne pour assurer leurs intérêts économiques." Obsédé par les théories du complot, il lui faut toujours découvrir le véritable sens caché des choses. Le régime syrien a su jouer à merveille de sa vanité et de son amertume d'être snobé par les chercheurs comme par les journalistes, qu'il ne se prive pas de critiquer.

Une Assemblée de cumulards : "Pour légiférer, il faut passer par le Parlement, ce qui revient à demander aux cumulards de mettre fin au cumul"


Anne Chemin sur Une Assemblée de cumulards :
le chemin de la rénovation semble difficile : plusieurs groupes de réflexion — la commission Mauroy sur la démocratie locale en 2000, le Comité Balladur sur la modernisation de la Ve République en 2007 — ont plaidé contre le cumul, et plus d'une quinzaine de propositions de loi ont été déposées depuis 2002, mais aucune n'a jamais abouti. "Pour légiférer, il faut passer par le Parlement, ce qui revient à demander aux cumulards de mettre fin au cumul, ironise Guy Carcassonne. Ce n'est pas le mouvement le plus naturel..."

Prudent, François Hollande n'a jamais promis le mandat unique qui prévaut dans certains pays anglo-saxons. Le nouveau chef de l'Etat s'est cependant engagé, dans ses 60 propositions, à faire voter une loi limitant le cumul des mandats : les députés pourraient dans ce cas conserver leur mandat de conseiller municipal, général ou régional, mais il leur serait interdit d'exercer des fonctions exécutives locales (maire ou maire-adjoint, président ou vice-président d'une collectivité territoriale) - une idée que les militants socialistes avaient approuvée à plus de 70 % lors d'une consultation, en 2009. Le PS admettait alors qu'il s'agissait là d'une "mesure modérée", mais il promettait d'imposer, un jour, un "mandat parlementaire unique". L'avenir dira si ces engagements seront respectés.

2012/05/29

"Des Torquemadas de café du commerce, des professionnels du choquage, de l'indignation tarifée"


Dans un article du Monde de Daniel Psenny, Eric Zemmour
a fustigé, lundi matin, sur RTL, les "professionnels du choquage, de l'indignation tarifée".
Le chroniqueur risque d'être licencié de RTL pour avoir dit qu'
"En quelques jours, Taubira a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues, sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs dans le mauvais"

Le journaliste a aussi reproché à la nouvelle ministre de la justice de se montrer "douce, compatissante et compréhensive comme une maman pour ses enfants, ces pauvres enfants qui volent, trafiquent, torturent, menacent, rackettent, violentent, tuent aussi parfois".

Sur RTL, Eric Zemmour a aussi dénoncé

"des Torquemadas de café du commerce", des "professionnels de l'indignation tarifée".
SOS Racisme proteste.

Déjà, il y a plus d'un an, un lecteur du Monde réagissait :
Réactionnaire est un terme dont le Parti Communiste affublait tous ceux qui s'opposait à sa doctrine, à ses manipulations,à ses mensonges.Par extension toute la Gauche affuble ses opposants de "réactionnaires",cad tous ceux qui ne partagent pas ses idées,ses lubies.Je m'étonne que RB, éminente journaliste dévie ce terme pour disqualifier des personnes qui ne font qu'exprimer la liberté d'expression dans ce pays.On peut aussi dire qu'ils réagissent à l'embrigadement du politiquement correct.

2012/05/26

"Quelle hypocrisie! Maintenant que votre candidat a été élu, vous pouvez verser des larmes de crocodile sur l'antisarkozysme des médias"

Jacques Sauvage lives up to his name as he blasts Le Monde in 2012 for the same reasons that America's mainstream media outlets were blasted after Barack Obama's 2008 win for their subsequent hypocritical in-hindsight crocodile tears and hand-wringing.

Jacques Sauvage, de Paris :
"Quelle hypocrisie ! Maintenant que votre candidat a été élu, vous pouvez, sur deux pages, verser des larmes de crocodile sur l'antisarkozysme des médias"

2012/05/25

Depuis l’été 2011, les soldats français en Afghanistan n’interviennent plus sur le terrain et sont cantonnés dans leurs casernes

Michel Garroté compare les conditions dans les armées américaine et française.
Depuis l’été 2011, les soldats français n’interviennent plus sur le terrain et sont cantonnés dans leurs casernes. Cette décision a été prise par [Nicolas] Sarkozy en vue des présidentielles de 2012.

En effet, la mort de 83 soldats français ayant soulevé l’émoi en France, l’ex-président avait jugé préférable de faire en sorte que plus aucun soldat français ne soit exposé au moindre risque (ce qui n'a pas empêché les talibans de tuer des soldats français). Vu sous cet angle, le retrait des troupes combattantes françaises d’ici 2012 ne change rien, puisque ces troupes combattantes françaises d’Afghanistan sont recluses dans leurs casernes depuis l’été 2011 ; et puisque de toute façon, elles ne représentent que 3% des effectifs si l’on comptabilise les soldats américains.

En réalité, ce n’est pas le retrait des troupes combattantes françaises en lui-même qui pose problème, mais le rythme auquel ces troupes seront rapatriées. A cet égard, il faut bien comprendre un certain nombre de conditions. Pour
un soldat français combattant, il y a trois soldats français chargés de la couverture et de la logistique. En clair, sur 3'000 soldats français en Afghanistan, 750 soldats sont des troupes combattantes et 2'250 soldats sont des éléments chargés de la couverture et de la logistique. Autrement dit, jusqu’à l’été 2011, 750 soldats français, et non pas 3'000, ont combattus. Et sur ces 750 combattants français, 83 ont été tués.

Ce ratio (11%) est déplorable : 83 combattants tués pour 750 combattants au total, cela signifie que les 2'250 autres soldats français, chargés de la couverture et de la logistique, n’étaient pas assez nombreux et pas assez équipés. A titre de comparaison, dans l’armée américaine basée en Afghanistan, pour un combattant, il y a dix soldats, et non pas trois, chargés de la couverture et de la logistique. Et de ce fait, le ratio des soldats américains tués (3%) est nettement moins élevé que dans le cas de figure français (11%).

A ce propos, je me permets de rappeler que sur ce blog, nous avons régulièrement rendu hommage aux combattants français de la liberté tués au champ d’honneur ; alors que les médias français, eux, préféraient dénoncer la mort de ces combattants et réclamer le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.

… Enfin, j’aimerais revenir sur le fait que la France est - à nouveau - membre de l’Otan, et ce, depuis 2009, à l’initiative de Sarkozy. Pour mémoire, le « Pacte Atlantique » a été fondé en 1945 et la France en faisait partie. Mais en 1966, De Gaulle a fait sortir la France de ce qui aujourd’hui s’appelle « l’Otan ». En cette année 1966, De Gaulle justifie sa décision en déclarant que l’Europe n’est pas un « protectorat américain ».


Je m’abstiens de commenter ici en détail le jargon du général, mais je note qu’en sortant du Pacte Atlantique, la France, avec l’intense lobbying du Parti Communiste Français aligné sur Moscou, s’est notablement rapprochée de l’URSS, ce qui relativise considérablement la notion gaullienne d’indépendance. Sans parler de la « politique arabe de la France » dont chacun peut aujourd’hui évaluer les effets catastrophiques.

… je note avec inquiétude que Hollande et Fabius opèrent en ce moment un rapprochement avec l’Iran sur le dossier nucléaire. La France de François Hollande sera-t-elle encore pire que celle de Nicolas Sarkozy pour les Chrétiens d’Orient et pour Israël ? Je crois qu’il est permis de se poser la question.

2012/05/23

Les infrastructures et surtout les voitures ont fait d’énormes progrès, la technologie a permis de les rendre plus sûres


Faut-il dépasser les limites de vitesse, demande L'Argus, qui lance le débat avec plusieurs tests entre "une Renault Laguna, l’un des modèles actuels de grande série les plus sûrs, [et] sa grand-mère, star de l’époque, la Renault R16 TS."
Équipée d'aides électroniques, l'automobile d'aujourd'hui permet de rouler en toute sécurité, bien au-delà des limitations de vitesse fixées il y a 40 ans. Faut-il faire évoluer ces dernières sous certaines conditions?

Près de 40 ans plus tard, le nombre de morts a été divisé par quatre. En même temps, le trafic automobile a plus que doublé. Les infrastructures et surtout les voitures ont fait d’énormes progrès. La technologie a permis de les rendre plus sûres. Pourtant, les limitations de vitesses n’ont pas changé. Face à ce paradoxe, la législation doit-elle évoluer ? Pour apporter une réponse L’argus s’est livré à plusieurs tests.

En guise de conclusion (lire le détail des 4 tests), Christophe Bourgeois explique que
Malgré ses 40 ans d’âge, la R16 n'a pas démérité. Mais la Laguna est à largement plus sûre. Son comportement irréprochable, son freinage puissant et ses aides électroniques, aujourd'hui de série sur la quasi-totalité des voitures commercialisées, lui permettent de rouler en toute sécurité à des vitesses bien supérieures à celles fixées par une législation vieille de 40 ans.

Alors faut-il supprimer les limitations dans certaines conditions ? Les adapter aux autos d’aujourd’hui ? Les moduler en fonction du trafic, des conditions météos, du réseau ? Le débat est lancé.

2012/05/21

Yves Roucaute sur la reconquête du pouvoir par la droite

… chacun pourra apercevoir le socle commun de la reconquête
du pouvoir par la droite, claironne Yves Roucaute dans Le Monde :
les valeurs universelles d'origine judéo-chrétiennes, la défense du mode de vie à la française et de la puissance de la France dans une Europe forte. Ce qui est précisément le patriotisme à la française.

2012/05/20

Dans un vote au Centre de Formation des Journalistes, Hollande rassemble 100 % des suffrages alors que Sarkozy n'obtient pas une voix

A l'occasion du scrutin présidentiel, le Centre de formation des journalistes de Paris organise un vote parmi les étudiants de première année. François Hollande et Jean-Luc Mélenchon arrivent en tête du premier tour ; Nicolas Sarkozy n'obtient pas une voix. Le candidat socialiste rassemble 100 % des suffrages au deuxième tour. Un score à la nord-coréenne ! Grognards et grognons de l'UMP y voient la confirmation de ce qu'ils disent : la presse est partisane.
Alain Frachon part alors aux États-Unis pour évoquer
une grosse étude intitulée L'Elite médiatique. C'est du costaud, argumenté, documenté. Le livre [de trois politologues américains, Robert Lichter, Stanley Rothman, Linda Lichter] démontre que la plupart des journalistes aux Etats-Unis sont des électeurs du Parti démocrate. Il établit un parti pris systématiquement antirépublicain dans la couverture des grands quotidiens et des grandes chaînes de télévision. Il dénonce ce qu'il appelle "un biais journalistique presque inconscient" en faveur de la gauche, mélange de suffisance élitiste et de complexe de supériorité morale, qui, dit-il, ne reflète aucunement l'état de l'opinion.
Retour en France, où Le Monde revient sur vote au Centre de formation des journalistes de Paris :
" Les journalistes sont tous de gauche ", assure une femme. Elle en veut pour preuve le sondage réalisé dans une école de journalistes : 100 % des étudiants ont voté pour l'autre bord. " Dès le départ, ils sont hostiles ", dit-elle. On parle ensuite d'Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg, d'Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn, de François Hollande et Valérie Trierweiler, pour montrer jusqu'où vont ces affinités électives.
Voir aussi : Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?

2012/05/19

Les journalistes ont été l'une des grandes indignations de la campagne, presque une colère

Chez les lecteurs, les téléspectateurs et les électeurs, les journalistes ont été l'une des grandes indignations de la campagne, presque une colère
racontent Florence Aubenas, Raphaëlle Bacqué, Ariane Chemin, Benoît Hopquin et Vanessa Schneider qui présentent "un florilège de quelques scènes de la vie politique et médiatique qui ont scandé la présidentielle."
Au sein de la presse, la plupart des journaux s'insurgent aussi. Jusqu'à Alain Duhamel qui convient : "C'est une amie d'Anne Sinclair et une amie d'Anne Sinclair ne devrait pas interroger Dominique Strauss-Kahn..."
… C'est une des vidéos qui fascine tout Internet, avec connexions en rafale, déchaînement de commentaires et bravos virtuels. Vendredi 13 avril, Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle sous l'étiquette Debout la République, est invité au "Grand Journal"" sur Canal+ : en trois minutes cinquante-sept secondes, il va produire un concentré de "tout ce qu'on pense des journalistes", estime un internaute, et "donner un coup de pied dans cette saloperie de fourmilière".

Ce soir-là, donc, Nicolas Dupont-Aignan monte au créneau, assez vite : "Je sais pourquoi les Français ne lisent plus les journaux. Ils vont sur Internet, et heureusement qu'il y a Internet. Parce que tous ces éditorialistes de bazar, qui vivent ensemble, qui font tout le temps les mêmes articles, qui sont totalement coupés des réalités, qui gagnent un argent fou, et qui croient connaître les Français, on va s'en débarrasser un jour."

Sur le plateau, face à lui, Ariane Massenet, qui mène l'interview, reprend en souriant : "Vous vous mélenchonisez !" A vrai dire, elle aurait pu aussi bien dire "vous vous lepénisez", ou "vous vous sarkozissez", voire "vous vous évajolisez" tant les critiques contre les médias ont, cette année, fait partie intégrante des discours de campagne. Nicolas Dupont-Aignan, lui, est lancé : "Madame, venez avec moi une fois sur le terrain, venez voir les Français qui souffrent. On ne vit pas dans le même monde."

Cette fois, c'est Michel Denisot, le patron de l'émission, qui reprend, calme : "Mais si, Monsieur. On ne vit pas sur la lune. Vous ne savez pas où je vis." A partir de là, l'émission s'échappe, les rôles s'inversent et l'interrogé interroge : "Donnez-nous votre salaire, combien vous gagnez ?", demande Nicolas Dupont-Aignan. "Dites-le aux Français ! Vous n'oserez pas le dire." Michel Denisot refuse "de polémiquer", mais le candidat est lancé : "Vous ne pouvez pas dire droit dans les yeux aux Français combien vous gagnez, car c'est une somme tellement extravagante (...). Tous ces gens qui s'en mettent plein les poches, qui donnent des leçons à la terre entière (...)."

Voir aussi : Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?

2012/05/18

"Engagement partisan" : Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?

Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?
demande Pascal Galinier, le Médiateur du quotidien de référence dont la chronique note des descriptions de François Hollande pour le moins discutables, comme par exemple la «tonalité churchillienne» du candidat socialiste.
"Le despote, le chef de la peste brune, l'hydre de la droite a été mis à terre et terrassé par «saint Georges Hollande», avec l'aide de votre corporation en général, par votre résistance opiniâtre et soutenue contre l'empire du mal..." L'ironie de Maurice Guyader (Toulon) est amère. Elle donne le ton du courrier de nos lecteurs depuis l'élection d'un président de gauche à l'Elysée.

Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?

… En janvier, Dominique Brun notait que "l'engouement des éditorialistes et journalistes du Monde pour le candidat Hollande (...) ne constitue pas une totale surprise pour un vieux lecteur". Cela n'empêchait pas ce "vieux lecteur" de Neuilly (Hauts-de-Seine) d'épingler "le lyrisme des commentaires à propos du candidat ou de son programme : «volonté de réalisme et de sérieux» dans Le Monde du 24 janvier, «tonalité churchillienne» (pas moins !) dans Le Monde du 27 janvier..." Peut-on conclure comme lui que cela "relève de l'engagement partisan » ?

… Certains de nos lecteurs ont, eux, déjà aiguisé leur plume... L'ère du soupçon a-t-elle commencé ? L'air du soupçon trotte en tout cas dans leurs lettres... "S'il est une profession qui doit se réjouir de la victoire de Hollande, c'est celle de journaliste", affirme Roger Saint-Pierre (La Rochelle). Il a son explication : "Les niches fiscales qui concernent les journalistes étaient menacées d'être réduites ou supprimées en cas de réélection de Sarkozy. Avec Hollande, il n'y a rien à craindre !" "Le Monde, second gros perdant de la présidentielle", tranche au contraire Daniel Boéri, de Monaco : "Avançant masqué, telle une pythie, distribuant comme toujours ses leçons de morale aux uns et aux autres, il vient de tomber de son piédestal. C'est sans doute l'échec le plus retentissant de toute la presse."

Caroline Madec pense utile de nous rappeler que "le rôle d'un journal n'est pas de convaincre ses lecteurs de croire en quelque chose mais de les informer, afin de leur permettre de prendre la meilleure décision, en connaissance de cause". Une belle et bonne définition de notre métier, tel que nous nous efforçons de le pratiquer jour après jour, croyez-le bien, chère "fervente lectrice" de Quimper ! … De Hambourg, en Allemagne, une certaine... France (qui souhaite rester anonyme) nous dit son "malaise" de lectrice : "l'objectivité n'existe pas, pas plus que l'impartialité. Cependant, Le Monde m'avait habituée à plus de rigueur, d'équité et à moins d'ambiguïté dans le traitement des informations. Je peux très bien comprendre, admettre, partager votre rejet de tel ou tel comportement, de tel ou tel candidat, mais je souhaiterais que vous les traitiez sur un pied d'égalité".

2012/05/15

Au sein de l'UE, les 20 % les plus riches ont des revenus 5 fois plus élevés que les 20 % les plus pauvres

Pendant que les Européens font la morale aux Américains sur les "ravages" de leur système "ultra-libéral" et "ultra-capitaliste" et "sauvage", Le Monde nous apprend qu'au sein de l'UE, les inégalités de revenus vont du simple au double.
En moyenne, au sein de l'UE, les 20 % les plus riches ont des revenus cinq fois plus élevés que les 20 % les plus pauvres, mais les niveaux d'inégalité peuvent différer du simple au double entre pays.

Depuis 2007 et le déclenchement de la crise, les plus fortes hausses ont été enregistrées en Espagne et en Lituanie. La moyenne européenne est, elle, restée stable.

Les inégalités se sont également creusées en France (+ 0,6) depuis 2007. Après une baisse dans les années 1990, l'écart est reparti à la hausse au cours de la dernière décennie, notait un rapport de l'OCDE en décembre 2011. Selon l'organisation, le système de redistribution (à travers les prestations sociales et les impôts), qui permet de réduire les inégalités de 30 % en moyenne, est devenu moins efficace.

2012/05/14

The "Beauty of Siberia's Nature": For a Number of Prisoners, Writes Le Monde, the Soviet Gulag Was a Positive Learning Experience

Pour tous ceux qui sont arrivés enfants au goulag et y sont devenus adultes, ce fut un épisode douloureux mais aussi un moment de formation, une école.
After the first moment of satisfaction of learning that a book (Déportés en URSS) has been published concerning the Soviet gulag (in conjunction with the setup of an EU website), your eyes kind of, how to say this, pop open when you read in Julie Clarini's book review that the Le Monde reporter thinks nothing of describing the communist horrors in a perfectly lackadaisical fashion:
Let us remember that a large number did not survive. The others managed to adapt and the majority was freed in the middle of the 1950s.
A "large number did not survive", she writes; not "a large number were mercilessly assassinated." Later, you will notice, she mentions the (passive) "dead" and not the (actively) "murdered."

From that insouciant description — although it is not clear whether the laid-back tone of the review reflects that in Marta Craveri and Alain Blum's book — it does not take long to learn about "the insignificant amount of hatred felt by the prisoners towards the Russians" and how
Amongst the dead [not "the murdered"], the cold, the mud, and the insects, one runs into a girl who would never forget the beauty of the Siberian nature, or a boy who was proud to drive a tractor. For all those who arrived in the gulag as children and who grew up there, it was a painful episode, but also a learning experience, a sort of school.
We are then told it was a "bitter school", but the question remains, Would any reviewer have been so casual in describing the Nazis' concentration camps?! Can you imagine any reviewer thus speaking about… Guantánamo Bay?!
Au milieu des morts, du froid, de la boue et des insectes, on croise ici une fillette à jamais marquée par la beauté de la nature sibérienne, là un jeune garçon tout à sa fierté de conduire un tracteur. Pour tous ceux qui sont arrivés enfants au goulag et y sont devenus adultes, ce fut un épisode douloureux mais aussi un moment de formation, une école.