2011/10/29

Le "printemps arabe" laisse comme un goût de cendres aux lecteurs du Monde tandis que d'aucuns comparent Kadhafi à Che Guevara et Allende

En Libye, la fin tragique de Kadhafi et l'annonce par le Conseil national de transition (CNT), en guise d'épitaphe, du retour à la charia et à la polygamie, fait dire à Jean-Louis Maigrot (Dijon), que "le choléra Kadhafi a été remplacé par la peste musulmane".
«En cette veille de Toussaint, le "printemps arabe" laisse comme un goût de cendres à nos lecteurs» admet le Médiateur du Monde.
Cas particulier, ce lecteur se revendique "islamophobe". D'autres n'en pensent pas moins... "L'Occident bonasse a-t-il encore aidé un clone de Khomeiny à prendre le pouvoir ?", soupire Jean-Claude Demari (Rueil-Malmaison). Lui veut croire que "l'opposition à l'islamisme obscurantiste n'est, heureusement, plus l'apanage de l'extrême droite ou de la droite dure. " Un vrai débat. Qui divise nos lecteurs comme bon nombre de personnes. Témoins les réactions suscitées en ligne par l'éditorial du Monde se demandant : "Et si, en Tunisie, la démocratie passait par l'islam ?" (27 octobre). "La naïveté bien-pensante des éditoriaux du Monde est renversante", commente un certain "Alain Neurohr". "Le Monde "idiot utile" de l'islamisme ?", raille "DR".

… le scepticisme prévaut. "Je rappelle que dans les années 1930, on prenait Hitler pour un rigolo pas dangereux : vous connaissez la suite !", dit Jacques Adit (Chambéry). "Gageons qu'une fois au pouvoir, le nouveau gouvernement de Tripoli sera qualifié par les dirigeants occidentaux de "modéré" afin de pouvoir entretenir avec lui, sans se damner, des relations commerciales fructueuses...", écrit Laure Fouré (Versailles). "Que personne en France ne s'avise de critiquer un voile islamique car c'est le niqab que la France vient de coller sur la figure de la Libye", éructe Wardia Salem (Montrouge), pro-kadhafiste radicale.

Dans la ligne de mire de bon nombre de lecteurs, "le sémillant BHL" (Joëlle Goutal, Paris). "De la rose des sables arborée au col blanc du spin doctor Folamour de notre président, ne subsistent que les épines d'un régime islamique, prélude à un hiver arabe glacial !", lance, lyrique, Samy Mekhloufi (Lyon).


Entretemps, continue le Médiateur du Monde, il semblerait qu'aient commencé les comparaisons de l'ex-dictateur libyen avec les plus grands "martyrs" et icônes gauchistes.
Kadhafi sera-t-il plus grand mort que vivant ? La diffusion, discutable, des images violentes de sa capture et de sa mort laisse nos lecteurs entre fascination et répulsion. Sur Internet, d'aucuns le comparent déjà à Che Guevara. "Mort en combattant", salue Georges Henry, de Lons-le-Saunier (Jura). "Un panache que beaucoup de chefs d'Etat renversés, à part Salvador Allende, ont été incapables d'avoir", souligne Christian Vezon.

Sirio Caramelli (Montpellier), lui, est plutôt allé "revoir des photos de Mussolini pendu. Eh bien, n'en déplaise aux âmes nobles, un dictateur lynché ça ne me dérange pas, mais alors pas du tout !" "De bien belles images d'humiliation de dictateur, comme on aimerait en voir plus souvent", approuve "Aline Maginot" (Web) qui "espère que ces images seront vues à Damas chez les Assad"...

… "Brandir la menace de l'islamisme agressif relève du manichéisme le plus primaire, estime "Homme Curieux" (Albi). La Révolution française a aussi accouché de la Terreur..." "... Et celle de 1917 engendra en Russie le totalitarisme le plus criminel de l'histoire", ajoute Laure Fouré. "Il ne faut pas se faire d'illusion : la Tunisie verra son avenir à la turque. Les Occidentaux pensent que leur modèle politique est exportable dans le monde entier. La réalité est tout autre", tranche Schneider Richard (Stattmatten, Bas-Rhin).

2011/10/20

La débuscation de lecteurs racistes…

Banlieue, islam : deux mots qui fâchent ? Deux mots qui, associés, déchaînent en tout cas les passions. Entre non-dit et trop-dit. Entre rage et courage. Entre « droit à la différence » et « droit à l'indifférence », comme dirait notre chroniqueuse Caroline Fourest.
Dans sa chronique du Médiateur du Monde, Pascal Galinier évoque les réponses des lecteurs aux clichés de Clichy.
« Les articles qui concernent l'islam suscitent généralement beaucoup de réactions, et parfois des plus virulentes, relève Tristan Lescot, modérateur sur le site. La frontière, pour nous, est subtile à trouver, entre laisser respirer le débat et éviter qu'il se transforme en exutoire des pulsions racistes qui animent quelques lecteurs. Il y a ceux qui ont une distance critique vis-à-vis des propos du journaliste ou de l'analyste, ceux qui tentent d'expliquer le phénomène, ceux qui ont un avis définitif sur la question (les plus nombreux). » Sur l'article concerné, précise-t-il, « en tout et pour tout, il n'y a eu que treize réactions supprimées, ce qui, par rapport au nombre de validées [255 au dernier pointage], est un ratio très peu important ».
À Pascal Galinier de continuer et de suggérer que bon nombre de Français (ou de lecteurs du Monde) sont racistes.
Reste que, comme toujours, nombre de commentaires sont anonymes. Ce qui ne les empêche pas d'être souvent pertinents. Le médiateur est tenté d'interpeller ces lecteurs non identifiés. Ce « Martial Langlois » qui nous dit : « Et si les cantines se désertaient surtout parce que les enfants se plaignent à leurs parents de la mauvaise qualité du service ? Le halal aurait bon dos alors et ne serait qu'une excuse pour justifier la détérioration du service des cantines scolaires... » Cette « Colette Bourguignon », pour qui « le fait musulman en France mérite d'être étudié en détail et sans aucun interdit ». Cet « Eugène » qui affirme que « l'Institut Montaigne, digne représentant de la majorité en place, continue à alimenter une islamophobie condescendante sous la couverture de scientifiques à la noix... ». Ce « Cheikh Radja », comparant Gilles Kepel à « une sorte de Tintin en banlieue »...
Incendier de façon similaire les États-Unis ou les capitalistes, voilà un sujet qui n'emmènerait aucun Holà. Au contraire… Là, le plus de vitriol possible (et point besoin de couvert d'anonymat), le mieux c'est…

2011/09/26

Devoir de réponse

Détail insolite : toute personne citée dans un article, que ce soit en bien ou en mal, est en droit de demander un droit de réponse...
Dans sa chronique du Médiateur du Monde, Pascal Galinier évoque le devoir de réponse (où l'on apprend que le médiateur va se doter d'un blog sur le site Lemonde.fr) :
Le Monde, on s'en doute, en reçoit des dizaines chaque année. Privilège d'un journal dit « de référence »...

Concrètement, le demandeur a trois mois (après la publication ou la première mise en ligne de l'article incriminé) pour faire jouer son droit de réponse, et le journal a trois jours pour le publier s'il le juge recevable, sous peine d'une amende de 3 750 euros. « La réponse à l'article incriminé ne doit pas porter atteinte à l'honneur et à la considération du journaliste, mettre en cause des tiers, tenir des propos contraires à l'ordre public, rappelle l'avocate du Monde, Catherine Cohen-Richelet. Le texte du droit de réponse doit être pertinent, précis, répondre au contenu de l'article, ne pas servir de prétexte à une tribune libre dans le journal... »

En période électorale, la loi se fait plus contraignante. « Le délai de publication est alors ramené à un jour ; sous réserve que le droit de réponse soit parvenu au journal six heures au moins avant le début du tirage », souligne l'avocate. Autant dire que notre journal entre dans une période de turbulences - déjà bien commencée depuis que l'Etat traque les sources de nos journalistes par des moyens légalement discutables...

« Le droit de réponse, c'est la contrepartie de la liberté de la presse », résume sobrement Me Cohen-Richelet. Une belle... réponse à ceux qui pensent - y compris parmi les lecteurs du Monde - que la presse s'autorise tout et n'importe quoi, qu'elle abuse de sa liberté...

Au-delà de ce tant redouté droit de réponse légal, une autre revendication semble en train d'émerger. Elle émane du simple lecteur. Ceux qui nous écrivent paraissent en attente d'une sorte de « droit à la réponse ». Les plus anciens rappelleront ce que disait Hubert Beuve-Méry : « Toute lettre mérite réponse. » De fait, jusqu'en 1995, Le Monde s'imposait de répondre systématiquement dans ses pages à tout courrier publié, qu'il relève ou pas d'un droit de réponse légal. A tel point que cette pratique était devenue au fil des ans emblématique de l'arrogance reprochée au quotidien, qui s'arrogeait « toujours le dernier mot », disait-on alors. Elle fut donc supprimée.

Mais voilà. Aujourd'hui, avec Internet, « l'arrogance » n'est plus dans le fait de répondre... mais dans l'absence de réponse !

2011/09/15

La répression aveugle décrétée dans l'intention beaucoup moins avouée de renflouer les caisses de l'Etat

Nous constatons, nous, que si la situation en matière de permis ne s'est pas améliorée, elle s'est en revanche fortement dégradée
constate Le Mag Auto.
La moyenne des candidats qui reçoivent chaque année la petite feuille rose reste bloquée à 56 % (avec 700 000 recalés) et l'embouteillage, voire même l'énorme bouchon qui se forme sur le pas de porte des auto-écoles commence à poser problème.

… constat dramatique, dans les salles d'examen du code de la route, on retrouve autant d'apprentis conducteurs que de conducteurs chevronnés venus ici réviser leurs gammes à cause de la répression aveugle décrétée, certes, dans la louable intention de faire baisser le nombre de victimes sur les routes mais également dans l'intention beaucoup moins avouée de renflouer les caisses de l'Etat.

2011/09/04

Nafissatou un agent de la CIA ? "Retourné" par l'influence de ses "amis" gauchistes, Pascal Bruckner se range aux côtés des anti-Américains primaires

…à quoi ont servi les affaires Clinton ou DSK ?
demande Pascal Bruckner dans Le Monde.
A condamner l'érotisme pour mieux en parler, à se pourlécher des semaines, des mois durant de détails croquignolets, à évoquer la fellation, la semence, les organes génitaux avec une gourmandise faussement indignée.
J'ai cité Pascal Bruckner de nombreuses fois dans mon livre, La Bannière Étalée — notamment lorsque, à l’époque de la guerre en Yougoslavie, il disait qu'il existe en Europe un groupe de critiques primaires, pour qui le pire crime d’un tyran comme Milosevic ne pourra jamais égaler le crime fondamental de l’Amérique : le simple fait d’exister.

Et c'est donc avec une double dose de tristesse qu'on s'aperçoit qu'il prend pour pain bénit le politiquement correct et la pensée unique des gauchistes, auto-congratulatoires, sur par exemple la guerre "désastreuse" en Irak (les médias américains de la Côte Est, anti-Bush pendant huit ans, "de purs et simples propagandistes du département d'Etat" ?!) ou la prétendue "hypocrisie" de la société américaine, et que Pascal Bruckner semble donc s'être rangé du côté des anti-Américains.

En effet, la rare enquête d'une Joan Buck dans "le très sérieux magazine Newsweek" (qui perd ses lecteurs de semaine en semaine) sur "la sexualité archaïque des Français" n'est rien à côté de ce que j'ai entendu, ce que j'ai lu, et ce que j'ai vu sur les Américains en France depuis avant l'an 2000 — et dont le propre article de Pascal Bruckner, d'ailleurs, n'est que l'exemple le plus récent.
De quoi s'agit-il en l'occurrence ? De redoubler la condamnation des plaisirs par la criminalisation de l'acte hétérosexuel : tout homme est un violeur en puissance, toute femme une victime potentielle. Le compliment est la première étape du harcèlement, la drague un viol anticipé, la galanterie un euphémisme pour dissimuler la volonté de prédation. La chair est corruptrice, le désir dangereux.
Tout ce que Pascal Bruckner reproche aux États-Unis, c'est-à-dire aux Américains puribonds ("On se souvient peut-être de cette université de l'Ohio qui avait tenté au début des années 90, appuyée par la principale organisation féministe de l'époque, de promulguer une charte réglementant l'acte intime entre étudiants"), est en fait le fruit de décennies de théories de la gauche, avec leur soutien aux féministes extrêmistes.
Cette codification folle est le lot d'une société paniquée, dépourvue de toute culture amoureuse et qui veut imposer une police du désir à tous.
Cela ("cette inquisition démocratique"), ce n'est pas le désir des Américains (surtout pas des conservateurs, dont le motto serait plutôt Don't Tread on Me ou Laissez-Moi Tranquille), mais des gauchistes de tous pays.
La vie privée disparaît, l'impératif de transparence conduit au triomphe de l'hypocrisie et à la surveillance de tous par chacun.
Et tout ce que pour lequel se battent les Tea Partiers tant honnis, Pascal Bruckner, c'est contre la raison du tout-état, tant contre l'œil vigilant des autorités et des bureaucrates que contre "l'œil vigilant des avocats prêts à faire les poches" des honnêtes citoyens.

Par ailleurs, un lecteur du Monde réagit :
On appréciait un Pascal Bruckner " écrivain et essayiste ", on découvre un mauvais scénariste ressassant une haine de l'Amérique aux relents déplaisants.

Pascal Bruckner s'empare de l'affaire Strauss-Kahn pour se lancer dans une analyse mi-sociologique, mi-psychanalytique très sommaire de ce qu'il croit être l'Amérique, en colportant des clichés surannés et grotesques (" Ne pas prendre l'ascenseur seul avec une étudiante " !).

Son imagination le conduit à affirmer : " Punir la France pour l'Irak, pour Roman Polanski, pour les lois sur le voile... tel est le sens ultime de l'affaire DSK. " C'est tout ? Où diantre M. Bruckner est-il allé chercher tout ça ? Pour un peu, on sent qu'il n'est pas loin de penser que Nafissatou Diallo est un agent de la CIA ! Il s'égare et semble se refuser à admettre la réalité de l'affaire Strauss-Kahn.

Le rapport du procureur Cyrus Vance énonce en résumé et très clairement : " Il y a eu une relation sexuelle précipitée, et probablement non consentie. " Dans la certitude de ne pas pouvoir réunir l'unanimité de douze jurés pour faire condamner DSK en raison du manque de crédibilité de Mme Diallo, le procureur Vance renonce au procès.

Juridiquement, l'abandon des poursuites à l'encontre de DSK ne signifie nullement — contrairement à ce que voudraient faire croire l'entourage, les avocats et thuriféraires habituels de DSK — que celui-ci est innocent. Il signifie plus prosaïquement que la justice renonce à découvrir une vérité qui ne restera connue que des deux protagonistes.

Dans la non-connaissance de LA vérité, l'attitude la plus digne à observer — avant de distribuer des anathèmes délirants — réside dans un silence prudent, en observant qu'en tout état de cause, c'est bien dans le seul comportement de DSK que se situe le point de départ de l'affaire.

Dominique Brun
Neuilly-sur-Seine

2011/09/03

Si l'argent est le mal primordial de la justice américaine, le remède, imparfait et partiel, se trouve donc dans ce même mal

Dans la foulée de l'arrestation de M. Strauss-Kahn par la police new-yorkaise, Robert Badinter a dit que "la présomption d'innocence n'existe pas aux Etats-Unis"
écrit Arthur Goldhammer dans Le Monde.
Ce propos, surtout venant d'un ancien garde des sceaux, a pu choquer plus d'un citoyen américain. Notre système de justice mérite-t-il cette condamnation sans appel d'un expert de cette envergure ?

Notre police s'est fait fort de détenir un personnage de haut vol sur la parole non vérifiée d'une simple femme de chambre ; un juge, ayant pris conscience d'un soi-disant risque de fuite vers un pays sans traité d'extradition avec les Etats-Unis, a cru bon d'enfermer ce même dignitaire dans une prison notoire pour héberger les plus communs des malfrats de Harlem ou du Bronx ; et le procureur, pour flatter le peuple qui l'élit, a choisi de livrer à la meute médiatique le directeur du Fonds monétaire international, ancien ministre des finances de la France et présumé candidat à la prochaine présidentielle, menotté, non rasé, et visiblement abîmé.

Il faut reconnaître, cependant, que pour le citoyen lambda américain, tout cela, ou presque (beaucoup d'Américains n'aiment pas la "perp walk", ou l'exposition de l'accusé devant les caméras), est à mettre au crédit de la police et du procureur. On voudrait bien penser, jusqu'à preuve du contraire, que la justice américaine ne fait pas d'exception pour les grands de ce monde et que la parole accusatrice d'une femme de chambre dans un cas de viol vaut bien celle d'une dame du monde.

Mais à cette défense de la justice américaine au nom de l'égalité, on objectera sans doute que les Américains se trompent profondément en se croyant dotés d'un système égalitaire. En fait, dit-on, l'argent y peut tout, y compris faire libérer un coupable.

Pour des raisons évidentes, les défenseurs de M. Strauss-Kahn préfèrent taire cet argument, mais nombreux sont ceux qui le font à leur place. Ironie du sort ! En l'occurrence, la fortune et la célébrité de Dominique Strauss-Kahn ne jouent pas en sa faveur. Aurait-il été "n'importe quel quidam", il aurait sans doute bénéficié, qu'il le mérite ou non, d'un non-lieu rapide à la suite de la révélation des problèmes de crédibilité du témoin principal contre lui. Mais la perspective de dommages et intérêts importants ou, plus probablement, d'un accord faramineux entre la partie civile et l'accusé après un non-lieu dans le cas criminel, a permis à l'accusatrice de trouver une représentation légale (et, notons-le, médiatique) de premier ordre.

Si l'argent est le mal primordial de la justice américaine, le remède, imparfait et partiel, se trouve donc dans ce même mal. Un vice en chasse un autre, même si, au lieu de justice, la présumée victime, à supposer qu'elle ait la baraka face aux avocats de la défense, aura à se contenter d'une compensation monétaire du tort qu'elle aurait subi.

D'aucuns diront qu'il y a deux autres vices criants du système américain, l'un d'ordre juridique, l'autre d'ordre politique. Le problème juridique, c'est que le système accusatoire est censé aiguiser la soif de victoire au lieu d'encourager la recherche de la vérité. A la différence du juge d'instruction, qui instruit, selon la phrase consacrée, "à charge et à décharge", le procureur ou l'avocat de la défense ne chercheraient qu'à gagner à tout prix.

A cette critique, l'affaire Dominique Strauss-Kahn apporte deux réponses: on a vu, d'abord, que c'était le procureur qui a développé et révélé à la défense plusieurs éléments à décharge de l'accusé. Le procureur y était obligé par la loi, d'ailleurs. La critique est donc caricaturale.

Mais au-delà de cette obligation de dévoiler ce qu'il sait, il reste vrai que le procureur new-yorkais est moins libre que le juge d'instruction quant à l'expression de son intuition, son intime conviction. Il se peut que M. Vance croie dans son for intérieur que Mme Diallo dit la vérité sur sa rencontre avec l'accusé, même si elle a menti sur d'autres aspects de sa vie.

Cependant, dans ce cas de figure, le système accusatoire rend la tâche du procureur très difficile, parce que l'avocat de la défense aurait beau jeu de démolir le témoin devant la cour d'assises.
En revanche, un juge d'instruction dans le système inquisitoire utilisé en France aurait toute liberté de construire un récit cohérent de la vie du témoin afin de faire le partage entre mensonge et vérité.

On pourrait trouver la procédure française plus compréhensive, plus subtile et pénétrante psychologiquement, et donc plus juste, mais on a vu dans un certain nombre d'affaires (celle d'Outreau, par exemple) que la sympathie du juge pour la victime n'est pas forcément un guide plus fiable que la dramaturgie de la joute oratoire, même grossièrement exagérée, dans le système accusatoire.

Dans l'ordre politique, c'est l'élection du procureur qui pose problème. On a pu affirmer que la nécessité de flatter le peuple va à l'encontre de la justice. Contre M. Strauss-Kahn, M. Vance se serait donc acharné outre mesure pour se procurer le soutien des syndicats ou des pauvres concitoyens de l'accusatrice.

Sans doute le calcul électoral n'est-il pas sans influence sur les décisions du procureur, mais New York est une ville très compliquée, et qui fait platement la cour à un groupe d'électeurs et risque d'en aliéner d'autres. Vu les péripéties imprévisibles que comporte tout cas criminel, il est plus sûr de suivre la voie moins machiavélique qui est celle de la vérité, pour peu qu'on puisse la discerner.

La justice, enfin, est-elle pervertie par les médias ? On a bien remarqué en France qu'outre-Atlantique, une certaine presse de caniveau s'agite inlassablement autour des tribunaux new-yorkais. Sur cette presse-là, le mélange de sexe et de pouvoir exerce une irrésistible attraction. La curée médiatique n'est pas jolie à voir pour qui a le souci que la justice s'exerce sereinement, le temps de la justice n'étant pas celui des médias.

Arrivés dans le désordre, les éléments de l'enquête sont lâchés aux journalistes par les uns et les autres, sans qu'on sache toujours très bien d'où viennent les fuites ou dans quel intérêt. Mais je ne vois pas que ce soit là un défaut particulièrement américain. Les fuites des bureaux des "petits juges" français sont devenues depuis longtemps déjà presque une procédure officieuse de la justice. Certains iraient jusqu'à dire que de telles violations du secret de l'instruction servent de contrepoids à la mainmise de l'exécutif sur le parquet.

La presse titille, mais en même temps elle surveille, à sa façon, des deux côtés de l'Atlantique. Ses dérapages sont le prix à payer pour cette fonction, essentielle, de contrôle démocratique.

2011/09/02

En politique étrangère, la France reste le nez dans le "ni-ni" : ni rupture ni continuité avec l'héritage gaullien

Que peut faire une politique étrangère d'une puissance moyenne comme la France dans un monde globalisé ?
demande Gaïdz Minassian dans sa chronique du Monde sur La Politique étrangère de la France, de la fin de la guerre froide au printemps arabe.
La question taraude depuis une décennie Frédéric Charillon, directeur de l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (Irsem), qui, dans son nouvel ouvrage, conclut sa réflexion sur un dilemme.

La mondialisation oblige la France à ne plus agir et penser comme avant, mais son héritage et son outil diplomatique lui interdisent de rompre avec des pratiques, un savoir-faire et des réseaux réputés pour leur performance.

La France reste donc le nez dans le "ni-ni" : ni rupture ni continuité avec l'héritage gaullien. Et la conclusion s'applique aussi au président Nicolas Sarkozy, qui, dès son arrivée à l'Elysée en 2007, a voulu replacer la France au coeur des affaires internationales et relever le défi d'une diplomatie jugée trop molle et distante des réels enjeux.

Comment réformer ce pouvoir régalien qu'est la politique étrangère, alors que la France est dans l'obligation de s'adapter au monde du XXIe siècle ?

…Ce livre reste cependant un modèle d'équilibre entre audace et prudence. Audace, il paraît alors que les archives diplomatiques sont classifiées. Prudence, il se termine sur des conclusions et non une certitude toute faite : trois voies attendent la France de demain : atlantisme, universalisme ou européanisme.

Autrement dit, celui ou celle qui franchira l'épreuve du 6 mai 2012 devra choisir entre occidentalisme, singularité française dans le monde ou post-gaullisme encore et toujours.

2011/09/01

Les Européens mettent l’économie au bord d’une crise mondiale, mais c’est la faute des Etats-Unis ; c’est là que se trouve la maladie européenne


Suite à l'interview de Laurence Parisot dans Le Figaro, Georges Ugueux réagit dans Le Monde avec un post intitulé Les contre-vérités de Laurence Parisot et du Medef:
C’est avec stupéfaction que j’ai pris connaissance des contre-vérités contenues dans l’interview de la présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef) par le Figaro. Ce serait risible si, vu la position de Laurence Parisot, cette dernière ne discréditait avec elle le patronat français en tombant dans le déni des responsabilités européennes. Je n’en relèverai que cinq.

Contre-vérité 1 : "Je parlerais plutôt d'une 'orchestration' outre-Atlantique des difficultés de l'Europe."

L’Europe est incapable de résoudre depuis dix-huit mois les difficultés qui atteignent maintenant cinq pays européens à des degrés divers. Les obligations grecques à deux ans, qui avaient un rendement de 6 % en novembre 2010, ont un rendement de 48 %, soit une aggravation de huit fois en raison de l’inaction de l’Eurozone.

En faire une orchestration outre-Atlantique ignore le fait que ce n’est qu’au cours des derniers mois que les marchés et les investisseurs américains ont commencé à sérieusement s’inquiéter devant l’incapacité de l’Europe à résoudre ses problèmes.

Contre-vérité 2 : "Quand des publications américaines très lues par les investisseurs et les analystes financiers titrent sur de fausses annonces dramatiques, des questions se posent."

Cette attaque en règle des médias américains est un mensonge et dénote une tendance grave : on n’accuse pas en bloc les médias américains alors qu’ils ont fourni des analyses sérieuses.

Les analystes financiers ont fait leur devoir, et ils sont, comme nombre d’entre nous, conscients du fait que la déferlante qui risque de détruire l’Eurozone amplifie chaque jour.

Madame Parisot souhaite-t-elle des analyses complaisantes ? Est-ce sa conception de la communication et du rôle des analystes financiers ? Veut-elle nous faire croire que les analystes européens sont moins sérieux ? Il suffit de lire la masse d’analyses et d’articles étayés publiés en Europe pour savoir qu’ils sont aussi inquiets et critiques que leurs collègues outre-Atlantique.

Contre-vérité 3 : "Une fois ces difficultés surmontées, nous retrouverons une croissance vive et créatrice d'emplois, mais il ne faut pas se tromper dans l'analyse de ce que nous avons vécu cet été."

Le patronat français peut-il soutenir ces positions optimistes ? L’emploi a diminué en Europe dans des proportions importantes et les entreprises ne sont pas prêtes à recruter dans un avenir proche. "Nous avons aussi prévu une délibération sociale sur le marché du travail." C’est tout ce que vous avez à dire aux jeunes sans emploi ?

C’est en Europe que nous sortons d’un trimestre de croissance zéro. Les causes de la faiblesse de cette croissance se trouvent, oui madame, dans un manque de dynamique de création d’entreprises et d’emplois en Europe.

Faire croire que les difficultés de cet été seront surmontées, sans dire comment, est irresponsable. Quel est l’engagement des entreprises ?

On préférera à cette rhétorique la déclaration courageuse des seize chefs d’entreprises qui sont prêts a des sacrifices supplémentaires, tant la situation est précaire.

Contre-vérité 4 : "Certes. Les dettes ne sont plus tenables. Elles doivent être résorbées au plus vite. Comme le montrent les mesures prises la semaine dernière, le gouvernement n'a pas tardé à entendre l'avertissement."

Comment résorbe-t-on des dettes ? En tout cas, pas par l’annonce du gouvernement, aussi dénuée de contenu qu’insuffisante par son montant. Non, madame, personne n’a cru aux "sacrifices" de la France en dehors de France. Ils proviennent de diminution des "niches fiscales" et de taxation de la consommation. A la suite de cette annonce, le niveau élevé des rendements des obligations d’Etat et de la prime de risque de la France n’a pas frémi et ne s’est pas amélioré.

L’accroissement des impôts des entreprises est de l’ordre de 1 % des recettes fiscales qui proviennent de celles-ci. Je comprends votre satisfaction.

Le déficit budgétaire de la France est le plus élevé des pays notés AAA. A 7 % l’an dernier, il devait descendre à 5,60 % cette année. Seulement, voilà : la croissance n’est pas au rendez-vous et les entreprises restent frileuses. Nous serons donc à 6 %. Les annonces de la semaine dernière pourraient au mieux diminuer le déficit à 5 %. Et en 2013, on sera a zéro ?

Ce ne sont pas les Américains qui sont responsables du fait que la prime de risque française vale le double de l’allemande. La détention des obligations françaises, tenue secrète par le gouvernement, se situe essentiellement en Europe et pas outre-Atlantique.

Contre-vérité 5 : "Ces voies ont l'immense avantage de ne pas toucher à notre modèle social."

Dans les mesures que vous préconisez, les efforts sont demandés à tous… sauf aux entreprises. Quel est leur engagement dans la sortie de l’endettement de la France et l’emploi ?

"Aller plus loin suppose d'autres réformes structurelles : se concentrer sur les collectivités locales (...) ; travailler aussi sur la santé, notamment l'hôpital public (pourquoi facture-t-il plus à l'assurance maladie que le secteur privé pour les mêmes prestations ?) ; enfin, développer partout les partenariats public-privé et les délégations de service public."

Vous savez parfaitement que le modèle social doit être remis en question, mais pas seulement dans le secteur public et dans les mesures sociales. Votre discours donne l’impression que tout cela ne concerne pas les entreprises.

Heureusement, nous voilà rassurés. "Les Américains ont sans doute voulu repasser le mistigri à l'Europe." Nous mettons l’économie au bord d’une crise mondiale, mais c’est la faute des Etats-Unis. C’est là que se trouve la maladie européenne : la recherche d’un coupable qui, en aucun cas, ne saurait être européen.

"Le problème commun du monde développé est un endettement qui a servi à financer des investissements sans valeur." C’est Christine Lagarde qui le disait officiellement ce week-end… aux Etats-Unis. C’est une orfèvre en la matière.

Où est la police ?" Enquête sur les Carences d'un Service Public

La Courneuve (Seine-Saint-Denis): "Les gardiens ont appelé la police, elle n'est pas venue ! La police ne fait rien ici."
Sceaux (Hauts-de-Seine) : "…la police, on ne la voit jamais."
Montpellier (Hérault) : "La police nationale, on ne la voit que s'il y a un gros pépin. Mes locataires me le disent : les policiers ne se déplacent jamais, Ja-Mais, pour les nuisances du quotidien."
Dans une enquête de Benoît Hopquin avec l'équipe des journalistes d'Une année en France, de deux pleines pages dans Le Monde, intitulée "Où est la police ?", on apprend que
chaque fois que la conversation dérive sur la sécurité –et elle le fait rapidement, presque forcément, comme attirée par ce pôle magnétique–, la remarque finit par fuser : "Où est la police ?" La récrimination, la jérémiade sur l'air du "jamais là quand on a besoin d'eux" est aussi vieille que la fonction, bien sûr. Mais, cette fois, elle n'est pas lancée sous le seul coup de la colère. Elle se teinte d'incompréhension, du sentiment d'un abandon au quotidien. Des citoyens ont l'impression de ne plus voir les policiers qu'à la télévision, dans des reportages de complaisance où des cow-boys sont filmés en train de poursuivre des délinquants floutés, dans un mauvais remake de série américaine. …
SENTIMENT D'UN EFFACEMENT PROGRESSIF

Or, plane au contraire le sentiment, si ce n'est la réalité, d'un effacement progressif, avec des signes forts qui marquent les esprits. A Sceaux, le commissariat, ou plutôt le bureau de police, n'est désormais plus ouvert que du lundi au vendredi, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures. Trois fonctionnaires venus de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) enregistrent les plaintes les plus simples, comme les effractions ou les vols de véhicules. Pour les faits plus graves, il faut se rendre dans la commune voisine.

… Interrogés par Le Monde sur les critiques de la population, les responsables locaux de la police nationale se trouvent contraints au silence par leurs supérieurs. Les demandes d'entretien ou même simplement de chiffres s'enlisent dans la voie hiérarchique. Pourtant, ils auraient tant à dire, ces hommes de terrain, notamment sur la politique du chiffre – mieux vaut une affaire résolue qu'une affaire évitée – ou sur la réalité des effectifs.


2011/08/30

Aujourd’hui, en 2011, la judéophobie et l’américanophobie de la France sont flagrantes

à cause du général de Gaulle, la France, au lieu de reconnaître ses erreurs, a préféré détourner l’attention en cultivant, dès 1945, une ingrate et hypocrite américanophobie
lance Michel Garroté dans un coup de gueule contre "Cette France judéophobe et américanophobe".

Aujourd’hui, en 2011, la judéophobie et l’américanophobie de la France sont flagrantes. Et il faut être sourd et aveugle — ou complice ? — pour ne pas s’en apercevoir.

En effet, la France, au lieu de réduire — immédiatement et drastiquement — les dépenses pharaoniques de l’appareil de l’Etat français, préfère continuer d’emprunter pour vivre. Mais afin de faire cela en toute impunité, il faut à la France des boucs émissaires, des « coupables » qui ne sont pas coupables. Dès octobre 2008, j’ai mis en garde, sur ce blog, contre les formules « haute finance internationale », « oligarchies financières », « finance de New York » et autres slogans néo-pétainistes qui, en filigrane, accusent les Juifs et les Américains de tous les maux de l’Europe, et, même, de la planète entière.

Le Point’ ajoute : « Le professeur Philippe Dessertine (ndmg — merci à lui pour son bon sens dans cette affaire) déclare que la sortie de Laurence Parisot reflète la tentation française de chercher des boucs émissaires et de détourner la responsabilité des dirigeants publics et privés dans la crise. C'est très, très dangereux d'aller vers cette idée d'une presse économique anglo-saxonne qui serait à la solde d'une logique politique, c'est absolument faux. C'est (la presse économique anglo-saxonne) une des rares à donner les bonnes informations » (ndmg — enfin un professeur français d’économie qui le reconnaît).

… D’une part, les allégations mensongères contre les USA sur le plan économique, et, d’autre part, les théories conspirationnistes contre le soi-disant « pouvoir juif », participent, d’une seule et même imposture. Il est à la fois inquiétant et affligeant de voir, en 2011, au vingt-et-unième siècle, au troisième millénaire, la France recourir — une fois encore dans son histoire — à de tels procédés.


2011/08/26

Les entreprises du secteur des panneaux de signalisation routière se sont entendues pour surfacturer leurs clients, c-à-d l'État et donc nous

Entre 1997 et 2006, les principales entreprises du secteur des panneaux de signalisation routière se sont entendues pour surfacturer leurs clients, c'est à dire l'Etat et les collectivités locales, c'est à dire nous
écrit . Hélas, ajoute-t'il,
Dans l'affaire du Cartel des panneaux de signalisation routière, l'Autorité de la concurrence a distribué pour 53 millions d'euros d'amende. Alors que les entreprises ont surfacturé pour plus de... 200 millions ! Ce qu’on appelle une petite sortie de route sans gravité.

2011/08/20

Des « mini-brothers » grignotant les libertés civiles et publiques élémentaires comme celles du droit à la vie privée et à la présomption d’innocence

Les mouvements sociaux des deux-roues auraient ravi Tocqueville
écrivait Jean-Gustave Padioleau dans Libération déjà en 2004, moins d'une année après l'installation des radars (la seule chose que je reproche au professeur associé à l’université Paris-Dauphine, c'est d'évoquer l’Etat "sarkozyste" — quand Nicolas Sarkozy était au Ministère de l'intérieur — comme si on pouvait imaginer que les socialistes, si c'était eux qui avaient été et qui étaient au gouvernement, avec leurs idées d'écologistes, auraient fait différemment).
Les actions des motards, pour s’en tenir à cet exemple, concrétisent l’« action en commun » des associations dans laquelle De la démocratie en Amérique voyait une garantie de liberté pour contenir la tyrannie démocratique des majorités et de l’opinion.

L’associationnisme des motards demande à être soumis au test du « spectateur impartial » décrit dans la Théorie des sentiments moraux d’Adam Smith. Le père de la « main invisible du marché » surprend. Vous et moi, affirme Smith, sommes capables de juger les motards, non pas simplement en fonction de nos intérêts égoïstes et communautaristes d’automobilistes mais aussi eu égard aux valeurs universelles et justes du libéralisme politique républicain.

Les associations de motards sont affranchies de fils à la patte partisans et libres de l’arrosage en subventions. Les motards prennent la parole, montent des dossiers, manifestent, interpellent les gouvernants.

Cet entrepreneuriat libéral républicain n’étonne guère. …

…Like it or not, les motards sont là, dans notre société démocratique. Ce sont, comme tout un chacun, d’abord des citoyens titulaires de droits et de devoirs.

… Discrètement, l’Etat sarkozyste met en place des « mini-brothers » nationaux et locaux (PV automatiques, radars, interconnexions de fichiers - fisc, assurances, patrimoine, identification personnelle, etc.), grignotant les libertés civiles et publiques élémentaires comme celles du droit à la vie privée et à la présomption d’innocence.

Conjointement, l’Etat sarkozyste accentue l’opacité des nouvelles boîtes noires électroniques de coercition fiscale qui se généralisent (péages routiers et urbains, amendes, équipements obligatoires des véhicules...) - et en particulier de l’usage qui est fait de ces ressources.

Ensuite, l’Etat sarkozyste abuse les Français lorsqu’il les culpabilise individuellement, les rendant seuls responsables de maux collectifs - l’insécurité routière par exemple. Cette désinformation permet de faire silence sur les responsabilités de l’Etat : une éducation à la conduite obsolète, des permis de conduire beaucoup trop chers et compliqués à l’excès ; des routes par trop souvent d’un autre âge en matière de sécurité et chichement entretenues.

Enfin, l’Etat sarkozyste affectionne les coups d’éclat d’un interventionnisme réglementaire arbitraire - l’allumage des codes en toutes circonstances -, fût-ce au prix de ne pas réfléchir un tant soit peu aux exigences environnementales et énergétiques à long terme d’un développement durable raisonnable.

Nos coups de gueule d’automobilistes sont compréhensibles. Mais les motards tocquevilliens roulent aussi pour nous !

2011/08/16

Le gouvernement vous ment, ce n’est pas la répression qui est responsable de la baisse de mortalité, mais des véhicules plus sûrs

Caché derrières des chiffres sortis de tout contexte et la parole d’associations qu’il finance lui même, le gouvernement fait peser sur les conducteurs une pression qui n‘a d’autre but que de faire fonctionner un système de sanctions dont la rentabilité n’est plus à la hauteur de ses espérance
accusent les gens derrière le site Manif2011 se rebellant contre une politique dans laquelle
tous les conducteurs sont traités comme des criminels par un gouvernement de privilégiés méprisants allant jusqu’à les menacer de prison et de la confiscation de leur véhicule.

Le gouvernement vous ment, ce n’est pas la répression qui est responsable de cette baisse, mais des véhicules plus surs, l’augmentation en densité et en qualité du réseau autoroutier et notre bon comportement.

Seulement 225 accidents mortels sur nos autoroutes mais ceux-ci font l’objet d’une traque sans limite, 1 radars tous les 42 km en moyenne et on n’hésite pas à y lancer des voitures, à 250km/h, au milieux des usagers pour verbaliser un excès de vitesse de 5km/h.

Les départementales n’en comptent qu’1 tous les 1000 km, on s’y tue pourtant 10 fois plus, mais on y roule moins vite, les radars y sont donc bien moins rentables.

Tout cela n’est plus acceptable ! Refusons de nous faire traiter de criminels par des médias complices d’un état qui ne cherche qu’à faire des économies sur les infrastructures et à arrondir son budget en se moquant bien de nos vie.

Manifestons le 10 et le 11 septembre pour garder nos panneaux qui ne coutent rien et nos avertisseur de radars.

2011/08/14

Syndicat Indépendant de la Police Nationale : les policiers ne sont plus des "anges gardiens" et des "arbitres" mais des percepteurs déguisés

Alors que l’annonce des nouvelles mesures de sécurité routière est tombée, que certains responsables politiques jouent aux cow-boys en enlevant déjà les panneaux devant les radars automatiques, que la résistance s’organise du côté des usagers de la route, difficile pour les forces de l’ordre de prendre position
écrit Pauline Rachwal sur Caradisiac.

Du côté des gendarmes, c’est le silence radio (mentalité de l’armée oblige !), en revanche le syndicat indépendant de la police nationale prend parti et fait remonter tous les doutes de ces membres.

Une vraie mise en doute sur le bien fondé de la politique de sécurité routière actuelle. Je vous laisse savourer :

"Le gouvernement annonce de nouvelles mesures pour lutter contre l'insécurité routière. Dans l'absolu nous sommes favorables à la répression des comportements dangereux . Mais il nous semble que l'on aille trop loin . Y a t'il une autre pédagogie , comme le respect du civisme sur la route (et dans la vie quotidienne) ou bien apprendre à réellement maitriser un véhicule comme le font les motards et les camionneurs ? Y a t-il des efforts sur les infrastructures qui se dégradent ? Non . Dans le même temps nous avons des consignes de ne pas engager de poursuites envers les scooters volés et autre motos de cross non homologuées conduits par des voyous le plus souvent non casqués (non la capuche n'est pas un casque ...) de peur de provoquer un accident .

Oui il faut lutter contre les comportements dangereux . Mais il faut aussi garder des chiffres en tête :

Nombre de morts par suicides : 11 000
Nombre de morts par maladies nosocomiales (contractées à l'hopital ) 11 000
Nombre de morts par accidents domestiques , à la maison : 20 000
Nombre de morts sur les routes : moins de 4000

Il est étonnant que nous n'entendions parler que des morts sur les routes de France alors qu'il y a 5 fois plus de morts par accidents domestiques ! Est-ce parce que la répression dans ce domaine RAPPORTE de l'argent à l'Etat transformant les policiers non plus en "anges gardiens" et "arbitres" mais en percepteurs déguisés ?

Pire nous allons créer des délinquants : en effet le projet de plus de 50 KM/H seront désormais des délits et non plus des contraventions . Clairement si un usager de la route est sur une route limitée à 110 KM/H, qu'il roule à environ 120 , que la vitesse est subitement limitée à 70 km/h il risque non seulement 3750 euros d'amende mais également 3 mois de prison , ce qui signifie une inscription sur le casier judiciaire avec toutes les conséquences pour la vie professionnelle qui en découlent . A ce train là , nous nous demandons si la peine de mort ne sera pas bientôt rétablie en cas de franchissement d'un feu rouge fixe , ou la perpétuité en cas d'oubli de la ceinture de sécurité . Cela serait dissuasif non ?

Passons sur la véritable persécution anti motards , comme l'obligation de porter un équipement rétro réflechissant (du meilleur goût) et une formation à la conduite obligatoire pour les titulaires du permis moto n'ayant pas conduit de deux roues motorisés depuis plus de 5 ans (les parents qui ont arrêté la moto provisoirement à la naissance de bébé seront nombreux à abandonner la moto)

De même l'interdiction programmée des avertisseurs de radars par GPS va conduire à des fermetures d'entreprises, à du chômage , et sera en plus difficilement applicable car nous ne voyons pas comment les policiers pourront contrôler si d'aventure, l'automobiliste vache à lait et culpabilisé a cette application dans son téléphone dernière génération .

Français, c'est un syndicat de policiers qui vous le dit : nous ne voulons pas créer de délinquants fictifs quand tant de délinquants avérés sont dans la nature . Vos libertés fichent le camp sous la pression d'associations extrémistes et vos libertés, théoriquement, nous sommes chargés de les protéger . De plus VOS libertés sont aussi les nôtres , car nous sommes aussi des citoyens et des usagers de la route . Voire des motards passionnés . Nous sommes devenus policiers pour protéger les citoyens, quitte à sévir . Mais il y a des limites à ne pas franchir."

B/N SIPM-FPIP/EUROCOP le 12/05/2010

2011/08/12

L'attention du conducteur est détournée par le repérage en permanence des pièges que mettent en planque des milliers de fonctionnaires assermentés


Permettez moi donc de penser que la division par 2 du nombre de décès sur la route pour un parc automobile 2,5 fois supérieur est le résultat de l’ensemble de ces évolutions techniques et non pas les politiques stigmatisantes successives menées depuis 40 ans
écrit le ReniFleur sur Rue 89 au sujet des "désespérantes chasses à l’automobiliste".
On peut (et l’on doit) améliorer ces chiffres mais une fois encore, les nouvelles mesures répressives mise en place ne sont qu’un leurre dont je suppute que l’objectif premier est de faire chier un peuple …

Parlons formation !
Je ne vais pas faire plaisir à tout le monde : le sacro-saint permis et la 20e d'heures de conduite minimum, c'est du foutage de gueule ni plus ni moins !
Et lorsqu'un gouvernement le réforme, ce n'est pas pour améliorer la formation du conducteur, c'est pour le rendre plus restrictif, voire plus volatil : le permis à point est un scandale.
Le but n'est pas d'améliorer la prudence de son détenteur, le but c'est de le maintenir sous pression et à terme de tout faire pour qu'il le perde et pour qu'il le repasse. Donc une histoire de fric pour l'Etat, pour les centres de récupération de point et pour les assureurs qui ne manqueront pas de vous faire casquer un supplément au "re-nouveau conducteur".
Dans la longue histoire de l'automobile, tout a progressé : la sécurité et les performance des voitures, son incidence sur l’environnement ; la sécurité des routes, des voiries et des aménagements… Mais curieusement, la formation et le permis sont à peu près les mêmes depuis 40 ans... Avec quelques nuances suivant les réformettes gouvernementales mise en places au gré des alternances politiques.
Vous remarquerez que ces réformes vont toujours dans le même sens : stigmatiser le conducteur, le culpabiliser mais JAMAIS le former correctement.

Former coûte, Fliquer rapporte !
Et bien c'est un très mauvais calcul en regard du poids financier, moral et humain que coûte a la société ces désespérantes chasses à l’automobiliste. Devenu paranoïaque, l’attention du conducteur est aujourd’hui détournée par le repérage en permanence des pièges que mettent en planque quotidiennement des milliers de fonctionnaires assermentés qui seraient plus utiles ailleurs. Pour conclure, discutons donc de l’incidence accidentogène de « la peur du Gendarme » sur le comportement routier des conducteurs…


Commençons par quelques chiffres
« Entre 1973 et 2002, le nombre d'accidents et de victimes a été divisé par deux alors que la circulation routière a été multipliée par 2,5. Les deux mesures importantes qui suivirent l'année noire 1973 furent la limitation de la vitesse en 1973 (cette année-là, le nombre de morts diminua à un peu plus de 15 600 tués) et le port de la ceinture de sécurité en 1975. » nous explique un article de Wikipédia. Il est vrai que la limitation de vitesse et la ceinture furent deux avancées majeures en terme de sécurité. A cela, il faut ajouter les progrès considérable en matière de conception des véhicules.

[À savoir,] les renforts latéraux, les airbags, les système d'aide à la conduite, à la tenue de route ; les pneumatiques qui n'éclatent quasiment plus et qui « tiennent le pavé » : c'est 95% de la production actuelle.
Enfin, ajoutez une plus grande fiabilité du moteur comme des parties du châssis : il est vrai que l'on tombe moins souvent en rade sur le bord de la route que lorsque nous roulions en R16, en DS ou en 504...
Bien entendu, il y a des inconvénients : électronique qui foire, coût des réparations énormes car matériels irréparables...
Mais bon, dans son ensemble, l'automobile a grandement progressé tout

2011/07/22

"Autant dire que la droite américaine s'en donne à coeur joie"

Pour la première fois depuis 1938, la droite s'est emparée du poste de gouverneur ainsi que de la majorité dans les deux Chambres locales. Autant dire qu'elle s'en donne à coeur joie.
So much for respect of the outcome of elections. In Corine Lesnes' Le Monde articles on Scott Walker and the situation in Wisconsin, we are treated to social "traditions" that "date to the Roosevelt era" while members of the left are duly "motivated" while the right — and the Tea Party — are, needless to say, behaving irresponsibly.
Scott Walker n'aurait été qu'un gouverneur parmi d'autres, aux prises avec la crise budgétaire, s'il ne s'était attaqué aux syndicats. A la faveur du passage du budget, il a aboli le droit de négocier par conventions collectives dans la fonction publique, un acquis datant de 1959. "Il a changé fondamentalement cette idée que les syndicats de fonctionnaires ont le droit d'exister", considère le professeur Charles Franklin, de l'université du Wisconsin à Madison, capitale de l'Etat.

Sentant le danger, les organisations de gauche se sont mobilisées, et le Wisconsin est devenu une cause nationale, l'emblème du bras de fer historique qui oppose démocrates et républicains sur le modèle social à l'heure de la crise. "Le Wisconsin a toujours été pionnier pour les conventions collectives, pour les indemnités-chômage, rappelle Peter Barca, chef de file des démocrates à l'Assemblée. Tout le pays nous observe. Les gens se disent : si on peut changer les droits syndicaux dans le Wisconsin, on peut le faire n'importe où."
.
"Ces élections vont changer le débat jusqu'à Washington, assure Charles Chamberlain, de Democracy for America, une association nationale venue aider les militants locaux. Les républicains, où qu'ils soient, ne seront plus si pressés de toucher aux programmes sociaux s'ils s'aperçoivent de la réaction violente qu'ils engendrent."
From the Obama-loving newspaper, we are treated to the description of a statesman (Scott Walker, needless to say, not Barack Obama) as a politician "without much experience" ("M. Walker, ancien élu local sans grande expérience") and to healthy doses of paranoia about the Koch brothers without apparently noticing the irony in the fact that in the very next paragraphs we learn — but here vast amounts of money from out-of-state is apparently a good thing — that thousands upon thousands of dollars have been spent on recall elections by MoveOn and the AFL-CIO, etc…

2011/07/16

(Nouvelle) Définition du mot RADAR


R.A.D.A.R.
=
Racket Abusif Des Automobilistes Respectueux

Quant à la PR (Prévention routière),
ne serait-ce pas :
Participation au Racket
?

2011/07/15

Profession ? Emmerdeur...

Le Monde a un nouveau médiateur : Pascal Galinier.
Diantre. Me voilà donc promu Père Fouettard ! Avis à la population (des journalistes et des lecteurs du Monde) : votre médiateur posera plus de questions qu'il ne donnera de réponses ! D'ailleurs, n'est-ce pas là l'exercice normal du journalisme ? « Nous sommes tous des médiateurs », pourraient clamer mes confrères.

Profession ? Emmerdeur...

2011/07/13

Dans les affaires de drogue aussi, la police ignore les vrais délinquants pour s'en prendre aux honnêtes citoyens


Dans le cadre d'un article sur Redoine Faïd, alias le Faux repenti, vrai braqueur (où l'on apprend que "Ces jeunes qui ont grandi dans les cités … sont les inventeurs des fameux go fast, qui remontent la drogue du sud vers le nord au volant de puissantes cylindrées lancées à 200 kilomètres/heure sur les autoroutes"), Le Monde publie un complément de Yves Bordenave qui présente une étude de La lutte contre la drogue, enjeu délaissé par la police.
RAQUAGES ET TRAFIC de stupéfiants sont les mamelles de la voyoucratie qui sévit dans les cités. … Des quartiers Nord de Marseille aux grandes cités sensibles du « 9-3 », cette activité lucrative recouvre des enjeux financiers tels, que des ados désoeuvrés et apprentis délinquants sombrent dans la criminalité pure, éblouis par la quête d'argent facile et fascinés par leurs héros de cinéma, genre Scarface.
Pourquoi un"enjeu délaissé par la police" ? Parce que, s'avère-t'il,
la lutte contre les stupéfiants « a été orientée principalement vers l'interpellation des consommateurs sans amélioration significative des résultats en matière de revente ou de trafics ». A trop privilégier la répression contre les simples consommateurs, les forces de police ont fini par négliger les poursuites contre les revendeurs et les trafiquants.
En d'autres mots, le dérapage est général : la police ignore les trafiquants de drogues pour s'en prendre aux simples consommateurs, de la même manière que les policiers et les gendarmes ignorent les 5% de vrais délinquants de la route (entr'autres, les "puissantes cylindrées lancées à 200 kilomètres/heure sur les autoroutes" et cela, dans des affaires de trafic de drogues) pour bastonner les 95% de conducteurs lambda dont les dépassements de vitesse sont minimes et sans gravité.

2011/07/12

USA : Pourquoi toutes les situations doivent être vues à travers les partis pris — auto-congratulatoires — des gauchistes ?

…l'obstruction de la majorité républicaine à la Chambre des représentants bloque toute possibilité d'accord.

Le vote sur la dette est lié à un compromis sur le déficit budgétaire. Par aveuglement idéologique, les républicains se refusent à la moindre hausse de la fiscalité pour diminuer l'ampleur de ce dernier. Comportement irresponsable qui contribue largement au climat économique délétère qui s'installe.

Incroyable les partis pris dans l'éditorial du journal Le Monde ! Les Républicains n'auraient qu'un droit, celui de se taire ?! Et de se voir relégués au rôle des méchants abrutis ?

Pourquoi toutes les situations doivent être vues à travers les partis pris — auto-congratulatoires — des gauchistes ?

Pourquoi ne pas écrire : "l'obstruction de la majorité démocrate au Sénat et à la Maison Blanche bloque toute possibilité d'accord … Par aveuglement idéologique, Obama se refuse à la moindre baisse des impôts et/ou des dépenses" ?!

Le "Comportement irresponsable", il est où ?!

2011/07/11

Pourquoi le gouvernement Sarkozy voudrait-il une bonne note en matière de sécurité quand il s'acharne sur les automobilistes ?!

"Mauvaise note" écrit Yves Bordenave sur la une du journal Le Monde.
Dans un rapport de 248 pages intitulé "L'organisation et la gestion des forces de sécurité publique" publié jeudi 7 juillet, la Cour des comptes met vivement en cause la politique de sécurité du gouvernement. Passant au crible les forces de sécurité publique, policiers et gendarmes réunis, la Cour contredit le satisfecit gouvernemental sur la baisse de la délinquance, suscitant l'ire de Claude Guéant.

Les "sages" relèvent qu'entre 2002 et 2010, "les forces de police et de gendarmerie ont bénéficié d'un renforcement de leurs crédits et de leurs effectifs pour accomplir leurs missions". Toutefois, souligne la Cour, "les résultats obtenus dans la lutte contre la délinquance ont été contrastés".

Et pourquoi serait-ce une surprise ? Le gouvernement multiplie les actions envers… les citoyens lambda, honnêtes et (généralement) respectueux des lois — à savoir les automobilistes, diabolisés à souhait, dont la majorité des infractions (dépassements de vitesse minimes) sont entièrement sans gravité — avec sa multiplication des radars, des fonctionnaires qui doivent s'occuper des photos automatiques et des courriers de protestation, et maintenant des gendarmes tant à moto qu'en voiture de police qui vont délaisser l'uniforme (ah la fierté de porter l'uniforme !) pour des vêtements civils et pour circuler en voiture (et à moto) dans (sur) des véhicules non balisés afin de pièger encore des dizaines de milliers d'autres citoyens (a priori honnêtes) avec de nouveaux radars encore plus performants et leur soustraire encore des dizaines de milliers d'euros…

2011/07/06

Il n'y a rien de plus sacré qu'une victime dans la société française, où rien ne différencie une victime autoproclamée d'une véritable victime

Alors que la France est, affaire DSK oblige, en proie à une nouvelle vague d'antiaméricanisme (nous explique le New York Times), le site Atlantico (balayé de côté par Le Monde comme n'étant rien de plus qu'un vulgaire site de droite) nous offre un analyse pour le moins que l'on puisse dire lucide, avec un Aurélien Hamelle comparant le sort de Dominique Strauss-Kahn avec celui de Loïc Sécher.

DSK aura été privé de sa liberté 6 jours. 6 jours de trop évidemment.

Ce sont 7 années de privation qui ont été réservées à l'ouvrier agricole anonyme, traité avec une triste banalité comme un violeur ordinaire, dans une affaire ordinaire, dans une France ordinaire. …

Au delà des drames individuels, que reste-t-il de ces affaires croisées?

Une justice américaine aussi prompte à accuser avec une violence folle qu'à reconnaitre ses erreurs, avant qu'il ne soit trop tard. Une justice française, tel un paquebot lancé sur son erre, poussif au démarrage et que des années seules peuvent conduire à se remettre en question.

Suis-je le seul à regretter bien plus amèrement la violence cachée d'une justice française apparemment si prudente que la clairvoyance incisive d'une justice américaine en apparence brutale et impatiente ? Comment ne pas voir que notre système judiciaire a bien du mal à avouer qu'il s'est trompé en raison d'un orgueil institutionnel tellement incompatible avec toute l'humilité qui doit présider au jugement des accusés ? …

Mieux vaut une justice qui se trompe fort mais peu de temps

Le problème est bien là : la loi française et notre culture judiciaire orientent toute la procédure pénale vers la "manifestation de la vérité". Cela est infiniment prétentieux. Nous devrions savoir que la vérité n'est que de deux ordres: intérieure ou spirituelle. Entre les deux, c'est-à-dire dans l'espace humain que nous appelons société, il est impossible de prétendre à la Vérité. L'oubli, la honte d'avouer une faute même légère, l'appât du gain, les liens personnels entretenus avec la victime supposée ou l'accusé, la malveillance ou encore la soumission à l'autorité sont autant de racines pour des témoignages erronés ou faux.

La vérité est une utopie et sa recherche acharnée conduit à accorder trop d'importance à l'émotion que suscite légitimement une personne qui se dit victime. Il n'y a en effet rien de plus sacré qu'une victime dans la société française post-guerrière et, puisque rien ne différencie en apparence une victime autoproclamée d'une véritable victime, l'une comme l'autre bénéficieront du même crédit de sympathie, du législateur avec ses "lois compassionnelles" au juge en passant par notre Président de la République qui cherche à protéger celles-ci toujours un peu plus.

Que nous disent les affaires croisées de Loic Secher et de Dominique Strauss-Kahn : qu'il vaut mieux une justice qui se trompe fort mais peu de temps, à une justice qui se trompe doucement et patiemment.

2011/06/27

European do-gooders working overtime to torment drivers

While American cities are synchronizing green lights to improve traffic flow and offering apps to help drivers find parking, many European cities are doing the opposite: creating environments openly hostile to cars.
That is how Elisabeth Rosenthal starts her International Herald Tribune article in which — naturally — notions of (alleged) equality and (so-called) fairness predominate ("it’s not really fair to everyone else if you take the car,” says Zurich’s chief traffic planner, Andy Fellmann).

The methods vary, but the mission is clear — to make car use expensive and just plain miserable enough to tilt drivers toward more environmentally friendly modes of transportation.

… “In the United States, there has been much more of a tendency to adapt cities to accommodate driving,” said Peder Jensen, head of the Energy and Transport Group at the European Environment Agency. “Here there has been more movement to make cities more livable for people, to get cities relatively free of cars.”

… To that end, the municipal Traffic Planning Department here in Zurich has been working overtime in recent years to torment drivers. Closely spaced red lights have been added on roads into town, causing delays and angst for commuters. Pedestrian underpasses that once allowed traffic to flow freely across major intersections have been removed. Operators in the city’s ever expanding tram system can turn traffic lights in their favor as they approach, forcing cars to halt.
Around Löwenplatz, one of Zurich’s busiest squares, cars are now banned on many blocks. Where permitted, their speed is limited to a snail’s pace so that crosswalks and crossing signs can be removed entirely, giving people on foot the right to cross anywhere they like at any time.

As he stood watching a few cars inch through a mass of bicycles and pedestrians, the city’s chief traffic planner, Andy Fellmann, smiled. “Driving is a stop-and-go experience,” he said. “That’s what we like! Our goal is to reconquer public space for pedestrians, not to make it easy for drivers.”

…there is grumbling. “There are all these zones where you can only drive 20 or 30 kilometers per hour [about 12 to 18 miles an hour], which is rather stressful,” Thomas Rickli, a consultant, said as he parked his Jaguar in a lot at the edge of town. “It’s useless.”

…It often takes extreme measures to get people out of their cars, and providing good public transportation is a crucial first step. One novel strategy in Europe is intentionally making it harder and more costly to park. “Parking is everywhere in the United States, but it’s disappearing from the urban space in Europe,” said Mr. Kodransky, whose recent report “Europe’s Parking U-Turn” surveys the shift.

…With politicians and most citizens still largely behind them, Zurich’s planners continue their traffic-taming quest, shortening the green-light periods and lengthening the red with the goal that pedestrians wait no more than 20 seconds to cross.

“We would never synchronize green lights for cars with our philosophy,” said Pio Marzolini, a city official. “When I’m in other cities, I feel like I’m always waiting to cross a street. I can’t get used to the idea that I am worth less than a car.”