2013/06/12

Ces lignes Maginot que l'on dresse comme une cavalerie de Playmobil appelée à la rescousse pour protéger notre modèle social

 … il paraît essentiel de réconcilier notre pays avec quelques principes au fondement de l'éthique de la liberté et, par ricochet, de la dynamique de croissance
écrit Mathieu Laine.
Cette exigence n'a rien de dogmatique. Elle est assise sur une compréhension de l'action humaine doublée d'une conscience objective des grandes évolutions de notre temps.

 … Face à cette extension du domaine des possibles, nos débats font frémir. L'angoisse gouverne ce réflexe protecteur et justifie ces lignes Maginot que l'on dresse comme une cavalerie de Playmobil appelée à la rescousse pour protéger notre modèle social. S'il ne faut pas supprimer l'Etat mais le recentrer sur ses fonctions premières - assurer la sécurité, y compris réglementaire et fiscale -, il est urgent de prendre conscience d'une évidence : notre plus grande force, c'est nous !

Les individus composant notre pays regorgent de talents, de créativité et d'énergie. Cependant, notre système institutionnel n'a été pensé ni pour favoriser ces aptitudes, ni pour inciter aux prises de risques, aux aventures entrepreneuriales et inventives. Toute notre attention réformiste doit se concentrer sur la manière de redynamiser la société, de se réconcilier avec la réussite, et de mobiliser une société civile, dont les stars, anonymes ou non, sont submergées par la tentation de l'exil.

Bornes morales

Pour recouvrer ces sillons de l'excellence, et inverser les courbes de la récession et du chômage, ce sont des principes moraux qu'il convient de sacraliser. La trinité de cette société de confiance peut paraître, à force d'endoctrinement, affreusement libérale. La liberté individuelle, la responsabilité personnelle et le respect de la propriété privée sont pourtant les piliers incontournables du réveil des potentialités humaines. Ces bornes morales sont le produit d'une lente évolution ayant permis de sélectionner et d'identifier les normes les plus efficaces et les plus justes quant à l'interaction sociale.

Israël Kirzner, de New York University, a ainsi démontré que les profits de l'entrepreneur ne sont pas injustes, car ils sont fondés sur une création véritable de valeur, l'enrichissement des uns ne se faisant pas au détriment mais au bénéfice des autres, et notamment de ceux qui ont contribué à ce succès. Brian Carney et Isaac Getz ont révélé, dans Liberté & Cie (Fayard, 2012), la puissance des entreprises ayant bousculé les structures pyramidales et libéré leurs salariés. …

2013/06/03

Un chiffon rouge surnommé "75 %" : Une rumeur internationale de plus en plus pesante sur le climat "anti-entreprises" en France


Le 30 avril, [le président de la République] a annoncé des mesures en faveur des entrepreneurs, conscient de la mauvaise image de l'Etat français dans le monde des affaires
écrit Marion Van Renterghem dans Le Monde.
Les a encore cajolés lors de sa conférence de presse, jeudi 16 mai.

Il y a soudain un sentiment d'urgence. Un french bashing venu de toutes parts. Une rumeur du monde de plus en plus pesante sur le climat "anti-entreprises" en France. Des mesures fiscales affichées comme des symboles politiques et devenues un chiffon rouge surnommé "75 %" dans les milieux d'affaires étrangers. Et derrière cette image diffuse, une réalité : celle d'une grande blessée de la mondialisation qui perd en influence comme acteur-clé de l'économie globale.

Le nombre de chômeurs a dépassé son record historique. La France baisse dans le classement mondial en taille de produit intérieur brut (PIB) par habitant. Sa balance commerciale est déficitaire, la compétitivité de ses entreprises en grave déclin et le mouvement s'accélère. "La cote d'alerte est atteinte", souligne Louis Gallois dans son rapport de novembre 2012. Parmi les remèdes suggérés par le commissaire général à l'investissement, il y a celui-ci : "Promouvoir la marque France."

CAPITAL IMMATÉRIEL

Le gouvernement se presse à son chevet. A Bercy et au Quai d'Orsay, on s'active pour redorer cette part impalpable de l'économie longtemps négligée en France : la marque, l'image, le capital immatériel. Que l'aéroport de Roissy soit souvent la première vision de la France offerte aux étrangers autorise à conclure qu'il était temps de réagir. Dans la bataille économique mondiale, l'image compte autant que la réalité, et elle bat de l'aile.

  … Combien vaut la marque France dans un monde global ? L'aller-retour en Belgique de Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH et première fortune française, illustre le paradoxe d'un pays à deux faces. D'un côté, la tentation de fuir une atmosphère générale jugée hostile aux entrepreneurs et à l'argent, et qui envoie au monde ce profil-là. De l'autre, la nécessité de revenir : parce que, pour vendre le luxe, le vin, le tourisme, rien de tel qu'un étiquetage français. Dans ces secteurs-là en tout cas, être français est un actif. Les industries qui font le label France sont aussi faites par le label France.

Notre ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, est une autre illustration de ce paradoxe. D'un côté, il pose en marinière pour défendre le "made in France", se veut le réconciliateur de la patrie et de l'entreprise, le promoteur des investissements étrangers. De l'autre, il alimente une image française "antipatrons", s'attaque publiquement à des chefs d'entreprise, critique la stratégie de Peugeot, accuse Lakshmi Mittal, PDG du groupe ArcelorMittal, de pratiquer "le chantage et le mensonge", déclare qu'il ne " plus de Mittal en France". Il vient maintenant de bloquer l'acquisition par Yahoo! de la plate-forme française Dailymotion. Soutenu en cela par son collègue Benoît Hamon, pas soutenu par son autre collègue Pierre Moscovici...   …

LES ARTS, LES ARMES ET LES LOIS

Au départ, un constat. Qui est d'ailleurs une vieille histoire : l'économie ne fait pas partie des mythes fondateurs français. Allez voir la liste des grands hommes – parmi lesquels deux femmes ! –, inhumés au Panthéon : ils sont écrivains, hommes politiques, scientifiques, résistants, médecins, navigateurs, militaires. Entrepreneurs ou capitaines d'industrie, jamais. On trouve bizarrement sur la liste un banquier suisse du XVIIIe siècle dont personne ne se souvient, Jean-Frédéric Perregaux, mais il trouva sa place dans le temple républicain en vertu de son rôle dans la Révolution.
 
Un Rothschild ou un Rockefeller ne pourraient être affichés comme des emblèmes nationaux en France. La ruée vers l'or, chantée par l'Amérique, n'est pas un rêve français et ceux des Français qui en rêvent sont gênés de le dire. A la conquête de l'Ouest et aux promesses de réussite, on préfère les arts, les armes et les lois ; les droits de l'homme, la République une et indivisible, la liberté universelle. Les rémunérations indécentes de certains patrons ont accentué la méfiance. Quand François Hollande déclare en 2006 qu'il "n'aime pas les riches", il hérisse les entrepreneurs, les milieux d'affaires et une partie des classes moyennes, mais il brosse la France dans le sens du poil. Il renoue avec la vieille antienne d'une nation forgée par le catholicisme et pour laquelle, contrairement aux Anglo-Saxons protestants, la richesse est plus un scandale que la pauvreté.

Cette marque France, Philippe Lentschener a donc décidé de lui donner une orientation économique. "Si on n'est pas économique aujourd'hui, explique-t-il, on disparaît. Plus le capitalisme est mondial, plus il faut affirmer sa personnalité sur ce plan et dire qui on est. Sinon, les autres le disent à votre place par des clichés, et c'est la catastrophe. Or nous sommes le pays développé dont la personnalité économique est la plus faible. On glorifie la recherche et les activités intellectuelles, mais on laisse tomber la liaison avec le commercial. On invente le Minitel, la carte à puce, 50 % de l'électronique embarquée sur le robot Curiosity, mais ce sont les Américains qui font Apple, les Coréens qui font Samsung.

La question, c'est : où notre créativité se perd-elle ? Nous n'avons pas l'humus culturel pour l'économie. On subit le french bashing et on ne sait pas quoi répondre. Il faut une prise de conscience consensuelle. La marque France, c'est ça : un récit économique national dont on sera fier."

 … En l'absence de ce récit, les clichés dominent. Comme dans les éructations du PDG américain de Titan, Maurice Taylor, dans sa lettre à Arnaud Montebourg de janvier où il accusait les salariés français de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord de prendre "une heure pour déjeuner, trois pour parler et trois pour travailler". L'hebdomadaire britannique ultralibéral The Economist n'en est pas loin, qui adore matraquer la France de "unes" sarcastiques.

Le Wall Street Journal ou le Financial Times (FT), la bible des milieux d'affaires du monde entier, sont plus nuancés mais ils ne sont pas seuls parmi les médias étrangers, allemands, indiens, chinois, à décrire la France comme un pays ultraréglementé, qui pratique les taux d'imposition les plus lourds de l'Union européenne, qui surtaxe le succès, où les procédures administratives sont kafkaïennes, où la main-d'oeuvre, productive mais coûteuse, est attachée au respect de ses 35 heures, où le climat social est tendu et où on séquestre les patrons.

Que ces caricatures soient fondées ou non, qu'il y ait une part de propagande intéressée contre la France et la zone euro, cette presse anglo-saxonne est qu'on le veuille ou non la plus influente du monde, et elle porte l'esprit du temps.   …

"A L'ÉTRANGER, LE CHIFFRE DE 75 % A MARQUÉ"

Est-ce la façon la plus efficace d'affirmer "l'oriflamme" française ? "Après les affaires Peugeot et Mittal, il a fallu ramer", confessent la plupart des sept représentants spéciaux du Quai, gênés. "Montebourg est la personnalité du gouvernement la plus connue à l'étranger. Ses sorties, ça n'aide pas", ajoute l'un d'eux.

Des mesures symboliques de la présidence Hollande ont conforté l'image d'une France peu portée sur la création de richesses et réputée ne pas rendre la vie facile aux patrons et aux sociétés, dont l'impôt est de dix points supérieur à celui des concurrentes européennes. L'accord récent sur le droit du travail ou la réduction de la taxe sur les plus-values de cession (après la révolte dite des "pigeons") n'ont pas compensé l'effet des fameux 75 % d'imposition sur les très hauts revenus. "La fuite de Depardieu, le faux départ de Bernard Arnault, ça a fait très mal, dit Jean-Pierre Raffarin. Vous imaginez un grand patron chinois, brésilien ou indien, s'expatrier en le criant sur les toits ? Dans les pays émergents où il y a un fort patriotisme, c'est incompréhensible."

"A l'étranger, le chiffre de 75 % a marqué, raconte Louis Schweitzer. Ce n'est pas compris. Il faut sans cesse expliquer qu'il ne concerne pas l'ensemble de la fiscalité française." L'image, même fausse, crée une réalité. Les 75 % ne sont pas appliqués, les 35 heures ont été largement assouplies, il n'empêche : "Quand ils évoquent la France, les hommes d'affaires étrangers la réduisent souvent à deux chiffres : 75 et 35", explique Alexis Karklins-Marchay, du cabinet d'audit Ernst ESPERLUETTE Young. "Les 75 % c'est possible, mais les Chinois ne m'ont jamais parlé des 35 heures comme d'un handicap", feint de s'étonner Martine Aubry, l'instigatrice de ces dernières...   …

CE QUI MANQUE, C'EST UN ÉTAT D'ESPRIT

Infrastructures, qualité des ingénieurs, technologie, innovation, créativité, productivité, qualité de vie, universalisme, luxe, vin, patrimoine artistique, restent des marqueurs forts de l'image d'un pays qui est par son PIB la 5e puissance mondiale, et 4e en fonction de la place qu'occupent les très grandes entreprises françaises parmi les 500 meilleures mondiales – devant l'Allemagne, plus performante en PME.

Ce qui manque, c'est un état d'esprit. "Il faut accompagner politiquement nos entreprises et que les grandes entreprises accompagnent les PME, comme le fait l'Allemagne", note Martine Aubry. Nicole Bricq fait le même constat : "Au Koweït, on m'a dit : "Je vais vous expliquer qui vous êtes, vous les Français : vous êtes d'excellents ingénieurs et de très mauvais commerciaux. Vous n'analysez pas la demande, vous êtes individualistes, vous venez nous voir un par un, au lieu de vous regrouper comme les Allemands.""

"L'image de la France n'est pas dégradée car le pays est créatif, mais elle inquiète, explique Dominique Senequier, présidente du directoire d'Axa Private Equity, dont la société de gestion n'a pas séduit les clients étrangers. L'instabilité fiscale, dont nous sommes les champions, s'est aggravée par le train de mesures récent. Les étrangers ne peuvent pas savoir avant d'investir quelle sera la valeur de l'entreprise. Du coup, ils sont frileux." "La France est perçue comme un enfant fragile, insiste Clara Gaymard. Une dépense publique à 56 % du PIB, un déficit à 3,7 %, le chômage à plus de 10 % : ce n'est pas tenable. Avec les 75 % en plus, on donne l'impression d'un pays à contre-courant de la réalité du monde, qui veut punir ceux qui créent de la richesse. La France reste attractive. Le socle des atouts est là. Mais il faut corriger une image qui va mal. Vite."

La première grande étude comparative sur les marques des pays, leur "capital immatériel", a été réalisée en novembre 2012 par Harris Interactive auprès d'un échantillon de 1 000 leaders économiques et leaders d'opinion internationaux. W, Ernst ESPERLUETTE Young, HEC Paris, Havas Design+ et Cap en sont les concepteurs. L'image du pays, dit l'étude, a un impact sur l'attractivité et la compétitivité, elle est un ressort essentiel dans la compétition mondiale.   …

2013/05/30

Pourquoi Geronimo ? C'était le cri des paras de la Seconde Guerre Mondiale en se lançant dans le vide


… depuis des années, une question occupe mes nuits sans Lune : pourquoi Geronimo ?
se demande Laurent Carpentier dans Le Monde.
Dans Le Tombeur de ces dames, Jerry Lewis est l'homme à tout faire d'une immense maison pour jeunes filles. Une émission de télé doit y être tournée. Le technicien demande à Jerry de tester un micro à l'étage pendant qu'il écoute. Le jeune ahuri, après moult hésitations, va crier de toutes ses forces dans le micro : "GE-RO-NI-MO". L'image suivante, le corps du technicien, démantibulé, lunettes cassées, émerge du canapé. Fou rire garanti. Et Geronimo ? "C'est venu comme ça..." Misère, c'est tout ? Les légendes ne sont pas faites pour être éclaircies.

    Pour comprendre le cri de Jerry Lewis dans Le Tombeur de ces dames (Je ne saurai jamais pourquoi Jerry Lewis cria "Geronimo" ! par Laurent Carpentier, Le Monde du 25 mai 2013), il faut remonter 20 ans en arrière : Durant la Seconde Guerre Mondiale, les paras américains (ceux-là même qui sautèrent sur Saint-Mère-Église dans la nuit du 5 au 6 juin 1944) adoptèrent plusieurs aspects de la vie des Indiens "sauvages".

    D'abord, les hommes de la 101st Airborne se rasèrent la tête, sauf un strip cental du front au cou de façon à imiter les guerriers iroquois.  Ensuite, quand ils partaient au combat, ils se couvraient le visage de peintures de guerre, et enfin, en se jetant dans le vide à tour de rôle, chacun des paras hurlait "Geronimo" de toutes ses forces.

    Dans les années 1940 vivaient encore beaucoup de gens qui avaient participé à la conquête de l'Ouest, et plus d'un de ces parachutistes a dû entendre, dans son enfance, un vétéran des guerres indiennes, un Indian fighter, lui parler — sans doute avec respect — de Geronimo et de sa bande d'Apaches réfractaires.

    Après la guerre, le cri devînt à la mode parmi les gamins qui jouaient à la guerre ou aux cowboys et aux indiens.  Jerry Lewis dut son succès aux rôles de garçon qui n'a jamais grandi, et c'est en imitant pour la enième fois un môme américain typique de l'époque qu'il choisit l'occasion la plus incongrue pour hurler, lui aussi, "Geronimo" à pleins poumons — même si, 50 ans plus tard, le comédien ne se souvînt plus des origines de ce cri. 

    Par ailleurs, on peut se demander combien de punks et d'autres anticonformistes des temps modernes savent que leur iroquois — en américain, un mohawk — a une origine… militaire?!

2013/05/28

Pourquoi avoir reproché aux USA d'être intervenus en Irak puisqu'il n'y avait "pas" d'ADM, et de ne rien faire maintenant alors qu'il y en a en Syrie?

Ah ! que n'avait-on pas entendu en 2003 lorsqu'il fut question d'armes de destruction massive en Irak ! 
s'exclame Lucien SA Oulahbib en évoquant les Contradictions occidentales devant la Syrie « chimique ».
Comment? Des ADM en Irak? Mais vous n'y pensez pas voyons !  -euh… Saddam n'en avait-il pas eu quand même un moment en les utilisant contre les Kurdes et les Iraniens ? N'y avait-il pas  à l'époque un des sbires de Saddam que l'on nommait Ali le chimique tant il avait gazé jusqu'à plus soif ? -peut-être ! mais c'était avant… – Avant quoi ?… -Avant… Donc il en a eu… -oui mais "avant"…Et "après" la première guerre du Golfe Saddam avait été désarmé… -Mais les stocks…où sont-ils passés ?… 
 

Yossef Bodansky dans The secret history of the Iraq War écrit ceci (2003, HarperCollins Publishers, p 54) :
" Using their wide array of technical capabilities, US.Intelligence tracked Iraqis as they used barges and other river craft, particularly in northwest Irak near the Syrian Border, to transfer and store materials used in its WMD programs, laboratories, and technical facilities."
Ce qui est compréhensible, Saddam et Assad (père à l'époque) faisant parties de la même formation, le Baath, fer de lance avec le nasserisme du fameux "nationalisme arabe" ; ici le terme "nationaliste" est accepté en Occident sans problèmes… C'est un sujet d'études savantes. On ne parle évidemment pas à l'époque comme étant un mouvement "d'extrême droite", non, et certains parlent même de parti progressiste, laïque, mais oui…


- Les ADM n'ont "jamais existé" répète de son côté Pascal Boniface au micro de BFM Buziness lundi 27 mai au soir au moment même où un reportage du Monde fait état d'utilisation d'armes chimiques en…Syrie, munie par ailleurs d'un impressionnant arsenal. -Et alors?… -La "ligne rouge" tracée par Obama (himself) a été franchie non ?…


Eh bien non… Comment ça ?… Là nous rentrons dans du Molière teinté de Marivaux : les USA et l'UK (Blair et Bush) ont été accusés par toutes les belles âmes dont Pascal Boniface d'être intervenus en Irak, cette "république laïque", à cause de ces ADM qui n'ont "jamais existé" (du moins "après" leur supposé "démantèlement") ; mais maintenant qu'elles existent visiblement en Syrie, cela ne change rien non plus, Obama botte en touche ; mais l'Europe vote la levée de l'embargo sur les armes...ce qui est une bonne nouvelle également pour les mains indélicates et aussi le Hezbollah qui pourra faire bientôt de belles prises de guerre, idem pour le Hamas, précipitant ainsi tout le monde dans le brasier dont Israël et l'Iran ; l'Égypte n'en est pas loin, surtout si la guerre peut être un moyen de pallier aux difficultés socioéconomiques grandissantes…

Cependant, pourquoi avoir reproché aux USA et à l'UK d'être intervenus en Irak puisqu'il n'y avait "pas" d'ADM, et de ne rien faire maintenant alors qu'il y en a en Syrie  ?

Plus encore, la protestation véhémente naguère de certains, parlant de mensonges de manipulations etc, s'appuyait en sourdine sur l'idée que s'il y avait des ADM alors là oui la guerre se trouve légitimée tout de même, mais il fallait qu'elles soient là, absolument, c'était, vraiment, la condition sine qua non ! Sauf que, maintenant qu'elles sont là, résolument là, eh bien les regards se tournent ailleurs, exigent plus de "preuves" etc…surtout du côté américain… en plus Roland Garros vient d'ouvrir, fini dans ce cas les vacances à Ibiza de Cameron deux jours après l'assassinat sur vidéo d'un soldat au nom d'un islam qui n'aurait rien à y voir selon le même Cameron que l'on ne savait pas expert, docteur es islam…un islam qui se déchire en Syrie tout de même et ce sans que l'on puisse dire qui de Assad et de ses opposants est plus ou moins musulman, d'autant que ladite "laïcité" baathiste n'a jamais signifié athéisme, et en ce sens le socialisme arabe a toujours considéré l'islam des origines comme étant sien.


Donc les armes chimiques existent, des journalistes du Monde les ont même rencontré. Et c'est tout. Point final. Realpolitik, please. Obama a tant à faire en Asie… Pendant dix ans Bush et Blair ont été trainés dans la boue, insultés, voués aux gémonies. Certains même les accusant d'avoir créé la guerre actuelle entre sunnites et chiites, comme si elle n'avait jamais existé auparavant, comme si la division entre sunnite et chiite était une création "bushiste", on hurlerait de rire devant de telles âneries dignes du Grand Journal de Canal+ ou de On refait le monde sur RTL, et toutes ces émissions à la botte du service public style Charles Enderlin et son entêtement à laisser croire que le petit Mohamed a été tué par des balles "israéliennes" alors qu'en réalité, il n'en sait rien (et Philippe Karsenty a démontré le contraire, en mettant en avant cette nouvelle affaire Dreyfus comme l'écrit S. Trigano). 

Bref, des montagnes d'âneries ont été écrites et continuent de l'être. Pendant ce temps les Kurdes irakiens ont échappé aux griffes du fameux progressisme arabe, et les Kurdes syriens suivent leurs pas, en attendant les Kurdes turcs et iraniens… L'ancienne Mède se reconstitue, se régénère… À quand la France ?… :-)

2013/05/24

Entretien avec un représentant des forces de l'ordre : La police veille

Un journaliste et un représentant des forces de l'ordre, interprétés par Jean Yanne et Daniel Prévost :
Cette semaine — rien que cette semaine — nous avons arrêté plus de 4000 personnes — tous ces gens étaient des pères de famille, des ouvriers, des honnêtes gens, des commerçants, des gens dont on ne se serait pas méfié aux premiers abords, qui semblaient honorables…

Jean Yanne Daniel prevost 60 km/h boulevard... par susacacon

Merci à Claude La Dondaine qui fait la remarque suivante :
C'était pas prémonitoire, ça? Le public qui éclate de rire devant ce qui paraissait une connerie impensable à l' époque montre à quel degré on en est arrivé.

2013/05/22

Pointing a Smoking Finger at the NRA



In a cartoon of exquisite subtlety, Selçuk points the smoking finger of a bloody hand at the gun lobby, the National Rifle Association

2013/05/20

Le Front National et les Tea Parties — non seulement il n'y a aucun lien, mais en plus ils sont diamétralement opposés

Le Monde nous apprend que
La présidente du FN a … estimé qu'une "nationalisation temporaire des banques", qui ne jouent pas le jeu du financement de l'économie réelle, pourrait s'avérer nécessaire pour relancer l'économie.

 …  "La Banque centrale européenne prête aux banques à 1 % et ces banques, plutôt que de prêter à l'économie réelle préfèrent se capitaliser. Alors, s'il le faut, il faudra nationaliser les banques de manière temporaire", a-t-elle lancé en expliquant que l'Etat devait avoir un rôle de "stratège".
Par ailleurs, ans son interview avec Frédéric Haziza, Françoise Fressoz, Marie-Eve Malouines et Matthieu Demeestere, Marine Le Pen a dit que
Les remèdes ultralibéraux qui sont imposés à la France aggravent le mal. Le libre-échange total, combiné à l'hyperfiscalité qui vise à remplir le tonneau des Danaïdes des déficits français, aggrave le chômage et creuse un peu plus les déficits. C'est un cercle vicieux.
Le Pen montre encore une fois, si besoin était, que le Front National n'a rien à voir avec les conservateurs américains, le parti républicain, et les Tea Partiers.

2013/05/01

Le problème en Suisse, c'est que le nombre d'accidents recensés sur l'autoroute A1 a beaucoup augmenté depuis l'installation des radars

En Suisse, la Police cantonale vaudoise a publié un rapport annuel avec des chiffres surpenant concernant l'autoroute A1 entre Genève et Lausanne.

Ce tronçon de 42 kilomètres entre l'échangeur d'Ecublens et celui de Genève est surveillé depuis 2 ans par 17 radars fixes placés environ tous les 5 kilomètres. Ces radars signalés et parfaitement visibles prennent en excès de vitesse pas plus de 0,15% d'automobilistes. 
Voilà ce que nous apprend Le Blog 100% Radars (merci à Pascal Levaubien).
Le problème, c'est que le nombre d'accidents recensés sur ce tronçon a beaucoup augmenté depuis l'installation des radars: 268 accidents recensés en 2007 contre 227 en 2006 et 211 en 2005.

Dès le mois d'octobre 2007, le Touring Club Suisse (TCS) alertait les autorités sur ce nouveau phénomène. En effet, si au début les conducteurs levaient le pied sur tout le secteur concerné, aujourd'hui les habitués se sont mis à accélérer entre les radars et à ralentir à l'approche des points de contrôle, cette succession de coups de frein intempestifs suivis d'accélérations est à l'origine de nombreux accrochages.
 

2013/04/30

Les radars-pièges exigent du conducteur une observation robotique de son compteur alors qu'il devrait guetter les dangers devant son capot


"La vitesse tue". Voilà une évidence ancrée dans les esprits depuis que tout lycéen a abordé ce chapitre en cours de physique.
 Ainsi parle Jacques Chevalier dans Le Point.
 … La Sécurité routière fonctionne cahin-caha comme cela depuis 1974, date des premières limitations de vitesse. D'autres mesures sont venues heureusement diversifier les actions, notamment en prenant en compte les enquêtes "Réagir". Celles-ci s'attachaient par une véritable instruction d'un dossier d'accident à en démêler les causes, jusqu'à rechercher dans la vie privée des protagonistes, les antécédents médicaux ou psychologiques. Là, on s'est aperçu qu'un accident combinait le plus souvent plusieurs facteurs et que la vitesse excessive était presque systématiquement le résultat d'un autre comportement à risque.

Diaboliser la vitesse

Cela n'a pas empêché, au fil du temps, de toujours diaboliser la vitesse qui est pourtant un axe de progrès de toute activité humaine. En s'attaquant ainsi à la partie émergée de l'iceberg, la Sécurité routière croit naïvement traiter tout ce qu'il y a sous la ligne de flottaison. Elle ne fait qu'écrêter le problème. Elle ne s'intéresse toujours pas aux véritables causes de l'accidentologie et préfère, selon un raisonnement bien simpliste, appliquer une règle militaire : "Scrogneugneu, j'veux voir qu'une tête."

Avec Frédéric Péchenard, ex-patron de la Police nationale aux brillants états de service, échoué à la Sécurité routière, on pouvait attendre une politique plus responsable et il ne manque d'ailleurs pas, en privé, d'émettre des idées fort intéressantes. Mais en public, c'est toujours la boîte de Pandore que l'on agite sur un automobiliste médusé de voir converger autant de moyens et de célérité sur ses petits écarts comparés aux véritables comportements délictuels.
Facile à piéger, facile à punir, le conducteur bon père de famille a fini par participer largement à cette étude de 40 millions d'automobilistes pour relever tous les radars pièges et les radars tirelires pour les dénoncer comme une absurdité de notre système. Pour ma part, j'y ajouterai l'ensemble des radars du territoire qui piègent dès le premier kilomètre-heure dépassé, exigeant du conducteur une observation robotique de son compteur alors qu'il devrait guetter les dangers devant son capot.

Vers une Sécurité civile

La réponse de Frédéric Péchenard est restée sur une ligne bien simpliste : "La vitesse tue et coûte cher à la communauté. Les P-V ont rapporté 700 millions l'an dernier aux caisses de l'État alors que les accidents de la route lui ont coûté 23 milliards." Dans ce cas, il faut supprimer la Sécurité routière et la remplacer par la Sécurité civile qui s'occupera des 3 600 morts de la route, mais surtout de l'alcool, responsable de 73 000 morts par an dans notre pays, le tabac de 49 000, les accidents domestiques de 20 000, le suicide de 12 000, la grippe de 10 000 et les maladies nosocomiales de plus de 5 000 victimes. Là, messieurs Hollande, Ayrault et Péchenard auront une véritable mission de salut public. Bizarre, il n'y a pourtant que la route qui les intéresse.

2013/04/29

40 Millions d'automobilistes dénoncent les radars "qui piègent"

L'association 40 Millions d'automobilistes assure avoir reçu 67 000 réponses à son "audit participatif", lancé le 17 octobre 2012, sur  le site Racontemoitonradar.com
écrit Le Monde (avec un article similaire de l'hebdo Le Point).
Les internautes y dénoncent les radars "qui piègent".


Il existe plusieurs sortes de pièges, selon 40 Millions d'automobilistes.

L'incohérence : une même route est limitée à une vitesse différente selon le sens dans lequel on la prend : 90 km /h dans un sens, 70 dans l'autre

Voici par exemple ce que raconte Catherine D. (Haute-Vienne): "Sur l'autoroute A20 pendant la traversée de Limoges, la vitesse est réduite à 110km/h dans les deux sens. Sauf que dans le sens province-Paris (et pas dans l'autre sens !). Il y a une limitation de vitesse à 90 km/h pendant environ 500m et bien entendu un radar est justement placé à cet endroit. Il suffit de doubler un bus ou un camion pour ne pas voir le panneau de limitation."

Autre témoignage, celui de Patrick R. (Calvados): "A Loucelles, en direction de Cherbourg Octeville vers Paris, une succession de limitations de vitesse puis à l'entrée de la ville, le radar est juste au niveau du panneau de limitation à 70 km/h ! Vitesse retenue 72 km/h ! Impossible de réagir ! il fallait le deviner ce radar = Amende 45 euros 1 point retiré." 

• L'implantation en bas d'une descente, alors que la voiture a tendance à accélérer. Voici par exemple le témoignage de Jean-Guy L. (Pyrénées-Atlantiques): "Commune de Saint-Jean-de-Luz, sur l'A63, sens France-Espagne en descente, pour une vitesse limitée à 110 km/h. Il n'y a aucun danger, ce n'est pas une zone accidentogène, et si l'on n'est pas muni d'un régulateur de vitesse on doit freiner pour ne pas se faire prendre."

Le radar caché. Voici par exemple ce qu'en dit Laziz H. (Val-de-Marne) : "Une avenue de Choisy-le-Roi est limitée à 30 km/h. Aucune raisdon pour qu'elle ne soit pas à 50 km/h/ En plus, il y a un radar perché et caché sur un portique à hauteur des arbres. Il a fallu deux PV pour que je découvre ce radar."

Le radar positionné dans une zone courte de vitesse abaissée: Alain H. (Landes) raconte ainsi que son fils "a été piégé par le radar placé à Labouheyre sur la N 10 en direction de Bayonne": "Le panneau de signalisation est placé plus de deux km en amont, ce qui fait que les automobilistes pensent l'avoir déjà dépassé jusqu'au flash fatal dans une zone de vitesse abaissée à 90 Km/h au lieu de 110 km/h sur le reste du trajet."

Les automobilistes dénoncent aussi la vitesse abaissée, la remise en cause de la signalisation, le radar après le danger, le radar en zone de dépassement, l'entrée-sortie d'agglomération.

L'association va remettre ses résultats au ministre de l'intérieur, Manuel Valls. Elle réclame un audit de l'implantation des radars en France.

Elle demande que le rappel de la vitesse à respecter se situe au niveau du panneau avertisseur de radar. Elle souhaite que l'on mette des radars pédagogiques (qui indiquent la vitesse sans la flasher) dans les zones de descente  ou les entrées d'agglomération.

"Il ne s'agit pas de pourfendre les règles, il ne s'agit pas de lancer u appel à la déresponsabilisation des automobilistes", précise Daniel Quéro, le président de l'association.
Noter tout de même la différence de ton choisi par Le Monde pour différencier entre l'organisme privé (mise en doute) et les dires du gouvernement (à prendre comme du pain bénit) :

• "L'association 40 Millions d'automobilistes assure avoir reçu 67 000 réponses"

• "Rappelons en effet les radars ont permis d'éviter quelque 15 000 accidents mortels et 62 000 accidents non mortels, entre novembre 2003 et décembre 2010, selon une étude de l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (Ifsttar)"

Franck Marie rappelle que 
L'IFSTAR est un institut entièrement payé par l'etat, mais sa denomination "institut" tente à faire croire qu'il s'agit d'un etablissement independant, il n'en est rien.

2013/04/08

Saint Hugo Chavez, "Christ des pauvres"


En cette semaine sainte, les vendeurs ambulants amassés autour des églises vénézuéliennes vendent cierges, vierges et images religieuses à l'effigie d'Hugo Chavez
écrit Marie Delcas dans Le Monde.
On y voit l'ex-président en saint, baigné d'une lumière céleste. "Hugo Chavez, Christ des pauvres", dit l'une d'elles. A Caracas, dans le quartier populaire du 23 de Enero où repose la dépouille du chef de l'Etat mort le 5 mars, un modeste petit autel a été inauguré, jeudi 28 mars, en l'honneur de "saint Hugo Chavez".

Inutile de dire que le culte agace les dignitaires de l'Eglise catholique. D'autant que le président par intérim et candidat présidentiel, Nicolas Maduro, n'hésite pas à en jouer. "Nous nous déclarons les apôtres d'Hugo Chavez, les apôtres de la cause du Commandant", lançait M. Maduro le 18 mars. L'héritier désigné du "leader éternel de la révolution bolivarienne" est donné gagnant dans les sondages pour l'élection du 14 mars. L'opposition accuse M. Maduro d'instrumentaliser la mémoire d'Hugo Chavez, de le déifier pour dissimuler ses propres carences.

"DONNE-MOI TA CROIX"

La date du scrutin est un jour important dans le calendrier chaviste. Evincé du pouvoir le 11 avril 2002 par un coup d'Etat, Hugo Chavez y était revenu en héros le dimanche 14 au petit matin. Pour Nicolas Maduro, le 14 avril sera donc "dimanche de résurrection, dimanche de victoire populaire, dimanche de Christ rédempteur des pauvres d'Amérique latine".

En évoquant "la foi de laquelle nous ne devons pas nous éloigner", le cardinal Jorge Urosa Saviño, archevêque de Caracas, a cru bon de rappeler à l'occasion de l'homélie du mercredi saint que "la religion catholique n'est pas guidée par un être humain, mais par Jésus. Aucun gouvernant ni aucun homme, si aimé soit-il, ne peut être égalé à Jésus-Christ". Et de rappeler : "Le plan religieux doit être différencié du plan socio-politique."

Sur le terrain, certains prêtres se montrent plus compréhensifs. Sur la chaîne publique TVT, le Père Numa Molina, de la paroisse de San Francisco à Caracas, soulignait que "le président Hugo Chavez a été un prophète qui a fait entendre sa voix en faveur des peuples oubliés et exclus du monde".
En bisbille avec la hiérarchie catholique, Hugo Chavez n'avait jamais dissimulé son admiration pour le Christ, "grand révolutionnaire" et "premier socialiste de l'histoire". La maladie l'avait rendu plus croyant encore. "Donne-moi ta couronne, Christ, donne-la- moi que je saigne, donne-moi ta croix, donne-moi cent croix, mais donne-moi la vie", implorait-il publiquement, il y a un an exactement.

2013/04/04

Quand un village français reçoit 100.000 dollars d'un riche Texan

Le petit village d'Aurignac n'en a pas cru ses yeux
écrit Clémentine MAZOYER (merci à Valerie)
lorsqu'un riche entrepreneur pétrolier Texan … a fait don de 100.000 dollars, soit près de 77.000 euros pour restaurer la petite église Saint Pierre. …

L'argent servira à l'embellissement de l'église 

L'Association de Sauvegarde du Vieil Aurignac a touché l'argent il y a une quinzaine de jours. Une réunion a eu lieu avec les membres de l'association, de la mairie, propriétaire de l'église, et des responsables religieux, pour faire un constat des travaux nécessaires. La mairie devrait s'occuper des gros travaux tandis que l'association se penchera sur l'embellissement. "Nous avons des trésors dans cette église, et des tableaux à rénover," explique Renée Ragnès qui estime que les travaux dureront près de deux ans. 

Pour Jean-Michel Losego, maire de la commune, un tel cadeau "c'est un bonheur." Aurignac a "le problème de toutes les communes qui, riches à un moment donné, ne le sont plus", et qui se retrouvent avec un patrimoine considérable àentretenir. 

Pas tout à fait une première pour Aurignac 

Car Aurignac n'en est pas à son premier don venu d'Amérique. En 1911, Bertrand Adoue, enfant pauvre d'Aurignac part faire fortune à Dallas (Texas) où il devient banquier. A sa mort, il lègue une partie de sa richesse aux nécessiteux du village. 

Par ailleurs, un étudiant d'Aurignac touche encore chaque année une bourse de près de 500 euros grâce aux intérêts produits par un don fait à la même époque par une autre Aurignacaise, émigrée aux Etats-Unis.

2013/04/01

Les lois, c'est pour la plèbe : Encore un ministre socialiste censé expliquer aux Français les vertus de l'impôt, qui aurait un compte en Suisse

Les lois, c'est pour la plèbe, les leçons de morale de même.

Encore un socialiste qui n'aime pas les riches, encore un gauchiste qui n'aime pas le capitalisme, encore un moralisateur qui n'aime pas les prétendus fraudeurs aux impôts, mais qui, en toute cachette, aurait un compte en Suisse, rien que ça…

Ah ! Avions-dit c'est le ministre du budget dont il s'agissait ? Que c'était le ministre du budget (Jérôme Cahuzac) qui était visé par une information judiciaire dont l'ouverture était requise par le parquet de Paris pour "blanchiment de fraude fiscale" ?

Un "ministre du budget, censé non seulement expliquer aux Français les vertus de l'impôt, de la rigueur et de la vertu budgétaire, mais aussi lutter contre la fraude fiscale", selon l'éditorial dans Le Monde :
Dans ces conditions, la démission du ministre du budget était inévitable. Certes, ce dernier est présumé innocent et n'est pas mis en examen. Sa démission ne saurait être interprétée comme un aveu de culpabilité. Et comme il l'a fait depuis le début de cette affaire, M. Cahuzac continue à récuser catégoriquement les accusations portées contre lui. " Je n'ai pas, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger. Ni maintenant ni avant ", n'a-t-il cessé d'affirmer, y compris dans le bureau du président de la République. Mais le soupçon qui pèse sur lui est désormais trop lourd pour qu'il puisse continuer à siéger au gouvernement sans l'affaiblir durablement.

De même, François Hollande n'avait d'autre choix que d'accepter ce départ. Attendre les résultats de l'enquête judiciaire qui va s'engager et, au bout du compte, une éventuelle mise en examen de M. Cahuzac, aurait placé l'exécutif, durant des mois, à la merci des rebondissements délétères de cette affaire.

Le chef de l'Etat a donc tranché immédiatement. Quoi qu'il lui en coûte puisqu'il se sépare, en l'occurrence, d'un poids lourd de son gouvernement, qui fut la " révélation " de son début de mandat, en charge du département le plus exposé du moment : faire accepter aux Français et à tous les ministres une sévère cure d'austérité budgétaire et fiscale pour réduire l'endettement du pays et contribuer à son redressement.

Le président de la République a mené campagne, voilà un an, en faveur d'une " République exemplaire ", débarrassée du poison des " affaires " qui n'ont cessé, depuis des lustres, de miner le crédit des responsables publics, à gauche comme à droite. Tergiverser n'aurait fait que renforcer plus encore cette défiance et tous ceux qui l'attisent.

C'est encore plus vrai dans le cas d'un ministre du budget, censé non seulement expliquer aux Français les vertus de l'impôt, de la rigueur et de la vertu budgétaire, mais aussi lutter contre la fraude fiscale. Laisser la moindre place au doute sur la probité de celui qui en exerce la charge était déjà problématique depuis trois mois. C'eût été dévastateur demain.

2013/03/31

Un vétéran yankee du Jour J va retrouver un objet perdu sur les plages de la Normandie en juin 1944

Stéphane Lamache, directeur du Musée Airborne de Sainte-Mère-Eglise, se promène avec des amis dans les dunes d'Agon-Coutainville, un clair samedi de septembre 2012. Un morceau de métal affleure la surface. L'historien identifie immédiatement une Dog Tag, surnom donné à la plaque métallique d'identification que portaient autour du cou les soldats américains pendant le Débarquement.
Voilà ce qu'écrit Benoît Hopquin dans un article pour Le Monde depuis les plages du débarquement.
Y figurent un nom, James Kelson, et d'autres indications tels le groupe sanguin, la religion ou la personne à prévenir en cas de décès, une certaine Elsie Kelson, avec une adresse dans le district de Columbia, Washington DC.

De telles découvertes ne sont pas rares en Normandie dont le sol regorge encore d'objets militaires. En général, les collectionneurs les déposent sur une étagère ou les oublient dans un tiroir. En vrai spécialiste, Stéphane Lamache entame des recherches, consulte les bases de données américaines et retrouve la biographie partielle du soldat.

L'homme est né en 1921. C'est un Afro-Américain, un negro citizen, selon la dénomination de l'époque. Il a fait des petits boulots dans des restaurants, à bord de trains ou sur des bateaux à vapeur. Il a été enrôlé le 2 décembre 1942, a fait ses classes à Fort Myer, en Virginie, avant d'être envoyé en Angleterre puis de débarquer en France, fin juin 1944, à Omaha Beach. Comme la plupart des soldats noirs américains, en ces années de ségrégation, il n'était pas envoyé dans les unités combattantes mais versé dans l'intendance, en l'occurrence la blanchisserie de l'armée.

Les archives dévoilent ainsi la vie de l'homme. Mais rien sur sa mort. En consultant les registres de décès ou d'inhumation, Stéphane Lamache ne trouve aucun James Kelson qui corresponde. En désespoir de cause, il fait appel à un réseau de généalogistes aux Etats-Unis qui retrouvent la trace d'une fille, Joan. " Et là, elle nous annonce que son père est encore vivant ", raconte Stéphane Lamache. A 91 ans bien sonnés, le vétéran vit dans une maison de retraite à Washington DC.

Antonin Dehays, un autre historien qui se trouve outre-Atlantique pour ses recherches, rencontre le vieil homme en janvier. James Kelson lui raconte son séjour en Angleterre puis en France. " J'ai rencontré beaucoup de Français, des gens bien. " Après avoir été stationné en Normandie, à Cherbourg et Valognes notamment, il a été affecté jusqu'à la fin de l'année 1944 à la surveillance de la frontière franco-belge puis a été envoyé au Japon. Il est revenu aux Etats-Unis en 1946 et a repris sa routine, comme manoeuvre dans le bâtiment. De la France, il a ramené quelques rudiments de la langue, notamment l'expression : " Comme ci, comme ça. "

Sa plaque ? James Kelson ne se souvient pas l'avoir perdue. Mais l'étourderie va être réparée. Stéphane Lamache a promis d'envoyer la Dog Tag à l'ancien soldat. Il recevra d'ici à quelques jours ce bout de rouille qui raconte une histoire à la fois banale et singulière, sortie de près de soixante-dix ans d'oubli par les mystères des sables de Normandie.

2013/03/30

La France, paradis et eldorado du fast-food américain


La France est le pays où les KFC [les Kentucky Fried Chicken] sont les plus rentables, avec un chiffre d'affaires par restaurant de 3 millions d'euros en moyenne, à peine inférieur à celui du leader du secteur, McDonald's (3,4 millions d'euros). C'est pour cette raison que KFC a démarré sa conquête de l'Europe par l'Hexagone.
Voilà ce qu'écrivent Chloé Hecketsweiler et Julien Dupont-Calbo dans un article du journal Le Monde intitutulé "La France, paradis du fast-food américain"
Ivan Schofield, le directeur général pour l'Europe de l'Ouest de KFC … [le] patron britannique du groupe américain n'est pourtant pas très enclin à discuter malbouffe, même avec son français impeccable. Il voudrait plutôt parler de l'inauguration du 150e KFC de France, situé dans le centre commercial de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), au bout des pistes de l'aéroport de Perpignan.

Pour KFC, ce chiffre est un vrai cap. "Nous voulons ouvrir 150 restaurants [de plus] d'ici à 2017, ce qui devrait représenter 17 % de croissance annuelle jusqu'à cette date", dit M. Schofield. Les ventes dans l'Hexagone ont déjà bondi de 8 % en 2012. Devant son expresso, il ne doute pas un instant que ses poulets figureront souvent au menu des Français, aux côtés des burgers de McDonald's ou des sandwichs de Subway. "Nous avons déjà plus de fans français sur Facebook que McDonald's [1,08 million contre 1,06 million]. Beaucoup réclament un KFC dans leur ville", assure-t-il.
Un paradoxe au pays des chefs étoilés ? Pas vraiment. "La restauration rapide connaît une croissance à faire pâlir d'envie toute l'économie française. Les ventes ont progressé de 4 % en 2012, et de 73 % depuis 2005", note Bernard Boutboul, directeur général de Gira Conseil, un cabinet de conseil spécialisé dans la restauration. Les enseignes où l'addition ne dépasse pas 10 euros et où l'on est "bien calé pour par cher" sont en effet les grandes gagnantes de la crise. …
ELDORADO

Véritable eldorado pour le groupe américain, la France n'est pas pour autant un marché facile à conquérir. "Le déploiement demande beaucoup de temps et d'argent", explique M. Schofield. KFC cherche "des emplacements en périphérie [des villes], idéalement situés sur un rond-point en face d'un hypermarché".

 … Depuis 2001 et la relance de l'enseigne en France, la maison-mère, Yum ! Brands (aussi propriétaire de Pizza Hut et de Taco Bell) a investi près de 500 millions de dollars (380 millions d'euros) dans le développement du réseau.

Pour séduire la clientèle, le roi du poulet pané a aussi dû adapter ses recettes, suivant les traces de son rival McDonald's, le premier à avoir fait le pari d'une "francisation" de son offre. Ainsi, les Français ne raffolent pas des "buckets", ces "seaux" d'ailes ou de pilons frits qui ont fait la réputation du "colonel Sanders", l'homme qui fonda KFC dans les années 1930 – ils ne représentent que 10 % des ventes en France. Les petits soldats du colonel ont ainsi concocté une gamme de sandwichs, tel le "Brazer" – du poulet mariné cuit au four –, adaptés au goût des Français.

Et pour limiter l'effet "bombe calorique" (1 300 calories pour un repas complet tout de même), KFC propose de remplacer les frites par un épi de maïs ou une salade. …

UNE RÉPUTATION FRAGILE

Les ingrédients sont de premier choix et soigneusement contrôlés, assure KFC. Confronté en Chine aux conséquences d'une affaire de poulets gavés aux antibiotiques, KFC sait qu'une bonne réputation ne tient qu'à un fil. En France, Quick ne s'est jamais vraiment remis des soupçons qui ont pesé sur ses restaurants après l'intoxication alimentaire mortelle d'un de ses clients en janvier 2011.

M. Schofield assure se fournir quasi exclusivement en Europe, surtout en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, où le volailler breton Doux livre, à lui seul, 20 % des poulets cuisinés par KFC.

 … Les poulets de KFC pourraient quoi qu'il en soit bientôt se lancer à la conquête de l'Europe. "La France est un modèle. Si l'on réussit ici, on réussira partout", plaisante M. Schofield. Ce que cette expérience lui a appris ? Mieux vaut jouer la carte de l'outsider que celle du leader mondial. Une "french touch"... pas très française.
Alain, un lecteur, réagit :
La France est un pays formidable. C'est un pays où l'antiaméricanisme viscéral des pseudo élites dénonce à tout va l'impérialisme culturel et la malbouffe US et où les chaînes de restauration rapides comme McDonalds ou KFC dégagent les plus grandes marges au monde. C'est un pays tellement fier de son identité culturelle qu'il accompagne ses publicités télé des meilleures bandes son américaines, n'est-ce pas Peugeot ou tout récemment Renault pour sa Zoé illustrée par la chanson Sound of silence

2013/03/19

Devant le Yémen, l'Irak ou la Serbie : dans le peloton de tête des pays les plus armés au monde, la France


Plus de 10 millions d'armes à feu illégales seraient en circulation en France 
explique Elisa Mignot dans Le Monde pendant que les Français s'étranglent sur la folie des Américains et de leur société des armes,
alors qu'il y a 1,5 million d'utilisateurs légaux. Deux mondes dont la porosité inquiète les pouvoirs publics.

 … une quinzaine d'exposants ont déballé là, dans cette bourse aux armes d'une petite ville de province, tout leur étonnant matériel : qui ses sabres, qui ses képis de la seconde guerre mondiale, qui ses livres, ses pièces détachées, ses carabines, ses Colt, ses silencieux, ses fusils Uzi. On trouve de tout, dans ce décor vaguement Art déco. Armes de collection et armes hors d'usage, armes de tir et de chasse, à la portée de quiconque présente sa licence ou son permis.

A 5 euros l'entrée, férus d'armes et curieux s'y retrouvent. Un médecin croise un carrossier, un néocow-boy fan de John Wayne, un chasseur de gros gibier exotique, un ancien militaire, un jeune fan de football. Beaucoup de kaki, beaucoup d'hommes : quelques-uns parmi le 1,5 million d'utilisateurs légaux recensés en France, un pays où l'on compte plus de 3,5 millions d'armes déclarées et presque autant de bourses aux armes que de jours dans une année : 351. Car les armes à feu sont aussi une passion française. Et une préoccupation pour les pouvoirs publics, inquiets de la porosité entre détenteurs d'armes légaux et illégaux.

 …   le centre de recherche [Small Arms Survey] basé en Suisse range la France dans le peloton de tête des pays les plus armés au monde, derrière les Etats-Unis (270 millions d'armes), l'Inde (46 millions), la Chine (40 millions) et l'Allemagne (25 millions), mais devant le Yémen, l'Irak ou la Serbie.

 … Un exposant aux allures de chasseur donne sa carte de visite sans adresse. Vous cherchez des kalachnikovs des pays de l'Est ? Cet armurier peut en trouver des exemplaires sortis des rangs de l'armée. Mais, prudence, il ne veut pas se faire prendre, comme d'autres, dit-il, volontairement évasif. Il ne sera question de permis à aucun moment. Un dandy belge, exposant lui aussi, donne rendez-vous pour une prochaine bourse aux armes, sans dévoiler ni nom ni numéro : il a des pistolets en très bon état à 1 000 euros, on pourra les tester dans un endroit qu'il connaît. Toujours pas question de permis ou d'autorisation. Méfiance, patience et usage habile des flous de la loi.

  … Dans le garage n° 7 du village de Danjoutin, [l'ancien instituteur] stockait 20 kalachnikovs, 9 autres fusils d'assaut, 4 pistolets mitrailleurs, 90 000 munitions, 20 kg de TNT et 23 000 euros. Il a reconnu, lors de son audition, avoir vendu entre 150 et 200 armes déneutralisées en 2011.

 … toujours près de Belfort, la police a découvert 38 fusils d'assaut, 150 armes de poing, 250 kg de cartouches et 38 000 euros dans la cave d'une vieille dame : la belle-mère d'un pharmacien ami d'enfance d'Emmanuel Toschi. « Cette affaire est une saisie exceptionnelle par le nombre et la nature des armes, commente Agnès Thibault-Lecuivre, porte-parole du parquet de Paris. Mais l'élément marquant du dossier est la remilitarisation de ces armes qui ont sans doute alimenté les grands banditismes du sud de la France et de la banlieue parisienne. » Les suspects risquent dix ans de prison.

 … Aujourd'hui, le commerce illégal avec les pays de l'ex-URSS et de l'ex-Yougoslavie, florissant dans les années 1990, après la chute du mur de Berlin, se tasse. Les arsenaux des pays de l'Est ne sont pas vides, mais les stocks vont en s'amenuisant et les polices collaborent mieux. Les importations - des kalachnikovs en général - sont le fruit d'un « trafic de fourmi s », souligne Philippe Nobles. « La kalachnikov est un problème, mais les autres armes aussi, poursuit le commandant. Elles ne sont pas dans l'air du temps mais elles tuent bien plus. »

 … Face aux suspicions qui planent sur leur milieu, collectionneurs, chasseurs et tireurs se défendent vigoureusement contre les amalgames. Ce n'est pas l'arme qui est dangereuse mais l'homme qui la porte, répètent-ils à l'envi. Depuis dix ans, le comité Guillaume Tell, qui dit représenter 2 millions d'utilisateurs d'armes à feu, plaide pour que « les responsables politiques s'occupent en priorité des armes de guerre dans les banlieues plutôt que des armes de chasse dans les campagnes ».


2013/03/17

Encore une caricature grossière du capitalisme


Encore des cartoons de la part de Selçuk caricaturant de façon grossière le capitalisme (l'Amérique quelque part, quoi), cette fois-ci en relation avec le monde du football…

2013/03/16

N'ayez crainte, la police veille sur vous !


Non, mais quand même, il faut quand que nous tous admettions que, quoi qu'il se passe, heureusement que la police veille sur nous !

(Et le fait que "l'un des brigadiers … est soupçonné de corruption lors de la verbalisation d'automobilistes" n'est que le moindre des maux…)

Comme l'écrit Laurent Borredon dans Le Monde :
Du jamais-vu. Sept policiers en délégation sont venus dénoncer les turpitudes de certains de leurs collègues – alcoolisme, vols, dégradations, voire corruption – directement auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices"), à Paris.

Des membres de la brigade canine de Seine-et-Marne se sont résolus à mener cette action inhabituelle, le 19 novembre 2012. Ils ont ainsi outrepassé leur hiérarchie, qu'ils assurent avoir alertée sans résultat. Et ils l'ont payé cher : ces fonctionnaires bien notés et expérimentés ont dû quitter leurs postes.

 … Il y a l'alcool, d'abord, consommé et stocké sans gêne. Certains pots, durant les heures de service, dégénèrent. Le chef tire avec son arme de service sur un lapin qui passe sur le terrain – situé en bordure d'une zone d'activité et d'une route –, le formateur canarde le bungalow d'entraînement, criblé d'impacts. Ils s'amusent à mettre un fumigène dans la vieille Renault 25 qui sert à l'entraînement des chiens. La voiture s'enflamme... Un jour, le commissariat voisin appelle, inquiet : des riverains ont signalé un incendie. En réalité, pour se distraire, quelques policiers ont mis le feu à un touret en bois aspergé de carburant avant de le faire rouler jusqu'à la route.

Ce relâchement crée des tensions, aggravées par des faits plus graves, comme la découverte dans un véhicule du service de nombreuses pièces automobiles, dont certaines encore emballées. Elles ont été volées dans un hangar prêté à l'unité pour un entraînement, et elles finissent sur un site de vente en ligne, cédées par l'un des brigadiers. Ce même policier est soupçonné de corruption lors de la verbalisation d'automobilistes.

 … Les trois policiers dont les dérives ont été dénoncées sont immédiatement reçus par la directrice. Ils sont sanctionnés (blâmes ou avertissements), mais maintenus à leurs postes. Quelques minutes plus tard, les noms des fonctionnaires qui vont devoir quitter l'unité sont égrenés. Ils sont dix : les sept du 19 novembre et deux autres qui avaient pris fait et cause pour leurs chefs. Et puis une invitée surprise, qui fond en larmes. Son seul tort : avoir confirmé les accusations lors de son audition.

2013/03/13

L'Oncle Sam en fou des armes, assoiffé de sang, et sans amour pour ses prochains

Ça ne pouvait pas durer…

Même dans l'ère de Barack Obama — ou précisément, dans l'ère d'Obama (puisque cette espèce de messie à l'européenne était, et est, censé apporter la lucidité© et la tolérance™, toutes européennes, aux Ricains débiles) — Serguei se sent obligé de nous resservir la bonne vieille caricature de l'Oncle Sam en monstre violent, fou des armes, assoiffé de sang, et sans amour pour ses prochain…

2013/03/12

Soutien "pour le moins inattendu" à un ministre socialiste français par un gros symbole du capitaliste américain

Pas sûr qu'Arnaud Montebourg s'attendait à un tel renfort 
note, quasi-incrédule, Cédric Pietralunga.
Embarqué depuis quelques jours dans une violente polémique avec Maurice M. Taylor, le PDG du fabricant américain de pneus Titan International, qui accuse les ouvriers français de Goodyear d'être trop chers et de "ne travailler que trois heures" par jour, le ministre du redressement productif a reçu, vendredi 22 février, une lettre de soutien de... Coca-Cola.

"Nous sommes heureux d'investir en France, cela depuis quatre-vingt-dix ans", écrit Tristan Farabet, PDG de Coca-Cola Entreprise, la société qui fabrique et commercialise en France le célèbre breuvage, dans une missive dont Le Monde s'est procuré une copie.
"Profondément convaincus de l'intérêt, de l'opportunité mais aussi de la responsabilité sociétale qu'implique le fait de produire en France, nous souhaitons aujourd'hui participer encore plus activement à la promotion de l'attractivité du territoire français auprès des entreprises étrangères", propose le groupe américain.

"ON NE PARLE PAS D'UN PAYS [...] DE LA SORTE"

Coca-Cola a investi "près de 400 millions d'euros au cours des cinq dernières années" dans l'Hexagone, rappelle M. Farabet, et compte dépenser 66 millions de plus en 2013, pour assurer le "développement industriel" de ses cinq usines tricolores.

Ce soutien pour le moins inattendu intervient après celui affiché la semaine dernière par Clara Gaymard, la présidente de General Electric France et responsable de la chambre de commerce américaine à Paris (AmCham France), qui a notamment fustigé le patron de Titan dans Les Echos du 21 février, estimant qu'"on ne parle pas d'un pays, d'un gouvernement, d'une personne en s'exprimant de la sorte".

"Si je suis intervenue, c'est surtout parce que je ne voulais pas qu'il y ait un amalgame entre les propos de M. Taylor et ce que vivent les 4 200 entreprises américaines présentes en France, qui emploient 500 000 personnes", explique-t-elle au Monde, en prenant bien soin de préciser qu'"il ne s'agit pas pour autant d'un plaidoyer pour la politique du gouvernement". Un soutien mais pas de blanc-seing...

2013/03/11

L'Etat-providence le plus cher du monde : La France a consacré beaucoup trop d'énergie, de temps et de subventions à sauver des secteurs en déclin


Interrogé par Jean-Baptiste Chastand, Bruno Palier, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de la protection sociale au Centre d'études européennes de Sciences Po, revient sur la politique menée en France depuis trente ans pour tenter de sauver l'industrie.
La France fait-elle l'erreur de défendre une industrie vieillissante ?
Oui, la France a consacré beaucoup trop d'énergie, de temps et de subventions à sauver des secteurs en déclin, en perdant de vue les autres voies qui passent par le renouvellement ou la conquête de nouveaux secteurs industriels. Notre économie ne peut pas être tirée par une industrie qui a été conçue soit après la seconde guerre mondiale pour l'automobile, soit dans les années 1970 pour Airbus, le TGV ou le nucléaire. Les dirigeants de l'industrie automobile disent eux-mêmes que pour qu'elle survive, il faut supprimer des postes.

Comment expliquez-vous que la France persiste dans cette stratégie ?
Beaucoup de monde y trouve son intérêt. Le patronat et les syndicats sont enclins à défendre les industries vieillissantes. Le patronat semble n'avoir qu'une obsession : assouplir le droit du travail pour réduire toujours plus le coût de la main-d'oeuvre, et sauver ce qui peut l'être. Les syndicats sont surtout présents dans la vieille industrie et le secteur public. Ils défendent donc la survie de ces secteurs, sans suffisamment se préoccuper du sort de ceux qui sont précarisés, pour sauver l'industrie. Cependant, quand la demande de flexibilisation est trop forte, ils finissent généralement par céder, pas sur les droits de ceux qu'ils représentent, mais sur ceux des gens peu syndiqués, à savoir les non-diplômés, les femmes, les jeunes ou les migrants qui travaillent dans les services et pour qui les emplois atypiques se multiplient.

Tout le monde s'accorde pour dire que nous produisons trop cher. Mais nous pouvons en tirer deux conclusions : soit il faut améliorer ce que nous produisons, aligner la qualité de nos produits et services sur nos coûts, et donc monter en gamme, soit il faut produire la même chose mais pour moins cher. L'erreur a été de choisir la deuxième option. Cette stratégie de low cost, ce refus de produire mieux, tout cela a des conséquences rudes pour notre Etat-providence, qui se trouve être le plus cher du monde : en jouant le low cost, nous ne produisons pas suffisamment de richesse pour le financer.

2013/03/07

Pris pour un mouton, l’automobiliste est tondu, retondu et culpabilisé sans arrêt pour ses prétendus excès (d’alcool, de vitesse, de pollution…)

 … les automobilistes n’ont jamais été considérés comme autre chose que des vaches à lait par tous les gouvernements
note Hashtable.
Et quand ce ne sont pas des prétextes écologiques ou sanitaires qui sont utilisés pour pomper les uns, ce sont des prétextes sécuritaires qui ratisseront les autres.

Bien évidemment, le premier exemple qui vient frapper l’esprit (et le portefeuille) dès qu’on parle de sécurité et de ratisser de l’automobiliste, c’est celui du radar automatique. Mis en place dans les années les plus pétaradantes d’un sarkozysme détendu de la sanction, les appareils avaient dans un premier temps été loués pour leur efficacité à diminuer le nombre de morts sur les routes françaises. L’analyse un peu plus fine que ce que laissait entendre la Sécurité Routière (et des médias humidement complaisants à son égard) montrait qu’en réalité, l’arrivée des radars automatiques coïncidait aussi avec l’entrée en force de toute un batterie de sécurités passives sur les véhicules, à la faveur du renouvellement du parc. Sécurité passive qui, elle, n’est que du fait des constructeurs et de la volonté des consommateurs à ne pas mourir ensardinés dans une boîte de tôle à 140 km/h, embobinés sur un pylône de Et quand ce ne sont pas des prétextes écologiques ou sanitaires qui sont utilisés pour pomper les uns, ce sont des prétextes sécuritaires qui ratisseront les autres.

Du reste, il suffit de comparer les moyens mis en œuvre pour déployer ces radars (dont l’écrasante majorité ne se trouve absolument pas aux endroits les plus dangereux de circulation, mais bien dans les plus belles lignes droites de France), avec les moyens — ou à leur absence, disons — pour lutter contre des maladies ou des accidents domestiques pourtant faciles à éviter, et qui font plus de morts tous les ans, à raison de plusieurs ordres de grandeur pour comprendre très vite que le but de toute la manœuvre est exclusivement financier : rapporter des thunes à l’État.

 … Il faut reconnaître que la vie en Absurdistan est tout de même bien amusante. Tout s’y passe comme si chaque Français, finalement, désirait ardemment que son pays devienne tous les jours plus impraticable : s’il n’y avait pas toutes les administrations débiles, les règles, décrets, obligations, lois et autres normes toutes plus stupides les unes que les autres à respecter, le Français, à l’évidence, s’ennuierait de toute cette liberté de faire ce qu’il veut tant qu’il engage toute sa responsabilité et rien que sa responsabilité.

 … À ce train, je recommande l’obligation aux automobilistes de disposer, sur la plage arrière de leur véhicule, un chien en plastique qui remue la tête. Il suffira de commanditer un consultant ou l’autre pour prouver que cette innovation diminue l’insécurité routière ou l’émission de particules soufrées ou la quantité de CO2 ou n’importe quelle raison idiote, et en tout cas, cela va mécaniquement entraîner la création d’une bonne centaine d’emplois destinés à fabriquer ces ridicules joujoux. Et actuellement, l’emploi, on en a vraiment besoin ! Quant à Bastiat, il peut aller se rhabiller lui et ses éthylotests cassés.

Seulement voilà.

Tout ceci est bel et bien bon, mais à force de cogner toujours sur les automobilistes, ils commencent à trouver la situation un tantinet désagréable. De même que sont rares ceux qui prennent maintenant la route par plaisir et tout plein de frétillance à l’idée de conduire sur les routes de plus en plus surveillées de France, rares sont ceux qui font des excès de vitesse par strict plaisir. Il faut se rendre à l’évidence : conduire en France est devenu une corvée, un luxe ou un risque.

 … je soupçonne ouvertement les DDE françaises de lâcher les pires psychopathes pour installer les signalisations dans les villes et aux abords d’icelles.

Pris pour un mouton, tondu, retondu et culpabilisé sans arrêt pour ses excès (d’alcool, de vitesse, de pollution, …), ce qui devait arriver arriva : l’automobiliste se rebelle. 

Pour le moment, c’est encore assez peu visible, encore que la recrudescence des fausses plaques d’immatriculation montre un mouvement général d’ensemble assez symptomatique. Du reste, la façon de traiter cette information est habituelle : si les conducteurs ont de plus en plus souvent des fausses plaques, c’est parce qu’elles sont trop faciles à obtenir. On n’analyse surtout pas la cause, on va vite tenter de résoudre le symptôme, par exemple en déversant une nouvelle avalanche de lois et de règlements pour obtenir une plaque, ce qui va continuer d’agacer les gens honnêtes au point de les faire basculer du côté obscur de la conduite, celle qui revient à explicitement envoyer promener les autorités de moins en moins compétentes.

2013/03/06

L’automobiliste moyen est traité comme un ennemi de classe par le politicien et le haut technocrate ; Lesquels voudraient pourtant que nous nous pressions dans les concessions pour sauver Peugeot et Renault

 L’État crache sur l'automobile puis se plaint que les Français n'en achètent plus 
note, médusé, Vincent Bénard (merci à Jean-Philippe Casoni).
L'automobile française se meurt, se lamente-t-on dans la presse et dans les ministères. L’année 2012 a vu les ventes reculer au niveau de 1997 sur notre marché, alors que la population a entretemps gagné 5 millions d’âmes. Et 2013 promet d’être encore pire. Les dégâts économiques et sociaux de cette débandade font peur.

 … voyons ce qui attend l’automobiliste nouveau en 2013. Il sera traqué comme au coin d’un bois dès qu’il dépassera de 5km/h une limite fixée dans les années 70 et toujours poussée à la baisse par l’alliance des politiciens et de la technostructure qui les conseille. La justice, si lente à juger le cambrioleur et l’escroc (sans parler du politicien véreux), aura envers lui une efficacité toute particulière, qui ferait presque honneur au service public.

S’il veut aller en ville, l’espace viaire lui sera un peu plus grignoté chaque année au profit de bus à la circulation irrégulière et de vélos dont Mao Zedong aimait déjà vanter le côté populaire. Le stationnement de rue, qu’il a pourtant financé par ses impôts, lui sera toujours plus chichement mesuré mais de plus en plus largement facturé : il faut bien drainer les fous qui se hasardent en ville vers les parkings gérés par les grands groupes spécialisés dans leur gestion, qui tirent parti de nombreuses délégations de service publics que leurs octroient les politiques. Connivence, connivence, quand tu nous tiens.

Il sera dénoncé comme un fauteur d’embouteillages, vous savez, ceux qui empêchent les élites qui ne prennent jamais les transports en commun d’arriver à l’heure à leurs rendez-vous. Alors on lui martèlera qu’il doit prendre les transports collectifs, fussent-ils sales et peu sûrs, mais par ailleurs très fortement subventionnés, malgré un rapport coût-efficacité dramatiquement faible mais soigneusement caché au public.

Il sera dénoncé par la vulgate comme fauteur de réchauffement climatique, quand bien même les vrais scientifiques sont de plus en plus nombreux à affirmer que la farce du CO2 calorifère a assez duré. Mais "le CO2 qui chauffe", c’est de la taxe qui rentre, mon bon monsieur ! Les gros "malus écologiques", autrefois réservés aux grosses automobiles de luxe, rattrapent les petites familiales ou certains modèles low cost qui sont tout ce que certains peuvent encore s’offrir. Après quoi, les taxes sur le carburant n’épargneront pas son budget, sans parler du prix du pétrole aux humeurs capricieuses.

Et alors qu’autrefois, l’on pouvait rêver de grandes berlines et de multi-soupapes vrombissantes sans passer pour un dangereux écocide, aujourd’hui, la voiture qu’on présente comme l’avenir est infichue de parcourir plus de 150 kilomètres, et coûte un bras, au point que l’État se croit obligé de la subventionner fortement pour la faire vendre. Vous parlez d’un rêve ! Alors l’on préfère tirer sur son vieux Diesel, qui tourne encore comme une horloge, malgré ses 300 000 kilomètres.

Diesel ? Mais voilà que ce mode de propulsion autrefois favorisé par l’État devient le nouvel ennemi à abattre : à partir de chiffres hautement douteux de l’OMS, cet organisme officiel qui prévoyait que la grippe aviaire ferait des millions de morts, l’on affirme que "les particules tuent" ! De fauteur d’embouteillages, vous voilà promu au rang d’assassin de masse, et qu’importe si les moteurs modernes, équipés de filtres ad hoc, rejettent un gaz d’échappement relativement inoffensif. Naturellement, les ministres concernés ne s’en cachent même pas : puisque 80% des automobilistes, orientés par les choix fiscaux du gouvernement, ont choisi le méchant diesel tueur, ils seront désormais plus taxés !

Bref, entre discours culpabilisants, taxes expansionnistes, aménagements de voirie punitifs, et attentions particulières de la justice, l’automobiliste moyen est traité comme un ennemi de classe par le politicien et le haut technocrate. Lesquels voudraient pourtant que nous nous pressions dans les concessions pour sauver Peugeot et Renault. Vous avez dit "schizophrènes" ?

Il y a plus grave. La mobilité de point à point, pour laquelle la voiture est aujourd’hui imbattable, n’a pas pour seul enjeu les ventes de nos grands groupes. L’auto-mobilité, c’est ce qui nous permet de mettre en concurrence un plus grand nombre d’employeurs, de rationaliser nos approvisionnements, de diversifier nos loisirs... L’auto-mobilité a été l’un des déterminants majeurs de l’accroissement de notre richesse au XXème siècle. En s’attaquant à cette mobilité, les Don Quichotte anti-bagnole qui sévissent dans les mairies et les ministères ne menacent pas que les emplois de la principale filière industrielle du pays. Ils menacent les fondements même de notre prospérité. 
• Lire aussi : Bruno Bertez sur Atlantico : Le politiciens veulent casser l’usage de la voiture, mais ils jouent les pucelles effarouchées lorsque ladite industrie supprime 8000 postes

• Sophie Landrin dans Le Monde : Les politiciens se félicitent que leur politique ait entraîné l'abandon, par 40% des Parisiens, de la voiture et puis sont scandalisés par la suppression, par Peugeot, de 8000 postes

• Hashtable : Pris pour un mouton, l’automobiliste est tondu, retondu et culpabilisé sans arrêt pour ses prétendus excès (d’alcool, de vitesse, de pollution…)