L'Europe angélique — et singulièrement la France — se laisse berner par les stratèges de l'islam radical. Illustration, vendredi dernier, avec le feu vert donné à Paris par le Conseil supérieur de l'audiovisuel à la chaîne du Hezbollah libanais al-Manar, qui pourra émettre dans les cités.
…Ce n'est pas ainsi que l'Union peut prétendre répondre aux attentes des citoyens.
Cette critique vaut pour la France, dont l'empathie avec la cause arabo-musulmane est devenue d'autant plus excessive, depuis la guerre en Irak puis les obsèques nationales offertes à Arafat, que les reproches à l'égard de la culture yankee sont devenus outrés. Quand Jacques Chirac dénonce, le mois dernier à Hanoï, l'hégémonie américaine qui conduit «à une véritable catastrophe écologique» et qui représente «une sous-culture générale dans le monde», la France se met dans une situation de rupture avec son camp qui n'est pas équilibrée par de semblables réticences vis-à-vis de l'islamisme sexiste, violent, rétrograde.
Révélations sur le politiquement correct, les partis pris et le refus de mettre en doute les grandiloquences auto-congratulatoires des autorités (avec preuves à l'appui) qui sévissent dans le journal de référence, Le Monde, et dans d'autres médias français…….Bilingual Documenting and Exposing of the Biased Character of French Media, Including its Newspaper of Reference, Le Monde
2004/11/26
La sagesse et les priorités des humanistes bien-pensants : l'Europe angélique et l'Europe méprisante
La sagesse et les priorités des humanistes bien-pensants : l'Europe angélique et l'Europe méprisante
L'Europe angélique — et singulièrement la France — se laisse berner par les stratèges de l'islam radical. Illustration, vendredi dernier, avec le feu vert donné à Paris par le Conseil supérieur de l'audiovisuel à la chaîne du Hezbollah libanais al-Manar, qui pourra émettre dans les cités.
…Ce n'est pas ainsi que l'Union peut prétendre répondre aux attentes des citoyens.
Cette critique vaut pour la France, dont l'empathie avec la cause arabo-musulmane est devenue d'autant plus excessive, depuis la guerre en Irak puis les obsèques nationales offertes à Arafat, que les reproches à l'égard de la culture yankee sont devenus outrés. Quand Jacques Chirac dénonce, le mois dernier à Hanoï, l'hégémonie américaine qui conduit «à une véritable catastrophe écologique» et qui représente «une sous-culture générale dans le monde», la France se met dans une situation de rupture avec son camp qui n'est pas équilibrée par de semblables réticences vis-à-vis de l'islamisme sexiste, violent, rétrograde.
Discrètement, le correspondant du Monde à Washington fait savoir qu'il désavoue certains des articles parus sous son nom
Certaines réactions européennes, et particulièrement françaises, à la réélection de George W. Bush rappellent celles qui avaient cours au moment où Ronald Reagan a été élu président des Etats-Unis, il y a vingt-quatre ans. Quand il s'agit d'analyser les élections outre-Atlantique, le mépris de l'Amérique tient souvent lieu de pensée. S'y ajoute, de temps en temps, sa diabolisation. C'est le cas aujourd'hui.Oui, c'est surtout le cas dans l'article de Tewfik Haken, six pages plus loin (c'est effectivement le cas "aujourd'hui", donc, comme le dit Patrick Jarreau), qui met la responsabilité pour la détention continue des otages français (Christian Chesnot et Georges Malbrunot) sur… l'armée américaine. (Cela dit, il est vrai qu'on y était habitué…) Et sur qui s'appuie Le Monde pour tenir de tels propos? Sur… le beau-frère du chauffeur syrien! Et comme d'habitude, on ne trouve dans cet article aucune déclaration américaine… (Hat tip to sgvn)
Comme toujours, la haine de l'Amérique n'est pas en peine de trouver des témoins aux Etats-Unis mêmes. Il est curieux de constater, d'ailleurs, à quel point le débat français sur M. Bush et sa politique n'est que le décalque du débat américain. Imitant la rage de l'Amérique de gauche, incapable de proposer une alternative convaincante à un président qui a, pourtant, accumulé les erreurs, certains commentateurs français ne trouvent rien de mieux que d'injurier la démocratie américaine. George Bush n'a pu l'emporter qu'au bénéfice de la peur et grâce aux manipulations sordides du diabolique Karl Rove. Pensez donc ! Le débat a porté sur les "valeurs morales". Quelle horreur ! Comment peut-on vouloir discuter, aujourd'hui, de morale ? Quel obscurantisme !C'est une bel article de Patrick Jarreau. Et dans un ton qu'on aimerait voir (beaucoup) plus souvent. En effet, c'est tout le contraire à tout ce dont on est habitué chez Patrick Jarreau (George Bush comparé à un zélote dangereux, caricature de l'opinion américaine comme monolithique, interview de gauchiste la rage au ventre, représentation des alliés de Washington comme des caniches, injure de leaders américains), qui, tout au juste, parvient à faire passer le message que, généralement, ce sont les les républicains qui accusent les grands journaux et les principales chaînes de télévision d'être "biaisés". Continuons…
Il est à craindre qu'une fois de plus les médias européens, et particulièrement français, ne passent à côté de l'Histoire.
De même qu'ils n'ont pas compris, il y a vingt-cinq ans, la dynamique — et le dynamisme — de la révolution économique qui portait Reagan, ni la force de sa détermination à ne pas composer avec le communisme, nombre de commentateurs caricaturent le débat américain et ignorent ce qu'il peut avoir de novateur."Ses aspects primitifs et brutaux, la haine qui s'est parfois donné cours sont indiscutables … la marque de son exaltation, de son intolérance et de sa tendance moralisatrice." Well, of course, there had to be some caricaturing of the right (religious or not) in there someplace, to make it palatable — a double standard that does not apply to the left (dare one call it exalted, intolerant, and moralizing?) — mais passons…
De quoi a-t-il été question, en dehors du terrorisme et de l'Irak, dans la campagne américaine ? Du financement des retraites, du coût des dépenses de santé, de la réforme de l'éducation. On dira que ce ne sont pas les sujets qui caractérisent le débat américain aux yeux des Européens. Ceux-ci pourraient, pourtant, y trouver matière à réflexion, mais soit ! Prenons un exemple plus exotique, celui des prérogatives des Etats par rapport au gouvernement fédéral. Cette question est l'une de celles qui étaient en cause dans le débat sur les "valeurs", aussi appelées aux Etats-Unis les questions "sociales". Est-ce un problème dépassé, moyenâgeux, absurde ?
Au moment où les Européens se préparent à adopter ou à rejeter leur Constitution, les discussions et les affrontements américains sur ce qui relève du "local" et du "national" pourraient retenir l'attention en Europe. Est-on si sûr d'y vouloir un droit civil uniforme ? Les Français veulent-ils, pour le mariage et le divorce, les mêmes règles que les Italiens ou, à l'inverse, les Néerlandais ?
Mais allons au cœur du problème, celui des fameuses "valeurs morales". Il est entendu qu'une vaste conspiration de zélotes évangélistes, tous plus bornés, ignorants et réactionnaires les uns que les autres, a pris le pouvoir autour de George Bush, qui serait en quelque sorte le Savonarole de cette Florence puissante et surarmée. Constatons d'abord que sur l'un des sujets en débat, le mariage homosexuel, nombre de ceux qui s'y opposent aux Etats-Unis disent la même chose que Lionel Jospin. Personne n'a jamais dépeint l'ancien premier ministre socialiste comme un réactionnaire aveuglé par la haine
DÉBAT LÉGITIME
Quelque position que l'on adopte sur cette question, on doit admettre qu'il est légitime d'en discuter. Si la démocratie a un sens, c'est de permettre de délibérer et de trancher, par des décisions successives, les questions de la vie en société. Les sociétés européennes et américaine ont évolué considérablement, au cours des dernières décennies, dans la reconnaissance et l'acceptation de l'homosexualité. Elles rencontrent à présent des questions difficiles : le droit qui s'applique aux couples hétérosexuels peut-il et doit-il être étendu aux couples homosexuels ? Qu'en est-il des enfants ? L'adoption et la procréation artificielle peuvent-elles être utilisées pour que des couples du même sexe élèvent des enfants dans des conditions juridiques identiques à celle des couples mixtes ?
Les bases traditionnelles de la filiation sont d'ailleurs bousculées, aujourd'hui, par bien d'autres facteurs que la reconnaissance des droits des homosexuels, qu'il s'agisse des dons d'ovule et de sperme, des mères porteuses ou de la recomposition des familles au fil d'unions successives.
Il ne s'agit pas d'enjoliver le débat américain sur ces sujets. Ses aspects primitifs et brutaux, la haine qui s'est parfois donné cours sont indiscutables. Il ne fait pas de doute non plus que la droite religieuse a imprimé sur ce débat, localement plutôt que dans les médias nationaux, la marque de son exaltation, de son intolérance et de sa tendance moralisatrice. Mais ce serait une erreur de le réduire à cela.
De même, le fait que, plus de trente ans après la décision de la Cour suprême légalisant l'avortement, celui-ci soit toujours un sujet de dispute et d'affrontement aux Etats-Unis désigne-t-il ce pays comme attardé, travaillé par d'obscures superstitions ? D'abord, le débat n'a pas cessé non plus en France. Ensuite, les sondages faits ces dernières années outre-Atlantique indiquent que, chez les jeunes, les "pro-choix", partisans du droit à l'avortement, sont toujours majoritaires, mais que les "pro-vie" sont de plus en plus nombreux. En même temps, toutes générations confondues, moins d'un Américain sur cinq souhaite revenir à l'interdiction pure et simple en vigueur avant 1973.C'est à se demander si Patrick Jarreau n'a pas écrit ces propos en rapport avec un ras-le-bol envers une rédaction, envers une culture, envers une société embrassant la pensée unique (mais surtout envers une rédaction) qui lui impose, verbalement ou indirectement, un langage toujours critique des States. (Peut-être que le message de John McCain à la convention républicane lui a fait de l'effet?)
A l'opposé de celle de l'avortement, déjà ancienne, la question des cellules souches embryonnaires est l'une des plus nouvelles. En France, elle ne donne pas lieu à un débat public comparable à ce qu'il est aux Etats-Unis. Où est l'archaïsme ? Dans le fait de discuter ouvertement du point de savoir s'il est juste ou pas de détruire des embryons pour faire des recherches et pour trouver peut-être des remèdes à des maladies graves. Une étrange conception de la démocratie semble considérer que ces sujets ne doivent pas venir sur la place publique. La démocratie serait le régime idéal, sauf pour discuter du genre de société que l'on souhaite et des règles qui doivent s'y appliquer.
AVEUGLEMENT
Que les Etats-Unis et l'Europe ne voient pas le monde de la même façon, qu'ils tissent différemment les fils des valeurs qui leur sont communes, ce n'est pas nouveau. Après tout, l'Amérique a été faite par des gens qui ont quitté l'Europe pour des raisons économiques, politiques ou religieuses, et leurs descendants n'en ont pas la nostalgie. Mais il est aussi vrai que les sociétés américaine et européennes appartiennent à un espace commun dans lequel les questions, les discussions, les conflits ne cessent d'aller et de venir dans les deux sens. Enfin, que le débat américain, sur des sujets importants, soit non pas rétrograde mais en avance sur l'esprit public européen, ce ne serait pas sans précédent.
La crispation américanophobe est de peu de profit, sauf peut-être pour des politiciens européens soucieux de compenser, par un nationalisme symétrique de celui de George Bush, la maigreur de leur bilan. S'opposer à la politique du président réélu pour ce qu'elle a de critiquable ou de contraire aux intérêts européens, rien n'est plus légitime. Dénigrer la démocratie américaine, c'est, comme souvent dans le passé, s'aveugler sur les problèmes de l'heure et retarder le moment d'en débattre.
En effet, par rapport à Karl Rove qu'il cite au début de son analyse comme étant l'un des leaders américains diabolisés, un article extrêmement dénigrant (sur ce "tireur de ficelles, ce montreur de marionnettes") était paru dans Le Monde trois mois plus tôt. Il était signé… Patrick Jarreau…
2004/11/23
"Bienvenue à [une vision complètement partisane de] la Blogosphère"
Most remarkably, issue 40 (November 20) has a story on "the blog shock", in which it proceeds to parrot Paris's partisan viewpoint.
Straight away (in the opening sentence of the subhead), the tone is given: "The Iraq war is the first www.war" said the Times of London in March. Indeed, hundreds of Iraqi blogs describing the country's occuption, the attacks and life in Baghdad give a different story than that of the 'embedded' press."
Completely ignoring Iraq's pro-American blogs (dare I say Iraq's pro-freedom-from-torture,-from-sadistic-thugs,-from-censorship,-and-from-dictatorial-government blogs?); completely ignoring the fact that the very existence of the blogs (no matter what their tone and viewpoints) is due to the American intervention of March 2003; completely ignoring the fact that the pro-American blogs usually have a (far) longer blogroll than the antis;; completely ignoring the fact that embedded journalists were entirely correct not to follow in the footsteps of their couch potato colleagues predicting a long and bloody war, a mass of refuges, Saddamgrad, and other tragedies; completely ignoring the Iraqi people, for that matter, Frédéric Joignot lends credence to the belief that journalists (or citizens) not castigating, mocking, or bemoaning the American presence in Iraq can be nothing but liars, poodles, or dupes; and that gratefully, a popular groundswell of humanists is rising to fight back at America, if not with weapons, then with words.
Joignot proceeds to list a handful of Iraqi blogs that are supposedly among the hundreds telling the truth about the horros and the devastation in Iraq (Where's Raed, Baghdad Burning, etc), and it ends the list with… Healing Iraq. Now I never heard that webmaster Zeyad was all-out against the war, but it turns out that this is how Le Monde 2 proceeds (or how the European press proceeds):
Either they remain vague about the blog mentioned, or they search through all the weblog entries for the rare critical comment, or for a comment that can be constructed as being critical. Le Monde 2 even mentions the Healing Iraq entry mentioned above (in which Zeyad corrects the Times' estimate of people in a peace demonstration) being quoted in (and on) the Weekly Standard (as if even they were beginning to see through the lies of the Bush administration)!
For an example of their way of proceeding, how could anyone broach the story of blogs without mentioning the granddaddy of weblogs? Well, Joignot does mention InstaPundit. But all he writes, basically, is that it got 200,000 hits during the Iraq war, followed by a quote from the Blogs of War, in which Glenn Reynolds writes that weblogs say what journalists don't dare say. In other words, because nothing else is said about InstaPundit, the impression comes across that Glenn Reynolds is part of the (imagined) world-wide popular wave trying to stand up to (and only to) the Bush administration, its "lies", and its "illegal" war (as well as Yankee capitalism and imperialism).
That is what is most galling (no pun intended) about the article: the numerous weblogs which are pro-invasion and/or pro-Bush (basically, at least) but which are quoted out of context or not at all. Needless to say, Le Monde 2 doesn't mention any blog (or blog entry) that is critical of France (or the Chirac adminstration) — certainly not Le Monde Watch. And certainly not Iraq the Model.
Justement, here is what Iraq the Model's Ali had to say about Jacques Chirac's recent comments in London (hat tip to Tom Penn, emphasis mine):
I heard what Mr. Chirac said few days ago and read about it everywhere I turn my head to. At first, it was something I felt I shouldn’t even bother to listen to. It was something like what Al Jazeera keep showing us or what Arab leaders say all the time. But again this was a president of one of the most advanced and civilized countries in our times. It wasn’t Kaddafi or Assad and it made me sad and furious.
The French government keep surprising me with their intentionally stupid and vicious arguments and I don’t know what to say about it or if it’s even necessary to say something at all. But then I’m an Iraqi citizens and these people are taking about Iraq and usually how the war brought nothing good to Iraq or the world, and I just can’t stay silent about it. I know there’s almost no chance that you’ll read my words Mr. Chirac, but it doesn’t matter, as I’m not writing for you anyway. You live in a different world.
In the past, I used to swallow my anger and frustration because I could get killed if I messed up with one of Saddam’s personal friends, but now Saddam is gone and I’m not afraid and I won’t stay silent anymore. This is a difference Mr. Chirac, and it’s a great one, probably just to me and the rest of Iraqis but not to you, and you just have to understand that it’s not all about you and your European dream which no one want to steal from you by the way.
The world is certainly not a better place after the war Mr. Chirac, but that’s your world, while our world, Iraqis as well as tens of millions of oppressed people everywhere who are dying for some help, is certainly MUCH better now, and I’m sure the Americans and the British world as well as most countries (including yours) is better and safer and will keep getting better. However I agree with you, as your world, your own personal world, the world of your fellow corrupt politicians in France, Russia, Germany, China and the stinking UN, your fortune and your influence is definitely suffering. I’m even surprised that you ‘saw’ that Saddam’s departure was positive “to a certain extent”, and I can’t wonder why is that! Is it because it left you with some bills you don’t have to pay?!
Is my language too offensive?! Not as half as offensive and irritating as yours and I will NEVER apologize, not even after you apologize and pay the Iraqis back all the money you have stolen from us in return for supporting your partner, Saddam and keeping him in charge for few more years.
You see, your problem and what separate you from men like Tony Blair is that you look only for what you might gain, and again “you” is not the French people, but rather you in person and the bunch of hypocrites that so sadly control the French people and manipulate them through lies and silly arguments. You never cared what would happen to Iraqis and the rest of the world had Saddam stayed in power, while Tony Blair did. Do you know why? Because he and the British government with all the brave British people live in our world, while you don’t.
Stupid British! Why should they care for us, America or their own kids when they can do exactly like you; take advantage of America’s need, blackmail her, support Saddam without taking much risk and gain billions of dollars.
Stupid British! Haven’t they learned from WW2 when you got your country back and even decided the fate of other nations on victory even though half of you made peace with the Nazis!? You certainly don’t owe the British and the Americans anything for that, as it was just their own stupidity not to do the math and see how much would they gain. Their lands weren’t invaded and the Nazis were trying to make a peace with them, yet they refused and fought as hard as men and women can fight to free your country for you, so that your troops could march victoriously in Paris! And you dare say that the US doesn’t repay favors!??
If you don’t like the world after Saddam, and if you miss him that much, you can keep living in your own world and we won’t bother you ...at all.
Lire la traduction de American Boy
Strangely enough, Iraq the Model was not mentioned in Frédéric Joignot's Le Monde 2 article, (but perhaps I already mentioned that?). Comme c'est bizarre…
2004/11/22
Le Petit Baudelaire illustré
Une sélection de poèmes de Baudelaire, tirés des Fleurs du Mal et du Spleen de Paris illustrés par Philippe Rosenthal. Quand le poète inspire le peintre… une très bonne raison de redécouvrir Baudelaire !
2004/11/19
Trompe-l'œil, réalités maquillées et raisonnements tordus…
L'endormissement des esprits: il se dévoile lorsque l'opinion assiste aux funérailles tricolores offertes par la France à Yasser Arafat, sans s'interroger sur le chaos laissé par l'homme de guerre. Il se retrouve lorsque des médias se scandalisent — avant toute enquête — du geste d'un marine tuant en Irak un ennemi blessé, sans s'indigner par la découverte des prisons, des salles de tortures, des «abattoirs» et des corps de femmes suppliciées laissés à Falloudjah par la rébellion écrasée.
Un même matraquage conduit à valoriser ces «résistances» qui terrorisent des civils, et à ignorer ceux qui dénoncent la passivité des commentaires devant la barbarie.
Le libre examen des faits ne peut se satisfaire de ces trompe-l'œil, réalités maquillées et raisonnements tordus. Ils aboutissent à construire de faux héros. …
La France et la Côte d'Ivoire
A propos de la Côte d'Ivoire. Bien sûr, Jacques Chirac a eu raison de frapper l'aviation ivoirienne qui venait de tuer neuf militaires français. La France a montré qu'elle savait ne pas être faible. Mais, quand le président de la République déclare également cette semaine: «Nous ne voulons pas laisser se développer un système pouvant conduire à l'anarchie où à un régime de nature fasciste» et quand on observe la haine des manifestants contre les Français, on en arrive à se demander qu'elles auraient été les commentaires si les États-Unis avaient été, ici, à la place de la France. Unilatéralisme, brutalité, arrogance, colonialisme auraient vraisemblablement fait partie du vocabulaire obligé. [Souligné par moi]
"Ils ont tendance à croire que les frontières de l'Europe s'arrêtent à celle de la France"
selon un responsable du groupe PSE, l'attitude des Français a surtout été conditionnée par les débats internes qui actuellement font rage au sein du PS, autour de la Constitution. «Ils ont tendance à croire que les frontières de l'Europe s'arrêtent à celle de la France», explique un de leurs collègues.
"Au rebours des Américains, nous respectons chez nous les droits de l'homme mais nous nous accommodons du despotisme ailleurs…"
Européens ? Chaque jour nous le sommes moins parce que nous devenons plus américains. Américains par nos modes de vie, de consommer, de nous distraire. Américains, parce que citoyens d'un monde que les Etats-Unis façonnent. On peut s'en réjouir, rappelant que ce monde-là aurait pu tourner soviétique. On peut aussi s'en indigner, une posture qui occupe ici le plus grand nombre de nos dirigeants et chroniqueurs.
… le modèle américain … prospère, avant tout, en raison de ses vertus et de leur attraction : si tant d'hommes souhaitent devenir Américains, en restant chez eux ou en émigrant là-bas, c'est que les Etats-Unis tendent ou prétendent à l'universel. A tous, ils laissent miroiter la liberté et l'égale dignité, sans discrimination de race ni de religion ; chez eux ils procurent une prospérité économique sans précédent et ils la répandent ailleurs. Qu'exigent-ils en retour ? Un minimum d'allégeance mais nulle servitude. Leur reprochera-t-on d'exporter la démocratie sans tenir compte de la diversité des cultures ? Certes, mais n'est-ce pas préférable à la promotion de la tyrannie sous couvert de cette diversité culturelle ? Et l'Europe avance-t-elle autre chose ?
L'Europe aussi est un havre de liberté mais seulement pour les Européens : au rebours des Américains, qui se font de la démocratie une idée universelle, nous respectons chez nous les droits de l'homme mais nous nous accommodons du despotisme ailleurs. Serions-nous plus tolérants que les Américains ? Hors d'Europe, nous tolérons tout ; à l'intérieur, un foulard nous inquiète et il n'est pas certain pour les 13 millions de musulmans vivant en Europe qu'ils soient véritablement des nôtres.
Proposons-nous une norme universelle de prospérité ? Il existe bien un modèle européen – le capitalisme rhénan décrit par Michel Albert – d'économie administrée par l'Etat et cogérée par les syndicats : il a ses vertus, mais n'a-t-il pas en trente ans réduit notre revenu d'un tiers par comparaison avec celui des Etats-Unis ? Sommes-nous un symbole de solidarité ? Nous paraissons plus solidaires que les Américains, mais cette solidarité exclut dix pour cent de chômeurs. Et on sait dans le tiers-monde que l'Europe est égoïste. Cette Europe au présent n'est donc pas une alternative au modèle américain. Pourrait-elle le devenir ? …
Il y a de quoi être perplexe !
D'ici là et en dépit des difficultés, la préparation des élections [en Irak] suit son cours, avec l'aide des experts des Nations unies. Les listes électorales et les listes de candidature – qui donnent d'ores et déjà lieu à un débat animé – devraient être prêtes début décembre. Une campagne d'information destinée aux électeurs a été lancée. Les responsables kurdes et chiites encouragent les citoyens à y participer massivement et les leaders sunnites s'interrogent sur leur participation. Les derniers sondages indiquent qu'une vaste majorité d'Irakiens entend se rendre aux urnes. Il est généralement admis désormais que les élections auront bien lieu dans les temps. …
J'entends tour à tour demander le retrait de la force multinationale et déplorer que les troupes stationnées sur place puissent se retirer prématurément, ce qui laisserait la porte ouverte à la guerre civile. Il y a de quoi être perplexe ! …
En dépit de ce qu'on lit dans la presse, il y a vraiment du mieux en Irak dans l'immense majorité du territoire, 90%, épargné par la violence. Les 240 hôpitaux et les 1 200 dispensaires du pays fonctionnent aujourd'hui normalement. Avec l'aide des Nations unies, il a été procédé à une campagne massive de vaccination contre la polio et contre les oreillons. Six millions d'élèves et de lycéens sont scolarisés dans 20 000 établissements scolaires, encadrés par 300 000 enseignants. L'enseignement supérieur compte, lui, 350 000 étudiants pour 50 000 professeurs. Il existe 80 stations de radio et 21 chaînes de télévision qui diffusent sur l'ensemble du territoire. En matière de presse écrite, 250 titres, quotidiens et magazines, ont vu le jour depuis la chute du régime. D'après un sondage réalisé en avril, 70% des personnes interrogées ont une antenne satellite, alors que celles-ci étaient interdites auparavant.
Les Irakiens méritent de sortir des années Saddam Hussein. La communauté internationale est résolue à les y aider. Le cynisme n'est plus de mise lorsqu'il s'agit d'exercer ses responsabilités. Les élections qui ont eu lieu récemment en Afghanistan – un pays se prêtant moins a priori à la démocratie que l'Irak, et où la violence est aussi un vrai problème – montrent de quoi nous sommes capables quand nous serrons les rangs.
2004/11/17
La révolution conservatrice de George W. Bush
Cleo : Le départ de Colin Powell laisse-t-il le champ libre aux "néo-cons." ?
Yves Roucaute : Je crois que les néoconservateurs avaient déjà le champ libre, au sens où vous l'entendez. Le néoconservatisme se caractérise en effet, au niveau international, par le refus des tyrannies, la volonté de défendre les droits individuels et ce que j'appelle dans mon livre la "morale armée". Colin Powell avait appliqué cette politique, son successeur fera de même.Myriam : Colin Powell était le plus "modéré" du gouvernement Bush. Condoleezza Rice, par contre, est connue pour son intransigeance et sa dureté. Quel avenir peut-on prévoir pour les relations internationales des Etats-Unis ?
Yves Roucaute : Je ne crois pas qu'il y ait une différence aussi importante que celle que vous indiquez. Il y a beaucoup de fantasmagorie dans la vision française que nous avons des Etats-Unis. Les Etats-Unis continueront la même politique, c'est-à-dire le maintien des troupes en Irak, le maintien de la pression sur la Syrie, notamment pour libérer le Liban, le maintien de la pression pour soutenir Israël, de la pression sur l'OLP pour démocratiser l'OLP.…Run : Les Etats-Unis vont-ils enfin intervenir au Darfour ?
Les Etats-Unis ne passeront plus sous les fourches caudines de l'ONU. Cela est une affaire réglée. Ce n'est pas Khadafi, le président de la commission des droits de l'homme de l'ONU, qui va dicter aux Etats-Unis leur politique. Ce n'est pas la France, ni la Chine, qui écrase le Tibet, ni la Russie, qui n'a pas fait la preuve de sa volonté démocratique jusqu'ici, qui vont imposer le nouvel ordre international. Les Etats-Unis veulent un nouvel ordre international organisé autour des Républiques, ce n'est pas facile. Il y a eu des erreurs, il y en aura, mais le mouvement est inéluctable.
Yves Roucaute : C'est une situation difficile. D'abord parce que pour qu'ils puissent intervenir, il faudrait une nouvelle fois qu'ils passent outre à l'ONU, et, d'autre part, il faudrait qu'ils aient des appuis internationaux, au moins du côté des Républiques. S'agissant de l'Irak, les Etats-Unis avaient le soutien du Japon, première République d'Asie, de l'Australie, première République d'Océanie, de la plupart des Républiques européennes, toutes les Républiques de l'Est, mais aussi, à l'Ouest, du Royaume-Uni, de l'Italie, de l'Espagne, des Pays-Bas, etc. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, même si les néoconservateurs seraient assez favorables à l'intervention, il faut aussi le soutien des chancelleries les plus déterminées à agir dans le sens de la liberté, et ce soutien n'est pas encore acquis.Odileh : Quand les Etats-Unis feront-ils face à la véritable misère qui règne dans leur pays ? Misère trop souvent occultée par l'action extérieure ?
Yves Roucaute : Je pense que la misère en France est plus importante qu'aux Etats-Unis, si l'on en croit les derniers chiffres publiés aujourd'hui. Il y a aux Etats-Unis 5,4 % de chômeurs, la moyenne du niveau de vie américain est 30 % supérieure à celui de la France. 33 % des jeunes y font des études supérieures, contre 23 % en France. Je pense d'autre part que ce que l'on appelle "misère" doit être relativisé, y compris quand on parle de misère en France, même si, bien entendu, la pauvreté doit être combattue, il ne faut quand même pas confondre la misère que l'on trouve en Afrique où le seuil de pauvreté est 1 dollar par jour et ce que l'on appelle seuil de pauvreté aux Etats-Unis, qui correspond à peu près à 700 dollars par mois.Alex : A quoi attribuez-vous le fait que les Francais aient une vision négative des Etats-Unis ? On a parfois l'impression que les Etats-Unis sont dans une position où ils ne peuvent satisfaire personne. Malgré tout, bon nombre de gens veulent y vivre.
…Run : Cette révolution conservatrice se traduira-t-elle par un changement à la Cour suprême sur les grandes questions de société ?Yves Roucaute : Oui, c'est le grand paradoxe français, et pas seulement français. D'un côté, les Etats-Unis sont dénoncés comme impérialistes, Etat acceptant la misère de son peuple. Et de l'autre côté, c'est le pays du monde qui attire le plus d'immigrants et qui séduit le plus par ses produits, par ses modes de pensée, son cinéma... C'est un peu le grand paradoxe. Je pense que les Etats-Unis cristallisent tous les mécontentements, ce qui est la rançon de leur succès, et au fond le prix à payer de leur victoire contre le nazisme et le fascisme, puis contre le communisme. Au fond, on leur reproche d'être les gendarmes du monde, mais en même temps, on les institue gendarmes du monde par les reproches qu'on leur fait. Ils sont responsables de tout aux yeux de ceux qui ne sont pas Américains.
Il est symptomatique de voir à cet égard qu'on leur a demandé d'intervenir en Europe contre Milosevic, alors qu'ils ne voulaient pas le faire, précisément parce qu'on les conçoit comme gendarmes du monde. L'ONU n'avait pas donné son accord, et tout le monde, à part les Serbes et les Russes, a applaudi à cette intervention. On leur a demandé d'intervenir en Afghanistan, où ils voulaient intervenir pour des raisons de sécurité notamment. Cette fois avec l'ONU. C'est eux qui ont fourni la plupart des troupes, et tout le monde a applaudi, à l'exception évidemment des islamistes. Puis ils sont intervenus en Irak sans l'accord de l'ONU, à la demande des démocrates irakiens, au nom aussi de leur sécurité. Et là, on voit que malgré le fait qu'il y ait eu 2 millions de morts sur 23 millions d'habitants, certains, par incohérence, ont critiqué cette intervention alors qu'ils avaient été favorables à l'intervention contre Slobodan Milosevic. Je crois que cette incohérence est le symptôme de la nouvelle posture américaine, puissance hégémonique. On attend beaucoup d'elle, mais en même temps, parce qu'on attend beaucoup d'elle, elle est rapidement le bouc émissaire.
Yves Roucaute : Je ne crois pas. Je pense que, en tout cas, les peurs que nous avons en France concernant la laïcité et l'ensemble des libertés sont totalement infondées. La séparation de l'Eglise et de l'Etat est inscrite dans la Constitution américaine, elle fut l'une des raisons de la création des Etats-Unis, et tous les Américains y sont fermement attachés, George W. Bush en premier. A l'inverse, on peut imaginer qu'un certain nombre de questions moins importantes trouvent dans l'avenir des réponses plus nettes, par exemple le mariage homosexuel. Il est clair à cet égard, pour prendre cet exemple, que ni l'opinion publique américaine, comme l'ont montré les résultats des référendums, ni la Cour suprême, ni aucun tribunal américain n'accepteront le mariage des homosexuels.Antifumeur : Pourriez-vous nous préciser alors quelle est votre conception de la morale ou de la moralité ? Quelles sont les valeurs que vous lui faites recouvrir ?
A l'inverse, et les néoconservateurs y sont très attachés, la liberté des mœurs, des formes d'association comme le pacs sur le modèle français, sera assurée, comme dans le passé. Ce que l'on appelle révolution conservatrice, et en réalité néoconservatrice, ne vise pas à limiter les libertés. Elle vise, au niveau de la politique intérieure, à assurer les Etats-Unis sur leurs valeurs fondamentales. Il est clair qu'aux Etats-Unis, la corruption, le mensonge, et quantité de processus immoraux qui ont en France droit de cité chez les gouvernants, sont interdits et sont condamnés. Ils le seront plus encore demain. On peut regretter qu'en France il n'y ait pas un peu plus de moralité.
Yves Roucaute : La moralité consiste à essayer autant que possible de répondre à l'impératif catégorique tel que Kant avait essayé de le définir. Avoir une posture morale signifie tenter d'inscrire son action dans le cadre d'un impératif catégorique. Par exemple, doit-on ou non faire la guerre en Irak ? La question, si on essaie de la penser moralement, consiste à examiner la situation. Il y a une tyrannie en Irak, il y a des centaines de milliers d'hommes qui sont tués, gazés, torturés. Doit-on intervenir pour détruire cette tyrannie ? Si je me place sous l'impératif catégorique, je vais tenter d'universaliser la maxime de mon action. Cela veut dire, plus simplement, je vais tenter de savoir ce qui motive mon action, ici par exemple, j'interviens lorsqu'un tyran est au pouvoir, j'universalise maintenant cette maxime : on doit toujours intervenir lorsqu'un tyran est au pouvoir. On voit que si l'on élimine tous les tyrans de la planète, l'humanité peut survivre.
A l'inverse, on va prendre une autre maxime : je n'interviens pas contre un tyran quand je le peux. On universalise cette maxime : on n'intervient jamais contre un tyran quand on le peut. On voit bien que l'humanité court ainsi à sa perte en laissant proliférer les tyrannies. On peut s'amuser dans la vie politique avec le même principe ou la même technique, si l'on veut. Par exemple, je n'élis pas un dirigeant politique qui est corrompu. On peut universaliser la maxime de cette action : on n'élit jamais des dirigeants politiques corrompus. On voit bien que c'est moral. A l'inverse, prenons la maxime contraire : j'élis un homme politique corrompu. J'universalise cette maxime : nous élisons toujours des dirigeants politiques corrompus. Et nous voyons que cette maxime est donc immorale. Le néoconservatisme consiste à rappeler aux hommes qu'ils doivent essayer de se conduire moralement autant qu'il est possible. Autant qu'il est possible, parce que, bien entendu nous ne sommes pas des anges, nous faisons des erreurs, et quelquefois même, les choix sont impossibles.
2004/11/01
Le Monde's Iraq Coverage
The 60th Anniversary Celebration of Le Monde
- The daily's Iraq coverage
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- The daily's Le Monde 2 magazine
- The daily's Letters to the Editor section
- The daily's 60 years in 60 articles series
- The daily's birth and origins
Eric Leser explains that the war is sinking into barbarism, while Michel Bole-Richard and Claire Tréan subtly put the blame for the hostage situation on America (Hostage-Taking, a Weapon in the New Iraqi War). As for acts of terrorism in "this infernal spiral", they are all about the "resistance", the "insurrection", and "the powerful Sunni guerilla forces".
A headline speaks eloquently of Moqtada Al-Sadr as the "Mahdi" he claims to be, with the AFP article lionizing his noble fighters and repeating his claims that the members of his army are fighting for Islam, for Ali, and for his son Hussein, who was decapitated in 680. Needless to say, AFP special envoy Sammy Ketz's article opened with a sentence stating that Najaf's "mausoleum … represents the heart and the soul of the rebellion". Rémy Ourdan shows how Moqtada Al-Sadr's militia is confronted by the choice between "the political path" and the armed fight against the American occupier while Patrice Claude explains how The Battle of Najaf Turns Moqtada Al-Sadr into the 'Resistant Iman'. (That's more good press than Dubya ever received here.) As for Fallujah, notice the tendency to generalize — emphatically: the entire city mobilises [all] its warriors before the assault.
And as far as a Fallujah family is concerned, the mother says "This time, the Americans will destroy everything". Only by reading through to the end are we made to understand that the article includes interviews with members of one family only and that Souham is far more critical of the "Arab fighters who are tough and listen to nobody." (I like what she says afterwards: "They frighten everybody. Even our men dare say nothing to them. Only an old woman, one day, went to an Arab chieftain to protest: 'Why don't you bring your families here, why don't you make them sleep under the bombs with us, then we'll see if you're still as proud and courageous!'")
Never mind. Cécile Hennion et Rémy Ourdan's interview with a "spiritual leader" (where have we heard that one before?) is called "Refusing the occupation, by words and by war". Among other things, Sheikh Mahdi Al-Soumeïdaï defends Bin Laden and France's policy of asking the resistants to join in the talks. And two Sunni guerilla leaders (who prefer to remain anonymous) chime in: "Only France can help us"! Considering Fallujah a worse "genocide" than Darfur, they want France to "go protest at the UN", in addition to… providing weapons and money.
When Colin Powell and Donald Rumsfeld seemed (according to Le Monde) to be asking whether the war hasn't gone wrong, the newspaper of reference lectured: "Two moments of sincerity, two instants of lucidité, which give rise to doubt and to distress and provide contrast with the fashion in which the White House seems to cultivate blindness before a situation which, far from improving, as George W. Bush says, seems to be worsening."
An editorial calls the Iraqi operation a dubious adventure by "the ideologues flanking the American president", while another asks whether it shouldn't be likened to ideological blindness or cynical manipulation, and a third mentions "the presidential propaganda" and "the dead ends of George Bush's policies", adding "A frank left for an America open to the world against a frank and unilateralist right, rarely has the choice offered to Americans been so clear and so important". "French diplomacy can praise itself for having anticipated the difficulties that the Americans and their allies would meet in Iraq after a briskly-led campaign", continues the first, although it adds that one should engage neither in triumphalism nor in the pleasure of having been right too soon. Needless to say, the 2003 edition of Perpignan's photo festival put into doubt the reliability of embedded journalists.
It will be noticed how the French government, the French media, and French citizens involved in the Visa pour l'Image festival all conveniently forgot that what they had warned of was a bloody war that would last forever, thousands of Iraqi refugees lining the roads and creating a "disaster of massive proportions", and a final battle to defend Baghdad that they likened to Stalingrad.
A trip through my files shows that barely two months after the end of the war and far from making any type of mea culpa about its wrong predictions, Le Monde was picking up on new controversies to castigate the Bush government: already on June 17, 2003, Daniel Vernet was using the word "lied" about Washington and London, under a title dripping with sarcasm — Saddam was a baddie, therefore he had prohited weapons.
When Saddam Hussein was captured five months later, Le Monde said, effectively, big deal, although of course, before Saddam's capture, it made a point of wagging its finger and pointing out that under "the American occupation", Saddam Hussein was still on the loose.
In its media pages, Le Monde regularly chooses a foreign newspaper to quote. Strangely, it mostly seems to quote periodicals which agree with the official French positions. Thus South Africa's Mail & Guardian, which condemns Uncle Sam's checkbook diplomacy and castigates Uganda and Botswana as "the good pupils of America-style market economy", (I guess neither it nor Le Monde's own Fabienne Pompey ever heard of France's lucrative business with such thugs as Saddam Hussein), or the summary of an article from Québec's Le Devoir that ridiculed the Patriot Act.
When the independent newspaper must interview somebody, of course it must be a someone from a government-financed agency who can be counted on to spew anti-American messages ("the United States have shown to what extent they intend to remain masters of the political process", "the situation gives the impression of a deplorable waste", "the acting government being perceived as the vassal of its American godfather", "the courage" of Moqtada Al-Sadr), messages that the Le Monde interviewers (in this case, Mouna Naïm), as usual, can be counted on to repeat — and elicit — in their questions ("Isn't the 'new Iraq' being built in the image of the fallen régime: nepotism, corruption, authoritarianism?").
The funny thing (so to speak) is that David Baran says many correct things, but because these truths are considered pro-American ("the parallel [in your question] would appear troubling unless one considers the arbitrariness and the brutality — which are incomparable — of the former régime", "the American intervention [although] perceived as cynical and self-serving, appeared as the only possible solution to an unending status quo; the contest was thus favorable to [Bush's military] intervention"), the (short) sentences in which they appear are inevitable minimized in the following (much longer) groups of sentences to bring about a general anti-American note.
(This is what can be called "token sentences", sentences that, like certain articles, viewpoints, and letters to the editor are added only to a periodical's print edition so that the owners and editors able to say "Oh, well, of course we are objective and allow all viewpoints to be expressed, see the evidence for yourself", although such viewpoints appear only, roughly, 5% of the time.)
For instance, after evoking the disorganization of Iraqi institutions, the humiliated and disappointed population, the resentment of the Iraqis, all the American faux pas, and "the heavy responsability of the United States in the current situation", the whole article (and the interview) ends with a paragraph on the "country where the instability promises to be enduring. The [basic question, therefore, is the following]: For want of a pacified Iraq, how does one manage the instability while preserving the appearances of a certain progress?"
Of course, under Saddam Hussein, you realize, Iraq was stable. And there weren't any journalists to poke their noses around and sniff out the various problems, big or small, real or imagined, that Le Monde is now making such a huge fuss about. Stability in a country where policemen could come into your home, remove your husband, son, or father, you wife, daughter, or mother, and take them away to be "taken care of" in the city jails (or in the killing fields), now that was something.
Compare this to descriptions of the new government and its leader. An editorial states that "By forcefully throwing out journalists from Najaf on Sunday August 15th, the acting Iraqi government has shown that it is no better than so many others, the same government that, shortly before, had closed the Iraqi office of the Arab TV station Al-Jazeera. And that, while Baghdad is the scene of the work of the national conference in charge of putting the first stones for a new 'democracy'. … One might have hoped that the new masters of Baghdad had radically changed methods. Alas! But be not fooled. Nothing that is decided in Baghdad can be so without a nod from the American protector." This is followed by more on the treachery of the Bush administration and the incapability of the American people to see through its deceitful practices.
The editorial ends with an RSF statement full of implications: "the worst atrocities are always committed in the absence of witnesses." Oui, that is exactly what happened under Saddam Hussein, and before him, under Brezhnev, Stalin, and Mao, people, who during their lifetimes, were, if not defended, than equivocated upon by newspapers such as Le Monde. How many editorials did the newspaper of reference write on those autocrats and mass murderers?
Meanwhile, the tragedy of Rwanda — notably on the tenth anniversary of its genocide — is conveniently forgotten. Where China is concerned, the tone is entirely different — Le Monde puts on its kid's gloves (using questions, uncertainty, wiggling, and the passive voice), and all that Jean-Michel Bezat can write abouth the human rights situation there is, blandly, that Chirac is an inconsistent lawyer. As for Russia (which Jacques Chirac placed "at the highest rank among the democracies" for "its respect of outsiders"), at about the time that the Abu Ghraib scandal was still going strong, Le Monde printed a letter sent to Russia's prosecutor by an whistleblower inside the secret service:
Personally, I crippled more than 50 people and I buried 35. [Local FSB head Serguei] Koriakov also said he wanted to get rid of a man who possessed compromising documents. I myself broke the extremities (feet, hands) of the man…Somewhat worse than what happened to the prisoners inside Abu Ghraib, eh? But how many articles and Plantu cartoons did we see about that? No, instead, Le Monde sent Eric Leser to Maryland to check out on the hometown of the 372nd company of the military police:
"Patriotism is omnipresent in Cresaptown, in the form of flags in front of nearly every house and yellow ribbons as signs of solidarity with the soldiers", he says disapprovingly. (Click here for some thoughts on American patriotism.) Meanwhile, psychoanalyst Jacques Inrep asks, rhetorically, when can we expect an American gulag to appear, implying that the two systems, communism and capitalism, are equally bad (and always were so).
Very few articles on the mass graves, as we know, and as I have said before, the October discovery of one in Kurdistan with skeletons of women, babies, and unborn foetuses was conveniently — I should say "infamously" — ignored.
As for the publication of a detailed list of people paid by Saddam Hussein in crude oil to serve as his lobbyists, "it has had the effect of a damp squib", writes Véronique Maurus in an article entitled (tongue-in-cheek-ly) Saddam Hussein, France, and the Bad Boys. While investigations have been opened in Switzerland, Britain, Jordan, Bulgaria, and most of the concerned countries, either by the courts or the political powers, nothing has happened in Paris (or in Moscow, for that matter).
"Who, in Paris, feels the need to go digging into the old connections linking France to the Ba'athist régime? Even those who used to denounce the weaknesses of the 'military industrial complex' in opposing the ousted dictator prefer obscurity to an unwrapping which might risk to fragilize the country's international position." Well, Véro, I suppose so. But since Le Monde obviously feels the same way, shouldn't it put an end to the farce and stop pretending that it is an independent newspaper?
I guess I could say that as media (or as the fourth power, as your colleague so glibly lectured Americans about), maybe you should do your duty as journalists and maybe you should not let politicians (error-prone individuals, all of them, and everyone a theoretical autocrat, no matter what his or her nationality) ask you to invoke the raison d'état, but, that, I guess, would be forgetting that you are France's newspaper of reference, with all that that means…
2004/10/31
Le Monde rend hommage aux blogs
Et puis, il y a … le dernier sous-produit du Web, les blogs, puissant moyen de dissémination. …Les "sous-produits" vous remercient et vous prient de bien vouloir croire qu'ils feront de leur mieux pour arriver à vos hauteurs inégalables…
Mais hormis quelques têtes de l'élite au bout de leurs piques, les blogs ne sont guère fournisseurs de scoops. … Le reportage et l'information restent l'apanage du quatrième pouvoir, sous l'étroite et double surveillance du pouvoir exécutif et d'un cinquième pouvoir émergent.
2004/10/28
LA SURPRISE D'OCTOBRE DE BUSH !
Ainsi, il s'avère que les accusations lancées contre le cow-boy demeuré (mensonges, absence de danger imminent en Irak, le succès du programme des inspections de l'ONU, prétextes incongrus pour une guerre inutile et illégale, etc…) ne montrent que de la duplicité — très réelle, elle —, l'hypocrisie, la malhonnêteté, et, oui, la trahison de la part du "camp de la paix".
Lire la suite…
La victoire des Red Sox, un bon présage pour Kerry ?
Quatre-vingt-six ans après leur dernière victoire, en 1918, les joueurs [de baseball] aux chaussettes rouges ont enfin offert une victoire, mercredi, à la "Red Sox Nation". Boston affrontait en finale les Cardinals de Saint-Louis. Après avoir gagné trois matches, les Red Sox l'ont emporté facilement dans le quatrième (3-0). …Réponse : Non
Boston étant la ville du sénateur John Kerry, la victoire de Red Sox ne manquera pas de prendre une valeur symbolique pour les démocrates. Dès mercredi, lors d'un meeting de John Kerry, en Pennsylvanie, on pouvait voir des jeunes portant une pancarte : "C'est l'année de Boston !"
Appearing on ABC's Good Morning America, pitcher Curt Schilling of the world champion Boston Red Sox told the country who he's voting for in next Tuesday's election:
GIBSON: "Well, well said, Curt and Shonda. You both have certainly lifelong membership now in the Red Sox nation. It was a great thing to watch, and I think everybody — whether they were great Red Sox fans or not — had to admire what this team did. It was extraordinary, and one of the great stories of sport. And sport always produces such great stories. Curt, Shonda, great to have you with us. Congratulations."
SCHILLING: "And make sure you tell everybody to vote, and vote Bush next week."
Un allié de Kerry : "Chirac n’a cherché qu’à préserver des intérêts commerciaux. Les Français n’ont pas été honnêtes…"
Joseph Biden, qui pourrait devenir le nouveau secrétaire d'Etat (soit le ministre des affaires étrangères !) en cas de victoire de John Kerry :
Jacques Chirac n’a cherché qu’à préserver des intérêts commerciaux. Les dirigeants français n’ont pas été honnêtes sur ce qu’ils étaient prêts à faire pour isoler Saddam. A chaque fois que j’ai rencontré un ministre, ou Jacques Chirac, je leur ai dit : « Bon, quelle alternative avez-vous à proposer ? » Et jamais je n’ai eu de réponse. Ils ne voulaient rien faire, sauf lever l’embargo, ce qui aurait permis à Saddam de se réarmer.Voici comment l'AP a commenté l'histoire :
Le sénateur démocrate Joseph Biden, qui pourrait devenir le nouveau secrétaire d'Etat américain en cas de victoire de John Kerry, accuse … les dirigeants français de n'avoir pas été "honnêtes" quand ils s'opposaient à une intervention armée contre l'Irak.On se demande pourquoi on a lu si peu de cette histoire dans le quotidien de référence français…
Avant le déclenchement de la guerre, "Jacques Chirac n'a cherché qu'à préserver des intérêts commerciaux", affirme dans un entretien à 20 minutes Joseph Biden, principal membre démocrate de la commission des relations extérieures au Sénat.
Selon lui, "les dirigeants français n'ont pas été honnêtes sur ce qu'ils étaient prêts à faire pour isoler Saddam Hussein", et les ministres français; comme le président Chirac, ne lui ont "jamais" dit ce qu'ils préconisaient pour éviter l'invasion de l'Irak.
"Ils ne voulaient rien faire sauf lever l'embargo (contre l'Irak), ce qui aurait permis à Saddam de se réarmer", accuse le sénateur du Delaware.
Joseph Biden ajoute que s'il est élu, John Kerry continuera de soutenir le pouvoir intérimaire irakien, et qu'il demandera aux Européens de s'engager à aider les Américains.
(Merci à Yves Roucaute)
The Guardian ajoute que
US newspapers reported that the Democratic Senator Joe Biden, a contender to become Kerry's secretary of state, recently criticised French President Jacques Chirac for having "an ego as big as this room," adding that the French have "been a pain in the you-know-what."
(Merci à Gregory Schreiber)
"Sans a priori ni préjugés": Le supplément télévision de Le Monde
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But, never fear: as the newspaper of reference points out (under the title All the TV Stations Have Rallied), the election is an occasion to explore the American democracy "with an open mind and without prejudice".
The ever-helpful Arte has been broadcasting a series of programs to help "a French and European public better understand the United States". Among the commentators wanting to "decrypt" and "analyze" American society is Hubert Védrine, the former foreign minister who was always railing against Uncle Sam and who coined the word "hyperpower" (at the time Bill Clinton and the Democratic Party were in power…) How strange that the historian André Kaspi should tell Le Monde's Guillaume Fraissard that "the coverage of the American elections in France is partial and extremely influenced by the international situation."
On October 18, Canal + showed On the Right Hand of God and on October 19, Arte offered The Jesus Factor. While skewering the Reverend Robertson for his "sarcastic laughter" in his television review, Dominique Dhombres proceeded to paint the American people as some kind of devilish (or moronic) beings to be feared.
That was the second time in three months that Le Monde's TV guide had devoted a cover article to The Jesus Factor. The first time was Claudine Mulard's July article on Raney Aronson's Frontline show which had strictly nothing to do with the lineup on French television that week.
In September, Arte broadcast The House of Saud, for which Thérèse-Marie Deffontaines and Mouna Naïm interview the French-Egyptian director, Jihan El-Tahri, who of course comes out against Dubya. And once the documentary appeared on DVD, Arte decided to augment it with William Karel's CIA: Secret Wars. (Needless to say, the documentary was the subject of that Radio-Télévision issue's cover.)
The issue of June 12 — appearing less than a week after the US president's visit to the shores of Normandy for the 60th anniversary of D-Day — sported Bush and Rumsfeld on its cover, along with the words The Indictment of Bush and a Francis Cornu article called A Damning File. The story concerns William Karel's Michael-Moore-like movie, Le Monde selon Bush (again, a cover subject that had nothing to do with the that week's TV programming lineup, since the film will not be shown until… October 31). Catherine Humblot informs us that "the project goes back to February 2003 [when] various TV stations were contacted. Yves Jeanneau, in charge of the France 2 documentary unit, was the first to react", bringing almost a third of the 500,000 euro budget to the producers. The 125,000 euros, needless to say, comes from the French public's taxes, as France 2 was a French government-subsidized and -sanctioned TV station. (Guy Millière has thoroughly slammed the documentary based on a pair of Eric Laurent books, as well as the Michael Moore film.)
Then there are the television images devoted to the Iraq conflict itself. The title of the main article of the March 31, 2003, issue — i.e., smack in the middle of the war — asks What Reality Is Behind the Images of the War? This question (by Jacques Buob, Yves-Marie Labé, and Claudine Mulard) of such specialists as Paul Virilio, an… "urban philosopher" (?!) who is lucid enough to say No way (can television clarify reality) before proceeding to "denounce the confusion" of the TV images and choose three combat pictures in order to discuss (and dismiss) them as being akin to "theater". Already, by the way, we have an article (by Daniel Schneidermann) denouncing… "the degrading images of the Iraqi prisoners".
Back to 2004: in May, we were treated to a 52-minute documentary on Iraq by Canal +. This is how Daniel Psenny ended his review:
The images filmed by the Capa journalists, sometimes at the risk of their lives, are violent and raw. They show hatred, incomprehension, the hardship of combat, the seizure of power by religious extremists, and especially the quagmire in which the American army has locked itself and which, with fear in its guts, fights an enemy it doesn't know.I'm glad to be apprised of the fact that the entire American armed forces is afraid and that it doesn't know its enemy. Why don't we ask Psenny to take a flight to Iraq and explain that to, say, a couple of Rangers or a platoon of Marines?… (I'm sure we could easily get a collection started for the plane ticket…)
Other Monday Investigation documentaries have included Luc Hermann's story on the scandal of America's voting machines (which helpfully explains that the French have wisely kept machines that are entirely reliable); Paul Moreira and Véronique Robert's explaining how "the [revolted] inhabitants of Baghdad accuse the Americans of killing more civilians, women and children, than resistants" (note the generalizations of all the Baghdad inhabitants and all the Americans, as well as the use of the word resistants — sort of akin to saying all Germans resisted Hitler during World War II, but I'm getting ahead of myself); Barry Lando and Michel Despratx's story of the Saddam Hussein trial you will not see (that of Saddam's Western backers — although the documentary does include info on the backing of individual French businessmen, it will likely not make much, if anything, about the fact that the entire French state apparatus was put into motion to keep Uncle Sam from toppling the psychopath — indeed, Le Monde's Francis Cornu mentions only Yankee treachery and speaks of "the Americans [being] foremost among the Western leaders" who supported Saddam, thus squelching any memory of Washington and London's efforts to disarm Saddam being undermined by the other members of the UN Security Council [in such ways is history rewritten]); and William Reymond and Bernard Nicolas' film on the assassination of JFK having been a plot hatched by rich Texan families (nudge nudge wink wink say no more say no more)…
The rewriting of history also extends to the Second World War. (You will recall all the rewriting during the 60th anniversary of D-Day this summer.) In her review of Stauffenberg, a TV movie about the German officer who tried to assassinate Hitler, Lorraine Rossignol sings the praises of "the public's rising interest for the resistance of the Germans during the war". "Of the Germans"? Oh yes, while you blame all Americans and all members of the American armed forces for rapes that occurred during World War II (or for deaths among innocent Baghdad citizens), by all means, try to make it a blanket pardon of all the German people.
On a related note, Patrick Jarreau, Le Monde's main correspondent in Washington (!) likens Dubya to… Mel Gibson (!):
Seen from Europe, the production of a film on the last hours in the life of Jesus Christ by a millionnaire Hollywood actor is a perfect cliché of a naïve, religious, archaic, worrying America. Mel Gibson is to cinema what George Bush is to politics: a dangerous zealot, who is in doubt about nothing and from whom one can fear the worst. The president and the actor do they not share a common public, that of the South's Baptists, fed with simple ideas and apocalyptic beliefs?Again, this brilliant analysis doubling as a paragon of objectivity come from the main correspondent of France's newspaper of reference in Washington.
Meanwhile, Florence Colombani also notes the appearance of the DVD of the movie Outfoxed which, she explains, decries television's ability to be used as propaganda (well, Le Monde ought to know).
So there we have it: French TV approaching America "with an open mind and without prejudice".
Strangely enoug, neither FahrenHype 911 nor Celsius 41.11 has received any mention in the French press (certainly not enough to warrant any attention), and what little Stolen Honour (download here) has received is only as a partisan film.
As for Voices of Iraq, it is unheard of…
Meanwhile, read Douglas's take on a documentary which dared show the truth of conditions under Saddam Hussein and which "[Sa'ad] Salman had made by sneaking back into Iraq over the Turkish border through Kurdistan and recorded on a concealed mini-DV recorder at no small risk to his life". It was rejected by Arte and its director mocked or reviled on a French TV show.
This was only one of the myriad examples of the systematic silencing and shunning of any and all evidence or discussion of the suffering of Iraqis under Saddam. And the film contained some harrowing images of suffering and mutilation.Not something that would win the Palme d'Or at Cannes, hein?