2018/12/07

Les autorités ne seraient-ils pas… giletjaunophobes ?!


CHERCHEZ L'ERREUR ! Quand un attentat est perpétré par quelqu'un du nom de Mahomet ou Ali, avec moult morts et blessés, on nous dit (non sans raison, sans doute) qu'il ne faut pas faire d'amalgames et qu'il ne faut pas faire de généralisations et qu'il ne faut surtout pas blâmer l'Islam, qui (comme chacun le sait) est une religion de paix blablabla etc etc etc…  Par ailleurs, il faut se demander si ce n'est pas le monde occidental (ces horribles colonisateurs!) qui, quelque part, est coupable, sinon responsable, de la radicalisation des Islamistes.

Dans le cas contraire, il n'y a qu'une conclusion à tirer : vous faites partie de ce groupe de citoyens méprisables qui ne sont autres que des affreux islamophobes.

Mais alors, quand deux ou trois personnes sont tuées durant une manifestation de gilets jaunes et que l'on compte plus d'une centaine de blessés (y compris parmi les forces de l'ordre) — sans oublier les "victimes" économiques pour cause de perte de temps et d'absence de revenus — là, soudain ministres et politiciens se manifestent (alors que contrairement aux attentats, aucune des victimes, parions-le, n'était visée) pour condamner le mouvement tout entier et pour regretter le manque de citoyenneté des protestataires, le manque de sérieux des protestataires, et le manque de lucidité chez les protestataires       

Alors, s'agit-il d'hypocrisie, d'un exemple de plus, de deux poids deux mesures ?

En fait, la réponse — surprenante — est :
Non.  Pas du tout.

Dans les deux cas (dans tous les cas), il s'agit pour les politiciens de diaboliser leurs propres populations, de les traiter comme des affreux jojos irresponsables (lire : comme des enfants) qui ont besoin de politiciens et de fonctionnaires (d'une armée de fonctionnaires), sans oublier une pléthore de règles ainsi qu'une masse d'impôts, pour survivre et pour bien se tenir.

En fait, ils placent les citoyens à la même enseigne que les terroristes : des palabres, peut-être, mais aucune concession — c'est la même attitude officielle qu'envers un terroriste : pas de faiblesse/
La conclustion est limpide :

pour les élites du monde occidental,
les citoyens n'ont que trois droits :
— celui d'obéïr, celui de payer, et celui de se taire.

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais le 14 juillet 1789, il y a eu une révolte à Paris.  Combien sont morts ce jour-là ? On parle de 98 personnes tuées.  Qui est responsable ? D'un côté, la réponse est limpide : c'est la foule, ou des membres de la foule, qui sont indéniablement la cause de la mort de cette centaine de personnes.  Ils n'avaient qu'à se tenir coi et ne pas se conduire de la sorte.

Mais ne faut-il pas réserver au moins une partie du blâme du côté de Louis XIV, et/ou de son gouvernement ?

Quelques 230 ans plus tard, on débat encore et toujours — bien que l'on notera que l'histoire officielle de la République met tout sur le dos de la monarchie et considère les révolutionnaires de la prise de la Bastille sine qua non comme des héros.

Notez que je n'entends pas juger, que je ne veux pas trancher, d'une manière ou d'une autre.

Parmi les morts, par ailleurs, on compte sept soldats ou hommes du gouvernement royal à la Bastille.  De façon systématique, quand un début de révolte éclate, les autocrates vont toujours essayer de mettre en avant l'éventuel malheureux fantassin de 19 ans victime des insurgés "enragés".  Pour prendre un exemple non français et moderne, c'est ce qui est arrivé dans les pays de Europe de l'Est 200 ans plus tard, lors des révolutions anti-communistes de 1989.  Rien n'aurait rendu un Honecker ou un Ceaușescu plus heureux que de voir des jeunes appelés tués par la foule de "contre-révolutionnaires".

Mais revenons au présent : en ce qui concerne les manifestations de gilets jaunes de 2018 (bien moins sanglantes), les autorités n'y sont pour rien ! Vous entendez ? Rien de rien ! Il n'y a rien à débattre ! Elles n'y sont pour rien !

Tous les débordements sont à mettre sur le dos des manifestants, des révolutionnaires.

2018/12/04

Macron se débat dans son incompétence ; il annonce simultanément qu'il faut entamer le dialogue et qu'il ne reculera sur rien

Le gilet jaune est une idée de génie

s'exclame, depuis la Suisse, Stéphane Montabert :
Rendu obligatoire par la loi, tout Français disposant d'un véhicule a forcément un gilet jaune à disposition. Tout automobiliste est donc, forcément, un rebelle en puissance. Il peut se révéler partout, à n'importe quel moment.

La protestation était à l'origine liée aux nouvelles taxes sur le diesel décidées par l'exécutif au nom de l'excuse magique du moment, la lutte contre le réchauffement climatique. Pour toute cette France des campagnes, cette France oubliée des services publics, cette France méprisée par les radars et les limitations à 80 km/h, cette France qui se lève tôt et qui travaille dur sans parvenir à s'extraire de la pauvreté, ces centimes d'euro font toute la différence. …

"Macron, démission"

En face, Emmanuel Macron se débat dans son incompétence pour juguler le mouvement, sans y parvenir, car il ne dispose pas du logiciel intellectuel adéquat. Il annonce simultanément qu'il faut entamer le dialogue et qu'il ne reculera sur rien: comment prendre un tel individu au sérieux?

 … il est désormais clair pour tout le monde que même si le gouvernement reculait sur le diesel, cela ne suffirait plus à calmer la foule, le point de non-retour ayant été dépassé. Pas possible de contenir géographiquement la révolte - les gilets jaunes sont partout, à Paris et en province, dans les îles, dans les banlieues. Pas possible de rejeter la faute sur l'opposition, réduite à rien en Macronie.

Impossible de compter sur l'impopularité du mouvement. Les gilets jaunes sont extrêmement populaires. Plus de 70% des Français les soutiennent - selon un sondage effectué après les émeutes de ce week-end. Les Français sont plus de 90% à condamner les violences, mais ils ne savent que trop bien que les débordements sont le fait de nombreux éléments opportunistes greffés au mouvement, et dans lesquels les Français ne se reconnaissent pas. Les opérations médiatiques lancées par l'Élysée auprès des rédactions pour tenter de salir les gilets jaunes ne fonctionnent pas. Elles ne contribuent qu'à décrédibiliser un peu plus les journalistes.

 …  On peut comprendre la colère de ces gens lorsque les élites, jamais à bout de kérosène pour leurs jets, glosent sur la nécessité pour les peuples de se serrer la ceinture pour le plus grand bien de l'Humanité, ou s'enorgueillissent de vouloir accueillir - et traiter mieux que les autochtones - toute la misère du monde.

Des millions de Français - et plus encore d'étrangers - ont certainement été choqués par les scènes de chaos prenant place dans les rues de Paris. L'avenue des Champs-Elysées, autoproclamée la plus belle avenue du monde, est devenue un champ de bataille avec ses boutiques défoncées, ses barricades et ses brasiers.

 … Cerise sur le gâteau, la plupart des gilets jaunes ont un casier judiciaire vierge, ce qui signifie qu'ils risquent un rappel à la loi ou un sursis. Et ils pourront faire appel. On voit mal comment le dossier du moindre d'entre eux, compte tenu des circonstances, pourrait résister à une attaque sous l'angle du vice de procédure. Les gilets jaunes et les forces de l'ordre sont engagés dans une course d'endurance mais les seconds sont plus mal lotis que les premiers.

 … Quelque chose est en train de changer en France.

En seulement un an et demi, Emmanuel Macron et son mouvement La République en Marche ont réussi à se faire détester de tous. Après avoir axé son programme sur l'immigration et l'Europe, Macron déclarait crânement qu'il ferait obstacle au populisme ; la vague menace désormais de l'emporter.

Comment tout cela se finira-t-il? …

2018/12/01

Fake News et Gilets Jaunes : Ce qu'on vous cache sur la révolte

Devant le blocus de la Rue Arsène Houssaye, un Gilet Jaune essaie d'ouvir le dialogue avec des forces de l'ordre
De toutes les tyrannies, une tyrannie exercée pour le bien
de ses victimes est sans doute la plus opprimante. Il est
préférable de vivre sous des capitalistes véreux que sous
des corps moraux omnipotents. La cruauté du requin de la finance
peut parfois dormir, sa cupidité peut être rassasiée
à un moment donné; mais ceux qui nous tourmentent pour
notre propre bien nous tourmenteront sans fin, car ils le font
avec l'approbation de leur propre conscience.
— C.S. Lewis
Le Ouebmaistre de Le Monde Watch avait presque l'impression d'être visé personnellement alors qu'autour de lui, les grenades de gaz lacrymogène tombaient de part et d'autre (voir vidéo). C'était sur la foule de gilets jaunes rassemblés sur l'Avenue de Friedland, l'une des avenues desservant la Place Charles de Gaulle l'Étoile, déjà couverte non par le brouillard mais par la fumée des projectiles et le départ d'incendies ça et là.

Était-ce tout simplement une coincidence ? C'est quand la foule a commencé à scander "Macron ! Démission !" que les grenades se sont mises à pleuvoir et que l'Avenue de Friedland a commencé à ressembler à la bataille du même nom entre l'Empéreur Napoléon I et le Tsar Alexandre I.





Quoi qu'il en soit : L'avez-vous remarqué ? Le mouvement des Gilets Jaunes est criblé de "Fake News".  Tant les médias francaises que les médias internationales répètent inlassablement que ces manifestations sont une protestation contre la hausse des taxes sur le carburant.

Que font les médias, exactement ? Ils mettent les deux camps plus ou moins à égalité. (Ce qui semble a priori logique et, avouons-le, louable.) Les uns (les dirigeants de l'État) veulent plus d'impôts — ce que tout le monde s'accorde est nécessaire — et les autres (les citoyens) n'en veulent pas.

C'est ce qui, du coup, donne lieu à des incompréhensions, en France ou ailleurs : pourquoi tant de mélodrame — surtout, pourquoi tant de violences — quand tout le monde sait que, oui, on peut se plaindre des taxes, mais bon, après tout, les impôts ne sont-ils pas nécessaires ?!

Et c'est ce qui permet aux cyniques de hausser les sourcils et d'ironiser sur les irresponsables et les hystériques qui forcent la France entière à se mettre à l'arrêt pour "quelques centimes de plus" aux stations-essence — en ajoutant parfois des messages laconiques sur les problèmes humanitaires bien plus graves dans le reste du monde (l'équivalent de "Mange ta soupe, Toto; en Chine, les enfants meurent de faim!").

Ce n’est pas faux de dire que les manifestations sont une protestation contre la hausse des taxes sur le carburant, mais les Fake News, ce ne sont que rarement des mensonges outranciers ; les Fake News, c’est ce qu’on omet de dire, c'est ce qu'on ne dit pas.

En fait, les hausses des prix ne sont que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase (ou, plutôt, la goutte d'essence qui a fait déborder le réservoir …du trop-plein fiscal), le dernier exemple de répression, de persécution, et de matraquage des conducteurs depuis cinq mois. (De ce fait, le mouvement des Gilets Jaunes n'est guère si différente de la révolution américaine des Minutemen — quoique moins violent (pour l'instant) — dans les années 1770 après une douzaine années de taxes punitives et d'exactions du gouvernement anglais de George III…)

Récapitulons :

• D’abord Édouard Philippe a fait passer une loi en juillet, ce qu’aucun gouvernement d’Europe ou de l'Occident (ou de la planète) n'a fait — sur la baisse de la limite de lenteur (pardon, de la limite de vitesse)

• Ensuite, il y a eu la multiplication des radars, des radars de plus en plus sournois, notamment les radars mobiles qui sont maintenant, tant sur les autoroutes que dans les villes, la responsabilité de sociétés privées en recherche de gains

En fait, c’est durant l’été, à la suite de ces mesures, que les protestations ont commencé :
par des actions de résistance dans tout l'Hexagone : la destruction sauvage de radars sur le bas-côté de la route

• Puis, le gouvernement a renforcé, de façon gratuite, le permis à points, avec des punitions grotesques pour des actions tout à fait subjectives (la perte de 6 points (!) pour ne pas laisser la priorité aux piétons?!)

• Enfin, la hausse des prix de l’essence

Qu’est la démocratie si ce n’est
le pouvoir de dire aux autorités :
Nous ne sommes pas des vaches à lait !

Depuis l'Argentine, selon Le Figaro, où il participait au G20, Emmanuel Macron a réagi aux violences qui ont éclaté en France en marge de la mobilisation des «gilets jaunes».
«Ce qui s'est passé [samedi] à Paris n'a rien à voir avec l'expression pacifique d'une colère légitime», a lâché le président de la République lors d'une déclaration à la presse.

«Aucune cause ne justifie que les forces de l'ordre soient attaquées, que des commerces soient pillés, que des bâtiments publics ou privés soient incendiés, que des passants ou des journalistes soient menacés ou que l'Arc de Triomphe soit souillé», a poursuivi Emmanuel Macron.

 … «Je respecterai toujours les contestations, j'entendrai toujours les oppositions. Mais je n'accepterai jamais la violence», a ajouté Emmanuel Macron.
Effectivement, il serait facile de dire qu'idéalement, il faut toujours agir dans le calme et la paix. (Et qui ne regrette pas les dégâts, totalement injustifiables, sur l'Arc de Triomphe ?! nous y reviendrons à la fin de cet article…)

Trop facile.

Reprenons les termes, et les arguments, du gouvernement, point par point :

Emmanuel Macron n'acceptera «jamais la violence» nous dit-il.

N'est-ce pas un exemple de violence faite aux Français (sinon de façon physique, du moins de façon morale), cette manie depuis six mois de tenter de devenir le numéro 1 européen du radar et d'ajouter punition sur punition sur les conducteurs (voir leur énumération ci-haut) en leur prenant leur argent durement gagné ?

Tandis que Patrick Aulnas évoque la folle fiscalité environnementale et que Arnaud Bezard Falgas décrit l'Hexagone comme une "théocratie fiscale", Brice Gloux dénonce "le taux de prélèvement le plus élevé d’Europe" alors que Damien Theillier, lui, a dressé une liste (non exhaustive) des taxes nécessaires en France pour « rendre la société moins injuste ».

Dans Le Point, Jean Nouailhac s'indigne :
En 2017, les automobilistes auront supporté quelque 67 milliards de taxes et amendes diverses, presque autant que l'impôt sur le revenu !
 … Pour mieux comprendre le ras-le-bol fiscal des automobilistes, il faut entrer un peu dans le détail de ces 36 milliards d'euros de taxes sur les carburants, l'essentiel provenant de la TICPE, la « taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques », laquelle est elle-même taxée d'une TVA à 20 % ! La surtaxe de la taxe. Le comble du vice fiscal !
Comme le dit le général Bertrand Soubelet dans Le Figaro,
La grande méprise de nos «élites» est de perdre de vue, consciemment ou pas, la quintessence de leur statut: être au service [du] service public, être au service du bien commun.
À propos de la décision de baisser les limites de vitesse (sic) de 10 km/h, Paul de Métairy en conclut que l'attitude du gouvernement n'est rien de moins que hallucinante de cynisme :
Outre "l'abus de droit de prendre les usagers pour des cobayes d'une expérimentation purement vexatoire" [il y a le fait que] "Même à 90 km/h on a l'impression de se traîner", ce qui provoque "une déconcentration considérablement accrue à 80 km/h, au détriment de la  sécurité, comme aussi le phénomène inverse : une frustration et une agressivité en hausse."
… "Obliger les conducteurs à avoir l'œil rivé sur leur compteur comme sur un écran de TV est insensé" [et] "va engendrer une dangereuse exaspération".
"Une dangereuse exaspération" couplée à "une frustration et une agressivité en hausse" : voilà, Monsieur le Président de la République ; voilà, Monsieur le Premier Ministre ; voilà, Monsieur le Ministre de l'Intérieur ; voilà, Monsieur Barbe et Madame Perrichon et tous les autres, ce qui explique tant le mouvement des gilets jaunes que les actions extrêmes qui s'en découlent.

Cela s'appelle le réveil du citoyen.

Quand on comprend que le problème principal des Français, c’est l’État, on ne s'étonne plus des décisions et des actions des Gilets Jaunes (pour la vaste majorité d'entre eux, par ailleurs, ils demeurent pacifiques).

On pourrait dire que le mot d'ordre du mouvement a été renforcé :
Nous ne sommes ni des cobayes ni des vaches à lait.

Pour Jean-Pierre Le Goff, guère surpris par le mouvement et sa révolte contre les taxes sur le carburant,
la France des «gilets jaunes» n'est autre que la France périphérique sortie depuis trop longtemps des écrans radars médiatique et politique. Elle rejette la politique d'Emmanuel Macron mais plus largement quatre décennies de libéralisme culturel et d'«adaptation» économique à marche forcée voulus par les élites.
Revenons au discours du Président de la République :
«Ce qui s'est passé [samedi] à Paris n'a rien à voir avec l'expression pacifique d'une colère légitime» … a poursuivi Emmanuel Macron.
Mais quand les autorités excluent tout changement de cap et ignorent donc toutes vos protestations pour mener à bien leur objectif (plus ou moins) avoué "d'emmerder les Français", voilà le résultat !

En fait, ce que demandent MM Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Christophe Castaner, et al, c'est de la dignité, du respect. Mais qu'en est-il des membres du gouvernement ? "[Emmanuel Macron ne respecte pas] les contestations, [Emmanuel Macron n'entend pas] les oppositions." Au contraire : Il les ignore allégrement.

Comme je l'ai écrit dans un précédent article sur le site Contrepoints,
    Le respect n'est-ce pas plutôt quelque chose de mutuel, de réciproque ?

     … les politiciens et les bureaucrates qui "l'édifient", ce code de la route, respectent-ils, eux, les conducteurs ?

    … Les politiciens font-ils preuve de respect envers les conducteurs en [baissant la limite de vitesse (sic)], en augmentant les prix de l'essence, en triplant le montant des PVs et en évoquant des péages à l'entrée des villes ?

     … En quoi fait-on preuve de respect envers les conducteurs quand ils sont réprimés, persécutés et matraqués ?

    En quoi fait-on preuve de respect envers les Français quand ils sont traités comme des cobayes et comme des vaches à lait ?
N'est-on pas, par ailleurs, en droit d'être sceptique ? Depuis 50 ans, voire tout un siècle (ou plus), les élites, les politiques, les leaders culturels couvrent d'éloges, tant au niveau personnel et culturel (Luke. Don't give in to hate. That leads to the Dark Side … of the Force), tant au niveau national qu'international, les vertus tels que la compassion, la tolérance, la lucidité, l'esprit Zen, le pacifisme, la paix etc… Des valeurs qui semblent certes — et comment ! — ô combien admirables.

Mais est-on en droit de se poser des questions ? Se pourrait-il qu'en fait, tout ce cirque soit finalement une astuce cynique pour effeminiser ou châtrer le peuple et ainsi l'amener sur la route de la servitude en validant l'ensemble des décisions unilatérales des élites, tout en évitant un trop grand nombre de protestations et de révoltes, contre les autorités ?

La triste vérité — on peut très certainement le regretter — c'est que parfois il est nécessaire de se révolter. Il ne faut pas toujours forcément prendre les armes, il ne faut pas toujours forcément avoir recours à la pendaison, il ne faut pas toujours forcément avoir recours à la guillotine, mais… parfois un peu de goudron et de plumes peuvent faire le plus grand bien…

À propos de cynisme, est-on en droit de se demander pourquoi l'Arc de Triomphe n'a pas été protégé, et si les autorités ne voyaient pas d'un bon œil la réputation du mouvement des Gilets Jaunes tout entier en prendre un coup, en s'abstenant de s'opposer aux casseurs, aux blacks blocs et à la racaille ?

C'est en tout cas ce que pense Jean-Paul Garraud :
Jamais depuis le début de sa construction en 1806, l’arc de triomphe n’avait été vandalisé, saccagé, ravagé.

Hier, il a été décidé d’évacuer le cordon de CRS qui le protégeait et ainsi de l’abandonner [aux] mains des casseurs, des voyous, des criminels.

Hier, le combat à mener, celui qui aurait été à l’honneur de nos représentants et de nos forces de l’ordre, c’était de défendre ce haut symbole de l’histoire et de la gloire de la France.

Hier, il fallait protéger ce monument et la tombe du soldat inconnu.

C’était un honneur et un devoir.

Concentrer nos forces, se battre pied à pied, ne rien lâcher.

Mais un ordre contraire a été donné.

Le 1er ministre et le ministre de l’intérieur supervisaient sur place les opérations.
Ce sont les donneurs d’ordres, ils doivent être démis de leurs fonctions.

C’est la première des décisions que le président doit prendre aujourd’hui.

As I wrote last week, in How Fake News Has Misrepresented the Yellow Vest Revolt in France:

There is nary a single media report about the Yellow Vest demonstrations in Paris and France that I’ve read or watched that has not been slanted by Fake News.

It has (usually) not been deliberate, I gather, and nobody has said anything factually wrong; what is the problem is the fact that (very) important stuff has been omitted.

It is not wrong to say that the demonstrations were caused by the government's decision to raise gas prices. What is missing is that this is just one of several draconian measures dating back half a year, i.e., ‘tis the proverbial straw that broke the camel’s back.

For the past four to five months, the French government has done nothing but double down on bringing more and more gratuitous oppression and more and more unwarranted persecution measures down on the necks the nation's drivers and motorcycle riders.

In fact, the imposition of ever harsher rules has been going on for the past decade and a half or so — whether the government was on the right or on the left …/…

 …/… What has been most irksome for les Français since the turn of the century has been the ubiquitous radars, which, like red-light cameras in the United States, are accused of having (far) more to do with bringing revenue to the state than with road safety.

And just like the arms industry in the Soviet Union, if there was one area of France where the technology was always moving forward, it was the radar business.

Over the years, the radars have become evermore stealthy and insidious. …/… What has happened since shows the Deep State at work in Europe just as much as, if not more than, in North America — and this leftist statism is the kind of news that has been ignored by the mainstream media, in France itself as much as abroad. …/…

WE ARE NOT MILCH COWS!

All of which brings us to 2018. This year, as mentioned, Emmanuel Macron's government has doubled down on the repressive measures.

• On July 1, Prime Minister Édouard Philippe did what no other country in Europe or in the West (or, as far as I  know, on the planet) has done: go against the march of progress and lower the slowness limit (sorry, the speed limit) on secondary (country) roads by 10 km/h, decreasing the limit from 90 km/h (56 mph) to 80 km/h (50 mph).
.
• At about the same time came the contracts that the government decided to write with private corporations, handing the business of the state's (plainclothes) gendarmes over to their company employees, to take over the business of the mobile radars in their shiny new fleets of vehicles. (Meanwhile, other private companies have been getting similar contracts from city governments, meaning wage earners doing mostly nothing but driving up and down the city streets, while a license plate reader decides which cars' owners will be getting automatically-generated fines.)

This is actually the point at which the first protests started. During the summer, the country saw a huge increase in instances of destruction (or incapacitation) of radars on the roadside. Many were defaced with paint, others were set on fire, while still others were simply covered with something like a garbage bag (one man arrested while covering a radar was let free by a judge who decided that since the garbage bag hadn't actually brought any physical harm to the machine in any way, the defendant could not be accused of destroying it).

• More recently, the government added more gratuitous sanctions to the driver’s license point system, which is already far more punitive than that of most European countries, not least neighboring Germany's.

Finally, with the announcement of the gas prise rise, the French said "Enough is enough." And that was when the entire nation seemed to get together via the internet to mount the Yellow Vest revolt.

How Fake News Has Misrepresented the Yellow Vest Revolt in France


Demonstrating with the Yellow Jackets on the Champs Élysées against la répression du gouvernement. It was quite festive in the beginning; but cats are not partial to tear gas, so when the tear gas grenades started raining around us, the bicycle cats said Enough and we pedaled home.
There is not a single media report about the Yellow Vest demonstrations in Paris and France that I’ve read or watched that has not been slanted by Fake News.

It has (usually) not been deliberate, I gather, and nobody has said anything factually wrong; what is the problem is the fact that (very) important stuff has been omitted.

It is not wrong to say that the demonstrations were caused by the government's decision to raise gas prices. What is missing is that this is just one of several draconian measures dating back half a year, i.e., ‘tis the proverbial straw that broke the camel’s back.

For the past four to five months, the French government has done nothing but double down on bringing more and more gratuitous oppression and more and more unwarranted persecution measures down on the necks the nation's drivers and motorcycle riders.

In fact, the imposition of ever harsher rules has been going on for the past decade and a half or so — whether the government was on the right or on the left — and that is why the choice of les gilets jaunes (the yellow jackets) by the demonstrators is particularly ironic.

The 2008 law (under the presidency of Nicolas Sarkozy) requiring the presence of high-visibility vests (gilets de haute visibilité) aka security vests (gilets de sécurité) in every vehicle — hardly an unreasonable rule, for sure, as similar ones exist throughout the continent — was just another example of the myriad of evermore-onerous rules for car and motorcycle owners over the past 15 years, and so the government in effect provided the 2018 rebels with their uniforms.

What has been most irksome for les Français since the turn of the century has been the ubiquitous radars, which, like red-light cameras in the United States, are accused of having (far) more to do with bringing revenue to the state than with road safety.

And just like the arms industry in the Soviet Union, if there was one area of France where the technology was always moving forward, it was the radar business.

Over the years, the radars have become evermore stealthy and insidious. For instance, radars have gone from contraptions being able to photograph a single car on only one side on the road, in the lane closest to the machine (with a burst of white flash quite jolting to the driver at nighttime), to taking multiple pictures over the entire roadway simultaneously of several cars driving in both directions.

The first radars were installed in 2003 under President Jacques Chirac and his interior minister, Nicolas Sarkozy, and in the beginning, drivers were always warned beforehand when a radar could be expected ahead (which brought about what allegedly was the desired goal, to get French cars to slow down).

What has happened since shows the Deep State at work in Europe just as much as, if not more than, in North America — and this leftist statism is the kind of news that has been ignored by the mainstream media, in France itself as much as abroad.

Eventually — in spite of the insistent promises of then-interior minister Sarkozy — new radars were installed without the signs announcing their presence.

Recently came the news of mobile radars, meaning unmarked cars loaded with a radar-installed contraption driven by gendarmes dressed in civilian clothes. (Everywhere, young boys daydream of wearing a shiny uniform and fighting criminals; imagine, then, a policeman being asked to put on plainclothes to do nothing but drive back and forth in order to trick honest citizens who have done nothing but "violate" a rather arbitrary administrative rule, one that has barely changed, if at all, in almost 50 years).

Meanwhile, crony capitalism has given rise to a side economy, a side economy whose only purpose revolves around the punishment of citizens with cars or motorcycles — not least with blossoming (and very expensive) driving schools for drivers to regain some of the points they have lost on their driver's licenses (again, for violations of a rather arbitrary malum prohibitum rule). If that's impossible, they lose the driver's license itself, for a year or more, which leads in turn to job losses for some 80,000 Frenchmen every year, since they can no longer drive to work.

WE ARE NOT MILCH COWS!

All of which brings us to 2018. This year, as mentioned, Emmanuel Macron's government has doubled down on the repressive measures.

• On July 1, Prime Minister Édouard Philippe did what no other country in Europe or in the West (or, as far as I  know, on the planet) has done: go against the march of progress and lower the slowness limit (sorry, the speed limit) on secondary (country) roads by 10 km/h, decreasing the limit from 90 km/h (56 mph) to 80 km/h (50 mph).
.
• At about the same time came the contracts that the government decided to write with private corporations, handing the business of the state's (plainclothes) gendarmes over to their company employees, to take over the business of the mobile radars in their shiny new fleets of vehicles. (Meanwhile, other private companies have been getting similar contracts from city governments, meaning wage earners doing mostly nothing but driving up and down the city streets, while a license plate reader decides which cars' owners will be getting automatically-generated fines.)

This is actually the point at which the first protests started. During the summer, the country saw a huge increase in instances of destruction (or incapacitation) of radars on the roadside. Many were defaced with paint, others were set on fire, while still others were simply covered with something like a garbage bag (one man arrested while covering a radar was let free by a judge who decided that since the garbage bag hadn't actually brought any physical harm to the machine in any way, the defendant could not be accused of destroying it).

• More recently, the government added more gratuitous sanctions to the driver’s license point system, which is already far more punitive than that of most European countries, not least neighboring Germany's.

• Finally, with the announcement of the gas prise rise, the French said "Enough is enough." And that was when the entire nation seemed to get together via the internet to mount the Yellow Vest revolt.
Lire mes articles sur la répression, la persécution, et le matraquage des conducteurs :
https://www.contrepoints.org/author/erik-svane

Il y du Fake News ici — Les médias (francaises et internationales) rapportent que les manifestations sont contre la hausse des prix de l’essence.

Ce n’est pas faux, mais le Fake News, c’est ce qu’on ne dit pas.

En fait, ces hausses ne sont que la goutte qui fait déborder la vase, le dernier exemple de répression, de persécution, et de matraquage depuis 4-5 mois.

• D’abord Édouard Philippe a fait ce qu’aucun gouvernement d’Europe ou de l'Occident (ou de la planète) a fait — baisser la limite de lenteur (pardon, la limite de vitesse)

• Ensuite, il y a eu la multiplication des radars, des radars de plus en plus sournois

En fait, c’est durant l’été, à la suite de ces mesures, que les protestations ont commencé :
Par une hausse impressionnante des instances de destruction des radars sur le bas-côté de la route dans tout l'Hexagone

• Par la suite, le gouvernement a endurci le permis à points, de façon gratuite, avec des punitions grotesques

• Enfin, la hausse des prix de l’essence

Qu’est la démocratie si ce n’est
le pouvoir de dire aux autorités :
Nous ne sommes pas des vaches à lait !

2018/11/26

La grande méprise de nos «élites» est de perdre de vue, consciemment ou pas, la quintessence de leur statut: être au service du service public et du bien commun

Suite à l'affaire Carlos Ghosn (le PDG de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi mis en cause par la justice japonaise pour soupçon de dissimulation de revenus), le général Bertrand Soubelet pond un papier dans Le Figaro qui aurait tout aussi bien pu s'adresser (peut-être plus) aux politiciens sortis de l'ENA.
Sans préjuger des suites judiciaires dans une affaire politico-industrielle aux enjeux considérables, ce nouvel épisode met en lumière deux questions importantes.

La première concerne le modèle de «grands patrons» que produit la France, même si le cas de Carlos Ghosn est atypique, et la deuxième nous renvoie encore à l'éthique des élites de notre pays.

Finalement le profil et la formation des chefs d'entreprises français révèlent des constantes. Depuis au moins 20 ans beaucoup de nos fleurons industriels sont entre les mains de cadres et de patrons «hybrides» sortis de plusieurs grandes écoles à la fois: Polytechnique, École des Mines, HEC et parfois l'ENA.

Cette endogamie est frappante à l'étude du cursus des responsables de Thalès, Safran, Alstom, Renault, EDF, Airbus,Total, Engie, Air France notamment, de ces dix dernières années.

Leurs compétences et leur légitimité ne sont pas en cause et pour la plupart ils réussissent. Mais à quel prix?

Et quelle différence avec les patrons d'industries propriétaires de l'outil de production! Le rapport à l'entreprise, aux salariés et à la rémunération est fondamentalement différent. L'entreprise est un patrimoine à préserver et la vision à long terme l'emporte sur les dividendes à servir aux actionnaires.

J'ai beaucoup de respect pour ces entrepreneurs plutôt «familiaux» car ils sont en majorité, discrets, toujours dans la mesure et producteurs d'équilibre social dans la durée.

Cette différence avec les groupes précédemment cités est accentuée en raison du rôle de l'État actionnaire qui pèse très lourdement dans la nomination des PDG. Ils sont désignés de manière quasi-discrétionnaire et cette légitimité, donnée à la fois par une sorte d'esprit de caste et la tutelle de l'État, peut mener à des excès.

Ces excès résultent de la conception bien française d'hommes «providentiels» qui concentrent entre leurs mains des responsabilités écrasantes. La réussite s'évalue par des niveaux de rémunération qui deviennent un critère et une référence mais qui précipitent parfois les intéressés dans des comportements irrationnels savamment masqués.

 … Ma conviction est que ce modèle est dangereux, porteur d'un message social et sociétal pernicieux. Malgré les apparences, il favorise trop souvent la stratégie personnelle y compris pécuniaire plutôt que la réussite collective.
C'est la raison pour laquelle l'éthique des dirigeants est essentielle.

Et elle donne de sérieux signes de faiblesse. Certains parlent de «nos élites» mais très sincèrement nos élites ne se trouvent pas du côté des dirigeants qui sont capables d'exiger des sommes considérables pour faire leur métier en s'assurant toujours d'une porte de sortie confortable.

Elles ne se trouvent pas dans cette forme de mélange entre l'entrepreneur «haut fonctionnaire» et l'homme providentiel aux accents de mercenaire.

Elles ne se trouvent pas dans des hommes capables d'imaginer pouvoir contourner les règles au nom de leur réussite ou de leur notoriété.

Elles ne se trouvent pas non plus dans cette arrogance souvent dissimulée derrière de l'austérité ou de la bonhomie.

La grande méprise de nos «élites» est de perdre de vue, consciemment ou pas, la quintessence de leur statut: être au service des entreprises, et pour le service public, être au service du bien commun.

 … Le manque de ces deux vertus [celle de l'honnêteté et de l'exemplarité à la fois dans leur parcours de dirigeant et dans leur vie personnelle] mène aux dérives qui font la une des journaux et discrédite aussi, malheureusement, tous les dirigeants, chefs d'entreprises, de groupes familiaux discrets et producteurs de richesse économique et humaine.
Ceux-là aussi gagnent très bien leur vie ce qui est normal lorsqu'on exerce de hautes responsabilités.

Mais ils font généralement preuve d'une autre qualité essentielle que ne connaissent pas les «élites étatisées»: la modestie.

2018/11/22

En 2017, les automobilistes auront supporté quelque 67 milliards de taxes et amendes diverses, presque autant que l'impôt sur le revenu !


En 2017, les automobilistes auront supporté quelque 67 milliards de taxes et amendes diverses, 
s'indigne Jean Nouailhac dans Le Point,
presque autant que l'impôt sur le revenu !

Le président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), Francis Duseux, n'y va pas par quatre chemins : « Le carburant est le produit le plus taxé de France. » Mais encore ? Un autre président, Didier Bollecker, celui de l'Automobile Club Association (ACA), la plus importante organisation privée de défense des automobilistes avec 800 000 adhérents, confirme que « les automobilistes français dépensent plus de taxes que de carburant », plus précisément un total de 36 milliards d'euros en 2017.

À cette somme, pour être complet, il faut ajouter 9 milliards de péage, 7 milliards de TVA sur les véhicules neufs, 6 milliards de TVA sur l'entretien, 4 milliards de taxes sur l'assurance, 2 milliards sur les cartes grises, 2 milliards d'amendes forfaitaires (radars, etc.) et un dernier milliard d'autres petites taxes, soit au total un déluge de 67 milliards d'euros de taxes pour les seuls automobilistes, un chiffre incroyable mais vrai, à comparer aux 73 milliards d'euros d'impôt sur le revenu de cette même année 2017.

67 milliards d'euros de taxes pour les seuls automobilistes

Pour mieux comprendre le ras-le-bol fiscal des automobilistes, il faut entrer un peu dans le détail de ces 36 milliards d'euros de taxes sur les carburants, l'essentiel provenant de la TICPE, la « taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques », laquelle est elle-même taxée d'une TVA à 20 % ! La surtaxe de la taxe. Le comble du vice fiscal !

Cette TICPE englobe la nouvelle « taxe carbone », dite « contribution climat-énergie », créée en 2014 par François Hollande pour taxer le CO2, c'est-à-dire le gaz carbonique, principal gaz à effet de serre à l'état naturel avec la vapeur d'eau. Fixée à 7 euros la tonne en 2014, elle a grimpé à toute vitesse pour arriver à 30,50 euros la tonne de CO2 en 2017, puis 44,60 euros en 2018. Résultat : un « rendement » comme on dit à Bercy de 2,3 milliards d'euros en 2015, passé à 3,9 milliards en 2018, soit une augmentation de 70 % en trois ans !

Mais ce n'est que le début des immenses dégâts que cette taxe carbone bien vicieuse va occasionner puisqu'elle doit passer à 55 euros la tonne en 2019, 65 euros en 2020, 76 euros en 2021 et 86 euros en 2022, soit une nouvelle progression de près de 60 % sur les quatre prochaines années ! Une hausse vertigineuse qui va faire monter très haut dans les tours le moteur de la TICPE, nouvelle dénomination de la TIPP sur les produits pétroliers, une taxe grand-mère qui datait de 1928 et qui avait pour affectation initiale l'entretien des routes.
Or le réseau routier français, selon un rapport récent d'experts internationaux missionnés par le gouvernement à l'époque du drame du viaduc de Gênes, est dans un état critique de délabrement

Une transition écologique fumeuse

On sait enfin que, pour justifier la « transition écologique », le gouvernement a imposé une nouvelle trajectoire de la composante carbone non seulement en accélérant les hausses des taxes jusqu'en 2022, mais encore en poursuivant le rattrapage de la fiscalité du diesel sur celle de l'essence, laquelle continue par ailleurs d'augmenter de son côté. On voit bien que tous ces nouveaux et nombreux milliards d'euros vont tomber dans le tonneau des Danaïdes du budget de l'État, quoi que puisse en dire tel ou tel ministre ou député de la majorité en particulier à l'occasion de la révolte des Gilets jaunes, le pire étant atteint par les perroquets médiatisés qui répètent à l'envi que « le diesel tue », alors que c'est l'État lui-même qui a lourdement insisté pendant des dizaines d'années pour favoriser le diesel par rapport à l'essence.

  … les sénateurs de la commission des Finances ont décidé le 14 novembre de geler toutes les augmentations de la TICPE annoncées jusqu'en 2022, soit une masse de 46 milliards d'euros. Coup d'épée dans l'eau du Sénat, ou début d'une utile sagesse pour le président Macron et son Premier ministre Philippe qui ont fortement dévissé dans l'opinion ces derniers temps et dont l'acharnement à poursuivre leur matraquage fiscal sur les automobilistes risque de se retourner contre eux ?

2018/10/24

Le supposé manque de respect des conducteurs : Quel est le (très grand) couac dans cette jérémiade ?


"Un gouvernement qui impose des impôts sur les personnes non requis par une nécessité publique urgente et par une politique publique saine n'est pas un protecteur de la liberté, mais un instrument de tyrannie. Il condamne le citoyen à la servitude."
— Calvin Coolidge
(Calvin Coolidge est un président américain de la première moitié du XXe siècle (entre Woodrow Wilson de la Première Guerre Mondiale et Franklin D Roosevelt de la Seconde) oublié tant par les historiens et journalistes américains que par les historiens et les journalistes étrangers, ce qui est aisément compréhensible vu son attitude ainsi que les paroles qu'il tenait)
    En octobre 2018, un article de Jules Humbert dans Le Figaro posait la question suivante : Les Français respectent-ils le 80 km/h ?

    Nous avons déjà vu que des expressions comme "limite de vitesse" ou "la vitesse réglementaire" (qui devraient plus logiquement s'appeler la limite de lenteur et la lenteur réglementaire), "le mauvais comportement" des "délinquants" punis pour "excès de vitesse" ou "vitesse excessive", "VMA", sont des termes orwelliens dont l'utilisation, dès la case départ, fausse le débat tout entier de la sécurité routière.

    On peut y ajouter un terme qui, dans le même contexte, est tout aussi trompeur : Le "respect" — ainsi que l'expression "manque de respect".

    Il y a comme un couac majeur dans la machinerie autour de la discussion du respect dans le contexte de la Sécurité Routière. Savez-vous quel est ce couac ?

    Avant tout, examinons le sujet — il y aurait deux manques de respect dans la société actuelle : Tout d'abord, les autorités évoquent ou le soi-disant manque de "respect" par rapport aux concepts mettons théoriques a priori non humains, comme l'environnement ou la limite de vitesse (sic), le code de la route, et, plus généralement, les lois dans leur ensemble.

    Par exemple, "Les policiers de Montpellier … rappellent l'importance du respect des limitations de vitesse" est la conclusion d'un reportage sur France Bleu.  De quoi parlait-il ?  Un jour de septembre 2018, ils ont flashé 300 véhicules en deux heures seulement, s'étant installés sur la route de Ganges en début d'après-midi, de 14h à 16h. Cette portion, une longue ligne droite, est limitée à 50km/h ; "300 excès de vitesse en deux heures," nous apprend Marie Ciavatti, "c'est une moyenne de deux à trois PV chaque minute."

    J'ai déjà évoqué le fameux jour de mars 2015, durant lequel, en l'espace de seulement cinq heures, un seul et unique radar de la police danoise a recueilli tellement d'argent sur une partie minuscule de l'autoroute au sud de Copenhague — en moins d'un quart de journée, les autorités ont encaissé 2 millions de couronnes (presque 270.000 euros) ! — qu'il a fait la une des quotidiens du Danemark.

    Ensuite, il y aurait le manque de respect envers son prochain, envers les autres humains — les médias dénoncent régulièrement ce qu'on nous décrit comme une bien triste réalité dans la France d'aujourd'hui, Madâââme, à savoir les mauvaises manières du grand public et donc ce prétendu manque de respect qui sévit dans la société moderne.

    Ainsi, en janvier 2017, suite à la nouvelle que la mairie de Paris va faire passer le PV de stationnement de 17 à 50 euros en 2018, un automobiliste sur l'émission "La Nouvelle Edition" invite Anne Hidalgo à aller "se faire foutre !"  Sur le plateau de Canal +, l'une des journalistes, Émilie Besse, n'hésite pas de condamner aussitôt sa propre émission pour ce "manque de respect" ainsi que le choix de diffuser ces propos "orduriers".

    Un an plus tard, en janvier 2018, Alain Juppé essaie de présenter ses vœux dans une mairie de quartier à Bordeaux, mais il a du mal en raison des protestations et des sifflets.  En effet, 150 manifestants associés à l'Association Bordelaise de Défense des Riverains pour un Stationnement Payant Raisonné contestent le fait que la décision de l'extension du stationnement payant dans toute la ville à partir de mars 2018 a été prise sans discussion et sans concertation.  Outragé par la tumulte, le maire de Bordeaux martèle son pupitre et lance : "nulle part je n'ai vu de tels comportements …  La concertation ne consiste pas à gueuler. Ca ne sert à rien. La décision est prise et elle ne sera pas modifiée."  Quand la foule scande "concertation", "concertation", Alain Juppé répond qu'il ne discute pas avec des gens qui vocifèrent.

    "L'élu adjoint en charge de la vie urbaine a perdu son sang froid" rapporte Hélène Chauwin sur France 3 ; "Jean-Louis David fend alors la foule de manifestants et saisit par le col un homme. L'affrontement s'arrête là. Le manifestant n'est pas blessé. Jean-Louis David reprend sa place, visiblement ulcéré."

    Toujours en janvier 2018, plus d'un demi-millier de motards dans le Lot-et-Garonne qui protestaient contre le passage au 80 km/h promis ont envahi la salle des fêtes de Damazan, où se tenait l'assemblée générale de LREM 47.  "Le ton est rapidement monté entre les manifestants et les membres du parti présidentiel" raconte Stéphane Bersauter dans La Dépêche.  "Quand un motard a lâché «putain de pays» en évoquant la réforme de la vitesse sur les routes départementales, [le député En Marche de Villeuve-sur-Lot] lui a rétorqué plus que séchement. «Si t'es pas content de ton pays, tu te barres !», a lâché Olivier Damaisin … ce qui a soulevé un tollé nourri par des sifflets et des quolibets."

    Encore en janvier 2018 — c'était, après tout, le mois de l'annonce de la baisse de la limite à 80 km/h après un délai de six mois — quelques 2 000 motards sont réunis à Mâcon (Saône-et-Loire) contre la « Sécurité rentière » et des incidents éclatent après qu'une délégation est reçue à la préfecture. Un feu est allumé devant le bâtiment public et un policier est blessé aux côtes après avoir reçu un coup de pied dans le ventre. Marlène Germain, directrice de cabinet du préfet de Saône-et-Loire, dit à l'AFP « condamner cet acte de violence ».

    Il est certain que, du point de vue du gouvernement, toute violence sera mis sur le dos des protestataires et à dénigrer, voire à invalider, le mouvement tout entier.  Évidemment, il va sans dire que nous sommes tous supposés réagir immédiatement, à l'instar du chien de Pavlov, et condamner la violence autant, sinon plus, que le manque de respect.

    Mais est-on en droit de se poser quelques questions ?

    A-t'on noté que tous ces prétendus manquements de respect dans la société française actuelle sont à l'encontre de ceux qui nous gouvernent ?

    Baisser la limite de vitesse (sic) de 10 km/h sur 400.000 km de routes ?!

    Prendre la décision d'étendre le stationnement payant dans toute une ville sans discussion et sans concertation avec les habitants ?!

    Tripler les chiffres des PV de stationnement ?!

    Les citoyens n'auraient-ils donc pas le droit de s'insurger devant "de tels comportements" ?!

    N'auraient-ils pas le droit de se mettre en colère quand on les prend, manifestement, pour des vaches à lait ?!

    N'auraient-ils pas le droit de « condamner » ces attitudes, et de traiter ces décisions gouvernementales comme des « actes de violence » à leur égard, à l'égard des citoyens (ou, si vous préférez, à l'égard de leurs portefeuilles) ?

    N'auraient-ils pas le droit de se rebeller quand on veut les condamner à la servitude ?!

    N'auraient-ils pas le droit de ne pas être "content de [leur] pays" quand les conducteurs bons pères de famille, faciles à piéger, faciles à punir, voient converger autant de moyens et de célérité sur des petits écarts comparés aux véritables comportements délictuels ?!

    N'auraient-ils pas le droit d'être agacés devant la recrudescence des radars pièges et des radars sournois et des radars tirelires, toujours plus performantes ?

    Pourquoi "respecter" la limite de vitesse (sic) lorsqu'on vous oblige à aller à une vitesse (à une lenteur) délibérément contraignante et agaçante ?

    Nous arrivons à la question fondamentale :

    N'auraient-ils pas le droit de noter, enfin, un singulier "manque de respect" de la part des élus (sic) envers les citoyens ?!
Le grand couac dans la machinerie concernant la discussion de respect, c'est que le respect n'est pas et n'a jamais été quelque chose d'unilatéral. Le respect n'est-ce pas plutôt quelque chose de mutuel, de réciproque ?
    Voyez-vous, nous arrivons au couac dans la machinerie concernant la discussion de respect : c'est que le respect n'est pas, n'a jamais été, n'est jamais censé être, quelque chose d'unilatéral.

    Le respect n'est-ce pas plutôt quelque chose de mutuel, de réciproque ?

    Un exemple de respect mutuel pourrait être, je ne sais pas, moi, par exemple, au pif, ne pas limiter la vitesse (la lenteur) sur une longue ligne droite dans l'Hérault à 50 km/h…

    Reposons les questions précédentes — en termes de respect cette fois-ci :

    Les citoyens devraient du "respect" au code de la route et devraient "respecter" la limite de "vitesse" (sic) ? Vraiment ?

    De son côté, le code de la route respecte-t'elle seulement les citoyens ? De leur côté, les politiciens et les bureaucrates qui "l'édifient", ce code de la route, respectent-ils, eux, les conducteurs ?

    Le code de la route, les lois, et la limite de vitesse (sic), font-ils preuve de respect envers les citoyens, en restant de marbre depuis bientôt 50 ans?

    Les politiciens dans tout l'Occident ont-ils fait preuve de respect envers leurs populations il y a presque 50 ans en ne pas abolissant les limites de vitesse (sic) après 12 mois de fonctionnement, comme initialement promis en 1973 ?

    De façon générale, ceux qui nous gouvernent font-ils preuve de respect envers leurs concitoyens en imposant des règles et des sanctions qui ne faisaient pas partie, de façon aucune, de leurs discours de candidats et des promesses électorales de leurs partis ?

    Les politiciens font-ils preuve de respect envers les conducteurs en augmentant les prix de l'essence, en triplant le montant des PVs et en évoquant des péages à l'entrée des villes ?

    Les maires comme Alain Juppé font-ils preuve de respect envers leurs citadins (ici les Bordelais) en leur imposant une extension du stationnement payant sans discussion et sans concertation ?

    Anne Hidalgo fait-elle preuve de respect envers les Parisiens en baissant la limite sur le périphérique de 10 km/h, en fermant les quais de la Seine aux autos et en réalisant des travaux pour baisser le nombre de places de parking ?

    Les politiciens comme Edouard Philippe, Manuel Valls, et Emmanuel Macron font-ils preuve de respect envers les Français en allant contre le progrès et (comme le seul et unique pays de l'Union Européenner) en baissant les limites de vitesse (déjà "périmées") ?

    Est-ce faire preuve de respect pour les Français lorsque, pour citer Jules Humbert dans Le Figaro, "la France investit dorénavant beaucoup moins dans son réseau routier que ses voisins"?

    Est-ce que c'est faire preuve de respect envers les automobilistes (tant pour leurs intellects que pour leurs bolides) que de laisser se dégrader les routes du pays ? Est-ce montrer du respect de la part de Emmanuel Barbe, que d'avoir le toupet de vanter cette dégradation ?

    En quoi les forces de l'ordre (les gendarmes et les policiers) font-il preuve de respect pour les conducteurs quand ils les obligent à avoir l'œil rivé sur leur compteur comme sur un écran de TV ?

    En quoi le gouvernement Macron fait-il preuve de respect pour les usagers quand il annonce que pendant (au moins) deux ans, il entend les prendre pour des cobayes ?

     En quoi le président de la République fait-il preuve de respect pour le peuple quand il leur raconte que l'argent "perçu sur les contraventions, on le mettra pour les hôpitaux soignant les blessés de la route" — comme si, depuis l'invention de la voiture il y a plus d'un siècle, cette catégorie particulière d'accidentés n'était, inexplicablement, pas pris en charge et restait jusqu'ici, comme dans un trou noir cauchemardesque, sans soins ?

    En quoi Emmanuel Macron fait-il preuve de respect pour le peuple quand, cinq mois plus tard, il change son fusil d'épaule et tire soudainement de son chapeau un sujet totalement inédite (le rechauffement climatique, l'environnement et l'écologie) et complètement différent de celui annoncé par son gouvernement pendant plus de six mois (la prétendue sécurité et le soi-disant sauvetage de vies) ?

    Les rédactions de Paris font-ils preuve de respect envers leurs publics en se tournant continuellement et invariablement vers la même prétendue experte sur la sécurité routière (une certaine Chantal Perrichon) ?

    Les journalistes de l'Hexagone font-ils preuve de respect envers leurs lecteurs, leurs auditeurs, et leurs téléspectateurs en refusant de faire un effort pour montrer les (très nombreuses) vues divergeantes ?

    Les politiciens comme les médias font-ils preuve de respect en utilisant des statistiques bidon vieilles de 30-40 ans concernant un seul et unique pays scandinave avec une (minuscule) population homogène (des vikings blonds à perte de vue) ?

    Les politiciens comme les médias font-ils preuve de respect, à l'inverse, en refusant de prendre en considération des statistiques récentes concernant le continent de l'Europe tout entier (avec 513 millions d'habitants, de la Croatie à la… Suède) et montrant, entre autres choses, que le pays de la vitesse sans limite sur Autobahn (l'Allemagne) a une taux de mortalité sur la route inférieure à celle du pays des radars toujours plus sournois ?

    Les experts des chiffres "irréfutables"— « Si cette mesure permet de réduire les morts, elle aura montré son utilité » — font-ils preuve de respect (et de bon sens) en ne pas réagissant immédiatement lorsque les premières statistiques après le passage au 80 km/h montrent des chiffres catastrophiques (+8,8% de morts sur route ainsi que +5,6% d'accidents corporels en septembre 2018 par rapport au même mois de l'année précédente) ?

    En quoi fait-on preuve de respect envers les conducteurs quand ils sont réprimés, persécutés et matraqués ?

    En quoi fait-on preuve de respect envers les Français quand ils sont traités comme des cobayes et comme des vaches à lait ?












2018/09/13

Le Gouverneur du Texas demande que soient démantelés tous les radars fixes dans l'État


OK, ce n'est pas tout à fait ça. Il s'agit, en fait, de caméras aux feux rouges ; mais avouez que ces engins ne sont pas moins que les cousins germains des radars fixes. Quoi qu'il en soit, les citoyens du deuxième État le plus peuplé des USA en ont assez d'être tondus comme des moutons, et les politiciens ont entendu leurs clameurs.

Comme l'écrit Andrea Zelinski dans le Houston Chronicle,
Le gouverneur [républicain du Texas] veut appuyer sur les freins en ce qui concernes les caméras au feu rouge, annonçant lundi qu'il ferait appel aux législateurs à voter une interdiction aux villes de son État d'utiliser ces dispositifs de trafic à partir de l'année prochaine.

[Greg Abbott] soutient que les caméras à lumière rouge peuvent rendre les intersections moins sûres en provoquant plus d'accidents en raison d'un freinage brusque. Il ajoute que les caméras peuvent poser un problème constitutionnel en «rendant les accusés coupables jusqu'à preuve du contraire» et en accusant les conducteurs de violer la loi sans témoin.

Les législateurs ont déjà appelé à un effort renouvelé pour débrancher la mise en application de la caméra rouge au Texas, en promettant de faire pression pour une interdiction lors de la session législative de 2019.
En 2015, un recours collectif visait à rembourser plus de 128 millions de dollars aux conducteurs du Texas sanctionnés par des PVs grâce à des caméras aux feux rouges.
A class action lawsuit in 2015 sought to refund over $128 million to Texas drivers ticketed by red light cameras

Andrea Zelinski in the Houston Chronicle:
Gov. Greg Abbott wants to hit the brake on red light cameras in Texas, announcing Monday he will call for lawmakers to ban cities from using the traffic devices next year.

Abbott contends red light cameras can make intersections less safe by causing more rear-end wrecks due to sharp braking. He adds that the cameras can pose a constitutional issue by “rendering accused violators guilty until proven innocent,” and by accusing drivers of violating the law without a witness.

Lawmakers have already called for a renewed effort to unplug red light camera enforcement in Texas, promising to push for a ban in the 2019 Legislative session. …

2018/09/05

La police française sous l'Occupation, précieuse alliée du IIIe Reich


Les 16 et 17 juillet 1942, 9 000 policiers et gendarmes français montrent aux autorités allemandes de quoi ils sont capables lors de la rafle du Vél d'Hiv. Durant l'Occupation, du simple gardien de la paix au préfet, les fonctionnaires français vont appliquer avec zèle la politique des Allemands, devançant même parfois leurs exigences.
Dans GEO du 1 septembre 2011, Cyril Guinet nous parle de La police française sous l'Occupation, "précieuse alliée du IIIe Reich" :
Et les autres, l'immense majorité des policiers français ? Pour la plupart, ils restent en place, dans l'expectative, attendant leurs nouveaux ordres. Ceux-ci ne vont pas tarder.Concrètement, le policier de base change très vite de métier : on ne lui demande plus de régler la circulation. En revanche, il doit désormais mettre en œuvre les mesures décidées par l'Etat français, sous la pression ou non des occupants. Il apprend à confisquer les postes de radio, faire respecter le couvre-feu et appliquer les lois anti-juives du régime de Vichy, édictées à l'automne 1940. Dans le métro, il s'assure que les juifs montent bien dans le wagon de queue qui leur est réservé. Dans les commissariats, il tient des permanences pour les enregistrer...

René Bousquet … qui concentre entre ses mains la quasi-totalité de la machine policière, veut montrer aux Allemands que son administration peut être moderne et efficace. Il inaugure des écoles où sont enseignées l'identification d'un suspect de face ou de profil, les filatures, les planques... Il augmente aussi les recrutements. La police attire de nombreux chômeurs mais aussi, à partir de février 1943, tous ceux qui souhaitent éviter le STO puisque cette administration offre une dispense automatique aux personnes qui la rejoignent. Au plus fort de la collaboration, les effectifs atteignent 120 000 hommes. Du jamais vu. Dans le même temps, on compte moins de 3000 policiers allemands sur le territoire.

Cette main-d'œuvre fraîchement embauchée peut rêver de promotions rapides. Car l'époque et le contexte sont propices aux carrières fulgurantes. Si on ne s'embarrasse pas trop de scrupules et qu'on choisit le bon service, on peut facilement sauter les échelons. …

Les Groupes mobiles de réserve s'occupent des sales besognes

Le travail de police devient presque entièrement politique. Dans les rues, les enquêteurs des RG se mêlent à la population. En civil, ils font la queue devant les magasins d'alimentation, espionnant les propos anti-allemands. Déguisés en postiers, en employés du gaz ou en ouvriers, ils organisent des filatures qui durent des semaines, parfois des mois, avant de déclencher un coup de filet. …

Gare à ceux qui tentent de camoufler leur étoile jaune!

Mais c'est dans la mise en œuvre de la politique anti-juive que la police française va se montrer la plus redoutable. La machine infernale se met en branle en mai 1941.
 … Et tout le monde collabore en vue de la plus grande efficacité possible. …

. LES ROUAGES D'UN ÉTAT POLICIER

A l'automne 1940, le gouvernement de Vichy procède à une légère épuration administrative, écartant les fonctionnaires qui ne collaborent pas efficacement. En avril 1941, les effectifs des polices municipales sont intégrés dans la police nationale. Ils échappent ainsi au contrôle des maires, et la police nationale devient un puissant organisme d'Etat. …

. UN ÂGE D'OR POUR LE MILIEU

Tandis que les agents sont occupés à traquer les juifs, les résistants et les francs-maçons, criminels et délinquants ont la belle vie. Ces années comptent parmi les plus belles de la pègre française. …

2018/09/04

1944 : Pourquoi le général allemand épargna Paris


Par rapport à d’autres villes, la capitale est sortie quasi intacte des combats de la Libération. Pourtant, elle aurait pu payer cher sa fronde contre l’occupant. Décryptage.
Dans GEO Histoire du Vendredi 24 août 2018, Volker Saux explique pourquoi von Choltitz décida d'épargner Paris pendant les 10 jours de la libération fin 1944
Hitler n’avait aucune intention de préserver la Ville lumière, ni de la déclarer "ouverte" – c’est à dire rendue sans combats –, comme Rome en juin 1944. Le général von Choltitz, dernier gouverneur militaire du Paris occupé, reçut des ordres sans nuance, dont celui du 22 août :
"Paris est à transformer en un monceau de ruines. Le général doit défendre la ville jusqu’au dernier homme et périra s’il le faut sous les décombres." 
Pourquoi alors la capitale fut-elle épargnée ? L’explication réside d’abord chez von Choltitz lui-même, qui n’appliqua pas les ordres de son Führer. Non pas que l’homme soit porté à la mansuétude. Mais le général ne voyait pas la logique d’une telle destruction. La bataille de Normandie était perdue, les troupes allemandes se repliaient, les maigres contingents stationnés dans Paris évacuaient la ville. Ravager la capitale aurait été coûteux en vies humaines – y compris allemandes –, inutile d’un point de vue militaire et gênant pour la circulation des soldats du Reich se repliant depuis la Normandie.
Volker Saux nous apprend que le consul suédois n'était pas aussi neutre et désintéressé qu'on nous l'a présenté :

Le consul de Suède, un intérmédiaire clé

D’autres facteurs ont pu dissuader le haut-gradé allemand de passer à l’acte. Les pressions extérieures, d’abord. Celles du consul de Suède Raoul Nordling, intermédiaire clé entre von Choltitz et la Résistance, … aida à limiter la tension et les combats entre Allemands et résistants. "Francophile, de mère française et de père suédois, il avait à cœur de préserver la capitale, note Christine Levisse-Touzé, historienne et directrice du Mémorial du maréchal Leclerc à Paris. Il défendait aussi ses intérêts, puisqu’il possédait des parts dans l’entreprise de roulement à billes SKF en région parisienne – entreprise qui, par ailleurs, fournissait le Reich.
Voir aussi: Les premiers libérateurs de Paris en 1944 ne sont ni français ni américains, mais… espagnols