2012/02/06

France Inter : Le Général de Gaulle n'avait pas hésité à affirmer que la RTF devait être clairement un instrument de propagande


Dans son discours inaugural, le Général [de Gaulle] n'avait … pas hésité à affirmer que la Radiodiffusion-télévision française (la RTF) … devait être clairement un instrument de propagande
résume Daniel Psenny dans son article du Monde sur le livre d'Augustin Scalbert, La Voix de son maître ? France Inter et le pouvoir politique, 1963-2012.
Inaugurée le 14 décembre 1963 par le général de Gaulle, la Maison de la radio, qui abrite les radios de service public (dont France Inter), a longtemps été considérée comme "la voix de la France". Dans son discours inaugural, le Général n'avait d'ailleurs pas hésité à affirmer que la Radiodiffusion-télévision française (la RTF) de l'époque avait "une responsabilité nationale" et devait être clairement un instrument de propagande.

C'est ce que rappelle Augustin Scalbert, journaliste à Rue89, dans son livre La Voix de son maître ? France Inter et le pouvoir politique, 1963-2012, qui raconte les relations complexes entretenues entre la radio publique et le pouvoir politique. En clair, l'"avant" et l'"après" Nicolas Sarkozy, qui, en 2008, a décidé de nommer lui-même les présidents de l'audiovisuel public (dont celui de Radio France), pour mettre fin à "l'hypocrisie".

La première partie du livre est historique. Le journaliste y rappelle que la droite (de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing) a toujours veillé à ce que l'audiovisuel public soit sous l'emprise du pouvoir politique. Outre les renvois de journalistes qui ne plaisaient pas, la censure et l'autocensure étaient la règle, et l'on évitait les sujets "tabous" …

En près de cinquante ans, les choses ont bien changé. Même si, financièrement, Radio France reste toujours dépendante de l'Etat, elle n'est plus le "relais de propagande" du pouvoir.

La décision de Nicolas Sarkozy de nommer lui-même le PDG de Radio France a jeté le trouble, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Maison ronde, et fait l'objet de la seconde partie du livre.

2012/02/03

Citant Karl Marx et Bertolt Brecht, Marine Le Pen prouve encore une fois que le FN n'a rien à voir avec les Tea Parties et les conservateurs U.S.

Karl Marx ? Bertolt Brecht ? Résistance au mondialisme ?
Dans un retournement de notions, Marine Le Pen se fait le héraut de cette « Nouvelle résistance » au « mondialisme ». Un mondialisme — terme qui, en soi, est un marqueur politique à l'extrême droite — présenté comme un « Léviathan » qui dirigerait le monde, l'Union européenne et la France. Avec — même si elle s'en défend — une grille de lecture complotiste décrivant « une guerre des élites contre le peuple ».
Dans leur revue pour Le Monde du livre de la fille de Jean-Marie Le Pen (Pour que vive la France), Abel Mestre et Caroline Monnot laissent transposer que les thèses de la cheftaine du Front National n'ont rien à voir avec celles des conservateurs américains ou des Tea Parties.
Pour appuyer son raisonnement, elle n'hésite pas à citer des personnages appartenant à la gauche, que son mouvement a toujours récusés. Karl Marx est cité, mais aussi Bertolt Brecht, Victor Schoelcher, George Orwell, le journaliste Serge Halimi, ou des ouvrages comme le Manifeste d'économistes atterrés (Les Liens qui libèrent, 2010). Même dans les têtes de chapitre, les références sont claires : « Le sarkozysme, stade suprême du mondialisme », rappelle l'ouvrage de Lénine : L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme.

Pierre Mendès France est aussi appelé à la rescousse par deux fois. Une figure dont, en 1958, Jean-Marie Le Pen estimait pourtant qu'elle cristallisait « un certain nombre de répulsions patriotiques et presque physiques ».

2012/02/02

Un idéal issu de la révolution d'Octobre qui a fait rêver — et broyer — des millions d'hommes et de femmes à travers le monde

… le 24 décembre 1991 … Mikhaïl Gorbatchev, secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique et réformateur célébré par les Occidentaux … met un point final à soixante-quatorze ans de communisme. Un idéal issu de la révolution d'Octobre de 1917 en Russie et qui a fait rêver — et broyer — des millions d'hommes et de femmes à travers le monde.
C'est ainsi que Daniel Psenny commence son article sur la série d'Arte, Adieu camarades !, qui raconte la fin du communisme.
Vingt ans après cet effondrement historique qui ébranla le monde, Arte propose " Adieu camarades ! ", une vaste fresque en six épisodes qui raconte l'agonie du communisme. Tournée dans douze pays de l'ex-Europe de l'Est, écrite par l'essayiste français Jean-François Colosimo et l'écrivain hongrois György Dalos et réalisée par le Russe Andreï Nekrassov, cette production franco-allemande mêle les récits personnels à la grande Histoire collective. " Nous avons voulu nous démarquer des documentaires à l'anglo-saxonne et raconter l'histoire de l'intérieur ", explique le producteur Olivier Mille, qui a bénéficié d'un budget confortable de 2,4 millions d'euros grâce à la participation de nombreux partenaires européens.

Une cinquantaine de témoins qui, chacun de leur côté, ont joué un rôle important dans ce bouleversement racontent comment ils l'ont vécu. Ces récits sont illustrés par des archives exceptionnelles (privées et publiques) qui ont été retrouvées dans les différents pays de l'ancien bloc communiste.

Andreï Nekrassov a choisi de raconter cette histoire à travers un dialogue entre sa propre fille et lui-même qui a vécu sous le régime soviétique et en garde une certaine nostalgie. " J'ai voulu montrer d'abord la complexité de ce monde disparu, explique le réalisateur qui milite aujourd'hui à Solidarnost, un mouvement d'opposition à Vladimir Poutine. J'ai essayé de faire revivre notre histoire avec son atmosphère, ses chansons, ses émotions. Le communisme n'était pas seulement une idéologie, c'était un univers, la matière de notre vie. Comme tout le monde, j'étais conscient des mensonges et des dérives, mais cela ne m'empêchait pas de croire aux idéaux inculqués dans l'enfance ", poursuit-il.

DIALOGUE ENTRE SA PROPRE FILLE ET LUI-MÊME

Ce dialogue avec sa fille permet aussi au réalisateur d'aborder, à travers différents témoignages, toutes les atrocités du communisme. " De ton temps, on torturait encore les dissidents dans les hôpitaux psychiatriques, on abattait ceux qui voulaient fuir le paradis des travailleurs et on mentait à la population ", lui rappelle-t-elle.

Même si la série a été conçue comme un film, les six épisodes peuvent se regarder séparément. Déclinée en livre et en coffret de deux DVD (Arte éditions), la série est aussi jumelée avec un remarquable site interactif (Arte.tv/camarades) en cinq langues qui propose un voyage dans l'ex-bloc soviétique à travers les cartes postales que se sont envoyées une trentaine de personnages entre 1975 et 1981. Grâce à une exceptionnelle collection d'archives personnelles mises en ligne, les internautes peuvent (re)vivre de l'intérieur les grands moments de cette utopie historique jusqu'à son écroulement.

2012/01/28

Le Monde et le HuffPost : "En quoi le conflit d'intérêts n'a-t-il plus cours ?"

Sujet délicat cette semaine pour le médiateur
écrit Pascal Galinier, le médiateur du Monde. alors que le quotidien participe (actionnaire à 34 % de ce nouveau média "participatif") au lancement de l'édition française du Huffington Post.

Il s'avère que la directrice éditoriale de HuffPo France est
Une certaine Anne Sinclair. Ancienne journaliste de TF1, mais aussi et surtout épouse de Dominique Strauss-Kahn.

"Superbe opération de com'", comme s'exclament Ariane Chemin et Marion Van Renterghem, grands reporters au Monde ? De fait, dans la foulée, Anne Sinclair a fait cette semaine la cover de Gala, de Paris Match, de VSD... Avec de belles photos dans les locaux du Monde... De quoi faire un peu oublier les articles moins avenants de la presse américaine ? Cette presse qu'Anne Sinclair juge "exigeante, précise, travailleuse" dans un entretien au magazine Elle la semaine dernière. "Certains commentateurs français ont questionné son objectivité quant aux scandales en cours en lien avec son mari", écrivait dès mardi le Herald Tribune, qui cite "certaines critiques (qui) pensent qu'elle a perdu sa pertinence depuis qu'elle a abandonné son job de présentatrice en 1997 quand M. Strauss-Kahn a été nommé ministre des finances". L'hebdomadaire Newsweek, lui, est plus lapidaire : "Anne Sinclair - Mme DSK - a été nommée directrice éditoriale d'une nouvelle extension française du Huffington Post, une publication qui fait aux auteurs ce que son mari est réputé faire aux femmes de chambre." Façon un peu "limite" de rappeler aux lecteurs américains qui est Anne Sinclair, illustre inconnue outre-Atlantique...

"Lui c'est lui, moi c'est moi", semble-t-elle répliquer à ceux qui évoquent son époux. Pas si simple. "Elle est à la fois journaliste et femme de DSK. Personne ne peut l'oublier", observe Raphaëlle Bacqué, grand reporter au Monde. "Elle a abandonné le journalisme quand son mari est entré au gouvernement, en expliquant elle-même qu'il y avait conflit d'intérêts. En quoi le conflit d'intérêts n'a-t-il plus cours ? DSK, dont elle a fait la communication, reste mêlé à un fait divers majeur de l'actualité française, dont on ignore encore toutes les ramifications", rappelle Marion Van Renterghem.

Comme toujours, le médiateur se pose plus de questions qu'il n'obtient de réponses. Etre ou ne pas être dans le "plan com'" de DSK ? Sacré dilemme, que le médiateur soulevait déjà une chronique en septembre 2011. La réponse n'a pas changé. Et l'accueil d'Anne Sinclair dans notre maison n'y changera rien. Tenez, lundi, la conférence de presse du Huffington Post était organisée par Anne Hommel, d'Euro-RSCG, la "communicante" de... Dominique Strauss-Kahn.

2012/01/24

Dominique de Villepin's Opposition to Bush and Rumsfeld Compared to Charles de Gaulle's Resistance to Pétain and Hitler

In a one-page spread in Le Monde Magazine called Le Roman-Photo de Villepin le Magnifique, Bastien Bonnefous compares Dominique de Villepin to Charles de Gaulle, no less — both in the title of the caption (L'homme qui a dit non) and in the caption itself. When Jacques Chirac's foreign minister appears at the United Nations to oppose George W. Bush and Donald Rumsfeld in their decision to oust Saddam Hussein, Bonnefous says that "It is his June 18, 1940."
C'est son 18 juin 1940.
Uh, is that so, Monsieur Bonnefous? Charles de Gaulle was not a minister or even in any position of influence and power at the time he launched his appeal over the BBC, far from it, and he was not opposing a fellow democratic republic from which he had nothing, personally, to fear. He was an outcast, battling Nazi Germany, and an outcast whose (French) government would pronounce the death penalty against him… Dominique de Villepin was hardly in danger of death, or of anything else, for opposing Washington. So… Let's not mix things up, shall we?

2012/01/18

Dans le pays de la civilisation et des leçons sur le port d'armes, "le mois de décembre a vu s'enchaîner des meurtres spectaculaires"

[À Marseille] le mois de décembre a vu s'enchaîner des meurtres spectaculaires.
In the land that is always giving clueless Yanks lessons on gun control and remaining in a Zen state of conscience, Le Monde features on its front page the photo of… a 17-year-old gunned down by a Kalashnikov burst.

Indeed, while Frenchmen remain blinded (or because they remain blinded) to all types of crimes — as noted in Pamela Gellar's Atlas Shrugs story on the Serial Rapist in France [Who] Asks Victims Their Nationality and Religion Before Raping Them (hmm — what religion might he be part of?!) — we learn that homicides and attempted homicides are rising amidst bursts of Kalashnikov fire and spectacular murders.

An investigation by Yves Bordenave and Laurent Borredon into the Marseilles drug rings teaches us the following:
Le rituel est le même dans chaque cité. Les policiers ont à peine montré le bout de leur calandre que le "Arrraaah !" retentit de bloc en bloc, d'immeuble en immeuble, de cage d'escalier en cage d'escalier. Les guetteurs, des gamins, pas plus de 15 ans, veillent avec vigilance sur le commerce de la drogue. Parfois, un ou deux scooters escortent le véhicule jusqu'à ce qu'il sorte de la cité. Font-Vert, le Clos la Rose, la Castellane... toutes sont touchées, organisées, structurées par le trafic.

… cela fait en réalité trois ans que ces cités se mènent une guerre qui ensanglante la ville. Dans son bureau de l'hôtel de police, à l'Evêché, Roland Gauze, le patron de la police judiciaire (PJ) marseillaise, fait ses comptes : "En 2010, dans Marseille, on a dénombré 54 homicides et tentatives dont 17 relevaient de règlements de comptes ; en 2011, on a fini à 38 homicides et tentatives dont 20 règlements de comptes."

Une année plus calme donc, mais gâchée par un mois de décembre particulièrement meurtrier. Cinq morts en quatre semaines. Cinq jeunes hommes, dont un policier, tombés sous les rafales des kalachnikovs. Les victimes ont entre 18 et 38 ans. Elles sont plus ou moins connues des services de police pour leur implication à des degrés divers dans des trafics de drogue. Le scénario : deux ou trois individus cagoulés font irruption dans une cité, armés le plus fréquemment d'une kalachnikov. Ils s'approchent de leur cible, vident le chargeur et repartent à bord de puissants 4 × 4 aussi vite qu'ils sont apparus. "Les gains en argent sont tellement faciles, alors on tue", explique Yves Robert, délégué du SNOP, le syndicat majoritaire chez les officiers.

Parfois, la violence monte d'un cran encore. Dans la nuit du 25 au 26 décembre 2011, trois cadavres de jeunes gens ont été découverts en partie calcinés sur le siège arrière d'une Audi A3 aux Pennes-Mirabeau, à quelques encablures de la Canebière. Ils avaient 19 et 20 ans. Les hommes de la BAC se souviennent d'avoir contrôlé l'un d'eux quelques jours avant sa mort : "Il portait un gilet pare-balles !" Leurs assassins les ont exécutés à l'arme automatique avant d'incendier leur voiture pour faire disparaître toutes traces, certes, mais aussi pour marquer les esprits. Pour impressionner l'ennemi, on ne lésine ni sur les moyens ni sur la méthode.


Yves Bordenave and Laurent Borredon point out that there are places that the police do not dare go.

Une course-poursuite débute. Elle tourne court dans un cul-de-sac. Le passager s'enfuit en courant. Un policier le poursuit, mais revient vite : l'homme s'est engagé dans une zone d'ombre, où une dizaine de personnes veillent. "Trop dangereux", explique-t-il. Rien à reprocher au conducteur, connu des policiers mais resté sur place. Un coup pour rien.

… Des réseaux, il y en a des dizaines. "Impossible à chiffrer", indique prudemment Roland Gauze. Chacun veille, arme au pied, à défendre son territoire, sa part de marché. Le kalachnikov, c'est le nec plus ultra, un signe ostensible de puissance qui a remplacé le fusil à pompe d'antan. Ça fait du bruit. Ça impressionne. Mais les récentes saisies ont mis fin au fantasme d'un déferlement de mitraillettes sur le Vieux-Port. Il s'agit souvent d'armes anciennes ayant déjà servi.

A chaque opération, les enquêteurs mettent la main sur des butins à peu près identiques : quelques dizaines de kilos de cannabis, quelques milliers d'euros en liquide et quelques armes. A la Visitation, les salaires mensuels variaient de 5 000 euros pour les plus mal payés (les guetteurs) à 10 000 euros pour le "charbonneur".




2012/01/17

Le Monde Suggests that the Fault for the Concordia's Shipwreck Belongs Not to Captain Schettino, But to… American Capitalism!


Elsewhere in Le Monde, we hear (from Sylvain Cypel) that the Republicans, or that their debates, as well as their focus on capitalism (imagine: private equity!), let off a nauseous stench, no less.

And so, it should come as no surprise that, even if it is only one paragraph in a major article in Le Monde, at one point in his portrait of the Concordia's skipper, Philippe Ridet seems to find that the fault for the shipwreck lies not with Francesco Schettino, but with… capitalism — making sure to point out that the culprit is American capitalism!
Francesco Schettino, un coupable idéal ? Pour la compagnie, propriété de la société américaine Carnival qui règne sur les trois quarts du marché des croisières avec Royal Caribbean, la thèse de l'erreur humaine est essentielle. Alors que l'action de Carnival a perdu, le 12 janvier, 17 % à la Bourse de Londres, l'entreprise doit à tout prix sauver au moins sa réputation. Costa, qui avait prévu de serrer ses prix en 2012 pour affronter la crise, prévoit une perte de 90 millions d'euros, soit le chiffre d'affaires attendu par le Concordia en 2012. Le navire, assuré pour une valeur de 450 millions de dollars, effectuait une rotation par semaine sur un parcours passant par Savone (Ligurie), Barcelone, Palma, Tunis, Palerme, Civitavecchia (Latium).




2012/01/16

Is Wikipedia Really Trustworthy? Asks Le Monde — as It Proceeds to Get Bush's Middle Name Wrong

As the main title on the front page of its weekend edition, above the fold and across three fifths of the page, Le Monde has a heading asking whether Wikipedia is really trustworthy. Inside, Frédéric Joignot has an article pointing out Wikipedia's mistakes (while interviewing Jacques Florent), but what is perhaps noteworthy is that Le Monde might itself be in need of Wikipedia, since it still (!) gets the name of George W. Bush wrong (confusing Walker with Walter)…
…comment, en faisant appel au public, rédiger une encyclopédie fiable, sans amateurisme, qui ne devienne pas une foire d'empoigne ou un lieu de toutes les manipulations ? C'est très difficile. Depuis sa création, Wikipédia se trouve écartelée entre ses deux exigences originelles : le souci de la relecture experte voulue par Larry Sanger, dans la tradition des grands encyclopédistes depuis Diderot et d'Alembert, et la richesse d'une matière éditoriale parfois approximative, de parti pris, peu référencée, apportée par des milliers de passionnés ou des esprits sectaires.
Quant aux fameux " trolls ", les vandales et farceurs du Net, ils sont désormais repérés plus vite quand ils changent le second prénom de George W. Bush, Walter, en " Wanker " (branleur), prétendent que la boisson Red Bull contient du " sperme de vache " ou annoncent à tort le décès d'une star.

2012/01/10

Pacte pour la Justice

Un homme qui a trente ans de police derrière lui se révolte contre la Justice. La vidéo du père de Jéremy, tué avec une « barbarie inimaginable » ("multiples coups de couteau sur notre fils : un coup qui a transpercé son cœur, un coup qui a traversé sa boîte crânienne, et d'autres encore qui l'ont défiguré"),
concerne tous les citoyens qui, un jour peut-être, auront affaire comme nous à la justice. Et nous ne voulons pas que d'autres connaissent ce que nous avons connu

… Comme beaucoup de victimes, nous avons cru que la justice allait nous défendre. Qu'elle allait tout faire pour poursuivre les assassins. Ou qu'elle allait, au minimum, essayer de les empêcher de recommencer. Mais non, ce fut TOUT LE CONTRAIRE.
Voici le texte complet, même si le témoignage, ainsi que le Pacte pour la Justice, ont été critiqués :
Madame, Monsieur,

Je m'appelle Joël Censier, j'ai 52 ans et trente ans de police derrière moi.

En vous envoyant cette vidéo, j'ai conscience de commettre un acte grave.

Mais c'est une question de conscience.

Un de mes enfants, Jeremy, a été tué par un groupe de jeunes, alors qu'il rentrait à la maison. Ces jeunes, pour certains « bien connus des services de police », se sont déchaînés sur Jeremy, simplement parce qu'il était « fils de flic ». A dix contre un, ils l'ont tué avec une « barbarie inimaginable », selon les témoins et les médecins légistes.

Vous en avez sans doute entendu parler à la télévision, ou dans les journaux. C'était à Nay, une ville du Sud-Ouest, le 22 août 2009.

Pour Corinne, mon épouse, et pour moi, la vie s'est arrêtée ce jour-là. Nos nuits et nos jours ne sont plus qu'une succession de cauchemars insupportables. Jusqu'à la fin de nos jours, nous pleurerons cet enfant que rien ni personne ne pourra nous rendre.

Mais cette vidéo n'a PAS pour but de vous raconter notre histoire, et encore moins de vous demander de nous plaindre.

Ce n'est pas parce que notre enfant est mort que nous avons décidé de lancer cet appel. Si je vous parle aujourd'hui, c'est à cause de ce qu'il s'est passé après. Car cela concerne tous les citoyens qui, un jour peut-être, auront affaire comme nous à la Justice. Et nous ne voulons pas que d'autres connaissent ce que nous avons connu.

Nous ne voulons pas que d'autres traversent les terribles épreuves que nous avons vécues après la mort de notre fils.

Comme beaucoup de victimes, nous avons cru que la Justice allait nous défendre. Qu'elle allait tout faire pour poursuivre les assassins. Ou qu'elle allait, au minimum, essayer de les empêcher de recommencer. Mais non, ce fut TOUT LE CONTRAIRE.

Dès les premières heures de la procédure, la Justice s'est rangée du côté des assassins. D'abord, le juge chargé de l'enquête a déclaré que, comme ils étaient dix, on ne pouvait pas savoir avec certitude qui avait donné les coups qui ont tué notre enfant.

Il a donc immédiatement libéré sept des voyous, ne gardant que les trois plus dangereux.

Peu de temps après, sur les trois, ils en ont relâché deux, sans raison.

Toute poursuite pour meurtre a été abandonnée contre eux. Les magistrats ont déclaré qu'ils ne retiendraient que le délit de « violences volontaires ayant entraîné une interruption de travail supérieure à huit jours ».

Oui, vous avez bien lu : une « interruption de travail supérieure à huit jours ». Un des délits les moins graves du code pénal. Alors que notre fils est mort !

Mais le pire était à venir.

Le 16 septembre dernier, c'est-à-dire il y a un mois, la Justice a décidé de relâcher pour « vice de forme » le dernier qu'elle détenait encore. Cet individu est pourtant le danger public qui a avoué être l'auteur de multiples coups de couteau sur notre fils : un coup qui a transpercé son cœur, un coup qui a traversé sa boîte crânienne, et d'autres encore qui l'ont défiguré.

Mais la Justice l'a libéré pour « vice de forme » !

Et quel « vice de forme » ? Ses avocats ont demandé une « mise en état du dossier de leur client, le 25 octobre 2010 ». Il s'agit d'une formalité purement juridique, sans aucune conséquence pratique sur la culpabilité de l'accusé.

La chambre d'instruction avait trois mois pour leur répondre. Mais elle a dépassé ce délai. Alors les avocats ont exigé la libération du jeune. Et la Cour de Cassation leur a donné raison. Il a donc été immédiatement libéré.

« Cette décision de remise en liberté pour non-respect des délais est une première en France dans l'application du texte concerné. C'est un immense soulagement », a déclaré l'avocat du tueur, Maître Sagardoytho.

« Un immense soulagement » ; « une première en France ».

Pour Corinne et pour moi, ces mots victorieux sont insupportables. Nous avons pensé à tous les autres parents qui, désormais, risquent de voir eux aussi les assassins de leur enfant libérés pour ce « vice de forme ».

Alors nous avons décidé de lancer cet appel à toute la population pour protester auprès des autorités afin que cette affreuse injustice ne touche pas d'autres familles. Pour nous, c'est trop tard, la Justice ne reviendra pas en arrière.

Mais si vous ne faites rien, le monde judiciaire et les hommes politiques considéreront que ce fonctionnement là de la Justice est accepté par l'opinion publique. Et le même scénario frappera d'autres familles.

Il faut savoir que le jour de la reconstitution, toute la bande est arrivée le sourire aux lèvres, les mains dans les poches. Ils se sont amusés à raconter et re-raconter le meurtre, en changeant de version à chaque fois, pour se moquer de gendarmes, ou de nous. Ils étaient parfaitement décontractés et désinvoltes. Ils savaient qu'ils n'avaient rien à craindre. De mon côté, je pleurais de douleur. J'ai commencé à comprendre que la Justice était en train de nous lâcher.

Sur le pont, à l'endroit de la reconstitution, un gendarme s'est approché de moi. Ce n'était pas pour me dire un mot de sympathie.

Non. Il m'a présenté une convocation à la Gendarmerie. Une plainte avait été déposée contre moi pour « subornation de témoin », et je devais être entendu par les gendarmes. Je me suis retrouvé sur le banc des accusés parce que j'avais demandé à un témoin du meurtre de se manifester auprès des autorités. On m'a expliqué que ce n'était pas à moi de le faire, je devais « laisser la Justice faire son travail »...

J'ai même risqué des poursuites pénales car j'avais parlé d'un des meurtriers de mon fils en disant que c'était un « enfoiré ». Son avocat me menaçait d'un procès en « diffamation ».
C'est alors que mon épouse et moi avons décidé de ne plus nous laisser faire. Au lieu d'attendre passivement le procès, nous avons décidé de rejoindre l'Institut pour la Justice.

L'Institut pour la Justice est un organisme indépendant qui regroupe des juristes, des victimes et des citoyens, qui œuvrent pour réformer la Justice française. Cet Institut a élaboré un Pacte 2012, qui sera présenté à tous les candidats à l'élection présidentielle, pour demander des réformes urgentes du système judiciaire.

Vous pouvez contribuer aujourd'hui à faire passer ces réformes, et à sauver des victimes futures, en signant le Pacte 2012 pour la Justice, en cliquant sur le bouton ci-dessous. Car si nous sommes des centaines de milliers de citoyens à soutenir ces propositions de réforme, les candidats seront obligés de nous écouter ; c'est une question de poids électoral. Mais c'est aussi une question de conscience et de justice.

Lorsqu'on n'y est pas personnellement confronté, on pense souvent que la Justice fait bien son travail. On n'ose pas demander qu'elle soit plus rigoureuse envers les délinquants et les criminels, de peur d'être accusé de manquer d'humanité.

Mais je peux vous dire, après trente ans d'expérience dans la Police, que vous n'avez pas à craindre cela. Il est rarissime qu'un vrai délinquant soit traité trop sévèrement en France. La plupart des délinquants bénéficient même d'une impunité à peine croyable.

On entend souvent parler de "violation des Droits de l'homme" dans nos prisons. Mais savez- vous pourquoi 225 détenus, dans une prison de Lyon, viennent de lancer une pétition pour dénoncer « des conditions de détention inacceptables » ? Ces conditions « inacceptables » c'est qu'il leur est interdit d'utiliser... la Playstation 3 dans leur cellule !!

Il n'est pas rare que la Justice relâche un délinquant arrêté des dizaines, voire des centaines de fois par la Police. Le Préfet de Police de Paris, lui-même, en a témoigné dans la presse, le 8 septembre dernier.

Il a cité le cas d'un homme qui venait d'être arrêté pour la 97eme fois. Peut-on imaginer pire mépris pour les victimes ?

Des dizaines de milliers de personnes âgées sont cambriolées chez elles chaque année, sans qu'on ne se donne même plus la peine de rechercher les coupables, parce qu'on sait qu'ils seront de toute façon relâchés par la Justice.

Des femmes se font violer, ou disparaissent, et on laisse leurs agresseurs libres de recommencer sous des prétextes dérisoires.

Aujourd'hui, il est grand temps que les candidats aux élections s'en aperçoivent.

Mais si nous voulons être sûrs qu'ils se prononcent officiellement, alors il est indispensable que nous soyons des centaines de milliers à signer le Pacte 2012 de l'Institut pour la Justice. J'espère que vous allez le signer et transmettre cette vidéo à tout votre entourage.

Il ne s'agit pas de mesures « répressives », et encore moins de réclamer un retour en arrière. Il s'agit simplement de recentrer la Justice sur sa mission première de protection des citoyens. Instaurer un fonctionnement normal, moderne et juste de l'institution judiciaire, adapté à la réalité d'aujourd'hui, dans lequel les citoyens puissent avoir confiance.

Nous demandons:

- que les peines de prison soient vraiment appliquées quand elles sont prononcées ; il faut savoir en effet qu'actuellement, 80 000 peines de prison restent non exécutées, faute de place.

- que les victimes aient au moins autant de droits que les accusés, car aujourd’hui la triste réalité est que les délinquants ont souvent plus de droits et de considération que les victimes ;

- qu’aucune atteinte aux personnes et aux biens ne reste impunie, car les plaintes classées sans suite sont une invitation à la récidive;

- que les lois nous protègent vraiment des criminels récidivistes ; aujourd’hui, la perpétuité dure 20 ans en moyenne. Même les prédateurs les plus dangereux ont vocation à sortir de prison ;

- que la justice et les magistrats soient responsables devant les citoyens, parce que leurs décisions sont prises au nom du peuple français ;

La mise en œuvre de ce Pacte serait un changement considérable pour la protection des citoyens et des victimes.

Mais même si ces mesures peuvent vous paraître évidentes, elles n'ont aucune chance d'être reprises par les candidats à la présidentielle et votées dès 2012 si des centaines de milliers de citoyens ne se manifestent pas pour les demander maintenant.

C'est pourquoi je vous demande de cliquer sur le bouton ci-dessous pour signer votre Pacte 2012, puis de transférer ce message à vos amis, votre famille, vos collègues.

De notre côté, nous mobilisons d'importants moyens humains et financiers pour :

- rassembler des dizaines, des centaines de milliers de signatures ;

- préparer des dossiers précis, justifiant le coût et la faisabilité de chacune de nos réformes, avec des avocats et des juristes spécialisés ;

- mobiliser la presse, pour que cette action soit médiatisée le plus largement possible ;

- organiser des rencontres officielles avec chaque candidat, pour obtenir leur engagement à mettre en œuvre nos réformes, en cas d'élection.

Mais quoi que nous fassions, nous ne serons entendus que si des milliers de citoyens comme vous exprimez votre soutien. C'est une question de légitimité.

C'est pourquoi votre signature est cruciale aujourd'hui.

Au nom de mon enfant, de ma famille, et de mon pays, je vous dis merci.

2012/01/06

D'un côté, un dictateur qui a affamé son peuple ; De l'autre un résistant de la trempe des Mandela, Walesa, Lula ; Et sur qui titre Le Monde ?

Un lecteur du Monde proteste les choix de "son journal" :

Vaclav Havel, Kim Jong-il... Cherchez l'intrus !

Le Monde du 20 décembre : gros titre sur la mort de Kim Jong-il, avec sa photo. Une modeste cinquième colonne est consacrée à l'autre disparu du jour, Vaclav Havel. D'un côté, un dictateur qui a affamé son peuple et enrichi son clan en mettant en coupe réglée son pays. De l'autre un résistant de la trempe des Mandela, Walesa, Lula. Et sur qui titre mon journal ? Le tyran nord-coréen ! Cherchez l'erreur...

Qui se souviendra, dans cinquante ans, de cet obscur " fils de " nord-coréen ? En revanche, le nom de Vaclav Havel restera une référence universelle pour tous ceux qui croient toujours possible que l'homme change le cours des choses quand celles-ci sont insupportables et contraires à la dignité.

C'est sa photo en première page qu'on aurait aimé voir, et non pas celle d'un personnage qui passera aux poubelles de l'Histoire, comme ses petits camarades tunisien, égyptien, libyen, et syrien demain !

Christian Colas,
Paris

2011/12/29

Obama perdra-t-il l'Irak comme Carter avait perdu l'Iran ?

En 1979 le président Carter avait "perdu l’Iran"
rappelle Gérald Olivier.
Le monde entier pays encore le prix de son aveuglement. Dira-t-on demain d’Obama qu’il a "perdu l’Irak" ?

2011/12/27

À cause de Bush, "l'Irak a été privé d'une partie de son histoire" ainsi que de sa "stabilité" sous Saddam

Il faudra des années avant que l'Irak retrouve la voie de la stabilité
apprenons-nous dans un éditorial du Monde. Ah bon ?! "Retrouver" la stabilité — la stabilité d'antan ? Au moins, sous Saddam Hussein, l'Irak était stable, il n'était pas "en piètre état", on est content de le savoir… Ah non, l'éditorial écrit, plus loin, que
Personne ne regrettera Saddam Hussein, l'un des tyrans les plus sanguinaires du Proche-Orient.
Il ne manquerait plus que ça ! Surtout quand on apprend que
L'homme que l'intervention américaine chasse du pouvoir en 2003 est responsable de la mort de centaines de milliers d'Irakiens, plongés par sa faute dans des années de guerres civiles et étrangères. On retrouve, ici et là, en Irak, des fosses communes de plusieurs dizaines de milliers de cadavres, des charniers laissés par les années de plomb de l'ère Saddam.
Si l'éditorial écrit cela, évidemment, c'est pour poursuivre avec un "mais" :
Mais les Irakiens ne se sont pas libérés eux-mêmes de cette tyrannie. Les Etats-Unis ne les ont pas associés à leur intervention. Il n'y a pas de "brigades d'Irakiens libres" pour accompagner les troupes américaines quand elles entrent dans Bagdad en avril 2003.
Oui ?! Et alors ?!
L'Irak a été privé d'une partie de son histoire.
Ah oui ?! Rien que ça ?! Parce qu'il y a eu des légions, mettons, de Hollandais ou de Philippins qui ont accompagné la libération de la Hollande du joug allemand ou des Philippines du joug japonais en 1944-1945 ? Peut-être que ces populations étaient tout simplement contentes d'être débarrassé de leurs bourreaux, quels que soient les libérateurs. On a du mal à croire que les membres des familles des "centaines de milliers d'Irakiens" tués par Saddam aient mis beaucoup d'importance dans l'identité de ceux qui ont renversé la dictature de leur bourreau et pour des considérations intellectuelles comme quoi l'Irak aurait été "privé [?!] d'une partie de son histoire."

Sans doute eût-il mieux valu attendre pendant encore des années — et durant l'assassinat de "plusieurs dizaines de milliers" d'Irakiens de plus dans les charniers — pour que les Irakiens fassent la révolution eux-mêmes (en admettant qu'ils puissent même la lancer, cette révolution), tout en se faisant, à l'instar des Syriens aujourd'hui, mitrailler à bout portant par les Baasistes.
Folle aussi, cette prétention prométhéenne que l'Amérique pouvait exporter dans ses Humvee la démocratie jeffersonienne sur les bords du Tigre.
C'est sûr qu'on n'a jamais su exporter la démocratie par les armes, comment croire une pareille sottise ?! (Soupir…) Oh si, c'est vrai, il y a bien eu une poignée d'exceptions, comme l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste, et le Japon impérial… Mais mis à part ces exceptions sans importance — sans la moindre importance, vous dis-je — c'est sûr qu'il est impossible d'exporter la démocratie par les armes…

On a aussi droit aux expressions sur le conflit toutes faites comme la "guerre de Bush" et "un désastre", ainsi qu'aux diatribes sur les mensonges supposées de Deubeliou. Rappel : ce n'est pas George W. Bush et Tony Blair seuls qui croyaient — soi-disant contre l'avis de tous — à l'existence de ces armes ; c'est toute la communauté internationale. Personne, de la CIA aux services secrets russes, de la DGSE aux services d'espionnage allemands, de Chirac à Schröder, de Hou à Poutine, ne mettait en doute l'existence de cet "arsenal d'armes de destruction massive" — et pour cause : Saddam avait essayé d'en construire par le passé (Osirak) et il les avait utilisé par le passé (Kurdistan). Les pays qui n'ont pas participé à l'invasion de ce pays "stable" ont marqué leur désaccord pour diverses raisons, y compris le pétrole de Saddam, mais qu'on arrête de tromper le monde avec ces histoires trompeuses (et auto-congratulatoires) publiées après l'échec de trouver les ADM.

Mieux : En traitant Bush (et Blair) de menteur(s), qui alors sont ceux qui sont — vraiment — sinon des menteurs du moins des gens qui essaient de réécrire l'Histoire en trompant les citoyens (les leurs comme les étrangers) voire eux-mêmes ?

Suite à quoi on a droit à une liste d'horreurs, dont le fait que "les Kurdes du pays vivent en quasi-indépendance" (mon Dieu, quelle horreur !), que "La violence est endémique" (ne l'était-elle pas lorsque les forces de l'ordre de ce pays "stable" remplissaient "des fosses communes de plusieurs dizaines de milliers" d'Irakiens fusillés ?), et que "La classe moyenne a fui à l'étranger" (merci au Monde de prendre un exemple de libertés retrouvées — la liberté de se déplacer, de voyager, de prendre une décision pour soi-même — et de les montrer sous le plus mauvais jour possible ; imaginez, sous la "stabilité" de Saddam, ces gens n'auraient jamais quitté leur pays!!).

Pour terminer, on apprend que tout est de la faute de… Bush. Tant "la déstabilisation des finances publiques américaines" que "la crise de 2008" sans oublier "l''impasse" en Afghanistan. Soupir…

2011/12/20

80% de tous les accidents mortels sur les routes des USA causés par des conducteurs distraits ne sont PAS dus à l'usage du portable

INVESTOR’S BUSINESS DAILY editorializes against a cellphone ban, nous apprend Instapundit.

First, regulating cellphone use is not a federal responsibility, even on federal roads. This is not an issue that Washington has the authority to address.

Second, there’s no compelling reason for it. The National Highway Traffic Safety Administration says that 3,092 traffic deaths last year involved distracted drivers. But using a cell phone is only one of many driver distractions. Eating and drinking while behind the wheel are two others, and they are far more dangerous than yapping on a phone.

In fact, a 2009 NHTSA study found that 80% of all car wrecks are caused by drivers eating or drinking — not cellphone use — with coffee-guzzling the top offender.

Then there’s this. According to federal data, traffic deaths have fallen from 2.1 per 100 million vehicle miles in 1990, when virtually no one had a cellphone, to 1.1 in 2009, when almost everyone does.

Grosso modo, l'article de IBD démontre que de tous les accidents mortels sur les routes américaines causés par (ou impliquant) des conducteurs distraits (il y en a eu 3092 en 2010), les statistiques montrent que la vaste majorité n'étaient pas dus à l'usage du portable, mais à la consommation de nourriture et de boissons (pas forcément alcoolisées) en conduisant.

De fait, poursuit l'article, une étude de l'année précédente (2009) attribuait 80% des accidents à des conducteurs qui mangeaient ou qui buvaient — et qui n'utilisaient pas leur portable. C'est la consommation d'une tasse (ou d'un thermos) de café qui était le principal responsable de ces accidents.

Alors, demande IBD, pourquoi les nourrices du gouvernement ne s'attaquent-ils pas aussi aux buveurs de Starbucks et aux mangeurs de Big Macs ? Pourquoi ne pas faire des procès aux femmes qui mettent le maquillage pendant qu'elles roulent et aux hommes qui se rasent le menton ? Et pourquoi ne pas rendre illégal le fait de se brosser les cheveux quand on est au volant, pendant qu'on y est ?

2011/12/19

Les Liaisons Dangereuses

A l'origine, des journalistes en costume interviewaient les politiques en costume. Puis sont arrivées des journalistes en jupe... Retour sur un demi-siècle d'histoires de séduction entre presse et pouvoir.

De DSK et Anne Saint-Clair à Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar en passant par François Hollande et Valérie Trierweiler, sans oublier Jean-Louis Borloo et Béatrice Schönberg plus Alain Juppé et Isabelle Legrand-Bodin ainsi que Bernard Kouchner et Christine Ockrent, cela en fait des journalistes en France qui ont des relations peut-être un peu trop privilégiées avec les hommes qui nous dirigent, selon les articles de Judith Perrignon et Raphaëlle Bacqué dans le magazine M du Monde.
Le poison est là : journalisme et politique s'en vont bras dessus bras dessous conquérir les palais de la République et dégringolent ensemble depuis des années dans l'estime populaire. Que s'est-il passé ?

…Le monde politique pourrait dire la même chose. Il est clos. En décalage horaire - des séances de nuit à l'Assemblée nationale, des voyages, des hôtels, des samedis, des dimanches au travail... Il est circulaire aussi. Le politique dévore la presse, les sons et les écrans. C'est son miroir du matin au soir, il s'y regarde, scrute ses points forts, ses points faibles, sa courbe de popularité, ce qu'il dit, ce qu'on dit de lui. Il ne se perd jamais de vue. Il parle "off" ou "on" au journaliste, son pouvoir dans son parti passe aussi par la place qu'il occupe, ou l'empreinte qu'il laisse dans les médias. Les puissants d'aujourd'hui, Sarkozy comme Hollande, furent de très bonnes sources quand ils étaient seconds couteaux. Parallèlement le journaliste sera qualifié de "bon" dès lors qu'il aura accès à l'homme politique, à ses confidences, à l'envers du décor. Il y a, en quelque sorte, une commu-nau-té d'intérêts entre les deux, un jeu d'attraction-répulsion autour d'une frontière ténue, qui peut tenir, de nombreuses et longues carrières le prouvent, ou pas... Ce monde clos produit croisements, regards, frôlements.

2011/12/18

«"Pour disqualifier toute critique de l'écologie, Stéphane Foucart forge le néologisme d'"écolophobie" calqué sur "islamophobie"»

"Pour disqualifier toute critique de l'écologie, Stéphane Foucart forge le néologisme d'"écolophobie" calqué sur "islamophobie"", estime M. Bruckner dans sa réponse sur le blog du Médiateur ("Le Monde des lecteurs").
Voilà ce qu'on lit dans la chronique du Médiateur du Monde par Pascal Galinier dans version papier du quotidien, par rapport à la croissance demésurée d'instances du mot phobie (l'homophobie ou l'islamophobie, "les deux champions toutes catégories en matière d'occurrences dans les archives du Monde (670 pour le premier, 358 pour le second)", germanophobie (41 fois dans Le Monde), anglophobie (32 occurrences), europhobie (42 occurrences)). "Online", Pascal Bruckner, auteur de Le fanatisme de l'Apocalypse, poursuit :
Quel aveu : l’écologie dans sa forme officielle serait donc une foi à laquelle il ne faut pas toucher sous peine de sacrilège ? Voilà que le doute, célébré jadis par Montaigne et Descartes comme la vertu de l’esprit, est assimilé à un blasphème. Le meilleur des combats - la protection de la nature - se trouve dévoyé en sectarisme scientiste. Stéphane Foucart, qui cache son militantisme sous le masque d’une pseudo-expertise, rend un bien mauvais service à la cause qu’il prétend défendre. Tout ce qui peut réveiller les partis verts de leur sommeil dogmatique, de leurs falsifications, de leur catéchisme culpabilisateur devrait être salué comme une purge nécessaire.
Pascal Galinier continue :
D'autres, à la rédaction, pensent qu'utiliser un terme, fût-ce pour le dénoncer, c'est déjà lui donner une légitimité. Ainsi de l'homophobie ou de l'islamophobie, les deux champions toutes catégories en matière d'occurrences dans les archives du Monde (670 pour le premier, 358 pour le second). Un vrai sujet de débat.

Votre serviteur a plongé dans lesdites archives (informatisées depuis 1987), pour y chercher les occurrences de ces fameux mots-phobies. La pêche est instructive. Germanophobie a été utilisé quarante et une fois dans Le Monde, dont une première en 1990, au moment de la réunification allemande. Anglophobie (32 occurrences) fut le mot-clé d'une chronique de 1990 sur la fin du long règne de Margaret Thatcher à Downing Street. Europhobie, enfin, terme encore peu usité (42 occurrences tout de même), apparaît pour la première fois dans notre journal en 1991, à l'occasion d'élections en Islande, premier pays européen à faire faillite après la crise de 2008. "Le journaliste est l'historien de l'instant", disait Albert Camus. L'instant serait donc à la phobie. Phobie douce, phobie dure...

"Prolophobie" n'est certes paru qu'à deux reprises dans Le Monde.

2011/12/17

Démocratie ou corruption ? La Russie sous la tutelle du "parti des voleurs et des tricheurs"

La question du XXe siècle fut : totalitarisme ou démocratie ? La question du jour est : démocratie ou corruption. Les Russes commencent à la poser. A nous de les entendre. Nul ne sait ce qu'il adviendra dans les mois qui viennent, pareille incertitude est déjà une victoire de la liberté. La Russie de Pouchkine n'est pas morte. Balaiera-t-elle la Russie de Poutine?

Suite à la prestation de ce "Partisan résolu du libéralisme" qu'est Guy Sorman dans Le Monde, c'est au tour d'André Glucksmann de s'y exprimer et qui prend le temps, entre autres, de labeller (correctement) le KGB comme le "Gestapo soviétique". Ce qui entraîne, évidemment, des protestations de la part d'innombrables lecteurs qui affirment (ben voyons!) que le capitalisme — et les États-Unis — sont bien pires (ce que nous souffrons, nous autres en Occident !!) et que (c'est certain!) Deubeliou est "bien pire que Kadhafi, Assad et Poutine réunis" quand ils ne taxent pas André Glucksmann d'être un agent de la CIA voire du …FSB (?!?!)
La leçon magistrale des manifestations démocratiques de samedi, les plus grandes depuis 1991 et peut-être depuis février 1917, s'impose : Poutine, après Kadhafi, Ben Ali, Moubarak ou Assad, titube.

… Le début de panique suscité par les révoltes du "printemps arabe" indique combien les potentats "eurasiatiques" sont moins assurés que nous de la pérennité de leur pouvoir. Sur le Net chinois, toute évocation du jasmin est biffée. Pourquoi ? Tunis n'est pas Pékin ni la petite Tunisie l'immensité chinoise ! Même désarroi à Moscou, où la moindre contestation – Poutine sur un ring sifflé par la foule – évoque l'apocalypse, entraînant illico un redoublement de censure.

Malgré le blocage des réseaux sociaux, le brouillage de la blogosphère, les attaques de hackeurs sur les sites indépendants, malgré les télés univoques, malgré le bourrage insolent des urnes, la falsification des bordereaux de comptage électoraux, les intimidations tous azimuts, malgré l'ordre intimé aux gouverneurs d'obtenir coûte que coûte 65 % de votes "corrects", le parti officiel Russie unie se voit dégradé comme "parti des voleurs et des tricheurs".

Les Russes ne sauraient mieux signifier que leur Etat est sans foi (tricheurs) ni loi (voleurs). Ils le savent, ils le vivent. A qui faire croire que 99,48 % des Tchétchènes aient voté "librement" pour leurs assassins ? La corruption règne en maître, du plus haut au plus bas, et relègue la grande Russie au rang de la Somalie, derrière le Zimbabwe, sur l'échelle dressée par Transparency International. En 2011, l'argent de la corruption s'évalue à 300 milliards de dollars (30 milliards les années précédentes), les poches des galonnés sont insatiables. Dix ans de Poutine, dix ans de prédateurs serviles ont vérifié le diagnostic de Mikhaïl Khodorkovski, ancien oligarque, désormais prisonnier politique ad infinitum pour avoir découvert que le tsar était nu, incapable et pourri. Que dit-il? Que la corruption mondialisée est un danger pire que le nucléaire.

2011/12/05

Allez voir les laboratoires de recherche privés ou publics aux USA et vous y verrez toute la terre

Un lecteur du Monde s'exprime :
Les Etats-Unis d'Amérique tirent une grande richesse de l'accueil qu'ils font aux universitaires et chercheurs étrangers. Allez voir les laboratoires de recherche privés ou publics et vous y verrez toute la terre : Chinois, Japonais, Indiens, Africains, Sud-Américains et Européens. La circulaire de Claude Guéant du 31 mai, qui limite la possibilité pour les diplômés étrangers de rester travailler en France, montre que des considérations électoralistes vont à l'encontre de l'intérêt général. Ce n'est certes pas la première fois mais tout de même...

Marc Eisinger,
Marseille

2011/11/27

Avis à Pascal Bruckner : il est interdit de s'attaquer au discours écologique dominant

Qu'un auteur mette en cause le discours écologique, voilà évidemment quelque chose qu'il n'est pas bon faire aujourd'hui. Et voilà donc que Le Monde s'en prend au livre de Pascal Bruckner (Le fanatisme de l'Apocalypse), grâce au book review de Nicolas Weill, qui multiplie allusions à la "rhétorique de la dérision […] guère convaincante", aux "contre-vérités", aux "simplifications bruckneriennes", et aux "Il est simple voire simpliste" :



ettre les rieurs de son côté, voilà un talent que maîtrise à coup sûr Pascal Bruckner. Ce talent, il le prodigue aujourd'hui pour dénoncer un discours écologique supposé dominant. La thèse du livre au titre emprunté à l'historien Norman Cohn (Les Fanatiques de l'Apocalypse - Julliard, 1962) est simple : le souci de l'environnement aurait tourné en Occident à une manie de la contrition dont le but serait moins le salut de la planète que la satisfaction d'un masochisme postchrétien prônant le châtiment, voire l'extinction de l'homme. Après Le Nouvel Ordre écologique de Luc Ferry (Grasset, 1992), voilà Pascal Bruckner qui reprend le slogan lancé en 1990 par le philosophe Marcel Gauchet dans la revue Le Débat : « Sous l'amour de la nature, la haine de l'homme ».

En concédant la nécessité d'une « écologie d'admiration » (du monde) pour remplacer l'« écologie d'accusation » (de l'homme), Pascal Bruckner décoche ses traits sur les excès, les cocasseries, les exagérations d'un milieu où la prophétie de malheur soutenue par des observations scientifiques ne laisse que peu de place à l'humour. Mais l'absence d'humour justifie-t-elle à elle seule les simplifications bruckneriennes ?

2011/11/17

La French Heritage Society : Quand les "Américains deviennent les bons apôtres du patrimoine français"

En matière d'amitié franco-américaine, difficile de faire plus ostensible que Nicolas Sarkozy et Barack Obama début novembre à Cannes
écrit Corine Lesnes dans Le Monde.
Hors campagne électorale, mieux vaut, pour entretenir la flamme, se fier aux vrais francophiles, amoureux en toutes saisons du paysage, de la langue et du style de vie. De vrais amis qui estiment que la France, avec ses vieilles pierres, ses fromages, ses parfums, son esprit critique et ses mouvements sociaux — on irait presque jusqu'à dire ses 35 heures — est un morceau de patrimoine de l'humanité qu'il convient de préserver — et de subventionner.

… Chaque année, [Christian Draz] consacre de 15 000 à 20 000 dollars à la rénovation du patrimoine français. "Il ne s'agit pas seulement de subventionner les propriétaires de châteaux. C'est aussi l'occasion de mieux connaître les Français", dit-il. En 2010, son cercle de francophiles à Boston a offert 10 000 dollars au château de Haroué, en Lorraine, pour l'entretien de sa grille d'honneur, oeuvre de Jean Lamour. La France "reste un pays phare", rassure-t-il. Elle continue à représenter "le chic, le style, une certaine rigueur intellectuelle, une certaine ouverture d'esprit"...

Le collectionneur est l'un des 400 mécènes rassemblés autour de la French Heritage Society (FHS), une association qui se consacre à la préservation de l'architecture française. Depuis sa création en 1982, la FHS a distribué 9 millions de dollars (6,7 millions d'euros) pour la rénovation de quelque 500 châteaux, églises ou jardins français, de la Roche-Courbon, en Charente-Maritime, à Brissac, dans le Maine-et-Loire, ou Josselin, dans le Morbihan. En contrepartie, les bienfaiteurs sont accueillis sur place avec des traitements de faveur : un dîner aux chandelles offert par la princesse Minnie de Beauvau-Craon, à Haroué. Un gala à Vaux-le-Vicomte, préparé par le chef du Grand Véfour...

Les propriétaires de châteaux sont "prisonniers de leurs domaines", explique le comte Denis de Kergorlay, du château de Canisy, en Normandie. Ils sont constamment pris à la gorge par les réparations, les impôts. "Alors, quand le mythique libérateur américain arrive, se développe un sentiment chaleureux de compréhension mutuelle. Les Américains deviennent les bons apôtres du patrimoine français"...

2011/11/16

Partisan de l'intervention de l'Etat, promoteur de l'assurance-maladie universelle, Obama est un adepte de l'UE, dépensier et fauteur de dette

La tornade financière qui secoue l'Union européenne (UE) n'a pas encore franchi l'Atlantique, mais déjà, son souffle agite la campagne pour l'élection présidentielle américaine de 2012
écrit Philippe Bernard dans Le Monde, faisant echo à James Pethokoukis.
Elle offre aux adversaires du président sortant une occasion rêvée de marteler une idée qui leur est chère : Barack Obama, partisan de l'intervention de l'Etat, promoteur de l'assurance-maladie universelle est un adepte du modèle social européen, autrement dit, dépensier et fauteur de dette. Or ce modèle incarné par l'UE serait en faillite. Donc, prétendent-ils, le président Obama est un danger pour l'Amérique.

Simpliste, la réthorique "Obama = Europe = crise" pourrait se révéler efficace dans un pays habitué à se voir comme un modèle, mais où le taux de chômage dépasse désormais 9 %. "La réponse (d'Obama à la crise) consiste à emprunter de l'argent, ce dont nous n'avons pas les moyens, et à l'attribuer à des bureaucrates et à des politiciens à Washington. Exactement comme l'Europe (...). Au lieu d'encourager les entrepreneurs (...), il augmente leurs impôts (...) et accroît les pouvoirs des leaders syndicaux. (...) Les réponses européennes du président Obama ne sont pas la bonne solution aux défis de l'Amérique", a déclaré Mitt Romney, probable candidat républicain lorsqu'il a lancé sa campagne, en juin.

2011/11/15

Il y a 50 Ans : "Abolissons les Limites de Vitesse Stupides"


Déjà en 1960, les citoyens avec un cerveau essayaient de faire valoir que mettre trop d'emphase sur la vitesse négligeait d'autres problèmes, tels que l'ivresse et … s'endormir au volant (conséquence directe de la vitesse… soporifique), comme le montre cet article de Popular Science (via Instapundit)… Et que dans les États des USA où les conducteurs lambda ne souffraient pas de la distraction de craindre la police de la route, ils étaient en fait plus en sécurité…
In what was considered a controversial article at the time, writer Paul Kearney argued that by overemphasizing speed limits, highway officials neglect more pressing problems, like drunk driving. Moreover, statistics showed that most of the recent accidents in Pennsylvania, Indiana, and New York involved vehicles driving slower than 50 miles per hour. More drivers died in New York after falling asleep at the wheel, hitting deer, or making various other "human errors." Conversely, highways with moderately high speed limits experienced less accidents. Kearney noted that New Jersey drivers were safer overall because they weren't so distracted by their fear of strict highway patrolmen, who had a reputation for cruising around in hope of busting people breaking the speed limit.