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2012/03/03

Politique pendant la Guerre Froide : une pratique de la détente qui frisa souvent la complaisance

Dans le Le Monde, Alain Frachon et Sylvie Kauffmann réunissent leurs énergies pour pondre un compte-rendu double afin de faire l'analyse de deux livres relatant de témoignages de Français en Russie pendant la Guerre Froide. Trois fois diplomate à Moscou (dont une fois ambassadeur), Henri Froment-Meurice tient un journal (Journal de Moscou) qui
relate nombre des événements qui émaillèrent ces temps de guerre froide. Au passage, il décrypte les aléas d'une politique française qui, vis-à-vis de l'URSS, tâtonna entre des moments de courage, assez rares, et une pratique de la détente qui frisa souvent la complaisance. Le journal consigne aussi les révoltes, les colères, les étonnements du diariste devant ce mélange de brutalité, d'absurdité et de paradoxes désarmants qu'était le cocktail soviétique. Rien de très diplomatique dans ces pages passionnantes.
Quant à Anita Davidenkoff, elle
a quitté Moscou plus que mélancoliquement : attachée culturelle à l'ambassade de France à l'époque de Gorbatchev, elle a fait partie d'une charrette de diplomates expulsés d'URSS par mesure de représailles, dans la grande tradition KGB, à la suite de l'expulsion de diplomates soviétiques par la France.

2012/02/27

Élysée : Ces malades qui nous gouvernent

D'abord, c'est un secret médical. Puis un secret d'Etat. Au bout d'un certain temps, un secret de Polichinelle. Enfin, la santé des présidents de la Ve République peut devenir, au fur et à mesure que les uns disparaissent et que les autres acceptent de parler, le sujet d'un documentaire historique.
Ainsi commence la chronique télé de Isabelle Talès.
La maladie du pouvoir reconstituait ainsi, mercredi 22 février sur France 3, les heures dramatiques où le pays fut gouverné par de grands malades. Enfin... dramatiques, c'est facile de le dire aujourd'hui, mais à l'époque, qui s'en doutait ?
C'est comme si l'histoire se rembobinait : on reconnaît les images d'archives (Georges Pompidou de plus en plus bouffi, François Mitterrand de plus en plus fragile), mais elles s'accompagnent désormais du bon commentaire. Lors d'une visite en URSS quelques semaines avant sa mort en 1974, Pompidou, atteint d'un cancer du sang, sourit aux officiels mais souffre d'hémorragies.

… L'enquête de Philippe Kohly et Françoise Fressoz (journaliste au Monde) tente de répondre à trois questions : comment ont-ils tenu ? Pourquoi ? Mais surtout, auraient-ils dû tenir ?

On est presque surpris de voir s'ouvrir le dossier Jacques Chirac. Mais peut-être n'a-t-il jamais vraiment récupéré d'un arrêt vasculaire cérébral survenu en 2005. Les témoins ne sont pas encore tout à fait "mûrs" ni tout à fait sûrs. Il faudra encore attendre quelques années.

C'est alors que se présente le cas Sarkozy. On l'avait presque oublié : l'actuel chef de l'Etat a été pris d'un malaise vagal en joggant sous le soleil en 2009. Mais là, il est vraiment trop tôt.

N'empêche, on sort de ces visites répétées au Val-de-Grâce un peu inquiet. Les candidats qui courent la France ces jours-ci feraient bien de subir un check-up. Et surtout, si ça ne va pas, qu'ils nous le disent !