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2011/12/29

Obama perdra-t-il l'Irak comme Carter avait perdu l'Iran ?

En 1979 le président Carter avait "perdu l’Iran"
rappelle Gérald Olivier.
Le monde entier pays encore le prix de son aveuglement. Dira-t-on demain d’Obama qu’il a "perdu l’Irak" ?

2011/12/27

À cause de Bush, "l'Irak a été privé d'une partie de son histoire" ainsi que de sa "stabilité" sous Saddam

Il faudra des années avant que l'Irak retrouve la voie de la stabilité
apprenons-nous dans un éditorial du Monde. Ah bon ?! "Retrouver" la stabilité — la stabilité d'antan ? Au moins, sous Saddam Hussein, l'Irak était stable, il n'était pas "en piètre état", on est content de le savoir… Ah non, l'éditorial écrit, plus loin, que
Personne ne regrettera Saddam Hussein, l'un des tyrans les plus sanguinaires du Proche-Orient.
Il ne manquerait plus que ça ! Surtout quand on apprend que
L'homme que l'intervention américaine chasse du pouvoir en 2003 est responsable de la mort de centaines de milliers d'Irakiens, plongés par sa faute dans des années de guerres civiles et étrangères. On retrouve, ici et là, en Irak, des fosses communes de plusieurs dizaines de milliers de cadavres, des charniers laissés par les années de plomb de l'ère Saddam.
Si l'éditorial écrit cela, évidemment, c'est pour poursuivre avec un "mais" :
Mais les Irakiens ne se sont pas libérés eux-mêmes de cette tyrannie. Les Etats-Unis ne les ont pas associés à leur intervention. Il n'y a pas de "brigades d'Irakiens libres" pour accompagner les troupes américaines quand elles entrent dans Bagdad en avril 2003.
Oui ?! Et alors ?!
L'Irak a été privé d'une partie de son histoire.
Ah oui ?! Rien que ça ?! Parce qu'il y a eu des légions, mettons, de Hollandais ou de Philippins qui ont accompagné la libération de la Hollande du joug allemand ou des Philippines du joug japonais en 1944-1945 ? Peut-être que ces populations étaient tout simplement contentes d'être débarrassé de leurs bourreaux, quels que soient les libérateurs. On a du mal à croire que les membres des familles des "centaines de milliers d'Irakiens" tués par Saddam aient mis beaucoup d'importance dans l'identité de ceux qui ont renversé la dictature de leur bourreau et pour des considérations intellectuelles comme quoi l'Irak aurait été "privé [?!] d'une partie de son histoire."

Sans doute eût-il mieux valu attendre pendant encore des années — et durant l'assassinat de "plusieurs dizaines de milliers" d'Irakiens de plus dans les charniers — pour que les Irakiens fassent la révolution eux-mêmes (en admettant qu'ils puissent même la lancer, cette révolution), tout en se faisant, à l'instar des Syriens aujourd'hui, mitrailler à bout portant par les Baasistes.
Folle aussi, cette prétention prométhéenne que l'Amérique pouvait exporter dans ses Humvee la démocratie jeffersonienne sur les bords du Tigre.
C'est sûr qu'on n'a jamais su exporter la démocratie par les armes, comment croire une pareille sottise ?! (Soupir…) Oh si, c'est vrai, il y a bien eu une poignée d'exceptions, comme l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste, et le Japon impérial… Mais mis à part ces exceptions sans importance — sans la moindre importance, vous dis-je — c'est sûr qu'il est impossible d'exporter la démocratie par les armes…

On a aussi droit aux expressions sur le conflit toutes faites comme la "guerre de Bush" et "un désastre", ainsi qu'aux diatribes sur les mensonges supposées de Deubeliou. Rappel : ce n'est pas George W. Bush et Tony Blair seuls qui croyaient — soi-disant contre l'avis de tous — à l'existence de ces armes ; c'est toute la communauté internationale. Personne, de la CIA aux services secrets russes, de la DGSE aux services d'espionnage allemands, de Chirac à Schröder, de Hou à Poutine, ne mettait en doute l'existence de cet "arsenal d'armes de destruction massive" — et pour cause : Saddam avait essayé d'en construire par le passé (Osirak) et il les avait utilisé par le passé (Kurdistan). Les pays qui n'ont pas participé à l'invasion de ce pays "stable" ont marqué leur désaccord pour diverses raisons, y compris le pétrole de Saddam, mais qu'on arrête de tromper le monde avec ces histoires trompeuses (et auto-congratulatoires) publiées après l'échec de trouver les ADM.

Mieux : En traitant Bush (et Blair) de menteur(s), qui alors sont ceux qui sont — vraiment — sinon des menteurs du moins des gens qui essaient de réécrire l'Histoire en trompant les citoyens (les leurs comme les étrangers) voire eux-mêmes ?

Suite à quoi on a droit à une liste d'horreurs, dont le fait que "les Kurdes du pays vivent en quasi-indépendance" (mon Dieu, quelle horreur !), que "La violence est endémique" (ne l'était-elle pas lorsque les forces de l'ordre de ce pays "stable" remplissaient "des fosses communes de plusieurs dizaines de milliers" d'Irakiens fusillés ?), et que "La classe moyenne a fui à l'étranger" (merci au Monde de prendre un exemple de libertés retrouvées — la liberté de se déplacer, de voyager, de prendre une décision pour soi-même — et de les montrer sous le plus mauvais jour possible ; imaginez, sous la "stabilité" de Saddam, ces gens n'auraient jamais quitté leur pays!!).

Pour terminer, on apprend que tout est de la faute de… Bush. Tant "la déstabilisation des finances publiques américaines" que "la crise de 2008" sans oublier "l''impasse" en Afghanistan. Soupir…