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2004/12/18

Une Union subjuguée, prête à brader sa culture et son histoire pour se rendre agréable à un partenaire économique

Ivan Rioufol dans son bloc-notes :
Devant la Turquie, l'Europe [béni-oui-oui] dit s'il vous plaît. Deux exemples : le Parlement européen voyait naguère, dans le refus d'Ankara de reconnaître le génocide arménien, «un obstacle incontournable à l'examen d'une éventuelle adhésion de la Turquie à la Communauté». Aujourd'hui, face au négationnisme du premier ministre turc, l'Union lui souffle juste de faire un geste, pour dépasser «l'expérience tragique du passé». Pareillement, elle n'ose exiger de l'inflexible Recep Erdogan la reconnaissance préalable de Chypre, membre de l'UE, partiellement occupée par l'armée turque depuis 1974. Surtout ne pas fâcher le chatouilleux invité.

Les faits sont là : l'Europe, qui devrait confirmer aujourd'hui son accord à l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie, s'est soumise aux humeurs d'Erdogan. … Quelque chose ne tourne pas rond dans cette Union subjuguée, prête à brader sa culture et son histoire pour se rendre agréable à un partenaire économique ne faisant pas mystère de son «islamisme modéré» … L'historien devra, demain, démonter les mécanismes de cette suggestion collective, qui aura converti les plus hauts dirigeants européens. Au point d'en oublier les invasions ottomanes qui terrorisèrent l'Europe et de laisser dire, en revanche, que, «pendant deux siècles, les Européens ont envahi et colonisé l'Orient avec des canons».

Relire Victor Hugo. Il rappelle, dans Les Orientales, ce que furent les massacres des Turcs commis à Chios (Grèce) en 1822. … Pourquoi vouloir à tout prix réécrire une histoire irénique, où nous serions tous, selon Jacques Chirac, «enfants de Byzance» ?

Les étourdis s'enchantent de ces fiançailles imposées avec ce grand pays d'Asie (près de 100 millions d'habitants en 2050). Ils sont persuadés qu'il se pliera aux règles des démocraties occidentales, et notamment celles qui garantissent la liberté de penser et l'égalité devant la loi. … Au nom du «respect de l'autre», l'Europe bonasse ne se pose pas ces questions.

Un insidieux endoctrinement, appuyé par la vision inoffensive d'un libre marché élargi, veut faire croire que l'islam, force de paix, sauvera l'Europe menacée. A condition que celle-ci s'associe à une Turquie «rempart contre l'islamisme» et s'ouvre plus généralement à la culture musulmane. … La réalité peut être vue ainsi : l'Europe est disposée à vendre son âme pour avoir la paix. Au nom du sympathique dialogue entre les cultures et de l'émouvante réconciliation entre les peuples, ses dirigeants parient les yeux fermés sur une laïcisation des valeurs, des modes de vie et des règles de la Turquie au contact de l'Occident, alors qu'ils n'en savent strictement rien. Et la France, par l'intermédiaire de Jacques Chirac, participe à cette prise de risque en poursuivant son même souci, déjà apparu lors du conflit irakien, de consolider les liens avec le monde arabo-musulman.

Cependant, les Français ne suivent plus leur président. La connivence apparue sur le dos des Américains est rompue. … Certes, le président de la République a redit, mercredi soir sur TF 1, que l'ouverture des négociations ne signifiait pas l'adhésion automatique. Mais il n'est pas certain que les citoyens, tenus à l'écart, se rassurent à si bon compte. Même le Libyen Kadhafi a admis hier que la Turquie sera «le cheval de Troie» du monde islamique dans l'Union. Si l'Europe devait confirmer aujourd'hui son feu vert en se pliant ainsi aux menaces de rupture d'Erdogan, ce qui semble plus que probable, les électeurs n'auront plus que le référendum de 2005 sur la Constitution européenne pour faire entendre leur déception.

Mises en garde

«Propagande islamiste» : c'est par cette expression que le grand intellectuel protestant Jacques Ellul désignait, dès 1983, «la création de mosquées partout, même en URSS, la diffusion de la littérature et de la culture arabes, la récupération d'une histoire». «L'islam, notait-il, se glorifie maintenant d'avoir été le berceau de toutes les civilisations (...) L'islam, origine de toutes les sciences et de tous les arts, c'est un discours que nous entendons constamment.» Ce texte avait été écrit en préface à un livre de Bat Ye'or, spécialiste des minorités religieuses dans les pays d'islam. A Paris cette semaine – elle vit en Suisse – Bat Ye'or estime que nous assistons, au-delà du problème turc, à l'harmonisation d'une politique européenne «suicidaire» visant à faire entrer les pays arabes dans la future «Eurabia», sans que l'opinion en soit tenue informée. Selon l'historienne, le but recherché par la Commission européenne, singulièrement depuis la présidence de Romano Prodi, est le «changement de la culture européenne», afin qu'elle puisse assimiler l'islam. Cette création d'un ensemble euro-arabe passerait, comme le démontrent des documents, par l'affirmation de l'antiaméricanisme européen et par la lutte contre Israël.

… Il faudrait faire l'inventaire des erreurs, imprécisions, faux scoops, rapprochements tendancieux, calomnies, qui auront été trop souvent publiés à cause d'enquêtes journalistiques trop rapides, exploitant des rumeurs, des silences, des informations partielles. … Oui, les médias doivent aussi savoir se taire. …

2004/12/17

"Independent Since Its Inception"

In the context of its 60th anniversary commemoration, which Le Monde has been celebrating with 60 articles, one for each year and one per day for the past two months, the newspaper of reference has published an article on the birth of the independent daily.

The 60th Anniversary Celebration of Le Monde

What is hard to understand is why the International Herald Tribune's John Vinocur would evoke "the newspaper's close relationship with" the French Foreign Ministry and why John Keegan would call it the "organ of official opinion and of the ruling class", when it is a well-known fact that the daily's motto is: "Indépendant depuis sa création".

Especially when two members of the French media (who happen to be Le Monde's partners), RTL and Arte, featured broadcasts on the anniversary, called respectively Birth of a Free Newspaper and A Free Press.

Ah, well… let's take a look at Le Monde's version of the circumstances of its own birth. We are in late 1944, Paris has been liberated, the war is not yet over, and… a vow is made…

"I will present the full information. I will force them to read me!" That vow is made by the first director of Le Monde
So far, so good. Hubert Beuve-Méry sounds exceedingly forceful and independent. But wait a minute; let us read the rest of the sentence:
That vow is made by the first director of Le Monde as he is given the mission to create a newspaper of reference worthy to represent France abroad.
Huh? "Is given"? "The mission"? "To create" not a newspaper but "a newspaper of reference"? "Worthy" not to bring the news but "to represent France abroad"? What's going on here?! Keep reading Laurent Greilsamer's article:
The adventure starts as early as September 1944. For several days, General de Gaulle, the head of the provisional government, has been grumbling as he scans the main titles of the Parisian press. He finds satisfying neither Le Figaro nor Combat and still less L'Humanité. In his deepest self, he misses the great pre-war titles, such as Les Débats or Le Temps.

At the end of September, he convokes this information minister, Pierre-Henri Teitgen, and [gives the following order]: "Teitgen, make another Temps for me! Choose a director whose past in the resistance and competence as a journalist cannot be put into doubt. Get a free-market Protestant and a Gaullist as his deputies!"

When Teitgen tries to stall, arguing that there are paper shortages and that with 30 Paris dailies, there is no assurances that the French can be made to read the paper, de Gaulle interrupts him:
"The French readership, Teitgen, je m'en fiche! We need a great newspaper for the extérieur, and for decades, [our] embassies have held, rightly or wrongly, that a daily on that model, more or less semi-official, better informed than the others, provides better information on what is happening in France. Allez, et faites vite!"

Two months later, c'est fait. Or almost. Teitgen and his team have dug up the rare bird. His name is Hubert Beuve-Méry. … De Gaulle anoints him. He is given the title of manager and the authorization to publish, and he is given two deputies, René Courtin (the free-market Protestant) and Christian Funck-Brentano (the Gaullist). In early December, Beuve-Méry takes possession of the Temps' former offices and printing works, rue des Italiens in Paris.

It is there that he makes
his famous vow: "I will present the full information. I will force them to read me!" That is the challenge!
And thus, the article ends, full of reminiscing and nostalgia, with noone at Le Monde (apparently), either today or at the time, stopping to think whether a daily's independence might be compromised by such circumstances and such relations with the powers that be.

If need be, the influence of France's top political player is confirmed by Doreen Carvajal in the International Herald Tribune on November 30:

Le Monde was founded in 1944 by Hubert Beuve-Méry at the request of General Charles de Gaulle, on the condition that Beuve-Méry could create an independent evening paper that could be the "conscience of the nation."
On October 21, a Paris reader (Patrice Dunoyer de Segonzac) brought complementary information about Hubert Beuve-Méry in a letter to the editor:
One can only rejoice at this [60th anniversary] celebration of the greatest hours of the newspaper and of he who created it, then developed it day by day, with the rigor, the honesty, the scrupulous independence that he was known for, as much with regards to the political power as to the power of finance.
The reader, who is related to the founder of the Uriage National College of Executives, goes on to say that
… it is the ties created at Uriage which will contribute to the creation of Le Monde, since it is resistants like Paul Reuter, professor of law and deputy director of Pierre-Henry Teitgen, who will suggest to General de Gaulle the designation of Beuve-Méry whom they had known at the École nationale de cadres d'Uriage.
But excuse me while I digress. I still don't understand why John Vinocur would evoke "the newspaper's close relationship with" the French Foreign Ministry and why John Keegan would call it the "organ of official opinion and of the ruling class", when, as Patrice Dunoyer de Segonzac says, Le Monde was/is known for its "scrupulous independence … as much with regards to the political power as to the power of finance," and when it is a well-known fact that the "free newspaper's" motto is: "Independent since its inception".

Secousses et effroi




Shock and Awe Secousses et Effroi
New Paris publisher starting activity in July 2005 is looking for new, daring French language authors. Contact publisher at nouvelediteur@hotmail.fr.
Nouvel éditeur parisien qui démarrera son activité au mois de juillet 2005 recherche de nouveaux auteurs qui osent. Contactez l'éditeur à nouvelediteur@hotmail.fr.

Les mots d'un abord hermétique et un peu hautain pour brimer la cervelle des Français…

Eric Fottorino :
Vraiment non, les 60 millions d'administrés que nous sommes ne méritaient pas ça : des mots d'un abord hermétique et un peu hautain, du genre "irréfragable" ou "synallagmatique" ou encore "litispendance", des mots "qui font souffrir", comme l'Etat vient de s'en rendre compte en essayant de les bannir des formulaires officiels rédigés par une armée de fonctionnaires maniant la langue au burin.

Pour la troisième année consécutive, un organisme baptisé Cosla (Comité d'orientation pour la simplification du langage administratif) s'apprête à distribuer aux agents de l'Etat un lexique d'environ 4 000 termes administratifs pour qu'enfin les Français ne se sentent pas brimés ou infirmes de la cervelle quand ils tentent de comprendre le jargon officiel.

En prime, les étudiants de neuf instituts d'études politiques devront plancher sur une trentaine de formulaires truffés de tournures plus absconses et ampoulées les unes que les autres, dans lesquelles, rêvons un peu, on trouvera peut-être enfin des mots aussi simples que bonjour et au revoir, plutôt que des formules de politesse à la mords-moi le doigt...

… Les mots les plus justes, c'est Pierre Encrevé, le vice-président du Cosla, qui les a trouvés. On lui doit d'avoir remplacé le terme inculpation par "mise en examen". Maintenant, il voudrait transformer une "ordonnance de placement" en "décision de protection", estimant que "les mots peuvent être une double peine", tandis que "changer les mots contribue à changer les choses".

Eric Woerth, le secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat, ne se l'est pas fait dire deux fois. Il affirme que certains vocables ont justement été "mis en examen" et qu'ils seront bientôt "condamnés", pour que l'Etat soit en mesure de s'adresser à tous en équité. Un mot en entraînant un autre, vivrons-nous demain le bonheur administratif ?

2004/12/14

"Il y a en France une logique sémantique politicienne surprenante !"

…la confiance est un élément essentiel de toute action politique et gouvernementale. Mais elle se mérite. Elle est acquise par la fixation d'objectifs clairs qui paraissent nécessaires à l'intérêt du pays, par des mesures même impopulaires, mais indispensables, par une détermination sans faille dans l'exécution de la politique choisie.
dit Raymond Barre à Rémi Godeau dans Le Figaro, en ajoutant "les Français sont incapables de surmonter ces difficultés, mais c'est un fait : ils ne se rendent pas compte de la gravité de la situation réelle de leur pays."

À l'interjection de Godeau, "Mais les Français rejettent ce choix libéral", Barre répond :

Oui, et les gouvernements ont tendance à éviter les mesures nécessaires pour ne pas provoquer des réactions négatives dans l'opinion. Mais il y aura toujours en France de telles réactions : sondages, protestations, défilés fleurissent. Faut-il se laisser impressionner par des mouvements inspirés par les intérêts catégoriels et corporatistes alors que l'intérêt national est en jeu ?

…Il y a en France une logique sémantique politicienne surprenante ! Si j'ai appliqué la rigueur [mot banni du langage gouvernemental, constate Godeau], ce n'était ni par plaisir ni par inclination personnelle. La situation appelait des mesures impopulaires. Je les ai prises. … Cela dit, il est vrai que les Français n'aiment pas l'effort continu. A l'époque, un spécialiste en communication m'avait même dit : «Cessez d'employer sans cesse dans vos discours le mot effort !» Les politiques promettent le bonheur et proclament leur volontarisme. Puis il y a le réveil douloureux pour les citoyens...

Les critiques systématiques du libéralisme en France, y compris à droite, sont ridicules. Le système libéral, c'est l'économie de marché moderne, qui n'exclut pas l'intervention opportune de l'Etat. Regardez les pays qui nous entourent : ils ne montrent guère d'intérêt pour le modèle français. …

Il faut toujours regarder autour de soi. Mais pour en tirer les bonnes conclusions. La Grande-Bretagne se porte bien parce que Margaret Thatcher y a introduit de grands changements. Et Tony Blair s'est gardé de les remettre en question. Gardons-nous d'approuver les expériences étrangères sans voir en quoi elles diffèrent parfois profondément de ce que nous considérons comme possible. …

Rémi Godeau : Vous récusez l'idée de déclin, mais dans «Mémoire vivante» publiée en 2001, vous assurez que la France traverse une phase de médiocrité...
C'est à dessein que j'ai utilisé ce terme. Je ne pense pas que la France soit appelée à décliner, mais les Français s'accommodent et se satisfont aujourd'hui de la médiocrité, soucieux de leurs petits intérêts et dépourvus d'ambition. …

(Thanks to Valerie)

2004/12/12

Charles Enderlin et France 2 n'ont rien d'un Dan Rather ou d'une CBS, loin de là…

Selon les principes du Monde, l'information doit être rigoureusement vérifiée et soigneusement recoupée

Le Médiateur du Monde

La différence avec Dan Rather aux USA (et avec les conséquences de son reportage à la CBS en octobre) est on ne peut plus emblèmatique…

Il y a quelques semaines, Catherine Simon avait un article sur un "l'un des plus anciens journalistes en poste en Israël", "un vieux routier du journalisme et de la politique", "l'un des meilleurs connaisseurs du Proche-Orient", le "vice-président de l'Association des correspondants de la presse étrangère à Jérusalem".

On l'aura compris : tout est fait dans le quotidien de référence pour encenser ce "chroniqueur averti" comme un sage ("enfant sage perlé d'humour") qui, perle de la sagesse, se sent "de plus en plus Français".

Non seulement Charles Enderlin est laïc, mais il se moque des religieux et il partage le rêve de de "cantonner" les chefs religieux "dans leurs temples". En plus, il a de l'humour ("ajoute-t-il en riant") et de la simplicité («Charles Enderlin dit simplement : "Je viens de là."»). Le citoyen parfait, quoi. Et on allait l'oublier, le correspondant de France 2 à Jérusalem "s'est forgé sa morale" et il a du courage : "C'est en toute connaissance de cause, risques et périls compris, qu'il a décidé de continuer à l'exercer" (son métier).

Le seul bémol, évidemment (Catherine Simon y arrive à la fin), c'est évidemment "la diffusion des images du petit Mohamed Al Dura, mourant dans les bras de son père, lors d'une fusillade à Gaza entre l'armée israélienne et les combattants palestiniens". Le vénérable quotidien du soir nous y prépare ainsi :

Le conflit Israël-Palestine, "exemplaire" à plus d'un titre à l'échelle de la planète, est aussi celui "qui fait fantasmer le plus", note-t-il. Pour le meilleur parfois, mais surtout pour le pire.
C'est sous l'intertitre "PRESSIONS, INSULTES, MENACES" que nous apprenons ce que Le Monde entend par "le pire" :
Charles Enderlin, qui a commenté ces images prises par l'un de ses cameramen palestiniens, devient la cible d'une campagne de dénigrement d'une violence inédite. Sur Internet, des sites juifs francophones l'accusent d'avoir mis en scène la mort du petit Mohamed. Une accusation que le gouvernement israélien se garde bien de relayer.
"La cible", "une campagne de dénigrement", "d'une violence inédite". Heureusement, la légendaire solidarité française veille…
Quatre ans plus tard, le 18 novembre, la direction de France 2, solidaire de son journaliste, annonce qu'elle porte plainte contre X... pour "diffamation publique". Un acte salutaire minimal : dans un contexte proche-oriental marqué par la montée des violences et des extrémismes, ce type d'accusation peut être interprété comme un appel au meurtre.
Malgré "l'appel au meurtre", notre héros fait appel à son héroïsme bien développé par Le Monde
Charles Enderlin hausse les épaules : "On se fait une peau d'éléphant", assure-t-il.
Le Monde continue dans sa lancée de considérer l'affaire comme une tentative scélérate de censurer la vérité et de museler un homme courageux (et simple, rationnel, honnête, amusant, sympatique, etc, etc, etc…)

Après avoir mis fin à toute discussion du sujet en deux paragraphes, l'article change de sujet pour parler de l'antisémitisme en France, histoire de signaler que le débat est clos et que Charles Enderlin a d'autres chats à fouetter. S'y ajoute une boîte (voir tout en bas de la page URL de l'article) où la sagesse et l'objectivité (et la lucidité aussi, sans doute) du "chroniqueur averti" se trouve encore plus renforcée. Le journal indépendant termine avec une autre démonstration tant du courage, des principes, et de l'indépendance de France 2 et du "vieux routier du journalisme et de la politique s'est forgé sa morale", que de l'ignomie et de l'insignifiance de leurs "détracteurs" :

"Si ma rédaction en chef décidait que tel ou tel sujet doit être tourné différemment du fait de telle ou telle réaction possible, j'aurais alors un problème fondamental. Cela ne m'est jamais arrivé." A bons détracteurs, salut...
Seulement, voilà : l'accusation principale dans la "campagne de dénigrement" ne viendrait pas d'un "simple" site (juif ou autre), mais d'un journal, dont le sérieux, selon les dires de certains, a été assez bien documenté par le passé. L'on notera par ailleurs que Catherine Simon n'a fait aucune tentative pour identifier les sites en question, et — plus important encore — pour tenter, de quelque façon, de contrer les arguments de ceux-ci (n'entend-t'on pas toujours en France des appels au dialogue, au débat, à la logique, à la raison?…). En même temps (fait hautement étrange lorsqu'on considère à quel point la défense est acharnée), le langage a changé ("mourant dans les bras de son père, lors d'une fusillade…") pour ne plus désigner les responsables de cette mort.

L'article de Stéphane Juffa dans le Wall Street Journal ne semble pas regorger de formules brûlantes et d'appels "au meurtre" (directs ou indirects), par ailleurs ; on dirait plutôt une enquête assortie d'une suite de tentatives, pour la plupart infructueuses, de rencontrer les responsables de France 2.

Le rédacteur en chef de la Metula News Agency nous apprend certains faits auxquels nous n'avons pas eu trop droit dans les médias français (y compris l'article de Catherine Simon). L'article se termine par trois questions que Stéphane Juffa persiste à poser à France 2

Pour revenir au médiateur du Monde :

Le rôle du Monde est aussi de mettre au jour des réalités qui le méritent, de révéler des faits inédits ou cachés …