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2011/09/03

Si l'argent est le mal primordial de la justice américaine, le remède, imparfait et partiel, se trouve donc dans ce même mal

Dans la foulée de l'arrestation de M. Strauss-Kahn par la police new-yorkaise, Robert Badinter a dit que "la présomption d'innocence n'existe pas aux Etats-Unis"
écrit Arthur Goldhammer dans Le Monde.
Ce propos, surtout venant d'un ancien garde des sceaux, a pu choquer plus d'un citoyen américain. Notre système de justice mérite-t-il cette condamnation sans appel d'un expert de cette envergure ?

Notre police s'est fait fort de détenir un personnage de haut vol sur la parole non vérifiée d'une simple femme de chambre ; un juge, ayant pris conscience d'un soi-disant risque de fuite vers un pays sans traité d'extradition avec les Etats-Unis, a cru bon d'enfermer ce même dignitaire dans une prison notoire pour héberger les plus communs des malfrats de Harlem ou du Bronx ; et le procureur, pour flatter le peuple qui l'élit, a choisi de livrer à la meute médiatique le directeur du Fonds monétaire international, ancien ministre des finances de la France et présumé candidat à la prochaine présidentielle, menotté, non rasé, et visiblement abîmé.

Il faut reconnaître, cependant, que pour le citoyen lambda américain, tout cela, ou presque (beaucoup d'Américains n'aiment pas la "perp walk", ou l'exposition de l'accusé devant les caméras), est à mettre au crédit de la police et du procureur. On voudrait bien penser, jusqu'à preuve du contraire, que la justice américaine ne fait pas d'exception pour les grands de ce monde et que la parole accusatrice d'une femme de chambre dans un cas de viol vaut bien celle d'une dame du monde.

Mais à cette défense de la justice américaine au nom de l'égalité, on objectera sans doute que les Américains se trompent profondément en se croyant dotés d'un système égalitaire. En fait, dit-on, l'argent y peut tout, y compris faire libérer un coupable.

Pour des raisons évidentes, les défenseurs de M. Strauss-Kahn préfèrent taire cet argument, mais nombreux sont ceux qui le font à leur place. Ironie du sort ! En l'occurrence, la fortune et la célébrité de Dominique Strauss-Kahn ne jouent pas en sa faveur. Aurait-il été "n'importe quel quidam", il aurait sans doute bénéficié, qu'il le mérite ou non, d'un non-lieu rapide à la suite de la révélation des problèmes de crédibilité du témoin principal contre lui. Mais la perspective de dommages et intérêts importants ou, plus probablement, d'un accord faramineux entre la partie civile et l'accusé après un non-lieu dans le cas criminel, a permis à l'accusatrice de trouver une représentation légale (et, notons-le, médiatique) de premier ordre.

Si l'argent est le mal primordial de la justice américaine, le remède, imparfait et partiel, se trouve donc dans ce même mal. Un vice en chasse un autre, même si, au lieu de justice, la présumée victime, à supposer qu'elle ait la baraka face aux avocats de la défense, aura à se contenter d'une compensation monétaire du tort qu'elle aurait subi.

D'aucuns diront qu'il y a deux autres vices criants du système américain, l'un d'ordre juridique, l'autre d'ordre politique. Le problème juridique, c'est que le système accusatoire est censé aiguiser la soif de victoire au lieu d'encourager la recherche de la vérité. A la différence du juge d'instruction, qui instruit, selon la phrase consacrée, "à charge et à décharge", le procureur ou l'avocat de la défense ne chercheraient qu'à gagner à tout prix.

A cette critique, l'affaire Dominique Strauss-Kahn apporte deux réponses: on a vu, d'abord, que c'était le procureur qui a développé et révélé à la défense plusieurs éléments à décharge de l'accusé. Le procureur y était obligé par la loi, d'ailleurs. La critique est donc caricaturale.

Mais au-delà de cette obligation de dévoiler ce qu'il sait, il reste vrai que le procureur new-yorkais est moins libre que le juge d'instruction quant à l'expression de son intuition, son intime conviction. Il se peut que M. Vance croie dans son for intérieur que Mme Diallo dit la vérité sur sa rencontre avec l'accusé, même si elle a menti sur d'autres aspects de sa vie.

Cependant, dans ce cas de figure, le système accusatoire rend la tâche du procureur très difficile, parce que l'avocat de la défense aurait beau jeu de démolir le témoin devant la cour d'assises.
En revanche, un juge d'instruction dans le système inquisitoire utilisé en France aurait toute liberté de construire un récit cohérent de la vie du témoin afin de faire le partage entre mensonge et vérité.

On pourrait trouver la procédure française plus compréhensive, plus subtile et pénétrante psychologiquement, et donc plus juste, mais on a vu dans un certain nombre d'affaires (celle d'Outreau, par exemple) que la sympathie du juge pour la victime n'est pas forcément un guide plus fiable que la dramaturgie de la joute oratoire, même grossièrement exagérée, dans le système accusatoire.

Dans l'ordre politique, c'est l'élection du procureur qui pose problème. On a pu affirmer que la nécessité de flatter le peuple va à l'encontre de la justice. Contre M. Strauss-Kahn, M. Vance se serait donc acharné outre mesure pour se procurer le soutien des syndicats ou des pauvres concitoyens de l'accusatrice.

Sans doute le calcul électoral n'est-il pas sans influence sur les décisions du procureur, mais New York est une ville très compliquée, et qui fait platement la cour à un groupe d'électeurs et risque d'en aliéner d'autres. Vu les péripéties imprévisibles que comporte tout cas criminel, il est plus sûr de suivre la voie moins machiavélique qui est celle de la vérité, pour peu qu'on puisse la discerner.

La justice, enfin, est-elle pervertie par les médias ? On a bien remarqué en France qu'outre-Atlantique, une certaine presse de caniveau s'agite inlassablement autour des tribunaux new-yorkais. Sur cette presse-là, le mélange de sexe et de pouvoir exerce une irrésistible attraction. La curée médiatique n'est pas jolie à voir pour qui a le souci que la justice s'exerce sereinement, le temps de la justice n'étant pas celui des médias.

Arrivés dans le désordre, les éléments de l'enquête sont lâchés aux journalistes par les uns et les autres, sans qu'on sache toujours très bien d'où viennent les fuites ou dans quel intérêt. Mais je ne vois pas que ce soit là un défaut particulièrement américain. Les fuites des bureaux des "petits juges" français sont devenues depuis longtemps déjà presque une procédure officieuse de la justice. Certains iraient jusqu'à dire que de telles violations du secret de l'instruction servent de contrepoids à la mainmise de l'exécutif sur le parquet.

La presse titille, mais en même temps elle surveille, à sa façon, des deux côtés de l'Atlantique. Ses dérapages sont le prix à payer pour cette fonction, essentielle, de contrôle démocratique.

2011/09/02

En politique étrangère, la France reste le nez dans le "ni-ni" : ni rupture ni continuité avec l'héritage gaullien

Que peut faire une politique étrangère d'une puissance moyenne comme la France dans un monde globalisé ?
demande Gaïdz Minassian dans sa chronique du Monde sur La Politique étrangère de la France, de la fin de la guerre froide au printemps arabe.
La question taraude depuis une décennie Frédéric Charillon, directeur de l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (Irsem), qui, dans son nouvel ouvrage, conclut sa réflexion sur un dilemme.

La mondialisation oblige la France à ne plus agir et penser comme avant, mais son héritage et son outil diplomatique lui interdisent de rompre avec des pratiques, un savoir-faire et des réseaux réputés pour leur performance.

La France reste donc le nez dans le "ni-ni" : ni rupture ni continuité avec l'héritage gaullien. Et la conclusion s'applique aussi au président Nicolas Sarkozy, qui, dès son arrivée à l'Elysée en 2007, a voulu replacer la France au coeur des affaires internationales et relever le défi d'une diplomatie jugée trop molle et distante des réels enjeux.

Comment réformer ce pouvoir régalien qu'est la politique étrangère, alors que la France est dans l'obligation de s'adapter au monde du XXIe siècle ?

…Ce livre reste cependant un modèle d'équilibre entre audace et prudence. Audace, il paraît alors que les archives diplomatiques sont classifiées. Prudence, il se termine sur des conclusions et non une certitude toute faite : trois voies attendent la France de demain : atlantisme, universalisme ou européanisme.

Autrement dit, celui ou celle qui franchira l'épreuve du 6 mai 2012 devra choisir entre occidentalisme, singularité française dans le monde ou post-gaullisme encore et toujours.

2011/09/01

Les Européens mettent l’économie au bord d’une crise mondiale, mais c’est la faute des Etats-Unis ; c’est là que se trouve la maladie européenne


Suite à l'interview de Laurence Parisot dans Le Figaro, Georges Ugueux réagit dans Le Monde avec un post intitulé Les contre-vérités de Laurence Parisot et du Medef:
C’est avec stupéfaction que j’ai pris connaissance des contre-vérités contenues dans l’interview de la présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef) par le Figaro. Ce serait risible si, vu la position de Laurence Parisot, cette dernière ne discréditait avec elle le patronat français en tombant dans le déni des responsabilités européennes. Je n’en relèverai que cinq.

Contre-vérité 1 : "Je parlerais plutôt d'une 'orchestration' outre-Atlantique des difficultés de l'Europe."

L’Europe est incapable de résoudre depuis dix-huit mois les difficultés qui atteignent maintenant cinq pays européens à des degrés divers. Les obligations grecques à deux ans, qui avaient un rendement de 6 % en novembre 2010, ont un rendement de 48 %, soit une aggravation de huit fois en raison de l’inaction de l’Eurozone.

En faire une orchestration outre-Atlantique ignore le fait que ce n’est qu’au cours des derniers mois que les marchés et les investisseurs américains ont commencé à sérieusement s’inquiéter devant l’incapacité de l’Europe à résoudre ses problèmes.

Contre-vérité 2 : "Quand des publications américaines très lues par les investisseurs et les analystes financiers titrent sur de fausses annonces dramatiques, des questions se posent."

Cette attaque en règle des médias américains est un mensonge et dénote une tendance grave : on n’accuse pas en bloc les médias américains alors qu’ils ont fourni des analyses sérieuses.

Les analystes financiers ont fait leur devoir, et ils sont, comme nombre d’entre nous, conscients du fait que la déferlante qui risque de détruire l’Eurozone amplifie chaque jour.

Madame Parisot souhaite-t-elle des analyses complaisantes ? Est-ce sa conception de la communication et du rôle des analystes financiers ? Veut-elle nous faire croire que les analystes européens sont moins sérieux ? Il suffit de lire la masse d’analyses et d’articles étayés publiés en Europe pour savoir qu’ils sont aussi inquiets et critiques que leurs collègues outre-Atlantique.

Contre-vérité 3 : "Une fois ces difficultés surmontées, nous retrouverons une croissance vive et créatrice d'emplois, mais il ne faut pas se tromper dans l'analyse de ce que nous avons vécu cet été."

Le patronat français peut-il soutenir ces positions optimistes ? L’emploi a diminué en Europe dans des proportions importantes et les entreprises ne sont pas prêtes à recruter dans un avenir proche. "Nous avons aussi prévu une délibération sociale sur le marché du travail." C’est tout ce que vous avez à dire aux jeunes sans emploi ?

C’est en Europe que nous sortons d’un trimestre de croissance zéro. Les causes de la faiblesse de cette croissance se trouvent, oui madame, dans un manque de dynamique de création d’entreprises et d’emplois en Europe.

Faire croire que les difficultés de cet été seront surmontées, sans dire comment, est irresponsable. Quel est l’engagement des entreprises ?

On préférera à cette rhétorique la déclaration courageuse des seize chefs d’entreprises qui sont prêts a des sacrifices supplémentaires, tant la situation est précaire.

Contre-vérité 4 : "Certes. Les dettes ne sont plus tenables. Elles doivent être résorbées au plus vite. Comme le montrent les mesures prises la semaine dernière, le gouvernement n'a pas tardé à entendre l'avertissement."

Comment résorbe-t-on des dettes ? En tout cas, pas par l’annonce du gouvernement, aussi dénuée de contenu qu’insuffisante par son montant. Non, madame, personne n’a cru aux "sacrifices" de la France en dehors de France. Ils proviennent de diminution des "niches fiscales" et de taxation de la consommation. A la suite de cette annonce, le niveau élevé des rendements des obligations d’Etat et de la prime de risque de la France n’a pas frémi et ne s’est pas amélioré.

L’accroissement des impôts des entreprises est de l’ordre de 1 % des recettes fiscales qui proviennent de celles-ci. Je comprends votre satisfaction.

Le déficit budgétaire de la France est le plus élevé des pays notés AAA. A 7 % l’an dernier, il devait descendre à 5,60 % cette année. Seulement, voilà : la croissance n’est pas au rendez-vous et les entreprises restent frileuses. Nous serons donc à 6 %. Les annonces de la semaine dernière pourraient au mieux diminuer le déficit à 5 %. Et en 2013, on sera a zéro ?

Ce ne sont pas les Américains qui sont responsables du fait que la prime de risque française vale le double de l’allemande. La détention des obligations françaises, tenue secrète par le gouvernement, se situe essentiellement en Europe et pas outre-Atlantique.

Contre-vérité 5 : "Ces voies ont l'immense avantage de ne pas toucher à notre modèle social."

Dans les mesures que vous préconisez, les efforts sont demandés à tous… sauf aux entreprises. Quel est leur engagement dans la sortie de l’endettement de la France et l’emploi ?

"Aller plus loin suppose d'autres réformes structurelles : se concentrer sur les collectivités locales (...) ; travailler aussi sur la santé, notamment l'hôpital public (pourquoi facture-t-il plus à l'assurance maladie que le secteur privé pour les mêmes prestations ?) ; enfin, développer partout les partenariats public-privé et les délégations de service public."

Vous savez parfaitement que le modèle social doit être remis en question, mais pas seulement dans le secteur public et dans les mesures sociales. Votre discours donne l’impression que tout cela ne concerne pas les entreprises.

Heureusement, nous voilà rassurés. "Les Américains ont sans doute voulu repasser le mistigri à l'Europe." Nous mettons l’économie au bord d’une crise mondiale, mais c’est la faute des Etats-Unis. C’est là que se trouve la maladie européenne : la recherche d’un coupable qui, en aucun cas, ne saurait être européen.

"Le problème commun du monde développé est un endettement qui a servi à financer des investissements sans valeur." C’est Christine Lagarde qui le disait officiellement ce week-end… aux Etats-Unis. C’est une orfèvre en la matière.

Où est la police ?" Enquête sur les Carences d'un Service Public

La Courneuve (Seine-Saint-Denis): "Les gardiens ont appelé la police, elle n'est pas venue ! La police ne fait rien ici."
Sceaux (Hauts-de-Seine) : "…la police, on ne la voit jamais."
Montpellier (Hérault) : "La police nationale, on ne la voit que s'il y a un gros pépin. Mes locataires me le disent : les policiers ne se déplacent jamais, Ja-Mais, pour les nuisances du quotidien."
Dans une enquête de Benoît Hopquin avec l'équipe des journalistes d'Une année en France, de deux pleines pages dans Le Monde, intitulée "Où est la police ?", on apprend que
chaque fois que la conversation dérive sur la sécurité –et elle le fait rapidement, presque forcément, comme attirée par ce pôle magnétique–, la remarque finit par fuser : "Où est la police ?" La récrimination, la jérémiade sur l'air du "jamais là quand on a besoin d'eux" est aussi vieille que la fonction, bien sûr. Mais, cette fois, elle n'est pas lancée sous le seul coup de la colère. Elle se teinte d'incompréhension, du sentiment d'un abandon au quotidien. Des citoyens ont l'impression de ne plus voir les policiers qu'à la télévision, dans des reportages de complaisance où des cow-boys sont filmés en train de poursuivre des délinquants floutés, dans un mauvais remake de série américaine. …
SENTIMENT D'UN EFFACEMENT PROGRESSIF

Or, plane au contraire le sentiment, si ce n'est la réalité, d'un effacement progressif, avec des signes forts qui marquent les esprits. A Sceaux, le commissariat, ou plutôt le bureau de police, n'est désormais plus ouvert que du lundi au vendredi, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures. Trois fonctionnaires venus de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) enregistrent les plaintes les plus simples, comme les effractions ou les vols de véhicules. Pour les faits plus graves, il faut se rendre dans la commune voisine.

… Interrogés par Le Monde sur les critiques de la population, les responsables locaux de la police nationale se trouvent contraints au silence par leurs supérieurs. Les demandes d'entretien ou même simplement de chiffres s'enlisent dans la voie hiérarchique. Pourtant, ils auraient tant à dire, ces hommes de terrain, notamment sur la politique du chiffre – mieux vaut une affaire résolue qu'une affaire évitée – ou sur la réalité des effectifs.


2011/08/30

Aujourd’hui, en 2011, la judéophobie et l’américanophobie de la France sont flagrantes

à cause du général de Gaulle, la France, au lieu de reconnaître ses erreurs, a préféré détourner l’attention en cultivant, dès 1945, une ingrate et hypocrite américanophobie
lance Michel Garroté dans un coup de gueule contre "Cette France judéophobe et américanophobe".

Aujourd’hui, en 2011, la judéophobie et l’américanophobie de la France sont flagrantes. Et il faut être sourd et aveugle — ou complice ? — pour ne pas s’en apercevoir.

En effet, la France, au lieu de réduire — immédiatement et drastiquement — les dépenses pharaoniques de l’appareil de l’Etat français, préfère continuer d’emprunter pour vivre. Mais afin de faire cela en toute impunité, il faut à la France des boucs émissaires, des « coupables » qui ne sont pas coupables. Dès octobre 2008, j’ai mis en garde, sur ce blog, contre les formules « haute finance internationale », « oligarchies financières », « finance de New York » et autres slogans néo-pétainistes qui, en filigrane, accusent les Juifs et les Américains de tous les maux de l’Europe, et, même, de la planète entière.

Le Point’ ajoute : « Le professeur Philippe Dessertine (ndmg — merci à lui pour son bon sens dans cette affaire) déclare que la sortie de Laurence Parisot reflète la tentation française de chercher des boucs émissaires et de détourner la responsabilité des dirigeants publics et privés dans la crise. C'est très, très dangereux d'aller vers cette idée d'une presse économique anglo-saxonne qui serait à la solde d'une logique politique, c'est absolument faux. C'est (la presse économique anglo-saxonne) une des rares à donner les bonnes informations » (ndmg — enfin un professeur français d’économie qui le reconnaît).

… D’une part, les allégations mensongères contre les USA sur le plan économique, et, d’autre part, les théories conspirationnistes contre le soi-disant « pouvoir juif », participent, d’une seule et même imposture. Il est à la fois inquiétant et affligeant de voir, en 2011, au vingt-et-unième siècle, au troisième millénaire, la France recourir — une fois encore dans son histoire — à de tels procédés.