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2011/12/20

80% de tous les accidents mortels sur les routes des USA causés par des conducteurs distraits ne sont PAS dus à l'usage du portable

INVESTOR’S BUSINESS DAILY editorializes against a cellphone ban, nous apprend Instapundit.

First, regulating cellphone use is not a federal responsibility, even on federal roads. This is not an issue that Washington has the authority to address.

Second, there’s no compelling reason for it. The National Highway Traffic Safety Administration says that 3,092 traffic deaths last year involved distracted drivers. But using a cell phone is only one of many driver distractions. Eating and drinking while behind the wheel are two others, and they are far more dangerous than yapping on a phone.

In fact, a 2009 NHTSA study found that 80% of all car wrecks are caused by drivers eating or drinking — not cellphone use — with coffee-guzzling the top offender.

Then there’s this. According to federal data, traffic deaths have fallen from 2.1 per 100 million vehicle miles in 1990, when virtually no one had a cellphone, to 1.1 in 2009, when almost everyone does.

Grosso modo, l'article de IBD démontre que de tous les accidents mortels sur les routes américaines causés par (ou impliquant) des conducteurs distraits (il y en a eu 3092 en 2010), les statistiques montrent que la vaste majorité n'étaient pas dus à l'usage du portable, mais à la consommation de nourriture et de boissons (pas forcément alcoolisées) en conduisant.

De fait, poursuit l'article, une étude de l'année précédente (2009) attribuait 80% des accidents à des conducteurs qui mangeaient ou qui buvaient — et qui n'utilisaient pas leur portable. C'est la consommation d'une tasse (ou d'un thermos) de café qui était le principal responsable de ces accidents.

Alors, demande IBD, pourquoi les nourrices du gouvernement ne s'attaquent-ils pas aussi aux buveurs de Starbucks et aux mangeurs de Big Macs ? Pourquoi ne pas faire des procès aux femmes qui mettent le maquillage pendant qu'elles roulent et aux hommes qui se rasent le menton ? Et pourquoi ne pas rendre illégal le fait de se brosser les cheveux quand on est au volant, pendant qu'on y est ?

2011/12/19

Les Liaisons Dangereuses

A l'origine, des journalistes en costume interviewaient les politiques en costume. Puis sont arrivées des journalistes en jupe... Retour sur un demi-siècle d'histoires de séduction entre presse et pouvoir.

De DSK et Anne Saint-Clair à Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar en passant par François Hollande et Valérie Trierweiler, sans oublier Jean-Louis Borloo et Béatrice Schönberg plus Alain Juppé et Isabelle Legrand-Bodin ainsi que Bernard Kouchner et Christine Ockrent, cela en fait des journalistes en France qui ont des relations peut-être un peu trop privilégiées avec les hommes qui nous dirigent, selon les articles de Judith Perrignon et Raphaëlle Bacqué dans le magazine M du Monde.
Le poison est là : journalisme et politique s'en vont bras dessus bras dessous conquérir les palais de la République et dégringolent ensemble depuis des années dans l'estime populaire. Que s'est-il passé ?

…Le monde politique pourrait dire la même chose. Il est clos. En décalage horaire - des séances de nuit à l'Assemblée nationale, des voyages, des hôtels, des samedis, des dimanches au travail... Il est circulaire aussi. Le politique dévore la presse, les sons et les écrans. C'est son miroir du matin au soir, il s'y regarde, scrute ses points forts, ses points faibles, sa courbe de popularité, ce qu'il dit, ce qu'on dit de lui. Il ne se perd jamais de vue. Il parle "off" ou "on" au journaliste, son pouvoir dans son parti passe aussi par la place qu'il occupe, ou l'empreinte qu'il laisse dans les médias. Les puissants d'aujourd'hui, Sarkozy comme Hollande, furent de très bonnes sources quand ils étaient seconds couteaux. Parallèlement le journaliste sera qualifié de "bon" dès lors qu'il aura accès à l'homme politique, à ses confidences, à l'envers du décor. Il y a, en quelque sorte, une commu-nau-té d'intérêts entre les deux, un jeu d'attraction-répulsion autour d'une frontière ténue, qui peut tenir, de nombreuses et longues carrières le prouvent, ou pas... Ce monde clos produit croisements, regards, frôlements.

2011/12/18

«"Pour disqualifier toute critique de l'écologie, Stéphane Foucart forge le néologisme d'"écolophobie" calqué sur "islamophobie"»

"Pour disqualifier toute critique de l'écologie, Stéphane Foucart forge le néologisme d'"écolophobie" calqué sur "islamophobie"", estime M. Bruckner dans sa réponse sur le blog du Médiateur ("Le Monde des lecteurs").
Voilà ce qu'on lit dans la chronique du Médiateur du Monde par Pascal Galinier dans version papier du quotidien, par rapport à la croissance demésurée d'instances du mot phobie (l'homophobie ou l'islamophobie, "les deux champions toutes catégories en matière d'occurrences dans les archives du Monde (670 pour le premier, 358 pour le second)", germanophobie (41 fois dans Le Monde), anglophobie (32 occurrences), europhobie (42 occurrences)). "Online", Pascal Bruckner, auteur de Le fanatisme de l'Apocalypse, poursuit :
Quel aveu : l’écologie dans sa forme officielle serait donc une foi à laquelle il ne faut pas toucher sous peine de sacrilège ? Voilà que le doute, célébré jadis par Montaigne et Descartes comme la vertu de l’esprit, est assimilé à un blasphème. Le meilleur des combats - la protection de la nature - se trouve dévoyé en sectarisme scientiste. Stéphane Foucart, qui cache son militantisme sous le masque d’une pseudo-expertise, rend un bien mauvais service à la cause qu’il prétend défendre. Tout ce qui peut réveiller les partis verts de leur sommeil dogmatique, de leurs falsifications, de leur catéchisme culpabilisateur devrait être salué comme une purge nécessaire.
Pascal Galinier continue :
D'autres, à la rédaction, pensent qu'utiliser un terme, fût-ce pour le dénoncer, c'est déjà lui donner une légitimité. Ainsi de l'homophobie ou de l'islamophobie, les deux champions toutes catégories en matière d'occurrences dans les archives du Monde (670 pour le premier, 358 pour le second). Un vrai sujet de débat.

Votre serviteur a plongé dans lesdites archives (informatisées depuis 1987), pour y chercher les occurrences de ces fameux mots-phobies. La pêche est instructive. Germanophobie a été utilisé quarante et une fois dans Le Monde, dont une première en 1990, au moment de la réunification allemande. Anglophobie (32 occurrences) fut le mot-clé d'une chronique de 1990 sur la fin du long règne de Margaret Thatcher à Downing Street. Europhobie, enfin, terme encore peu usité (42 occurrences tout de même), apparaît pour la première fois dans notre journal en 1991, à l'occasion d'élections en Islande, premier pays européen à faire faillite après la crise de 2008. "Le journaliste est l'historien de l'instant", disait Albert Camus. L'instant serait donc à la phobie. Phobie douce, phobie dure...

"Prolophobie" n'est certes paru qu'à deux reprises dans Le Monde.