There was an error in this gadget

2013/03/07

Pris pour un mouton, l’automobiliste est tondu, retondu et culpabilisé sans arrêt pour ses prétendus excès (d’alcool, de vitesse, de pollution…)

 … les automobilistes n’ont jamais été considérés comme autre chose que des vaches à lait par tous les gouvernements
note Hashtable.
Et quand ce ne sont pas des prétextes écologiques ou sanitaires qui sont utilisés pour pomper les uns, ce sont des prétextes sécuritaires qui ratisseront les autres.

Bien évidemment, le premier exemple qui vient frapper l’esprit (et le portefeuille) dès qu’on parle de sécurité et de ratisser de l’automobiliste, c’est celui du radar automatique. Mis en place dans les années les plus pétaradantes d’un sarkozysme détendu de la sanction, les appareils avaient dans un premier temps été loués pour leur efficacité à diminuer le nombre de morts sur les routes françaises. L’analyse un peu plus fine que ce que laissait entendre la Sécurité Routière (et des médias humidement complaisants à son égard) montrait qu’en réalité, l’arrivée des radars automatiques coïncidait aussi avec l’entrée en force de toute un batterie de sécurités passives sur les véhicules, à la faveur du renouvellement du parc. Sécurité passive qui, elle, n’est que du fait des constructeurs et de la volonté des consommateurs à ne pas mourir ensardinés dans une boîte de tôle à 140 km/h, embobinés sur un pylône de Et quand ce ne sont pas des prétextes écologiques ou sanitaires qui sont utilisés pour pomper les uns, ce sont des prétextes sécuritaires qui ratisseront les autres.

Du reste, il suffit de comparer les moyens mis en œuvre pour déployer ces radars (dont l’écrasante majorité ne se trouve absolument pas aux endroits les plus dangereux de circulation, mais bien dans les plus belles lignes droites de France), avec les moyens — ou à leur absence, disons — pour lutter contre des maladies ou des accidents domestiques pourtant faciles à éviter, et qui font plus de morts tous les ans, à raison de plusieurs ordres de grandeur pour comprendre très vite que le but de toute la manœuvre est exclusivement financier : rapporter des thunes à l’État.

 … Il faut reconnaître que la vie en Absurdistan est tout de même bien amusante. Tout s’y passe comme si chaque Français, finalement, désirait ardemment que son pays devienne tous les jours plus impraticable : s’il n’y avait pas toutes les administrations débiles, les règles, décrets, obligations, lois et autres normes toutes plus stupides les unes que les autres à respecter, le Français, à l’évidence, s’ennuierait de toute cette liberté de faire ce qu’il veut tant qu’il engage toute sa responsabilité et rien que sa responsabilité.

 … À ce train, je recommande l’obligation aux automobilistes de disposer, sur la plage arrière de leur véhicule, un chien en plastique qui remue la tête. Il suffira de commanditer un consultant ou l’autre pour prouver que cette innovation diminue l’insécurité routière ou l’émission de particules soufrées ou la quantité de CO2 ou n’importe quelle raison idiote, et en tout cas, cela va mécaniquement entraîner la création d’une bonne centaine d’emplois destinés à fabriquer ces ridicules joujoux. Et actuellement, l’emploi, on en a vraiment besoin ! Quant à Bastiat, il peut aller se rhabiller lui et ses éthylotests cassés.

Seulement voilà.

Tout ceci est bel et bien bon, mais à force de cogner toujours sur les automobilistes, ils commencent à trouver la situation un tantinet désagréable. De même que sont rares ceux qui prennent maintenant la route par plaisir et tout plein de frétillance à l’idée de conduire sur les routes de plus en plus surveillées de France, rares sont ceux qui font des excès de vitesse par strict plaisir. Il faut se rendre à l’évidence : conduire en France est devenu une corvée, un luxe ou un risque.

 … je soupçonne ouvertement les DDE françaises de lâcher les pires psychopathes pour installer les signalisations dans les villes et aux abords d’icelles.

Pris pour un mouton, tondu, retondu et culpabilisé sans arrêt pour ses excès (d’alcool, de vitesse, de pollution, …), ce qui devait arriver arriva : l’automobiliste se rebelle. 

Pour le moment, c’est encore assez peu visible, encore que la recrudescence des fausses plaques d’immatriculation montre un mouvement général d’ensemble assez symptomatique. Du reste, la façon de traiter cette information est habituelle : si les conducteurs ont de plus en plus souvent des fausses plaques, c’est parce qu’elles sont trop faciles à obtenir. On n’analyse surtout pas la cause, on va vite tenter de résoudre le symptôme, par exemple en déversant une nouvelle avalanche de lois et de règlements pour obtenir une plaque, ce qui va continuer d’agacer les gens honnêtes au point de les faire basculer du côté obscur de la conduite, celle qui revient à explicitement envoyer promener les autorités de moins en moins compétentes.

2013/03/06

L’automobiliste moyen est traité comme un ennemi de classe par le politicien et le haut technocrate ; Lesquels voudraient pourtant que nous nous pressions dans les concessions pour sauver Peugeot et Renault

 L’État crache sur l'automobile puis se plaint que les Français n'en achètent plus 
note, médusé, Vincent Bénard (merci à Jean-Philippe Casoni).
L'automobile française se meurt, se lamente-t-on dans la presse et dans les ministères. L’année 2012 a vu les ventes reculer au niveau de 1997 sur notre marché, alors que la population a entretemps gagné 5 millions d’âmes. Et 2013 promet d’être encore pire. Les dégâts économiques et sociaux de cette débandade font peur.

 … voyons ce qui attend l’automobiliste nouveau en 2013. Il sera traqué comme au coin d’un bois dès qu’il dépassera de 5km/h une limite fixée dans les années 70 et toujours poussée à la baisse par l’alliance des politiciens et de la technostructure qui les conseille. La justice, si lente à juger le cambrioleur et l’escroc (sans parler du politicien véreux), aura envers lui une efficacité toute particulière, qui ferait presque honneur au service public.

S’il veut aller en ville, l’espace viaire lui sera un peu plus grignoté chaque année au profit de bus à la circulation irrégulière et de vélos dont Mao Zedong aimait déjà vanter le côté populaire. Le stationnement de rue, qu’il a pourtant financé par ses impôts, lui sera toujours plus chichement mesuré mais de plus en plus largement facturé : il faut bien drainer les fous qui se hasardent en ville vers les parkings gérés par les grands groupes spécialisés dans leur gestion, qui tirent parti de nombreuses délégations de service publics que leurs octroient les politiques. Connivence, connivence, quand tu nous tiens.

Il sera dénoncé comme un fauteur d’embouteillages, vous savez, ceux qui empêchent les élites qui ne prennent jamais les transports en commun d’arriver à l’heure à leurs rendez-vous. Alors on lui martèlera qu’il doit prendre les transports collectifs, fussent-ils sales et peu sûrs, mais par ailleurs très fortement subventionnés, malgré un rapport coût-efficacité dramatiquement faible mais soigneusement caché au public.

Il sera dénoncé par la vulgate comme fauteur de réchauffement climatique, quand bien même les vrais scientifiques sont de plus en plus nombreux à affirmer que la farce du CO2 calorifère a assez duré. Mais "le CO2 qui chauffe", c’est de la taxe qui rentre, mon bon monsieur ! Les gros "malus écologiques", autrefois réservés aux grosses automobiles de luxe, rattrapent les petites familiales ou certains modèles low cost qui sont tout ce que certains peuvent encore s’offrir. Après quoi, les taxes sur le carburant n’épargneront pas son budget, sans parler du prix du pétrole aux humeurs capricieuses.

Et alors qu’autrefois, l’on pouvait rêver de grandes berlines et de multi-soupapes vrombissantes sans passer pour un dangereux écocide, aujourd’hui, la voiture qu’on présente comme l’avenir est infichue de parcourir plus de 150 kilomètres, et coûte un bras, au point que l’État se croit obligé de la subventionner fortement pour la faire vendre. Vous parlez d’un rêve ! Alors l’on préfère tirer sur son vieux Diesel, qui tourne encore comme une horloge, malgré ses 300 000 kilomètres.

Diesel ? Mais voilà que ce mode de propulsion autrefois favorisé par l’État devient le nouvel ennemi à abattre : à partir de chiffres hautement douteux de l’OMS, cet organisme officiel qui prévoyait que la grippe aviaire ferait des millions de morts, l’on affirme que "les particules tuent" ! De fauteur d’embouteillages, vous voilà promu au rang d’assassin de masse, et qu’importe si les moteurs modernes, équipés de filtres ad hoc, rejettent un gaz d’échappement relativement inoffensif. Naturellement, les ministres concernés ne s’en cachent même pas : puisque 80% des automobilistes, orientés par les choix fiscaux du gouvernement, ont choisi le méchant diesel tueur, ils seront désormais plus taxés !

Bref, entre discours culpabilisants, taxes expansionnistes, aménagements de voirie punitifs, et attentions particulières de la justice, l’automobiliste moyen est traité comme un ennemi de classe par le politicien et le haut technocrate. Lesquels voudraient pourtant que nous nous pressions dans les concessions pour sauver Peugeot et Renault. Vous avez dit "schizophrènes" ?

Il y a plus grave. La mobilité de point à point, pour laquelle la voiture est aujourd’hui imbattable, n’a pas pour seul enjeu les ventes de nos grands groupes. L’auto-mobilité, c’est ce qui nous permet de mettre en concurrence un plus grand nombre d’employeurs, de rationaliser nos approvisionnements, de diversifier nos loisirs... L’auto-mobilité a été l’un des déterminants majeurs de l’accroissement de notre richesse au XXème siècle. En s’attaquant à cette mobilité, les Don Quichotte anti-bagnole qui sévissent dans les mairies et les ministères ne menacent pas que les emplois de la principale filière industrielle du pays. Ils menacent les fondements même de notre prospérité. 
• Lire aussi : Bruno Bertez sur Atlantico : Le politiciens veulent casser l’usage de la voiture, mais ils jouent les pucelles effarouchées lorsque ladite industrie supprime 8000 postes

• Sophie Landrin dans Le Monde : Les politiciens se félicitent que leur politique ait entraîné l'abandon, par 40% des Parisiens, de la voiture et puis sont scandalisés par la suppression, par Peugeot, de 8000 postes

• Hashtable : Pris pour un mouton, l’automobiliste est tondu, retondu et culpabilisé sans arrêt pour ses prétendus excès (d’alcool, de vitesse, de pollution…)