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2010/12/29

Obama's Failure to Close Guantanamo? It's the Fault of Bush and of the Trap Laid by His Evil Henchmen

It's all Bush's fault! Bush Derangement Syndrome is back in force in France (but did it ever leave Europe's shores?), as Le Monde — which obviously has no idea of the contents of the Geneva Convention — describes the Guantánamo situation as a "judicial trap" (and "a pure illegality" concerning "that camp of shame") laid by lying, conniving, treacherous officials of the Bush administration. With most Le Monde readers adding their habitual hooey, this of course means in turn that Barack Obama is but a poor defenseless victim of the evil Bush — as you can see in the piece's title (Barack Obama Caught in the Guantanamo Trap) and in very first sentence.
Le piège juridique installé par l'administration Bush, ancrée dans l'idéologie de la "guerre au terrorisme", se referme sur l'administration Obama. En janvier 2011, le président américain devrait signer un décret présidentiel autorisant l'internement sans jugement et pour une durée illimitée de certains des détenus de la base militaire de Guantanamo, à Cuba.

…Ce piège, mis en place après les attentats d'Al-Qaida du 11 septembre 2001, a d'abord consisté à inventer une catégorie juridique, nommée "combattant ennemi illégal", dans le seul objectif de déroger au droit américain et international, en particulier au droit de la guerre codifié par les Conventions de Genève.

Dès lors que lesdits terroristes n'entraient pas dans les catégories usuelles du droit, on pouvait aussi bien créer la prison de Guantanamo que pratiquer sur eux la torture, pour peu que des "avis juridiques" les décrètent conformes au droit.

…Selon le principe de la prophétie autoréalisatrice, en légalisant de facto un "trou noir" juridique, l'administration Bush a créé des prisonniers non justiciables.

Le 21 mai 2009, M. Obama reconnaissait que ceux-ci constituent "l'enjeu spécifique le plus difficile qu'affronte" son administration. Aujourd'hui, par décret, il se retrouve empêtré dans cette situation exorbitante et en passe de confirmer, à son tour, une pure illégalité : la privation de liberté sans fin imposée sans jugement à des êtres humains.

"You broke it, you fix it", dit un dicton américain : celui qui casse doit réparer. Washington, sous George Bush, a "cassé" le respect que devait son administration au droit international. Barack Obama entendait le rétablir. Face à un Congrès où les républicains (massivement) et les démocrates (majoritairement) privilégient les impératifs de sécurité sur toute autre préoccupation, il assure toujours vouloir y parvenir. Et, à terme, fermer ce camp de la honte.

Mais, en attendant, il en vient, lui aussi, à déroger au droit international. La facilité consisterait à suivre le point de vue d'un Jack Goldsmith, ex-rédacteur des "avis juridiques" de George Bush ; il conseillait récemment à M. Obama de s'en tenir à une norme simple : "Ne jugez pas les terroristes, enfermez-les." Le réalisme est de se souvenir que l'abandon du droit finit toujours par se retourner contre celui qui s'y laisse entraîner, même s'il croit ne le faire qu'à titre conjoncturel.

related: What should enrage every decent citizen is that the real torturers — from Zimbabwe to China, from Syria to North Korea — get a pass from the political left ("The demands to shut down our Guantanamo lock-up for terrorists have nothing to do with human rights. They're about punishing America for our power and success.")

2010/12/23

Le bon peuple automobile, pourchassé par les radars, harcelé par la maréchaussée, et privé de permis de conduire pour de vénielles étourderies

Un soir de 1966, alors premier ministre, Georges Pompidou piqua une brusque colère devant la pile de textes réglementaires qu'un malheureux collaborateur venait présenter à sa signature
raconte Gérard Courtois dans Le Monde.
"Arrêtez d'emmerder les Français : il y a trop de lois, trop de règlements dans ce pays. On en crève ! Laissez-les vivre un peu, et vous verrez que tout ira mieux !", lança-t-il de sa voix rocailleuse.

L'histoire ne dit pas s'il signa, mais elle retiendra que, depuis cette date, le nombre de textes régissant la vie du pays a doublé : 8 500 lois, quelque 120 000 décrets et arrêtés, sans compter d'innombrables règlements.

Fort de cet illustre précédent, Jacques Myard, éruptif député UMP des Yvelines, n'y est donc pas allé par quatre chemins, jeudi 16 décembre. Ce jour-là, l'Assemblée nationale examinait la Loppsi 2 — traduisez deuxième loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure — et en particulier un article introduit par les sénateurs, en septembre, pour assouplir le système du permis de conduire à points.

"Il existe un profond malaise dans la population sur la question du permis à points", attaqua donc M. Myard. Emporté par son élan, il n'hésita pas à dénoncer un "système complètement imbécile", qui "remet en cause la liberté publique d'aller et venir dans un véhicule", bref une "sorte de guillotine" tombant sur la nuque du pauvre conducteur coupable d'infractions mineures.

L'heure était donc grave. D'autant que M. Myard n'était pas seul, sur les bancs de la majorité, à défendre ainsi le bon peuple automobile, pourchassé par les radars, harcelé par la maréchaussée et, éventuellement, privé de permis de conduire pour de vénielles étourderies. Claude Bodin, Philippe Goujon, Bernard Reynès fustigèrent "ce sentiment de chasse aux automobilistes qui s'est insinué dans notre pays", invitèrent le gouvernement à faire preuve de "tolérance" et à cesser de "traiter les Français comme des enfants".

… Le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, et le rapporteur du texte, Eric Ciotti, durent composer et céder, au moins partiellement, à la fronde de la vaste confrérie des automobilistes en colère.

2010/12/20

Julian-Christ? Crucified by the Empire? Le Monde Prints Opinion Comparing WikiLeaks' Assange to Jesus

First Che Guevara… Now Julian Assange.

Among the half dozen letters to the editor that Le Monde (aka France's newspaper of reference) chose to publish over the weekend in its print edition on the subject of WikiLeaks — besides the letter bemoaning the fate of "the poor American soldier" (PFC Bradley Manning,) who "is risking some 50 years of prison" — is one comparing Julian Assange to none other than Jesus Christ (and Julian's followers to Jesus's disciples).

In the rest of his letter (from Montreal), Christian Feuillette builds on this comparison with bromides such as the one that "in 2000 years, humanity has not evolved and truth is still as hated as ever" and that (therefore) this "enemy of hypocrisy [Julian Assange] will probably end up like Jesus-Christ, crucified by the empire" (Uncle Sam — naturally). But not to worry: the message of this "Christ of modern times" — and what follows is, just to make sure and in so many words, repeated twice in the letter — "will survive him through his disciples and will end by emerging triumphant."
Julian Assange, celui par qui le scandale arrive, et qui menace avec WikiLeaks l'ordre du monde, tout comme l'Evangile le faisait il y a deux mille ans, peut être comparé à un Christ des temps modernes. " Ce fou, cet insensé sublime " (comme disait Nerval), ennemi de l'hypocrisie, était alors celui qui menaçait l'ordre établi et ébranlait les colonnes du Temple. Traqué, condamné par les docteurs de la foi, son message lui survivra à travers ses disciples, et finira par triompher. Julian Assange, sur qui pèse déjà une fatwa des docteurs de l'establishment, finira probablement comme Jésus-Christ, crucifié par l'empire. En deux mille ans, l'humanité n'a guère évolué et on déteste toujours autant la vérité. Pourtant son oeuvre de salut public, relayée par ses disciples et par la magie de l'Internet, finira aussi par triompher.

2010/12/16

WikiLeaks : Les journalistes français "ne considèrent pas forcément que leur premier devoir est de surveiller le pouvoir en place"

Selon les télégrammes diplomatiques obtenus par WikiLeaks, écrit Xavier Ternisien dans Le Monde, les diplomates de l'ambassade des Etats-Unis à Parisexpliquent la situation de la presse en France
par le fait que "les grands journalistes français sont souvent issus des mêmes écoles élitistes que beaucoup de responsables gouvernementaux. Ces journalistes ne considèrent pas forcément que leur premier devoir est de surveiller le pouvoir en place. Nombre d'entre eux se voient plutôt comme des intellectuels, préférant analyser les événements et influencer les lecteurs plutôt que de reporter des faits".

L'ambassade ajoute que "le secteur privé des médias en France – en presse écrite et audiovisuelle – continue d'être dominé par un petit nombre de conglomérats, et les médias français sont plus régulés et soumis aux pressions politiques et commerciales que leurs équivalents américains". Elle insiste sur la montée en puissance des médias Internet, et notamment des blogs, qui sont un moyen d'expression prisé chez les minorités et les organisations non gouvernementales.

2010/12/06

Si la limitation excessive de la vitesse engendre la somnolence, qui elle-même cause des accidents, une augmentation de la limite serait salvatrice

La frénésie anti-vitesse du gouvernement a entrainé une recrudescence des accidents liés à la somnolence. Mais au lieu de casser la monotonie de la conduite sur autoroute en augmentant la vitesse limite, le gouvernement a décidé de sanctionner les conducteurs…
Alors qu'Instapundit fait remarquer très pertinemment que la raison principale de la limite de vitesse aux Etats-Unis (55 mph/90 kmh) était pour réaliser des revenus (The speed limits are ridiculously low so that cities have an unending source of revenue), la dénonciation de La Ligue de Défense des Conducteurs se poursuit :
A court d'idées pour intensifier sa répression sur les conducteurs, l'Etat a désormais décidé de sanctionner la somnolence au volant. Si les moyens restent toujours à définir, le mot d'ordre est encore une fois de privilégier la répression sur la prévention. Une nouvelle qui rouvre le débat sur la monotonie de la conduite sur autoroute et le bien-fondé de l'augmentation de la vitesse limite à 150km/h.

Il était temps ! Le gouvernement a enfin reconnu que la somnolence au volant était un vrai danger, responsable d'au moins un accident mortel sur trois sur autoroute. Une belle avancée au niveau du constat, mais pas des moyens mis en œuvre pour endiguer ce phénomène.

En effet, pour lutter contre ce fléau, les autorités ont une idée "originale" : la répression ! Oui, il est désormais question de sanctionner la somnolence.

Réprimer au lieu de prévenir, on reconnait bien là les méthodes de notre gouvernement. Pourtant, il conviendrait de s'interroger sur les causes de la somnolence au volant, qui touche les conducteurs principalement sur autoroute. De toute évidence, la monotonie du trajet est un facteur important d'endormissement au volant.

Imaginez-vous… 2x3 voies, grande ligne droite, soleil au beau fixe, personne sur la route et pourtant…obligation de maintenir sa vitesse en-dessous de 130km/h, voire 110km/h sur certains tronçons !

Le moindre écart étant sévèrement réprimé, les conducteurs sont forcés de rouler à une vitesse excessivement basse. Pour être sûrs d'échapper aux flashs des radars, certains utilisent des régulateurs de vitesse…qui sont maintenant, eux aussi, dans le collimateur du gouvernement, accusés de réduire la vigilance des conducteurs !

Les autorités et leur frénésie répressive ont mis en place les conditions pour une conduite soporifique, et maintenant ils veulent nous sanctionner sur les effets de leur politique au lieu de s'interroger sur les causes !

Les experts eux-mêmes avouent qu'il est difficile de quantifier voire de repérer les cas de somnolence au volant, et pourtant les autorités prétendent pouvoir les sanctionner.

Si la limitation excessive de la vitesse engendre la somnolence, qui elle-même cause des accidents, de toute évidence une augmentation de la limite de vitesse de 130km/h à au moins 150km/h serait salvatrice.

Avec une limite de vitesse plus élevée, il se passerait plus de choses sur la route, les conducteurs seraient plus concentrés et il y aurait moins de cas de somnolence. En pouvant rouler plus vite, ils raccourciraient leur temps de trajet, ce qui leur permettrait de s'arrêter plus longtemps et plus souvent pour faire des pauses, et pouvoir reprendre la route à leur rythme en toute sérénité.

Bref, nul besoin de réprimer, il suffit juste d'ajuster.

2010/12/02

Discours contre la guerre en Irak : Rocard dit que Villepin s'identifiait à Napoléon, alors qu'il était plus un personnage du type Cyrano de Bergerac

Les Français en veulent souvent à Sarkozy l'Américain pour avoir critiqué la position diplomatique française de Jacques Chirac et Dominique de Villepin sur l'Irak, directement ou indirectement, mais comme le montre Piotr Smolar dans Le Monde, en s'appuyant sur les révélations de WikiLeaks, Nicolas Sarkozy n'était pas le seul à trouver les positions de Chirac et de Villepin excessives :
Devant les diplomates américains, l'ancien premier ministre Michel Rocard a exprimé sa "colère" au sujet du fameux discours de Dominique de Villepin contre la guerre en Irak, prononcé en 2003 devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Lors d'une rencontre avec l'ambassadeur américain, le 24 octobre 2005, M. Rocard a estimé que ce discours avait été "contre-productif", surtout vis-à-vis du secrétaire d'Etat de l'époque. "Nous aurions dû soutenir (Colin) Powell, au lieu de cela, nous l'avons poussé dans un coin", confie-t-il alors. "Rocard a dit que, s'il avait été président de la France à l'époque, il aurait écrit une lettre de quatre ou cinq pages au président Bush" pour exprimer ses réserves quant à l'option militaire. Puis, si Washington avait malgré tout choisi cette voie, il serait resté silencieux. "Rocard a plaisanté en disant que Villepin s'identifiait à Napoléon, alors qu'il était plus un personnage du type Cyrano de Bergerac. Il est l'héritier d'une fière tradition orale française : "On aime parler ; si vous voulez un partenaire silencieux, vous devriez vous adresser aux Finlandais"."
À noter que l'un des commentateurs sur le site du journal de référence fait cette remarque pertinente :
Vraiment, à lire là encore les commentaires ou la moitié d'entre-eux sont d'une sous-élévation affligeante... J'ai le sentiment ce jour que le monde des lecteurs du monde ne soit devenu un repère de coupe-gorges.

2010/11/21

La révolte du Tea Party : halte aux impôts et aux dépenses, halte aux ingérences de l’Etat fédéral, respect de la constitution et du peuple souverain

Pour bien comprendre ce qui était en jeu dans ces élections de mi-mandat, et surtout se prémunir cintre la désinformation éhontée à laquelle les Français ont droit dans tous les médias, voici quelques éléments-clés à retenir
rappelle Évelyne Joslain dans Tea party : la résistance de l’Amérique profonde (cliquer ici pour un autre article sur les Tea Parties sur le site 4 Vérités, écrit par Pierre Menou).
Le mouvement a donc pour origine la révolte des contribuables, mais il s’est considérablement élargi en 20 mois. Patriotique et identitaire, il n’est pas monolithique pour autant. Il rassemble des gens très divers, mais qui ont en commun la conscience que le pays a besoin d’eux. Libertarien dans sa philosophie et populiste dans son inspiration, il a su mobiliser conservateurs, républicains et indépendants sur des points rassembleurs : halte aux impôts et aux dépenses, halte aux ingérences de l’Etat fédéral, respect de la constitution et du peuple souverain. Pour le reste, le mouvement est conservateur et bourgeois.

C’est la révolte des classes moyennes contre la gauche soixante-huitarde au pouvoir. Dans la gauche culturelle, cette guerre intestine qui déchire l’Amérique depuis 40 ans, il ouvre un autre front. Il cible les élites libérale (c’est-à-dire gauchistes) que sont les médias, les universitaires, les juges partisans, les cadres politiques élus et non-élus qui ont trahi le peuple. C’est une révolte contre l’establishment et l’esprit de caste.

Notons que ce populisme anti-establishment ébranle toutes les démocraties occidentales : partout, les partis traditionnels en sentent la pression. Les peuples n’en peuvent plus de n’être jamais consultés ou de ne pas être écoutés et de subir des décisions qui leur déplaisent et les appauvrissent.

… les gens du Tea party se dressent, brandissent leur exemplaire de la constitution et leur devise héritée de la période révolutionnaire : Ne m’écrasez pas ! Il faut refouler ce socialisme anti-américain qui se cache sous les oripeaux du « progressisme » et qui engage le pays dans le déclin et la régression. Il faut non seulement « contenir », mais « refouler » le projet mauvais d’Obama de « transformer » l’Amérique de façon radicale et chaque minute compte. Mais comment faire ?

Il faut utiliser la machine du parti républicain. Car même si les militants du Tea party sont parfois aussi méfiants vis-à-vis des républicains que vis-à-vis des démocrates, ils ne peuvent s’allier qu’au GOP (grand et vieux parti) étant donné la nature de leurs revendications. Et même, c’est leur place naturelle ! Les rapports du mouvement du Tea party avec le parti républicain sont donc sans ambiguïté. Ils ont mutuellement besoin l’un de l’autre. Le parti offre une infrastructure électorale, tandis que le Tea party vient providentiellement régénérer un parti qui croulait sous le poids de ses « Rinos » (républicains de nom seulement). L’air du temps est à l’expulsion des éléments pourris, les mous, les corrompus, les privilégiés professionnels, pour les remplacer par des élus intègres. L’irrésistible poussée du Tea party est ce qui pouvait arriver de mieux à ce parti désabusé, oublieux de ses principes structurels et de ses repères. C’est le coup de foudre salvateur, même si trop de cadres encroûtés dans la hiérarchie ont du mal à l’admettre.

A ce sujet, il y a encore une idée fausse à balayer. Les gens du Tea party seraient farouchement anti-élitistes. Ils ne sont nullement hostiles à l’élitisme culturel. Ils n’en ont qu’après les élites politiques, ou politisées, qui les trahissent, les volent et les méprisent. Ce qui est capital, c’est qu’ils ont la certitude qu’ils feraient forcément mieux, eux qui sont issus de la société civile, que les élites faillies.

…les élections de mi-mandat ont mis en vedette l’Amérique profonde et son sens aigu de l’urgence : la maison Amérique brûle. Il faut arrêter les pyromanes et circonscrire l’incendie pour parvenir à le terrasser définitivement en 2012. L’heure est trop grave pour toute autre considération.

2010/11/06

Le développement de la Chine : tout le système est basé sur une escroquerie

Dans Le Monde, Nicolas Truong fait un entretien avec Liao Yiwu, l'écrivain et dissident chinois qui dénonce le mirage de la croissance et la complaisance de l'Occident. Question-clé :
Comment comprenez-vous la fascination pour le développement de la Chine ?

La Chine vit dans une bulle spéculative très bien déguisée. Ceux qui en ont le plus profité sont ceux qui ont le plus placé d'argent à l'étranger et qui sauront partir lorsque le système explosera. Ils préfèrent naturellement tirer les bénéfices de cette bulle plutôt que la faire connaître et continuer à propager l'idée de grands succès économiques. Or tout le système est basé sur une escroquerie.

Prenons l'immobilier, par exemple. Le ciment, les parpaings ou l'acier sont de très mauvaise qualité. D'ici douze, quatorze ans, tout cela va s'effondrer, au sens propre comme au figuré. Mais les spéculateurs couleront leurs vieux jours sur la Riviera ou à Vancouver. Si, un jour, je devais me retrouver en exil, je ne voudrais certainement pas les avoir comme voisins !

La culture de la jérémiade et un trépignement d'enfants gâtés

Les grèves récentes auront montré le spectacle stupéfiant de lycéens manifestant pour leur retraite
écrit Pascal Bruckner dans Le Monde.
Etrange inversion des temps : avant même d'avoir commencé une vie d'adultes, ces adolescents aux tempes grises pensent déjà à la clore. L'avenir doit être écrit à l'avance et l'existence sécurisée du début à la fin. On songe à ce sondage publié il y a quelques années où 70 % des Français de moins de 30 ans se souhaitaient une carrière de fonctionnaire, protégée de tous les aléas. Les jeunes sont donc bien à l'avant-garde du plus grand parti de la France : le parti de la peur.

Les Français ont peur du monde, peur des autres et, plus encore, de leur propre peur. Et ils accroissent leur frayeur en voulant éliminer le moindre risque. C'est un effroi entretenu jour après jour par les médias et l'intelligentsia et qui vient d'abord de notre incapacité à maîtriser un univers devenu trop complexe pour nous.

La passion française pour la grève est moins un signe de vitalité que de routine, bel exemple d'une conquête transformée en rituel, voire en symptôme dépressif. Olivier Besancenot n'avait-t-il pas proposé en 2003 de créer un grand parti de la grève ? Les enfants pourraient en faire partie avant d'avoir occupé le moindre emploi !

… Nos voisins européens ont été surpris de nous voir descendre dans la rue pour deux années de travail supplémentaires quand eux-mêmes ont déjà accepté la retraite à 65 voire 67 ans. Ils y ont vu un trépignement d'enfants gâtés qui préfèrent casser leurs jouets plutôt que d'accepter une réforme, au demeurant incomplète.

…Dans l'Hexagone, les pessimistes professionnels pullulent … mais s'ils se moquent de tout, ces atrabilaires prennent leur désespoir très au sérieux. On ne plaisante pas avec le désenchantement ! Voyez les trois doctrines dominantes qui se partagent le marché des idées chez nous : la repentance qui exhorte les Français à la honte d'eux-mêmes, le catastrophisme qui brandit le spectre de la fin du monde, la victimisation qui nous dépeint en parias. Toutes ont un trait commun : la culture de la jérémiade.

… La nation entière n'est qu'un immense syndicat de plaignants. … Nous n'avons jamais aussi bien vécu et jamais autant gémi. … La crainte nous paralyse, notre allergie à l'adversité accroît notre faiblesse. On ne mobilise pas une grande nation à partir d'une déploration collective !

2010/11/04

Les Tea Parties : une révolte de la société contre l'élite étatiste qui pense que manipuler des modèles mathématiques permet de saisir le réel humain

Il est inouï et au fond à la longue banal de constater à chaque fois (tel le lancinant mouvement d'une horloge à balancier) que les mêmes analyses étriquées et tronquées sont balancées sur ce qui se passe aux USA et aujourd'hui en Europe et que l'on peut résumer par deux mots fourre tout
dit Lucien Oulahbib (qui sera l'invité de l'institut Turgot le 15 novembre) : ultra conservatisme et populisme.
On aura donc tout entendu sur ces élections américaines : jusqu'à indiquer un retour ou le maintien du racisme qui expliquerait le revers ("la raclée" dit Obama, ce qui a dû faire rager un BHL qui ne cessait de minimiser l'échec) ; le Monde reprenant par exemple une dépêche de CNN:

MIDTERMS – Aucun Noir au Sénat américain

alors que sur Fox News on pouvait lire : "Two black Republican victories tonight mark the first time African-Americans will represent the GOP in Congress in seven years".

Curieux que les "racistes" républicains aient des candidats noirs non ? …

Combien de députés socialistes verts UMP de couleur mmh ?… Les Républicains ont nommé coup sur coup deux secrétaires d'Etat noirs aux affaires étrangères, qui s'en souvient ?…Une gouverneure républicaine est d'origine latino, Suzanna Martinez, et un sénateur Tea Party, Mark Rubio, a été élu grâce aux voix latino…

Qu'en dit Associated Press repris par Yahoo news ? Ceci : " Selon Richard Ivory, consultant républicain noir et fondateur du blog politique et musical Hip Hop Republican, c'est avant tout l'opposition à Barack Obama qui a compté, et non la "couleur de peau".

"Il fut un temps où l'électorat blanc voyait d'abord la race (du candidat) et fondait son jugement uniquement là-dessus. Quand les républicains noirs et Obama sont en désaccord idéologique, le message l'emporte sur la couleur de peau", analyse-t-il ".

… C'est justement ce que ne veut plus le Tea party… cette idée que le "changement", la modernité en un mot, rime avec dissolution, que la critique rime avec destruction, le pluralisme avec relativisme, la sexualité avec l'idéologie queer (à l'heure pourtant du développement "durable" mis à toutes les sauces).


Mais la cause semble entendue, du Figaro au Monde : tea party c'est "ultra" de chez ultra, point final. L'analyse est reposante. Et ces fins experts bien de chez nous (se référant aussi au mépris pour " L'Amérique profonde" de tel écrivain américain newyorkais en vogue de passage à Paris, Paris qui s'y connaît en mépris, celui, déjà ancien, de la "France profonde"…) n'ont pas la dent assez dure pour relever la position singulière de telle ou tel sur ses opinions religieuses et sexuelles (deux marqueurs essentiels on l'a dit plus haut des batailles spirituelles actuelles et qui ne vont que s'amplifier).

Pourtant, et comme il a été déjà noté ici, l'ancienne batteuse du groupe rock Velvet underground dit "Moe" ne pense pas avoir viré sa cutie lorsqu'elle justifie sa participation à une réunion du Tea Party en Georgie du Sud : " "Anyone who thinks I'm crazy about Sarah Palin, Bush, etc., has made quite the presumption. I have voted Democrat all my life, until I started listening to what Obama was promising and started wondering how the hell will this utopian dream be paid for?"

Nous touchons à l'essentiel, et ceci nous concerne aussi en France, en Europe et ailleurs : que dit cette femme (dont le passé parle pour elle en matière d'expérimentations sociétales) sinon qu'elle s'inquiète sur le fait que de plus en plus et ce au nom d'une connaissance supérieure "on" la somme de rogner sa liberté, de changer de conscience comme l'on change de chemise, et tout cela au nom du changement, du progrès, de la Terre, etc etc, alors que cette obligation d'amoindrir la liberté d'être pour accomplir une utopie appauvrit sape étouffe en réalité et la nécessité du changement et le hasard de la liberté, voilà le paradoxe : une idéologie, énième métamorphose du purisme hyper-rationaliste qui après avoir voulu changé de calendrier (Robespierre, remis à la mode par Badiou),changé l'homme avec des moyens institutionnels (Communisme, nazisme), prétend le changer en le rééduquant en lui interdisant ceci et cela. Tout en montrant du doigt le marché la liberté alors que ce sont par ces paramètres que les pays émergents sortent enfin la tête de l'eau enfoncée pendant des décennies par les mêmes qui veulent aujourd'hui finir le job en France et ailleurs. Ce n'est pas la liberté qui appauvrit mais l'étatisme et l'affairisme qu'il encourage (comme recevoir en grandes pompes le dictateur chinois parce que le marché public permettra de saupoudrer les miettes clientélistes…).

Certains Américains, de toutes tendances, se sont levés et disent "stop" ! Voilà l'âme du Tea Party : take our country back, rendez-moi la Constitution qui le fonde. Laissez-moi éduquer mes enfants comme je l'entends, laissez ma sexualité tranquille, ne parlez pas au nom de la science (que vous critiquez par ailleurs…) laissez-moi croire à ce que je veux. Ne dites pas que le refus de la dissolution des frontières c'est du racisme alors que l'on vante tel ou tel peuplade soucieuse de préserver sa vie privée jusqu'à refuser la présence d'étrangers.

insistons lourdement, lorsqu'il s'agit d'Occidentaux qui veulent préserver leur mode de vie on les traitera de (néo)réactionnaires.

Par exemple, l'on a fait un véritable procès en "sorcellerie" à Christine O'Donnell candidate battue du Tea Party dans le Delaware (elle avait, certes, donné dans le spiritisme, critiqué la masturbation avant le mariage, et sa campagne n'était pas nécessairement des plus marquantes: "je suis vous"…) sauf que ses opinions n'ont rien à voir avec ses positions sur la fiscalité, l'Etat minimum etc, elle a le droit de penser ce qu'elle veut, et on a le droit de ne pas être d'accord avec elle sans pour autant la déterminer de réactionnaire alors que les gens qui jugent ainsi refusent qu'on les étiquette par exemple de totalitaire… Cependant, sur un point tout de même, ses ennemis n'ont pas tort : il est sûr que si elle avait été élue sénatrice comme ses deux camarades du tea Party, elle se serait battue en effet pour que la santé l'éducation redeviennent des libertés de base. Non à la République de Platon, de Robespierre et de Lénine.

Et cela "nous" concerne aussi.

… On le voit : la poussée du Tea Party, la montée des mouvements critiques envers le multiculturalisme, signifient bien autre chose que le conservatisme en soi ou les effets de "la" crise économique.

En tout cas ce n'est pas par l'étatisme et la diabolisation que l'on arrivera à y répondre. Il s'agit d'une révolte de la société civile contre l'élite étatiste qui pense qu'il suffit de manipuler des modèles mathématiques pour saisir le réel humain. C'est là où ils se trompent, lourdement.

2010/11/03

Quand elles n'apportent pas la victoire de la gauche et des "humanistes", les élections équivalent à du terrorisme et les vainqueurs à des criminels


In an odd cartoon combining the current scare regarding Greece's package bomb plots (the literal translation of colis piégé is not package bomb but booby-trapped package, bringing with it more of a suggestion of treachery and deceit) with the colors of… the stars and stripes (?!?!), Plantu depicts America's conservatives as… exactly that, plotters, and criminals and terrorists to boot… Terrorists who used the terroristic trick of free elections to harm the stoic Barack Obama…

2010/10/31

« Tous les chefs d'Etat veulent peser sur la télévision »

Alors que paraît Cartes sur table, un livre d'entretiens avec Alain Duhamel, 70 ans, éditorialiste et analyste politique, et son frère, Patrice, 65 ans, ex-numéro deux de France Télévisions, les deux frères analysent le lien entre pouvoir et petit écran
Dans un entretien qui met en doute la neutrailté et l'objectivité des médias français, les frères Duhamel sont interviewés par Josyane Savigneau dans Le Monde.
ans Cartes sur table (entretiens avec Renaud Revel, Plon, 220 p., 19 euros), vous êtes très nuancés. Pourtant, depuis quarante ans, rien ne semble avoir vraiment changé du désir du pouvoir politique de peser sur la télévision publique.

Alain Duhamel : Aucun président de la République n'a renoncé à influencer la télévision. Les méthodes sont différentes, mais sur le fond les expériences sont comparables. Ma petite théorie personnelle est que, le système français étant ce qu'il est - institutionnel, politique, et la nature des médias français, en particulier les grands groupes, tous liés aux commandes de l'Etat -, quel que soit le président, cela ne peut pas bien se passer avec les journalistes de la télévision, notamment avec les journalistes politiques, et que c'est une très bonne chose. Si cela se passait bien, cela voudrait dire que le pouvoir a gagné.

Patrice Duhamel : Il y a eu des progrès considérables concernant l'indépendance et la liberté de l'information. D'ailleurs, tous les présidents qui ont essayé d'avoir des rédactions à leur main ont échoué aux élections suivantes.

A. D : Oui, tous veulent peser sur la politique à la télévision. Et, en effet, tous ont échoué électoralement, ce qui prouve qu'il n'y a pas vraiment de moyen d'asseoir une emprise. D'abord à cause de la concurrence au sein de l'audiovisuel. Ensuite, à cause de l'alternance et de la cohabitation. Plus personne ne pense qu'il y a un camp éternellement fait pour être au pouvoir.

Vous aviez, Alain Duhamel, de bons rapports avec François Mitterrand. Pourquoi ne s'est-il pas opposé à la chasse aux sorcières de 1981 à la télévision ?

A. D : Tous ont essayé de conforter leur pouvoir. A travers des charrettes et des changements de statuts. Cela a eu lieu en 1968, quand le pouvoir voulait finaliser sa victoire. Puis en 1974 avec Giscard. Et en 1981. La cohabitation a tout changé. Et la concurrence, dont je persiste à dire qu'elle a été une bénédiction pour la politique et une catastrophe pour la création culturelle à la télévision.

2010/10/29

Barack Obama et son administration ont été un désastre pour les Etats-Unis, à la fois sur le plan intérieur et extérieur

Stuart Haugen, ancien président des Républicains en France, répond aux questions de Marianne Enault du Journal de Dimanche et affirme que "L'idée selon laquelle le Tea Party serait un ramassis d'extrémistes n'existe que dans les médias et dans les rangs de la gauche libérale" (au sens américain du terme).

Quel est l'objectif du parti républicain pour les élections de mi-mandat?
Atteindre un seuil suffisamment critique au sein des deux chambres [Sénat et Chambre des représentants, ndlr] pour bloquer les mesures les plus radicales de Barack Obama, les grands programmes gouvernementaux et commencer à s'attaquer au déficit massif et au problème de la dette qui s'aggravent depuis dix ans. Les républicains veulent aussi réduire la taille et le poids du gouvernement fédéral. Enfin, nous souhaitons créer un environnement économique stable, dans lequel le business se sentira à l'aise pour investir et donc créer de l'emploi.

… Aujourd'hui, le gouvernement est totalement hors de contrôle, à la fois sur le plan fiscal et économique. Il dit aux gens comment il faut vivre, ce qu'ils doivent acheter… l'arrivée apparemment soudaine du Tea Party n'est pas tant liée à Barack Obama qu'à cette colère accumulée à l'encontre d'une administration fédérale hors de portée.

Quel bilan faites-vous des deux premières années de mandat de Barack Obama?
Barack Obama et son administration ont été un désastre pour les Etats-Unis, à la fois sur le plan intérieur et extérieur. Il est en passe d'être un président pire que Jimmy Carter! Nous sommes peut-être un peu plus "aimés" à l'étranger mais nous sommes moins respectés, à la fois par nos "amis" mais aussi par nos ennemis. La Chine et la Russie traitent Obama avec un manque de respect total. L'Iran et la Corée du Nord se moquent ouvertement de l'administration américaine. Enfin, nos alliés en Europe nous font la morale - à juste titre aurais-je envie d'ajouter - sur nos dépenses incontrôlées.

FYI, as a minor critique of the interview as printed in a shortened form, Stuart Haugen adds that
I did not really claim the Iraq war spending as a major motivation for the rise of the Tea Party (I did include it in the long list but she applied her "French" bias to make it the primary motivator, not a disaster…) and on one quote where I talk about spending money to expand public sector while the "private sector" is dying, she made an error.

2010/10/28

Un article sur l'une des élections des mid-terms entièrement focalisé sur le Démocrate & où le Républicain n'apparait qu'à travers ses yeux subjectifs

Trop typique, malheureusement, l'article de Sylvain Cypel dans Le Monde dans lequel il raconte les élections pour le siège vacant à la Chambre de la 29e circonscription de l'Etat de New York.

Ou plutôt, il ne raconte pas les élections, il raconte la personnalité d'un (seul) candidat, à savoir le brave candidat démocrate, "ouvert sur les questions de société" et, donc, lucide à souhait.

Malheureusement, c'est trop typique de raconter l'odyssée d'un gauchiste comme un combat personnel, éminemment louable, presque comme une saga.

L'une des raisons de l'article est que Matt Zeller est tout jeune (il a 28 ans). Voyez la différence avec une Sarah Palin ou une Christine McDonnell. Quand il s'agit d'un Républicain/d'un conservateur, l'âge aurait été une occasion rêvée, entre beaucoup d'autres, pour ridiculiser le candidat ainsi que le parti pour lequel une personne avec (supposément) aussi peu d'expérience combat. Justement, ici, le Républicain n'est présenté qu'à travers les opinions (auto-congratulatoires) du Démocrate.
Son adversaire, Tom Reed, est un avocat spécialisé dans le recouvrement de dettes liées à la santé : "un mercenaire du big business", dit M. Zeller.
Pour les besoins de son article, Sylvain Cypel n'aurait-il pas pu tenter de contacter Tom Reed, ne fut-ce que pour donner le point de vue de l'adversaire de Matt Zeller et éventuellement recueillir ne fut-ce qu'une seule citation de ce Républicain ?

2010/10/19

La démocrature (entre démocratie et dictature) : une menace ténébreuse lorsqu'elle est de droite, une chose infiniment utile lorsqu'elle est de gauche

La démocratie est installée depuis vingt ans en Hongrie
écrit Marion Van Renterghem dans Le Monde.
On peut y parler ouvertement, créer des partis politiques, incendier le gouvernement dans la presse, bénéficier des largesses d'une loi sur la liberté d'expression où rien n'est sanctionné, pas même les propos racistes ou antisémites.
Et pourtant, demande l'envoyée spéciale à Budapest,
Faut-il avoir peur de Viktor Orban ? … le premier ministre conservateur et nationaliste, 47 ans, triomphalement élu en avril, n'est plus celui qui avait dirigé le pays de 1998 à 2002. Pour la première fois, il a tous les pouvoirs. Son parti, le Fidesz, dispose d'une écrasante majorité et les élections municipales du 3 octobre ont confirmé son emprise. … L'écrivain [György Konrad] a sa définition du nouveau régime : une "démocrature", entre démocratie et dictature.
En une page entière, Le Monde regrette que
le premier ministre [ait] la majorité des deux tiers au Parlement, le contrôle total de l'appareil législatif et exécutif. Face à lui, … aucun contre-pouvoir solide.
Le Monde regrette cette montée du "populisme" dans laquelle on prône
l'ordre et la stabilité, plutôt que la liberté ou la démocratie.
Et pourtant, en lisant l'article de Denis Lacorne sur les Tea Parties — qui met les lecteurs en garde contre les "partisans de l'ultralibéralisme" et contre les opinions "délirantes" de l'opposition à Washington (et au parti au pouvoir), ainsi que contre le danger d'"une complète paralysie législative" si, par (le plus grand des) malheur(s), elle devait gagner trop de sieges — on a l'impression que rien ne ferait plus plaisir au Monde et aux élites de France qu'une "démocrature" aux États-Unis.

On voudrait que Barack Obama ait "tous les pouvoirs." On voudrait que "Son parti," le Parti démocrate, "dispose d'une écrasante majorité". On voudrait que Obama ait "la majorité des deux tiers au Parlement, le contrôle total de l'appareil législatif et exécutif." Et on voudrait que "Face à lui, [il n'y ait] aucun contre-pouvoir solide."

En fin de compte, il n'y aurait rien de mieux qu'une "démocrature" lorsque cette démocrature est de gauche, s'entend, et aux mains d'un Grand Timonier (inter?)national comme Barack Obama, guide spirituel de la nation américaine (et de la planète toute entière)…

Comme on pouvait s'y attendre du journal de référence, un article sur les Tea Parties fort généreux en qualificatifs péjoratifs et en caricatures

L'article de plein page dans Le Monde sur les Tea Parties par Denis Lacorne multiplie les caricatures des Républicains, le mépris des libéraux (toujours des ultras), et les termes péjoratifs pour les Américains qui ne font pas partie des élites de l'Est ("une émeute", "rappel farfelu", "ses incohérences", les "plus extrémistes", "un chacun pour soi généralisé", "sans la moindre considération", "la hantise", "des amateurs", "une néophyte de la politique", "la risée des médias", "de façon hystérique", "des opinions aussi délirantes", "parodie du mouvement des droits civiques", "un discours insipide", "travestir la pensée de Martin Luther King", "partisans de l'ultralibéralisme", "un discours répressif", "cette maladie infantile de l'ultraconservatisme"…)

Pendant ce temps, Corine Lesnes, sa consœur du Monde, en rajoute, multipliant les bordées contre les tea parties, tout en traitant Sharron Angle, rivale républicaine du sénateur démocrate Harry Reid, de… Ma Dalton !

No wonder que les habitants de l'Amérique profonde ont toujours une si mauvaise réputation en Europe…

En plus, en évoquant le danger d'"une complète paralysie législative", Le Monde se fait le chantre du museleage (de l'auto-muselage?) et de la soumission devant le pouvoir.

Être "une néophyte de la politique" ? N'était-ce pas pour cela qu'on a, jadis (en 2008), porté Barack Obama aux nues ?

Et être "la risée des médias" ? À quel point est-ce vraiment une tache noire sur la réputation des politiciens — pardon, des néophytes — en question quand on sait le parti pris des médias, américains comme européens, pour l'État-providence et pour ses champions ?!

Comme le dit un lecteur :
Comme on pouvait s'y attendre du «journal de référence», un article à charge fort généreux en qualificatifs péjoratifs et en caricatures. Il serait intéressant que l'auteur s'interroge sur les causes du succès des Tea Parties (sans se limiter à l'explication standard par la bêtise des Américains qui, c'est bien connu, ne valent pas les fins Européens produits par Sciences Po).
En effet, on serait tenté de croire que les braves champions gauchistes de la démocratie ne souhaitent rien de mieux pour les USA qu'une démocrature (entre démocratie et dictature).

Ailleurs, Sylvain Cypel énonce bien quelques demandes des Républicains…
L'Etat de New York n'est pas seulement très endetté, il est dit "ingérable". La faute aux "intérêts spéciaux", un terme qui désigne aussi bien les multiples lobbies actifs dans sa capitale, Albany, que les syndicats. L'opposition dénonce une fonction publique "pléthorique et intouchable", un "gouffre budgétaire". Albany serait "corrompue", et son impéritie insondable, clame-t-elle, ce que même le candidat démocrate est amené à juger partiellement fondé. … [Le candidat républicain] promet d'y mettre bon ordre. Elu, il décrétera "l'état d'urgence financière", "abolira l'Etat-providence", réduira les dépenses publiques de 10 % à 20 %, licenciera les personnes "inutiles", baissera massivement tous les impôts, mettra les syndicats au pas et un terme à la gabegie des aides sociales, pourchassera les clandestins...
…mais cet article du Monde vient dans le contexte de Crazy Carl — "Carl le dingue" Paladino qui commettrait gaffe sur gaffe ainsi que "ses bourdes coutumières"

2010/10/15

Facile de condamner les autres pour leur peine de mort et leurs actes pendant la guerre lorsque les vôtres sont ignorés pendant plus d'un demi-siècle

Deux choses que les Français sont toujours friands de faire est de reprocher aux Américains — voire, les condamner pour, que dis-je, les diaboliser pour — leur peine de mort et leur comportement pendant une guerre (ainsi que leur racisme et leurs violations des droits de l'homme). Il est vrai qu'il est plus facile de donner des leçons à tout le monde (et surtout aux Ricains) lorsque ses propres manquements sont ignorés (de façon délibérée ou autre), ou alors lorsque ses manquements ne viennent au jour que seulement beaucoup d'années après, par exemple le temps d'un… demi-siècle !

Ainsi, par exemple, François Mitterrand, grand héros de la gauche, a pu terminer presque deux septennats comme président de la République (rien de moins) avant que les journalistes français et que les historiens français apprennent (et cela, seulement grâce à la connivence de l'intéressé) qu'il avait travaillé dans le gouvernement de Vichy. Et voilà que, 15 ans (seulement!) après son départ du pouvoir, on apprend que celui qui avait mis fin à la peine de mort avait fait librement usage de la guillotine lorsqu'il était ministre pendant la Guerre d'Algérie.
Les condamnations à la peine capitale pleuvent. La guillotine, jamais utilisée contre un nationaliste depuis le début des "événements", fait son office à Paris comme à Alger. Les têtes des fellaghas tombent à une cadence oubliée depuis l'Occupation allemande : jusqu'à cinq certains jours.
Ainsi écrit Jean-Pierre Tuquoi dans Le Monde, en évoquant le livre de François Malye et de Benjamin Stora. Au printemps 1956,
François Mitterrand signe les décrets des "pouvoirs spéciaux". Désormais, les tribunaux militaires prennent le pas sur les juridictions civiles. La loi autorise la "traduction directe devant le tribunal militaire permanent des forces armées, sans instruction préalable, des personnes prises en flagrant délit de participation à une action contre les personnes ou les biens, même si ces infractions sont susceptibles d'entraîner la peine capitale". Ce faisant, rappellent les auteurs, François Mitterrand approuve une mesure que son prédécesseur, Robert Schuman, avait refusée car il y voyait une "négation du droit de la défense".

A juridiction d'exception, verdict d'exception. Les condamnations à la peine capitale pleuvent. La guillotine, jamais utilisée contre un nationaliste depuis le début des "événements", fait son office à Paris comme à Alger. Les têtes des fellaghas tombent à une cadence oubliée depuis l'Occupation allemande : jusqu'à cinq certains jours. Sans résultat probant sur le plan sécuritaire : loin de réduire la violence, la "Veuve" la nourrit.

Avant chaque exécution le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), dont la vice-présidence est assurée par le garde des sceaux, se réunit pour conseiller le président de la République sur les recours en grâce des condamnés à mort. Pendant des décennies, on a ignoré dans quel sens s'était prononcé François Mitterrand au cours des seize mois où il fut ministre de la justice. Ses biographes assuraient que la peine de mort lui répugnait, et qu'il avait sauvé des têtes.

L'examen du registre des grâces (partiellement ouvert depuis 2001) contredit cette image : "Sur les quarante-cinq dossiers d'exécutés lors de son passage Place Vendôme, François Mitterrand ne donne que huit avis favorables (cinq autres avis sont manquants). On peut le dire autrement : dans 80 % des cas connus, il a voté la mort."

…François Mitterrand n'a jamais livré la clé de son attitude. Revenir sur cette tranche de vie le gênait. Dans ses livres, ses discours, ses interventions, il la passe sous silence. "Il en avait honte", assure son premier biographe, Franz-Olivier Giesbert. "Ça l'exaspérait, et il passait très vite à autre sujet", confie au Monde un ancien ministre du gouvernement d'union de la gauche, sous couvert d'anonymat.

Gisèle Halimi ne dit pas autre chose. Avocate, elle a pris la défense de militants du Front de libération nationale (FLN) ; femme de gauche, elle a introduit le futur président de la République auprès de certains de ses amis artistes. "Je me souviens d'un dîner chez moi. Durant sa campagne (celle de 1981), je réunissais souvent des gens du spectacle (...). On était tous en train de parler de l'horreur des exécutions capitales. Il a d'abord été silencieux. J'ai voulu évoquer la période algérienne, et là, immédiatement, il a changé de sujet." Personne ne reviendra sur ce sujet.

Pas même les partis politiques, tant et si bien que les "années algériennes" de François Mitterrand n'ont pas nui à sa carrière. Alors que son bref compagnonnage avec Vichy a suscité livres et commentaires à foison, les quelque cinq cents jours où il fut ministre de la justice n'ont pas été instrumentalisés par ses adversaires politiques, de droite comme de gauche.

Qui aurait eu intérêt à le faire ?

…La singularité est que ce même François Mitterrand est aussi celui qui a aboli la peine de mort en France, contre le souhait d'une majorité de l'opinion publique.

Selon un lecteur :
Soulevez le vernis angélique de la Gauche, ne vous laissez pas berner par ses déclarations humanistes mais observez ses acteurs : vous y découvrirez des êtres (hommes et femmes) avides de pouvoir, prêts à toutes les compromissions pour l'obtenir. Sur cet aspect, je préfère la Droite, qui assume ses choix. Moins faux-culs, en quelque sorte !

2010/10/14

La France condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa procédure de garde à vue

Le pays qui n'aime rien de mieux que de donner des leçons des droits de l'homme aux Américains débiles a été condamné, jeudi 14 octobre, par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa procédure de garde à vue.
Les juges estiment que les gardés à vue doivent pouvoir bénéficier d'un avocat dès le début de la procédure et durant tous les interrogatoires et insistent pour que soit respecté le droit d'un mis en cause à garder le silence.
Les « dix commandements » du gardé à vue
oici les « bons réflexes » dispensés par le cabinet d'avocat :
Ne répondre « qu'à la question posée » ;
ne pas « sonoriser les silences »
(comprendre ne pas tenter de les meubler) ;
avoir « le droit de ne pas savoir ;
avoir « celui de ne pas se souvenir » ;
se « faire reformuler les questions si nécessaire » ;
« ne pas se laisser impressionner par ses interlocuteurs » ;
« livrer des faits, pas d'interprétations » ;
« se méfier du «off» » ;
ne signer son procès-verbal que si l'on est « d'accord sur tout » ;
exiger « des temps de repos » ;
« user de son droit de voir médecin et avocat ».

2010/10/13

Protesting against a raise in the retirement age to 62?! Grow up!

Beaucoup d'Américains ne semblent pas impressionnés par les révendications des protestataires…
PARIS: Sarkozy stands firm as pension protests escalate. “More than 3 million demonstrators – one in 20 of all French people – marched yesterday against the President’s plans to raise the standard retirement age from 60 to 62. Tens of thousands of students joined the marches for the first time, threatening to radicalise the protests and broaden them into a rebellion against a deeply unpopular presidency.”

Miserable parasites — protesting against a raise in the retirement age to 62? Grow up.

2010/10/12

Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté

En français … j'ai toujours peur de me tromper.
Dans un entretien avec Eric Fottorino, Umberto Eco aide à expliquer pourquoi le français n'est plus la langue universelle…

Avez-vous déjà eu la tentation d'écrire dans une autre langue que la vôtre ?

Oui, il m'est arrivé d'écrire beaucoup d'essais en anglais. Directement en anglais.

Cela suppose de très bien manier la langue anglaise, et pas seulement de la parler...

Je parle mieux le français que l'anglais. Mais je préfère écrire en anglais qu'en français. Car en français, il y a des problèmes d'accents et d'orthographe qui sont terribles. Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté. Tandis que quand vous écrivez un mauvais anglais, tout le monde vous accepte.

C'est formidable, pour une maison d'édition anglophone, d'avoir un auteur qui écrit directement son livre en anglais !

Cela se fait de plus en plus. Tous les scientifiques écrivent en anglais. En français, je suis capable de préparer un texte pour une conférence, mais j'ai toujours peur de me tromper. En français, il y a onze façons d'écrire le son "o". C'est en France qu'il y a le plus grand taux de dyslexie. En allemand ou en italien, un son s'écrit exactement comme on le dit, et cela aide beaucoup. En anglais, on le dit et on l'écrit toujours d'une façon différente. En français, il y a des règles, mais elles sont trop compliquées.

2010/10/11

Haines d'Alsace

Le directeur du cinéma Odyssée, une figure de la vie intellectuelle strasbourgeoise, français d'origine turque, est l'avant-dernière victime de la série d'actes xénophobes, racistes, antisémites ou islamophobes qui secouent l'Alsace depuis le début de l'année
écrit Béatrice Gurrey dans Le Monde — une quinzaine d'actes de ce type au total — en rapportant ce qui se passe dans l'arrière-cour des Français pendant que ces êtres extra-lucides dénoncent le racisme supposé de ces abrutis d'habitants de l'Amérique profonde.
Sur la porte de la maison familiale [de Faruk Günaltay — deux voitures presque carbonisées], des croix gammées et les chiffres 14 et 88 avaient été tracés, références aux 14 mots d'un slogan raciste et au salut nazi "Heil Hitler", le H étant la huitième lettre de l'alphabet. … Le domicile de [Israël Nisand,] conseiller municipal de Strasbourg, dans la majorité du maire socialiste Roland Ries, a été tagué de trois croix gammées, des initiales SS et de la phrase "Mort à Zog", (Zionist organization government, le sigle antisémite utilisé par l'extrême droite).
Il y a aussi le clip
posté sur Internet dans lequel un homme brûle une page du Coran puis urine sur les cendres "au nom de la liberté".
Béatrice Gurrey nous rapporte les réactions des locaux :
"Ces actes sont un véritable traumatisme pour les Alsaciens et sont de nature à atteindre le "vivre ensemble". Leur violence, leur lâcheté, leur gratuité provoquent un sentiment de consternation et de dégoût."
For some reason, French cartoonist Martin Vidberg manages to implicate John McCain ("McCain fries"?!?!) in the Koran burning! (Then again, the Arizona senator is emblematic of American conservatives…)

Un lecteur réagit (à la nouvelle du clip) :
"brûler le Coran" ? "un acte barbare" ? Non, mais on aura tout vu ! Un acte barbare, c'est se faire sauter au milieu d'un marché, c'est vitrioler une gamine qui va à l'école, brûler une fille qui vous dit non, c'est lapider une femme pour avoir disposé de son corps comme elle l'entend et j'en passe. N'inversons pas les rôles ! C'est un bouquin. Point barre.
Tandis que deux autres font valoir les deux poids deux mesures :
On croit rêver ... qui s'indigne quand les Chrétiens se font massacrer au Nigeria, en Irak, en Palestine .... PERSONNE !!! et surtout nos chers compatriotes musulmans. De +, il faut que tout le monde lise le Coran pour voir a quel point les positions sur la laïcité, les femmes, les chrétiens, les apostats sont très claires (et complètement contraire a nos lois).

[Brûler le Coran est un] Acte stupide certes,mais effecivement comme le soulignent nombre de lecteurs pas UN [seul] représentant du culte musulman en France ne condamne les massacres de chrétiens en terre d'Islam: Turquie (Mgr Padovese en juin dernier pour ne citer que ce dernier cas),Nigéria,Moyen-Orient,Indonésie...et ce au nom d'une supériorité qui fait que les autres croyants sont considérés comme des infidèles au mieux comme des dhimmis!Qu'ils balaient devant leur porte! On n'est plus au Moyen-Age,eux si!

2010/09/27

Le communisme n'a tué que 100 millions de personnes ; Il faut lui donner une autre chance !

Following Guy Sorman's common-sense decision to refer to Phnom Penh as The Nuremburg of Communism because of the Cambodian capital's Khmer Rouge trials, Le Monde gets inundated with reactions from intellectuals and readers saying that Karl Marx and his theories should not be rejected — how dare he?! — because of "mistakes" by communist régimes…

Or, as the Protest Warrior T-shirt proclaims:
Communism has only killed 100 million people;
let's give it another chance!

2010/09/26

S'attaquer à l'hécatombe du communisme dans Le Monde fait sortir les Marxistes de tout poil

Suite à la décision, emplie de bon sens, de Guy Sorman, de faire référence dans Le Monde au procès des Khmers rouges à Phnom Penh en tant que le Nuremberg du communisme, multiples sont les marxistes auto-proclamés à réagir, d'Yvon Quiniou à Jean-Pierre Bizet en passant par Pierre Bance.

Récuser Marx au nom des régimes communistes relève de l'amalgame ou de l'incompréhension, fait Yvon Quiniou, en insultant allègrement Guy Sorman, tandis que Pierre Bance répond et Jean-Pierre Bizet en rajoute.

Ce n'était pas la première fois que Guy Sorman était ainsi attaqué. Deux mois auparavant, son article, J'accuse le régime chinois, avait donné lieu à une réponse d'un Chinois, Jin Chunlei, intitulé (on a du mal à y croire) Si, la Chine est une démocratie.

Comme le dit le T-shirt des Protest Warriors,
Le communisme n'a tué que 100 millions de personnes ; il faut lui donner une autre chance !

2010/09/23

Il sera très facile d'avoir la paix avec, mettons, la Russie et l'Islam : il suffit simplement d'ignorer les provocations et les actes d'aggression

Deux ans après la guerre éclair entre la Russie et la Géorgie, le paysage a changé dans l'espace postsoviétique. La remise à plat décidée par Barack Obama a produit son effet. Outre la question des voies de transit vers l'Afghanistan, Washington a privilégié deux dossiers, sur lesquels Moscou s'est montré coopératif : la réduction des arsenaux nucléaires et l'Iran. Les pays européens, autrefois déchirés entre droits de l'homme et intérêts économiques, ont aussi basculé dans le réalisme. Même l'extension jusqu'à 2042 du bail de la flotte russe dans le port ukrainien de Sébastopol est passée, en avril, comme une lettre à la poste.
L'analyse de Piotr Smolar dans Le Monde est une longue liste de si nous fermons les yeux, si nous nous bouchons les oreilles, si on se tait, alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes
Aujourd'hui, une unanimité diplomatique se dessine : les rapports avec la Russie ne doivent plus se développer dans la méfiance mutuelle. La vente possible d'un navire de guerre à Moscou par un pays de l'OTAN - en l'occurrence la France, avec le Mistral - aurait été inimaginable dans un passé récent. Plus d'états d'âme : dans les chancelleries occidentales, on parle économie et sécurité.
"Plus d'états d'âme" ; "basculé dans le réalisme" ; " inimaginable dans un passé récent" ; "victoire du pragmatisme". Il ne reste qu'à se demander jusqu'où peut se baisser le défaitisme occidental (notons que les ennemis de la détente viennent — comme d'habitude — des USA, vu que les horribles Républicains méfiants pourraient miner la nouvelle atmosphère de paix puisque "aux Etats-Unis, le nouveau traité Start pourrait faire l'objet d'une offensive républicaine cet automne" et s'il "n'était pas ratifié, Barack Obama subirait [ciel !] un grave revers"), surtout suite au scandale du livre de Bob Woodward aux Etats-Unis par rapport à un autre ennemi de l'Occident. (Pardon, c'est vrai, toute the leftist narrative repose sur le fait — n'ayons "plus d'états d'âme" et basculons "dans le réalisme" afin de jouir de la "victoire du pragmatisme" — qu'en fait, l'Occident n'a pas d'ennemis. Il suffit d'un peu de compréhension et de bonne volonté — une volonté de s'incliner — de temps en temps, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…) On apprenait dans Obama's Wars que Barack Obama, alias the Apologizer-in-Chief, avait dit que
We can absorb a terrorist attack. We’ll do everything we can to prevent it, but even a 9/11, even the biggest attack ever . . . we absorbed it and we are stronger.
En d'autres mots, essayons de basculer dans le réalisme et de ne pas réagir trop fortement et d'ignorer l'acte de terrorisme occasionnel, et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cela vient de celui qui a juré de défendre le peuple américain (ainsi que la Constitution). Comme on peut le lire dans The Blaze,
Ace of Spades blogger “Ace” believes that the comment represents an underlying leftist belief that “we’re just going to have to be mature about mass murder.” … He adds:

But the left is pushing this idea that we can safely “absorb” many new 9/11′s with an eye towards getting us to “accept” the greater bargain they fatuously offer — peace, and a general wind-down of post-9/11 security “overreactions” like the FBI tracking Muslims suspected of terrorist ties. If only we didn’t overreact to the occasional mass-murder, we could go about our business without war, without increased security measures, without “Islamophobia,” without the rest of it.