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2013/07/02

Le complice hacker couronné Prix Nobel d'un jour


Bachar le chimique poursuit donc allègrement le massacre de sa population sous les auspices de l'inamovible du Kremlin. L'ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovsky pourrit au goulag, les jeunes Pussy Riot aussi et tant de contestataires ignorés. Vladimir Poutine reprend la ritournelle du complot étranger, chère à Staline et Brejnev pour liquider, par copains et coquins interposés, les bourgeons de démocratie en Ukraine comme en Géorgie.
Ainsi écrit André Glucksmann.
DES RÉVOLUTIONS RÊVEUSES DE LIBERTÉ

Ailleurs, les islamistes sabotent les révolutions rêveuses de liberté. L'Iran construit sa bombe. Les puissances de nuisance bloquent le Conseil de sécurité de l'ONU et les instances démocratiques dorment. Poutine maître du jeu interdit toute résolution sur l'hécatombe en Syrie. Rien ne change.

 … Intoxication et trahison sont les mamelles de l'espionnage. La révélation d'aujourd'hui pourrait sembler banale et sans importance, il n'en reste pas moins que tous les préparatifs destinés aux décennies à venir de la plus grande puissance planétaire sont livrés sur un plateau à un adversaire potentiel. Que la Chine et d'autres encore soient peut-être pareillement lus à livre ouvert, loin de rasséréner, doit interroger.

L'ensemble des ministères de la guerre et des services attenants n'ont-ils plus qu'à mettre la clé sous la porte ? Au bénéfice de qui ? Du dernier perceur de coffre et de son complice hacker couronné Prix Nobel d'un jour. Les raisons d'Etat s'évanouissent-elles devant celles de réseaux infra ou supranationaux ? Nous pénétrons à l'aveugle dans une ère opaque.

Après le pouvoir égalisateur de l'atome voici venir le pouvoir égalisateur du cyber-espionnage ? Au premier nous devons la guerre froide entre les deux grands de l'époque, l'équilibre de la terreur et la stratégie de la dissuasion. Comment prévoir ce que nous réserve l'équilibre incertain des cyber-pronostics ? …

IMMÉDIAT ET CONTRADICTOIRE TOHU-BOHU

L'Amérique n'est plus dans l'Amérique, la Chine dans la Chine, la Russie dans la Russie. Non seulement ils sont interdépendants, mais leur force respective mute en fonction des surprises de l'actualité. A peine les services américains avaient-ils accusé les services chinois de vol informatique qu'ils se sont vus défenestrés par les divulgations d'Edgar Snowden sur leurs écoutes universelles.

La deuxième révélation a fait oublier la première, alors que l'une comme l'autre relèvent probablement d'une équivalente véracité. Il nous faudra encore quelque temps avant de nous retrouver de plain-pied avec l'immédiat et contradictoire tohu-bohu.

2013/07/01

Le phénomène Tea Party arrive-t'il (enfin) en Europe ?


Le Monde ne s'en rend pas compte, mais les articles de et Frédéric Lemaître décrivent le même phénomène en France et en Allemagne que l'arrivée des Tea Parties aux USA (diabolisées à souhait et ce, des deux côtés de l'Atlantique). Dans tous les cas, le cri des citoyens est le même : "Nous ne sommes pas des vaches à lait" et "Cessez de jeter notre argent par les fenêtres!"

En France:
Vraie bombe pour les nombreuses collectivités territoriales qui attendent de voir se réaliser leurs projets d'infrastructures de transports, le rapport remis par Philippe Duron au gouvernement, jeudi 27 juin, est une aubaine pour ceux qui s'opposent au bétonnage du territoire. Le député socialiste du Calvados préconise la fin du "tout-TGV" et du "tout-autoroutes", et propose notamment le report (l'abandon ?) de nombreux projets de lignes à grande vitesse, comme Bordeaux-Hendaye, ou de tronçons d'autoroutes, tel l'A51 entre Gap et Grenoble, contestés localement.


Cette proposition de révision des schémas de transports, dont le premier ministre Jean-Marc Ayrault a dit qu'il partageait "le diagnostic précis", suffira-t-elle à calmer la contestation des collectifs locaux formés contre ces projets qu'ils jugent inutiles, voire néfastes ? Pour quelques-uns d'entre eux peut-être, mais la fronde ne concerne pas uniquement les grandes infrastructures de transports.

Centres commerciaux, équipements sportifs, centrales à gaz, projets d'exploitation de gaz de schiste, déchetteries géantes : les batailles se mènent contre les projets les plus "modestes", comme le golf gardois de Saint-Hilaire-de-Brethmas, jusqu'aux plus ambitieux, tel l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Parfois avec pour seule préoccupation de s'opposer à la dégradation de son environnement personnel – à l'image du mouvement Nimby ( Not in my Backyard – "Pas dans mon arrière-cour" !) présent dans d'autres pays –, mais le plus souvent pour défendre une autre idée de l'intérêt collectif, du développement économique et de l'utilisation des fonds publics.

En Allemagne :
Ils se sont opposés en 2010 au réaménagement complet du quartier de la gare de Stuttgart, ont obtenu la limitation des vols de nuit à l'aéroport de Francfort, imposé l'abandon d'une troisième piste à celui de Munich, ont contraint le gouvernement à chercher un nouveau centre de stockage de déchets nucléaires en s'enchaînant aux voies ferrées pour empêcher les trains d'atteindre le site de Gorleben... "Ils" sont même devenus suffisamment importants pour qu'on leur donne un nom : ce sont les "Wutbürger", les "citoyens en colère", un terme élu "mot de l'année 2010" et qui figure désormais dans le dictionnaire.

Difficile de trouver en Allemagne un grand projet d'infrastructure qui ne suscite pas la mobilisation d'opposants. "Même l'électrification d'une voie ferrée semble devenue un problème", admet Cem Özdemir, le président des Verts, dans une récente tribune de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il fait référence à l'électrification de la ligne Munich-Zurich, décidée en 1985 et toujours pas réalisée en Allemagne, bien que la Suisse ait proposé de la financer.
 
EMPÊCHEURS DE CONSTRUIRE

Dans un pays qui a décidé d'abandonner le nucléaire, et qui va devoir construire des milliers de lignes à haute tension pour relier les éoliennes installées en mer du Nord avec les centres industriels du Sud, en Bavière et dans le Bade-Wurtemberg, le phénomène inquiète les partis politiques. Les inondations récentes ont relancé le débat. Après les crues de 2002, les autorités avaient prévu d'investir des centaines de millions d'euros, notamment pour construire des digues mais, dans de nombreuses localités, les citoyens s'y sont opposés.

Qui sont ces empêcheurs de construire en rond ? Selon une étude de l'Institut de recherche sur la démocratie, publiée fin janvier et financée par BP, ce sont pour l'essentiel des gens sans enfants : salariés à temps partiel, lycéens, enseignants et surtout préretraités et retraités. Des hommes pour 70 % des 200 militants interrogés, bien plus diplômés que la moyenne. Techniciens, informaticiens, biologistes, ingénieurs sont les principales professions exercées. Plus de la moitié se disent sans religion. Enfin, une grande majorité estime que l'Allemagne n'est pas une "vraie démocratie".

Contre ces mouvements, la réponse des politiques varie. Si, après les inondations, certains ont estimé que l'intérêt public devait prévaloir sur les intérêts privés, la plupart des partis insistent sur une meilleure participation des citoyens "en amont" des décisions. Mais celle-ci n'est pas une garantie de succès. Le Bade-Wurtemberg, pourtant dirigé par un élu écologiste, vient d'en faire l'expérience. Sept villages se sont opposés à un projet porté par le Land. En l'occurrence, il ne s'agit ni de construire un aéroport ni une centrale à charbon... mais de créer un parc national pour protéger le nord de la Forêt-Noire.