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2013/01/28

"Mauvaises manières" américaines : quand ce sont les USA qui ne semblent pas soutenir la France dans une guerre, cela relève du scandaleux


Ce n'est pas à proprement parler une crise bilatérale
proteste Natalie Nougayrède dans un article du quotidien Le Monde qui tendrait à démontrer que quand les Américains ne semblent pas soutenir les Français dans une guerre, c'est (tout bonnement) scandaleux. Ceci est à mettre en contraste avec les fois où les Français ne soutiennent pas les Américains dans une guerre (Irak), ce qui est (entièrement) normal — voire un geste des plus laudatoires.

Et puis, qu'importe si, dans tous les cas, il s'avère que les Yankees semblent soutenir les Frenchies plus que les Nations Unies ou l'Union Européeenne ?! Quant à la presse américaine, elle vient à la défense des… Français ! (Voilà une chose qu'on aurait aimé plus voir du côté de l'Hexagone dans les années qui ont suivi 2003…)

Enfin, comme ce n'est pas George W Bush qui est aux commandes, mais Barack Obama, on pardonne tout à la Maison Blanche, y compris les contes de fée gauchistes (comme le colonialisme damné aux quatre vents) et comme une attitude qui pourrait être perçue comme une traîtrise…
Plutôt une série de doutes, d'interrogations, d'incompréhensions. La relation entre Paris et Washington est mise à l'épreuve par la crise au Mali. La rapidité et les contours de l'intervention armée française ont pris l'allié américain de court. Des responsables français ont été choqués quand les Etats-Unis ont tendu une facture de 20 millions de dollars (15 millions d'euros) pour l'utilisation des avions gros transporteurs C-17 de la US Air Force. "50 000 dollars l'heure de vol !", s'indigne-t-on encore à Paris. Le refus a été tout net.

L'affaire a "fuité" dans la presse anglo-américaine. Le 18 janvier, le Washington Post a ce titre ravageur pour l'administration Obama : "Un sale coup contre un allié au Mali", l'allié étant la France. L'article souligne que "grâce à la France, des troupes américaines ne sont pas nécessaires au Mali". Faire payer un partenaire qui combat seul, dans les sables du Sahel, un danger djihadiste reconnu de tous ? Finalement, Washington corrige son tarif : l'emploi des C-17 sera gratuit. Ce n'était pas la fin des tractations. Vendredi 25 janvier, Paris guettait une autre décision américaine : les trois avions ravitailleurs, dont la France a besoin pour ses capacités logistiques, vont-ils être mis à disposition ?

A l'inverse de Nicolas Sarkozy, qui avait laissé éclater sa colère au téléphone contre Barack Obama, fin mars 2011, après avoir compris que le président américain retirait ses avions bombardiers de l'opération en Libye, l'Elysée de François Hollande a décidé de réagir avec placidité aux "mauvaises manières " américaines. Surtout, ne rien laisser entrevoir de l'agacement ambiant. "Et ne pas donner l'impression aux Algériens" qu'il y a un malaise, glisse un officiel français. Car, sur le fond, l'Amérique soutient et aide. Son apport en renseignements est crucial.

LE PROBLÈME S'EST SITUÉ À LA MAISON BLANCHE 

Le problème du Sahel figure depuis longtemps sur l'écran radar de Washington. En 2004, George W.Bush avait lancé l'"Initiative pan-sahélienne" de lutte contre le terrorisme, le début d'un positionnement de forces spéciales dans plusieurs pays de la région. L'administration Obama a parachevé la mise en place du commandement "Africom", doublée d'un programme de formation d'armées locales. Après l'attaque contre le consulat américain à Benghazi, puis la récente prise d'otages en Algérie, où trois Américains ont trouvé la mort, l'attention accordée à la mouvance d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) s'est accrue. Les services de renseignement américains font la même analyse que leurs collègues français du degré de la menace.

S'il y a eu un hiatus franco-américain, le problème s'est situé à la Maison blanche bien plus que du côté du Pentagone. Barack Obama et ses conseillers se sont interrogés sur l'ampleur de l'aide à fournir aux Français, et sur la posture de belligérant que cela conférerait aux Etats-Unis. L'attaque française au Mali, avec ses allures de corps expéditionnaire en ancienne terre coloniale, ne correspond pas vraiment à la stratégie préférée du dirigeant américain, celle des opérations armées furtives, faites de frappes de drones et d'opérations commandos, comme en Somalie et au Yémen.

Fin octobre 2012, lors d'une discrète réunion à haut niveau, à Paris, des émissaires de Washington, parmis lesquels Micheal Sheehan, le "monsieur antiterrorisme" de l'administration, demandaient avec enthousiasme à leurs interlocuteurs français : "Alors, comment allez-vous les frapper, ces salauds ?", en parlant des groupes djihadistes au Mali. La guerre se préparait, mais la diplomatie américaine avait aussi de gros doutes sur le plan français prévoyant un déploiement de forces ouest-africaines.

"LES AMÉRICAINS ONT AUSSI DES CONTRAINTES BUDGÉTAIRES"

Quand l'intervention française a commencé, les conseillers de la Maison blanche ont opposé des arguments juridiques aux demandes d'entraide de Paris : "On ne connaît pas vos cibles, comment peut-on être certain que vous allez tuer des personnes représentant un danger direct pour les Etats-Unis ?" Rien ne s'est arrangé quand, apparemment sur instruction de la Maison blanche, le secrétaire à la défense, Leon Panetta, a brusquement annulé un déjeuner prévu à Paris, le 19 janvier, avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian. Les deux hommes se sont parlé le lendemain, par téléphone.

Dans l'entourage de M.Hollande, on met ces flottements sur le compte de la période de transition politique à Washington : la cérémonie d'investiture, les nouvelles nominations dans l'administration. Et puis, glisse une source officielle à Paris, "les Américains ont aussi des contraintes budgétaires. Ils ne peuvent pas tout faire. On ne peut pas exclure qu'ils se "réservent" pour le dossier syrien..."

Quand Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat sortante, a déclaré, le 23 janvier, que son pays devait "s'engager plus" au Sahel, les responsables français se sont demandé s'il s'agissait d'un solo politique, ou bien une éclaircie dans la relation avec "une Amérique compliquée".

Vendredi soir, M.Obama a téléphoné à M.Hollande, leur première conversation depuis le début de la guerre. Selon la Maison Blanche, il a "exprimé son soutien au leadership" français au Mali et le dirigeant français l'a "remercié pour le soutien significatif apporté par les Etats-Unis".

La question qui doit se poser n'est pas celle des droits des adultes, mais des devoirs envers les enfants


Le Monde a publié une chronique de Nathalie Heinich, chronique que le quotidien de référence n'a pas cru bon de republier sur son site web (ce qui est souligné l'est par Le Salon Beige).
Il est faux d'affirmer que le mariage est non seulement l'institution organisant la filiation mais aussi celle reconnaissant une " communauté de vie " : si c'était le cas, maints pères pourraient se marier avec leur fille, maintes mères avec leur fils, maints frères avec leur soeur, puisque nombreuses sont les familles où existe une telle communauté de vie. Ce que reconnaît l'institution du mariage, c'est l'existence d'un rapport sexuel dans une communauté de vie, ouvrant donc à la possibilité d'une filiation.
Dans ces conditions, prétendre ne revendiquer le mariage homosexuel que pour la reconnaissance d'un lien amoureux, et non pas pour la filiation, revient à exiger de l'Etat qu'il ait un droit de regard sur la sexualité des personnes (ce que, soit dit en passant, les mouvements de défense des homosexuels ont longtemps combattu, du temps où existaient des lois condamnant l'homosexualité). Faut-il accepter, au nom de l'égalité, que la sexualité entre adultes consentants devienne, pour tous - hétérosexuels comme homosexuels -, une affaire d'Etat ? C'est là une conséquence majeure de l'actuel projet de loi, qui mériterait d'être, pour le moins, discutée.
Concernant, justement, l'argument de l'égalité : il est faux d'affirmer que le mariage homosexuel serait conforme à l'exigence d'égalité de tous les citoyens, car une telle exigence n'a jamais existé, en démocratie, que sur le plan des droits civiques - le droit de vote en particulier.
[...] Reste la question de la parentalité : là, le statut des homosexuels n'est pas équivalent à celui des hétérosexuels, puisque leur sexualité rend problématique l'engendrement, sauf à pratiquer la bisexualité ou à recourir à des techniques artificielles. Nos institutions juridiques ont-elles pour vocation de compenser les conséquences problématiques que peuvent avoir pour des individus leur refus de recourir à des arrangements avec l'autre sexe, en dissociant plaisir sexuel et procréation ? Là encore, le saut logique et éthique est considérable. Certes, l'on peut toujours modifier une institution. Mais est-ce parce qu'une modification est possible, ou parce qu'elle est souhaitée par certains, qu'elle doit être imposée à tous, au prix de bouleversements dont les implications n'ont pas été réellement discutées, faute justement de réel débat ou d'arguments sérieux ?
[...] En l'état de nos institutions, il faut donc admettre que le mariage homosexuel ne prend sens que dans une revendication de filiation : ce qui est d'ailleurs le fondement de l'institution du mariage, qui consiste initialement (même si cette fonction a été historiquement élargie par diverses réformes) à donner des parents légaux (donc une généalogie) à des êtres de chair. Et en effet, autoriser le mariage homosexuel, c'est ouvrir automatiquement le droit à l'adoption pour les couples homosexuels.
La question qui doit se poser alors n'est plus celle des droits des adultes, mais des devoirs envers les enfants ; et précisément : quel sera leur état civil ? Auront-ils accès à l'identité de leurs géniteurs ? Leur propre identité sera-t-elle inscrite dans la différence des sexes qui a présidé à leur engendrement, ou bien y aura-t-il déni de cette réalité originaire ? Sachant l'importance des troubles (parfois psychotiques) liés au secret ou au déni de l'origine, il serait irresponsable de s'engager dans une ouverture du mariage, donc de la filiation, aux couples de même sexe, sans réponse claire à ces questions - principe de précaution oblige. Et ne parlons même pas ici des problèmes posés par la procréation médicalement assistée (PMA) ou la gestation pour autrui (GPA), qui ne manqueront pas d'être exigés, toujours au nom de l'égalité. [...]"