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2006/10/24

En France, la plupart des journalistes ont intériorisé des règles qui se fixent et qui font que les choses dérangeantes, on n'en parle pas

On peut dire que plus un organe de presse ou un média est aux ordres de l'oligarchie dirigeante, plus il emploie d'euphémismes
écrit Eric Hazan dans Le Monde.
Je pense qu'il y a une intériorisation de la censure. Il n'y a pas de censure au sens habituel du terme. Mais la plupart des journalistes ont intériorisé des règles qui se fixent et qui font que les choses dérangeantes, on n'en parle pas ou en utilisant le langage que j'ai essayé de décrire dans mon livre, la LQR, qui aplatit, anesthésie, qui crée le consensus.

Courrier des Lecteurs

Pierre Derouche (citoyen français):
I am opposed to Turkey’s entering the European Union and I have much sympathy for the numerous Armenians [in France] who have become more French than the Duponts and the Durands. But what does the PS [Socialist Party] think it is doing in seeking to punish as criminals those who refuse to admit the existence of a genocide against the Armenians? Why not also punish those who deny the mass crimes of Stalin, Mao or Pol Pot (and they are numerous)? Why not also fine or send to prison those who have dared to claim that no plane crashed into the Pentagon in September 2001? When will our representatives begin treating us as adults? We are old enough to research subjects of this nature ourselves and to form our own opinions. It is in guaranteeing that the necessary documentary evidence is available – both for and against a given proposition – that we will make democracy work, not by threatening heretics.
Jean-Louis Caccomo (maître de conférences
en économie à l'université de Perpignan):
Il a belle allure, le déclin américain, périodiquement annoncé (souhaité ?) par nos intellectuels en lutte... La France devrait se mobiliser à l'ONU pour demander que soient appliqués des quotas dans l'attribution des prix Nobel reflétant plus justement la diversité culturelle dans le monde. Mais les astrophysiciens, chimistes, biologistes ou économistes du monde entier qui veulent travailler sérieusement (avec des moyens réels) et librement (en toute indépendance, car une science manipulée n'est plus une science), où trouvent-ils meilleur asile si ce n'est aux Etats-Unis ?
It is nfortunate that the letters amount to tokens. Noter, en effet, que les remarques de JLC sont qualifiées, par Robert Solé, d'"acides", alors que les lettres de lecteurs se plaignant de l'absence de Prix Nobels "afro-américains" ou se désolant d'un abus minime de la langue française sont présentées telles quelles, sans adjectifs dénigrants voire d'adjectifs descriptifs du tout. Le fait que les infos sur la cuvée 2006 au profit des Etats-Unis ait fait "bondir" "plusieurs lecteurs" et les ait fait réagir avec leurs litanies antiaméricaines habituelles n'est pas plus mis en doute ou qualifié d'"acide" — voire de "débile". (Les intellectuels et leur audience nationales savent décidément toujours quelles sont les grandes causes du moment et quels sont les grands problèmes contres lesquels militer !).

Noter que, dans les cas de ces autres lecteurs (mais Solé, lui, ne semble pas s'en apercevoir), la lettre "acide" de JLC sert en fait de réponse qui met les points sur les I et qui expose le fond du problème ("La France devrait se mobiliser à l'ONU pour demander que soient appliqués des quotas dans l'attribution des prix Nobel reflétant plus justement la diversité culturelle dans le monde" [ou aux States] est vraiment la seule bonne réponse à Françoise Guérard), et logiquement, donc, JLC aurait dû avoir le dernier mot…

2006/09/13

Dédicace Fnac Saint Lazare

Erik Svane et Dan Greenberg dédicaceront leur album à la Fnac Saint-Lazare aujourd'hui 13 septembre à partir de 17h.
Synopsis: À 32 ans, Léonardo est un des artistes les plus réputés d'Italie, menant une vie foisonnante, s'adonnant allégrement aussi bien à la peinture qu'à des inventions en tous genres.

Jusqu'au jour où le Vatican découvre avec enthousiasme les machines de guerre novatrices imaginées par le jeune Florentin. En effet, il se trouve qu'au Saint-Siège se prépare dans le plus grand secret une nouvelle Croisade — la première en 250 ans — dont on confie le commandement au charismatique Général Scharano.

Le Vatican décide aussitôt de se servir des fameux engins inventés par Léonardo afin de mettre à bien son expédition... Ce qui n'enchante pas vraiment l'inventeur au caractère irrévérencieux...
Lire un extrait

2006/09/08

D'un côté on leur reproche de jouer aux gendarmes du monde, de l'autre, de ne pas agir avec la responsabilité et la diligence de gendarmes du monde

…on a beau tourner le sujet dans tous les sens, le seul problème du monde, c'est les Etats-Unis. Les USA fournissent des armes à Israël, "déstabilisent" le Moyen-Orient en dérangeant les dictateurs qui y vendaient paisiblement leur pétrole, et parallèlement, restent froids et inactifs devant les "bonnes" catastrophes (comprendre, celles qui n'ont pas d'effet sur le prix de l'essence. Ceci dit sans matérialisme aucun, bien sûr.) Bref, ça ne va jamais. D'un côté on leur reproche de jouer aux gendarmes du monde, de l'autre, de ne pas agir avec la responsabilité et la diligence de gendarmes du monde. Un reportage édifiant sur la tragédie du Darfour expliquait les atermoiements des Etats-Unis sur ce dossier, donc leur responsabilité sur les centaines de milliers de morts de ce génocide. L'opposition de la Chine et de la Russie à l'ONU? Aucun reproche. L'inertie de la France, grande donneuse de leçon devant l'éternel sans avoir l'excuse d'être déjà engagée en Irak? Le reportage n'en parlera pas. Un seul pays est sur la sellette, toujours le même.
Stéphane s'attaque à McDonald's, aux quartiers pauvres de Los Angeles, à l'embargo (non un blocus) de Cuba, et à d'autres aspects de l'antiaméricanisme en France…
De toutes façons, face au moindre événement géopolitique, chacun trouvera toujours le moyen d'expliquer que les Etats-Unis sortent grands gagnants. N'importe quelle aventure n'est que l'occasion d'étendre l'American Way of Life ou de récolter des dollars. Leur richesse ne peut s'expliquer par autre chose que la malhonnêteté, l'exploitation et le pillage d'autres pays. Les multinationales tentaculaires font la loi dans le tiers-monde, avec la complicité de l'appareil d'Etat américain.

…Jamais il ne viendra à l'esprit que l'Amérique fonctionne parce qu'elle repose sur des règles différentes, et meilleures, et que son succès vient de là. Une telle perception est intolérable pour un socio-démocrate, dressé depuis l'enfance à penser qu'il n'existe pas de meilleure conception de l'Etat et de la société que la sienne.

Si quelqu'un fait mieux en faisant différemment, il y a forcément une arnaque quelque part. A défaut de la trouver, on l'inventera; et au passage, on décriera, critiquera, méprisera de façon hautaine tout ce que l'autre arrive à réussir.

…Plus que jamais, l'antiaméricanisme reste d'actualité en Europe, peu importe les démonstrations contradictoires qui peuvent lui être apportées. La réalité n'a aucune prise sur le phénomène, tout simplement parce qu'il est nécessaire à la survie du système.

2006/07/05

Les Européens ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe en Russie, en Chine, dans le monde arabe ou africain, en Israël, ou même aux Etats-Unis

Le Monde avait choisi le 4 juillet pour un chat avec l'homme qui avait inventé le terme "hyperpuissance" (et cela, comme nous le rappelle Steve, avant l'avènement de George W Bush à la présidence des États-Unis, c'est-à-dire durant la présidence de Bill Clinton qui, on nous le rappelle constamment, était censé représenter une Amérique (plutôt) sage et lucide) — rendant ainsi tout débat et toute discussion inutiles puisqu'avec cette expression, l'Oncle Sam se trouve automatiquement en position d'erreur dans toutes les instances le concernant). Cela dit, certaines parties du chat avec Hubert Védrine sont forts intéressants.
…ce serait une erreur de ramener cet affrontement [la guerre contre le terrorisme] entre quelques milliers de terroristes et, d'autre part, le monde occidental et la plupart des régimes arabo-musulmans modérés, à une affaire d'énergie. C'est évidemment secondaire dans la démarche d'Al-Qaida, et je ne crois pas que cela ait joué un rôle essentiel dans la guerre en Irak. Si les Etats-Unis avaient été préoccupés par cette seule question, ils auraient fait modifier le régime des sanctions de l'ONU contre Saddam Hussein, et ils auraient facilement obtenu de ce dernier un quasi-monopole de l'accès au pétrole irakien.
There are things that even France's former foreign minister can not deny. Among the things that Védrine has to admit is the fact of Europeans' self-obsession (and their concomittant inability — and unwillingness — to understand anything beyond their own borders):
Les Européens ont du mal à le comprendre, mais il est vrai qu'ils sont devenus tellement ingénus, ils croient tellement que ce sont leurs croyances actuelles qui sont normales, alors qu'ils ne sont que 500 millions sur 6,5 milliards d'habitants, qu'ils ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe en Russie, en Chine, dans le monde arabe ou africain, en Israël, ou même aux Etats-Unis.
Dans le chat modéré par Constance Baudry, Védrine termine en disant qu'
aujourd'hui, tout le langage de la politique étrangère a repris les formules qui étaient celles de la gauche naguère : paix, communauté internationale, coopération, multilatéralisme, prévention des conflits, etc [et qu'une] vision des années 1990 (communauté internationale, grands sommets de l'ONU, etc.) était une illusion d'optique. Il nous faut une politique plus réaliste et plus active.

2006/07/04

Dans le doute, le silence est d'or

Le nom du New York Times
fait plus que jamais figure d'épouvantail dans le pays républicain profond.
Personne ne s'étonnera qu'avec des expressions comme "un ton carrément menacant", Corine Lesnes parvient à donner une vision a priori négative et des États-Unis en général et des conservateurs en particulier — sans parler de la liberté de la presse — dans son article du Monde sur la presse américaine. Or, la première phrase dément tout à fait la vision horrifique d'une Amérique zombie à genox devant Fox News.
Aux Etats-Unis, l'une des activités préférées des militants conservateurs est d'attaquer la presse "de gauche" — soit tous les médias, de leur point de vue, à l'exception de la chaîne de télévision Fox News.
Ce que confirme bien ce que nous avons écrit par le passé sur la chaîne et sa (manque relative de) popularité. Relire surtout l'article de Stéphane.
Des lecteurs ont été choqués que Le Monde reprenne [une scène de ménage du ministre des affaires étrangères], révélée par Le Canard enchaîné. Nicole Truffaut (Compiègne), par exemple, dénonce "un article de concierge, fait de ragots de bas étage, sur la vie privée du ministre".
Entretemps, nombre de lecteurs ont écrit au médiateur du Monde pour se plaindre du traitement de Philippe Douste-Blazy.
"Le ton perfide de cet article m'a profondément déplu. Je l'ai trouvé humainement blessant et intellectuellement peu convaincant."
Et à Robert Solé d'entonner un
Où s'arrête la légitime information des citoyens ? Où commence le voyeurisme ? Un événement privé ne mérite de figurer dans Le Monde que dans deux circonstances : s'il a une incidence sur la vie publique ou s'il est indispensable pour connaître la personnalité d'un dirigeant.

La règle ne s'applique pas mécaniquement. Chaque cas appelle une évaluation. Mais, dans le doute, le silence est d'or.
Très bien. Mais les indignations des uns et les mea culpa des autres ne sont nullement le genre d'attitude qui est souvent prôné lorsqu'il s'agissait de traiter du manque de connaissances internationales de Bush ou de son pretzel avalé de travers la gorge. Voilà un "événement privé" qui mérite de figurer dans Le Monde ; voilà qui n'est aucunement "des ragots de bas étage" (loin de là) , voilà qui est, au contraire "intellectuellement" trés "convaincant". Et pour cause : là, il s'agit des Ricains (ou de leurs leaders) qu'il convient de fustiger à tout moment!

2006/06/21

Fête de la Liberté dimanche prochain

Dimanche prochain, Erik Svane signera ses livres à la Fête de la Liberté, en compagnie de plus de 30 autres auteurs, y compris le dessinateur Dan Greenberg.





















Erik (entre Pierre et Marine) et Dan à Genève pour le 10ème anniversaire des éditions Paquet

2006/06/09

2006/06/02

Séance de dédicaces

The authors of General Leonardo will be signing their graphic novel near Bastille on Saturday afernoon.

Erik Svane et Dan Greenberg dédicaceront leur nouvel album à la librarie BDNet (26 rue de Charonne, 75011 Paris) samedi 3 juin à partir de 15 h.


Lire le résumé et voir un extrait de l'album

2006/05/26

Ma BD est sortie

My graphic novel, General Leonardo, is in bookstores all over France.

Update: la signature ci-dessous est remise à une date ultérieure.

Erik Svane et Dan Greenberg dédicaceront leur nouvel album au Parc Leonardo da Vinci du Clos-Lucé (Amboise) en juin.

Lire le résumé et voir un extrait de l'album

2006/05/15

Général Leonardo, Tome I: Au service du Vatican

Erik Svane et Dan Greenberg dédicaceront leur nouvel album au Boulevard des Bulles (50 Boulevard Saint-Germain) le 20 mai à partir de 15h.
Synopsis: À 32 ans, Léonardo est un des artistes les plus réputés d'Italie, menant une vie foisonnante, s'adonnant allégrement aussi bien à la peinture qu'à des inventions en tous genres.

Jusqu'au jour où le Vatican découvre avec enthousiasme les machines de guerre novatrices imaginées par le jeune Florentin. En effet, il se trouve qu'au Saint-Siège se prépare dans le plus grand secret une nouvelle Croisade — la première en 250 ans — dont on confie le commandement au charismatique Général Scharano.

Le Vatican décide aussitôt de se servir des fameux engins inventés par Léonardo afin de mettre à bien son expédition... Ce qui n'enchante pas vraiment l'inventeur au caractère irrévérencieux...



2006/05/10

En librarie le 22 mai…

Italie, XVe siècle. A 32 ans, Leonardo est un artiste réputé, menant une vie foisonnante et s'adonnant aussi bien à la peinture qu'à des inventions en tout genre. Le Vatican découvre avec enthousiasme les machines de guerre novatrices imaginées par le jeune florentin. Il décide de se servir de ces fameux engins pour lancer une nouvelle croisade...

2006/04/11

Il apparaît que le journal Le Monde rémunère pour diffuser de fausses nouvelles des journalistes qui ne savent pas lire

Il apparaît que le journal Le Monde rémunère pour diffuser de fausses nouvelles des journalistes qui ne savent pas lire
conclut Jean-Gérard Lapacherie (merci à Lucien).
Le Monde vit d’aides et de subventions publiques. A quoi sert-il au peuple français de payer des impôts, si ces impôts doivent servir à financer la diffusion de fausses nouvelles ? Faut-il que Le Monde méprise ses lecteurs pour leur présenter comme "vraies" des nouvelles aussi manifestement fausses ?

2006/04/08

Pasqua Indicted in the Oil-for-Food Scandal? Hardly a Big Deal, N'est-ce pas?

While Corine Lesnes' two articles on Bush's so far informal troubles, regarding Plamegate as well as the war against terror (articles using harsh words and expressions filled with emotion and whose only domestic quotes come from opponents of the president, quotes which effectively end the article), take up two thirds of a page in the foreign affairs section on page 4; Gérard Davet's single straight-forward, matter-of-fact, ho-hum article on Pasqua's formal indictment in the oil-for-food scandal (Le Monde seems to have waited two or three days after the indictment before printing the piece) is relegated to a sixth of a page (it takes up a quarter page only if you count the Pessin cartoon) in the Politique & Société section on page 14.

A large bulk of the text is filled with quotes by the former interior minister, fellow defendents (and companies implicated, such as Total), and their lawyers (justifications, denials, accusations of witch-hunts, etc).

Okay, okay, so we've reported it. See? See how fair we are? Okay, enough already. Now that that's done — and over with (will you get over it, already?!) — let's get back to serious matters: castigating that horrendous Halliburton, castigating that awful Dubya (i.e., see the top Corine Lesnes article), and castigating that unforgiveable support that Bush has extended to countries such as Saudi Arabia and Pakistan.

"Les Français sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis et s'accrochent alors même que l'arbre est en train de pourrir"

When a law gets enacted by the president of the land, but he says it must not be applied, what is this called?
asks Meg Bortin.
"Abracadabrantesque" is a word the French are using to describe the odd situation facing the country now that President Jacques Chirac has signed his government's youth employment contract into law, while at the same time instructing employers not to use it to hire anyone.

The law has been in effect since Sunday. On Monday, Labor Minister Jean- Louis Borloo caused more bemusement by sending a letter to 220 employer organizations repeating that they should not use the new law for hiring, and informing them that his ministry would not be printing any contracts of the type authorized by the law.

Never the sort to bow to authority, the satirical weekly Le Canard Enchaîné announced Wednesday on its front page that it had nonetheless hired a 25-year-old fellow under the new First Employment Contract, known here as the CPE.

"Nothing could be simpler," it said. "No form, no paperwork to fill in, it can be done in a split-second."

The newspaper also printed a catalog of words commentators have used to describe France's current predicament: "absurd," "incomprehensible," "surreal," "calamitous" and many more.

"Abracadabrantesque," which made the list, was used after Chirac addressed the nation on television Friday night to try to resolve the crisis, which has brought more than a million people into the streets. The head of the opposition Socialists' parliamentary group, Jean-Marc Ayrault, called Chirac's plan an "abracadabrantesque construction" concocted "in the singular aim of reconciling the diktat of his prime minister with the refusal of the French."

The Czechs and Slovaks don't seem to feel much sympathy for the "anachronistic" worries of the French or for "frigid", "sclerotic", and "lazy" France, write Martin Plichta and Anne Rodier, while Jean-Pierre Langellier interviews Chris Patten.
Le problème, c'est qu'ils résistent de plus en plus aux changements qui affectent, surtout, la qualité de vie de certains groupes bien protégés. Les étudiants défendent leur droit à un emploi à vie même si cela maintient au chômage beaucoup d'autres gens. C'est une manière excessivement conservatrice d'envisager la solidarité sociale.

La majorité des étudiants veulent être fonctionnaires. Il est admirable que les Français continuent d'être aussi fiers de servir leur Etat. Mais leur manque d'esprit d'aventure, cette volonté de faire la même chose toute leur vie, je trouve cela assez déprimant.…

On a dit aux Français pendant des années que leur modèle social était parfait. Il est donc difficile de changer de message, à moins d'expliquer clairement le but à atteindre. D'un autre côté, je ressens une certaine sympathie pour un premier ministre qui essaie d'améliorer ce modèle. Dans ce genre de situation, il y a toujours des gens qui disent, après coup, qu'ils s'y seraient mieux pris.

Oui, peut-être… M. de Villepin a au moins essayé. Le pire pour la France et pour ses nombreux jeunes chômeurs serait de renoncer purement et simplement aux réformes.

Pour moi l'essentiel, c'est d'expliquer de manière intellectuellement convaincante que la France ne peut opérer, avec son économie sophistiquée, derrière une sorte de ligne Maginot. L'Europe a besoin d'une France forte et confiante. Sans cela, on est condamné à une croissance chancelante, et on ne pourra résoudre les vrais problèmes démographiques qui nous assaillent.…

D'une personne à l'autre, les styles politiques diffèrent. Mais les syndicats ont-ils vraiment le rôle de faire descendre périodiquement les gens dans la rue pour empêcher les réformes? C'est économiquement inepte et politiquement égoïste.

Will the French ever learn? Don't bet on it. Acknowledging European scepticism, Alain Touraine uses a "but" to come down in favor of French sensibilities. As for the Czechoslovak story, by the use of their vocabulary, typically, the MSM reporters spin it in a favorable way for …the French (the few "solidaristic Czechs", those who are "understanding" and show "sensitivity", are mentioned by Plichta and Rodier, as opposed to the Slovak press which …"went wild").

2006/03/18

The 60th Anniversary Celebration of Le Monde

Comme je poste plus souvent sur No Pasarán ces jours-ci, j'ai inclus un Best Of des posts durant les premiers mois de ce site (vous verrez, peu de choses ont changé en deux ans).

Pour commencer, un survol général du journal Le Monde (in English):

Les Irakiens se plaignent des journalistes occidentaux

"Contrairement à ce que croient souvent les Européens, le fait d'être opposé à l'occupation américaine ne fait absolument pas monter la cote de popularité de l'Europe, ou de tel ou tel pays, en Irak", écrit l'envoyé spécial du Monde à Bagdad dans un article qui dément spectaculairement la thèse hexagonale, comme quoi George W Bush et l'armée US auraient fait déraper la meilleure solution, celle des partisans de la paix.

Au contraire. Justement, un Bagdadi racontait à un autre journaliste son peu d'estime pour les journalistes français. "Ils viennent ici nous parler en mal des États-Unis d'une façon stupide. Ils s'en fichent, des crimes de Saddam Hussein." Et ce n'est pas que les Français, note un peintre : "Tout ce que veulent les journalistes européens et arabes, c'est que nous fassions des commentaires antiaméricains." Pis, on entend beaucoup d'histoires concernant des envoyés spéciaux qui mettent en scène des "infos" afin de discréditer les U.S. "Ces journalistes sont venus ici avec tous leurs préjugés" grogne un autre Bagdadi. "Ils ne sont intéressés par rien qui puisse contredire leur point de vue antiaméricain."…

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"Presque tous … pensent que la France a défendu Saddam…"

Le 24 mars 2004, l'un des envoyés spéciaux du Monde en Irak s'est entretenu avec les lecteurs via un chat par internet. Morceaux choisis.
Raph : La reconstruction se passe-t-elle bien ? Le changement de pouvoir est-il aujourd'hui perceptible ?
Rémy Ourdan : Le changement de pouvoir est évidemment très perceptible. Passer d'une dictature stalinienne comme celle de Saddam Hussein à l'occupant américain génère des sentiments très mêlés dans la population. …

Xtof : Quel est le souhait principal des Irakiens à ce jour ? Voir les Américains partir ?
Rémy Ourdan : Leur souhait principal serait d'avoir un pays stabilisé et serein. Evidemment, beaucoup réclament publiquement le départ des troupes américaines, estimant qu'elles sont partiellement responsables du chaos. Mais beaucoup d'autres reconnaissent aussi, en privé, que ce départ pourrait laisser la place à un glissement vers la guerre civile. S'il fallait résumer l'opinion ambiguë des Irakiens, on pourrait dire qu'ils veulent voir la fin de l'occupation de leur pays, tout en continuant à réclamer une aide étrangère, car ils ne croient pas que les Irakiens seuls puissent réussir le pari d'une paix durable.

Ben : Comment les irakiens perçoivent-ils les débats sur les armes de destruction massive (ADM) ou la légitimité de la guerre ?
Rémy Ourdan : Pour les Irakiens, le débat sur les armes de destruction massive est une affaire très mineure. Ils répètent souvent que le principal fut la chute de Saddam Hussein et qu'aujourd'hui le principal serait de retrouver la souveraineté et la paix. …

Richard75 : Il semble que les Irakiens (même lorsqu'ils sont anti-américains) aient un sentiment antifrançais virulent car ils pensent que la France a tenté de sauver Saddam. Pouvez-vous confirmer ou infirmer ?
Rémy Ourdan : Ce sentiment est très fort en Irak. Presque tous les chiites, presque tous les Kurdes et beaucoup de sunnites pensent que la France a défendu Saddam Hussein pour protéger une vieille amitié et de soi-disant intérêts économiques et pétroliers. Par ailleurs, beaucoup d'Irakiens sont fâchés contre la France à cause de son attitude après la guerre. …

Read Douglas's English translation

Le Bien et le Mal, version française

Sur la une du Monde du 24 mai 2003, Plantu a fait un dessin (d)étonnant. Il a rendu la bannière étoilée, mais à la place des rayures rouges, il a campé des… serpents (avec un jeu de mots sur "les couleurs"/les couleuvres). Tandis que la langue fourchue de l'un des serpents forme la lettre Y du slogan "I love NY", deux autres serpents rentrent, tête première, dans les bouches de Dominique de Villepin et de Kofi Annan, qui annonce "On a juchte fait quelques conchechions".

Alors qu'apprenons-nous dans ce dessin, que faut-il tirer de tout cela? (Et cela, rappelons-le, de la part de quelqu'un qui se compte parmi les êtres prééminents de cette foule fière qui se proclame au-dessus des religions et des haines dépassées, et qui aiment se moquer tant de la religiosité des Américains que de la propensité de Bush d'évoquer le Bien et le Mal.) Seulement que de Villepin et Annan avalent des couleuvres? Non. D'abord, que les USA (ou leurs dirigeants) sont associés avec le diable ou, si l'on préfère, tout ce qui est (qu'on l'entende de façon religieuse ou non) diabolique ; ensuite, que les gens qui ont sympatisé avec les victimes de Manhattan le 11 septembre ne comprennent pas qu'ils ne peuvent qu'être les victimes manipulées par des machinations diaboliques ; enfin, que quiconque ne s'oppose pas complètement aux États-Unis ou à leurs leaders (car on voit difficilement de Villepin comme une marionnette des Américains) — que ce soit des Français, des Africains, des Américains, des New Yorkais, ou autre — est un salaud, un lâche, un traître, une caniche, un lèche-c*l, ou une personne aveuglée ou manipulée. (Par contraste, est-il sous-entendu, tous ceux qui s'opposent aux Yankees sont des braves sans peur et sans reproche, des hommes, des vrais, des camarades à prendre dans les bras sans hésitation.)

Ohlala, que cette opinion est d'une subtilité absolument déconcertante! J'en ai la tête qui tourne… Ça doit être ce raffinement et ce cosmopolitisme que d'aucuns, en France, se vantent sans cesse de posséder (surtout par rapport à ces simplistes d'Américains).

Maintenant, venons-en à la cerise sur le gâteau. Le titre principal sur la une du quotidien de référence de ce jour (juste à côté du dessin de Plantu, donc) se trouve être Iraq : la France s'inquiète du ressentiment américain. Ah booonnn… on s'étonne qu'il puisse y avoir du ressentiment aux States? Allons donc! Ne dites pas ça! C'est sûr que c'est extrêmement étonnant quand tant les dessinateurs que les journalistes et les politiciens (et les citoyens!) en France comparent les Yankees (ou leurs leaders) à des forces maléfiques (dans le sens religieux ou non), et quand ils répètent sans cesse que l'Amérique et/ou leur société est le symbole de tout ce qui va mal (pour ne pas dire "tout ce qui est le Mal") dans le monde, et que de tous les dangers que recèle cette planète, ce sont les Américains qui en incarnent, et de loin, le pire. (Sans parler du fait de prôner qu'entre l'Amérique et les Taliban, qu'entre Bush et Ben Laden, ou qu'entre Blair et Bush et les deux fils de Saddam, c'est du pareil au même, si ce n'est que ce sont les Anglo-Saxons qui sont le plus à condamner.)

Le Monde admet que Bush n'a pas menti sur les ADM de Saddam…



et…

…s'empresse de dissimuler l'article à la page 32 !

Cinq experts internationaux balayent la théorie comme quoi George W Bush et Tony Blair auraient menti sur la menace des ADM irakiens, mais ce fait est soigneusement caché par le quotidien de référence.

Comment? En publiant cette information d'une valeur capitale sur sa page consacrée aux Médias, dans le cadre de sa revue de presse d'une publication sœur.

Et, comme on peut s'en douter, le titre ainsi que le sous-titre sont d'une discrétion extrême (La question de l'armement de l'Irak n'est pas tranchée : Dans la revue "Politique étrangère", cinq experts alimentent le débat sur l'existence des ADM).

Et quoi de plus normal, après tout? Le contenu de l'article du 2 avril 2004 réfute, contredit, et dément complètement la campagne que d'aucuns mènent pour endommager Bush et Tony Blair quant à leurs "mensonges" à propos des armes de destruction massive de Saddam Hussein comme étant l'une des raisons principales pour attaquer l'Irak du boucher de Bagdad. Dans la mesure où des mensonges doivent être évoqués, l'article délare non seulement que si "de grossiers mensonges" ont été proférés, ils l'ont été par "certains des plus hauts responsables irakiens" (répondant aux questions des inspecteurs de l'ONU) ; il suggère aussi que de continuer à évoquer les mensonges de Deubeliou est trompeur (pour ne pas dire mensonger)...

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Tout moyen est bon pour caricaturer le leadership américain

Plantu nous donne encore un de ses dessins avec cette subtilité, ce raffinement, et ce cosmopolitisme dont seuls les Français détiennent le secret.


Washington est en proie aux convulsions d'un scandale majeur. George W Bush s'est dit écœuré par les photos émanant de la prison de l'Irak. Le président a promis qu'une investigation serait lancée. Quant au Général Antonio Taguba, par qui le scandale est venu (à travers son rapport), il a conclu qu'aucun ordre direct avait été donné pour harceler ou torturer les détenus. Se référant aux gardiens d'Abou Ghrabi, il a précisé : "je pense qu'ils l'ont fait de leur propre gré."

Mais — qu'importe! Car… toute occasion est bonne, n'est-ce pas, pour dépeindre les Américains comme des racistes sadiques, des ultra-nationalistes, des sales hypocrites pour ne pas sauter dessus. Et qu'importe, alors, toutes les "indices" qui indiqueraient des conclusions contradictoires.

La lutte anti-Bush est importante, nous explique-t'on, vitale même, voire sacrée, il ne faut laisser aucune occasion pour lui rentrer dans les plumes, quel que soit le degré de validité de la raison en question. Lancez-lui le plus possible d'arguments sectaires "sur la gueule", Dieu reconnaîtra les siens.

Dans une affaire semblable, mais en Allemagne, David Kaspar répond ainsi (à l'accusation du Spiegel que "les valeurs morales [de la démocratie occidentale] apparaissent, et sont maintenant documentées, comme de la pure hypocrisie") : "Dans sa quête incessante pour fustiger l'administration Bush, l'hebdomadaire semble avoir complètement perdu tout contact avec la réalité … Le fait que l'Amérique mène une enquête sur la situation et la rectifie (comme se doit de le faire toute démocratie) est minimisé. Spiegel Online dépeint la situation comme si les Américains tuent et torturent en Irak sur les ordres directs du gouvernement, ce qui met la nation au même niveau que Saddam Hussein et Kim Jong Il."

"Mais alors il convient de se demander : Si le gouvernement approuve ces actions, pourquoi s'excuserait-il et pourquoi mènerait-il une enquête ? Comment un gouvernement dans lequel 'le Sénat a voté, lundi, à 92 contre 0, de condamner les abus des prisonniers irakiens dans la prison d'Abou Ghraib [et] de mener pour une enquête complète' pourrait-il encore approuver des actions pareilles? Comment un président qui a exprimé son 'dégoût profond et son incrédulité' devant ces photos pourrait-il encore approuver de telles actions?"

"La réponse : … C'est le scénario habituel: si on repète un mensonge assez haut et fort et assez souvent, les gens pourraient commencer à le croire. Surtout si ces gens ont déjà des tendances pour le Yankee-bashing."

Et voilà que nous arrive d'Irak l'histoire d'un Américain autrement plus maltraité que les prisonniers humiliés d'Irak, puisqu'on l'a… décapité. Mais — qu'importe! Les gens qui se sont rendus coupables de ce meurtre, "il faut les comprendre". Et on ne versera guère plus de temps (ou de larmes) sur cette histoire qu'il le faut.

Pour revenir à l'image de Bush en membre (en grand dragon?) du Ku Klux Klan : en ce qui concerne le racisme en Amérique, et dans l'Armée US, serait-il juste de le définir comme étant dirigé envers ceux qui ne seraient pas de la majorité WASP (White Anglo-Saxon Protestants) — ceux qui ne seraient pas des protestants anglo-saxons blancs?

Dans ce cas, certains seraient peut-être intéressés de savoir que le général qui a rédigé le rapport sur le scandale d'Abou Ghraib est… d'origine philippine. Pour ne prendre que l'histoire très récente, on notera qu'un ancien général-en-chef est noir (il est depuis devenu secrétaire d'état ; à une époque, c'était l'individu qui a recueilli le plus de points dans l'histoire des sondages de ceux que les Américains voulait choisir pour devenir leur président). Un autre est d'origine slave. D'autres généraux sont asiatique ou hispanique. Et évidemment, un des gros bonnets en Irak est d'origine… arabe.

Mais, évidemment, cela n'est pas quelque chose qui contribue au combat sacré contre George W Bush et la société horrifiante qu'il représente. Donc, on le notera très vite en passant (ou en disant "Ça ne veut rien dire") et on l'oublie avant de passer à l'attaque suivante sur l'Oncle Sam.

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En lisant Libération, W confirme sur MiF :
"Le meurtre par décapitation de l'américain Nick Berg mérite un paragraphe sous la rubrique 'Faits du Jour' (qui contient 6 dépêches en tout) sur la page 6 dans l'édition d'aujourd'hui (par opposition à la vingtaine de pages, couvertes de photos agrandies, au sujet du bizutage de terroristes que nous voyons depuis quelques jours)."

Même les traducteurs sont activistes au Monde

Douglas envoie une autre missive au journal Le Monde. (Comme d'habitude, elle n'est pas publiée.)
Messieurs,

Je tiens à vous dire que j’ai tout particulièrement apprécié la façon subtile dont vous avez dénaturé le titre de l’essai de Michael Ignatieff sur la guerre en Irak, paru dans l’édition du 21 mars [2004]. Comme il traitait de l’année écoulée depuis le déclenchement de la guerre, les éditeurs du New York Times ont préféré “The Year of Living Dangerously”, rendant ainsi hommage au film de Peter Weir (1982). Pour vous, cela n’était évidemment pas assez dur et votre traductrice Florence Lévy-Paoloni a eu assez d’esprit (voire de toupet) pour inventer ce “Comment j'ai changé d'avis sur l'Irak". C’est très bien... sauf que c’est un peu malheureux étant donné que M. Ignatieff écrit lui-même que “personne ne peut honnêtement dire ... si [ces morts] seront rachetées par l'émergence d'un Irak libre ou rendues inutiles par un plongeon dans la guerre civile”.

M. Ignatieff s’oppose maintenant à la guerre? Votre embarras est compréhensible.

Au fait, “changer d’avis” est une traduction bien abusive de la phrase anglaise (“to have second thoughts”) qu’emploie M. Ignatieff. Mon dictionnaire anglais-français (Collins-Robert 1994) préfère “commencer à avoir des doutes,” ce qui est sûrement plus proche des intentions de cet auteur. Qu’est-ce qui a pu pousser Mme. Lévy-Paoloni à faire dire à M. Ignatieff quelque chose qu’il ne pense pas? C’est curieux: je vois que Mme. Lévy-Paoloni a également traduit les ¦uvres du journaliste anti-guerre britannique Robert Fisk, de l’inspecteur onusien renégat Scott Ritter (deux fois, même), de l’ancien ministre britannique des affaires étrangères Robin Cook (lequel a démissionné par opposition à la guerre), de l’écrivain anti-américain Gore Vidal, de Friedrich Engels et aussi de l’écrivain israélien Amos Oz (lorsque celui-ci s’est prononcé contre la guerre en Iraq).

Peut-être que Mme. Lévy-Paoloni est-elle donc une traductrice activiste? N’empêche... sa formule vous a permis de mettre l’essai de M. Ignatieff à profit idéologique... Je vous en félicite! Tout comme je vous félicite de ne pas avoir fourni un lien sur lemonde.fr à l’article de M. Rémy Ourdan sur les très dures opinions irakiennes sur la politique étrangère française. Il n’eut pas été bienséant de laisser ces internautes qui aiment tant “Comment j'ai changé d'avis sur l'Irak" voir que les Irakiens sont en réalité très peu reconnaissants envers les Français (sauf André Glucksmann et quelques autres, peut-être). Mais à mon avis, ce qui couronne votre effort, c’est votre édito du 19 mars qui se voulait un démenti sur les prétextes de cette guerre: cela est paru deux jours après la publication des résultats d’un sondage de l’opinion irakienne commandé par quatre agences médiatiques anglophones (dont le BBC) qui montrait à quel point le peuple irakien est aujourd’hui optimiste... malgré tout. Heureusement qu’on a pas parlé de ça dans Le Monde.

Il n’y a pas toutes les vérités qui sont bonnes à dire!

Bien à vous,

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2006/03/08

Rappels concernant les caniches et l'opinion publique

1) Depuis mars 2003, il y a eu des élections (ou des remaniements de gouvernement) au Japon, en Australie, aux States, au Danemark, en Italie, en Angleterre, en Pologne, et en Espagne et partout (sauf là où des bombes opportunes ont éclaté trois jours avant les élections), les caniches ont gagné les élections. Évidemment, on se doute que certains Français (grands spécialistes sur le Japon, l'Australie, les States, le Danemark, l'Italie, l'Angleterre, et l'Espagne) ont une explication toute faite ; ces populations n'ont pas voté pour la guerre, mais en dépit de la guerre. Seulement voilà, comment expliquer alors des phrases telles "Bush est une calamité rejeté par TOUT LE MONDE ... le dossier pro-guerre était si indéfendable qu´on a pas eu de besoin de débattre"?

2) Tony Blair, une caniche?
Et pourquoi les Belges et les Luxembourgeois ne seraient-ils pas les caniches des Français? Et pourquoi les Belges, les Luxembourgeois, les Français, les Allemands, et les Russes ne seraient-ils pas (n'auraient-ils pas été) les caniches de Saddam Hussein? Tout ça sent l'opinion auto-congratulatoire. Par ailleurs, no Briton should worry about his or her country serving as "a foreign policy satellite of the United States". Whenever I hear the nonsense about London being the poodle of the American democracy, I think back to the early days of World War II: when most of Europe was, willingly or not, sucking up to the Nazi dictatorship, the British bulldog was virtually alone in its resistance to becoming the poodle of what was Hitler's view of European integration (Read more)…

3) Pas moins que le membre du PS le plus populaire était en faveur de la guerre et pour cela, les autres dirigeants ont complètement marginalisé Bernard Kouchner. Dans mon livre, j'évoque le cas d'un défenseur de la guerre, Pascal Bruckner, qui raconte ce que lui coûta sa franchise dans le pays cartésien, dans le pays vantant l'ouverture, le dialogue, le respect, et la tolérance. «J’ai connu les insultes dans la rue, les menaces téléphoniques. Mes copains beurs qui me disaient : “Tu es tombé sur la tête” ... Ceux de la revue Esprit m’ont lâché ... Je me suis senti très seul.»
C'est ça l'atmosphère de l'amour des débats démocratiques? Dans un tel atmosphère, qui osera avouer pleinement son accord, ne fût-il que partiel, avec Deubeliou?

4) Ces mêmes Français pacifistes qui ont loué Chirac d'avoir au moins eu les couilles d'avoir opposé les Bush sont les mêmes qui n'ont absolument pas réagi quand le gouvernement français, en compagnie de leurs homologues allemands, a essayé de reprendre la vente de armes à la Chine. Avec tout l'intérêt que certains Français ont dans le domaine de l'opinion publique, ils pourraient se demander comment cette position de la part de l'Europe éminemment pacifiste est perçue à Taiwan, au Japon (encore lui), et au Vietnam, entre autres. (Car en France -- mais c'est normal, puisque l'Oncle Sam n'est pas impliqué -- on s'en fout.)

5) Toutes ces opinions publiques sont certes intéressantes, à ceci près ; la plupart impliquent des gens qui sont peu concernés par la guerre en Irak, sinon pas du tout. Et les Irakiens, qu'en pensent-ils? Dans mon livre, j'évoque les nombreux sondages pris depuis trois ans (soigneusement ignorées dans les médias français), et dans toutes, la vaste majorité des gens disent que la vie s'est améliorée et qu'ils voient l'avenir avec PLUS d'optimisme.

Dans un rare intérêt pour les opinions des propres Irakiens, Le Monde a écrit que "La politique de la France reste très vivement critiquée par les Irakiens" :
Il est presque impossible, hormis chez les responsables baasistes déchus, de trouver quelqu'un qui soutienne la position de Paris dans la crise . La politique de la France reste très vivement critiquée par les Irakiens. Contrairement à ce que croient souvent les Européens, le fait d'être opposé à l'occupation américaine ne fait absolument pas monter la cote de popularité de l'Europe, ou de tel ou tel pays, en Irak. C'est un paradoxe, mais c'est une réalité.
Voilà une chose, apparemment, pour laquelle nombre de Français montrent peu d'intérêt (tout comme Le Monde, qui s'est bien gardé depuis de donner la parole aux Irakiens).

6) Pour en finir avec la sagesse supposée de l'opinion publique, sachez que dans les années 1930, 12 millions de Britanniques ont signé une pétition pour la paix, pétition pour la paix qui a été envoyée au Führer, Adolf Hitler. Voilà, personne n'en doutera, une magnifique leçon de sagesse populaire !

2006/02/22

George Clooney Movie Again Makes the Cover of a Leading French Daily

What is the most important event on the past 24 hours, one that warrants an over-sized photo on the cover of Le Monde, i.e., a supposedly serious and objective newspaper dealing with vital international affairs?

Well, if there is a Hollywood movie castigating America's reigning neoconservatives coming out, then that would be it. And so we have an oversized picture from the Participant Productions movie Syriana with an accompanying article on the "cinema of responsibility". (Notice that the translator has mistranslated a phrase in the final paragraph of Thomas Sotinel's interview of George Clooney: the actor must have said "We [liberals] were against the witch trials" in the McCarthy era, but this has been translated as "We… were against the trials of witchcraft.")

The only other photo on the cover is an ad for the Terrence Malick movie The New World; the only other image, a Plantu cartoon.

This, of course, is only the second Hollywood-movie-that-happens-to-demonize-Uncle-Sam's-policies to make the cover of a French daily in seven weeks.

2006/01/14

Comment s’appelle ce continent ?

In reply to François Laudet's Comment s'appelle ce pays?, Letelon bestowed upon the Libération reader the title L'antiaméricain de décembre (Professor Sitt, meanwhile, picks apart Laurent Mauriac's economic knowledge or lack thereof), while I penned the following (which, as far as I know — and to noone's surprise — has not been published in Libération):
Comment s'appelle ce continent qui met tous ses problèmes — et tous les problèmes du monde — sur le dos de l'Oncle Sam ?

Comment s'appelle ce continent qui donne des leçons de pacifisme aux Yankees mais qui parle ensuite de "ménager les sensibilités russes" et s'empresse de vendre des armes aux va-t-en-guerre chinois ?

Comment s'appelle ce continent qui n'aime rien de mieux que dénoncer le mensonge, sauf quand c'est dans ses propres palais présidentiels ou au sein de l'ONU (cf. pétrole-contre-nourriture) ?

Comment s'appelle ce continent dont les habitants ont soutenu l'esclavage, exporté leurs esclaves vers le Nouveau Monde, massacré les indigènes dans toutes leurs possessions (depuis celles en Amérique à celles en Afrique et Asie), mais qui, de nos jours, se bornent à se scandaliser devant le traitement des Noirs et des Indiens aux Etats-Unis d'Amérique ?

Comment s'appelle ce continent qui s'étouffe de colère devant les politiques extralégales de Bush et qui prétend œuvrer pour le droit international mais dont les juges se bornent à poursuivre de vieux dictateurs déchus, tout en laissant vaquer à leurs occupations les autocrates de Cuba, de la Corée du Nord, du Zimbabwe et (avant 2003) de l'Irak ?

Comment s'appelle ce continent avec les porteurs de messages auto-congratulatoires, les visionnaires ô combien lucides, et les donneurs de leçons pour les Ricains, leçons qu'ils se gardent bien de suivre eux-mêmes ?

Ce continent s'appelle l'Europe...