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2005/02/05

Quand Le Monde veut une opinion irakienne sur la situation en Irak, il choisit quelqu'un qui maudit les Américains

Quand il veut une opinion qui est censé refléter l'avis général en Irak, le journal indépendant choisit quelqu'un qui, par principe (!), décide de ne pas participer aux élections. Pour être plus précis, le quotidien de référence choisit un membre du …parti baasiste.
Les élections ? Autant le dire : je n'y ai pas participé. Pour des raisons de sécurité d'abord, de principe ensuite. De nombreux courants politiques et villes étaient à mon sens écartés ; ce qui rendait ce scrutin boiteux et joué à l'avance !

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Among the Losers in the Iraq Elections: The European Media

2005/02/04

Élections en Irak : Une fois de plus, l'antiaméricanisme des faiseurs d'opinion aura obscurci leurs propres jugements et égaré les Français

Cette victoire contre l'obscurantisme n'est pas le «succès de la communauté internationale», comme l'ont assuré sans complexe notre gouvernement et l'Union européenne. Elle appartient à George W. Bush et à Tony Blair. Si la France pacifiste et onusienne avait été suivie, Saddam Hussein coucherait encore dans son lit et gazerait ici et là ses opposants
écrit Ivan Rioufol dans son bloc-notes.
En Irak, la constatation : 60 à 75% des électeurs inscrits — le chiffre précis sera connu la semaine prochaine — ont élu dimanche leurs députés, en bravant les menaces d'attentats de la «résistance». Le peuple a dit non à al-Qaida, qui se revendique comme «ennemi de la démocratie». Il a dit non aux intégristes et à leur volonté d'imposer la charia. La leçon donnée à l'Europe «antiguerre» — et singulièrement à l'Espagne, qui quitta l'Irak après l'attentat de Madrid du 11 mars 2004 dû aux islamistes — est celle d'un courage hors du commun.

Une fois de plus, l'antiaméricanisme des faiseurs d'opinion aura obscurci leurs propres jugements et égaré les Français. A l'automne, les experts en certitudes donnaient George W. Bush pour déshonoré et vaincu : il allait être confortablement réélu le 3 novembre. Les mêmes assuraient que les Irakiens refuseraient de s'ouvrir à un processus démocratique initié par les Etats-Unis et imposé par la force des armes : ils se sont à nouveau trompés en beauté. Cela fait beaucoup.

Il est d'usage, dans la presse française, de s'effarer du militantisme néoconservateur de la télévision américaine Fox News, effectivement critiquable. Mais c'est ce même esprit propagandiste, anti-Bush cette fois, qui habite la majorité des commentateurs. La pensée unique ne peut admettre que le président des Etats-Unis puisse marquer des points dans sa stratégie de sécurisation du Moyen-Orient. C'est pourtant ce qui se passe, même si rien n'est évidemment réglé.

Cette victoire contre l'obscurantisme n'est pas le «succès de la communauté internationale», comme l'ont assuré sans complexe notre gouvernement et l'Union européenne. Elle appartient à George W. Bush et à Tony Blair. Si la France pacifiste et onusienne avait été suivie, Saddam Hussein coucherait encore dans son lit et gazerait ici et là ses opposants. Le pari de la modernisation du monde musulman — particulièrement mal argumenté par ces armes de destructions massives inexistantes — est une perspective atteignable.

Même si les Américains n'ont pas su se faire accepter des Irakiens, ces derniers ont clairement désigné le totalitarisme islamiste comme étant leur véritable ennemi. Dès lundi, le terroriste al-Zarqaoui a d'ailleurs promis de continuer «la guerre sainte», «jusqu'à ce que la bannière de l'islam flotte au-dessus de l'Irak». Le choc des civilisations, claironné par les guetteurs, n'a pas fait se lever le peuple contre «l'occupant», comme le bêlaient les moutons. L'affrontement oppose une idéologie de soumission au désir d'émancipation des masses.

Néanmoins, nombreux vont être les prophètes à se bousculer pour annoncer le pire, tel ce chercheur au CNRS, Pierre-Jean Luizard, qui prédit «la guerre civile, inter communautaire et contre les Américains». Ils construisent leurs scénarios sur la poursuite et l'aggravation de l'insurrection — celle des égorgeurs et des bombes humaines — qui arriverait à opposer Kurdes, sunnites et chiites entre eux. Pourtant, après avoir vu ces hommes et ces femmes risquer leur vie pour aller voter en aspirant à la paix, on a du mal à prendre encore leurs augures au sérieux.

Contagion démocratique ?

Une des idées de Bush amuse beaucoup les belles âmes parisiennes et leurs poissons pilotes : celle d'une «contagion démocratique» au Moyen-Orient. Pour ces éminences méprisantes, non seulement un pays musulman ne peut produire que du pire, mais elles considèrent du plus haut comique d'imaginer qu'un Irak, délivré de son tyran, puisse ouvrir un appétit de liberté chez ses voisins. Et si, là aussi, nos donneurs de leçons se mettaient le doigt dans l'oeil ?

Se garder d'un optimisme béat. Mais un parallèle s'impose entre la dynamique démocratique enclenchée en Irak et celle apparue dans les Territoires palestiniens avec l'élection, le mois dernier, de Mahmoud Abbas à la succession de Yasser Arafat. Comme les Irakiens, les Palestiniens ont refusé de suivre les appels au boycott du scrutin, lancés par les mouvements intégristes. Lundi, le nouveau président de l'Autorité palestinienne a reconnu qu'il existait «une chance historique pour instaurer la paix» avec Israël.

Si l'on ajoute à ce tableau les élections qui ont eu lieu en Afghanistan après la chute des talibans, s'esquisse ce qui ressemble à une prise de conscience libératrice, dans un monde arabo-musulman vivant sous la férule des mollahs depuis des siècles. La «contagion» est certes encore timide en Syrie, et l'Iran théocratique reste inquiétant dans ses oeuvres nucléaires. Mais ce serait s'enferrer que de continuer à considérer cette région du monde rétive à toute forme de démocratie électorale.

Pour avoir soutenu Arafat et tenté d'épargner Saddam, la France des droits de l'homme est apparue comme l'alliée de deux despotes qui auront été des obstacles à l'épanouissement de leur peuple. Elle ne peut prolonger cette ambiguïté munichoise, aggravée par la décision de l'Union européenne de lever, cette semaine, ses sanctions diplomatiques contre le régime liberticide cubain. La France saura-t-elle saisir la main que lui tendent aujourd'hui les Etats-Unis ? Sa place est avec les démocraties. …

Le PC et sa mémoire

Le PCF serait-il exempté du «devoir de mémoire» concernant sa propre histoire ? Vendredi dernier, prenant prétexte du 60e anniversaire de la découverte d'Auschwitz, la présidente du groupe communiste au Sénat, Nicole Borvo, a appelé les collectivités à débaptiser «les rues et édifices publics portant le nom de personnes ayant soutenu les thèses des régimes vichystes et nazi». L'élue visait plus particulièrement Compiègne et sa rue Alexis-Carrel, Prix Nobel et théoricien de l'eu génisme ayant officié sous Vichy. Mais on aimerait entendre le PCF dénoncer ceux qui auront soutenu le pacte entre Staline et Hitler de 1940, ainsi que les dizaines de millions de morts des goulags, ces autres camps de concentration oubliés. Qu'attend Mme Borvo pour demander, par exemple, que Tulle (Corrèze) débaptise sa place Maréchal-Staline ?

2005/01/31

"Ce qu'il faut voir, dans les élections irakiennes, ce n'est pas les difficultés qui les entourent, mais tout simplement le fait qu'elles aient lieu"

Tandis que Le Figaro, comme à son accoutumée, multiplie les mises en garde et les remarques condescendantes quant à toute nouvelle positive impliquant l'Oncle Sam (l'élection démocratique en Iraq, pour prendre un exemple du jour) et en insistant que les bien-pensants français et européens sont, comme à l'accoutumée, la solution de toute bourde imaginée par les Yankees "ignorants du monde et aveuglés par leur puissance" (Charles Lambroschini termine son éditorial par "Il faut donc que la France et les autres alliés aident l'Amérique à s'arracher du bourbier irakien" !!!), l'ambassadeur de Grande-Bretagne en France écrit ceci :
Ce qu'il faut voir, dans les élections irakiennes, ce n'est pas les difficultés qui les entourent, mais tout simplement le fait qu'elles aient lieu ; et que la plupart des Irakiens d'aujourd'hui, qui n'ont jamais pris part à un scrutin démocratique, aient l'intention de se rendre aux urnes.

Les élections ne sont pas chose courante au Moyen-Orient. Les élections palestiniennes, qui ont porté au pouvoir Abou Mazen, ont pourtant envoyé un message fort de la volonté des Palestiniens de se tourner vers la démocratie et la paix. … L'Irak peut à son tour envoyer un nouveau message d'espoir, faisant écho à celui qu'a envoyé l'élection présidentielle en Afghanistan, qui s'est pourtant tenue dans des conditions tout sauf idéales.

Les actes de violence et d'intimidation perpétrés actuellement montrent bien que les factions opposées à la démocratie en Irak feront tout ce qui est en leur pouvoir pour saboter le scrutin du 30 janvier. L'un des leaders de la prétendue insurrection a déjà bien fait savoir que ce que lui-même et ses acolytes trouvent à redire à cette élection n'est pas tant les circonstances dans lesquelles elles se dérouleraient que le principe même de la démocratie.

Il faut bien voir la volonté qui anime ces adversaires de la démocratie de saper l'élection et l'ensemble du processus démocratique en cours dans les semaines à venir. L'intimidation est sans appel : "Si vous votez, vous vous ferez tuer." Il faut cependant bien voir aussi le désir qui anime la vaste majorité des Irakiens … de voter et de prendre en main leur destin. Leur détermination à participer au processus électoral et à l'organisation du scrutin, en dépit des menaces, est admirable.

Plus de 8 000 candidats sont en lice, soit plus de deux fois le nombre de candidats ayant brigué un siège à la dernière élection générale au Royaume-Uni ; 11 000 autres candidats se présentent aux élections locales, ainsi qu'aux élections régionales de la province kurde. Un tiers sont des femmes. 5 300 bureaux de vote ont été mis en place, et les campagnes d'information destinées aux électeurs touchent à leur fin. Près de 200 000 Irakiens participeront à l'organisation du scrutin sous la supervision des Nations unies. Le rôle de la coalition se bornera à assurer la sécurité là où il y aura lieu.

Dans la majeure partie du pays, on s'attend à un taux de participation honorable et à des conditions de vote plutôt régulières. Le calme règne dans 14 des 18 provinces du pays. Les choses seront donc effectivement plus difficiles dans certaines régions. Le problème majeur est de savoir dans quelle mesure toutes les communautés irakiennes y participeront. La décision de certaines factions sunnites de se désister n'arrange pas la situation.

Il reste cependant sur les listes de nombreux candidats sunnites prêts à braver la menace, à commencer par le président Ghazi Al-Yaouar, dont on connaît le succès de la visite à Paris ce mois-ci. Les sondages montrent en outre que de nombreux sunnites voudraient prendre part au vote malgré les menaces et les mesures d'intimidation épouvantables dont ils font l'objet.

En tout état de cause, le gouvernement qui sortira des urnes devra prendre en compte les vues et les aspirations de tous les Irakiens, notamment quand il s'agira d'élaborer et d'adopter la Constitution définitive de l'Irak. Le processus politique engagé et la tenue d'élections libres sont le meilleur garde-fou contre les divisions sectaires ou ethniques qui risqueraient de mettre en péril la souveraineté et l'intégrité du territoire, auxquelles nous sommes tous attachés.

Je passe beaucoup de temps à expliquer en France la position de la Grande-Bretagne sur l'Irak, et mes interlocuteurs ne sont pas avares de conseils quant à la manière dont il faudrait procéder. Nous tombons tous d'accord, en revanche, sur le fait que c'est aux Irakiens de prendre leur pays en main. Les élections du 30 janvier sont une étape dans ce sens. Le gouvernement irakien, avec le soutien de l'ensemble de la communauté internationale, a engagé un processus politique qui conduira dans les mois à venir non seulement à l'élaboration de la nouvelle Constitution, mais aussi à la tenue de nouvelles élections d'ici à la fin de l'année. Nous avons tous un rôle à jouer pour aider les Irakiens sur cette voie, qu'il s'agisse de sécuriser leur environnement, de faire monter en puissance le rôle des Nations unies, d'entraîner leurs forces de police et leurs forces armées, ou de leur offrir notre soutien financier et technique. Nous avons tous gros à y gagner.

C'est dans cette perspective que le Royaume-Uni s'est engagé à maintenir ses forces déployées en Irak, aux côtés de celles de la trentaine de pays qui participent à la coalition internationale. Nous avons cependant bien précisé que c'était aux Irakiens de décider, et que nous ne resterions pas si notre présence n'était plus souhaitée.

Nous nous attachons à former les forces de sécurité irakiennes dans les plus brefs délais pour leur permettre de prendre la haute main sur la sécurité intérieure et extérieure du pays. Il est indispensable, d'ici là, que les graves défis auxquels nous sommes confrontés n'entament pas la volonté de la communauté internationale de reconstruire l'Irak, comme les Irakiens eux-mêmes y sont bien décidés.

Par ailleurs, nous avons déjà eu le plaisir d'entendre la voix de Sir John Holmes par le passé…

"Les Européens préfèrent apparaître comme contrôlant la situation, plutôt que de stigmatiser l'Iran"

"Les Européens sont cyniques et vont échouer"

Le Monde publie un "Entretin [sic] avec Henry Sokolski", dans lequel ce spécialiste de la politique de non-prolifération, entre autres, montre le revers des cartes quant au bien-fondé supposé du dialogue et des négotiations, éternellement loués aux Cieux comme indicatifs de la fraternité et de la bonne foi :

Laurent Zecchini : Vous désapprouvez la négociation menée par les européens avec l'Iran ?

La seule question est de savoir si les efforts européens ne renforcent pas l'idée que l'Iran a le droit, selon les dispositions du traité de non-prolifération [TNP], de se livrer à l'enrichissement de l'uranium. Si les Iraniens parviennent à convaincre qu'ils ont ce droit, alors nous sommes tous en difficulté. Pas seulement par rapport à ce que l'Iran pourrait faire, une fois ce droit acquis, mais surtout parce que cela créerait un exemple que beaucoup de pays pourraient suivre. C'est pour cela que je dis que les efforts actuellement déployés [par les Européens] sont très mal orientés, parce qu'ils ne font rien pour inverser cette thèse ; au contraire, ils la renforcent.
Les Européens sont-ils naïfs de croire en la parole des Iraniens ?
Non, je pense que le terme exact est "cyniques", car ils savent ce qui se passe en Iran. Mais ils préfèrent apparaître comme contrôlant la situation, plutôt que de stigmatiser l'Iran en portant la situation devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Ils ne veulent pas que les Etats-Unis soient aux commandes de ce problème. Ils peuvent l'éviter actuellement, parce que les Etats-Unis supportent le fardeau [irakien] pour l'Europe. Nous avons le sentiment aux Etats-Unis que les Européens vont échouer et que, tôt ou tard, nous aurons à prendre la situation en main.
Certains experts estiment que l'Iran ne disposera pas d'armes nucléaires avant trois ou cinq ans. Est-ce votre avis ?
Ce sont des suppositions. De toute façon, il est moins important de savoir où en sont les Iraniens que de savoir d'où ils viennent. Or nous savons ce qu'ils ont fait dans le passé. Ils ont été forcés de reconnaître qu'ils n'ont pas respecté les règles, qu'ils les ont violées de multiples façons. Quand vous ne faites rien, même modestement, dès les premières indications d'un manquement aux règles en matière nucléaire, vous aboutissez à des pays comme l'Irak et la Corée du Nord.

Les Européens sont persuadés que s'ils sanctionnent d'une quelconque façon l'Iran, cela entraînera la troisième guerre mondiale ; les Américains utiliseront leurs armes nucléaires, tout va s'embraser, et l'Amérique va devenir le maître du monde ! Personne ne dit cela exactement, mais c'est ce sentiment diffus qui mine la diplomatie. L'idée, d'autre part, que les Etats-Unis vont s'engager maintenant dans une autre guerre est particulièrement fantaisiste, parce que nous sommes actuellement un peu occupés ailleurs...

Vous dites qu'après quinze mois d'activité la centrale de Bouchehr aurait suffisamment de combustible nucléaire pour produire près de soixante bombes égales à celle d'Hiroshima .
Cela ne doit pas être une surprise, ce n'est qu'un fait. Ils ont la capacité de produire de l'uranium enrichi pour fabriquer des bombes. Or, s'il n'y a pas de raison de penser qu'ils vont détourner ce combustible, il n'y a pas de raison de penser qu'ils ne vont pas le faire.
Pensez-vous que les Etats-Unis n'auront pas d'autre alternative que de détruire les installations nucléaires iraniennes ?
Nous avons de nombreuses alternatives, et pas seulement les Américains. Si nous croyons qu'un pays qui a violé ses obligations au regard du TNP mais est quand même autorisé à poursuivre ses activités nucléaires jusqu'au moment où il sera capable de se doter d'une bombe en quelques jours, l'Iran, est prêt à coopérer sur le plan nucléaire, nous avons l'obligation de nous assurer qu'il n'exporte rien dans ce domaine. Pratiquement, cela signifie qu'il faut intercepter des navires, si ce n'est tous les navires, qui sortent du golfe Persique, ce qui n'a pas été fait. Je me demande jusqu'à quel point nous sommes vraiment sérieux — Washington, les Européens — en matière de non-prolifération.

2005/01/30

"Depuis la chute du régime de Saddam, la politique étrangère de la France a été sceptique, suspicieuse"

Le Monde publie un entretien avec Hoshyar Zebari, ministre des affaires étrangères irakien et candidat de la Liste unifiée du Kurdistan. Extrait :

Cécile Hennion : Ministre des affaires étrangères, quel bilan établissez-vous des relations entre l'Irak et la France ?

Depuis la chute du régime de Saddam [Hussein], la politique étrangère de la France a été sceptique, suspicieuse. Elle s'est exprimée davantage à l'encontre des Etats-Unis que par rapport à l'Irak. Et, jusqu'à ce jour, elle demeure peu active. En retour, nous avons dialogué avec la France avec précaution, mais aussi avec respect. Nous ne souhaitons pas de conflits, nous sommes plutôt en situation d'attente.

Cela dit, les relations diplomatiques ont été rétablies. J'ai rencontré M. Barnier [ministre français des affaires étrangères] à plusieurs reprises. Je considère son attitude beaucoup plus constructive que celle de son prédécesseur. Ancien opposant irakien à Saddam, et spécialement en tant que Kurde, je peux témoigner des liens forts qui nous attachent à la France. Danièle Mitterrand et Bernard Kouchner, notamment lors du génocide kurde, ont élevé leur voix en notre faveur, à une époque où pourtant la France entretenait de très bonnes relations avec Saddam Hussein. Je suis donc optimiste. Lorsque l'Irak se sera doté d'un gouvernement légal, nos relations s'amélioreront encore.

Lorsque Jacques Chirac a demandé la participation de l'opposition [arabe sunnite] à la conférence de Charm el-Cheikh, cela a été très mal perçu. Il n'était pas question pour nous de recevoir des groupes qui font usage de la violence ou de la terreur. Nous reconnaissons l'existence de cette opposition et nous sommes prêts à dialoguer avec elle mais à Bagdad, à condition que ces groupes acceptent de désarmer et dans le cadre d'une rencontre où la société civile aurait également droit au chapitre. Si la France a de l'influence sur ces groupes, elle a le devoir de les pousser à participer à une telle rencontre.

La France aurait selon vous de l'influence sur ces groupes ?
Disons qu'elle a des relations...