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2010/10/15

Facile de condamner les autres pour leur peine de mort et leurs actes pendant la guerre lorsque les vôtres sont ignorés pendant plus d'un demi-siècle

Deux choses que les Français sont toujours friands de faire est de reprocher aux Américains — voire, les condamner pour, que dis-je, les diaboliser pour — leur peine de mort et leur comportement pendant une guerre (ainsi que leur racisme et leurs violations des droits de l'homme). Il est vrai qu'il est plus facile de donner des leçons à tout le monde (et surtout aux Ricains) lorsque ses propres manquements sont ignorés (de façon délibérée ou autre), ou alors lorsque ses manquements ne viennent au jour que seulement beaucoup d'années après, par exemple le temps d'un… demi-siècle !

Ainsi, par exemple, François Mitterrand, grand héros de la gauche, a pu terminer presque deux septennats comme président de la République (rien de moins) avant que les journalistes français et que les historiens français apprennent (et cela, seulement grâce à la connivence de l'intéressé) qu'il avait travaillé dans le gouvernement de Vichy. Et voilà que, 15 ans (seulement!) après son départ du pouvoir, on apprend que celui qui avait mis fin à la peine de mort avait fait librement usage de la guillotine lorsqu'il était ministre pendant la Guerre d'Algérie.
Les condamnations à la peine capitale pleuvent. La guillotine, jamais utilisée contre un nationaliste depuis le début des "événements", fait son office à Paris comme à Alger. Les têtes des fellaghas tombent à une cadence oubliée depuis l'Occupation allemande : jusqu'à cinq certains jours.
Ainsi écrit Jean-Pierre Tuquoi dans Le Monde, en évoquant le livre de François Malye et de Benjamin Stora. Au printemps 1956,
François Mitterrand signe les décrets des "pouvoirs spéciaux". Désormais, les tribunaux militaires prennent le pas sur les juridictions civiles. La loi autorise la "traduction directe devant le tribunal militaire permanent des forces armées, sans instruction préalable, des personnes prises en flagrant délit de participation à une action contre les personnes ou les biens, même si ces infractions sont susceptibles d'entraîner la peine capitale". Ce faisant, rappellent les auteurs, François Mitterrand approuve une mesure que son prédécesseur, Robert Schuman, avait refusée car il y voyait une "négation du droit de la défense".

A juridiction d'exception, verdict d'exception. Les condamnations à la peine capitale pleuvent. La guillotine, jamais utilisée contre un nationaliste depuis le début des "événements", fait son office à Paris comme à Alger. Les têtes des fellaghas tombent à une cadence oubliée depuis l'Occupation allemande : jusqu'à cinq certains jours. Sans résultat probant sur le plan sécuritaire : loin de réduire la violence, la "Veuve" la nourrit.

Avant chaque exécution le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), dont la vice-présidence est assurée par le garde des sceaux, se réunit pour conseiller le président de la République sur les recours en grâce des condamnés à mort. Pendant des décennies, on a ignoré dans quel sens s'était prononcé François Mitterrand au cours des seize mois où il fut ministre de la justice. Ses biographes assuraient que la peine de mort lui répugnait, et qu'il avait sauvé des têtes.

L'examen du registre des grâces (partiellement ouvert depuis 2001) contredit cette image : "Sur les quarante-cinq dossiers d'exécutés lors de son passage Place Vendôme, François Mitterrand ne donne que huit avis favorables (cinq autres avis sont manquants). On peut le dire autrement : dans 80 % des cas connus, il a voté la mort."

…François Mitterrand n'a jamais livré la clé de son attitude. Revenir sur cette tranche de vie le gênait. Dans ses livres, ses discours, ses interventions, il la passe sous silence. "Il en avait honte", assure son premier biographe, Franz-Olivier Giesbert. "Ça l'exaspérait, et il passait très vite à autre sujet", confie au Monde un ancien ministre du gouvernement d'union de la gauche, sous couvert d'anonymat.

Gisèle Halimi ne dit pas autre chose. Avocate, elle a pris la défense de militants du Front de libération nationale (FLN) ; femme de gauche, elle a introduit le futur président de la République auprès de certains de ses amis artistes. "Je me souviens d'un dîner chez moi. Durant sa campagne (celle de 1981), je réunissais souvent des gens du spectacle (...). On était tous en train de parler de l'horreur des exécutions capitales. Il a d'abord été silencieux. J'ai voulu évoquer la période algérienne, et là, immédiatement, il a changé de sujet." Personne ne reviendra sur ce sujet.

Pas même les partis politiques, tant et si bien que les "années algériennes" de François Mitterrand n'ont pas nui à sa carrière. Alors que son bref compagnonnage avec Vichy a suscité livres et commentaires à foison, les quelque cinq cents jours où il fut ministre de la justice n'ont pas été instrumentalisés par ses adversaires politiques, de droite comme de gauche.

Qui aurait eu intérêt à le faire ?

…La singularité est que ce même François Mitterrand est aussi celui qui a aboli la peine de mort en France, contre le souhait d'une majorité de l'opinion publique.

Selon un lecteur :
Soulevez le vernis angélique de la Gauche, ne vous laissez pas berner par ses déclarations humanistes mais observez ses acteurs : vous y découvrirez des êtres (hommes et femmes) avides de pouvoir, prêts à toutes les compromissions pour l'obtenir. Sur cet aspect, je préfère la Droite, qui assume ses choix. Moins faux-culs, en quelque sorte !

2010/10/14

La France condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa procédure de garde à vue

Le pays qui n'aime rien de mieux que de donner des leçons des droits de l'homme aux Américains débiles a été condamné, jeudi 14 octobre, par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa procédure de garde à vue.
Les juges estiment que les gardés à vue doivent pouvoir bénéficier d'un avocat dès le début de la procédure et durant tous les interrogatoires et insistent pour que soit respecté le droit d'un mis en cause à garder le silence.
Les « dix commandements » du gardé à vue
oici les « bons réflexes » dispensés par le cabinet d'avocat :
Ne répondre « qu'à la question posée » ;
ne pas « sonoriser les silences »
(comprendre ne pas tenter de les meubler) ;
avoir « le droit de ne pas savoir ;
avoir « celui de ne pas se souvenir » ;
se « faire reformuler les questions si nécessaire » ;
« ne pas se laisser impressionner par ses interlocuteurs » ;
« livrer des faits, pas d'interprétations » ;
« se méfier du «off» » ;
ne signer son procès-verbal que si l'on est « d'accord sur tout » ;
exiger « des temps de repos » ;
« user de son droit de voir médecin et avocat ».

2010/10/13

Protesting against a raise in the retirement age to 62?! Grow up!

Beaucoup d'Américains ne semblent pas impressionnés par les révendications des protestataires…
PARIS: Sarkozy stands firm as pension protests escalate. “More than 3 million demonstrators – one in 20 of all French people – marched yesterday against the President’s plans to raise the standard retirement age from 60 to 62. Tens of thousands of students joined the marches for the first time, threatening to radicalise the protests and broaden them into a rebellion against a deeply unpopular presidency.”

Miserable parasites — protesting against a raise in the retirement age to 62? Grow up.

2010/10/12

Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté

En français … j'ai toujours peur de me tromper.
Dans un entretien avec Eric Fottorino, Umberto Eco aide à expliquer pourquoi le français n'est plus la langue universelle…

Avez-vous déjà eu la tentation d'écrire dans une autre langue que la vôtre ?

Oui, il m'est arrivé d'écrire beaucoup d'essais en anglais. Directement en anglais.

Cela suppose de très bien manier la langue anglaise, et pas seulement de la parler...

Je parle mieux le français que l'anglais. Mais je préfère écrire en anglais qu'en français. Car en français, il y a des problèmes d'accents et d'orthographe qui sont terribles. Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté. Tandis que quand vous écrivez un mauvais anglais, tout le monde vous accepte.

C'est formidable, pour une maison d'édition anglophone, d'avoir un auteur qui écrit directement son livre en anglais !

Cela se fait de plus en plus. Tous les scientifiques écrivent en anglais. En français, je suis capable de préparer un texte pour une conférence, mais j'ai toujours peur de me tromper. En français, il y a onze façons d'écrire le son "o". C'est en France qu'il y a le plus grand taux de dyslexie. En allemand ou en italien, un son s'écrit exactement comme on le dit, et cela aide beaucoup. En anglais, on le dit et on l'écrit toujours d'une façon différente. En français, il y a des règles, mais elles sont trop compliquées.

2010/10/11

Haines d'Alsace

Le directeur du cinéma Odyssée, une figure de la vie intellectuelle strasbourgeoise, français d'origine turque, est l'avant-dernière victime de la série d'actes xénophobes, racistes, antisémites ou islamophobes qui secouent l'Alsace depuis le début de l'année
écrit Béatrice Gurrey dans Le Monde — une quinzaine d'actes de ce type au total — en rapportant ce qui se passe dans l'arrière-cour des Français pendant que ces êtres extra-lucides dénoncent le racisme supposé de ces abrutis d'habitants de l'Amérique profonde.
Sur la porte de la maison familiale [de Faruk Günaltay — deux voitures presque carbonisées], des croix gammées et les chiffres 14 et 88 avaient été tracés, références aux 14 mots d'un slogan raciste et au salut nazi "Heil Hitler", le H étant la huitième lettre de l'alphabet. … Le domicile de [Israël Nisand,] conseiller municipal de Strasbourg, dans la majorité du maire socialiste Roland Ries, a été tagué de trois croix gammées, des initiales SS et de la phrase "Mort à Zog", (Zionist organization government, le sigle antisémite utilisé par l'extrême droite).
Il y a aussi le clip
posté sur Internet dans lequel un homme brûle une page du Coran puis urine sur les cendres "au nom de la liberté".
Béatrice Gurrey nous rapporte les réactions des locaux :
"Ces actes sont un véritable traumatisme pour les Alsaciens et sont de nature à atteindre le "vivre ensemble". Leur violence, leur lâcheté, leur gratuité provoquent un sentiment de consternation et de dégoût."
For some reason, French cartoonist Martin Vidberg manages to implicate John McCain ("McCain fries"?!?!) in the Koran burning! (Then again, the Arizona senator is emblematic of American conservatives…)

Un lecteur réagit (à la nouvelle du clip) :
"brûler le Coran" ? "un acte barbare" ? Non, mais on aura tout vu ! Un acte barbare, c'est se faire sauter au milieu d'un marché, c'est vitrioler une gamine qui va à l'école, brûler une fille qui vous dit non, c'est lapider une femme pour avoir disposé de son corps comme elle l'entend et j'en passe. N'inversons pas les rôles ! C'est un bouquin. Point barre.
Tandis que deux autres font valoir les deux poids deux mesures :
On croit rêver ... qui s'indigne quand les Chrétiens se font massacrer au Nigeria, en Irak, en Palestine .... PERSONNE !!! et surtout nos chers compatriotes musulmans. De +, il faut que tout le monde lise le Coran pour voir a quel point les positions sur la laïcité, les femmes, les chrétiens, les apostats sont très claires (et complètement contraire a nos lois).

[Brûler le Coran est un] Acte stupide certes,mais effecivement comme le soulignent nombre de lecteurs pas UN [seul] représentant du culte musulman en France ne condamne les massacres de chrétiens en terre d'Islam: Turquie (Mgr Padovese en juin dernier pour ne citer que ce dernier cas),Nigéria,Moyen-Orient,Indonésie...et ce au nom d'une supériorité qui fait que les autres croyants sont considérés comme des infidèles au mieux comme des dhimmis!Qu'ils balaient devant leur porte! On n'est plus au Moyen-Age,eux si!