2011/11/27

Avis à Pascal Bruckner : il est interdit de s'attaquer au discours écologique dominant

Qu'un auteur mette en cause le discours écologique, voilà évidemment quelque chose qu'il n'est pas bon faire aujourd'hui. Et voilà donc que Le Monde s'en prend au livre de Pascal Bruckner (Le fanatisme de l'Apocalypse), grâce au book review de Nicolas Weill, qui multiplie allusions à la "rhétorique de la dérision […] guère convaincante", aux "contre-vérités", aux "simplifications bruckneriennes", et aux "Il est simple voire simpliste" :



ettre les rieurs de son côté, voilà un talent que maîtrise à coup sûr Pascal Bruckner. Ce talent, il le prodigue aujourd'hui pour dénoncer un discours écologique supposé dominant. La thèse du livre au titre emprunté à l'historien Norman Cohn (Les Fanatiques de l'Apocalypse - Julliard, 1962) est simple : le souci de l'environnement aurait tourné en Occident à une manie de la contrition dont le but serait moins le salut de la planète que la satisfaction d'un masochisme postchrétien prônant le châtiment, voire l'extinction de l'homme. Après Le Nouvel Ordre écologique de Luc Ferry (Grasset, 1992), voilà Pascal Bruckner qui reprend le slogan lancé en 1990 par le philosophe Marcel Gauchet dans la revue Le Débat : « Sous l'amour de la nature, la haine de l'homme ».

En concédant la nécessité d'une « écologie d'admiration » (du monde) pour remplacer l'« écologie d'accusation » (de l'homme), Pascal Bruckner décoche ses traits sur les excès, les cocasseries, les exagérations d'un milieu où la prophétie de malheur soutenue par des observations scientifiques ne laisse que peu de place à l'humour. Mais l'absence d'humour justifie-t-elle à elle seule les simplifications bruckneriennes ?

1 comments:

jcdurbant said...

"Près de trente ans après l’abandon progressif de la pulvérisation à grande échelle de DDT et d’autres insecticides dans les habitations pour lutter contre le paludisme, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé aujourd’hui que cette méthode allait de nouveau jouer un rôle important dans son combat contre la maladie. L’OMS recommande désormais la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations non seulement dans les zones d’épidémie palustre mais aussi dans celles où la transmission de la maladie est constamment élevée, notamment dans toute l’Afrique."

Communiqué OMS (2006)

"The United Nations Environment Programme and the World Health Organization, in partnership with the Global Environment Facility, today announced a rejuvenated international effort to combat malaria with an incremental reduction of reliance on the synthetic pesticide DDT.

(...)

Allied to measures such as improved health care, monitoring and education the findings could set the stage for meeting the twin aims of achieving the health-related and environmental Millennium Development Goals (MDGs) by 2015 while also ridding the world of the persistent organic pollutant DDT.

The initiatives come amid long-standing and growing concern over the use of DDT and evidence that in many countries there is increasing mosquito resistance to the pesticide.

However concern over DDT is matched by concern over the global malaria burden in which close to 250 million cases a year result in over 880 000 deaths. Thus any reduction in the use of DDT or other residual pesticides must ensure the level of transmission interruption is, at least, maintained.

The international community has, under the Stockholm Convention, agreed to ban a ‘dirty dozen’ of persistent organic pollutants including, ultimately, DDT on environmental and health grounds.

However, a specific and limited exemption was made for the use of DDT to control malaria, because it was recognized that in some situations adequate alternative control methods were not currently available.

The aim of the new projects, a major initiative of the Global Environment Facility (GEF) with close to $40 million funding, being spearheaded by WHO and the UN Environment Programme (UNEP), is to achieve a 30% cut in the application of DDT world-wide by 2014 and its total phase-out by the early 2020s if not sooner, while staying on track to meet the malaria targets set by WHO.

Achim Steiner, UN Under-Secretary General and UNEP Executive Director which hosts the secretariat of the Stockholm Convention, said: “The new projects underline the determination of the international community to combat malaria while realizing a low, indeed zero DDT world”.

WHO (2009)

Oui, mais faudrait déjà que l'OMS se mette d'accord avec elle-même ayant pendant 30 ans découragé son utilisation dans la lutte antipaludique (du fait, notamment, de l'apparition de résistances dans les populations de moustiques) puis prôné (non, il est vrai, sans contestation interne) en 2006 sa réutilisation avant, trois ans plus tard, d'annoncer son objectif de sa mise à l'écart définitive pour le début des années 2020 ...

Et quand est-ce qu'on s'attaque au soja bio tueur qui en quelques jours a fait plus de victimes que l'accident nucléaire de Fukushima (une quarantaine de morts et 4 000 intoxiqués sur 12 pays contaminés contre 0 mort et une vingtaine de faiblement à moyennement irradiés)?

http://jcdurbant.wordpress.com/2011/12/11/ecologie-la-rhetorique-de-la-derision-en-defaut-was-rachel-carson-wrong/