2018/06/27

Sécurité Routière : en quoi les statistiques sont-elles comparables à un bikini ?

Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges,
les mensonges grossiers, et les statistiques
—Mark Twain

La clé de la sagesse est basée sur le fait de s’interroger constamment, 
parce que si nous posons des questions, c’est que nous avons un doute 
et ce n’est qu’en insistant avec ces questions que nous nous rapprocherons de la vérité … 
En doutant, nous nous mettons en recherche, et en cherchant nous trouvons la vérité …
— Pierre Abélard (1122)
    Savez-vous pourquoi Georges Fischer a comparé les statistiques à un bikini ?

    Parce qu'une statistique dévoile beaucoup, mais…

…elle cache l'essentiel.

    Comme chacun le sait, La Grande Vadrouille a longtemps été le plus grand succès du cinéma français ; la comédie de Gérard Oury a gardé ce statut pendant quatre décennies, avant d'être détrôné par des films tels que Bienvenue chez les Ch'tis et Intouchables.

    Une seule question : Est-on seulement sûr que ce fait soit aussi indiscutable ? Est-ce qu'on compte l'argent récolté ou sur le nombre de billets vendus, prend-on en compte des choses comme la variante des fluctuations du prix du billet et la différence de la situation économique, et s'est-on souvenu évidemment de faire des calculs concernant la différence de la population française en 1966 comparativement au 21ème siècle ? Et qu'en est-il du fait que chaque génération est plus riche que la précédente et donc plus encline à dépenser son argent (voire à en jeter par la fenêtre) ?

    Pour illustration, je me souviens avoir lu, il y a beaucoup d'années de cela, que contrairement à ce qu'on semblait croire, les grands méga-hits des années 1970 et 1980 — Les Dents de la Mer, Star Wars et E.T. l'Extraterrestre — n'avaient pas détrôné Autant en Emporte le Vent si étaient prises en compte plusieurs statistiques comme le prix des billets, l'inflation et surtout la croissance de la population américaine depuis 1939.  (Depuis, il y a eu Titanic et Avatar, mais je ne sais pas ce qu'en dirait l'auteur — si toutefois il est encore en vie.)

    Revenons à la Sécurité Routière.  On nous parle d'une hausse de la mortalité depuis 2014.  "Le nombre de décès a augmenté de 2,3% en 2015 par rapport à 2014", rapporte par exemple L'Est Républicain, "de 0,5% en 2016 et de 0,9%" en 2017."  Avons-nous le droit de dire que certains de ces chiffres ne sont pas sérieux ?

    Par exemple, prenons l'accident, horrible, du bus scolaire de Millas en décembre 2017 qui a fait six morts et plusieurs blessés.  Peut-on nier que ce tollé lugubre — en admettant qu'il fasse partie (et pourquoi pas?) des accidents de "la route" — plus d'autres du même type (ayant fait des morts multiples pendant la même année) ne sont pas sans fausser les statistiques — surtout quand ils sont sur une population (nous allons y revenir) de… 65 millions d'habitants ? Sans parler du fait que cet accident ne semble rien à voir avec la vitesse ?

    En mars 2018, les morts en outre-mer étaient de 24, comparés à 26 en mars 2017.  A-t'on le droit de dire que tirer une quelconque conclusion de ces chiffres n'a pas beaucoup de sens ?

    Mais là n'est pas le pire avec les statistiques (qui ont l'avantage de montrer l'état d'esprit de ceux qui nous gouvernent) ; ces chiffres pourraient à la limite être valables si nous étions des robots ou des vaches — voire des veaux ou des… moutons.  (Et n'est-ce pas le rêve millénaire de dirigeants de par le monde — que leurs sujets soient des pantins?!)

    Quand une vache est mieux protégée (et mieux "incarcérée") par des fils barbelés ou par des fils électriques que par une clôture de fils traditionnels, on peut en effet conclure que cela vaut pour toutes les vaches — en France comme à l'étranger.  Il n'y a pas de vaches particulières qui vont essayer d'effectuer une grande évasion en creusant un tunnel avec les cornes.

    Mais quand un journaliste dit que dans une région particulière, le tollé a augmenté (ou baissé) parce qu'il y a 19 morts au lieu de 14 (ou inversément), en admettant qu'il s'agisse d'êtres humains — dont l'état d'esprit, de fatigue, d'ébriété, etc doivent par conséquent être quasi-totalement ignorés — et non de vaches (ou plutôt de… moutons), on peut se demander où est le sérieux.

    Cinq de ces personnes n'auraient-ils pas pu être tués dans un accident de la route l'année d'avant (ou l'année d'après) s'ils avaient été touchés à une époque différente par une dépression due à un divorce ou par leur joie due à une promotion au bureau — voire par la distraction d'un simple coucher de soleil pour ne pas dire par l'ennui de rouler à une vitesse (à une lenteur) soporifique ?

EXAMINONS LES STATISTIQUES PRINCIPALES
POUR JUSTIFIER LA BAISSE À 80 KM/H

    Nous avons vu que l'une des pires choses avec les statistiques, c'est qu'elles ne tiennent pas compte de l'être humain, mais traitent les personnes comme des robots, comme des moutons.  Les deux ou trois statistiques principales du gouvernement français pour justifier la baisse de la limitation de lenteur (pardon, la limitation de vitesse) de 90 à 80 km/h (et donc d'aller, comme seul état membre de l'Union Européenne sinon seul état membre des Nations Unies, dans la direction opposée du progrès) rentrent dans ce cas de figure, c'est-à-dire qu'elles ignorent le fait que les Français ne seraient ni des robots ni des moutons, mais (si, si) des êtres humains.  (Ils ne sont pas non plus des sujets, on aimerait que quelqu'un le rappelle à nos gouvernants, mais des citoyens.)

    Fin janvier 2018, Emmanuel Barbe dit au Sénat que "Cette expérimentation [sur le réseau bidirectionnel sans séparateur central] n'avait qu'un seul but : mesurer l'effet de la baisse des vitesses maximales autorisées (VMA) sur la vitesse moyenne pratiquée, car l'effet mécanique sur la baisse des accidents est démontré."

    De même, le délégué interministériel à la Sécurité Routière a fait toute une démonstration à Métropolitain sur une décision qui permettrait de sauver 300 à 400 vies par an. :
« En baissant la vitesse moyenne pratiquée, on a davantage de temps pour freiner quand il le faut pour éviter un accident. Et si on a quand même un accident, en diminuant la vitesse, le choc est moins violent. On évite aussi de la tension au volant. On perd aussi très peu de temps de trajet et on épargne des vies ».
    On nous apprend qu à 90 km/h, une voiture mettrait 70 mètres pour s'arrêter, alors qu'en roulant à 80 km/h, cette distance serait réduite à 57 m — soit 13 mètres d'écart qui peuvent s'avérer bien utiles pour "sauver des vies" (tâchons d'ignorer Eric Michel du Journal Moto du Net, qui se souvient "qu'en 2016, la même DSR nous expliquait — dans une étude très intéressante de l'UTAC-CERAM à propos des distances de freinage auto et moto — que la voiture lancée à 90 km/h mettait… 43 mètres pour s'arrêter ! En deux ans, la distance d'arrêt complet d'une voiture augmenterait donc de 27 mètres ?!")

    Ce que la Sécurité Routière souhaite démontrer aux Français (qui, parions-le, n'en avaient aucune idée), c'est que les lois de la physique indiquent qu'un véhicule freine plus court lorsqu'il circule 10 km/h moins vite, ce qui réduirait la distance d'arrêt ainsi que, dans une éventuelle collision, la gravité des blessures.

    À présent, je souhaiterais faire une déclaration officielle et solennelle : la Sécurité Routière et Emmanuel Barbe ont raison.  Ils ont tout à fait raison.

    Ils ont raison, c'est-à-dire qu'ils ont raison si les voitures sont conduites par des automates, par des moutons (le rêve sine qua non des élites gouvernementales, je le répète, depuis des siècles, que dis-je, depuis des millénaires).

    Au nom de tous les citoyens, je souhaiterais m'excuser devant les élites qui nous gouvernent pour le fait d'être humain.  Et quand les êtres humains conduisent trop lentement, ils s'ennuient, ils somnolent, ils ne prêtent plus attention à la route.  Par conséquent, il s'ensuit que le gouvernement a tout faux : les conducteurs ne freineront pas plus vite, ni même aussi vite.
  
    De même, qu'importe si on a en effet une augmentation du champ de vision à une vitesse réduite si, terrassé par l'ennui, on est effectivement en train de l'admirer, ce panorama à droite ou à gauche, sans prêter (trop d')attention à la route devant soi (et à la route… derrière soi!) ? Ne se pourrait-il pas que, tout compte fait, une absence de perception visuelle latérale, ou de vision panoramique, est plus… sûre — et ce pour tout le monde ?!

    En d'autres mots, on a peut-être davantage de place pour freiner, mais qu'importe si on a de fait moins de temps pour réagir ?  C'est réagir qui est important, réagir en fonction du contexte d'une urgence, pas la seule application d'une seule des réactions possibles (freiner ou accélérer ou virer à gauche ou virer à droite, etc).  Et cela demande de la vigilance, c'est-à-dire un conducteur alerte.  (Tout le contraire de la conduite dite "Zen" que nous préconisent les "experts" de la sécurité.)  C'est sans aucune doute pour cela que des tests de vitesse illimitée dans des parties de trois pays sur trois continents différents (Allemagne, Australie, États-Unis) ont tous eu le même résultat — nous allons y revenir — celui d'une baisse de la mortalité.

    Maître Éric de Caumont a sans doute été parmi les meilleurs à adresser (sur CNews) un argument (sic) similaire de la Sécurité Routière  :
"on vous tient un discours [citant] une étude … qui dit : 1 % de vitesse en moins égal 4% de tués en moins.  Donc, c'est génial, on enlève 10 km/h, on va avoir 40% de morts en moins … Pour comprendre l'ineptie de ce calcul, il suffit de faire le calcul jusqu'au bout ; et vous arrivez à 67,5 km/h.  Vous savez ce que c'est ? Eh bien, c'est la vitesse à laquelle il n'y a plus de morts — en enlevant 4% à chaque fois que vous enlevez 1% de vitesse."  
Comme le dit Maître de Caumont, c'est effectivement d'une stupidité sans pareil.

    Mais, au fait, se demande le magazine Challenges : D'où sort-on ce chiffre de 4 % de morts pour 1 km/h ? D'une étude publiée en 1981 par le chercheur suédois Göran Nilsson, qui "visait certes à quantifier la relation entre le nombre d'accidents et la vitesse des véhicules", explique Pierre Chasseray, délégué général de l'Association 40 Millions d'Automobilistes, "mais il avait un objectif précis, oublié depuis : il s'agissait de quantifier l'impact de cette fameuse journée du 3 septembre 1967, lorsque les Suédois qui roulaient à gauche de la chaussée (comme les Britanniques) ont changé de bord à cinq heures du matin, comme un seul homme, pour rouler à droite."

    En d'autres mots, conclut Eric Bergerolle,
"Le cadre très limité de cette étude de 1981 l'empêche de prétendre au moindre caractère universel : ses conclusions s'appliquent exclusivement à la Suède de la toute fin des années 1960, qui plus est à des automobilistes confrontés à un bouleversement fondamental des règles de circulation."
    On prend donc une étude d'un seul pays, pour un seul pays, vieille de presque 40 ans, périmée et hors sujet, qui n'a été reproduite nul part ailleurs pour la simple raison que depuis la Seconde Guerre Mondiale, peu d'autres pays, surtout en Europe (hormis l'Islande, l'année suivante), ont procédé à une telle révolution sur la totalité de ses routes (à savoir un changement du sens de circulation automobile).

    Pendant ce temps, on ignore totalement une statistique officielle de l'Union Européenne, moderne (2015), comparative (et déjà mentionnée dans un précédent article), qui indique que l'Allemagne, dont la limite sur est de 100 km/h et illimitée sur deux tiers de son réseau autoroutier — ce qui, par ailleurs, annihile totalement l'affirmation, simpliste, La vitesse tue — a une mortalité routière moindre par habitant que la France.  (De même, comme nous l'avons déjà vu, on ignore des tests de vitesse illimitée qui, partout où ils ont été appliqués sur trois continents, ont vu la baisse de la mortalité sur route — mais contrairement à l'Autobahn, les tests sur la Interstate du Montana et la Stuart Highway ont rapidement été étouffés par une coalition d'écologistes et d'étatistes patentés.)

    Cela dit, si on tient absolument à retourner un demi-siècle en arrière, et plus, pourquoi ne pas étudier un article de Popular Science de… 1960 qui comparait les limites de vitesse dans les différents États des USA et qui concluait que plus la limite de vitesse était élevée, moins les conducteurs souffraient de la distraction de craindre la police de la route et plus ils étaient en fait en sécurité.  En lisant le texte suivant, notez bien qu'il décrit un article écrit seulement… 15 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale !
"[Dans un article de mai 1960 intitulé "Abolissons les limites de vitesse stupides",] Paul Kearney affirmait qu'en surestimant les limites de vitesse, les responsables des routes négligent des problèmes plus pressants, comme la conduite en état d'ébriété. En outre, les statistiques montraient que la plupart des accidents en Pennsylvanie, en Indiana et dans l'État de New York impliquaient des véhicules roulant à moins de 50 miles/h [soit 80 km/h!!]. Plus de conducteurs sont morts à New York après s'être endormis au volant, avoir heurté des cerfs ou avoir commis d'autres «erreurs humaines». À l'inverse, les autoroutes avec des vitesses plus élevées ont connu moins d'accidents. Kearney a noté que les conducteurs de New Jersey étaient plus globalement en sécurité parce qu'ils n'étaient pas aussi distraits par leur crainte de gendarmes zélés [of strict highway patrolmen], ayant la réputation de patrouiller dans l'espoir de "choper" des conducteurs dépassant la limite de vitesse."
    Quoi qu'il en soit, il se trouve que quand on mentionne le cas de l'Allemagne, grande surprise !

    Voilà que, tout d'un coup, le gouvernement français fait un virage de 180º !

    Voilà que, brusquement, il se détourne de ces chiffres et de ces pourcentages dont il raffole tant !

    Voilà que, comme par un coup de baguette magique, il prend refuge dans les rapports humains ; dans la nature des peuples ; et dans les différences culturelles !

    Voilà qu'il se rabat sur une soi-disante différence — entre les Allemands (disciplinés) et les Français (indisciplinés) !

    (Une chose ne change pas, pourtant : qu'on parle de "chiffres indiscutables" ou de rapports humains, le parti pris du gouvernement et des experts auto-proclamés, serait encore une fois irréfutable, ce serait alpha et oméga, l'argument définitif qui met fin à toute discussion.)

    Puis-je me permettre de prendre la défense des Français ? Est-il besoin de préciser que s'il y a des différences, manifestes comme subtiles, entre l'Européen nordique et méditerranéen, ils ont quelque chose en commun, en commun par ailleurs avec les Anglais, les Américains, les Arabes, les Musulmans, les Juifs, les Africains et les Asiatiques ? À part le fait que, non, les "assassins en herbe" (sic) ne sont pas indifférents à la mort d'innocents, ils ne veulent pas abîmer leurs biens (cf leurs véhicules) et ils ne veulent pas d'ennuis avec les autorités.

    De toutes les façons, est-ce que la Suède serait moins disciplinée que l'Allemagne ?! Les Suédois ne se trouvent-ils pas encore plus au nord de l'Europe que les Allemands ?! Ayant du sang scandinave qui coule dans les veines, je peux vous certifier que si une poignée d'ivrognes sortent dans la rue chanter à pleins poumons au milieu de la nuit à Stockholm, à Oslo, ou à Copenhague, les chances sont grandes que, même dans une ville complètement déserte à 3 heures du matin, les saoûlards attendront que le feu change au vert avant de traverser la chaussée.

    On a vu qu'on peut faire dire aux chiffres tout plein d'inepties et nous allons voir qu'en changeant les paramètres — de fait, les rendre plus réalistes — on peut leur faire dire aux chiffres à peu près tout ce que l'on veut.  Dans cette perspective, on ne manquera pas de noter que la conclusion de deux années d'expérimentation des 80 km/h sur trois tronçons de routes nationales sont si mauvaises (pour le gouvernement) — c'est-à-dire, si bonnes et positives pour les conducteurs et pour… la France —, que la Sécurité Routière et MM Barbe, Philippe et Macron ont arrêté net sa publication (Emmanuel Barbe se contentant d'affirmer que la mortalité aurait été divisée par deux).

PAS DE STATISTIQUES SANS PARAMÈTRES

    C'était durant l'année 2011, je pense, que le gouvernement prit la décision de publier un supplément de quatre pages dans tous les grands journaux de l'époque afin de défendre les prises de position sur la sécurité routière.

    L'un des diagrammes statistiques montra la baisse de la mortalité depuis l'installation des radars en 2003.  Effectivement, la courbe depuis l'année 2003, à gauche, jusqu'au présent, à droite, est en constante baisse.  Or, pour que l'utilité des radars soit établie, ne faudrait-il pas prendre en compte les années antérieures ?  Logiquement, si les radars êtaient vraiment ces inventions miracle responsables de la baisse de la mortalité, un diagramme plus complet devrait montrer, soit, au pire, une courbe antérieure en hausse soit, au mieux, une courbe horizontale.

    Notons que le fait même que les années précédentes ne se trouvent pas dans le diagramme devrait déjà susciter chez le lecteur un minimum de sceptisme.  Et en effet, il s'avère que, dans les diagrammes concernant les taux de mortalité sur les routes depuis 20, 30, ou 40 ans, on découvre une baisse constante du nombre de tués sur la route depuis 1988 et même, avec quelques hics, depuis 1972 — et que l'année 2003 n'a rien changé à la donne.

    C'est suite à cette campagne d'information (sic) du gouvernement que la Ligue de Défense des Conducteurs publia ses 4 vérités sur les radars.
Vérité n°1 : la baisse de la mortalité routière est bien antérieure à la mise en place des radars
Vérité n°2 : A ce jour, aucune étude scientifique française n’établit un lien direct entre vitesse et mortalité routière
Vérité n°3 : deux radars sur trois ne sont pas placés à des endroits dangereux
Vérité n°4 : l’Etat a empoché plus d’un demi-milliard d’euros [en 2010] grâce aux radars
Le Cowblog en conclut que
"Le nombre de tués sur Les routes baisse de façon continue depuis plus de vingt ans, grâce à l'amélioration des routes et surtout de la sécurité des véhicules, et grâce à des contrôles exercés avec discernement, et l’introduction des radars n'a rien changé à la pente de la courbe !"
    Rappelez-vous de La Grande Vadrouille et de Autant en Emporte le Vent.

    Même parler d'une diminution de 17 000 morts, vers 1970, à 3600 morts aujourd'hui est trompeur (et cela, ce n'est rien sinon une excellente nouvelle), puisqu'elle est encore plus impressionnante vu que ces chiffres ne prennent pas en compte l'augmentation de la population française depuis presque 50 ans ainsi que celle, conséquente, du parc automobile. De fait, Nicolas Najac a essayé de faire le calcul : d'un parc auto de 13 710 000 véhicules pour 16 469 morts en 1973 à 39 140 000 véhicules pour 3500 morts en 2017, cela fait "trois fois plus de véhicules pour presque 5 fois moins de tués."

    Par ailleurs, en faisant un calcul tant soit peu différent, les résultats s'avèrent être encore pires — pour les férus du mélodrame ! Comme le dit le professeur de médecine Jacques Cohen à la radio RCF,
non, [la mortalité] n’augmente pas, et même cela diminue. Cela diminue depuis plus de 30 ans, de façon tout à fait régulière si on regarde la bonne courbe qui est celle de mortalité kilométrique, par millions de kilomètres parcourus, si on regarde celle des automobiles.
    En effet, si l'on calcule le taux de décès par millions de km parcourus, il semblerait que ce n'est plus depuis 1972 qu'elle est en baisse constante ; ce serait depuis… 1960 voire même 1952 !

(Oui oui, je sais ; force est d'avouer que ce serait effroyable s'il devait s'avérer qu'il n'y a aucune crise sur les routes !)

PAS DE CHIFFRES SANS POURCENTAGES

    Revenons un peu plus longuement sur ces 3 600 morts sur la route par an dont on nous parle sans cesse.  Certes, ce n'est pas là un chiffre à ignorer, mais les statistiques, ce n'est pas seulement les chiffres bruts, c'est beaucoup d'autres choses comme les histogrammes et les diagrammes circulaires, mais — avant tout — les pourcentages.

    Dans un monde idéal, avec des politiciens désintéressés et des journalistes qui (se) posent des questions, on nous apporterait toutes les données (chiffres bruts, statistiques, etc…) sur un thème précis.  Mais il semblerait que nous ne vivons pas dans un monde idéal.

    Trois milliers et demi de morts en France tous les ans, c'est un chiffre qui semble énorme.  Cela pourrait être tous les voisins, tous les usagers des transports publics, et tous les collègues de bureau que nous voyons en un mois entier, voire en une semaine entière.

    Question toute bête : quelle est la population de la France ? 65 à 70 millions, n'est-ce pas ? Le chiffre 3600, a-t'on déjà calculé son pourcentage par rapport à 65 millions ? Cela ne semble pas arriver très souvent, n'est-ce pas ? Et pour cause.  La réponse, c'est quelques 0,005%.  En d'autres mots, cette année-ci, comme l'année dernière et toutes les autres années, quelques 99,995% de la population française ne court pas le moindre risque de mourir dans un accident de la route (qu'il soit dû à la vitesse ou à une autre cause).  Et par ailleurs, un nombre similaire d'automobilistes (un nombre forcément plus élévé que 99,995% puisque tous les habitants de l'Hexagone ne sont pas derrière un volant) ne va pas tuer qui que ce soit sur la route pendant les prochains 12 mois et même pendant leur vie toute entière sur cette planète.

    Mais ! J'y pense :

    Êtes-vous scandalisé par ces statistiques plus nuancées — puisqu'un pourcentage semble baisser la valeur de la vie d'un être humain ? J'entends déjà, de la part des alarmistes patentés et des férus du mélodrame, les cris de rage, les pleurs de dépit et les grincements des dents.

    Bon, oublions-les, si vous insistez.  Revenons aux chiffres réels.

    Parlons plutôt, comme Jacques Chevalier dans Le Point,
"de l'alcool, responsable de 73 000 morts par an dans notre pays, le tabac de 49 000, les accidents domestiques de 20 000, le suicide de 12 000, la grippe de 10 000 et les maladies nosocomiales de plus de 5 000 victimes".
    Patrice Vergès a fait le calcul :
"plus d’un demi-million de gens meurent chaque année en France.  … Sur ces 580 000 décès, on compte environ 21 000 personnes qui meurent d’accident de la vie courante … En effet plus de 9400 personnes meurent de chute. Du toit, dans la rue et surtout dans les escaliers. Faudrait-il mettre des radars dans les escaliers ?"
    Au journaliste automobile  de conclure :
"sachez qu’on compte environ 500 noyades par an, 1300 intoxications alimentaires et autour de 500 à 1000 décès dus à la pratique d’un sport. Alors que faut-il faire ? Ne plus prendre sa voiture, ne plus manger, ne plus descendre de son escalier, ne plus faire de sport ?  Non, bien évidemment. Vivre, c’est dangereux pour la santé !"
    Calculé sur le chiffre de tous les décès annuels en France (580 000 âmes), il va sans dire que le pourcentage des seuls morts sur route augmente par rapport à la population de la France entière ; il n'empêche, on est droit de se demander si 0,6% (3600/580000) est à qualifier, comme le fait la Sécurité Routière (ainsi que la presse (inter)nationale), de "hécatombe".

    Autre statistique : Selon l'Observatoire national du suicide, "la France présente, au sein des pays européens, un des taux de suicide les plus élevés derrière les pays de l'Est, la Finlande et la Belgique."  Aucune indication ne précise si une partie des meurtris ont commis leur acte de désespoir après avoir perdu leur boulot (et leur fierté) suite à la perte de leur permis de conduire (pour une poignée, établie artificiellement, "d'effractions" sans gravité).

    Retournons-y, justement, à l'automobile :

    C'est ici qu' intervient, effectivement, le Syndicat Indépendant de la Police Nationale (Pauline Rachwal sur Caradisiac) :
« Il est étonnant que nous n'entendions parler que des morts sur les routes de France alors qu'il y a 5 fois plus de morts par accidents domestiques ! Est-ce parce que la répression dans ce domaine RAPPORTE de l'argent à l'Etat transformant les policiers non plus en "anges gardiens" et "arbitres" mais en percepteurs déguisés ? »
    À quelques jours de la date fatidique du 1 juillet 2018, un député LREM est monté au créneau.  Devant l'Assemblée Nationale, Dimitri Houbron a décrit la victime d'un accident de la route appelée Laurence, recouverte d'un drap sur une table des pompes funèbres, le corps couvert de blessures, de plaies, le visage tuméfié, massacré.  (S'il ne fait pas une description plus détaillée de l'identité de la victime, est-ce par retenue et décence ou est-ce aussi, du moins partiellement, pour que personne ne puisse faire une enquête plus approfondie sur les circonstances de son décès ?)

    N'ayons pas peur de dire que l'histoire de Laurence est une tragédie à briser les cœurs.  Mais qu'en est-il de la conductrice tuée sur autoroute pour cause de somnolence due à une limite de vitesse (sic) soporifique ? Ne doit-on pas avoir pité de ses proches à elle ? Et le Français mort en tombant chez lui, dans son escalier ? Devons-nous montrer moins d'émotion si, par chance, son visage est peut-être intact ? Et l'enfant noyé dans une rivière ? N'est-ce pas autant tragique ? Quant à Félix Faure, décédé à l'Élysée dans les bras de sa maîtresse, parions que le visage du président devait plutôt afficher un sourire…

    N'aurais-je pas dû m'exprimer ? Est-ce que ce que j'ai dit est "scandaleux", une "honte" ? Certains s'offusqueront de ces propos, mais il n'est pas anodin de rappeler que si d'aucuns, notamment les alarmistes patentés, les droits-de-l'hommistes auto-proclamés, et les férus du mélodrame, prônent la devise "suivez votre cœur", cela ne signifie pas que ceux qui ne se joignent pas à leurs jérémiades sont sans cœur.  C'est plutôt que leur message à eux, c'est le suivant :
"Suivez votre cœur mais n'oubliez pas d'emporter votre tête avec vous."
    Dans cette perspective — malgré les pleurs et les dépits de rage — je me permets de revenir au chiffre de 99,995% de Français qui ne risquent pas de mourir sur la route cette année.

    Effectivement, même la statistique de 0.005% morts par an pourrait être qualifiée d'être trompeuse, et même… d'être exagérée.  Car les 3 600 tués pourraient être définis comme de la façon suivante : 3 600 personnes ont été tués — forcément — un jour particulier de l'année X qui compte 365 jours.

    Mais parmi les 40 millions d'automobilistes en France, la quasi-totalité a utilisé son véhicule plus d'une fois par an.  Disons qu'en moyenne, pour arrondir et pour simplifier, chacun des conducteurs a utilisé sa voiture 200 jours de l'année.  Deux cents sorties par voiture, cela donne pour tout l'Hexagone un total de 8 milliards de sorties en voiture (40 millions d'automobilistes x 200) par an.

    Je suis obligé de faire au pif, car il n'y a évidemment aucun chiffre sérieux là-dessus — et c'est effectivement comme ça que semblent opérer bon nombre de journalistes, de politiciens et… de scientifiques.  (Retenez-moi où je vais doubler le chiffre de balades en voiture, de 200 à 400, puisque la plupart des sorties comprennent un aller, mettons, le matin et un retour le soir.)

    Nous venons donc — d'une manière tout à fait valable — de multiplier (de diviser?) ce chiffre par 200 — ce qui change complètement la donne (chiffres comme pourcentages).  Cette démonstration démontre la folie de croire dans les statistiques et combien il est difficile de parler, comme la médiatrice de LCI et Manuel Valls, de "chiffres indiscutables" (des chiffres "indiscutables" utilisés par aucun autre pays de l'Union Européenne, cette Europe tant vantée jusqu'aux cieux).

    Quoi qu'il en soit, voyez maintenant comment les chiffres dégringolent encore plus.

    Maintenant ce ne sont plus 64 996 400 Français (65 millions – 3600) qui n'ont tué personne sur la route cette année ; ce ne sont plus 39 996 400 conducteurs (40 millions – 3600) qui n'ont fait aucune victime cette année.  Non : ce sont 7 999 996 400 sorties de voiture (8 000 000 000 – 3600) qui cette année n'ont fait aucune victime.

    En termes de pourcentages (3600, c'est 0,000045% de 8 milliards), cela ne donne plus 99,995% des Français n'ayant tué qui que ce soit sur la route cette année ; cela ne donne plus 99,991% des automobilistes n'ayant tué personne avec leur véhicule cette année ; non, cela donne 99,999955% des sorties de voiture qui en une année ne font aucune victime.

    Depuis le 20ème siècle, nous vivons une époque où l'on loue la laïcité vantée jusqu'aux Cieux, en dénonçant et en ridiculisant les croyants et leurs superstitions supposées.  Le citoyen est toutefois en droit de se demander si les prosélytes et les zélateurs du tout-État — voir le vocabulaire quasi-religieux d'expressions comme "l'État-providence" — n'ont pas créé leurs propres superstitions, celles qui sont camouflées, de façon délibérée ou non, consciemment ou inconsciemment, sous une base soi-disant scientifique.

     N'oubliez pas : la prochaine fois qu'on vous énonce des statistiques, demandez à la personne si elle sait en quoi une statistique est comparable à un bikini…

Pourquoi une statistique est-elle à comparer à un bikini ?

Les statistiques, c'est
comme les bikinis :
ça montre beaucoup,
mais ça cache l'essentiel

2018/06/12

Sécurité Routière — Ne serait-ce pas une idée de se poser une question toute simple : Quelle est la perspective de nos voisins ?

Plus on crée des lois,
plus on crée des criminels

— Lao Tseu

Lorsque le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté;
lorsque le peuple craint le gouvernement, il y a la tyrannie.
 
— Thomas Jefferson

    Vendredi 5 janvier 2018, Manuel Valls et une poignée d'ex-dirigeants de la Sécurité Routière signaient un appel pour soutenir la réduction de la vitesse (sic) à 80km/h sur 400.000 km de routes secondaires, une mesure contre laquelle, selon eux, "il n'y a aucun argument".

    Aucun ?

    Que dire du fait qu'aucun (!) des autres 27 pays membres de l'Union Européenne ne semble avoir de projets de suivre la France dans cette croisade contre le progrès ?  Puisqu'on nous vante sans cesse l'Europe et la construction européenne, ne serait-ce pas une idée d'étudier la sécurité routière chez nos voisins, voire au-delà des frontières de l'UE ?

    Pour prendre les seuls pays de l'Union, il n'y a aucun des autres 27 (ou 26, après le Brexit) gouvernements qui semble manifester un tel acharnement à truffer leurs pays respectifs de radars toujours plus puissants et plus sournois, voire à matraquer à un tel point les citoyens de leur pays.  Aucun autre n'utilise des études tant archaïques que fantaisistes (cf la formule mathématique des années 1970 — jamais reproduite par autrui — qui prétend que diminuer la vitesse d'un km engendre ipso facto 4% de tués en moins) ainsi que des expériences dont les résultats sont tenus secrets.

    De toute évidence, il ne semble y avoir aucun autre pays qui a la moindre intention de baisser les limites de vitesse (sic).  Au contraire, du Danemark à l'Italie, les limitations de lenteur sont revues à la hausse, du moins sur certaines portions du réseau routier.

    En effet, on a pu lire dans les journaux italiens le choc des journalistes devant la politique française du tout radar et de la sanction permanente, le « tout-répressif » trouvé en France.

    "Il n'y a aucun argument" ?! En Autriche, l'expérimentation faite sur les autoroutes en 2006-2007 a été de porter la limitation de 130 km/h à 160 km/h, ce qui n'a pas eu le moindre effet négatif.  (Grâce (sic) au lobby écologiste autrichien, la limite est restée la même qu'en… 1973.)

    La majorité des pays européens ont limité la vitesse à 50 km/h dans leur agglomération, explique la Ligue de Défense des Conducteurs, alors qu’en France
la nouvelle lubie des maires est de mettre en place une vitesse réglementaire de 30 km/h.
     En Grande-Bretagne, depuis 2011, les Anglais ont supprimé plusieurs centaines de radars, le ministère des Transports avouant que leur implantation n’a pas eu de véritable impact sur la sécurité routière.  On ne cherche pas à faire de la répression aveugle contre les automobilistes, précise Adrien Sallé sur ABC Moteur :
Le ministre des transports britannique, Patrick McLaughlin, est clair : le but n’est pas de faire tirer des revenus des radars. Ils sont installés dans une optique de prévention. En 2016 les boîtes flasheuses installées sur les axes rapides ont été peintes en jaune pour être visibles de loin par les conducteurs.
    Rappel : selon les chiffres de la Commission Européenne, les Allemands ont proportionellement moins de morts sur la route que la France par million d'habitants, et ce, alors que non seulement l'autobahn n'a pas le dégré de répression et de persécution qu'ont à affronter les automobilistes français, mais qu'en plus il n'y a pas la moindre limite de vitesse sur la vaste majorité du réseau allemand (66% du réseau, au moins, contrairement aux fabulations de Chantal Perrichon et de sa Ligue Contre la Violence Routière (sic)).

    Que dit la Commission sur l'efficacité de la répression des conducteurs ?  Eh bien, sur 28 pays, la nation exhibant la pire répression des conducteurs sur le continent (j'ai nommé la France) comptait 53 morts par million d'habitants en 2014, en 15ème place du classement et se trouvant au-dessus de la moyenne, tandis que le pays de la vitesse complètement libre sur autoroute (j'ai nommé l'Allemagne) en comptait 42, en 8ème place du classement et donc en-dessous de la moyenne.

    Quant à la double peine (retrait de point + amende) systématique appliquée en France, la LDC explique qu'en
Allemagne par exemple, le code de la route fait la différence entre une petite erreur et celle qui peut entraîner la mise en danger d’autrui. Ainsi, lorsque l’automobiliste dépasse de quelques km/h la vitesse autorisée, il paye une amende mais n’accumule aucun point sur son permis [le système de permis à point fonctionne à l’inverse du nôtre : les conducteurs allemands accumulent des points à chaque infraction]. Pour un excès de vitesse inférieur à 20 km/h, pas de double peine. C’est pour une politique intelligente de ce type que se bat la Ligue de Défense des Conducteurs. En effet, en France 80 % des amendes [et donc des points perdus] liées à la vitesse concernent un dépassement de la vitesse de moins 20 km/h.
    Par ailleurs, la France se doit d'être un "modèle social" dans bien d'autres domaines liés à la route — un modèle social qu'aucun autre pays ne semble suivre.  Ainsi, sur les autoroutes — ces routes qui sont les plus sûres quelque soit le pays — il n'y a pas le moindre péage dans la vaste majorité des pays de l'Union Européenne.

    Et les ronds-points ? Ah, avec le plus de giratoires au monde, les Français sont les maîtres des ronds-points !
Campagne, rase-campagne, banlieue, ville, village, centres commerciaux… Aucun endroit n’échappe à la folie des giratoires : notre pays en compte plus de 40 000. Et cette idée fixe nous coûte très cher.
Autre info dans le domaine de la route début 2018 (vous avez dû en entendre parler un peu partout, à la télé, à la radio ou dans vos journaux) : avec le Masque d'André Malraux, Pontarlier (Doubs) peut se vanter d'être le gagnant du concours du pire rond-point de France.

C’est sous la forme de ce concours que Contribuables Associés a voulu dénoncer les coûts exorbitants des ronds-points et de leurs aménagements qui vont au-delà de la sécurité routière : 20 milliards d’euros au total !

    Revenons à la lenteur (pardon, à la vitesse), mais en élargissant nos horizons :

    De l'autre côté de l'Atlantique, un trooper de la Michigan State Police, Thad Peterson, explique que "l'une des choses les plus sécuritaires à faire, c'est d'augmenter la limite de vitesse."

    En effet, augmenter la limite de 90 km/h à 100 km/h en Colombie Britannique a amené une baisse d'accidents (similaire au Danemark) de presque 13% ; tandis que de l'autre côté de la planète, les Australiens ont vu le nombre d'accidents et de morts baisser lorsque la limite de 130 km/h sur une section de 336 km de la Stuart Highway a été supprimée au profit de la vitesse complètement libre (comme en Allemagne), dans le but avoué de (tenez-vous bien) "rendre la responsabilité aux automobilistes".

    S'il faut en croire la Parker Study par le Federal Highway Administration de 1997 — des études de baisses ou d'augmentations des limites de vitesse à travers les États-Unis sur un échantillon de la bagatelle de 1,6 millions de véhicules (!) — le nombre d'accidents diminuait lorsque la limite de vitesse (sic) augmentait et le nombre augmentait lorsque la limite diminuait.

    Une étude de la National Motorists Association dévoile ce qu'on appelle le Paradoxe du Montana :
La période la plus sûre sur les routes Interstate du Montana était quand il n'y avait aucune limite de vitesse pendant les heures du jour.
    Dans La seule chose que la vitesse tue c'est votre portefeuille (voir Speed Kills Your Pocketbook sur Youtube), le Canadien Chris Thompson compare les limites de son pays (parmi les plus basses du monde occidental) à celles de l'Allemagne, où il y a deux fois moins de morts par habitant.

    On serait presque tenté de poser la même question que pose AutoBlog, un magazine d'autos américain :
Se pourrait-il que la sécurité routière ait moins à voir avec la sécurité qu'avec la récolte des dollars?
    Il y a une bonne nouvelle à annoncer :

    Une grande majorité parlementaire a exprimé sa colère en apprenant le projet du gouvernement concernant la police, celui de recueillir plus de PV, de sorte que les écarts sur le budget du ministère de la justice peuvent être bouchés. Les députés veulent mettre un terme au système que cette pratique engendre.  De même, des échos de protestation de la part des policiers eux-mêmes ont retenti.

    Il y a aussi, malheureusement, une mauvaise nouvelle à annoncer :

    Ce n'est pas en France que cela se passe, mais aux Pays-Bas. Ces informations néerlandaises nous viennent de Jorn Jonker et Gijsbert Termaat dans De Telegraaf. Les titres disent tout :
Les policiers n'ont pas l'intention
de servir d'agents intérimaires du fisc
Stop aux conflits d'intérêt
L'autorité de la police minée
    Les politiciens hollandais disent qu'il y a maintenant un «effet pervers» pour le ministère à distribuer autant de PV.  Cela ne concerne plus la sécurité sur la route, mais l'argent.  Jan Struijs, président de la Fédération de la Police Néerlandaise (NPB), dit que les agents n'ont pas l'intention de travailler comme agents du fisc. Il prédit que la population va réagir avec aggressivité envers les flics.
« Avec ce genre d'annonces, le gouvernement porte atteinte à l'autorité de la police. »
    En France aussi, les policiers ont essayé de protester, mais sans résultat.  En 2012, Michel Nowacki, responsable de la sécurité routière au syndicat Unité SGP-Police, déplorait ce phénomène :
« Nous sommes dans une politique de répression et non de lutte contre les accidents. »
    Quant au Syndicat Indépendant de la Police Nationale, il se plaignait que les policiers ne soient plus des "anges gardiens" et des "arbitres" mais des percepteurs déguisés.

    Dans leur lettre du 5 janvier 2018 — utilisée comme prétexte quatre jours plus tard par le premier ministre, Edouard Philippe, pour baisser la limitation de lenteur (pardon, de vitesse) de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires à double sens — M. Valls et les gros bonnets de la Sécurité Routière trouvent "indécent de parler de 'pompe à fric'."

    Pour tous ces champions auto-proclamés du discours et de la discussion, dès que la conversation va dans une direction qui ne leur plaît pas, ils sont prêts à traiter tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux et avec la vogue politiquement correcte du jour de tous les opprobres habituels — des gens indécents, irrespectueux, réactionnaires, racistes, sexistes, homophobes, fascistes, déplorables, etc, etc, etc…

    Tous ces "Schleus", tous ces "Ritals", et tous ces "Ricains", en compagnie de tous les autres voisins de l'Hexagone, ce sont apparemment des brutes incapables qui, contrairement aux braves timonniers de la société française, ces valeureux chevaliers sur leurs destriers blancs, rêvent de morts horribles pour leurs concitoyens.

2018/06/11

Nous vivons sous le régime des plaintifs : la tyrannie des susceptibles

The main story of this week's Le Point — which has become France's best weekly — is about the tyranny of the thin-skinned and the cacophony it entails, leading Raphaël Enthoven to say that we are living under the régime of the doleful:
The unanimous decision is the art of destroying or discrediting…
"New censors are raging. In the name of goodness, they control the language, are hermetic to humor, and pretend to be victims."



Sébastien Le Fol : « C'est la tyrannie des susceptibles »


Publié le | Le Point.fr




De nouveaux censeurs sévissent. Au nom du bien, ils contrôlent le langage, sont hermétiques au second degré et se posent en victimes. Enquête dans "Le Point" de la semaine.

2018/05/10

Karl Marx s'est complètement trompé ; Tout ce que son idéologie a laissé, là où elle a été appliquée, ce sont des champs de ruines et des cadavres.


A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Marx, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a inauguré à Trèves la statue de l’auteur du Capital offerte par le gouvernement chinois
écrit Nicolas Lecaussin dans Le Figaro.
Pour Juncker, « Marx n’est pas responsable de toutes les atrocités dont ses héritiers supposés doivent répondre ». C’est mal connaître l’histoire : Marx est bien le théoricien des crimes faits par les dictatures communistes (et pas seulement ...)

Je me souviens très bien des cours de socialisme scientifique qu’en Roumanie on devait suivre obligatoirement au lycée (et aussi à l’université). Ce cursus faisait partie de l’enseignement politique qui contribuait à notre endoctrinement idéologique. Ce qu’on nous apprenait, c’était la théorie marxiste-léniniste.

 …  contrairement à ce qu’ont pu soutenir les nostalgiques du communisme après l’effondrement de celui-ci en 1989, les désastres et les génocides communistes n’ont pas été des déviations ou des perversions d’une autre pensée « pure ». Les thèses marxistes et léninistes contiennent bien les germes essentiels du totalitarisme communiste.

D’ailleurs, en sortant de mes cours de socialisme scientifique, je pouvais constater de visu les succès pratiques (la Praxis chère à Marx) de cette idéologie : la misère, les pénuries, la dictature, la répression, etc… La société communiste a montré clairement l’échec du marxisme et le fait que Marx s’est complètement trompé.

En imposant la fin de la propriété privée et la dissolution de l’individu dans la masse, Marx a posé les bases du totalitarisme moderne. L’auteur du Manifeste ne cachait pas son admiration pour la Terreur et considérait que la société socialiste et l’homme nouveau devaient être imposés par la force. Grâce à son anticapitalisme, la misère s’est généralisée.

Celui qui n’est jamais entré dans une usine a voulu la fin des classes et les dictatures communistes lui ont strictement obéi en instaurant le génocide de classe : l’extermination des koulaks, des intellectuels, des religieux et de tous les autres « ennemis du peuple » … Grâce au marxisme à l’œuvre, j’ai vu la fin des classes, certes, mais la création d’une autre : dominante, exclusive, celle des apparatchiks qui étaient « plus égaux que d’autres ». Ceux qui avaient accès à des magasins qui m’étaient interdits et qui bénéficiaient de leur propre cantine au siège du Parti. La dictature du prolétariat s’est transformée en dictature du Parti et de son oligarchie.

De plus, les admirateurs encore très nombreux du marxisme occultent volontairement (?) la théorie du génocide qui est propre aux idées marxistes-léninistes. Pourtant, il suffit, là aussi, de lire les textes. Marx veut se débarrasser de « ces peuplades moribondes, les Bohémiens, les Corinthiens, les Dalmates, etc… » et Engels demande l’extermination des Hongrois.

La supériorité raciale des Blancs est une vérité « scientifique » pour Marx qui, avec sa « question juive », a bel et bien inspiré l’antisémitisme des régimes nazis et communistes. Ludwig von Mises rapproche d’ailleurs les dix mesures d’urgence préconisées par Marx dans le Manifeste du programme d’Hitler : « Huit sur dix de ces points ont été exécutés par les nazis avec une radicalité qui eût enchanté Marx », écrit l’économiste autrichien en 1944.

La criminalité du marxisme a fait ses preuves sur tous les continents où cette idéologie a été adoptée car seule une dictature peut la mettre en pratique. Les dizaines de millions de morts du communisme ont été victimes de la solution radicale de Marx qui avait sans ambiguïté indiqué dans ses écrits la voie à suivre et le but à atteindre. Et, depuis la publication du Manifeste et du Capital, l’Histoire a même évolué de manière complètement différente par rapport aux préconisations de Karl Marx. Le capitalisme ne s’est pas effondré et l’économie de marché est la seule qui fonctionne, la seule qui a émancipé et enrichi le « prolétariat ».

Marx aurait pu le constater lui-même. Entre 1818, date de sa naissance, et 1883, celle de sa mort, les salaires des ouvriers ont doublé et le PIB par habitant en Angleterre a été multiplié par trois ! Aujourd’hui, la richesse moyenne d’un habitant de la Rhénanie (Marx est né à Trèves) est vingt fois supérieure à ce qu’elle était en 1818 ! Malgré les deux guerres mondiales et grâce au… capitalisme. Finalement, Karl Marx s’est complètement trompé et tout ce que son idéologie a laissé, ce sont des champs de ruines et de cadavres.

2018/04/15

New Paris Tour Company Offers Guided Tours Fitted to Your Wishes and Desires


 … sharing my knowledge and love of Paris is second-nature to me
writes an expatriate American corporate trainer who, after a decade in the City of Light, has taken the leap from trainer to tour guide through her Paris Personally company, which personalizes tours to your wishes and desires (see a sample of Tour Ideas). Gina Hunt continues:
 … if you've decided to hire someone to help you get the most out of your trip, then you're not just looking for a cookie-cutter tour. You're looking to see Paris in a personal way. You're looking to make your experience of Paris unique and memorable. That's why you're looking for Paris Personally.

 … because I know how to personalize your experience, you'll enjoy Paris in a unique and memorable way. I'm always professional, always focused on helping you have a great time, and I speak fluent French, bien sûr!
FAQ 

Contact Ms. Hunt at gina@paris-personally.com or through her contact page to see a sample itinerary and learn more details of how Paris Personally's small group trips work.

2018/04/12

Un baromètre annuel sur les usagers de la route peine à trouver la raison principale du stress chez les automobilistes


La vitesse et les incivilités sont les deux fléaux appréhendés par les Français usagers de la route. Tel est l'enseignement majeur du 14e baromètre annuel d'Axa Prévention publié ce mardi. Les résultats laissent perplexe. Malgré la baisse des morts sur la route depuis la création de ce baromètre en 2004 (on dénombre 3456 tués en 2017, soit presque 2000 de moins qu'il y a treize ans), les usagers de la route sont de plus en plus stressés. ...
Il semblerait que des sociétés comme Axa Prévention peuvent réaliser des grandes études sur les automobilistes "de plus en plus stressés", en passant carrément à côté — tout comme les médias — de ce qui est sans doute la raison principale de ce stress (noter, dans cette perspective, la nouvelle limite de lenteur, pardon de vitesse, sur le périphérique dans le panneau sur la photo…)
"Les résultats laissent perplexe." 
écrit Eric de La Chesnais dans Le Figaro.

Ah bon ?!

Comme le dit Olivier Messmer,
"Et l'excès de radars sur nos routes, ne contribuent
ils pas à l'augmentation du stress au volant ?"
Ainsi que le sentiment d'être bridé, surveillé et sanctionné sans cesse…

2018/04/11

"Laissez-nous vivre !" crie Valeurs Actuelles ; et "Arrêtez d'emmerder les Français !"


Dans un dossier adressé à ceux qui nous gouvernent, avec un demi-douzaine d'articles ainsi qu'une interview, l'hebdomadaire Valeurs Actuelles crie Laissez-nous vivre ! et met en couverture une phrase de Pompidou : Arrêtez d'emmerder les Français !

Normes : mais puisqu’on vous dit que c’est pour votre bien !

Rééduquer le comportement et les habitudes de M. Tout-le-Monde est le grand rêve de nos gouvernants. Dicter nos vies, un fantasme collectiviste devenu réalité.

Défense de fumer !

Huit euros en 2018, 9 euros en 2019, 10 euros en 2020… À raison d’un euro par an, le prix de vos Gauloises et de vos Marlboro ne cesse d’augmenter. Les objectifs de santé publique, toujours, sont là pour nous faire avaler la pilule : il s’agit bien de faire baisser les ventes légales de paquets de tabac « de 10 à 15 % cette année ». Les paquets neutres affich...

Normes absurdes : une imagination sans limites









Par

Emploi, sport, nourriture… Les normes ont envahi nos vies. Plongée parmi celles qui sont les plus ubuesques.

Quelle drôle d’idée de changer une ampoule !

L’électricité est un risque majeur en entreprise : après un accident du travail lié à l’électricité (1 sur 1 000), 10 % des victimes restent invalides et 1 % décèdent. Le code du travail a donc tout prévu, notamment avec l’article R4544-9 : « Les opérations sur les installations électriques ou dans leur voisinage ne peuvent être...

Quand les normes mènent la vie dure aux entrepreneurs...

Pris entre le marteau de la loi et l’enclume de l’administration, les entrepreneurs peinent à suivre le rythme frénétique des normes.

Les fous du contrôle

Au nom de la sécurité dans l’entreprise, le législateur ne s’embarrasse pas toujours de savoir si son remède va tuer le malade. Lorsqu’il s’agit, par exemple, de veiller sur la santé des ouvriers qui fabriquent des meubles, menacés par la sciure de bois dans les ateliers, il décrète un taux de poussière maximal cinq fois plus faible que la norme européenne...

Normes : un gouffre pour l’immobilier !

Par
Marie de Greef-Madelin

Normes de construction, d’accessibilité, respect de la faune, de la flore… cet empilement est un casse-tête pour les promoteurs.

La réglementation dans le bâtiment ? Rien de plus pervers. De l’empilement des normes aux nouvelles règles techniques, Thierry Verninas, directeur innovation du promoteur Kaufman & Broad, en a observé l’évolution et mesure, aujourd’hui, l’étendue des dégâts. Le voilà, après trente ans d’expérience dans la profession, qui estime que « la surenchère des normes a coûté tr...




Normes dans l'agriculture : au secours, les paysans étouffent !

Bien-être animal, normes écologiques, sécurité alimentaire, transition énergétique… les paysans sont pris dans un tourbillon de normes. Jusqu’à étouffer.

Heureusement, ce matin, il ne pleut pas. Chaque fois qu’il scrute la météo, l’agriculteur évoque les risques qu’il encourt : jusqu’à trois ans de prison et une forte amende s’il utilise son tracteur les jours de pluie et souille de boue la chaussée. Par temps de gel, la réglementation lui interdit aussi de traiter les champs. Quant au vent, le degré d’intensité doit être infé...


Normes : quand Bruxelles s’y met...!

Normes loufoques ? L’Union européenne n’est pas en reste, de la taille du concombre au remplissage des conserves de sauce tomate. Morceaux choisis …

S’il est deux objets que les fonctionnaires européens maîtrisent parfaitement, ce sont le double décimètre et le pied à coulisse ! Les maraîchers doivent faire preuve d’une grande vigilance pour appliquer le règlement 543/2011 sur les fruits et légumes. La clémentine doit avoir un diamètre minimal de 3,5 centimètres et avoir une teneur en jus de 40 %. Pour le citron, le diamètre est de...




Normes, interdictions, contraintes... Laissez-nous vivre !

Toujours plus de normes. Si les intentions sont souvent louables, leur accumulation rend la vie des entreprises comme celle des particuliers impossibles. Après le ras-le-bol fiscal, voici venir le ras-le-bol normatif…

Si, lors d’une de vos pérégrinations campagnardes, vous passez devant un élevage de porcs et constatez que les cochons gambadent joyeusement derrière un ballon, ne vous étonnez pas, ils se déstressent… La présence de ballon, comme l’écoute régulière de musique classique dans les bâtiments où ils passent la nuit, fait désormais partie des normes du bien-être animal.
Des normes...

Guillaume Poitrinal : “Notre complexité administrative coûte des milliards”





Par

Guillaume Poitrinal, ancien président d’Unibail-Rodamco, a coprésidé le Conseil de simplification voulu par François Hollande, en 2013. Aujourd’hui, il préside Woodeum et, depuis 2017, la Fondation du patrimoine. Pour lui, il faut non seulement poursuivre les efforts de simplification, mais surtout les accroître.

Que vous inspire la célèbre phrase de Georges Pompidou reprise par Emmanuel Macron : « Arrêtez d’emmerder les Français ! » ?

Deux réflexions. La première relève de la consternation : sans interruption depuis Pompidou, et avec une accélération sous Raymond Barre, on a essayé de simplifier notre bureaucratie, de rendre plus fluides les échanges avec l’administration. ...
 

2018/03/23

Hergé Exhibit in Odense's Brandts Museum Visited by Crown Prince Frederik

Jakob Stegelmann (th) var med som Tintin-ekspert, da kronprins Frederik så udstillingen på Brandts. V til H: Erik Svane, Belgisk ambassadør Leo Peeters, Odense borgmester Peter Rahbæk Juel, Kronprins Frederik, direktør for Brandts Mads Damsbo, Jakob Stegelmann
At the last moment, I was asked to join the tour of Brandts's Hergé exhibit in Odense for Crown Prince Frederik, since I had met the Belgian artist as a child when one of the Danish Embassy's top honchos (none other than my father) helped get two signed Tintin albums to the Danish princes (the one to Kronprins Frederik being Tintin au Tibet). Photos by Fyns Stifitstidendes Birgitte Carol Holberg
Kronprins Frederik fik en rundvisning i den nye Hergé-udstilling af flere Tintin-eksperter. Her snakker han med Nick Rodwell, direktør for Musée Hergé, mens borgmester Peter Rahbæk Juel (i midten) og tengeserie-elsker Jakob Stegelmann (th) ser på. V til H: Nick Rodwell, Belgisk ambassadør Leo Peeters (skjult), Kronprins Frederik, Erik Svane, Odense borgmester Peter Rahbæk Juel, unknown, Jakob Stegelmann. (Michael Farr var også tilstede.)

More photos aqui

2018/03/14

Limitation à 80 km/h : le problème n’est pas la vitesse, mais la lenteur !

Le site Contrepoints ("le seul média qui défend vos idées") a un auteur invité

Limitation à 80 km/h : le problème n’est pas la vitesse, mais la lenteur !

C’est une limite de lenteur que la France, comme seul pays de l’Union Européenne, propose régulièrement de réduire encore plus, en particulier avec la nouvelle loi sur les 80km/h sur les routes.
Par Erik Svane.

La limitation de la vitesse à 80km/h sur les routes ne vise pas à protéger les citoyens mais à les soumettre aux impératifs de la lenteur. Par rapport à la seule politique de la sécurité routière en France, ne semblerait-il pas exagéré d’avancer qu’elle montrerait que le gouvernement est tyrannique et que les citoyens sont des esclaves ?

Et pourtant…

Le problème fondamental avec la soi-disant sécurité routière, c’est que dès la case départ, les autorités trichent — le gouvernement triche avec les termes de base propres à la conversation.
Lire aussi Limitation à 80 km/h : la bourse ou la vie ?
Nous parlons évidemment d’expressions comme la limite de vitesse ainsi que le mauvais comportement des délinquants punis pour excès de vitesse ou vitesse excessive.

Quand les conducteurs lambda sont verbalisés, ce n’est pas pour avoir roulé trop vite, non, pas du tout. N’ayons pas peur de dire la vérité, c’est pour ne pas avoir roulé assez lentement.

Ne pas se laisser tromper par la langue

La conclusion est inévitable : on ne devrait pas dire la limite de vitesse — expression qui serait à assimiler à la Novlangue (La liberté c’est l’esclavage) dans le roman d’anticipation de George Orwell, 1984 — mais la limite de lenteur ; et les VMA (les Vitesses Maximales Autorisées) devraient donc être nommées les LMA (les Lenteurs Maximales Autorisées).

C’est une limite de lenteur que la France, comme seul pays de l’Union Européenne, propose régulièrement de réduire encore plus ; et pour quelle raison sinon accroître la répression, la persécution, et le matraquage des citoyens ?

Jean Much explique que, de fait, le mot « vitesse » a deux significations :
C’est la confusion savamment entretenue par les pouvoirs publics entre « excès de vitesse » qui, au sens légal, signifie juste « dépassement de la limitation de vitesse en vigueur » et « vitesse excessive » qui signifie « rouler réellement trop vite par rapport aux conditions de circulation, au profil de la route, à la météo, etc.
Or, ces deux notions n’ont absolument rien à voir ! Dépasser la limitation de vitesse en vigueur ne présente en soi aucun danger, a fortiori quand la limitation en question est absurde et totalement contre nature pour un conducteur digne de ce nom (trop basse de manière injustifiée et l’on rejoint là la notion de lenteur). La vitesse excessive, elle, est la véritable source de danger.
Bien entendu, tout le système répressif est basé sur le fait de sanctionner des excès de vitesse au sens légal (c’est-à-dire rentable) du terme en les assimilant à de la vitesse excessive… Et conduit à sanctionner, dans l’immense majorité des cas des comportements qui ne sont en fait pas dangereux…
En l’espace de cinq heures, un jour de mars 2015, un seul et unique radar de la police danoise a recueilli tellement d’argent sur une minuscule portion de l’autoroute au sud de Copenhague qu’il a fait la Une des quotidiens du Danemark. Mais ce qui importe, ce n’est pas que les autorités avaient encaissé 2 millions de couronnes (presque 270.000 euros) en moins d’un quart de journée, c’est que l’article ne faisait état d’aucune victime, ni même d’un seul accident de la journée, voire d’un seul accrochage.

La vitesse n’a rien à voir avec la sécurité

Il n’y a pas 36 conclusions à tirer de cette observation. Si des milliers de véhicules peuvent conduire « dangereusement » en « violant » les lois sécuritaires sans le moindre accident ou accrochage (et ce quel que soit le pays), c’est que les limites de vitesse (sic) n’ont que peu, sinon rien à voir avec la sécurité ; du coup, quelle autre conclusion tirer que les radars ne sont rien d’autre qu’un racket ?

Pis : on pourrait en outre accuser les gouvernements d’entraver leur rôle attitré (la protection de la population) et de rendre la route plus dangereuse pour tous.

La première cause de mortalité sur les autoroutes, en effet — ces routes qui sont les plus sûres du pays —, ce n’est nullement la vitesse mais la somnolence. Or, quelle est la cause de la somnolence si ce n’est une limite de vitesse (sic) soporifique (ou plutôt une limite de lenteur soporifique) ?

De quand date cette limite de 130 km/h ? Des années… 1970. Les autos n’auraient-elles pas évolué technologiquement depuis plus de 40 ans ? (Comparer les téléphones de l’époque — tournez-le, ce cadran ! — avec les smartphones d’aujourd’hui…) Et par ailleurs, pour quelle raison la limite a-t-elle été instaurée ? Pour la sécurité (de tous) ? Non, pour des raisons purement économiques (réagir au choc pétrolier causé par l’OPEP)…

Contre les robots

Un mot pour ceux qui défendent machinalement les autorités, j’ai nommé les yakas (y’a qu’à se taire et respecter la limite de vitesse, y’a qu’à jamais dépasser 130, y’a qu’à passer 2-3 heures de plus sur la route (tout en accroissant le nombre de véhicules sur lesdites routes et donc les risques d’un embouteillage en plus du danger d’un accident), y’a qu’à pas s’endormir au volant, y’a qu’à jamais être en retard, y’a qu’à payer les contraventions avec humilité, y’a qu’à accepter de se faire traiter comme des enfants turbulents qui doivent se taire et obéïr tout en restant bien sages, etc…) : la pensée, le véritable désir des YAKAs — qu’ils soient parmi nos dirigeants ou parmi la population —, c’est que les citoyens sont, ou qu’ils devraient devenir, des pantins, des robots.

Avec les airbags, les systèmes de freinage ABS, et autres modernités, une limitation raisonnable sur autoroute devrait être autour de 150—160 km/h (50 en ville, bien entendu, pour la protection des piétons), voire sans restriction comme chez nos voisins allemands qui n’ont nullement une mortalité plus élevée sur Autobahn qu’en Hexagone, au contraire.

La bonne conduite, et donc la sécurité, pour toute personne utilisant son cerveau et son bon sens c’est regarder principalement la route et  faire attention aux objets qui bougent (autres véhicules, passants, animaux…) — qui signalent êtres humains ou êtres vivants…

Ce qu’exigent les yakas, c’est : regarder principalement l’intérieur du véhicule (le tableau de bord et ses tachymètres) et être attentif aux objects fixes (panneaux de signalisation etc…) sans âme et sans vie…

Laquelle des deux conduites est la plus intelligente ? Lequel des deux conducteurs est le plus respectueux d'autrui ?

2018/03/13

L'affaire Tariq Ramadan n'est-elle pas exemplaire de la vie sous la gauche ?


On est consterné de lire l'article de Ian Hamel dans Le Point ; la description qu'il fait d'un "fait divers" ne serait-elle pas exemplaire de la vie dans une société construit par la gauche ?

Des VIPs et des porte-parole dont une grande partie du passé se révèle être, tant soit peu, mensongère ;
les individus qui croient que tout leur est dû et qui crient à la victimisation ;
cris au racisme, au sexisme, au patriarcat, contre les affreux "déplorables" de la société traditionaliste, etc, etc, etc…
la politisation de tout aspect de la vie et de la société ;
l'intervention conséquente de VIPs socialistes dans une affaire qui ne devrait pas concerner les politiciens ni personne en-dehors du monde de l'éducation ;
la discrétion de la presse lorsqu'il s'agit des personnalités de gauche (qui a jamais su que l'épouse de Jean Ziegler était communiste et, plus que ça, députée du parti communiste ? imagine-t'on que la presse refuse d'évoquer, dans le cas d'un hypothétique élu UDF, son épouse si celle-ci faisait partie du Front National et si, de plus, elle était députée du FN ?)
— les journalistes sont toujours prêts à porter des accusations d'appartenir à l'extrême droite mais ils sont beaucoup plus discrets avec les descriptions lorsqu'il s'agit de gens de gauche — ;
le côtoiement de gauchistes, aberrant, avec des célébrités de "droite" tels que l'abbé Pierre, Mère Teresa, monseigneur Gaillot…
Quelle société idéale que la gauche nous a fabriqué là !
Spécialiste de la philosophie arabe médiévale (il a fait sa thèse sur Averroès), Charles Genequand demande en 1994 à Tariq Ramadan d'apporter de multiples corrections à son mémoire de pré-doctorat. Mais ce dernier refuse. Mieux, « il harcèle les membres du jury pour obtenir [sa thèse] au plus vite » (1). L'étudiant va même jusqu'à menacer un autre membre du jury, Ali Merad, professeur émérite à l'université de la Sorbonne Nouvelle Paris-III. Résultat, trois membres du jury démissionnent. Que fait Tariq Ramadan ? Il se lance dans la théorie du complot : c'est parce qu'il est arabe que l'université lui refuserait sa thèse !

Actif dans les campagnes électorales

Il reçoit le soutien du sociologue Jean Ziegler. Internationalement connu depuis la publication de La Suisse lave plus blanc, qui met en cause le blanchiment d'argent, Jean Ziegler est député socialiste au niveau fédéral. Sa compagne, Erica Deuber-Ziegler, est députée communiste au Grand Conseil (le parlement genevois). Ils mobilisent aussitôt leurs amis, politiques, intellectuels, universitaires. Il faut savoir que, lors des campagnes électorales, Tariq Ramadan et l'un de ses frères n'ont pas ménagé leur peine pour faire élire Jean Ziegler, maniant la colle et distribuant des tracts.

Face à une mobilisation de la gauche (elle est minoritaire dans le canton, mais majoritaire en ville de Genève), l'université prend peur, elle craint le scandale. La Cité de Calvin n'aime pas les polémiques autour de l'islam, d'autant qu'elle accueille beaucoup de riches Saoudiens, Koweïtiens et Émiratis. En catimini, la faculté décide de constituer un second jury afin de donner « une nouvelle chance » à Tariq Ramadan. Tâche particulièrement complexe, les candidats ne se bousculent pas en Suisse francophone. C'est finalement un Allemand, Reinhard Schulze, professeur d'islamologie et de philologie orientale à l'université de Berne, qui hérite de la difficile mission « de faire admettre à Tariq Ramadan qu'il devait modifier sa thèse afin qu'elle devienne acceptable pour un jury d'université ». Cela va mettre plusieurs années.


Fermeture des portes de l'université

Reinhard Schulze n'a jamais été convaincu par le travail de son élève. Mais il accepte que ce dernier puisse interpréter à sa manière l'histoire des idées. … Le jury fait le « job » et accepte la thèse en 1999, mais il ne lui accorde même pas la mention « très honorable », ce qui signifie en langage universitaire que les portes des facultés de Suisse sont fermées à Tariq Ramadan.

Le prédicateur obtient malgré tout la possibilité de présenter un exposé bénévolement une heure par semaine à l'université de Fribourg, ce qui va lui permettre de se présenter comme professeur d'université en France. La thèse est publiée en France aux éditions Tawhid en 2002, préfacée par Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde diplomatique.
 
Lire aussi Tariq Ramadan aurait usurpé ses titres universitaires

 …

Théologie de la libération

Pourquoi Jean Ziegler a-t-il remué ciel et terre pour le prédicateur controversé ? Affaire de contexte. Dans les années 90, Tariq Ramadan militait à gauche, sinon à l'extrême gauche, flirtant avec les trotskystes. Il réussissait souvent à convaincre que les Frères musulmans, persécutés en Égypte, étaient des humanistes, non violents, à l'idéologie comparable à celle des chrétiens progressistes d'Amérique du Sud, adeptes de la théologie de la libération. Le prédicateur multipliait les contacts avec des figures connues du christianisme, comme l'abbé Pierre, Mère Teresa, monseigneur Gaillot, les membres du groupe d'amitié islamo-chrétienne, ou encore le père Christian Delorme, le « curé des Minguettes » dans la région lyonnaise.
(1) Ian Hamel, La Vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie. Éditions Favre, 358 pages.

2018/02/16

La France, le numéro 1 européen du radar ; ou : la politique de répression basée sur des «vérités» qui ne sont universelles que dans les antichambres de quelques bureaux de bobos privilégiés, parisianistes de surcroît

Que faire lorsque l’on est en panne d’idée pour abaisser la mortalité routière ? 
se demande Pierre Chasseray sur le site Contrepoints.
Que faire lorsque vous êtes emprisonné dans une politique de répression à outrance visant à contrebalancer le coût de mesures saugrenues par des rentrées financières ?

Poser des radars alors que le reste de l’Europe les retire, comme en Angleterre, pourtant champion de la sécurité routière en Europe ? Ça, c’est fait ! Ne pas appliquer la moindre tolérance et se limiter à la marge de pondération de l’appareil visant à couvrir les erreurs de mesure ? Fait aussi !

Générer 90% des recettes de la radarothérapie avec la traque de tout petits excès de vitesse involontaires de quelques km/h alors que les autres pays européens appliquent une tolérance ? Trop facile ! Déjà fait !

Tenter de devenir le numéro 1 européen du radar avec 24,44 millions de flashes par an, quitte à générer un dégoût des Français qui se ressent avec des chiffres de dégradation de radars en perpétuelle hausse, sans même l’intervention de quelques bonnets rouges ?

L’exploit de la Sécurité routière

La Sécurité routière avait déjà réussi cet exploit ! Ah, tiens, pourquoi ne pas retirer les Forces de l’Ordre des routes et mettre entre les mains de sociétés privées des radars cachés dans des plaques d’immatriculation ? Nous n’en n’avions pas rêvé, les gouvernements Hollande et Macron s’en chargent !

Une autre idée ? Un volontaire pour une dernière mesure stupide qui finira de dégoûter les Français de la Sécurité routière telle qu’elle est pensée aujourd’hui ? Qui a une proposition pour enfoncer le clou ? Emmanuel ? Édouard ? Chantal ? Mais bien sûr…

Voyons… « La baisse de la limitation de vitesse », propose l’une. « On pourrait se cacher derrière des formules mathématiques », répond l’autre. Et dire aux Français que « plus on roule vite, plus le mur est dur ! ». Une dernière fouille dans ses notes à la recherche du Graal : « ça y est, j’ai trouvé une étude des années 70/80 en Suède, qui dit que la puissance de la force au carré de l’énergie cinétique de bidulchouette génère des accidents… ça fait très Star Wars, on va pouvoir convaincre les Français et leur faire avaler la pilule. »

La triste réalité

Bien sûr, je plaisante… Mais la réalité est si triste qu’il vaut mieux s’empresser d’en rire, de peur d’en pleurer.

Chaque année, près de 3 500 personnes perdent la vie sur la route, ou plutôt sur des routes de plus en plus dégradées. Chaque année, la majorité de ceux-là perdent la vie et entraînent des victimes par la faute d’une alcoolémie facilement évitable et sans la moindre réaction des Pouvoirs publics. Les Forces de l’Ordre sont dépourvues de moyens, déshabillées par des radars automatiques et une privatisation de la Sécurité routière qui leur ôte toute possibilité de prévention et de poursuite des comportements dangereux. Face à cela, rien !

Même si la France est clairement opposée à cette baisse de la limitation de vitesse, j’entends encore parfois quelques voix s’élever pour me demander pourquoi nous nous opposons à « sauver des vies », récitant avec une conviction pardonnable la propagande gouvernementale. Voici les arguments en quelques points irréfutables, contestant les cours de mathématiques rudimentaires de piliers de comptoirs de la buvette de l’ENA.

Le consensus européen

Un consensus européen admet une limitation de vitesse à 90 km/h sur le réseau secondaire. Seules quelques rares exceptions admettent une limitation plus élevée, comme en Angleterre ou en Allemagne (respectivement 97 et 100 km/h), ou inférieure, comme aux Pays-Bas ou au Danemark (80 km/h), bien que, comme l’a révélé notre association 40 millions d’automobilistes dans un reportage réalisé au Danemark, ce pays est en train d’expérimenter avec succès la hausse de la limitation de vitesse à 90 km/h. Tout comme le Danemark avait récemment passé certaines de ses autoroutes de 110 à 130 km/h avec succès, il passe aujourd’hui progressivement à 90 km/h.

Le point commun de ces pays, que la limitation de vitesse soit supérieure ou inférieure ? Ils connaissent tous des statistiques de sécurité routière largement meilleure que la France. C’est bel et bien la preuve par A+B que la limitation est loin d’être le gage d’une plus grande sécurité sur la route. Cela devrait suffire à plier un débat sans queue ni tête. Mais pourtant, cela ne persuade pas nos énarques de ne pas détenir la vérité seuls contre le monde entier !

Une expérience peu concluante

Second argument, une expérimentation du 80 km/h est conduite en France sous l’impulsion du gouvernement Hollande depuis 2015. De l’aveu même de la Sécurité routière, cette expérimentation a été jugée non concluante en termes d’accidents.

Ils n’ont alors pas hésité à tordre l’étude pour lui faire dire par ricochet ce qu’elle ne dit pas, quitte à utiliser un argument choc digne du fil à couper le beurre : ils auraient mesuré une légère baisse des vitesses pratiquées en abaissant la limitation de vitesse !

On croirait presque rêver devant la faiblesse de tels arguments, qui ne vaudraient pas 1/20 dans une dissertation de lycéen ! Pour éviter le redoublement, la Sécurité routière se lance dans un argumentaire capillotracté  génial de mauvaise foi ! La baisse de la vitesse moyenne de quelques poussières de km/h devrait limiter la gravité de l’accident.

Rien contre les causes de l’accident

Bien qu’il semble assez rudimentaire de rappeler qu’un choc frontal à 90, 80, voire même à 70, conduit au même drame, il est assez affligeant de constater que la France admet par cela être dans l’incapacité de lutter contre la cause même de l’accident. Mais il est absolument surréaliste de constater que sans la moindre étude, la France accepte de prendre une mesure à contre-courant des vérités de sécurité routière européenne et mondiale !

Face à ce vide abyssal d’arguments des « pro charrette à bœuf », de plus en plus de voix s’élèvent aux côtés de l’association 40 millions d’automobilistes : le Sénat vient de marquer son opposition franche et massive à la méthode employée par le gouvernement ; l’Assemblée nationale, souvent « en route » en circonscription, est majoritairement prisonnière d’un statut « en marche », mais ne cache pas son opposition à cette mesure, en petits comités ; des ministres ont ouvertement marqué leur opposition comme Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires.

Gérard Collomb lui-même, ministre de l’Intérieur, serait défavorable à cette mesure impopulaire et davantage ouvert à une modulation intelligente de la limitation en fonction de la dangerosité ; nos amis de la FFMC – Fédération des Motards en Colère – marquent sur le terrain l’écrasante opposition à la mesure au moyen de manifestations organisées sur tout le territoire, main dans la main avec l’association 40 millions d’automobilistes.

Ce n’est que tous unis et solidaires, ensemble dans le même bateau, que nous pourrons faire entendre raison à un Premier ministre influencé par des vérités qui ne sont universelles que dans les antichambres de quelques bureaux de bobos privilégiés, parisianistes de surcroît.

À une politique de Sécurité routière ratée, répondons par une réalité sans politique. Efficace. Avec les usagers de la route et non contre eux. Faisons en sorte de faire entendre raison à ceux qui préfèrent limiter la vitesse d’impact que lutter contre la cause des accidents.

Et n’oublions pas que la Sécurité routière devrait être populaire. Si ce n’est pas le cas, c’est un échec !