2008/03/18

Affrontements sanglants entre la population tibétaine et les communistes occupant le pays? Fustigeons les touristes capitalistes…

Une coupe de champagne aux lèvres, les touristes, chinois comme étrangers, pourraient observer aussi avec intérêt les affrontements sanglants entre la population tibétaine et la police d'occupation. Malheureusement, ce train de rêve, doté sans doute de vitres à l'épreuve des balles, n'entrera en service que le 1er septembre prochain. Le spectacle sera peut-être terminé.
On peut compter sur Robert Solé pour écrire un billet sur le Tibet avec de l'ironie et de la bile dont le message essentiel est de fustiger non les autorités communistes mais… les riches (plus spécifiquement, les touristes capitalistes)…

Déjà du temps de Mao et de Staline, c'était le même principe en jeu, ce pourquoi on s'abstenait de *trop* les critiquer (contrairement aux Américains)…

Mise à jour : les meurtres de masse de la Chine communiste, qu'importe ; non, la seule raison qui pousse quelqu'un comme Serguei à s'intéresser au destin du Tibet, c'est l'imagination (fertile) qui voit (horreur!) l'argent sale des capitalistes occcidentaux (!) liée d'une manière ou d'une autre (?!) à l'invasion chinoise du pays montagneux en 1950 et à la répression qui s'est ensuivi pendant six décennies…

Pendant ce temps, les éditeurs du Monde 2 hebdomadaire semblent pétrifiés d'admiration devant les espaces démésurés des bâtiments construits à la gloire de la dictature communiste, comme le Palais du Peuple à Pékin…

Nouvelle mise à jour : Robert Solé persiste et signe dans Le Monde en parlant de "ce conflit ridicule à propos du Tibet".

2008/03/16

"Pas de PREUVE de lien DIRECT entre Saddam et Al-Qaida” devient “Le Pentagone avoue discrètement qu’il n’y avait pas de lien entre Saddam et Al-Qaida”

Le diable est, dit-on, dans les détails
écrit JC Durbant: en évoquant, entre autres, l'article Le Pentagone avoue discrètement qu’il n’y avait pas de lien entre Saddam Hussein et Al-Qaida paru dans Le Monde.
9/11 Saddam poster (iraq)Démonstration, à la veille du 5e anniversaire de la libération de l’Irak, avec ce nouveau petit joyau de désinformation dans la dépêche AFP du jour du quotidien de révérence d’hier qui n’a bien sûr jamais entendu parler de Zarqaoui, formé dès les années 90 en Afghanistan par Al Qaeda même, ou de Mougnieh ou des camps d’Ansar Al islam soutenus par Saddam dans le nord de l’Irak dès décembre 2001, soit avant même l’invasion alliée.

Et qui, s’appuyant sur ABC dont il se contente de traduire un ou deux extraits bien choisis, commence par évacuer, sans parler du mot “preuve”, un petit mais crucial adjectif de son titre: le fameux “direct” (”il n’y avait pas de preuve de lien direct entre Saddam Hussein et Al-Qaida” devenant ainsi: “Le Pentagone avoue discrètement qu’il n’y avait pas de lien entre Saddam Hussein et Al-Qaida”).

(Plus prudent ou moins pressé, Le Figaro se limite, lui, à l’évacuation du “preuve”: “un rapport publié mercredi par le Pentagone établit avec certitude qu’il n’y avait aucun lien direct entre le régime de Saddam Hussein et le groupe terroriste al-Qaida.”)

Se retrouvent ainsi passé à l’as, les passages sur (en plus des primes et prises en charge des familles de ses recrues) l’activité non “privilégiée” mais notoire de formation, pour tout le Moyen-Orient et notamment Israël, de terroristes-suicide à la voiture piégée ou à la ceinture de dynamite.

2008/03/15

Traduction durcie à profit idéologique

Une rumeur, qui semble loin d'être infondée, voudrait que la vaste majorité des journalistes (des employés?) du Monde votent non seulement à gauche mais pour Olivier Besancenot, le chef du LCR (parti éminemment (sic) représentatif de la population française — et mondiale).

Cette rumeur semble plus que fondée par la traduction de l'article sur les élections espagnoles écrit par Javier Moreno, directeur d'El País. Dans le sous-titre (de la version papier du Monde) de l'article, s'étonnera-t'on de voir des a prioris anti-droite pro-gauche ?
La droite revancharde a perdu les élections.
Reste aux socialistes à définir leur projet pour le XXIe siècle.
Seul problème : la version originale, plus nuancée, ne disait rien de tel. ("Après le 9 mars , le Gouvernement et le PP ont devant eux des tâches colossales. Le premier doit corriger ses erreurs et apprendre à écouter les critiques; le deuxième, effacer des vices franquistes et s'assimile à ses collègues européens".)

Ne pourrait-on pas dire de quelque parti d'opposition que ce soit (même de gauche) qu'il est revanchard ? Ne pourrait-on évoquer "leur projet pour le XXIe siècle" pour n'importe quel parti, même de droite, même un parti d'opposition (de droite ou de gauche) ?

Bien sûr. Mais comme d'habitude chez Le Monde, c'est la droite qui est teintée de négativité, voire diabolisée, alors que la gauche est portée aux nues.

Ce n'est pas la première fois que des traducteurs "activistes" — à moins que ce ne soit une décision prise par les rédacteurs juste avant la parution du papier (cela me semble plus crédible mais cela revient au même) — veuillent "améliorer" les articles étrangers qu'ils publient dans le quotidien de référence…

Par ailleurs, La Bannière Étalée donne des exemples très concrets de papiers de journalistes du Monde qui semblent avoir été plutôt objectifs à l'origine mais qui auraient été "améliorés" — à profit idéologique (plutôt que pour des raisons déontologiques ou factuelles) — avant la parution du journal.

Mise à jour :
Aux dernières nouvelles, la page des réactions — qui contenait un commentaire similaire (quoique raccourcie) du post que vous êtes en train de lire — de cet article était étrangement "introuvable".

La page que vous avez demandée est introuvable.

    La page que vous avez demandée est momentanément indisponible. Veuillez nous excuser de la gêne occasionnée.
    Pour nous signaler une erreur, vous pouvez nous contacter à l'adresse webmaster@lemonde.fr.

N'imaginons pas d'histoires : espérons que ce n'est qu'un bémol, temporaire, et que le sujet de l'un ou de l'autre des réactions n'y est strictement pour rien…

Mise à jour nº 2 :
Apparemment, ce sont toutes les pages de réactions du Monde qui sont (momantanément?) indisponibles. Pour citer Robert Marchenoir,
C'est en effet assez caractéristique de la mesquinerie du Monde.fr et de son mépris envers ses lecteurs.

Tout comme la limite de longueur, qui n'a aucun sens dans le monde numérique.

Idem pour leurs méthodes marketing d'abonnement payant. J'en ai acheté un une fois, pour voir. Outre que les règles sont incompréhensibles, quand vous essayez de vous désabonner, on tente de vous en dissuader par tous les moyens.
Mise à jour nº 3 :
Bonne nouvelle : les pages réaction sont visibles de nouveau…

2008/03/10

"Ingrid m'a demandé ce que je faisais avec les trois Américains, puisque c'étaient les ennemis des FARC"

Martin Sombra [ancien geôlier des FARC] a enseigné des rudiments d'espagnol aux trois Américains capturés en 2003. "Ils m'ont bien eu. Ils me disaient sanavebitch (son of a bitch, "fils de pute") et je croyais que cela voulait dire montagne. Après j'ai su", raconte le guérillero. Il riait tellement avec les "gringos" que les politiques ont fini par être jaloux. "Ingrid m'a demandé ce que je faisais avec eux, puisque c'étaient les ennemis des FARC", dit-il.
«les politiques ont fini par être jaloux, écrit Marie Delcas dans Le Monde. "Ingrid m'a demandé ce que je faisais avec [les trois Américains], puisque c'étaient les ennemis des FARC"». Faut-il conclure du témoignage de l'ancien geôlier des FARC dans l'hebdomadaire colombienne Semana que même l'emprisonnement n'est pas assez pour guérir un(e) Français(e) de sa jalousie mesquine, de son anti-américanisme suffisant, de ses tendances de moralisateur (même auprès de… son geôlier!), et de sa passion aveugle pour les révolutionnaires de tout bord — ceux-là même qui le/la tiennent prisonnièr(e) ? Espérons que non…

Écoutez : je ne demande qu'une chose — c'est de croire à l'histoire d'Ingrid la martyre. Mais que faut-il conclure d'après le récit de son ex-geôlier ? Qu'Ingrid leur donne des conseils, aux FARC (à ses geôliers) ? Qu'Ingrid fait copain-copain avec les FARC, ses geôliers, et leur explique qui sont leurs ennemis (on s'en doute, les Américains fourbes et traîtres) ? Qu'Ingrid leur montre sa désapprobation hautaine quand les FARC, ses geôliers, fraternisent avec les "mauvais" prisonniers ? (Avec les "bons" prisonniers comme elle-même, ils ont le "droit" de se comporter de manière différente ?) Peut-on imaginer John McCain donnant des conseils semblables à ses geôliers nord-vietnamiens ?

Quelles sont-elles, les convictions d'Ingrid dont on nous parle ? Est-ce que c'est que les Ricains ainsi que leurs alliés (Uribe) ne sont autre chose que des "loups" fourbes et avides de sang et que quiconque les combat — comme les FARC, ses "geôliers" — sont des êtres braves et preux ? Écoutez : moi, je veux bien qu'après six ans dans la jungle, on dépeigne Ingrid Betancourt comme la martyre ; je veux bien que lorsque quiconque met en doute le martyre d'Ingrid Betancourt, les boucliers se lèvent en masse et les accusations remplies de rage, de bile, et de mépris fusent de tout part. Mieux : je ne demande qu'à les croire. Mais enfin : cet article, il est là ! Ce témoignage, il est là !
"El problema fue que los políticos se pusieron celosos porque a mí me gustaba sentarme a hablar mierda con los gringos y me daba la noche con la barriga adolorida de reírme de ellos. Íngrid me llamó y me hizo el reclamo. Me dijo que qué hacía yo con esos gringos, que si acaso ellos no eran los enemigos de nosotros (Farc)." — Martín Sombra alias Helí Mejía, ancien geôlier des FARC
Je le repète : je ne demande pas mieux qu'on me donne une raison, deux raisons, des tas de raisons, de ne pas y croire et de croire plutôt à l'histoire d'Ingrid la martyre et de l'histoire d'Ingrid la battante. Dites-le moi, alors, que j'ai tort de faire preuve de sceptisme, je ne demande qu'à y croire, je le repète, je ne demande qu'une chose — c'est de croire à l'histoire d'Ingrid la martyre.…

2008/02/29

Communism Has Only Killed 100 Million People…

…Let's give it another chance!

Jean-Claude Milner and Fabrice Jambois wax eloquently about Karl Marx as Le Monde puts a volume of (Marx's) philosophy on sale, while stating (reassuringly?) on the front page (top right, in reddish purple) that Karl Marx has not said his last word. (While France's élites and Le Monde's editors think it educative to add a volume of Marx's thoughts to a collection of philosophers for the undying benefit of the country's citizens, Atlas Shrugged has still not been translated to French…)

In Jean Birnbaum's interview of Jean-Claude Milner, the philosopher (?) states that Marx's economic doctrines "entirely" deserve the interest they are currently regaining — this in spite of the fact that, as Milner himself acknowledges, the "great thinker" had nothing but contempt for matters as diverse as the State, suffrage, the institutions, powers, the right of law (just about anything, really, that had to do with… the functioning of a state and a nation!, something you come to realize as the list starts reading like Monty Python's What have the Romans ever done for us?). Milner adds that although Lenin's "improvisations" in statesmanship led to catastrophe, they happened to be nothing if not "brilliant".
Je serai le premier à soutenir que les doctrines économiques de Marx méritent entièrement le regain d'intérêt dont elles bénéficient. Mais est-ce là l'essentiel ? Je ne le crois pas. Pour la politique, on ne peut pas passer sous silence le prix que Marx a dû payer pour se détacher de Hegel : l'absence de toute réflexion véritable sur les institutions. Sur l'Etat, sur le suffrage, sur les pouvoirs, sur le droit, rien que de la critique hautaine. C'est pourquoi il a fallu que Lénine improvise - brillamment, certes, mais l'improvisation dans ces domaines est interdite : elle a conduit à la catastrophe.
…"rien que de la critique hautaine"! Isn't this the reason — the real reason — that Marx is so beloved by the Left in the Western world?

As David R Henderson recalls from his youth in The Joy of Freedom, a
former communist told us of his intense resentment of the fact that he was smart and had nothing, while the rich were dumb and had a lot. "That," he said "was how I became a Marxist. I hated the rich." We were shocked. We had thought that virtually all intellectuals came to their views via their intellect, not via their resentments … His route to Marxism was a very common one. "The number of people who become Marxists by reading Marx," I still remember him saying, "can be counted on the fingers of one hand."

2008/01/10

Toutes les Réactions des Abonnés du Monde.fr Vouées à la Disparition

En réagissant à cet article, vous autorisez la publication de votre contribution, en ligne et dans les pages du Monde
Lecteurs du journal Le Monde,

Ce mot pour que vous sachiez que toutes vos réactions en ligne aux articles du journal Le Monde ne sont d'aucune importance (ou alors à peine une importance fugace) et sont vouées à disparaître à tout jamais. Sachez, en effet, que vos commentaires — quel que puisse être (ou non) leur degré d'importance et/ou de constructivité — n'ont pas vocation à rester où que ce soit dans le blogosphère. Les décideurs du journal (ou de son site web) ont tout simplement décidé (après les quelques jours de lecture gratuite) de leur disparition.

Dans la plupart des articles de journaux anglo-saxons, allemands, etc, où le lecteur (abonné ou non) a un espace à la fin d'un article pour y exprimer son avis, son (mé)contentement, son (dés)accord, ou tout simplement un détail ou un point qui semble avoir été omis dans le papier, volontairement ou non (et cette réaction, contrairement au journal Le Monde, le lecteur étranger peut l'écrire sans cet obstacle qui semble purement gratuite, d'un maximum de deux interventions avec un maximum de 500 signes (!) chacune), ils resteront sur la page à tout jamais.

Déjà, les lecteurs français n'avaient pas les mêmes privilèges. Jusqu'à présent, même quand l'article du Monde devenait payant après quelques jours, la page URL originale d'un article donné du journal — avec sont texte au complet — restait, ainsi que la page URL — à part (si le sujet s'y prêtait, il pouvait y en avoir deux, trois, jusqu'à dix pages URL, parfois) — des commentaires pour ledit article. Ce n'était en aucune façon une situation idéale — loin de là (personne, mis à part le lecteur qui avait eu la chance de noter la page URL à quelques jours de son apparition, ne saurait jamais retrouver les commentaires) — mais au moins le lecteur avait la sensation de savoir que, quelque part sur la toile, sa contribution demeurait.

Tout ça (c'est à dire, ces miettes envoyées aux lecteurs), c'est (ou cela semble) terminé.

Seules les paroles immortelles des penseurs ô combien lucides du journal de référence ont la vocation d'être à jamais présentes sur le web. Point les réactions ou les critiques que leurs papiers ont suscité. En effet, qu'importe le fait que ces — médiocres — abonnés (et lecteurs) de Le Monde aient pris le temps d'écrire leurs avis quand on sait les hauteurs auxquelles évoluent les membres de l'élite sine qua non des journalistes et des penseurs français…

2007/12/03

Le Bruiteur de graviers



Le terroir et la tradition aident à expliquer pourquoi les bruiteurs de gravier français sont reconnus parmi les professionnels du cinéma comme les meilleurs au monde…

2007/11/21

Le Monde utilise de plus en plus le mot "étasunien", invariablement prononcé sur un ton suffisant

La campagne lente mais continuelle et — oserait-on employer l'expression ? — insidieuse pour banaliser le terme étasuniens (ou Etats-Uniens ou Etats-uniens) continue de plus belle dans Le Monde avec l'article de Francis Marmande (ce qui semblerait donner raison à Bigstop et à sa constatation ("avec une certaine amertume") que "depuis le départ de JCC, le Monde s'aligne [de plus en plus] sur le Monde Diplomatique").

Update: Daniel Vernet s'y met aussi !

Update 2: Ainsi que Thomas Ferenczi !

Update 3: Sans oublier Antoine Compagnon (deux fois dans son texte) ! (En fait, comme c'est écrit dans La Bannière étalée, il y a bien de raisons, objectives, de croire que les journalistes, ainsi que les premiers jets de leurs articles, restent — relativement — neutres et objectifs et que c'est à la rédaction que des rédacteurs suffisants et partisans réécrivent certaines parties pour les rendre plus partisanes ; pour prendre ce cas précis, il semblerait, par exemple, qu'il y ait un mot d'ordre dans les textes sur les USA qui demande de remplacer (au moins?) une fois le terme "Américain(s)" par Etats-unien(s).)

L'argument selon lequel on veut (avec par exemple les expressions, le président états-unien, George Bush ou les abus états-uniens ou nos amis états-uniens) "seulement" être plus précis serait plus crédible si ce n'était le fait que ceux qui utilisent l'expression l'utilisent invariablement avec un ton suffisant, arrogant, et/ou méprisant.

Le sens du ton, en effet, pourrait se résumer de cette façon :
Ah! Vous les Américains fourbes (pardon, les étasuniens fourbes) ont cru nous avoir! Ah! mais nous on est plus malins que vous! Et nous on est plus malins que les caniches débiles qui emploient le mot "Américains". Nous, on sait que le seul bon terme qui vous convienne, c'est étasunien.
Et qu'importe le fait que (mis à part… American Samoa!) les USA soient le seul pays dans le Nouveau Monde (ou ailleurs) qui utilise le mot "Amérique" dans son nom officiel! Et qu'importe que dans un pays comme l'Afrique du Sud une communauté (des Blancs, par ailleurs!!) utilisent le terme Afrikaaners!

Et qu'importe surtout que, depuis 50 ans, les membres de l'Union Européenne, de la CE, de la CEE ont employé le mot Européen (même à l'époque où ils n'étaient que six membres sur une trentaine de pays) sans que personne y voit quelque problème que ce soit — même d'un point de vue théorique. (Mais on connait la réponse : un haussement des épaules et un pfft suivi des paroles, ce n'est pas la même chôôôôôse…)

Update 4: Barack Obama (pourtant héros cosmopolite des Français) n'y échappe pas, puisqu'on l'affubule du terme le chef de l'exécutif états-unien

Update 5: On voit l'aveuglement que produit l'antiaméricanisme lorsque l'on découvre que maintenant, Le Monde ne parle pas uniquement des étasuniens, mais de (tenez-vous bien) l'Etat états-unien.

Update 6: Un lecteur caricature les USA en évoquant "les Etats-Uniens" ? Le Monde publie 2 de ses courriers en l'espace de 3 jours ; Update 7: Deux semaines plus tard, Le Monde publie un troisième courrier du même lecteur suffisant !

2007/11/12

C'est la faute à l'Amérique !

Ecosse 1996: 16 enfants tués; Japon 2000: 8 gosses tués; Nanterre 2002: 8 morts; Erfurt 2002: 16 morts; Finlande 2007: 8 morts. "Mais! C'est la FAUTE à l'Amérique! Leurs armes à feu, leur violence, leur télé, leurs gangsters!" Ah oui? Et la Sicile? Et la Corse? Et Nice? Et Marseille? "Ah, mais ça ce n'est pas la même chôôôse… Là, c'est le Milieu!" Apparemment, on a appris (l'éducation nationale?) aux Européens que la violence et les meurtres aux USA se passent surtout entre citoyens "normaux" et pas entre voyous là aussi…
Voilà ce qu'écrivait un lecteur familier au Monde à propos des tueries en Finlande

2007/11/08

Censuré sur Le Monde.fr — huit fois !

Depuis presque 36 heures, maintenant (et seulement deux jours après avoir écrit un post qui s'interrogeait sur les prédilections du Monde de suggérer que la défense de la liberté d'expression est "embarrassant" et "provocant"), cela fait presque 10 fois que j'essaie de laisser une (deuxième) réaction à un article sur Le Monde.fr (oui, c'est vrai : je suis un têtu — je l'ai déjà dit, je n'aime pas les injustices) et cela fait autant de fois qu'on refuse d'accepter la réaction et qu'on la "vire" sans autre forme de procès.

Normalement, je ne rencontre pas ce genre de problèmes. Cela dit, les règles de Le Monde.fr semblent être faits pour empêcher que quiconque y laisse des réflections trop élaborées avec des arguments trop détaillés. Ainsi, chaque abonné n'a qu'un maximum de deux commentaires avec un maximum de 500 caractères chacun. (En admettant qu'ils veulent écrire quelque chose de détaillé et de plus long qu'une simple phrase, les lecteurs doivent s'adonner à toute sorte de pirouettes — raccourcis, utilisation de sigles (1 pour "une", & pour "et", etc), abandons d'espaces après les virgules et les points, etc — pour mettre dans ce petit espace tout le contenu — en un petit résumé ! — de sa pensée ; cela me prend parfois près d'une demi-heure pour arriver à un résultat dont je sois — à peu près — fier.)

(J'ai dèjà essayé — dans l'une de ces réactions de 500 caractères (pour un article sans aucun lien avec ma réaction), justement ! — de laisser un message pour les rédacteurs de Le Monde.fr demandant qu'au moins, le nombre soit montée à trois réactions et la taille maximale de chacune d'entre elles, à 750 ou 800 caractères, mais sans gain de cause…)

Quoi qu'il en soit, la première réaction que j'ai envoyé à Le Monde.fr a bien été publiée. (Comme nombre de mes réactions, elle répondait aux attaques des autres internautes en citant deux d'entre eux ("J'espere que le president Francais ne s'affichera pas comme un second poodle Europeen" (Californian) et "Allez Mr 140 pour cent , encore un petit effort pour davantage lécher les bottes de l'oncle sam" (Michel B)).)
Un "poodle" eur. pour "lécher les bottes de l'oncle sam"? Un jour, il faudra qu'on m'explique pourquoi SI PEU de gens se sont OFFUSQUÉS quand Chirac a allumé la Tour EIFFEL en ROUGE pour la visite du leader CHINOIS ou quand il a REFUSÉ de parler de droits humains lors de son visite à MOSCOU. Par rapport à l'Irak, on aimerait comprendre pourquoi il faut tjs louer la "lucidité" de la France, la Russie, la Chine et l'Allemagne et les préserver de l'accusation d'avoir pu être les CANICHES de SADDAM…
Alors, la deuxième réaction (une réponse aux propos (satiriques) d'Inuit — "Vive une bonne guerre contre l'Iran !") était-elle faite de propos outranciers, injuriers, sexistes, racistes, ou que-ne-sais-je? Peut-être ne manifestait-elle pas le même niveau d'intelligence ou de lucidité qu'on retrouvait dans les autres réactions remarquables de ces trois ou quatre pages. Cela dit, il se peut aussi que mon péché a été de ne pas montrer l'Iran comme la pauvre victime des Yankees "malicieux" ou que je n'ai pas pris au sérieux la vision du monde de l'Hexagone (en la traitant de "conte de fées") — un lecteur, dans ces mêmes espaces de réactions, n'a-t'il pas constaté, "avec une certaine amertume", que "depuis le départ de JCC, le Monde s'aligne sur le Monde Diplomatique" —, mais… quien sabe ? Jugez par vous-mêmes (puisque l'abonné du Monde, lui, ne le pourra pas) ;
"Vive la guerre contre l'Iran"?? Je dois être CRÉDULE mais je pensais que c'était l'IRAN (ou plutôt les MOLLAHS) qui criai(en)t "Vive la guerre(préventive ou autre)—ainsi que les actes TERRORISTES(!)—contre ISRAEL et l'OCCIDENT"! Nous revoilà dans ANTI-AMÉRICANISME ambiant &… "lucide"(sic) où le monde est une CONTE DE FÉES où tt il y est BON & tt il y est GENTIL sauf (!) pour les faits et gestes de l'Oncle Sam qui sont purement GRATUITS & MALICIEUX et dont un allié ne peut être qu'une "caniche"…
Update : Après une dizaine de tentatives, et plus de deux semaines, le commentaire est — enfin — accepté ! (Quoiqu'à un moment où — malheureusement — il n'y a plus grand monde pour aller lire les réactions des abonnés et que le page n'est — malheureusement — plus accessible que par ceux qui avaient le hyperlien original…)

2007/11/07

S'affranchir de la tutelle embarrassante de ceux qui osent jouer la provocation

n appelant la semaine dernière à des élections législatives anticipées le 13 novembre, le premier ministre libéral danois Anders Fogh Rasmussen joue serré
lit-on dans un article du Monde d'Olivier Truc, avant d'élaborer (chiffres à l'appui) :
Même si ce n'est pas son objectif premier, cette élection pourrait également lui permettre de s'affranchir de la tutelle embarrassante de l'extrême droite. Le Parti du peuple joue la provocation en utilisant des affiches arborant un portait de Mahomet et proclamant : « La liberté d'expression est danoise, la censure ne l'est pas. »
Que la tutelle de l'extrême droite puisse être embarrassante, je le conçois. Que tous ses membres puissent être des abrutis, voire des salauds, je peux l'accepter. En ce qui concerne le Dansk Folkeparti je n'ai aucune envie, quelle qu'elle soit, de le défendre. Cela dit, ce n'est pas une raison pour "jeter le bébé avec l'eau sale" ; comme l'a demandé naguère Nicolas Sarkozy, « Si Le Pen dit que le soleil est jaune, dois-je affirmer qu'il est bleu ? ».

Car là où il y a problème, c'est ici : Ce qui est moins compréhensible, c'est le fait que le Parti du peuple "joue la provocation". Il est très possible que jouer la provocation, c'est ce qu'il fait la majorité du temps, mais qu'a fait le Parti du peuple, dans le contexte de cet article, pour mériter cette attaque ? Il a utilisé des affiches arborant un portrait de Mahomet et proclamant La liberté d'expression est danoise, la censure ne l'est pas ?!

Alors, une question : depuis quand est-ce jouer la provocation, depuis quand est-ce embarrassant, que de proclamer que La liberté d'expression est [un aspect de notre identité], la censure ne l'est pas ? (Pour que le lecteur puisse former son propre opinion — et non pour faire de la pub au DF — j'inclus une poignée de posters pertinents sur cette page.) Je conçois bien que la tutelle de la "formation xénophobe" puisse être embarrassante, mais en ce qui concerne ce message en particulier, que diable y a-t'il d'embarassant ? Les Français ne sont-ils pas en train de proclamer constamment leur amour pour les droits humains ? Peut-être la règle dans ce monde est qu'en présence de régimes totalitaires arabes, il faut "calmer son jeu" ?

C'est d'autant plus hypocrite que le "scandale" des dessins de presse danois sont entièrement une fabrication des régimes les plus extrêmistes dans le monde arabe (Iran, Syrie, etc), pour se donner une identité pieuse et inciter les Européens et/ou les Occidentaux à avoir honte et à se rabaisser devant leurs demandes et exigeances.

Mais ce n'est pas tout (si ce n'était que ça)! Car en outre, les Français sont sans cesse en train de fustiger les États-Unis, de les critiquer et de proclamer (avec suffisance? en tout cas haut et fort) que les amis ont le droit de donner voix à leurs désaccords et de noter leurs différences.

Apparemment, en ce qui concerne les richissimes despotes arabes, il faut y aller "mollo" et baisser le son, voire carrément se taire. On évite d'embarrasser les potentats arabes, on veut "ménager les sensibilités russes", on allume la Tour Eiffel en rouge pour la visite du chef d'État chinois. Les seuls à qui on dit quoi que ce soit, les seuls qu'on a le droit de provoquer — on y est même incité ! —, ce sont les Ricains et la démocratie américaine qui, on ne le sait que trop bien, ne répliquera pas en annullant des gros contrats. Si les seuls à qui on a "le courage" de donner des leçons sont ceux avec qui on sait que ses principes ne risquent pas grand chose, à quoi bon, finalement, ces supposés principes immortels ?!

2007/09/13

Les victimes des totalitarismes ne sont plus là pour faire de la masturbation intellectuelle, eux

Le propos de ce film est indigne, d'abord et avant tout par égard pour les victimes des totalitarismes qui ne sont plus là pour faire de la masturbation intellectuelle, eux.
Ainsi parle Bigstop, un lecteur du "quotidien de référence", et on ose espérer — sans grande conviction — que dans sa conclusion, il puisse se tromper.
Tenter ensuite de récupérer Hannah Arendt est encore plus ignoble de la part de ces néo-marxistes. Je constate avec une certaine amertume que depuis le départ de JCC, le Monde s'aligne sur le Monde Diplomatique. A quand M. Ignacio Ramonet directeur du journal Le Monde?

2007/09/11

On 9/11, French Movie Likening the Symbol of the World Trade Center — Big Business — to Nazism Appears on Le Monde's Front Page

As Plantuagain — compares (the sightless) Uncle Sam to (the sightless) Osama Bin Laden — with all their common victims (in fact, there seem to be more in America's hair) entangled in their common bloody beard (replete with whiskers that looks like military-style barbed wire) — Le Monde uses the 9/11 anniversary to treat us to its usual pompous editorial ("total war" against terrorism, ignorance or minimizing of December 7, 1941 (only six years after 9/11 was ubiquitously called a modern-day "Pearl Harbor"!), "petitions of friendship for a great people that is making a mistake") along with a front page article about a movie (by Nicolas Klotz, due to be released on September 12, and based on a book by François Emmanuel) that compares the average multinational company (i.e., the typical American creation as well as the symbol of New York and its World Trade Center per se) to Nazi Germany.
La Question humaine … un film noir qui … établit en effet un lien entre le monde des multinationales et l'idéologie nazie. A mesure [qu'un psychologue d'entreprise, magistralement interprété par Mathieu Amalric] perce à jour la nature du pouvoir de son entreprise, une effarante proximité lui saute aux yeux entre la langue administrative nazie et celle qu'il emploie dans son travail.
In an interview with Jacques Mandelbaum, Nicolas Klotz and Elisabeth Perceval state that
C'était frappant de voir à quel point [les étudiants d'HEC ou de l'Essec qui ont tourné dans La Question Humaine] comprenaient le film, pour ainsi dire de l'intérieur : ces jeunes gens se considèrent eux-mêmes comme des guerriers, des tueurs, et ont tout à fait conscience de servir une logique de productivité et de profit exponentiels où les plus faibles sont impitoyablement éliminés.
In addition, it turns out that the movie is the third in a trilogy (the first two were about the homeless and foreigners without documents — you can see that this movie follows in the same logic) and (as we learn from Le Monde's review) that the name of the bad guy (played by a "very disturbing" Jean-Pierre Kalfon) in this movie (which Isabelle Regnier tells us "keeps its promises from end to end") is… Karl Rove! (Actually, the movie lists his name as Karl Rose — as does the book — but Regnier (or the daily's spell-checker) seems to have gotten the screenwriters' intention right!) Karl Rove (or Karl Rose), it turns out, was born in a Third Reich Lebensborn and was involved somehow with the SS Einsatzgruppen! We then learn how the "striking proximity" between the multinational firm (whose workers are "warriors, killers" and from which "the weakest are pitilessly eliminated") and the Holocaust:
To gas the Jews, or fire an alcoholic, the same dehumanizing terminology allows the human being to be treated as a production unit, valid or not.
Mon Dieu! The filmmakers have discovered the meaning of life (or death)! How can one avoid being dazzled by so much lucidité?! Regnier couldn't, as shown in her conclusion (about the movie in which there is a scene during which, "alors que les acteurs parlent parfois sans qu'on entende leur voix, un magnifique et interminable chant de flamenco est filmé en temps réel"):
La Question Humaine is a sophisticated film. It is also a beautiful film, a loving film, because its author likes his characters. … it is a great political film.
How wonderful. The viewpoint of one Le Monde reader is slightly different:
The raison d'être of this film is shameful, first and foremost in consideration of the victims of totalitarianism who [unlike the movie's authors] are no longer around to engage in mental masturbation.
Update: See how French (and European) TV commemorated the sixth anniversary of 9/11 (and the murder of 3,000 people)…

2007/08/21

Les Ricains, eux, parlent rarement de Jack Chirac ou de Francis Mitterrand

Seven (or 20?!) years later, French journalists like Raphaëlle Bacqué and Ariane Chemin (or Philippe Bolopion) are so entwined in their nation's language that they have still not learned how to spell the names of two foreign presidents, Georges W. Bush and Georges H. W. Bush (or if they know the name of George Bush, they will mess up that of Gérald Ford).

Pas de quoi fouetter un chat, probably, but this is from the nation that is always speaking of understanding and respecting foreign cultures, honoring foreigners and diversity and multiculturalism, learning from foreign travels (the French make a fuss out of their accents being mishandled abroad but still refuse to use Spanish accents on Hispanic names and still call Beijing "Pékin"), and (especially)… pointing out that clueless, egotistical, and self-centered zombie-like Americans (!) are the people who routinely, regularly, and randomly can be expected to mess those things up.

2007/07/27

Les soldats impliqués dans un scandale ne sont pas américains ? Pas besoin d'en faire une montagne, alors…

Des casques bleus accusés d'"abus sexuels généralisés" et "systématiques" : On n'ose imaginer le tollé que cela aurait suscité si les "soldats peu disciplinés" impliquées dans le (non-)scandale — avec ou sans la "complaisance" de leurs supérieurs hiérarchiques —, au lieu d'être de l'ONU, avaient été américains…

D'ailleurs, ce n'est pas compliqué ; si les États-Unis avaient été impliquées, le scandale de la Côte d'Ivoire aurait été en première page jour après jour après jour, avec force dénonciations et expressions de dégoût, pendant des semaines — que dis-je? pendant des mois…
…en dépit d'une politique affichée de "tolérance zéro" envers l'exploitation sexuelle par les casques bleus des populations qu'ils sont censés protéger, l'organisation a été mise en cause à de nombreuses reprises, depuis 2001, en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo
Évidemment, si ces articles (et le scandale) concernaient l'Oncle Sam, pas besoin d'être devin pour savoir qu'ils seraient aussi parmi les recommandés et les plus envoyés des articles des lecteurs de lemonde.fr… Mais voilà, c'est l'ONU louée aux cieux (cette ONU extraordinaire dont la compétence et l'honnêteté auraient permis d'éviter la guerre en Irak si seulement Bush était aussi intelligent que les Européens toujours extra-lucides), et donc à part un article ou deux de temps en temps, on fait de son mieux pour ne pas trop remuer la situation — et quand on le fait (rarement), c'est pour mettre le focus sur le positif, c'est-à-dire les efforts de l'ONU pour remédier à la situation…

2007/07/26

La propagande anti-américaine se glisse dans les moindres recoins, au point qu'on peut se demander si ce n'est pas une sorte d'exercice de style

La propagande socio-démocrate (et anti-américaine) se glisse dans les moindres recoins, au point qu'on peut parfois se demander si ce n'est pas une sorte d'exercice de style.
Any opportunity in the European press is good to exercise one's anti-Americanism, concludes Stéphane, all the while (of course) hailing Europe's state interventionism.
La pique est évidemment dans la fin de l'article, qui lance quelques slogans d'une façon totalement gratuite …

Pour l'auteur de l'article, une enfance saine, c'est la souscription à une assurance-maladie. Difficile d'avoir une vision plus socio-démocrate de l'existence.

2007/07/12

Clinton, voilà un président/voilà un Américain pour qui on avait du respect !

Comprenez-vous, c'est seulement Bush qu'on n'aime pas et à qui on s'oppose !! (Merci to Hervé)
Jacques Chirac renversé sur sa chaise, la tête en arrière, à ronfler bruyamment. La scène paraît surréaliste, mais d'après Alastair Campbell, l'ancien chef de la communication de Tony Blair, elle se serait bel et bien produite lors d'une réunion dans le cadre du G8 en juillet 2000. La scène se passe à Tokyo. Le secrétaire américain au Trésor, Larry Summers, monte à la tribune. Le public ne lui est pas acquis d'avance : Bill Clinton est retardé par des négociations, le chancelier allemand Gerhard Schroeder se désintéresse de la réunion, Tony Blair estime que c'est "la réunion la plus inutile" à laquelle il n'a jamais assisté. Quant au président français, il est arrivé le dernier.

Le secrétaire américaine au Trésor se lance alors dans un discours fleuve. C'est alors que la scène se produit : "Chirac s'est renversé sur sa chaise, la tête en arrière, il a ronflé bruyamment, puis après quelques minutes il a poussé un grognement sonore selon Tony Blair et il a crié 'trop long, trop long' en anglais pendant que Summers n'arrêtait pas de parler", raconte Alastair Campbell, dans ses mémoires. La salle est choquée, à commencer par Tony Blair qui "a dit qu'il n'avait jamais vu une manifestation aussi impressionnante d'impolitesse et d'anti-américanisme", se souvient Alastair Campbell [souligné par moi].
More examples of nothing-but-the-deepest-respect-for-Americans/ for-presidents-other-than-Bush (such as Clinton) can be found in my book.
… quand Javier Solana leva son verre en décembre 1996 pour porter un toast à Warren Christopher, qui assistait à son dernier déjeuner au QG de l’Otan (il faisait ses adieux à la politique en tant que ministre des affaires étrangères de Bill Clinton), le ministre des affaires étrangères français... se leva et quitta la pièce. La place de Hervé de Charrette fut prise par l’ambassadeur français à l’Otan, lequel ambassadeur (Gérard Errara) tourna le dos aux personnalités présentes pendant la durée du toast pour parler avec un assistant. Imagine-t’on la réaction si un ministre étranger — américain, de surcroît ! — avait traité un Français de la même manière ? Les Français, des plus hautes instances au dernier des citoyens, n’en croiraient pas leurs yeux et secoueraient leur tête de dégoût devant un tel manque de savoir-vivre.

C’est un épisode parmi d’autres qui montre que, contrairement à la légende qu’on veut véhiculer aujourd’hui, les relation avec l’Amérique de Clinton n’étaient pas au plus beau (sauf quand le président démocrate s’alignait sur la position française, bien sûr).

2007/07/05

Why Would a Hollywood Movie Make the Front Page of Le Monde?

When a French daily puts the review of a Hollywood movie on its front page, you know that it's because the movie will be blasting Washing- ton's policies (past or present). And so it is with Robert De Niro's The Good Shepherd (called Raison d'État in French) in the bottom center of Le Monde's front page…