2007/09/13

Les victimes des totalitarismes ne sont plus là pour faire de la masturbation intellectuelle, eux

Le propos de ce film est indigne, d'abord et avant tout par égard pour les victimes des totalitarismes qui ne sont plus là pour faire de la masturbation intellectuelle, eux.
Ainsi parle Bigstop, un lecteur du "quotidien de référence", et on ose espérer — sans grande conviction — que dans sa conclusion, il puisse se tromper.
Tenter ensuite de récupérer Hannah Arendt est encore plus ignoble de la part de ces néo-marxistes. Je constate avec une certaine amertume que depuis le départ de JCC, le Monde s'aligne sur le Monde Diplomatique. A quand M. Ignacio Ramonet directeur du journal Le Monde?

2007/09/11

On 9/11, French Movie Likening the Symbol of the World Trade Center — Big Business — to Nazism Appears on Le Monde's Front Page

As Plantuagain — compares (the sightless) Uncle Sam to (the sightless) Osama Bin Laden — with all their common victims (in fact, there seem to be more in America's hair) entangled in their common bloody beard (replete with whiskers that looks like military-style barbed wire) — Le Monde uses the 9/11 anniversary to treat us to its usual pompous editorial ("total war" against terrorism, ignorance or minimizing of December 7, 1941 (only six years after 9/11 was ubiquitously called a modern-day "Pearl Harbor"!), "petitions of friendship for a great people that is making a mistake") along with a front page article about a movie (by Nicolas Klotz, due to be released on September 12, and based on a book by François Emmanuel) that compares the average multinational company (i.e., the typical American creation as well as the symbol of New York and its World Trade Center per se) to Nazi Germany.
La Question humaine … un film noir qui … établit en effet un lien entre le monde des multinationales et l'idéologie nazie. A mesure [qu'un psychologue d'entreprise, magistralement interprété par Mathieu Amalric] perce à jour la nature du pouvoir de son entreprise, une effarante proximité lui saute aux yeux entre la langue administrative nazie et celle qu'il emploie dans son travail.
In an interview with Jacques Mandelbaum, Nicolas Klotz and Elisabeth Perceval state that
C'était frappant de voir à quel point [les étudiants d'HEC ou de l'Essec qui ont tourné dans La Question Humaine] comprenaient le film, pour ainsi dire de l'intérieur : ces jeunes gens se considèrent eux-mêmes comme des guerriers, des tueurs, et ont tout à fait conscience de servir une logique de productivité et de profit exponentiels où les plus faibles sont impitoyablement éliminés.
In addition, it turns out that the movie is the third in a trilogy (the first two were about the homeless and foreigners without documents — you can see that this movie follows in the same logic) and (as we learn from Le Monde's review) that the name of the bad guy (played by a "very disturbing" Jean-Pierre Kalfon) in this movie (which Isabelle Regnier tells us "keeps its promises from end to end") is… Karl Rove! (Actually, the movie lists his name as Karl Rose — as does the book — but Regnier (or the daily's spell-checker) seems to have gotten the screenwriters' intention right!) Karl Rove (or Karl Rose), it turns out, was born in a Third Reich Lebensborn and was involved somehow with the SS Einsatzgruppen! We then learn how the "striking proximity" between the multinational firm (whose workers are "warriors, killers" and from which "the weakest are pitilessly eliminated") and the Holocaust:
To gas the Jews, or fire an alcoholic, the same dehumanizing terminology allows the human being to be treated as a production unit, valid or not.
Mon Dieu! The filmmakers have discovered the meaning of life (or death)! How can one avoid being dazzled by so much lucidité?! Regnier couldn't, as shown in her conclusion (about the movie in which there is a scene during which, "alors que les acteurs parlent parfois sans qu'on entende leur voix, un magnifique et interminable chant de flamenco est filmé en temps réel"):
La Question Humaine is a sophisticated film. It is also a beautiful film, a loving film, because its author likes his characters. … it is a great political film.
How wonderful. The viewpoint of one Le Monde reader is slightly different:
The raison d'être of this film is shameful, first and foremost in consideration of the victims of totalitarianism who [unlike the movie's authors] are no longer around to engage in mental masturbation.
Update: See how French (and European) TV commemorated the sixth anniversary of 9/11 (and the murder of 3,000 people)…

2007/08/21

Les Ricains, eux, parlent rarement de Jack Chirac ou de Francis Mitterrand

Seven (or 20?!) years later, French journalists like Raphaëlle Bacqué and Ariane Chemin (or Philippe Bolopion) are so entwined in their nation's language that they have still not learned how to spell the names of two foreign presidents, Georges W. Bush and Georges H. W. Bush (or if they know the name of George Bush, they will mess up that of Gérald Ford).

Pas de quoi fouetter un chat, probably, but this is from the nation that is always speaking of understanding and respecting foreign cultures, honoring foreigners and diversity and multiculturalism, learning from foreign travels (the French make a fuss out of their accents being mishandled abroad but still refuse to use Spanish accents on Hispanic names and still call Beijing "Pékin"), and (especially)… pointing out that clueless, egotistical, and self-centered zombie-like Americans (!) are the people who routinely, regularly, and randomly can be expected to mess those things up.

2007/07/27

Les soldats impliqués dans un scandale ne sont pas américains ? Pas besoin d'en faire une montagne, alors…

Des casques bleus accusés d'"abus sexuels généralisés" et "systématiques" : On n'ose imaginer le tollé que cela aurait suscité si les "soldats peu disciplinés" impliquées dans le (non-)scandale — avec ou sans la "complaisance" de leurs supérieurs hiérarchiques —, au lieu d'être de l'ONU, avaient été américains…

D'ailleurs, ce n'est pas compliqué ; si les États-Unis avaient été impliquées, le scandale de la Côte d'Ivoire aurait été en première page jour après jour après jour, avec force dénonciations et expressions de dégoût, pendant des semaines — que dis-je? pendant des mois…
…en dépit d'une politique affichée de "tolérance zéro" envers l'exploitation sexuelle par les casques bleus des populations qu'ils sont censés protéger, l'organisation a été mise en cause à de nombreuses reprises, depuis 2001, en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo
Évidemment, si ces articles (et le scandale) concernaient l'Oncle Sam, pas besoin d'être devin pour savoir qu'ils seraient aussi parmi les recommandés et les plus envoyés des articles des lecteurs de lemonde.fr… Mais voilà, c'est l'ONU louée aux cieux (cette ONU extraordinaire dont la compétence et l'honnêteté auraient permis d'éviter la guerre en Irak si seulement Bush était aussi intelligent que les Européens toujours extra-lucides), et donc à part un article ou deux de temps en temps, on fait de son mieux pour ne pas trop remuer la situation — et quand on le fait (rarement), c'est pour mettre le focus sur le positif, c'est-à-dire les efforts de l'ONU pour remédier à la situation…

2007/07/26

La propagande anti-américaine se glisse dans les moindres recoins, au point qu'on peut se demander si ce n'est pas une sorte d'exercice de style

La propagande socio-démocrate (et anti-américaine) se glisse dans les moindres recoins, au point qu'on peut parfois se demander si ce n'est pas une sorte d'exercice de style.
Any opportunity in the European press is good to exercise one's anti-Americanism, concludes Stéphane, all the while (of course) hailing Europe's state interventionism.
La pique est évidemment dans la fin de l'article, qui lance quelques slogans d'une façon totalement gratuite …

Pour l'auteur de l'article, une enfance saine, c'est la souscription à une assurance-maladie. Difficile d'avoir une vision plus socio-démocrate de l'existence.

2007/07/12

Clinton, voilà un président/voilà un Américain pour qui on avait du respect !

Comprenez-vous, c'est seulement Bush qu'on n'aime pas et à qui on s'oppose !! (Merci to Hervé)
Jacques Chirac renversé sur sa chaise, la tête en arrière, à ronfler bruyamment. La scène paraît surréaliste, mais d'après Alastair Campbell, l'ancien chef de la communication de Tony Blair, elle se serait bel et bien produite lors d'une réunion dans le cadre du G8 en juillet 2000. La scène se passe à Tokyo. Le secrétaire américain au Trésor, Larry Summers, monte à la tribune. Le public ne lui est pas acquis d'avance : Bill Clinton est retardé par des négociations, le chancelier allemand Gerhard Schroeder se désintéresse de la réunion, Tony Blair estime que c'est "la réunion la plus inutile" à laquelle il n'a jamais assisté. Quant au président français, il est arrivé le dernier.

Le secrétaire américaine au Trésor se lance alors dans un discours fleuve. C'est alors que la scène se produit : "Chirac s'est renversé sur sa chaise, la tête en arrière, il a ronflé bruyamment, puis après quelques minutes il a poussé un grognement sonore selon Tony Blair et il a crié 'trop long, trop long' en anglais pendant que Summers n'arrêtait pas de parler", raconte Alastair Campbell, dans ses mémoires. La salle est choquée, à commencer par Tony Blair qui "a dit qu'il n'avait jamais vu une manifestation aussi impressionnante d'impolitesse et d'anti-américanisme", se souvient Alastair Campbell [souligné par moi].
More examples of nothing-but-the-deepest-respect-for-Americans/ for-presidents-other-than-Bush (such as Clinton) can be found in my book.
… quand Javier Solana leva son verre en décembre 1996 pour porter un toast à Warren Christopher, qui assistait à son dernier déjeuner au QG de l’Otan (il faisait ses adieux à la politique en tant que ministre des affaires étrangères de Bill Clinton), le ministre des affaires étrangères français... se leva et quitta la pièce. La place de Hervé de Charrette fut prise par l’ambassadeur français à l’Otan, lequel ambassadeur (Gérard Errara) tourna le dos aux personnalités présentes pendant la durée du toast pour parler avec un assistant. Imagine-t’on la réaction si un ministre étranger — américain, de surcroît ! — avait traité un Français de la même manière ? Les Français, des plus hautes instances au dernier des citoyens, n’en croiraient pas leurs yeux et secoueraient leur tête de dégoût devant un tel manque de savoir-vivre.

C’est un épisode parmi d’autres qui montre que, contrairement à la légende qu’on veut véhiculer aujourd’hui, les relation avec l’Amérique de Clinton n’étaient pas au plus beau (sauf quand le président démocrate s’alignait sur la position française, bien sûr).

2007/07/05

Why Would a Hollywood Movie Make the Front Page of Le Monde?

When a French daily puts the review of a Hollywood movie on its front page, you know that it's because the movie will be blasting Washing- ton's policies (past or present). And so it is with Robert De Niro's The Good Shepherd (called Raison d'État in French) in the bottom center of Le Monde's front page…

2007/06/27

Une "catastrophe sanitaire" et une "Omerta" : "L'hôpital a eu du mal à avouer ses bêtises"

"L'erreur, on peut la comprendre, même la pardonner, mais ce qui est inadmissible, c'est que rien n'a été fait pour soigner mon père. L'hôpital savait mais ne lui a donné aucune chance pour s'en sortir"
"On m'a menti" : Sandrine Blanchard has an article about the type of ultra-successful health care program that French government authorities didn't brag to Michael Moore about and that "Sicko" didn't tell the members of Michael Moore's fan club about. "Vous comprenez, dit [Jean-Luc Genay], l'hôpital Jean-Monnet a caché trop de choses, ils ont menti, alors on ne fait plus confiance."
Une "catastrophe sanitaire", a reconnu, le 8 juin, Roselyne Bachelot, la nouvelle ministre de la santé, dans un entretien accordé au Parisien. Un radiophysicien qui modifie le protocole de radiothérapie et se trompe dans le paramétrage, des médecins radiothérapeutes qui minimisent les plaintes des malades en les attribuant à des "complications classiques", des autorités locales qui ne mesurent pas l'ampleur de la crise... cette affaire comporte une chaîne incroyable d'erreurs et de défaillances.

"Tout ça, c'est à cause d'un manque de personnel pour faire fonctionner ce genre d'appareil, pense-t-il. Les machines, elles sont de plus en plus sophistiquées mais il faut des hommes pour les utiliser."

"C'est un péché d'orgueil de la part des médecins", considère M. Colombel. Mal suivis, peu écoutés, les malades "sont restés livrés à eux-mêmes", souligne l'IGAS. Solange Didierlaurent le confirme avec rage : "On a été abandonnés." Son père, âgé de 84 ans, est mort il y a quelques semaines.

…cette affaire dramatique est "révélatrice d'un dysfonctionnement dans la prise en charge de la souffrance des patients et d'un manque de démarche qualité". De son côté, Me Welzer parle d'un "dossier emblématique" qui illustre "la chape de plomb qui prévaut sur les erreurs médicales".

2007/06/14

La croisade névrosée contre les Etats-Unis d'Amérique : Dans quel pays au monde viole-t'on le plus les droits de l'homme?

While PBS purports to examine anti-Americanism in a neutral, objective light, Stéphane checks out a (Reuters-inspired and Amnesty-created) map for use in publications around the world.

Dans cette "vraie petite carte de l'altermondialiste", Guess which country (with six sins, versus at the most four for all other countries) is the worst human rights offender on the planet?

Notice to the dissidents of the world: do not try to emigrate to the United States, do not too hard to reform your own régimes; as long as governments like Iran's, Russia's, China's, and Cuba's are opposing Uncle Sam, they are doing good work…



As usual, Stéphane is not content to respond by simply showing outrage. Deliberately and methodically, he calmly analyzes the data.
Certains intitulés me laissent dubitatif. Discrimination et violences contre les femmes? Dans la société américaine où la bise sur la joue d'une collègue d'entreprise peut vous mener au tribunal, difficile à croire.

Exécutions et exécutions "extrajudiciaires"? Cela ne fait même pas référence à la peine de mort, couverte par un autre symbole (qui n'intègre pas la notion d'un procès équitable.) J'imagine que cette référence fait appel à la "violence intrinsèque de la société américaine" ou à d'autres concepts du même tonneau, le genre de lieux communs constamment déversés dès qu'on parle du pays de l'Oncle Sam. Le verdict est injuste, car un régime politique n'est pas forcément responsable du comportement des éléments criminels présents sur son sol. Comme si les crimes des FARC étaient à imputer au régime colombien qui les combat!

Enfin, pour la "torture" on pensera inévitablement à Guantanamo - alors que Cuba, constellé des 300 prisons du régime castriste, n'a même pas droit à un pareil honneur...

Mais essayer d'expliquer la palme ainsi décernée aux Etats-Unis revient à s'enfermer dans la logique des critiques d'Amnesty. Or, à y regarder de plus près, il n'y a aucune logique dans cette image — sauf la volonté délibérée de salir les Etats-Unis.

…Les émigrés avides de se trouver une vie meilleure sont donc priés d'abandonner cette quête ridicule d'une carte verte. Qu'ils contactent plutôt l'ambassade ouzbèke ou chinoise la plus proche...

Ces approximations tendancieuses, trop appuyées pour ne pas être parfaitement volontaires, se combinent pour amener une planisphère peut-être conforme à l'idée des activistes d'Amnesty ou des journalistes de Reuters sur le monde, mais malheureusement très éloignée des souffrances réelles infligées aux populations de la planète.

Il serait bon que certains militants perdent leurs oeillères et jugent comme il se doit les régimes communistes ou ceux appliquant la Charia, au lieu d'être constamment obnubilés par leur croisade névrosée contre les Etats-Unis d'Amérique. Mais le respect des Droits de l'Homme est-il vraiment leur premier souci?

L'antiaméricanisme de gamins de 11 ans témoigne-t'il de leurs propres "opinions" ou de celles d'adultes endoctrinés (à leur tour!) par l'EN ?

L'antiaméricanisme de gamins de 11 ans témoigne-t'il de leurs propres "opinions" ou de celles d'adultes endoctrinés (dans un premier tour) par l'Éducation Nationale (assurant ainsi — quelle joie ! — la continuité de l'antiaméricanisme (synonyme de l'auto-congratulation française éternelle) pendant génération après génération, ad eternam) ?

"Damn it, you're doing stupid things that could screw up my world!"
THE ANTI-AMERICANS (a hate/love relationship) examines the complicated mixture of envy, pride, admiration, and cultural misunderstanding that characterizes European views. It’s a situation that has led some commentators to say that “Americans are from Mars, Europeans are from Venus.”

This film examines the current status of European attitudes towards America in three very different places: France, the United Kingdom, and Poland. Freely mixing humor with provocative commentary, the program shows how Old World attitudes can be both nuanced and simplistic at the same time – sometimes contradictory, sometimes predictable, but always worthy of our interest.
It may be that people such as Pascal Bruckner, Boris Johnson, and Agnieszka Graff are included in the new documentary in which PBS purports to examine anti-Americanism in a neutral, objective light, but offhand, one is wont to ask if the directors and producers have not wondered about the negative (not to mention preposterous) "opinions" of French 11-year-olds regarding America(ns) and how these may have something to do with the adults in whose trust they are (in school as well as at home, where they live with parents who went through the same schooling system), coupled with no little amount of indoctrination

Dans ce monde dominé par le faux-semblant, la stabilité repose sur un tissu de contradictions subtilement schizophrènes

Bertrand Le Gendre has an article on Nicolas Sarkozy, but the best article on the election related to recent French history is Marc Weitzmann's (almost as good as Thierry Wolton's).
Ce décrochage entre les milieux dits "culturels" ou progressistes (les partisans de "l'ordre juste") et le langage, voire la réflexion historique, mériterait à lui seul une analyse serrée.

Pour essayer de comprendre à la fois cette violence à gauche, et le sentiment de forte cohérence et de nouveauté à droite, peut-être faut-il garder en mémoire les illusions historiques sur lesquelles ont reposé ces termes, droite et gauche, au cours de l'époque qui précède, c'est-à-dire durant la guerre froide.

… La particularité de la France dans ce contexte est d'être la seule à doubler ce travail d'un mythe politique qui la range, malgré la défaite de 1940 et la collaboration, du côté des vainqueurs. Ce mythe est légitimé par les deux partis issus de la Résistance, qui sont aussi les deux principales forces politiques du pays et vont le rester peu ou prou jusqu'à la fin de la guerre froide : d'un côté les gaullistes, de l'autre le Parti communiste.

Deux mouvements révolutionnaires, deux mouvements nationaux reprenant à leurs compte le centralisme d'un Etat fort - deux mouvements antilibéraux, aussi, dont la puissance d'attraction va permettre d'entretenir, malgré la décolonisation, l'illusion de puissance.

A l'intérieur, une droite apaisée accepte grâce à de Gaulle l'idée de République, tandis qu'une gauche communisante sait limiter ses élans révolutionnaires à la fonction publique. … dans ce monde dominé par le faux-semblant, la stabilité repose sur un tissu de contradictions subtilement schizophrènes où se réécrit l'hostilité, sinon la haine traditionnelle du pays vis-à-vis du libéralisme économique.

… La nouveauté de Nicolas Sarkozy n'est-elle pas précisément là ? Le gaullisme a su ramener la droite dans la République, sans pour autant la convertir au libéralisme, alors que le PC maintenait la gauche dans une tradition antilibérale que même François Mitterrand n'est pas parvenu à vaincre. Les douze années que nous a infligées Jacques Chirac sont sans doute l'agonie de cette histoire à droite - agonie dont le point d'orgue aura été l'élection de 2002 - tandis que le PS se prépare à vivre la sienne.

2007/05/14

Expo et dédicace Thibault de Chastenet (BD Jazz)

Suite à l'ouverture de l'expo de Thibault de Chastenet le jeudi 7 juin dans son atelier-galerie (28 rue La Bruyère, 75009 Paris), l'illustrateur/artiste-peintre dédicacera son dernier livre, Johnny Hodges, un album dans la collection BD Jazz avec 2 CDs, à partir de 18h30.

2007/05/08

Ce n'est pas tant la gauche qui a abandonné ses certitudes que la droite qui a réussi à se débarrasser du fardeau historique dont on l'a chargée

À bien y réfléchir, les électeurs de gauche qui déplorent la défaite de leur championne devraient plutôt s'en réjouir.
In the best French commentary I have read on the election, Thierry Wolton says that with Nicolas Sarkozy, the French have ended the demonisation of the French right started under World War II by the communists in alliance with …Charles de Gaulle's gaullists!
L'histoire, c'est connu, est écrite par les vainqueurs. Selon ce principe, la droite française dans son ensemble a été déclarée coupable de collaboration, de pétainisme, par la mémoire dominante de l'époque, modelée en la circonstance par les gaullistes et les communistes qui, pour des raisons différentes, ont cherché à faire porter la responsabilité de ce qui s'était passé sur cette seule famille politique. La raison en est simple, au sortir de la guerre, les gaullistes avaient besoin des communistes pour asseoir leur légitimité politique quand le PCF voulait incarner le parti de la résistance pour mieux faire oublier sa collaboration à l'ombre du pacte germano-soviétique des années 1939-1941.

L'entente tacite gaullo-communiste qui est née de cette convergence d'intérêt a donné le ton à l'histoire, imprégnant notre conscience collective jusqu'à faire intégrer à la droite, en son for intérieur, sa responsabilité passée quand son comportement général en ces années noires ne fut pas, au fond, plus coupable que celui de la gauche. Les communistes, puis les socialistes lorsqu'ils s'allièrent au PCF pour accéder au pouvoir, ont instrumentalisé cette mauvaise conscience de la droite. Fasciste, collabo, pétainiste furent pendant plus d'un demi-siècle les pires injures politiques que l'on pouvait proférer, disqualifiant ceux à qui elles s'adressaient. Pour ne pas prêter le flan à cet opprobre, la droite a longtemps mis sous le boisseau ses valeurs. L'itinéraire de Jacques Chirac, son comportement offrent de bons exemples de cette démarche. Et c'est ainsi que la droite finit par avoir peur même de son ombre.

… Avec un président qui s'affirme dans ses valeurs et qui devrait maintenant mener la politique pour laquelle il a été élu, le pays peut trouver l'aplomb qui lui a si longtemps manqué, quand le tempo de la vie démocratique était donné par une gauche sûre d'elle-même et dominatrice, au point d'avoir réussi à enfermer le camp adverse dans ses complexes. À l'occasion de cette élection, ce n'est pas tant la gauche qui a abandonné ses certitudes que la droite qui a réussi à se débarrasser du fardeau historique dont on l'a chargée.

2007/05/05

Plantu a continué sa diabolisation de Sarko jusqu'aux derniers jours de la campagne



…tout en portant Ségolène Royal aux nues (et cela, tous les jours sur la une du Monde, tout naturellement)…

Update: Appealing to the Vote for a Woman crowd, Serguei weighs in (click on 2 above left) with a joyful Ségo looked upon tenderly by a motherly Marianne while a spiteful Sarko sweats with hatred… (Plantu's cartoon has to do with Afghanistan's Taliban putting off their ultimatum about the fate of their French hostage until the end of the voting.)

2007/05/04

"Il faut voter SR pour sauver le PS"

Hemming and hawing in a front page editorial, Le Monde's Jean-Marie Colombani ends up by coming out for Ségolène in order (see last two paragraphs) to …save the Socialist Party! (Since this would allow le PS to reinvent itself…)

Most Le Monde readers have already shown their partisanship, but as one of them says,
Je n'ai jamais rien lu d'aussi révolutionnaire. En appelant à l'élection de Royal pour permettre la réinvention (sic) du PS, JMC prend la France et les français pour le laboratoire de ses délires. Que le PS et ses fossiles se modernisent seuls sans leur présenter la France en offrande. Les jeux de la gente Rive Gauche n'amusent qu'eux même. Organisez vous une garden party à Versailles pour un évènement royal.
Or to quote U2, Folks, you can't make this shit up. It's a French Socialist mindset sputtering away on all cylinders.

2007/05/01

Le Scandale Bidon de la Banque Mondiale

Le Wall Street Journal révèle ce que le reste de la presse ne nous dit pas sur cette prétendue "affaire de népotisme" que le quotidien appelle "un scandale bidon" qui est en vérité un guet-apens contre Paul Wolfowitz.

1) Alors que des accusations de népotisme circulent depuis janvier 2006 (!), ce n'est bizarrement que plus de quinze mois plus tard, quand George W Bush doit rencontrer Barroso et Merkel pendant un sommet dont un des sujets est …la Banque Mondiale, que le (supposé) scandale éclate.

2) En fait, il s'avère que quand il est devenu président de la BM, Paul Wolfowitz a immédiatement averti le conseil de tous les détails de sa relation avec Shaha Riza et essayé de se récuser ; et que tout ce que PW a fait (ou pas fait) sur ce sujet depuis a été sur les conseils voire sur les ordres du comité d'éthiques.

3) Précisément : les mêmes membres du conseil d'administration qui attaquent "Wolfie" aujourd'hui l'avaient assuré au début de sa présidence de ne pas se faire du souci quant à l'affaire Shaha Riza, ce qui suggère que ces membres, hypocrites, avaient l'intention de monter un putsch depuis le début (et n'attendaient que le moment propice). Le WSJ explique que les vraies raisons de ces satrapes ne sont pas les principes immortels ; "leurs résultats sont cotés non par le nombre de gens qu'il aident à sortir de la pauvreté mais par la somme d'argent qu'ils distribuent. M. Wolfowitz a bouleversé ce statut quo en mettant le focus sur les résultats, et surtout sur la corruption qui mine le développement et gâche les aides internationales."

4) Enfin, selon le WSJ, "le véritable scandale de la Banque Mondiale est que les ennemis de M. Wolfowitz se fichent pas mal de l'Afrique. … Leur vraie priorité est de contrôler le portefeuille et les à-côtés de la banque." En effet, "Les pays européens donateurs veulent qu'il donne sa démission, tandis que les Africains qui sont les clients principaux de la BM veulent qu'il reste."

2007/04/30

Métaphore de l'Amérique de Deubeliou?

Brutalité et prolifération sont les maîtres mots de ce film dans lequel des menaces terrifiantes évoquent l'état du monde depuis la chute des tours.
Covering the third Spiderman movie, Isabelle Regnier discovers that the Peter Parker alter ego, the Venom character (created at least a decade before Dubya even became governor of Texas), is a metaphor for George W Bush's America…

Soupir…

(D'autres critiques de films immortellement lucides…)