2010/10/19

Comme on pouvait s'y attendre du journal de référence, un article sur les Tea Parties fort généreux en qualificatifs péjoratifs et en caricatures

L'article de plein page dans Le Monde sur les Tea Parties par Denis Lacorne multiplie les caricatures des Républicains, le mépris des libéraux (toujours des ultras), et les termes péjoratifs pour les Américains qui ne font pas partie des élites de l'Est ("une émeute", "rappel farfelu", "ses incohérences", les "plus extrémistes", "un chacun pour soi généralisé", "sans la moindre considération", "la hantise", "des amateurs", "une néophyte de la politique", "la risée des médias", "de façon hystérique", "des opinions aussi délirantes", "parodie du mouvement des droits civiques", "un discours insipide", "travestir la pensée de Martin Luther King", "partisans de l'ultralibéralisme", "un discours répressif", "cette maladie infantile de l'ultraconservatisme"…)

Pendant ce temps, Corine Lesnes, sa consœur du Monde, en rajoute, multipliant les bordées contre les tea parties, tout en traitant Sharron Angle, rivale républicaine du sénateur démocrate Harry Reid, de… Ma Dalton !

No wonder que les habitants de l'Amérique profonde ont toujours une si mauvaise réputation en Europe…

En plus, en évoquant le danger d'"une complète paralysie législative", Le Monde se fait le chantre du museleage (de l'auto-muselage?) et de la soumission devant le pouvoir.

Être "une néophyte de la politique" ? N'était-ce pas pour cela qu'on a, jadis (en 2008), porté Barack Obama aux nues ?

Et être "la risée des médias" ? À quel point est-ce vraiment une tache noire sur la réputation des politiciens — pardon, des néophytes — en question quand on sait le parti pris des médias, américains comme européens, pour l'État-providence et pour ses champions ?!

Comme le dit un lecteur :
Comme on pouvait s'y attendre du «journal de référence», un article à charge fort généreux en qualificatifs péjoratifs et en caricatures. Il serait intéressant que l'auteur s'interroge sur les causes du succès des Tea Parties (sans se limiter à l'explication standard par la bêtise des Américains qui, c'est bien connu, ne valent pas les fins Européens produits par Sciences Po).
En effet, on serait tenté de croire que les braves champions gauchistes de la démocratie ne souhaitent rien de mieux pour les USA qu'une démocrature (entre démocratie et dictature).

Ailleurs, Sylvain Cypel énonce bien quelques demandes des Républicains…
L'Etat de New York n'est pas seulement très endetté, il est dit "ingérable". La faute aux "intérêts spéciaux", un terme qui désigne aussi bien les multiples lobbies actifs dans sa capitale, Albany, que les syndicats. L'opposition dénonce une fonction publique "pléthorique et intouchable", un "gouffre budgétaire". Albany serait "corrompue", et son impéritie insondable, clame-t-elle, ce que même le candidat démocrate est amené à juger partiellement fondé. … [Le candidat républicain] promet d'y mettre bon ordre. Elu, il décrétera "l'état d'urgence financière", "abolira l'Etat-providence", réduira les dépenses publiques de 10 % à 20 %, licenciera les personnes "inutiles", baissera massivement tous les impôts, mettra les syndicats au pas et un terme à la gabegie des aides sociales, pourchassera les clandestins...
…mais cet article du Monde vient dans le contexte de Crazy Carl — "Carl le dingue" Paladino qui commettrait gaffe sur gaffe ainsi que "ses bourdes coutumières"

2010/10/15

Facile de condamner les autres pour leur peine de mort et leurs actes pendant la guerre lorsque les vôtres sont ignorés pendant plus d'un demi-siècle

Deux choses que les Français sont toujours friands de faire est de reprocher aux Américains — voire, les condamner pour, que dis-je, les diaboliser pour — leur peine de mort et leur comportement pendant une guerre (ainsi que leur racisme et leurs violations des droits de l'homme). Il est vrai qu'il est plus facile de donner des leçons à tout le monde (et surtout aux Ricains) lorsque ses propres manquements sont ignorés (de façon délibérée ou autre), ou alors lorsque ses manquements ne viennent au jour que seulement beaucoup d'années après, par exemple le temps d'un… demi-siècle !

Ainsi, par exemple, François Mitterrand, grand héros de la gauche, a pu terminer presque deux septennats comme président de la République (rien de moins) avant que les journalistes français et que les historiens français apprennent (et cela, seulement grâce à la connivence de l'intéressé) qu'il avait travaillé dans le gouvernement de Vichy. Et voilà que, 15 ans (seulement!) après son départ du pouvoir, on apprend que celui qui avait mis fin à la peine de mort avait fait librement usage de la guillotine lorsqu'il était ministre pendant la Guerre d'Algérie.
Les condamnations à la peine capitale pleuvent. La guillotine, jamais utilisée contre un nationaliste depuis le début des "événements", fait son office à Paris comme à Alger. Les têtes des fellaghas tombent à une cadence oubliée depuis l'Occupation allemande : jusqu'à cinq certains jours.
Ainsi écrit Jean-Pierre Tuquoi dans Le Monde, en évoquant le livre de François Malye et de Benjamin Stora. Au printemps 1956,
François Mitterrand signe les décrets des "pouvoirs spéciaux". Désormais, les tribunaux militaires prennent le pas sur les juridictions civiles. La loi autorise la "traduction directe devant le tribunal militaire permanent des forces armées, sans instruction préalable, des personnes prises en flagrant délit de participation à une action contre les personnes ou les biens, même si ces infractions sont susceptibles d'entraîner la peine capitale". Ce faisant, rappellent les auteurs, François Mitterrand approuve une mesure que son prédécesseur, Robert Schuman, avait refusée car il y voyait une "négation du droit de la défense".

A juridiction d'exception, verdict d'exception. Les condamnations à la peine capitale pleuvent. La guillotine, jamais utilisée contre un nationaliste depuis le début des "événements", fait son office à Paris comme à Alger. Les têtes des fellaghas tombent à une cadence oubliée depuis l'Occupation allemande : jusqu'à cinq certains jours. Sans résultat probant sur le plan sécuritaire : loin de réduire la violence, la "Veuve" la nourrit.

Avant chaque exécution le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), dont la vice-présidence est assurée par le garde des sceaux, se réunit pour conseiller le président de la République sur les recours en grâce des condamnés à mort. Pendant des décennies, on a ignoré dans quel sens s'était prononcé François Mitterrand au cours des seize mois où il fut ministre de la justice. Ses biographes assuraient que la peine de mort lui répugnait, et qu'il avait sauvé des têtes.

L'examen du registre des grâces (partiellement ouvert depuis 2001) contredit cette image : "Sur les quarante-cinq dossiers d'exécutés lors de son passage Place Vendôme, François Mitterrand ne donne que huit avis favorables (cinq autres avis sont manquants). On peut le dire autrement : dans 80 % des cas connus, il a voté la mort."

…François Mitterrand n'a jamais livré la clé de son attitude. Revenir sur cette tranche de vie le gênait. Dans ses livres, ses discours, ses interventions, il la passe sous silence. "Il en avait honte", assure son premier biographe, Franz-Olivier Giesbert. "Ça l'exaspérait, et il passait très vite à autre sujet", confie au Monde un ancien ministre du gouvernement d'union de la gauche, sous couvert d'anonymat.

Gisèle Halimi ne dit pas autre chose. Avocate, elle a pris la défense de militants du Front de libération nationale (FLN) ; femme de gauche, elle a introduit le futur président de la République auprès de certains de ses amis artistes. "Je me souviens d'un dîner chez moi. Durant sa campagne (celle de 1981), je réunissais souvent des gens du spectacle (...). On était tous en train de parler de l'horreur des exécutions capitales. Il a d'abord été silencieux. J'ai voulu évoquer la période algérienne, et là, immédiatement, il a changé de sujet." Personne ne reviendra sur ce sujet.

Pas même les partis politiques, tant et si bien que les "années algériennes" de François Mitterrand n'ont pas nui à sa carrière. Alors que son bref compagnonnage avec Vichy a suscité livres et commentaires à foison, les quelque cinq cents jours où il fut ministre de la justice n'ont pas été instrumentalisés par ses adversaires politiques, de droite comme de gauche.

Qui aurait eu intérêt à le faire ?

…La singularité est que ce même François Mitterrand est aussi celui qui a aboli la peine de mort en France, contre le souhait d'une majorité de l'opinion publique.

Selon un lecteur :
Soulevez le vernis angélique de la Gauche, ne vous laissez pas berner par ses déclarations humanistes mais observez ses acteurs : vous y découvrirez des êtres (hommes et femmes) avides de pouvoir, prêts à toutes les compromissions pour l'obtenir. Sur cet aspect, je préfère la Droite, qui assume ses choix. Moins faux-culs, en quelque sorte !

2010/10/14

La France condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa procédure de garde à vue

Le pays qui n'aime rien de mieux que de donner des leçons des droits de l'homme aux Américains débiles a été condamné, jeudi 14 octobre, par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa procédure de garde à vue.
Les juges estiment que les gardés à vue doivent pouvoir bénéficier d'un avocat dès le début de la procédure et durant tous les interrogatoires et insistent pour que soit respecté le droit d'un mis en cause à garder le silence.
Les « dix commandements » du gardé à vue
oici les « bons réflexes » dispensés par le cabinet d'avocat :
Ne répondre « qu'à la question posée » ;
ne pas « sonoriser les silences »
(comprendre ne pas tenter de les meubler) ;
avoir « le droit de ne pas savoir ;
avoir « celui de ne pas se souvenir » ;
se « faire reformuler les questions si nécessaire » ;
« ne pas se laisser impressionner par ses interlocuteurs » ;
« livrer des faits, pas d'interprétations » ;
« se méfier du «off» » ;
ne signer son procès-verbal que si l'on est « d'accord sur tout » ;
exiger « des temps de repos » ;
« user de son droit de voir médecin et avocat ».

2010/10/13

Protesting against a raise in the retirement age to 62?! Grow up!

Beaucoup d'Américains ne semblent pas impressionnés par les révendications des protestataires…
PARIS: Sarkozy stands firm as pension protests escalate. “More than 3 million demonstrators – one in 20 of all French people – marched yesterday against the President’s plans to raise the standard retirement age from 60 to 62. Tens of thousands of students joined the marches for the first time, threatening to radicalise the protests and broaden them into a rebellion against a deeply unpopular presidency.”

Miserable parasites — protesting against a raise in the retirement age to 62? Grow up.

2010/10/12

Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté

En français … j'ai toujours peur de me tromper.
Dans un entretien avec Eric Fottorino, Umberto Eco aide à expliquer pourquoi le français n'est plus la langue universelle…

Avez-vous déjà eu la tentation d'écrire dans une autre langue que la vôtre ?

Oui, il m'est arrivé d'écrire beaucoup d'essais en anglais. Directement en anglais.

Cela suppose de très bien manier la langue anglaise, et pas seulement de la parler...

Je parle mieux le français que l'anglais. Mais je préfère écrire en anglais qu'en français. Car en français, il y a des problèmes d'accents et d'orthographe qui sont terribles. Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté. Tandis que quand vous écrivez un mauvais anglais, tout le monde vous accepte.

C'est formidable, pour une maison d'édition anglophone, d'avoir un auteur qui écrit directement son livre en anglais !

Cela se fait de plus en plus. Tous les scientifiques écrivent en anglais. En français, je suis capable de préparer un texte pour une conférence, mais j'ai toujours peur de me tromper. En français, il y a onze façons d'écrire le son "o". C'est en France qu'il y a le plus grand taux de dyslexie. En allemand ou en italien, un son s'écrit exactement comme on le dit, et cela aide beaucoup. En anglais, on le dit et on l'écrit toujours d'une façon différente. En français, il y a des règles, mais elles sont trop compliquées.

2010/10/11

Haines d'Alsace

Le directeur du cinéma Odyssée, une figure de la vie intellectuelle strasbourgeoise, français d'origine turque, est l'avant-dernière victime de la série d'actes xénophobes, racistes, antisémites ou islamophobes qui secouent l'Alsace depuis le début de l'année
écrit Béatrice Gurrey dans Le Monde — une quinzaine d'actes de ce type au total — en rapportant ce qui se passe dans l'arrière-cour des Français pendant que ces êtres extra-lucides dénoncent le racisme supposé de ces abrutis d'habitants de l'Amérique profonde.
Sur la porte de la maison familiale [de Faruk Günaltay — deux voitures presque carbonisées], des croix gammées et les chiffres 14 et 88 avaient été tracés, références aux 14 mots d'un slogan raciste et au salut nazi "Heil Hitler", le H étant la huitième lettre de l'alphabet. … Le domicile de [Israël Nisand,] conseiller municipal de Strasbourg, dans la majorité du maire socialiste Roland Ries, a été tagué de trois croix gammées, des initiales SS et de la phrase "Mort à Zog", (Zionist organization government, le sigle antisémite utilisé par l'extrême droite).
Il y a aussi le clip
posté sur Internet dans lequel un homme brûle une page du Coran puis urine sur les cendres "au nom de la liberté".
Béatrice Gurrey nous rapporte les réactions des locaux :
"Ces actes sont un véritable traumatisme pour les Alsaciens et sont de nature à atteindre le "vivre ensemble". Leur violence, leur lâcheté, leur gratuité provoquent un sentiment de consternation et de dégoût."
For some reason, French cartoonist Martin Vidberg manages to implicate John McCain ("McCain fries"?!?!) in the Koran burning! (Then again, the Arizona senator is emblematic of American conservatives…)

Un lecteur réagit (à la nouvelle du clip) :
"brûler le Coran" ? "un acte barbare" ? Non, mais on aura tout vu ! Un acte barbare, c'est se faire sauter au milieu d'un marché, c'est vitrioler une gamine qui va à l'école, brûler une fille qui vous dit non, c'est lapider une femme pour avoir disposé de son corps comme elle l'entend et j'en passe. N'inversons pas les rôles ! C'est un bouquin. Point barre.
Tandis que deux autres font valoir les deux poids deux mesures :
On croit rêver ... qui s'indigne quand les Chrétiens se font massacrer au Nigeria, en Irak, en Palestine .... PERSONNE !!! et surtout nos chers compatriotes musulmans. De +, il faut que tout le monde lise le Coran pour voir a quel point les positions sur la laïcité, les femmes, les chrétiens, les apostats sont très claires (et complètement contraire a nos lois).

[Brûler le Coran est un] Acte stupide certes,mais effecivement comme le soulignent nombre de lecteurs pas UN [seul] représentant du culte musulman en France ne condamne les massacres de chrétiens en terre d'Islam: Turquie (Mgr Padovese en juin dernier pour ne citer que ce dernier cas),Nigéria,Moyen-Orient,Indonésie...et ce au nom d'une supériorité qui fait que les autres croyants sont considérés comme des infidèles au mieux comme des dhimmis!Qu'ils balaient devant leur porte! On n'est plus au Moyen-Age,eux si!

2010/09/27

Le communisme n'a tué que 100 millions de personnes ; Il faut lui donner une autre chance !

Following Guy Sorman's common-sense decision to refer to Phnom Penh as The Nuremburg of Communism because of the Cambodian capital's Khmer Rouge trials, Le Monde gets inundated with reactions from intellectuals and readers saying that Karl Marx and his theories should not be rejected — how dare he?! — because of "mistakes" by communist régimes…

Or, as the Protest Warrior T-shirt proclaims:
Communism has only killed 100 million people;
let's give it another chance!

2010/09/26

S'attaquer à l'hécatombe du communisme dans Le Monde fait sortir les Marxistes de tout poil

Suite à la décision, emplie de bon sens, de Guy Sorman, de faire référence dans Le Monde au procès des Khmers rouges à Phnom Penh en tant que le Nuremberg du communisme, multiples sont les marxistes auto-proclamés à réagir, d'Yvon Quiniou à Jean-Pierre Bizet en passant par Pierre Bance.

Récuser Marx au nom des régimes communistes relève de l'amalgame ou de l'incompréhension, fait Yvon Quiniou, en insultant allègrement Guy Sorman, tandis que Pierre Bance répond et Jean-Pierre Bizet en rajoute.

Ce n'était pas la première fois que Guy Sorman était ainsi attaqué. Deux mois auparavant, son article, J'accuse le régime chinois, avait donné lieu à une réponse d'un Chinois, Jin Chunlei, intitulé (on a du mal à y croire) Si, la Chine est une démocratie.

Comme le dit le T-shirt des Protest Warriors,
Le communisme n'a tué que 100 millions de personnes ; il faut lui donner une autre chance !

2010/09/23

Il sera très facile d'avoir la paix avec, mettons, la Russie et l'Islam : il suffit simplement d'ignorer les provocations et les actes d'aggression

Deux ans après la guerre éclair entre la Russie et la Géorgie, le paysage a changé dans l'espace postsoviétique. La remise à plat décidée par Barack Obama a produit son effet. Outre la question des voies de transit vers l'Afghanistan, Washington a privilégié deux dossiers, sur lesquels Moscou s'est montré coopératif : la réduction des arsenaux nucléaires et l'Iran. Les pays européens, autrefois déchirés entre droits de l'homme et intérêts économiques, ont aussi basculé dans le réalisme. Même l'extension jusqu'à 2042 du bail de la flotte russe dans le port ukrainien de Sébastopol est passée, en avril, comme une lettre à la poste.
L'analyse de Piotr Smolar dans Le Monde est une longue liste de si nous fermons les yeux, si nous nous bouchons les oreilles, si on se tait, alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes
Aujourd'hui, une unanimité diplomatique se dessine : les rapports avec la Russie ne doivent plus se développer dans la méfiance mutuelle. La vente possible d'un navire de guerre à Moscou par un pays de l'OTAN - en l'occurrence la France, avec le Mistral - aurait été inimaginable dans un passé récent. Plus d'états d'âme : dans les chancelleries occidentales, on parle économie et sécurité.
"Plus d'états d'âme" ; "basculé dans le réalisme" ; " inimaginable dans un passé récent" ; "victoire du pragmatisme". Il ne reste qu'à se demander jusqu'où peut se baisser le défaitisme occidental (notons que les ennemis de la détente viennent — comme d'habitude — des USA, vu que les horribles Républicains méfiants pourraient miner la nouvelle atmosphère de paix puisque "aux Etats-Unis, le nouveau traité Start pourrait faire l'objet d'une offensive républicaine cet automne" et s'il "n'était pas ratifié, Barack Obama subirait [ciel !] un grave revers"), surtout suite au scandale du livre de Bob Woodward aux Etats-Unis par rapport à un autre ennemi de l'Occident. (Pardon, c'est vrai, toute the leftist narrative repose sur le fait — n'ayons "plus d'états d'âme" et basculons "dans le réalisme" afin de jouir de la "victoire du pragmatisme" — qu'en fait, l'Occident n'a pas d'ennemis. Il suffit d'un peu de compréhension et de bonne volonté — une volonté de s'incliner — de temps en temps, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…) On apprenait dans Obama's Wars que Barack Obama, alias the Apologizer-in-Chief, avait dit que
We can absorb a terrorist attack. We’ll do everything we can to prevent it, but even a 9/11, even the biggest attack ever . . . we absorbed it and we are stronger.
En d'autres mots, essayons de basculer dans le réalisme et de ne pas réagir trop fortement et d'ignorer l'acte de terrorisme occasionnel, et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cela vient de celui qui a juré de défendre le peuple américain (ainsi que la Constitution). Comme on peut le lire dans The Blaze,
Ace of Spades blogger “Ace” believes that the comment represents an underlying leftist belief that “we’re just going to have to be mature about mass murder.” … He adds:

But the left is pushing this idea that we can safely “absorb” many new 9/11′s with an eye towards getting us to “accept” the greater bargain they fatuously offer — peace, and a general wind-down of post-9/11 security “overreactions” like the FBI tracking Muslims suspected of terrorist ties. If only we didn’t overreact to the occasional mass-murder, we could go about our business without war, without increased security measures, without “Islamophobia,” without the rest of it.

As Enderlin Publishes His Book on the Mohamed Al Dura Affair, Le Monde Praises His Integrity While Demonizing His "Hateful" Critics

Il est des livres que l'on écrit pour se défendre contre la diffamation, tenter de rétablir sa vérité et laver son honneur. Tel est l'objet d'Un enfant est mort. C'est peu dire que Charles Enderlin, correspondant permanent de France 2 à Jérusalem depuis 1981, a été meurtri par la campagne de dénigrement qui le poursuit depuis dix ans à propos de l'affaire du petit Mohammed Al-Dura.
In his Le Monde review of Charles Enderlin's Un enfant est mort (A Child Is Dead), Laurent Zecchini serves out the same ol' defense of the Mohamed Al Dura affair based on praise for Charles Enderlin (as a poor martyred victim, trying innocently to carry out his journalists' job in good faith) coupled with demonization of his critics (as shameless, treacherous, envious, and virulent members of the "powerful pro-Israeli lobby")…

Among the people of unimaginable bad faith in "the heart of France's Jewish community", engaged in concocting a diabolical plot and creating a "hateful, insulting, sometimes threatening" campaign "of calumnies" against "a journalist" ("whose professional reputation is undeniable" but who has "been bruised by the denigration campaign which has been following him for ten years") are a filthily rich Jewish lawyer and other unsavory characters from France's "powerful pro-Israeli lobby". The review ends by praising the book as symbolic of the Israeli-Palestinian conflict, in that "it illustrates the intensity of the hatreds which the latter feeds on."
…un puissant lobby pro-israélien s'est mis en branle, visant à délégitimer le journaliste (il n'était pas présent sur les lieux du tournage), et instrumentaliser une théorie du complot : le film serait un "montage", une "mise en scène", une "manipulation" et une "imposture".

La campagne contre Charles Enderlin, en Israël et au sein de la communauté juive de France, va devenir haineuse, insultante, parfois menaçante. … La mécanique de la diffamation est en marche, elle ne s'arrêtera plus. Elle dispose d'avocats déterminés et influents. A sa tête, Philippe Karsenty, pour qui l'affaire Al-Dura est devenue, depuis dix ans, un véritable fonds de commerce. …

Le livre de Charles Enderlin n'est pas un règlement de comptes, mais une démonstration : il décrit minutieusement, faits et citations à l'appui, la trame et la progression d'une campagne de calomnies. Si Un enfant est mort est d'abord le récit de l'acharnement contre un journaliste, c'est aussi un livre sur le conflit israélo-palestinien, en ce sens qu'il illustre l'intensité des haines dont celui-ci se nourrit.

"Vous avez dit acharnement?" demande JC Durbant, incrédule :
Démasquage par la TV publique allemande, perte de ses procès en diffamation, condamnation de Canal plus, interview-fleuve de Karsenty dans Médias, limogeage de Chabot, deconstruction minutieuse de Taguieff …

A l’heure ou 10 ans tout juste après la tristement fameuse imposture de la pretendue mort en direct du petit Mohammed qui lancait la 2e infifada et contribuait largement à mettre a feu et à sang le Moyen-Orient et une bonne partie du monde …

Le Quotidien de révérence, qui ne rechigne pas lui meme à l’occasion à recourir au bidonnage d’infos, ressort l’artillerie lourde (« opinion arabe et musulmane », « assassiné un enfant », « puissant lobby pro-israélien », « théorie du complot », « mécanique de la diffamation », « acharnement ») …

Pour lancer l’apparemment ultime baroud d’honneur (« Un enfant est mort », Charles Enderlin) censé « rétablir la vérité et laver l’honneur » du tristement fameux faussaire et jusqu’ici indéboulonnable correspondant permanent de France 2 à Jérusalem (bientôt 30 ans au compteur !) …

2010/09/17

Un quart des habitants de Bruxelles, capitale de l'UE où se côtoient très riches et très pauvres, vivent sous le seuil de pauvreté

Capitale internationale, belge et (officiellement) flamande, [Bruxelles] génère près de 25 % du produit intérieur brut du pays mais un quart de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
According the information in the Jean-Pierre Stroobants article in Le Monde, the capital of the European Union, i.e., the capital of those hundreds of millions of people who are constantly giving Americans lessons in social norms and in generosity and in redistributing riches — and that Americans such as, say, Barack Obama constantly eulogize and desperately want to emulate — has a poverty level that covers fully one quarter (!) of its inhabitants. And that ain't all: the unemployment rate in Brussels is the highest in Belgium, which the French daily calls the "city where the very wealthy and the very poor live side by side."
Et puis, le chômage y est le plus élevé du pays (20 %, et même 35 % chez les moins de 25 ans). Enfin, des études évoquent le risque d'une explosion sociale, liée à la "balkanisation" de cette ville où se côtoient très riches et très pauvres.

2010/09/16

Malgré — ou à cause de — la présence de Barack Obama à la Maison Blanche, Le Monde taxe l'Américain moyen de raciste

Dans sa critique du livre de Nicole Bacharan, Les noirs américains : Des champs de coton à la Maison Blanche, Alain Frachon fait plusieurs remarques pertinentes dans Le Monde. Malheureusement, il (res)sort beaucoup de contes de fées gauchistes et, en bon gauchiste qui se respecte, il se voit — évidemment — obligé de taxer l'Américain moyen de raciste.
…de façon subliminale ou beaucoup moins parfois, les animateurs des Tea Parties questionnent "l'américanité" d'Obama. Ils le font pour une seule raison : il est noir.
Ah oui ?! Qu'en sait-il ?! Leur a-t'il demandé ce qu'ils pensent ? À ne fut-ce que l'un d'entre eux ? Est-il allé dans leur(s) cerveau(x) ? Dans leur(s) âme(s) ? N'y en a-t'il pas un — pas un seul — qui ait un argument objectif pour souligner ses opinions ?

La vraie raison qu'Alain Frachon "sait" cela (que l'Américain moyen est raciste), n'est-elle pas en fait que les gauchistes comme lui, comme la moyenne des Européens oh éminemment lucides sont — évidemment — bien plus supérieurs aux abrutis de l'Amérique profonde ?…

Entretemps, succès des Tea Partiers oblige, on sent que son collègue au Monde, Corine Lesnes, cherche à s'éloigner tant soit peu de "the narrative" ultranégative des membres des Tea Parties (surtout avec autant de minorités dans les rangs républicains), en mettant le focus sur le côté victoire pour la gente féminine…
Le Tea Party est-il porté par les femmes ? On aurait pu le croire, mardi 14 septembre, en voyant la nouvelle sensation du paysage politique américain : Christine O'Donnell, 41 ans, inconnue il y a quelques semaines et "tombeuse" d'un notable républicain dans les primaires pour le siège de sénateur de l'Etat du Delaware. … Comme Sarah Palin, elle a rendu hommage à Hillary Clinton, la pionnière "dans un monde d'hommes".

Selon un sondage de l'université Quinnipiac, publié en mars, la moitié environ des militants des Tea Parties sont des femmes. Les analystes pensent que la forme du mouvement, très décentralisé, communautaire, favorise leur émergence, au contraire d'une structure fortement hiérarchisée comme le Parti républicain. "C'est l'année des femmes conservatrices", s'est félicitée Marjorie Dannenfelser, la présidente de Team Sarah, l'un des clubs proches de l'ex-gouverneur de l'Alaska. Parmi celles-ci : Sharron Angle, victorieuse des primaires dans le Nevada, Carly Fiorina et Meg Whitman en Californie, Nikki Haley, en Caroline du Sud...

Erick Ericson, le fondateur de Redstate.com, l'un des sites ayant accompagné la montée des Tea Parties, s'est lui aussi réjoui que, dans un parti qui "choisissait toujours les vieux candidats blancs", la base en ait, cette année, décidé autrement, au nom du changement. Outre les femmes, les militants ont désigné le jeune Américain d'origine cubaine Marco Rubio pour les sénatoriales en Floride, et les deux anciens militaires noirs Charles Collar dans le Maryland et West Allen en Floride.

2010/09/15

Le moindre litige se règle au gros calibre — kalachnikov, Scorpio, Uzi, pistolet automatique — et finit au cimetière

Pendant que les policiers français — n'ayons pas peur d'utiliser les seuls mots qui conviennent — emm*rdent les citoyens honnêtes avec des contraventions sans fin et la garde à vue arbitraire, ailleurs la violence explose, écrit Yves Bordenave dans Le Monde.

For a nation — and a continent — used to give Americans lessons 1) on the follies of possessing firearms, 2) on the (related) benefits of trusting the police, and 3) on the (resulting) peace that will follow for society, France has displayed an impressive, and a macabre, collection of bullet-ridden bodies this summer…
Dans [la ville de Marseille] où le milieu "avec un grand M" conserve des positions importantes dans le monde des jeux et des établissements nocturnes, le grand banditisme est aujourd'hui dépassé par ce que Roland Gauze, le directeur interrégional de la police judiciaire de Marseille, appelle "le banditisme des cités". Les parrains corso-marseillais, qui ont longtemps fait régner leur ordre implacable sur le monde du crime, voient la montée en puissance de ces nouveaux adeptes de la gâchette sans foi ni loi.

Leur fond de commerce est le trafic de stupéfiants, essentiellement le cannabis dont la vente fait florès dans les quartiers nord de la ville. Ces territoires sont autant de marchés que se disputent de jeunes truands, organisés sur le modèle des gangs.

…Le chiffre d'affaires quotidien peut dépasser les 10 000 euros pour un seul point de vente ; une activité qui rapporte gros et ne souffre pas la concurrence. Les équipes, composées d'une quinzaine d'individus, s'approprient un territoire (en général autour de leur domicile) qu'ils contrôlent arme au poing. Aucune intrusion n'y est tolérée. Le moindre litige se règle au gros calibre — kalachnikov, Scorpio, Uzi, pistolet automatique — et finit au cimetière. "Il n'y a pas de mise à l'amende, pas de peine intermédiaire. On tire sans préavis, comme dans les séries télé", explique M. Gauze.

The model of the drug trafficking groups, or gangs, adds Yves Bordenave, is usually organized among family members or among friends

L'analyse des données détaillées montre une diminution significative des infractions les moins graves, portant sur les biens, notamment les vols de véhicules (-36,6%) ou les dégradations et incendies de voiture (-27,7%), et une augmentation importante des atteintes aux personnes, notamment des violences
ajoute Luc Bronner dans son rapport du Monde qui constate "une augmentation des "crimes et délits contre les personnes" de 42,4 % en huit ans."
Le nombre de dépôts de plainte pour "coups et blessures" a augmenté de 53%. Les violences contre les personnes dépositaires de l'autorité, notamment les policiers, ont crû de 30%. Les vols avec violence ont augmenté de 15% sur cette période.
On ne s'étonnera donc pas que les armes, destinés à des cités sensibles d'Ile-de-France, forment un trafic très rentable, avec pour clients des bandes spécialisées dans le grand banditisme, selon Piotr Smolar in Le Monde.
Les policiers de l'office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) interviennent au moment où les sacs sont chargés à bord du véhicule volé de Necho, pourvu d'une fausse plaque d'immatriculation. Ils y découvrent huit pistolets-mitrailleurs Ingram de calibre 9 mm, avec chacun un silencieux, ainsi que des munitions.

2010/09/10

Les policiers "deviennent des machines à faire de la contravention ou de la garde à vue ; Ils se coupent peu à peu des citoyens"

Comme nombre de citoyens ordinaires, Philippe Vénère dénonce les dérives de la garde à vue dont le nombre a explosé ces dernières années
écrit Benoît Hopquin dans Le Monde.
Venant d'un ancien du 36, quai des Orfèvres, d'un commissaire divisionnaire à la retraite, la critique n'en a que plus de sel. "Il y a excès dans l'usage, systématisation d'une procédure qui ne doit, en principe, être mise en oeuvre que lorsque l'exigent les nécessités de l'enquête. Je n'appelle pas cela faire de la police", balance-t-il. A 66 ans, l'homme peut se targuer, à bon droit, d'une expertise : en trente-sept ans de maison, il estime avoir lui-même procédé à 40 000 gardes à vue.

"Je sais que je ne vais pas me faire que des amis dans l'institution avec ce bouquin, assure Philippe Vénère. Mais je sais aussi que des collègues encore en activité m'approuvent. En tout cas, il sera difficile de me contredire, car c'est un vécu de l'intérieur." Ce fils d'Italien, né à Paris, s'exprimant avec la gouaille et l'accent du titi, a débuté comme simple gardien de la paix en 1965 pour terminer sa carrière en haut de la hiérarchie à l'orée des années 2000. Il a collectionné dans l'intervalle une dizaine de blessures et presque autant de médailles. Il continue aujourd'hui de dispenser des cours de droit à l'université Paris-VIII (Saint-Denis).

Et il y a donc ces 40 000 gardes à vue, ces tête-à-tête serrés au-dessus de la machine à écrire, ces "d'homme-à-homme". De quoi se forger une opinion tranchée sur la question. "Je n'ai jamais pensé que c'était une procédure banale. Je n'ai jamais cru que c'était une commodité. Avec l'expérience, j'ai appris à quel point la garde à vue pouvait causer des dégâts désastreux." Et de citer sans fard ses propres erreurs et les douleurs qu'elles ont pu générer.

…Au fil des exemples, il recense deux travers à ses yeux intolérables. D'abord, les gardes à vue qu'il appelle "de confort" : "Un fonctionnaire interpelle une personne juste avant la fin de son service et, plutôt que d'empiéter sur son repos pour l'interroger, laisse l'individu mariner toute la nuit, jusqu'à son retour le lendemain." Ensuite, la garde à vue "de sanction" ou de "susceptibilité" : "Parce qu'un individu a contesté, s'est un tant soit peu rebiffé, on le colle en garde à vue pour outrage."

Pour Philippe Vénère, la réputation des policiers ne peut que souffrir de cette forme de déshumanisation. "Aux yeux de l'opinion publique, ils deviennent des machines à faire de la contravention ou de la garde à vue. Ils se coupent peu à peu des citoyens. Lorsque j'étais simple gardien de la paix, nous devions saluer au préalable la personne qui nous demandait le chemin dans la rue, sous peine d'un jour de mise à pied. Aujourd'hui, à l'université, j'ai des étudiants d'origine immigrée qui me disent être contrôlés trois fois dans la journée par le même agent qui les tutoie. Je crois qu'il faut une certaine discipline dans la police, un respect des règles, si nous voulons être nous-mêmes respectés des citoyens."

2010/08/20

Les juges, "aveuglés par l'idéologie bobo" : Deux poids deux mesures ?

S'il faut en croire Riposte Laïque,
Les Républicains, épris de justice, sont profondément indignés du maintien en prison d'un vieil homme de 73 ans, René Galinier, quand des voyous qui agressent délibérément des policiers, aux Tarterets, sortent libres du tribunal. C'en est assez de ces juges, aveuglés par l'idéologie bobo, qui pratiquent, depuis des années, l’inversion des valeurs entre vrais délinquants et simples citoyens, donnant l'impression d'un insupportable système de «deux poids deux mesures ».

… Nous pourrions multiplier les exemples de décisions étranges prises par des magistrats totalement déconnectés de nos concitoyens, et qui semblent tellement les mépriser qu’on se demande si la justice est encore rendue « au nom du peuple français » dans notre pays. Ce peuple n’intervient d’ailleurs plus que dans les jurys d’assise, et il est justement question de les supprimer, afin que la nomenklatura judiciaire puisse agir encore à sa guise et selon son bon vouloir.

L’affaire d’Outreau n’a servi à rien, sinon à prouver que les magistrats ont soutenu leur collègue, le juge Fabrice Burgaud, malgré la souffrance des victimes de cette erreur judiciaire gravissime qui a brisé des vies et causé deux morts. Burgaud n’a écopé que d’une « réprimande avec inscription au dossier » ! Depuis cette lamentable affaire, et malgré les promesses présidentielles de Nicolas Sarkozy, les juges et les procureurs ne sont toujours guère « jugeables » et punissables au pénal et au civil pour leurs fautes.

[Les autorités] veulent sans doute que les Français ne fassent pas justice eux-mêmes. Ils ont raison… mais à la seule condition que la justice fasse bonne justice elle-même ! En incarcérant et condamnant par avance René Galinier, ne donnent-ils pas à nos concitoyens un bon argument pour se méfier davantage de l’institution qu’ils représentent, et par conséquent pour multiplier les actes d’autodéfense ? Et ne sont-ils pas les premiers responsables du « trouble à l’ordre public » dans l’affaire du papy de Nissan-lez-Enserune ?

2010/07/16

Les Médiateurs : Ni des juges, ni des défenseurs, ni des procureurs, mais « Des veilleurs, des balises qui signalent comment les vents se présentent »

Dans l'article principal (et de couverture) du quotidien Le Monde Télévision, sur les médiateurs (Médiateurs Mal-Aimés), Jean-Baptiste de Montvalon écrit que :
Il est symptomatique que les médiateurs se définissent d'abord par ce qu'ils ne sont pas. « Il ne faut pas se prendre pour un procureur », explique la médiatrice de France 3, -Marie-Laure Augry. « Je ne suis pas un juge. Ni un défenseur de la télévision, ni un procureur », ajoute Alain Le Garrec, médiateur des programmes à France Télévisions. Alors quoi ? « Des veilleurs, des balises qui signalent comment les vents se présentent », avance Marie-Laure Augry.

Ces phares sont généralement érigés après la tempête : comme le rappelle le sociologue Jean-Marie Charon dans l'entretien qu'il nous a accordé, ce sont des crises de confiance qui ont incité l'Etat à instaurer cette fonction dans l'audiovisuel public. La nomination d'un médiateur est d'abord une réponse au désaveu du public, avant d'être l'anticipation d'éventuels malentendus.

[À TF1,] Jean-Marc Pillas … reconnaît les limites de sa fonction. « Je ne suis pas au-dessus des lois de l'entreprise. Je ne suis pas payé pour mettre en danger l'image de la chaîne », dit-il.
Dans un entretien avec Jean-Baptiste de Montvalon, Jean-Marie Charon ajoute que
Les médiateurs sont exposés à deux risques principaux : se heurter jusqu'à une sorte de point de non-retour avec la hiérarchie de la rédaction ou, à l'inverse, se transformer en porte-parole de leur média, trop proches du marketing. … Il y a … eu des médiateurs trop discrets ou trop soucieux d'expliquer le travail de leurs collègues.
"France 2 a choisi, en 2008, d'interrompre la diffusion de « L'hebdo du médiateur ». Une telle fonction a-t-elle un sens si elle ne dispose pas de visibilité à l'antenne ?"
La disparition du médiateur de l'antenne de France 2 est une véritable régression. En faisant preuve d'une telle frilosité, les directions de l'audiovisuel public vont à contresens de l'histoire des médias, de leurs médias, au moment où sur Internet le public manifeste un vif engouement pour une prise de parole, qu'il s'agisse de commentaires des contenus proposés, de recommandations, de classements, de propositions de contenus.
"Un médiateur qui s'efforce d'assumer sa fonction risque de déranger une direction et d'agacer une rédaction, sans pour autant satisfaire les auditeurs ou les téléspectateurs. Ne s'agit-il pas d'une mission impossible ?"
La presse américaine a dégagé depuis longtemps quelques pistes qui me paraissent toujours valables. Un médiateur ne peut jouer utilement son rôle que dans une durée limitée et définie dès le départ. Il doit être hors hiérarchie rédactionnelle et dépendre directement de la direction du média. Ce doit être un senior, reconnu dans sa compétence, son expérience, sans ambition de carrière. Nombre de journaux américains préféraient appeler quelqu'un d'extérieur, n'ayant pas de passif ou d'amitiés au sein de la rédaction. La question peut se discuter, la plupart des médias français ayant préféré faire appel à l'un des leurs. C'est une mission difficile, mais plus nécessaire que jamais !

2010/06/26

Highly Recommended

I know the liberals call you 'the most dangerous man in America,' but don't worry about it, they used to say the same thing about me. Keep up the good work.
— Ronald Reagan
in a letter to
Rush Limbaugh,
December 11, 1992

2010/06/25

Le Monde's problems make it the textbook example of the evolution of French press over the last years

Within two weeks, the French newspaper Le Monde will run out of cash
write Frédéric Filloux and Jean-Louis Gassée.
By this Monday at noon, candidates to the takeover of the most prestigious French daily will have disclosed their offers. By June 28, the staff will vote and make the final decision for the fate of the 66 years-old paper.

More importantly, the newspaper’s independence will be under severe pressure.

Le Monde is the textbook example of the evolution of French press over the last years …

2010/06/11

Rencontre Sarkozy-Obama : Cordialité ou rivalité

Evelyne Joslain sur Le Ring de LCI avec Stu Haugen, Meredith Gowan Le Goff, et Jean-Philippe Immarigeon, le tout "parrainé" par le présentateur Romain Hussenot.

The Ring (31-03-2010) from Bolt-On.Corp on Vimeo.

2010/06/09

Un papier condamnant Kim Jong-Il entraîne moqueries de la part des lecteurs du Monde

Mettons Kim Jong-il au ban de l'humanité
martèlent Stéphane Courtois, André Glucksmann, Robert Pépin, Pierre Rigoulot, André Senik, et Ilios Yannakakis dans Le Monde, ce qui entraîne tout de suite… moqueries et condamnations par les lecteurs du quotidien (!)
Le dirigeant du pays ne se contente pas d'étouffer les libertés, d'affamer la population en s'entêtant dans un système collectiviste planifié en grande partie responsable d'une famine qui a tué plus d'un million de Nord-Coréens à la fin des années 1990 ; il menace la paix du monde en mettant sur pied un armement nucléaire et en diffusant, notamment en Iran, sa technologie de mort.

Vingt-trois millions de Nord-Coréens survivent, asphyxiés culturellement, soumis à une terreur totalitaire orchestrée par ce tyran liberticide, malfaisant pour son peuple, qui interdit qu'une aide extérieure atteigne directement les victimes et se croit intouchable du fait de la protection de la Chine et du chantage à l'arme nucléaire.
Ce papier, des plus nécessaires, entraîne immédiatement, comme nos l'avons déjà dit… moqueries et condamnations par les lecteurs du Monde, dont le palme doit revenir à Rodolphe Cadoret qui prétend (sur quelle planète vit cet homosexuel déclaré ?!) qu'en Corée du Nord
il n'y a ni agression, ni crime contre l'humanité, ni crime de génocide, ni crime de guerre.
(Gageons que si les condamnés d'un papier dans Le Monde avaient été George W Bush ou Benyamin Netanyahou, sa réaction aurait été complètement différente…)

2010/06/06

"Nous, les démocrates" en Chine, dit Liu Xia, "nous sommes comme les juifs en Allemagne nazie"

Andreï Sakharov, Nelson Mandela, Vaclav Havel, Lech Walesa, voilà les noms avec lesquels, dans les années 1980, il fallut nous familiariser : symboles, acteurs, puis vainqueurs, hors normes, de la résistance à des tyrannies bestiales. De notre Occident, intellectuels et politiques, nous leur avons apporté soutien et confiance : notre solidarité a contribué à la libération de centaines de millions d'êtres sur des continents et dans des civilisations que certains, adeptes du relativisme, jugeaient imperméables à la démocratie. Celle-ci n'était-elle pas qu'occidentale ? Tandis que l'Orient ou le Sud, par on ne sait quelle fatalité, auraient été voués au despotisme, au mieux éclairé.
Ainsi commence, dans Le Monde, l'article de Guy Sorman, J'accuse le régime chinois.

Aujourd'hui, retenons les noms de Wei Jingsheng, Hu Jia et Liu Xiaobo : ils sont, pour la Chine, les nouveaux Havel, Sakharov et Mandela, les héros d'une dignité à venir, celle qui jusqu'à présent est déniée à un milliard de leurs concitoyens chinois, hommes et femmes en quête des mêmes droits que nous : Chinois, mais avant tout nos frères et nos soeurs en humanité.

Ces Chinois ne seraient-ils pas satisfaits de leur sort ? Sous la tutelle bienveillante du Parti communiste chinois (PCC) qui leur a conféré le droit de s'enrichir, à l'exclusion de toute autre aspiration, spirituelle, politique et morale ? La croissance comme destin : ce discours-là, complice de la répression communiste, pétri d'ignorance historique et de sinophilie primitive, est devenu une vulgate en Occident, autant qu'en Chine.

Ce non-droit à la démocratie, assez bon pour des Chinois adeptes de la servitude volontaire, autorise nos sinophiles en quête de visa, nos affairistes en quête de contrats, nos politiciens en quête de flatteries, à se précipiter à Pékin, sans états d'âme, surtout pas d'états d'âme. Les "dissidents" démocrates, Wei Jingsheng, Liu Xiaobo et Hu Jia ne seraient-ils que des égarés ? N'auraient-ils rien compris à la "Grande Renaissance chinoise", pour reprendre la terminologie bétonnée du PC ? Il n'empêche que ce gouvernement chinois, mieux averti que les Occidentaux, n'est pas dupe de sa propre propagande.

… La frugalité est ce qui manque le plus à l'oligarchie communiste, aux dynasties d'apparatchiks qui se partagent le pouvoir et l'argent. Cette nouvelle classe de super-riches exploite (au sens marxiste du terme) le labeur d'un milliard de paysans pauvres : misère économique et dénuement moral d'un peuple souvent privé d'écoles et de toute médecine. Privé de liberté religieuse aussi, sauf lorsqu'elle se cantonne dans des lieux de culte gérés par le PC.

Ne croyons pas un instant que le peuple chinois soit satisfait de son sort ni hypnotisé par la propagande du parti qui claironne un nouvel "âge d'or". Entre Internet et téléphonie cellulaire, les humbles surveillent en continu les exactions des super-riches et des apparatchiks de village.

… Le parti est-il encore communiste ?, se demande-t-on en Occident. Certains invoquent un capitalisme d'Etat, étrange oxymore. Liu Xia, qui vit le régime de l'intérieur, estime, elle, que le fascisme est une référence plus appropriée : parti unique, mépris pour la culture, alliance de l'Etat et du capital. "Nous, les démocrates, dit Liu Xia, nous sommes comme les juifs en Allemagne nazie. On nous extermine dans l'indifférence générale des Occidentaux. Vous vous réveillerez quand nous aurons disparu."

Notons que le tout premier lecteur à réagir à l'article de Guy Sorman illustre parfaitement sa description, dans le premier paragraphe de son article, des "adeptes du relativisme"…

2010/05/18

Un peu de "fair-play" pour les conservateurs américains

En tant que conservateur américain qui a débattu avec Jake Lamar à la télévision française, j'ai été affligé suite à la lecture de son article sur Fox News (La désinformation continue, Le Monde Magazine nº 32 du 24 avril 2010, p 42-45). Si quelqu'un confond commentaire et analyse, comme il en accuse cette chaîne, c'est bien son article qui véhicule les caricatures les plus grotesques concernant la chaîne, les Républicains, les conservateurs, et les habitants de l'Amérique profonde dans leur ensemble.

Et j'estime que la moindre des choses est que tous les sus-mentionnés méritent un droit de réponse.

S'il est vrai que la raison principale de l'opposition à Obama est que des équivalents américains du Front National "ne supportent pas de voir leur pays dirigé par un Afro-Américain de centre gauche", pourquoi soutiennent-ils Obama lorsqu'il annonce par exemple un renforcement des troupes en Afghanistan ? Pourquoi les tea partiers soutiennent-ils alors, en Floride, un Latino (inconnu, à savoir Mario Rubio) plutôt qu'un WASP (célébre, à savoir le gouverneur Charlie Crist), ainsi que le Noir Allen West, étoile montante dont les discours sur YouTube sont prisés dans le pays tout entier ? Pourquoi leurs voisins de la Louisiane ont-ils choisi comme gouverneur un Républicain originaire de l'Inde (Bobby Jindal), à la peau plus foncée qu'Obama ? Si l'opposition à son système de santé n'était pas basé sur autre chose que du racisme, pourquoi les Républicains ont-ils opposé dans les années 1990 la réforme de la santé de Bill Clinton, qui (jusqu'aux dernières nouvelles) était (et est) un homme de race blanche ?

Se pourrait-il que les positions des Américains de droite soient basées (aussi incroyable que cela puisse paraître) sur quelques principes (par exemple, une politique étrangère forte, ainsi que des politiques sociales laissées aux soins des 50 États — principes propres à… la Constitution, document fondateur des USA) — plutôt que sur des supposés manquements psychologiques bas et vils ?

Quelques chiffres et quelques faits : La vérité est qu'aucun Républicain ne peut pas plus attaquer le projet de loi sur le système de santé qu'aucun Démocrate ne peut le défendre ; car cette loi — qui fait 2500 (!) pages et crée plus de 100 (!) nouvelles bureaucraties — a été votée sans que les élus n'aient eu le temps de le lire. Exactement comme le "stimulus" de 2009, qui coûte la bagatelle de 787 milliards de dollars et qui fut voté sans le moindre débat, malgré les promesses d'Obama de transparence et d'une nouvelle ère de "bipartisanship" (bipartisme). En un an, il s'avère que Barack Obama a dépensé plus d'argent que George W. Bush ou Bill Clinton en huit ans.

Les dépenses irresponsables et les subventions interminables ont mis des pays comme la Grèce et le Portugal dans le pétrin dans lequel ils sont maintenant ; est-il possible que le peuple américain ne veut pas les mêmes politiques étatistes pour leur pays — quelle que soit la couleur de peau de leur président — et qu'il exige que l'opposition républicaine dise "Non" aux projets, demésurés, d'Obama ?

Frédéric Joignot entend préfacer l'article de Jake Lamar (qui soit dit en passant n'a pas vécu aux USA depuis 17 ans) avec une description des Tea Partiers comme les membres de "la base la plus radicale de la droite et de l'extrême droite américaine". Est-ce radical, est-ce populiste, est-ce être "frénétique" et "aigri" et "hargneux" et "virulent" d'attendre de ses élus — blancs ou noirs — un minimum de transparence et de responsabilité financière, surtout lorsqu'en temps de crise, la logique exige de chacun de faire des économies et de "se serrer la ceinture" (et que par ailleurs, l'argent dépensé à droite et à gauche par le gouvernement Obama est en fin de compte le leur — celui des contribuables) ? Peut-être que d'aucuns ont des bonnes raisons de ne pas "décolèrer", voire de "s'étrangler de rage"…

Le problème des Démocrates — comme celui des supporters étrangers d'Obama — est qu'ils ne prennent pas leur idole pour le président des États-Unis, ils le prennent pour "le" guide spirituel de l'Amérique censé amener ce peuple de prétendus ignorants vers le nirvana (la social-démocratie à l'européenne). Et devant ce Grand Timonier auto-proclamé, les critiques devraient se taire et ignorer ses (nombreuses) promesses non tenues.

Le problème (pour les partisans idéologiques d'Obama) est que nous ne sommes pas convaincus (et que nous avons de — bonnes — raisons de ne pas l'être) que l'Amérique remplit cette description de cet endroit infernal et inhumain véhiculé (et vilipendé) par les gauchistes du monde entier (en Amérique comme à l'étranger) ; nous avons des raisons de ne pas être convaincus que les Européens sont des êtres extra-lucides qui auraient trouvé le moyen d'amener le paradis sur terre (loin de là) ; et nous avons des raisons de ne pas être convaincus par ce conte de fées dans lequel Barack Obama est le Grand Timonier censé nous conduire vers la délivrance.

2010/05/08

"Laisser le lecteur s'exprimer n'est pas une mauvaise chose, certains peuvent avoir un avis très éclairé sur de nombreux sujets"

En version française, le Courrier des lecteurs, lui, a vu sa place de plus en plus contestée
écrit Véronique Maurus dans Le Monde.
Même au Monde, la tradition instituée par Hubert Beuve-Méry — qui lisait, répondait et sélectionnait lui-même les lettres — a semblé un temps condamnée par la prééminence d'Internet.
La Médiatrice du Monde ajoute :
Autre atout : l'espace Courrier est ouvert à tous, abonnés ou non, lecteurs épisodiques ou réguliers. Il est donc totalement gratuit — au contraire des réactions postées sur la plupart des éditions en ligne, réservées aux seuls abonnés du site. Les textes sont en outre archivés dans la base de données, ce qui n'est généralement pas le cas sur la Toile.
Faire le contraste avec l'Angleterre :
Institution britannique, les "lettres à l'éditeur" sont toujours à l'honneur dans les médias anglo-saxons — le Guardian, entre autres, leur consacre une pleine page quotidienne.

"Laisser le lecteur s'exprimer n'est pas une mauvaise chose, certains peuvent avoir un avis très éclairé sur de nombreux sujets. Cela n'est-il pas le rôle du Courrier des lecteurs, où au moins seuls les courriers apportant quelque chose sont publiés ?", note par exemple Marine Tropres (Maisons-Laffitte, Yvelines).

2010/04/16

La folle hystérie anti-pédophile qui perdure depuis quelques années et où l'on voit de la pédophilie partout

Encombrante Emilie. Sa vérité d'hier rassurait. Elle désignait un mal et un coupable de ce mal. Celle d'aujourd'hui dérange tous ceux qui se sont empressés de la croire.

…Comment en est-on arrivé là ? L'affaire Loïc Sécher se présente comme bien des dossiers d'agressions sexuelles. Pas de preuves, pas d'ADN, mais la parole d'une accusatrice contre celle d'un accusé. Entre les deux, la cour et les jurés doivent choisir.
Suite à l'article de Pascale Robert-Diard sur Loïc Sécher, victime d'une erreur judiciaire (les jurés avaient "reconnu Loïc Sécher coupable et [l'avaient] condamné à seize ans de réclusion criminelle" il y a neuf ans pour viols et agressions sexuelles sur mineure) un lecteur du Monde réagit ainsi :
Tant que ceux qui détruisent des vies par leurs accusations mensongères ne seront pas inquiétés par la justice, ça continuera.
Tandis qu'un autre lecteur pose la question suivante :
Combien d'affaire de ce genre vont finir par sortir d'ici quelques années, après la folle hystérie anti-pédophile qui perdure depuis quelques années et où l'on voit de la pédophilie partout? Combien d'enfants devenus adultes et qui vont regretter des déclarations fausses faites sous pression d'adultes pressés de condamner quelqu'un? Combien d'innocents en prison qui attendent un signe, un revirement? Cette histoire n'est peut-être que le début d'une longue série...
Le pire dans l'article, c'est peut-être que (en tout cas au début) Pascale Robert-Diard semble plus plaindre les jurés que la (vraie) victime :
C'est à eux que l'on pense, au moment où la commission de révision des condamnations pénales va se prononcer sur le sort de Loïc Sécher. Parce que, bien davantage que les magistrats professionnels qui les entouraient, ces jurés pourraient être chacun d'entre nous.

2010/04/13

"Obsession" Polonaise ?!

Suite à l'accident d'avion qui a décapité le gouvernement polonais près de Katyn, les préceptes du journal Le Monde n'ont guère beaucoup évolué depuis la sortie du film de Andrzej Wajda.
Katyn. Tragédie polonaise, douleur polonaise, obsession polonaise, désormais dupliquée.
Dans un article de Sylvie Kauffmann, il appelle la position de la Pologne par rapport aux crimes de Katyn il y a 70 ans une obsession polonaise.
Si les arbres de Katyn pouvaient parler, ce qu'ils diraient serait à peine croyable.
Dans un autre article, Les arbres de Katyn, Franck Nouchi ne mentionne jamais la culpabilité (ni même la responsabilité) des soviétiques, mais se contente de renvoyer la propagande des Nazis et des Soviets dos à dos (les uns accusant les autres de la tragédie), en suggèrant — entre autres, dans la toute dernière phrase — que seuls les arbres peuvent connaître la vérité…

"Obsession polonaise" ? Pourquoi obsesssion ? Lorsqu'il s'agit de crimes communistes, en parler rèvèle d'obsession et d'autres manquements psychologiques…

Lorsqu'il s'agit des Américains et/ou de leurs alliés, là, soudain, il ne faut pas oublier, il ne faut jamais oublier…

Par exemple : Après 1989, on permet – par compassion — aux leaders communistes renversés des pays de l'Europe de l'Est de partir à la retraite. Pinochet, par contre, il faut le poursuivre jusqu'à la fin de sa vie.

Pinochet a fait 3000 victimes en 17 ans. Au XXe siècle, les communistes ont tué une centaine de millions (dont 21000 en l'espace de quelques semaines à Katyn). Mais la chasse aux sorcières par rapport à un Chilien sénil est brave, courageux, et noble, basé sur des principes "humanistes" — comme l'est la dénonciation, interminable, du sort des Indiens et des Noirs aux USA (bien moins d'un million de morts).

Alors que la position des Polonais par rapport aux crimes communistes, n'est qu'une espèce "d'obsession" qu'ils feraient mieux, "dans l'intérêt de tous", d'oublier…

Ce qui résume peut-être le mieux la situation (volontairement ou non), c'est une phrase dans l'article de Sylvie Kauffmann :
"Couronnement du pacte (germano-soviétique) Molotov-Ribbentrop", selon l'intellectuel Adam Michnik, Katyn est au coeur de l'identité polonaise pour avoir reflété, aussi, l'ambivalence de la gauche européenne à dénoncer les crimes de Staline.
À L'Insolent de conclure :
Paris demeure aussi donc la capitale de l'eau tiède, du soviétisme mou et du communisme impuni.