2012/05/03

Interview Enquête & Débat

Une interview réalisé par Jean Robin sur le site Enquête & Débat :

E&D : Erik Svane, vous êtes un Américain à Paris, et vous vous occupez de plusieurs blogs : Le Monde Watch et No Pasarán, notamment.
Pourquoi tous ces blogs ?

Je suis écrivain, je suis journaliste, je suis scénariste, et ces blogs c'était, et c'est, la seule façon d'être 100% sûr de m'exprimer en public et de commenter les infos — et parfois de commenter… l'absence d'infos. Pas seulement en tant qu'américain (je suis aussi de nationalité danoise, après tout), mais tout simplement comme individu qui réfléchit et qui utilise sa cervelle. Tout de suite après les attentats du 11 septembre, j'ai senti une montée de l'antiaméricanisme — et cela bien avant l'intervention en Irak (même avant la fin de l'année 2001) — notamment par l'emploi, péjarotif, du mot cow-boy, qui revenait sans cesse dans tous les journaux, de droite comme de gauche.

J'ai donc écrit un essai qui faisait tout simplement valoir que (c'était aussi le titre du papier) Parfois le Cow-boy a raison. Cet article, ou une version plus courte, j'ai essayé de le faire publier dans tous les grands quotidiens, dans plusieurs magazines, mais sans le moindre succès, et même en rencontrant pas mal de réactions négatives. (J'ajoute que je ne trouve nullement surprenant que les rédacteurs divers rejettent un article à moi ou cet article particulier — voire qu'ils le raccourcissent avant publication —, mais qu'ils donnent la parole au moins à une personne de temps en temps qui ne soit pas foncièrement antiaméricaine ; la diversité, et tout ça…) Au siège du Figaro, par exemple, les rédacteurs m'ont pratiquement jeté dehors physiquement (ils ont pris le papier, me l'ont mis à la poubelle devant mes yeux, et m'ont pris par le bras jusqu'à l'ascenseur).

C'était à l'époque de la montée des blogs, et donc j'ai commencé à blogguer — comme l'ont fait nombre de conservateurs aux États-Unis, pays où l'ensemble des médias sont de gauche et où les gens de droite n'ont pas été beaucoup entendus avant l'avènement de l'internet, époque qui marque un début de fin du monopole de la gauche en ce qui concerne la présentation des infos.

Puisqu'il semblait impossible de faire connaître ma voix dans les journaux, j'ai travaillé sur ces blogs et j'ai aussi écrit un livre sur l'antiaméricanisme en France et à travers le monde. La Bannière Étalée fait 400 pages (on peut lire un extrait ici)… (Pour la petite histoire, je suis aussi scénariste de bandes dessinées…)

J'ajouterai que si d'aucuns voudraient éventuellement avoir une vision autre que caricaturale des Américains, et surtout des conservateurs et des habitants de l'Amérique profonde, ils devraient visiter le blog Instapundit de temps en temps…

E&D : Que pensez-vous du traitement médiatique de l'élection présidentielle ?

Le problème, comme aux États-Unis, c'est que la plupart des journaux, comme la plupart des journalistes, sont de gauche ou, si l'on préfère, le problème c'est qu'ils sont partisans de "la confiance dans les interventions de l'État-providence" et que pour eux, "la confiance dans la responsabilité de l'individu" est quasi-inexistante, voire inimaginable.

E&D : Que pensez-vous de l'élection présidentielle 2012 ?

Mathieu Laine l'a très bien exprimé dans Le Monde :
Cette campagne fait … figure d'exception. Non seulement par l'unanimité et la violence de son hostilité aux idées libérales, mais également parce qu'il n'y a guère plus qu'en France que l'on raisonne encore sur le seul axe « droite-gauche » et non sur une opposition « croyance dans l'Etat-confiance dans l'individu ». Nos représentants politiques, tous bords confondus, demeurent en effet rivés aux anciennes recettes, aux vieilles querelles, et rivalisent, tous, de promesses d'interventions publiques quand le reste du monde teste des solutions nouvelles.

… la France, avec ses 54 % de dépenses publiques, contre 43 % en moyenne parmi les pays membres de l'OCDE, semble « en plein déni », comme le titrait récemment et très justement l'hebdomadaire The Economist ... En France, à l'inverse, les plus bas instincts sont flattés. L'envie et la peur sont les deux mamelles auxquelles viennent s'abreuver les marchands de protections. Des 75 % délibérément punitifs de François Hollande aux ambitions protectionnistes de Nicolas Sarkozy, sans oublier les débats à mille lieues des exigences contemporaines sur la viande halal ou l'espace Schengen, les vrais sujets sont évacués et la démagogie vit ses plus belles heures.

Pourtant, la pensée libérale … qui fait reposer les relations sociales sur le primat de la liberté individuelle, et donc sur la responsabilité, a fait largement ses preuves et constitue un réservoir d'idées et d'innovations pertinentes pour qui veut, notamment en économie ouverte, relancer un pays, recréer de la croissance, restaurer le plein-emploi et assurer l'épanouissement humain.
E&D : La France est-elle devenue socialiste selon vous ?

Depuis longtemps, 5000 ans en fait, la vaste majorité des pays, des communautés, sont étatistes, mais il est vrai qu'en Europe, la France a encore moins confiance dans les capacités de l'individu que les autres pays, par exemple le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les pays scandinaves, et qu'elle est bien plus méfiante par rapport au marché libre et à ses capitalistes supposés diaboliques… C'est quand même aberrant de savoir que les Français défendent encore le système communiste chinois et que, selon un sondage récent, les habitants de la Chine elle-même font plus confiance dans le marché libre que les Français.

E&D : Où en est l'anti-américanisme en France ? Y a-t-il une différence entre la position des élites (médias, politiques) et du peuple ?

Le problème avec l'anti-américanisme, c'est que ce sont les élites qui instruisent le peuple, avec leurs antiracistes professionnels, leurs humanistes patentés, et leurs champions de la générosité inégalables. Ainsi, grâce aux médias et à l'Éducation nationale, les Français "savent" que l'Amérique est un enfer cauchemardesque de racisme, ils savent que que l'Amérique est un enfer cauchemardesque du point de vue de la santé, ils savent que que l'Amérique est un enfer cauchemardesque du point de vue du capitalisme, avec des milliers et de milliers d'Américains souffrant de la façon la plus atroce (et qui ne doivent rêver que d'une seule chose, émigrer le plus vite possible dans l'Europe humaniste à souhait et généreuse jusqu'aux cieux). Thierry Meyssan n'a pas quitté la scène, il y a toujours la malbouffe, et tout reste toujours la faute de Deubeliou. Tenez, cette année l'opposition de Villepin à Bush et à Rumsfeld était comparée à celle de De Gaulle à Pétain et Hitler, et l'année dernière, Oussama Ben Laden était comparé à "un Clint Eastwood arabe, un Robin des bois musulman".

E&D : Un candidat comme Mélenchon est-il possible aux Etats-Unis ?

En tout cas, pas mal de monde disent que Barack Obama est l'équivalent de Jean-Luc Mélenchon, avec ses nationalisations, son incapacité de comprendre les bases de l'économie (sauf à travers le prisme de la diabolisation des riches), sa prédilection pour la lutte des classes, et ses autres contes de fée gauchistes (genre l'Amérique, ou l'Occident, est (le seul) coupable de tous les maux du monde depuis la Seconde Guerre Mondiale).

E&D : Le virage socialiste de Marine le Pen sera-t-il payant électoralement ?

Sans doute, mais avez-vous entendu ce que Marine Le Pen a dit au New York Times ? Que Barack "Obama est loin à droite [!] de nous" ?! Par ailleurs, je ne raffole pas trop de son attitude en ce qui concerne les affaires étrangères. Elle souhaite que la France se "tourne vers la Russie" tout en "tournant le dos aux Etats-Unis". Elle devrait partir en voyage en Pologne, en Lituanie, et dans la République Tchèque, où cette attitude envers Moscou rendra sans doute la France très populaire. Comme je l'ai dit dans mon livre, je crois que bon nombre de Lettons, de Slovaques et de Roumains auraient bien aimé souffrir (comme l'ont fait tant de malheureux Ouest-Européens) sous ces fléaux terribles — horribles, vous dis-je — que sont Hollywood, McDonald's, Bill Gates, et une souris nommée Mickey.

E&D : Sommes-nous en démocratie en France selon vous ?

Ah, absolument. Mais… ce n'est pas forcément une bonne chose. Et avant qu'on m'accuse, hystériquement, d'être anti-démocratique, ou monarchiste, ou dictatorial, laissez-moi m'expliquer. On a tendance à oublier que le summum du meilleur type de gouvernement n'est pas la démocratie — contrairement à ce que nous font penser les gauchistes, tant en Amérique qu'en Europe, depuis un siècle ; c'est la république. ( Il s'agit de la République Française, les États-Unis sont décrits comme une république tant dans la Déclaration d'Indépendance que dans leur Constitution…)

Alors quelle est la différence ? On a d'un côté la pire des gouvernements, qui est la dictature ; de l'autre, on a la meilleure, qui est la république (mais qui pourrait éventuellement prendre la forme d'une monarchie constitutionnelle). Entre les deux se trouvent d'autres formes de gouvernements, comme l'oligarchie (qui est plus proche de la dictature) et la démocratie (qui est tout de même plus proche de la république). Il y a une série de vidéos excellente qui explique le côté trompeur de la vision gauche/droite et que je recommande tout particulièrement. Si on peut ignorer son côté patriotique américain et le fait que la vidéo (d'une demi-heure environ en tout) a été produite par la John Birch Society, on découvre une approche étonamment fraîche et lucide de la différence entre les formes variées de gouvernenent.

Mais pourquoi la démocratie — le gouvernement par le peuple — ne serait pas la meilleure des gouvernements ? La raison c'est que le peuple, la foule, the mob, les excités, peuvent être menés, ne fût-ce que temporairement, par le bout du nez par des démagos — que ce soit les élites ou les médias — ou tout simplement par des personnes certes bien-intentionnées mais qui peuvent s'être trompés. Du coup, la démocratie peut devenir, ne fût-ce que temporairement, l'équivalent d'une autocratie ou d'une oligarchie.

Pour citer John McManus (5:45—7:00), la démocratie, c'est le groupuscule de citoyens (the posse) qui se lancent à la poursuite d'un hors-la-loi et qui, l'ayant attrapé, décident (majoritairement) de le lyncher à la branche d'un arbre ; la république, c'est le même scénario, mais avec le shérif qui intervient et qui insiste que l'outlaw soit ramené (vivant) dans la ville et jugé dans un tribunal. En d'autres mots, pour que le hors-la-loi (présumé) garde tous ses droits.

Par exemple : si la gauche a eu autant de succès aux États-Unis depuis les années 1960, sinon politiquement du moins culturellement, c'est que la presse est dominée presque entièrement par des gauchistes — ou par des Étatistes. (La grande croisade contre Fox News, tant en France qu'aux États-Unis ("les gens avec qui je discutais n'étaient jamais — ô grand jamais! — allé voir cette chaîne ; ils basaient leur attitude exclusivement sur ce qu'on leur avait appris"), est dûe à une aversion des gauchistes contre quiconque pourrait contrecarrer la pensée unique — exactement comme c'est le cas pour le politiquement correct en France.)

Alors qu'est la République ? La République c'est le gouvernement par les lois. La république suggère la présence d'une Constitution, et cette constitution suggère une énumération de droits basiques qu'aucune foule ne peut piétiner, qu'aucune majorité gouvernementale ne peut renverser, fût-ce temporairement.

La révolution américaine de 1776, c'est le message des Britanniques dans les colonies de l'Amérique à leur roi qu'ils sont parfaitement capables de se diriger eux-mêmes, qu'ils auront eux-mêmes leur mot à dire sur le taux d'impôts qu'ils auront à payer à George III, et que si sa majesté ne veut pas accepter cela, ces Britanniques renonceront à la mère-patrie et déclareront leur indépendance.

Mais qu'y a-t'il d'autre de présupposé dans la thèse de la République ? La prémisse de la République, c'est que l'homme est bon. C'est que l'homme est intelligent. C'est que l'homme, ou tout du moins, le citoyen moyen, est indépendant et éminemment capable de prendre soin de lui-même. Et qu'a priori, on peut faire confiance aux autres êtres humains.

Dès lors, nous comprenons pourquoi aujourd'hui, tant en Amérique qu'en Europe, il est tellement nécessaire, tellement fondamental, de bannir la religion de la "chose publique" (de la res publica) et de diaboliser ou de ridiculiser tant les prêtres que les croyants. Toutes les croyances diverses issues de la civilisation judéo-chrétienne se basent sur des pensées égalisatrices, dont l'expression la plus positive est que chaque homme (et chaque femme) est un être bon, un être pur, un enfant de Dieu, et dont l'expression la plus négative est que nous sommes tous des vilains pécheurs. Dans tous les cas, il est difficile sinon impossible pour le gauchiste, ou pour l'étatiste si vous préférez, d'avancer que le citoyen moyen est un abruti et/ou une victime, alors que les méchants riches sont des êtres monstrueux ; et que tout ce lot d'humanité a besoin d'être guidé par un homme providentiel et par les dirigeants de son parti (ainsi que par son armée de fonctionnaires) qui vont écrire toutes sortes de lois pour réguler notre vie, pour "notre bien", pour le bien de tous.

Si tout le monde est un enfant de Dieu et/ou si tout le monde est un pécheur, il est beaucoup plus difficile de défendre la vision d'une masse de citoyens moyens (abrutis à souhait), d'une masse de victimes, d'une masse de rapaces, d'un homme providentiel venu sauver les uns en contrecarrant les projets des autres, tout en régulant chaque partie de la vie du citoyen. Il y a certainement beaucoup de raisons valables pour s'opposer à la religion et il est parfaitement légitime de mettre en cause la participation de religieux dans la politique. Mais du coup, la question que se pose souvent la gauche (mais seulement, de façon unilatérale, par rapport à leurs adversaires), "Quelle est la vraie raison pour la position d'Untel ?" (en suggérant que celle-ci ne peut qu'être hypocrite), devrait aussi être posée par rapport à leur propre opposition à la religion (même si pour beaucoup de membres de la gauche, la réalité de cette opposition n'est pas consciente).

Un bref mot sur les monarchistes d'aujourd'hui : si les monarchistes soutiennent une monarchie parce qu'ils voient le danger et les incohérences de la foule et/ou d'une majorité menée par des démagos, et que par conséquent ils soutiennent une monarchie de type disons constitutionnelle, je dirais que c'est une bonne chose. Mais s'ils supportent la monarchie parce qu'ils veulent leur propre type d'homme providentiel (un roi qui serait leur propre Che Guevara, leur propre Obama), c'est-à-dire s'ils croient eux aussi (!) que le peuple est composé d'abrutis qui ont besoin d'un saint pour les guider, je dirais que c'est une mauvaise chose.

Depuis de longues années, j'ai cherché l'idée qui exprimerait le mieux en une seule phrase le gouvernement idéal pour les êtres humains. Et après des années de recherche, je pense l'avoir trouvé dans le livre de Harry Jaffa, A New Birth of Freedom.
[In Abraham Lincoln's 1854 Peoria speech lies] the meaning of the rule of law as it arises from the proposition that all men are created equal. Those who live under the law have an equal right in the making of the law, and those who make the law have a corresponding duty to live under the law.

"Ceux qui vivent sous la loi ont un droit égal à la création des lois, et ceux qui font la loi ont un devoir correspondant de vivre sous la loi."
Réfléchissez à cette phrase, et vous verrez qu'elle s'applique à toutes les décisions d'un quelconque gouvernement, où et quel qu'il soit.

Prenons un exemple qui n'est a priori ni de droite ni de gauche et qui pourrait paraître anodin : la limitation de vitesse. (En France comme aux États-Unis comme ailleurs.)

Ces derniers temps, j'ai dévolu beaucoup de posts sur Le Monde Watch aux radars et à la répression des conducteurs sur les routes.

Par rapport à la citation de Harry Jaffa, par exemple, tout le monde reconnaîtra que "ceux qui font la loi" ne se font pas "un devoir correspondant de vivre sous la loi" ; si nos élus, ou si leurs chauffeurs, dépassent la limite de vitesse, tout le monde sait qu'a priori leurs effraction ne sera pas constatée, ils ne recevront pas de PVs, et ils ne perdront pas de points. Tout comme les policiers eux-mêmes, par ailleurs.

C'est ici que la plupart des citoyens font une erreur. Ils disent que cet exemple de deux poids deux mesures est scandaleux (ils ont raison) mais ils demandront ensuite, ils exigeront que ces élus soient traités comme nous. Or, il s'avère que ces élus, ou que leurs chauffeurs, ont raison de ne pas être inquiétés — puisque ces effractions, nous le reconnaissons tous, ne sont d'aucune gravité et que le système de répression est trop sévère. Il ne s'agit pas de demander à ce que les grands soient traités comme nous, il ne s'agit pas de rabaisser les autres. Non, il s'agit par contre de nous relever ; il s'agit d'exiger que nous soyions traités comme eux.

Et voilà la première partie de la citation de Harry Jaffa — celle que nous oublions trop souvent : "Ceux qui vivent sous la loi ont un droit égal à la création des lois". Il y a par ailleurs beaucoup de gens dont la première, la seule, réaction est de dire "eh ben c'est la loi, y'a qu'à l'obéïr" (par exemple, "c'est simple, y'a qu'à faire comme moi, je dépasse jamais 130 km/h"). Il n'y a pas le moindre désaccord, là. Pas le moindre. Mais est-ce que lces citoyens-là, est-ce que les citoyens en général, ont mis au courant de tous les tenants d'un problème particulier ?

Par exemple, les gens sont sous l'impression que la limite à 130 km/h est une espèce de chiffre magique, une vitesse qui serait la vitesse de sécurité par définition. (C'est le résultat de la pensée unique, le résultat de ne pas avoir eu de vrai dialogue sur un sujet particulier.) Or, dans le cadre de la limite à 130 km/h, la vitesse date des années 1970, à l'époque de la DS et du Ford Falcon, avant l'avènement de véhicules plus sûrs équipés de toutes sortes d'innovations comme les freins ABS, les airbags, et les pneus qui n'explosent plus. Imagine-t'on les lois et réglémentations sur les téléphones, les portables, les iPhones d'aujourd'hui étant les mêmes que celles régissant cette industrie en 1970 ?!

Par ailleurs, il s'avère que la limite de 130 km/h n'a pas été instaurée pour des raisons sécuritaires du tout, mais pour répondre à des besoins économiques — la crise du pétrole causée par l'OPEP —, et cela par décret de l'Élysée (et non pas par vote des élus du peuple dans l'Hémicycle, donc), lequel Georges Pompidou avait promis de s'en défaire un an ou deux après la fin de la crise. D'aucune façon ne peut-on dire, donc — ni aujourd'hui ni même dans les années 70 — que la première partie de la citation de Harry Jaffa s'applique à la limite de vitesse de 130 km/h.

Que les gens qui conduisent trop vite soient punis, certes. Que les chauffards perdent des points sur leurs permis, pourquoi pas ? Que des limites de vitesse dans certains endroits restent les mêmes qu'il y a 40 ans — voire qu'elles soient réduites par exemple en ville (ou dans certaines villes) —, pourquoi pas ? Mais que ce soit fait avec l'aval de l'ensemble des conducteurs, l'ensemble des citoyens (conducteurs ou non) — après qu'ils aient été dûment informés de toutes les informations concernant une question particulière…

Par exemple, les citoyens (oui, même ceux qui n'ont pas de voiture et qui ne conduisent pas) seraient-ils d'accord pour dépenser autant d'argent sur les radars s'ils savaient que deux radars sur trois ne sont pas placés à des endroits dangereux et que, par ailleurs, il y a eu des instances où ils semblent causer des accidents ? Seraient-ils d'accord pour avoir tous ces gendarmes et policiers sur les routes (afin d'en faire des percepteurs — du propre aveu de l'un des syndicats de la police nationale) en train de matraquer les citoyens honnêtes, s'ils savaient que cela signifie autant de représentants de l'ordre en moins pour le combat contre la criminalité ? Seraient-ils d'accord pour garder le système actuel s'ils connassaient le cauchemar des erreurs et des amendes injustifiées, s'ils savaient à quel point contester ses PVs est compliqué, s'ils savaient que l'automobiliste se voit refuser le droit de se défendre, et s'ils étaient au courant de l'exaspération des automobilistes qui dénoncent la répression et le racket et le fait que les Français sont traités comme des enfants ? Seraient-ils d'accord que tant de dizaines de milliers de citoyens perdent leurs permis et leur outil de travail — et par extension, leurs travail tout court — pour des bagatelles sans gravité à cause du système de répression extensif mise en place ?

Les citoyens seraient-ils contre le fait de hausser la limite de vitesse sur autoroute, ces chaussées les plus sûres de France (dixit la Ligue de Défense des Conducteurs, qui demande des limites à 150, voire 160 km/h) s'ils connaissaient le problème de la somnolence sur route (et donc, de cette limite qui de fait est devenue une vitesse… soporifique) et s'ils savaient que déjà dans les années 1960 — il y a un demi-siècle ! — il y avait des appels pour abolir "les limites de vitesse stupides" — car les études des Américains montraient que dans les États des USA où les lois étaient plus libérales, il y avait moins d'accidents ? (Parce que les conducteurs lambda ne souffraient pas de la distraction de craindre la police de la route, ceux-ci étaient plus en sécurité que les conducteurs dans les États avec plus de répression, distraits par la nécessité de surveiller la route pour les voitures de police.) Seraient-ils d'accord avec le grignotage des libertés civiles et publiques élémentaires comme celles du droit à la vie privée et à la présomption d’innocence ainsi qu'avec l'intention beaucoup moins avouée de renflouer les caisses de l'Etat ?

"Ceux qui vivent sous la loi ont un droit égal à la création des lois."

Tout ce dont nous venons de parler, c'est le message des Tea Partiers aux USA, dont la devise de base pourrait être : "Je ne suis pas une vache à lait !" (Un équivalent français est le journal Le Cri du Contribuable.) C'est précisément parce que les politiciens professionnels — tant à l'étranger qu'aux États-Unis mêmes ! — savent que la fête risque d'être terminée si les thèses des Tea Partiers se généralisent qu'il s'agit de les diaboliser à tout prix, ces Tea Partiers (en les traitant de racistes, de badauds, etc), de les descendre, de les ridiculiser…

E&D : Qui va gagner l'élection présidentielle selon vous ?

J'ai bien l'impression que ce sera François Hollande, mais Nicolas Sarkozy a toujours été capable de faire des surprises… Par rapport au débat, je pense tout de même que Hollande n'a pas été présidentiable. Qu'il interrompe Sarkozy quelques fois, c'est acceptable, mais là, cela semblait vraiment être de façon systématique, et attendre que cela fût son tour pour refuter les arguments de Sarkozy aurait été plus présidentiable, à mon avis.

E&D : La France est-elle foutue, ou bien a-t-elle encore un espoir et si oui lequel ?

Comme je l'ai dit, l'État socialiste, l'État dirigiste, l'État interventionniste, l'État des fonctionnaires qui régulisent notre vie pour notre bien, c'est ça la norme, ça a toujours été la norme, et ce depuis 5000 ans. La liberté, voilà quelque chose qui sort des normes, voilà ce qui est une chose extraordinaire — et dès qu'elle apparaît, toutes les médias et les élites de l'ensemble des États dirigistes font valoir que c'est en fait un enfer cauchemardesque, que ce sont les gens qui vivent dans cette anse de la liberté qui sont foutus (voir la description, dans l'Éducation Nationale, de l'enfer cauchemardesque que vivent les pauvres Américains quotidiennement). Il faudra toujours lutter pour faire trimpher la liberté dans tel ou tel pays, et quand une ombre de liberté apparaîtra, tout de suite des groupuscules (le plus souvent, une armée de fonctionnaires) vont essayer de grignoter, nullifier ces libertés. C'est une lutte interminable…

E&D : Merci d'avoir répondu à nos questions

2012/05/02

Les policiers n'aiment pas quand les règles s'appliquent à eux

Les policiers n'aiment pas quand les règles du code de la route s'appliquent à eux, que ce soit en France ou à l'étranger…

Certains habitants du Texas, en effet, sont mécontents par
le tâtillonnement et par la sévérité des mesures disciplinaires pour des infractions mineures telles que les excès de vitesse.
Or, les habitants du Texas en questions sont… les policiers de Dallas !

Phrase impayable : Les policiers de Dallas sont mécontents parce que leurs responsables préférent la répression plutôt que trouver des moyens pour améliorer la conduite !

Coyote Blog (aucun lien avec la société de détecteurs de radars Coyote) :
… officers felt they were being nitpicked with disciplinary action for minor infractions such as speeding. … In 11 months of operation, the unit reviewing the video found numerous examples of officers exceeding the department’s speed requirements …

While in many cases these actions are against department policy, police commanders say they became concerned that some supervisors were taking a heavy-handed approach to routine problems, meting out discipline rather than finding ways to change behavior.

“The folklore among officers is, ‘I’m afraid to go five miles over the speed limit because I’ll be disciplined,’” said Chief David Brown.

2012/05/01

Pour Lutter Contre la Somnolence sur la Route, Augmentez la Limite de Vitesse et Roulez Plus Vite



La nouvelle crise du jour, ce sont les accidents liés à la somnolence, comme l'explique un article de Rafaële Rivais dans Le Monde.

Alors, la question se pose :
Quelle pourrait être une solution à la somnolence sur autoroute ?

La Ligue de Défense des Conducteurs dit qu'on pourrait casser la monotonie de la conduite sur autoroute en… (tenez-vous bien) augmentant la vitesse limite !

Tiens oui…

Pas plus compliqué que ça…

40 Millions d'automobilistes a aussi protesté :
« L'explication officielle d'une perte de contrôle en ligne droite est la vitesse, alors que plus on va vite, plus on serre les mains sur le volant », affirme Laurent Hecquet, le délégué général de l'association, qui entend combattre « l'amalgame fait entre accidents et infractions ».
Mais ça ne risque pas de se passer car, ajoute la LDC,
Les autorités et leur frénésie répressive ont mis en place les conditions pour une conduite soporifique, et maintenant ils veulent nous sanctionner sur les effets de leur politique au lieu de s'interroger sur les causes !

2012/04/29

L'ère de la "malbouffe" révolue ? "Entre les mains des chefs français, le burger est devenu haute couture"

"LORSQUE JE ME SUIS INSTALLÉE À PARIS il y a huit ans, j'avais honte de notre culture culinaire telle qu'elle était représentée ici", raconte Meg Zimbeck, la fondatrice du site Internet gastronomique Paris by Mouth. Mais cette époque où la cuisine made in US était regardée avec dégoût semble révolue.

Ainsi commence l'article de Camille Labro dans Le Monde, publié dans le pays qui est le marché mondial nº 2 pour MacDo.
"Aujourd'hui, je suis ravie de voir que les bons produits et les mets typiquement américains sont devenus branchés !", poursuite cette Américaine installée dans la capitale. Car s'il existe à Paris quelques ancestraux QG d'expatriés cultivant la tradition américaine (Joe Allen, Breakfast in America, PDG), c'est aujourd'hui une véritable déferlante de goûts et d'inspirations yankee qui s'abat sur la capitale.

A commencer, bien sûr, par le burger, revisité à toutes les sauces et selon des codes gourmets qui l'éloignent de plus en plus de la sphère de la malbouffe. "Outre-Atlantique, les chefs ont compris depuis longtemps l'attrait "gastronomique" du burger, souligne le blogueur et auteur culinaire américain David Lebovitz. Car un bon burger, c'est très bon. A New York, le chef français Daniel Boulud fut l'un des premiers à faire un burger deluxe, garni de foie gras et de lamelles de truffe, facturé aux alentours de 30 dollars." A Paris, Yannick Alléno au Meurice, puis Jean-François Piège au Thoumieux lui ont emboîté le pas. Viandes d'exception, pains briochés et buns maison, fromages AOC, oignons caramélisés, sauces subtiles et prix adéquats... Entre les mains des chefs étoilés français, le burger est devenu haute couture.
… Au Beef Club, le dernier lieu créé par le trio de l'Experimental Cocktail Club, le restaurant a été conçu sur le modèle du steakhouse anglo-saxon. "Ce que nous aimons dans l'ambiance brasserie façon US, c'est le côté décomplexé, explique Olivier Bon, un des associés. On est là pour se faire plaisir, sans aucune limite, manger des viandes épaisses, partager plein d'accompagnements ou de gros desserts... L'idée est de se réapproprier les classiques, mais aussi l'esprit américain." Peu à peu, les modes de consommation du repas se diversifient, s'éloignant des codes français traditionnels et du sempiternel entrée-plat-dessert. "Ce qui est excitant, renchérit Meg Zimbeck, c'est que les esprits s'ouvrent, et l'on a de plus en plus d'options. On peut manger au bar, commander des petites portions, à différentes heures de la journée, acheter à emporter, avec un sens du service de plus en plus développé. ça aussi, c'est très américain."

2012/04/28

OECD: In Europe, the Access of All Citizens to Health Services Remains a Challenge

While government health insurance champions in America as well as in Europe would have you believe that the European social model is, basically, the alpha and the omega of the situation and that the Europeans have attained, or have come closest to attaining, a perfect society, a recent study reveals that it turns out that, to quote a Le Monde headline,
In Europe, the access of all citizens to health services remains a challenge
Figures in two tables from the OECD and from EU-SILC compare the numbers of people dissatisfied with their health care experiences, the poorest 20% per country on the left-hand side and the richest 20% on the right. Only to a die-hard liberal should it come as a surprise that the poor are far less satisfied with their health care services than the rich, and that in every country in the EU (three members of whom have dissatisfaction totals exceed 10%).

People are dissatisfied because of irritants such as distance and/or a lack of transport means (purple) or such as excess waiting periods (red). But throughout the EU, the main complaint for the poor concerns costs that are too high (orange).

L'antilibéralisme, le seul point d'accord entre les dix candidats

e libéralisme, on le sait, n'est pas aimé en France
écrivait Mathieu Laine sur la page Débats du journal Le Monde avant le premier tour de l'élection présidentielle, et ce pour lequel il était, évidemment, honni par les lecteurs du quotidien. (Le directeur du cabinet de conseil Altermind répond aussi aux questions d'Atlantico.)
… Cette campagne fait … figure d'exception. Non seulement par l'unanimité et la violence de son hostilité aux idées libérales, mais également parce qu'il n'y a guère plus qu'en France que l'on raisonne encore sur le seul axe « droite-gauche » et non sur une opposition « croyance dans l'Etat-confiance dans l'individu ». Nos représentants politiques, tous bords confondus, demeurent en effet rivés aux anciennes recettes, aux vieilles querelles, et rivalisent, tous, de promesses d'interventions publiques quand le reste du monde teste des solutions nouvelles.

Cette campagne fait cependant figure d'exception. Non seulement par l'unanimité et la violence de son hostilité aux idées libérales, mais également parce qu'il n'y a guère plus qu'en France que l'on raisonne encore sur le seul axe « droite-gauche » et non sur une opposition « croyance dans l'Etat-confiance dans l'individu ». Nos représentants politiques, tous bords confondus, demeurent en effet rivés aux anciennes recettes, aux vieilles querelles, et rivalisent, tous, de promesses d'interventions publiques quand le reste du monde teste des solutions nouvelles.

Alors que les autres courants de pensée entendent changer l'homme, il souhaite, lui, le respecter et dénonce les conséquences néfastes des excès de l'interventionnisme, notamment le fameux « too big to fail » (« trop gros pour faire faillite ») suivi du terrifiant « too public to fail », qui ont institutionnalisé l'irresponsabilité et nous ont poussés dans la crise. Le libéralisme n'en est pas pour autant un catéchisme, car il déduit son modèle sociétal d'une compréhension fine et vérifiable de la façon dont l'homme agit.
Face à cela, la France, avec ses 54 % de dépenses publiques, contre 43 % en moyenne parmi les pays membres de l'OCDE, semble « en plein déni », comme le titrait récemment et très justement l'hebdomadaire The Economist... Ailleurs, pourtant, tout se met en place : le premier ministre britannique, David Cameron, vient en effet d'engager, en parallèle de sa politique de réduction drastique des dépenses publiques, un vaste plan de diminution de la pression fiscale pour favoriser l'esprit d'entreprise et d'innovation, la croissance et l'emploi.

Le président du conseil italien, Mario Monti, s'attaque aux privilèges et entreprend de flexibiliser fortement le marché du travail pour recréer des incitations à l'embauche. De nombreux pays émergents ont compris qu'en accroissant le degré de liberté, c'est tout un mouvement civilisationnel qui se mettait en place.

En France, à l'inverse, les plus bas instincts sont flattés. L'envie et la peur sont les deux mamelles auxquelles viennent s'abreuver les marchands de protections. Des 75 % délibérément punitifs de François Hollande aux ambitions protectionnistes de Nicolas Sarkozy, sans oublier les débats à mille lieues des exigences contemporaines sur la viande halal ou l'espace Schengen, les vrais sujets sont évacués et la démagogie vit ses plus belles heures.

Pourtant, la pensée libérale (ou plutôt les pensées libérales, car le libéralisme se subdivise en de multiples familles, qu'il est urgent de connaître pour éviter les idées reçues), qui fait reposer les relations sociales sur le primat de la liberté individuelle, et donc sur la responsabilité, a fait largement ses preuves et constitue un réservoir d'idées et d'innovations pertinentes pour qui veut, notamment en économie ouverte, relancer un pays, recréer de la croissance, restaurer le plein-emploi et assurer l'épanouissement humain.

La littérature économique sur le développement montre, par exemple, que la qualité des institutions, surtout en ce qui concerne la protection du droit de propriété et la protection contre la prédation publique (taxation excessive, privilèges commerciaux, etc.), est le facteur le plus important dans le développement des pays occidentaux dans les 250 dernières années. Dans le même esprit, l'Index of Economic Freedom révèle la corrélation existant entre la liberté économique et le revenu par habitant. Moins il y a de liberté, plus il y a de pauvreté, viennent expliquer les libéraux, qui déplorent, comme Terra Nova, la croissance plus qu'inquiétante des outsiders d'un système à bout de souffle.

« Il n'est rien de plus fécond que l'art d'être libre, mais il n'est rien de plus dur que l'apprentissage de la liberté. » La prophétie de Tocqueville n'a jamais été aussi vraie dans un pays où l'égalitarisme et l'obsession sécuritaire priment sur la liberté et où « entrepreneur » semble être devenu un gros mot. La véritable alternance est pourtant libérale. Sans elle, le mal de crâne du futur locataire de l'Elysée n'en sera que plus redoutable.

2012/04/24

Massacre de Katyn : la Cour européenne condamne la Russie pour le « double traumatisme »

ire le droit, soixante-douze ans après les faits, est un exercice délicat
explique Piotr Smolar dans Le Monde sur le massacre de Katyn.
La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) s'y est pourtant employée, en rendant son arrêt, lundi 16 avril, dans l'affaire dite « Janowiec et autres contre la Russie ». Saisie par 15 proches de victimes polonaises du massacre de Katyn commis par le régime soviétique, la Cour a condamné l'absence de coopération judiciaire de la Russie et son « attitude dépourvue d'humanité », dont témoigne « le déni de la réalité du massacre ».

La Cour de Strasbourg a retenu le qualificatif de « traitements inhumains » infligés à dix proches de victimes et qualifié Katyn de « crime de guerre ».

… Dans l'histoire polonaise, le massacre de Katyn est une pierre angulaire. Un crime majeur qui continue à hanter la mémoire collective. Près de 22 000 personnes - essentiellement des officiers de l'armée - avaient été arrêtées, emprisonnées et exécutées de façon planifiée par les services secrets soviétiques (NKVD), en avril et mai 1940, dans la forêt de Katyn, près de Smolensk.

Après la seconde guerre mondiale, un deuxième crime fut commis : les autorités communistes coulèrent une chape de plomb sur les morts. Leur destin fut dénaturé (on accusa d'abord les Allemands) puis tu, car il ne cadrait pas avec le récit de la lutte héroïque de l'armée rouge contre les nazis. La transmission du deuil et de la colère se fit donc dans l'intimité du cercle familial.

La puissance des émotions que suscite encore Katyn explique l'accueil glacial reçu en Pologne par l'arrêt de la CEDH, susceptible d'appel. Chaque partie peut y trouver motif de satisfaction et de frustration. …

« Double traumatisme »

Paradoxe : en même temps, la CEDH dénonce la non-transmission par les autorités russes du document justifiant la fin des investigations en 2004. En aucune façon sa publication n'aurait pu « porter atteinte aux intérêts liés à la sécurité nationale ». Mais les mots les plus durs de la CEDH sont réservés au traitement des familles des victimes, qui ont subi un « double traumatisme » : la perte de leur proche, puis la dissimulation de la vérité.

« La Cour est frappée par l'évidente réticence des autorités russes à admettre la réalité du massacre de Katyn, écrit-elle. L'approche choisie par les juridictions militaires russes, consistant à soutenir, face aux requérants et en dépit des faits historiques établis, que leurs proches se sont en quelque sorte volatilisés dans les camps soviétiques, atteste un franc mépris pour les préoccupations des requérants et une tentative délibérée de jeter la confusion sur les circonstances ayant conduit au massacre de Katyn. »

2012/04/19

Contester ses PV reste compliqué

Les officiers ministériels bloquent parfois illégalement les droits des automobilistes
nous dit Rafaële Rivais dans Le Monde..

Chaque automobiliste devrait pouvoir contester ses amendes devant un tribunal : la Cour européenne des droits de l'homme vient de le rappeler, à travers trois jugements condamnant la France. Dans chacune de ces affaires, des conducteurs avaient contesté leur contravention, et demandé à comparaître devant un tribunal, ce qui leur avait été refusé. Ils avaient saisi la justice séparément. Tous trois sont avocats et l'un d'eux, Rémy Josseaume, est même spécialisé dans le droit routier. "Il n'y a qu'un avocat pour contester devant la Cour de Strasbourg une amende de quelques dizaines d'euros, alors que la procédure coûte deux à trois mille euros !", reconnaît-il.

… Les juges [de la Cour de Strasbourg] rappellent que le médiateur de la République avait dénoncé les pratiques illégales des officiers ministériels dès 2006. Le garde des sceaux avait alors envoyé aux parquets une circulaire destinée à remettre les pendules à l'heure. Il devrait bientôt publier au Journal officiel un texte réglementaire rappelant la procédure à suivre.

Il suffit de dire que quelqu'un est de "droite" pour le diaboliser à jamais, qu'il soit prof, artiste, journaliste, c'est fini pour lui

Lucien SA Oulahbib témoigne :
Sur France Info le lundi matin 16 avril, un journaliste raconte ce que Le Monde avait déjà relaté quelques jours auparavant:
Dominique Fillon, le frère de François, pianiste de son état, est persona non grata dans les municipalités socialistes et communistes : impossibilité de tenir un concert, louer une salle, son patronyme le cloue, l'écarte, le "stigmatise"…voilà donc une belle discrimination à l'embauche, une espèce de racisme, certes, mais…de gauche donc cela passe et puis à bas les riches et leurs amis etc (les enfants de bourgeois et de nobles n'avaient pas le droit d'aller à l'école sous Lénine -admirateur de Robespierre- ressuscité sous les traits de Mélenchon) ; sauf que ce fait Fillon n'est pas le seul, j'en fais l'expérience à chaque fois lorsque, malgré un doctorat en sociologie et une habilitation à diriger des recherches en science politique je n'arrive pas à me faire qualifier par les sections universitaires 04, 19, 17 alors que je pourrais avoir un poste puisque les équipes sur le terrain me confie bien des cours tandis que nombre de "qualifiés" – et qui le sont parfois depuis longtemps – ne trouvent même pas de cours ;

bref, je ne veux pas pleurer sur mon sort, (je peux aussi rappeler cette rapporteuse qui, à l'agrégation de sciences politiques en 2010 m'accusa, du moins quand j'étais encore dans le couloir, d'être pro-israélien), je veux seulement souligner que bien avant l'arrivée de Sarkozy au pouvoir en 2007 une telle haine, discrimination, racisme, prévalaient ; prévalent encore plus ; par exemple il suffit toujours de dire que quelqu'un est de "droite" pour le diaboliser à jamais, qu'il soit prof, artiste, journaliste, c'est fini pour lui, comme à l'époque soviétique, voire les débuts du national-socialisme puisque tout riche, tout critique envers l'islam, est montré du doigt, empêché de parler, accusé d'être complice objectif du sanguinaire norvégien, sauf s'il est connu, pas encore écarté, pas encore parqué parce qu'ils ne sont pas encore au pouvoir; qui ?

Les néo-"enragés", impossible de discuter, bien avant que Sarko soit élu la haine hystérique prévalait et chacun se prend pour un petit soldat de l'extension du terrain de la lutte en allant chercher le scalp libéral. On en est plus dans les arguments rationnels en dernière instance mais dans la passion de l'argument du nazi schmittien divisant le monde en ami et en ennemi : qui m'aime monte dans le même train, même s'il va s'effondrer (dit Nicolas Baverez), surtout peut-être car il est plus grave de réussir que de faillir à échouer.
Pendant ce temps les mesures réellement nécessaires pour contrer ce climat de haine n'ont jamais été prises, on n'a même aidé l'étatisme à s'installer en parlant comme lui, jusqu'à Marine Le Pen mélanchonisée avec son appel à "l'Etat stratège" alors que l'on a besoin plutôt d'un Etat arbitre, même si l'arbitrage cela veut dire aussi s'occuper de la qualité du terrain et pas seulement siffler les fautes.

Pendant ce temps aussi dans le monde, on tente de geler des situations d'autrefois ne comprenant pas que les temps changent et qu'il vaut mieux soutenir par exemple les Touaregs du MNLA plutôt que les traîtres à la cause amazigh qui ont préféré se soumettre à l'arabo-islamisme. Il faut choisir. Comme en Syrie et en Afghanistan. En Iran. La Corée du Nord. Il faudrait à la fois les attirer dans un débat idéologique sur une tribune mondiale comme le voulait le nervis iranien devenu président lorsqu'il dit un jour que l'enseignement des sciences sociales n'apporterait rien au peuple iranien puisque l'islam répond à tout ; il aurait fallu discuter et en même temps montrer les muscles en le contrant partout, tuant ses agents en Syrie et en Irak ; comme la Corée du Nord : discutons communisme en emmenant Badiou et Mélenchon là-bas, et en même temps menaçons d'autoriser le Japon à avoir la bombe. En Afghanistan il est pour le moins étrange que l'on ne conteste pas aux Talibans le droit de se poser comme libérateurs du pays alors qu'ils le vendent au Pakistan et à ses hordes fanatiques. Au contraire, les frappes par drones à sa frontière sont désormais interdites, ce qui va leur permettre d'emmener de plus en plus de monde à l'attaque puis de s'y replier sans peur d'éventuelles représailles otanesques.

Revenons à la campagne française : du mou pour chat, ronron même ce qui est pis, les vraies décisions dont parle Baverez ne seront jamais prises à froid, encore un quinquennat pour rien. Vive 2017 et passons à autre chose puisqu'il faut attendre la maturation de la décomposition avant d'agir : seul hic, beaucoup de groupes dans l'ombre ne vivent que de ce moment à venir, seule certitude : cela va faire mal… des têtes vont tomber. Une promesse qui risque d'être tenu.

2012/04/15

Foreigners of every race know that the U.S. is the least racist country in the world but most black Americans and the entire left deny it

In light of the tragic killing of black teenager Trayvon Martin — and the manufactured hysteria surrounding it — one thing needs to be stated as clearly and as often as possible
writes Dennis Prager in a column that seems designed for race-baiters in America as well as abroad (l'Éducation Nationale?):
The United States is the least racist and least xenophobic country in the world.
Foreigners of every race, ethnicity, and religion know this.
Most Americans suspect this.
Most black Americans and the entire left deny this.

Black Africans know this. That is why so many seek to live in the United States. Decades ago, the number of black Africans who had immigrated to the United States had already surpassed the number of black Africans who were forcibly shipped to America as slaves.

And members of other races and nationalities know this. Even Muslim and Arab writers have noted that nowhere in the Arab or larger Muslim world does an Arab or any other Muslim have the individual rights, liberty, and dignity that a Muslim living in America has. As for Latinos and Asians, vast numbers of them from El Salvador to Korea regard America as the land of opportunity.

And when any of these people come here — from anywhere, speaking any language, looking like a member of any race — they are accepted as Americans the moment they identify as such. He or she will be regarded as fully American. This is not true elsewhere. A third-generation Turkish-German, whose German is indistinguishable from the German spoken by an indigenous German, will still be regarded by most Germans as a Turk. The same holds true elsewhere in Europe.

… Xenophobic? It is probably fair to say that most Americans are xenophiles.

… The left-wing drumbeat about America as racist is a combination of politics and black memory.

The political aspect is this: The Democrats and the left recognize that if blacks cease viewing themselves as victims of racism, the Democratic Party can no longer offer itself as black America's savior. And if only one out of three black Americans ceases to regard to himself as a victim of racism, and votes accordingly, it will be very difficult for Democrats to win any national election.

The other issue is black memory. Apparently, most blacks either cannot or refuse to believe that the vast majority of whites are no longer racist. Most Americans were hopeful that the election of a black president — thereby making America the first white society in history to choose a black leader — would finally put to rest the myth of a racist America. More than three years later it seems not to have accomplished a thing. I now suspect that if the president, the vice-president, the entire cabinet, the chairman of the Joint Chiefs of Staff, and all nine justices on the Supreme Court were black, it would have no impact on blacks who believe America is a racist society — or on the left-wing depiction of America as racist.

One can only conclude that the smearing of America's good name is one of the things at which the left has been most proficient.

2012/04/14

Humanistic EU Lesson-Givers to Build a Wall to Keep Out Illegal Immigrants



While Europeans never cease giving Americans lessons on racism, and on generosity, and on tolerance, along with the meaning of hospitality, Guillaume Perrier has a story on the EU planning to build a wall in Eastern Greece to prevent illegal immigrants from coming into the Schengen Zone from Turkey.
Un mur va s'élever à la frontière orientale de l'Union européenne (UE), entre la Grèce et la Turquie. Plus exactement, une clôture anti-migrants : deux rangées de barbelés hautes de 3 m et longues de 12 km, surmontées de caméras, devraient être plantées d'ici l'été entre la bourgade grecque de Nea Vyssa et la ville turque qui lui fait face, Edirne. Le chantier de cette barrière, similaire à celle qui avait été installée autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, au nord du Maroc, vient d'être lancé, en dépit des nombreuses critiques.

Car au-delà de l'image négative d'une Europe qui se barricade, une telle mesure a peu de chances de réduire effectivement les flux migratoires. L'initiative controversée du gouvernement d'Athènes, qui coûtera environ 3 millions d'euros au contribuable grec, est censée fermer l'accès à la zone Schengen pour les clandestins qui, en nombre croissant, franchissent la frontière depuis la Turquie.

Mais la Commission européenne, sollicitée par la Grèce, a refusé de financer la construction d'une barrière jugée " plutôt inutile " par la commissaire suédoise chargée des affaires intérieures, Cecilia Malmström. Début février, la Commission a fait valoir qu'Athènes ferait mieux de consacrer cet argent à l'accueil des migrants, hébergés dans des conditions déplorables depuis des années. La France et l'Allemagne, au contraire, militent en faveur de cette clôture symbolique.

Le mur viendra calfeutrer une brèche de 12 km dans la frontière. Sur les 200 km restants, le fleuve Evros (Meriç en turc) fait office de séparation, mais à cet endroit il fait un coude et entre en territoire turc, formant un couloir naturel par lequel s'engouffrent chaque année des dizaines de milliers de voyageurs clandestins. Un point sensible découvert en 2010 : cette année-là, environ 55 000 personnes ont été arrêtées, côté grec, après avoir franchi illégalement la frontière, à pied, à travers champs, soit une hausse de 415 % sur un an ! Combien sont entrées sans être détectées ? Peut-être trois fois plus. La frontière gréco-turque est devenue, de très loin, le premier point d'entrée des clandestins dans la zone Schengen.

Mission de police européenne

En novembre 2010, l'agence Frontex, chargée de la surveillance des frontières extérieures de l'Union européenne, a donc décidé de déployer pour la première fois une mission de police (baptisée " Rabit "), rassemblant des représentants des 27 pays membres. Cette mission a été étendue avec le dispositif européen " Poséidon ". En 2011, les passages dans la région d'Edirne ont quasiment baissé de moitié. L'agence européenne se félicite d'une diminution de 41 % des interpellations au nord de la zone frontalière.

" La situation s'améliore. La mission Frontex a eu un effet, estime Jean-Noël Magnin, l'un des officiers de la police aux frontières française (PAF) détaché à Alexandroupolis, à l'ouest de l'Evros. Des moyens ont été mis en oeuvre avec, par exemple, un hélicoptère équipé de caméras thermiques qui survole la région. Aujourd'hui, on arrive à briser des maillons de la chaîne. Mais quoi qu'il arrive, cette frontière restera toujours un point sensible. " Selon ce policier, spécialiste des faux papiers, 130 " facilitateurs " (des passeurs) ont été arrêtés en 2011.

En réalité, les routes d'accès à la Grèce se sont déplacées vers le sud. Le nombre d'entrées a été multiplié par trois dans la province grecque d'Alexandroupolis. Environ 60 000 illégaux ont été interceptés en provenance de Turquie en 2011, un nombre en augmentation par rapport à 2010. Et, chaque nuit, des dizaines parviennent à entrer sans être pris. Les migrants traversent désormais le fleuve Evros, en barque ou en Zodiac, sur des chambres à air de camion, parfois même en s'accrochant à une corde tendue entre les deux rives.

" Ils peuvent construire toutes les clôtures qu'ils veulent, nous passerons toujours ", fanfaronne Ali, un contrebandier turc du village de Karaagaç. Les réseaux de passeurs, mouvants et de mieux en mieux organisés, se jouent des obstacles. En 2012, le rythme s'est accéléré : plus de 5 000 passages ont été " détectés " sur les deux premiers mois, soit une hausse de 30 % par rapport à l'année précédente.

Sur le quai de la gare d'Alexandroupolis, un couple de Syriens et leurs quatre enfants attendent le train pour Athènes. Partie d'Alep, entrée légalement en Turquie, cette famille a été prise en charge par des passeurs contre plusieurs milliers d'euros. " Avec la situation politique, cela devenait trop dangereux ", soupire la femme, un bébé dans les bras.

Après Istanbul, puis une traversée périlleuse de l'Evros et, enfin, deux jours passés dans la cellule crasseuse d'un centre de rétention de la police grecque, ils peuvent poursuivre leur route. Une fois enregistrés par les policiers de Frontex dans le fichier Schengen, ils repartent, comme les autres migrants, avec une injonction de quitter le territoire grec dans les trente jours. C'est plus qu'il n'en faut. A peine quelques jours plus tard, ils seront en Allemagne.

Des passeurs qui s'adaptent

Les Syriens comme eux sont de plus en plus nombreux à parvenir jusqu'à la frontière grecque : au moins 1 500 l'ont traversée clandestinement en janvier et février. Conséquence directe des violences qui frappent la Syrie depuis un an. Sur le quai de la gare, les Syriens croisent des Afghans, des Pakistanais, des Iraniens, des Somaliens, des Algériens, ainsi que des Dominicains. Et tous ont emprunté la même route.

Chaque fois que l'Europe renforce ses contrôles, les réseaux de passeurs s'adaptent à la nouvelle donne, estime Piril Erçoban, responsable d'une association turque de solidarité avec les réfugiés (Multeci-Der), basée à Izmir. " Hier, les migrants passaient par la mer Egée, aujourd'hui par le fleuve Evros, demain, ce sera par la frontière bulgare ", dit-elle.

Jusqu'en 2005, les côtes espagnoles et italiennes étaient les plus abordables. Puis les routes migratoires se sont détournées vers la frontière gréco-turque : de 2006 à 2009, les migrants tentaient de rejoindre les îles de la mer Egée, Samos, Lesbos, Kos, entassés sur des barques de pêche.

La Turquie est facilement accessible, et Istanbul, carrefour de tous les trafics, à trois heures de la frontière grecque, est devenue une plaque tournante pour l'immigration clandestine vers les pays de l'UE. Mais la Bulgarie et la Roumanie, dont l'adhésion à la zone de libre circulation de Schengen a été reportée, commencent à voir débarquer de plus en plus de clandestins.

" Pour les candidats à l'émigration, peu importe le temps, les murs, les grilles, qu'il y ait Frontex ou non... déclare Mme Erçoban. Ils ne sont pas en visite touristique, ils fuient des violations des droits de l'homme, des guerres. Il y a toujours un chemin... Cela va continuer mais il faudra payer de plus en plus cher, et de plus en plus de gens vont mourir en tentant de traverser. "

En 2011, environ 80 corps ont été retrouvés sur les rives grecques. Une cinquantaine côté turc, selon le gouvernorat d'Edirne. L'hiver, les noyades dans l'Evros et les cas d'hypothermie sont courants. En janvier, onze Algériens sont morts après avoir chaviré dans les eaux du fleuve en crue.

Dans ces conditions, le ticket pour un aller vers Schengen se monnaie à partir de 500 euros à la frontière. Les voyageurs paient parfois jusqu'à 8 000 euros pour une prise en charge depuis leur pays d'origine, jusqu'à leur destination finale, faisant la fortune des réseaux mafieux.

Guillaume Perrier

2012/04/10

Assurance-maladie en France : l'ampleur des dépassements d'honoraires

Au total, 66 médecins, dont 63 à Paris, facturent plus de cinq fois le tarif conventionnel
écrivent Jean-Baptiste Chastand, Laetitia Clavreul et Alexandre Léchenet.
Pour la première fois, Le Monde a quantifié la moyenne des dépassements d'honoraires pour les consultations dans les dix plus grandes villes de France. En s'appuyant sur les données, publiques, d'Ameli-direct, le site de l'assurance-maladie, nous avons mesuré le tarif demandé en moyenne aux patients, médecins généralistes et spécialistes confondus. Un exercice qui nous a aussi permis de relever la répartition des praticiens selon les prix demandés (deux fois, trois fois, etc., le tarif de la "Sécu").
… Certes, payer cher est pour certains patients un choix. Mais cela suffit-il à justifier l'emballement du système ?

… Le phénomène est connu: les médecins qui s'installent en zone surdotée en professionnels, comme l'est Paris, ont tendance à pratiquer des tarifs plus élevés, comme l'avait montré une étude de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques en 2011. Ce qui permet d'avoir moins de patients, tout en gagnant autant, voire plus. Alors qu'on aurait pu s'attendre à ce que la concurrence fasse baisser les prix, c'est l'inverse qui se produit, les médecins ayant tendance au mimétisme dans la fixation de leurs tarifs.

2012/04/05

Alors que Le Monde répète les accusations de racisme hystériques, de plus en plus de Noirs américains s'attaquent aux antiracistes professionnels

Et un de plus ! Encore un faux scandale de racisme, en première page du Monde (censé par ailleurs faire oublier aux Américains les échecs déplorables de Barack Obama en matière d'économie (prix du pétrole, etc) et censé rappeler aux Français et aux autres étrangers à quel point l'Amérique est un enfer cauchemardesque de racistes déchaînés)…

Les titres ? Sensationnels à souhait : à la une, on évoque James Bond et d'autres assassins professionnels sans états d'âme, avec Dans l'Amérique surarmée où il est permis de tuer ; à l'intérieur, Au pays des homicides justifiables.

Non, Le Monde, il n'est pas "permis de tuer", il est permis de se défendre.

Oui, Le Monde, c'est vrai, quand un homicide provient d'une acte auto-défense, et cela même en France, il est a priori considéré justifiable…

Dans l'article, Philippe Bernard semble évoquer les joyeux lurons de La Boum en décrivant Trayvon Martin comme un "lycéen" et un "adolescent". Un lycéen, de quelque couleur qu'il fût, qui vous cogne la tête dans l'asphalte n'est pas un des compagnons inoffensifs de Sophie Marceau.
Le texte [du parlement de la Floride] exonère de poursuite tant pénale que civile quiconque utilise "la force, y compris létale" pour défendre son droit à rester "dans n'importe quel endroit où il a droit de se trouver". Sans cette disposition analysée par les opposants comme un véritable "permis de tuer", l'adolescent ne serait peut-être pas mort. En tout cas, son meurtrier ne serait pas en liberté.
Philippe Bernard a raison, bien sûr. Mais pourquoi l'alternative ne pourrait être qu'à l'eau de rose ? — sans doute "le meurtrier" (qui n'en serait plus un, en effet) ne serait pas en liberté. Peut-être que George Zimmerman serait mort, lui, à la place de son assaillant ou dans le coma. Qui peut le savoir ? "Sans cette disposition" aussi, il y aurait peut-être plus de crime aussi (puisque les criminels auraient moins raison d'avoir peur d'une personne qui pourrait être armée). Mais il y a plein de présomptions sur cette affaire (sans parler de recherche de victimes et d'insanités), par les antiracistes professionnels, qu'en fait ils ne savent pas, qu'ils ne peuvent pas (encore) savoir, et que personne ne connait (encore — et peut-être jamais), sans parler des — vraies — victimes dans cette affaire qui sont ignorées par la gauche

On a ensuite droit à des chiffres terrifiants. Terrifiants, vous dis-je, car
le nombre d'"homicides justifiables", c'est-à-dire dont l'auteur échappe à toute poursuite,
aurait triplé. C'est-à-dire qu'il serait passé de… "12 à 36 par an en Floride." On comprend q'on n'évoque pas les statistiques en termes de pourcentage, car dans un État de 19 millions d'habitants, les chiffres de 12, 24, 36, ou même 100 ou 190 (190 équivaudrait à 0,001%, sans doute trop, dans tous les cas, mais pas exactement de quoi faire état de "Far West sauvage, sauvage") paraîtraient bien moins impressionnantes. Enfin, cette phrase, qui est édifiante :
Des meurtres commis aussi bien lors de querelles de voisinage, de disputes de bar ou de rixes entre automobilistes, restent ainsi impunis.
Impunis. Comprendre que pour Philippe Bernard (et pour la raison d'État?), les citoyens, ou en tout cas ceux responsables d'homicides, sont présumés coupables (ou abrutis), passables de punition, sans pouvoir se défendre (par la loi censé… restaurer la présomption de l'innocence)… Ce pourquoi, précisément (!), la loi "Stand Your Ground" ("Défendez votre territoire !") avait reçu un large soutien !

Quant au sujet du racisme, notez que Le Monde n'appelle plus George Zimmerman un Blanc (puisqu'il est latino) et ne fait plus valoir qu'il est (ou qu'il serait symbolique des) conservateur(s) (puisqu'il est démocrate, soit de gauche).

Surtout, Philippe Bernard ignore les critiques, de plus en plus nombreuses, du politiquement correct et de la pensée unique par les Noirs américains, tant de droite que de gauche, comme cet article écrit par Juan Williams :
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them?

The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. … Black America needs to get out of the rut of replaying racial injustices of the past.

… While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America.

Enfin, un résumé des l'histoire des scandales racistes les plus récents nous apprend à quel point il apparait qu'après l'hystérie initiale, ces scandales sont une fumisterie.

… virtual hailstorms of racist graffiti and nooses materializ[ed] on college campuses, all of which invariably end up having been put there by the alleged victims, the [mainstream media] didn’t even pause before conjuring a racist plot in the shooting death of Trayvon Martin in Florida last month.

Like Captain Ahab searching for the Great White Whale, the [MSM] is constantly on the hunt for proof of America as « Mississippi Burning. »

Over St. Patrick’s Day weekend, the month after Martin was killed, gangs in Chicago shot 10 people dead, including a 6-year-old girl, Aliyah Shell, who was sitting with her mother on their front porch.

One imagines MSNBC hosts heaving a sign of relief that little Aliyah was not shot by a white man, and was thus spared the horror of being a victim of racism.

As it happens, Trayvon Martin wasn’t shot by a white man either, but by George Zimmerman, a mixed-race Hispanic who lives in a diverse (47 percent white) gated community and tutors black kids.

But Hispanic is close enough for the NFM. They’re chasing the Great White Whale of racist America and don’t have time to check to see if the whale is actually a guppy.

… On the basis of little else, the media conjured a Hollywood script: A « white » man was « stalking » a little black kid — who could be Obama’s son! — confronted him, beat him senseless as the small black child screamed for help, and finally shot the kid dead, « just because he was black. »

Two weeks of nonstop hysteria later, it turns out that every part of that gripping plot is based on nothing that could be called a reasonable assumption, much less a fact.

Poir finir, un commentateur noir de plus fait valoir que la mort du Trayvon est en train d'être exploité par les antiracistes professionnels :

SHELBY STEELE: The Exploitation of Trayvon Martin. “The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by.”

2012/04/03

Agents du fisc en bordure de route : En France comme à l'étranger, les lois, ce n'est que pour les manants

En France comme à l'étranger, les lois, ce n'est que pour les manants…
This video … shows a police car operating at a velocity of 94 miles per hour [151 km/h] in a marked 40 zone [zone à 65 km/h]. At around the one-minute mark, we see the police car strike a Mazda containing two teenagers. Both are killed. The police car is not running its lights, was not operating the siren, and was not even responding to an emergency.

Here’s the best (or worst) part: the officer who killed the kids, Jason Anderson, was apparently “racing” the officer whose car recorded the video, one Richard Pisani. Pisani is traveling at about 74 mph during one part of the video. In a marked 40. I cannot find any evidence that Officer Pisani was in any way disciplined for his conduct. Think about that for a moment.

Et Jack Baruth y pense, justement…
… nous arrivons à la première contradiction dans les lois modernes pour excès de vitesse : l'approche basée sur les amendes. Si vous dépassez une limite de vitesse de moins de trente miles [50 km] par heure dans la plupart des endroits, vous serez condamné à une amende et/ou à l'ajout de points sur votre permis de conduire [au retrait des points, en France et dans d'autres pays]. Si la vitesse est dangereuse, et si les gens meurent par excès de vitesse, pourquoi les chauffards ne sont-ils pas jetés en prison ?

… À moins que vous ne ralentissiez au-dessous de la limite de vitesse affichée à la vue du flic, puis que vous l'attendiez patiemment pour arriver à votre hauteur, votre poursuivant devra lui aussi dépasser la limite de vitesse.

Pensez-y, à ce sujet. Habituellement, il n'est pas nécessaire d'assassiner des gens pour attraper un meurtrier, il n'est pas nécessaire de violer des passants innocents pour punir un violeur. Si votre voiture a été volée, vous ne vous attendrez pas à ce que le policier venant prendre votre déclaration arrive dans une voiture volée. Et pourtant, nous acceptons généralement l'idée qu'un agent de police dépasse la limite de vitesse afin de rattraper des chauffards. Encore plus intéressant, nous acceptons qu'il est "nécessaire" de dépasser la limite de vitesse de façon bien plus considérable que ne l'a fait le délinquant original. … Ce flic en train de faire une fois et demie la limite de vitesse représente peut-être une plus grande menace pour le bien du public que le délinquant original.

… Ce ne serait pas un problème si les flics n'avaient jamais d'accidents, mais ils en ont. En fait, il y a tout le temps des accidents de voitures de police.

... Si nous, en tant que société, ne sommes pas prêts de risquer des vies innocentes pour attraper des voleurs de banque ou des malfaiteurs en fuite, pourquoi devrions-nous supporter un risque similaire afin de, tout simplement, taxer les automobilistes, qui sont souvent en train de conduire à une vitesse qui est tout à fait raisonnable et approprié ? … peut-être les municipalités, et les citoyens de ces municipalités, devraient être inspirés de mieux examiner si leur policiers servent le public au mieux en jouant le rôle d'agents du fisc en bordure de route.

Il semble raisonnable de dire que la police ne devrait pas être autorisé à faire la course effrénée sur la route, mettant en danger le public pour la simple raison de donner des amendes. Le problème devient alors: Quis custodes ipsos custodiet? Qui va surveiller les surveillants? Comment la police peut-être empêché de mettre en danger le public?

2012/04/01

Dans le vieux débat assimilant l'Europe à Vénus et l'Amérique à Mars, Sarkozy et Obama ont ainsi parfois semblé incarner des rôles inversés

Dans le vieux débat assimilant l'Europe à Vénus et l'Amérique à Mars, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont ainsi parfois semblé incarner des rôles inversés
ecrit Natalie Nougayrède dans Le Monde.

Paris et Washington, une relation tout en nuances

Loin de s'être " aligné " sur les Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a cherché à camper la France en acteur ambitieux sur les dossiers de crise. Quitte à braquer la Maison Blanche

La France, " plus vieil allié " des Etats-Unis, " allié mais pas aligné ", " Sarko l'Américain "... les slogans sont connus. Il est certain qu'après la rupture majeure qu'avait provoquée la guerre d'Irak de 2003, quand, outre-Atlantique, les Français étaient décrits comme des " singes mangeurs de fromage et capitulant " et quand les frites étaient baptisées " Freedom " plutôt que " French ", l'ère Sarkozy s'était ouverte en 2007 avec un affichage appuyé d'amitié, si ce n'est de réconciliation. Le président effectuait une visite d'Etat en novembre aux Etats-Unis de George W. Bush, et lançait devant le Congrès un cri du coeur pour l'Amérique. Il omettait de mentionner le problème de Guantanamo alors qu'Angela Merkel, elle, avait fait connaître sa désapprobation publiquement à M. Bush.

Le hiatus franco-américain avait en réalité déjà été en partie résorbé par Jacques Chirac, qui, dans les années 2004-2005, avait convaincu l'administration Bush, avide de promotion d'une " démocratie " au Moyen-Orient, qu'il serait bon de déployer cet effort ensemble au Liban, en chassant de ce pays les troupes syriennes. La coopération antiterroriste bilatérale de l'après-11-Septembre ne s'était en outre jamais démentie, symbolisée par le mystérieux centre de coordination " Alliance Base ", au coeur de Paris, rassemblant des services secrets occidentaux. Son existence avait été opportunément révélée au Washington Post fin 2005 à l'initiative de l'Elysée, pour prouver l'excellence de la relation. Au même moment éclatait le scandale des prisons et des vols secrets de la CIA en Europe.

Le marqueur " anti-djihad terroriste " de Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur à partir de 2002, et voyageant à ce titre régulièrement dans des pays arabes peu regardants sur les méthodes d'interrogatoire des détenus, n'avait pas échappé aux responsables américains faisant de la " guerre contre la terreur " l'alpha et l'oméga de l'action extérieure. Peut-être, outre les affinités de caractère, faut-il d'ailleurs rechercher là une clef de sa bonne entente avec George W. Bush.

Avec Barack Obama, qui, pour redresser l'image de son pays, voulut mettre en sourdine le langage de la chasse aux terroristes - sans renoncer à la chasse elle-même, comme l'a montré la mort de Ben Laden, ou la multiplication des opérations de drones -, le langage a paru parfois décalé. Ainsi cette scène : en janvier 2011, Nicolas Sarkozy, qui prépare sa double présidence du G8 et du G20, est reçu à la Maison Blanche par Barack Obama. A propos des événements au Sahel, où deux jeunes Français kidnappés viennent de trouver la mort, le chef de l'Etat parle avec emphase de " combattre les terroristes partout dans le monde ", tandis qu'à ses côtés l'impassible dirigeant américain évoque sobrement un " défi " nécessitant de la " coopération ".

Le retour de la France dans les structures militaires intégrées de l'OTAN après quarante-trois ans d'absence a été acté par M. Sarkozy en 2009 mais préparé avant même son élection sans qu'il en soit question dans ses propos de campagne électorale. Les remous politiques en France redoutés par l'Elysée n'eurent pas lieu. L'affaire était présentée comme la résorption d'une " exception " qui privait la France de leviers au sein de l'Alliance. On rappelait que Jacques Chirac, au milieu des années 1990, avait déjà voulu en faire autant. Ce " retour " n'allait pas empêcher l'Elysée de refuser à Barack Obama, quelques mois plus tard, le moindre " soldat combattant " français supplémentaire pour l'Afghanistan : le " surge " français avait déjà eu lieu.

En 2011, quand la France entre en guerre en Libye, c'est dans un premier temps contre la " machinerie " de l'OTAN que sa diplomatie se positionne. Et si, durant les années Sarkozy, " l'Europe de la défense " n'a pas vraiment pris son envol, ce n'est pas tant parce que l'OTAN l'empêchait - George Bush avait déjà donné son imprimatur en 2008, au sommet de Bucarest, à une telle évolution -, mais parce qu'au fond, à l'Elysée, on n'y croyait qu'à moitié, et que les partenaires " poids lourds " manquaient pour la réaliser. Le rapprochement bilatéral avec le Royaume-Uni paraissait plus réaliste et urgent. L'épisode libyen n'a pas amélioré le lien avec M. Obama. Pour ne pas hériter d'une nouvelle " guerre américaine ", celui-ci retirait ses avions bombardiers au bout de dix jours d'opérations - ce qui poussa M. Sarkozy à minimiser, voire dénigrer, l'apport du Pentagone pourtant essentiel à l'effort de la coalition. Sur plusieurs autres dossiers, les divergences ont été notables : insistance française sur une ligne stricte face à l'Iran, rejet français teinté d'ironie face au slogan d'un " monde libre d'armes nucléaires " lancé par M. Obama, soutien mitigé de Paris à la défense antimissile perçue comme potentiellement attentatoire à la dissuasion, hostilité farouche de M. Sarkozy envers la Turquie d'Erdogan érigée en partenaire de choix par Washington...

Nicolas Sarkozy n'a donc pas " aligné " la France sur les Etats-Unis, quoi qu'en disent certains détracteurs. Il a cherché à s'appuyer sur la notion de " famille occidentale " pour obtenir des marges de manoeuvre et camper la France en acteur ambitieux sur les dossiers de crise, quitte à braquer Washington. En 2008, quand des membres du Hezbollah sont invités à La Celle-Saint-Cloud pour parler du Liban, l'administration Bush n'est pas vraiment contente.

M. Sarkozy a ensuite paru frustré par Barack Obama, le jeune président américain " du Pacifique " qui démontrait si peu d'attachement à l'Europe, une grande inefficacité dans sa relation avec Israël sur le dossier palestinien, et s'est de surcroît décrit un jour comme " de centre gauche ".

Barack Obama semble aussi avoir vu dans le leader économique européen qu'est l'Allemagne un interlocuteur à privilégier, et pas seulement sur des questions financières. La nouvelle Allemagne plutôt pacifiste, tournée vers les émergents et l'Asie pour entretenir sa force de frappe exportatrice, semblait en phase avec sa vision du monde. Dans le vieux débat assimilant l'Europe à Vénus et l'Amérique à Mars, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont ainsi parfois semblé incarner des rôles inversés. Mais c'est là prendre le risque d'oublier que le président américain a aussi durci sa posture en l'espace de quelques années : le redéploiement stratégique face à la Chine en atteste, ainsi que les renforcements militaires dans le Golfe. Et ce serait aussi oublier que, malgré l'intransigeance affichée par Nicolas Sarkozy face à l'Iran, la France n'est jamais allée jusqu'à dire, comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, que " toutes les options sont sur la table ". France - Etats-Unis, une alliance aux multiples nuances.

2012/03/24

L'automobiliste paie une amende majorée, perd ses points, et surtout se voit refuser le droit de se défendre ; C'est inadmissible !

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) vient de condamner la France pour avoir refusé à des automobilistes de contester leurs contraventions, et ce à trois reprises. Les juges condamnent le système de consignation, une somme d'argent à transmettre à l'administration pour avoir le droit de mettre en cause la validité d'une amende, ainsi que l'attitude de certains officiers du ministère public (OMP).

Rémy Josseaume, un des automobilistes qui a eu gain de cause, est interviewé par Anne-Gaëlle Rico in Le Monde :
L'automobiliste paie une amende majorée, perd ses points, et surtout se voit refuser le droit de se défendre. C'est inadmissible !

… Je me suis fait traiter "d'emmerdeur" et de "procédurier", mais la décision de la CEDH est finalement une grande victoire. Le ministère de la justice doit comprendre : si l'administration continue à automatiser les contraventions et les sanctions, je vais automatiser les recours devant la CEDH. L'administration ferme les yeux sur les agissements illégaux des officiers de police, ce qui est très grave. Quant à la consignation c'est du vol. Le ministère de la justice a pris acte de la décision et a promis des annonces dans la semaine. Je

2012/03/23

Si Mohamed Merah a pu assassiner c'est également parce que le djihadiste a été couvé par l'angélisme des moralistes, ces donneurs de leçons

Michel Garroté a plus sur le tueur de Toulouse :
Ivan Rioufol dénonce les complices :
« Le fanatisme salafiste ne peut être tenu pour seul responsable de la barbarie qui a terrorisé la France, en y important les germes d'une guerre civile. Si le Français Mohamed Merah, 23 ans, a pu assassiner c'est également parce que le djihadiste, se réclamant d'al-Qaida et de ses réseaux, a été couvé par l'angélisme des moralistes. Ces donneurs de leçons récitent depuis des lustres une propagande ayant décrété qu'il ne fallait pas "montrer du doigt" ni critiquer les dérives d'une religion surprotégée. L'aveuglement volontaire sur la montée de l'islam radical en France est comptable de la tragédie natio­nale. Toute une construction idéologique s'effondre tandis que tombent les masques des associations subventionnées (SOS-Racisme, Mrap, Indivisibles, etc.) : mises au service des minorités ethniques et religieuses, elles ont imposé un politiquement correct qui a interdit d'élémentaires critiques et rappels à l'ordre contre les embrigadements ».
Rioufol demande des comptes aux "moralistes". "Qui a couvé ce monstre ?", demande-t-il.
« Ceux qui, dès lundi, ont accusé tout à la fois Marine Le Pen (Dominique Sopo de SOS Racisme), les "pyromanes de l'identité française" (Bernard Henri-Lévy), "un climat de haine" (Corinne Lepage) ou "l'intolérance" menée par "ceux qui montrent du doigt en fonction des origines" (François Bayrou) se retrouvent confrontés à leur aveuglement et à leur lâcheté sur la montée en puissance de l'islam radical en France. Car le barbare, Mohammed Merah, 24 ans, Français d'origine algérienne, soutenu par un réseau familial, se réclame d'Al Qaïda, du jihad et de sa guerre menée contre l'Occident et les mécréants. Les accusateurs qui voulaient que la France silencieuse le redevienne vont devoir rendre des comptes ».
Laxisme d'Etat quant au traitement de l'islam radical en France ? C'est la question que pose Joachim Véliocas, le directeur de l'Observatoire de l'islamisation :
« L'identité du tueur étant connue, il n'est aujourd'hui pas trop tôt pour tirer quelques conclusions. Il est urgent d'en tirer rapidement, car même en cette période de deuil, je pense que les victimes auraient été les premières à vouloir mettre le doigt sur des étonnants dysfonctionnements : comment un individu, fiché pour non seulement fréquenter la mouvance salafiste mais être de surcroit déjà connu pour avoir effectué plusieurs voyages au Pakistan et en Afghanistan, où on doute qu'il y alla pour aborder ces pays sous l'angle de l'histoire de l'art, n'est-il pas surveillé de très près ?

Comment Merah a-t-il pu acquérir des armes de guerres et des munitions si facilement : une kalachnikov, un fusil-mitrailleur automatique, des pistolets, alors qu'il aurait dû être étroitement surveillée ? … »
A propos de l'affaire de Toulouse-Montauban, Bernard Antony dénonce :
"Une fois de plus, on tentait de faire avaler au peuple français la désinformation avec les trois grosses ficelles de l’amalgame classique : tout crime à motivation apparemment raciste et/ou antisémite est le fait de nazis. L’extrême-droite est réputée nazie, donc coupable. La droite nationale est réputée proche de l’extrême-droite, donc coupable, et coupable donc tout ce qui ne s’aligne pas sur la pensée unique de l’antiracisme. À cela s’ajoute désormais que l’on entend faire passer comme « musulmanophobe » toute légitime critique de la théocratie totalitaire islamique politico-sociale qui pourtant, dans des dizaines de pays, impose aux non-musulmans des régimes rigoureux ou atroces de dhimmitude. Un rédacteur du Nouvel Obs déclarait sur twitter : "p*tain je suis dégoûté que ça soit pas un nazi". Devant le tollé, il a effacé ce message et se justifie : "Je précise que le sens était : malheureusement ça va être encore un prétexte pour stigmatiser les musulmans".

2012/03/20

L'antisémitisme new-age

Alors que SOS Racisme affirme que la tuerie de Toulouse serait dû au discours du Front National, Michel Garroté fait valoir que "le sang juif qui a coulé depuis la Deuxième guerre mondiale ne l’a pas été des mains de l’extrême-droite mais davantage de l’antisémitisme new-age lié soit à l’islamisme soit au conflit moyen-oriental."
Hier soir, au Grand Journal, sur Canal+, un leader de SOS Racisme a sous-entendu que la tuerie de Toulouse serait, selon lui, en quelque sorte le résultat du discours tenu depuis des années par le Front National. Le tueur de masse serait, en plus, un néonazi. Voilà pour l’ambiance.
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Cet incroyable négationnisme de SOS Racisme est vertement critiqué par Ivan Rioufol :
« Dans un communiqué, SOS Racisme suggère de "s'interroger sur l'affaissement dans notre pays de la parole politique, intellectuelle et médiatique envers les discours racistes et en faveur des discours de vivre ensemble". Cette organisation, mise au service de la défense des minorités ethniques, pourrait aussi bien s'interroger sur sa propre responsabilité dans la mise en scène des concurrences victimaires et sur son aveuglement face aux dérives communautaristes encouragées par l'idéologie différentialiste. En 2000, les antiracistes professionnels n'avaient rien voulu voir de la montée du sentiment anti-juif dans les cités. Se précipiter ainsi pour faire la leçon relève de l'indécence »,
conclut Ivan Rioufol.
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Car, effet, le sang juif qui a coulé depuis la Deuxième guerre mondiale ne l’a pas été des mains de l’extrême-droite. L'avocat Gilles-William Goldnadel déclare ainsi à Atlantico, à propos de la tuerie à Toulouse : « A ce stade, il est urgent d’attendre avant que de commencer à conjecturer. J’ai, malheureusement, une trop longue expérience des attentats antisémites de ces trente dernières années pour savoir que les premières pistes ont rarement été les bonnes et pour me méfier des déclarations à l’emporte-pièce du personnel politique - ou plus encore des associations antiracistes. Mais je ne sais si le drame est en lien avec ce que s'est déjà passé. Une chose est certaine : de la Rue Copernic, en passant par la fusillade de la rue des Rosiers, jusqu’à la triste affaire Halimi, il est clair que le sang juif qui a coulé depuis la Deuxième guerre mondiale ne l’a pas été des mains de l’extrême-droite mais davantage de l’antisémitisme new-age lié soit à l’islamisme soit au conflit moyen-oriental. C’est une certitude absolue. Le fond historique est indéniable ».

Dans les jours à venir, nous devrons nous attendre au pire : car je ne serais pas surpris d’entendre certains alléguer que si des enfants juifs se font massacrer en France, ce serait soi-disant « à cause de la politique menée par l’Etat d’Israël »…