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2008/12/15

"Le danger est que les Russes ne se font pas à l'idée que nous n'appartenons plus à leur empire ; Pour eux, tout doit se faire avec leur permission"

Dans un article sur le ministre tchèque des affaires étrangères, Karel Schwarzenberg (ou elle semble essayer de poursuivre l'habitude, bien française, de caricacaturer toute personne de tendance capitaliste, cf, de décrire Vaclav Klaus avec le plus de mots à tendance négative, c'est-à-dire comme un "président atrabilaire, colérique, ultralibéral et europhobe"), Marion Van Renterghem réussit pourtant à décrire la vue tchèque du communisme comme des relations avec les anciens maîtres russes. Après son retour de l'Autriche à la suite de la révolution du velours, Karel Schwarzenberg
parcourait le pays les week-ends pour essayer de le comprendre. Un lundi, il a confié au président son état de déprime après une incursion dans le nord du pays : bâtiments délabrés, églises effondrées, paysages dévastés. « Le président [Vaclav Havel] m'a dit : «Ecoute : tu reviens d'un pays riche. Tous ces problèmes environnementaux, nous saurons les résoudre un jour. Mais la catastrophe qui a miné le fond de nos âmes, nous mettrons très longtemps à nous en remettre.» Il avait raison. Les dégâts humains du communisme, c'est impossible à expliquer. C'est comme décrire à un Congolais une tempête de neige. »

Il a tiré de cette expérience, comme Vaclav Havel, une méfiance identitaire envers les Russes et un lien viscéral avec les Etats-Unis. Il a pris position pour la guerre américaine de 2003 en Irak. Et défend mordicus, contre les Verts qui l'ont nommé ministre, et contre la majorité de la population, le projet de radar antimissile américain sur le sol tchèque. D'abord par constat des insuffisances de l'Europe de la défense et de la nécessité des liens transatlantiques pour assurer la sécurité. Et, surtout, pour tenir tête à la Russie, qui considère le radar comme un affront personnel. « Les Russes ont prouvé leur sens de la responsabilité. Le danger ne vient pas de leurs armes. Le danger est que les Russes ne se font pas à l'idée que nous n'appartenons plus à leur empire. Pour eux, tout doit se faire avec leur permission. «This is not a soviet territory !» Il faut sans cesse le leur rappeler. »

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