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2012/09/10

Face au "rythme soutenu des assassinats" à Marseille


'ARMÉE pour garantir la sécurité dans les quartiers ?
demandent Laurent Borredon dans Le Monde (qui inclut aussi un article de Sylvia Zappi) tandis que les Français critiquent la violence chez ces fous des armes à feu aux États-Unis.
Bien sûr, ils ont été un peu piqués au vif, les flics marseillais, par la proposition de la sénatrice PS, Samia Ghali, le 30 août dans La Provence. Mais la déclaration les a placés face à leur bilan. Alors ils sont montés au créneau, avec en tête le premier d'entre eux, le préfet délégué à la sécurité, Alain Gardère, qui est allé jusqu'à assurer, le 31 août, sur RTL, que Marseille est « plutôt une ville paisible ». Depuis janvier, 14 personnes ont trouvé la mort dans des règlements de comptes par armes à feu liés au trafic de stupéfiants. Sans compter ces corps calcinés découverts dans les villes qui jouxtent les quartiers nord, ou cet homme qui est mort, le 12 février, de huit coups de couteau, dans la cité de Frais-Vallons. Il était sorti de prison le jour même.

« On essaie de faire face, on n'est pas démotivé », assure un responsable de la PJ locale. Mais, avec le rythme soutenu des assassinats, une affaire chasse l'autre. Le début de l'année est représentatif : du 12 février au 28 mai, pas moins de onze morts dans des règlements de comptes en seize semaines, rien qu'à Marseille. Le problème d'affichage réside dans le décalage - inévitable en police judiciaire - entre les faits et leur résolution. « Ce ne sont pas des trucs qu'on peut régler en un claquement de doigts, il faut faire un gros travail de terrain. La police technique et scientifique nous aide, mais les délais sont longs. Tout ça est incompréhensible pour le grand public », explique un haut responsable parisien, passé par Marseille, comme beaucoup. « Tout est compliqué par la loi du silence », ajoute un responsable marseillais …
« Poser le bon diagnostic »
Car si les règlements de comptes ont toujours existé à Marseille (dans les années 1980 ou 1990, le chiffre évoluait déjà entre 15 et 20 par an), la ville connaît une recrudescence, depuis 2008, à rebours de la situation nationale. En 2011, près d'un tiers des meurtres entre truands en France ont eu lieu dans les Bouches-du-Rhône. Et 2012 s'annonce comme une année record.

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