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2005/03/12

«Une intervention étrangère, quel que soit le nom que vous lui donnez, est parfois utile»

Relire les certitudes sur l'Irak, recopiées depuis deux ans
écrit Ivan Rioufol, dont le bloc-notes évoque la "pertinence des appréciations de l'administration Bush sur le désir de liberté des peuples du Moyen-Orient".
Experts, politiques, commentateurs : tous auront prédit la révolte de la rue arabe, la vietnamisation du conflit, le choc des civilisations, la chute de George Bush. Confortés par leur unanimisme, ils auront bien ri de l'«ignorance abyssale de la réalité du Proche-Orient» dont les États-Unis auraient fait preuve, pour avoir estimé que l'élimination de Saddam Hussein inspirerait cette région. «Bush-Sharon, assassins !» scandait la rue, fière de voir la France porte-parole du «camp de la paix».

Mais les faits ne se plient pas à ces auto-intoxications, souvent dénoncées ici. Seule la pression terroriste alimente le pilonnage médiatique des anti-guerre sur le «chaos» irakien. La mort de Nicola Calipari, agent secret italien, tué accidentellement vendredi par des tirs américains, alors qu'il venait de délivrer la journaliste Giuliana Sgrena, a d'ailleurs renforcé les convictions de ceux qui dénoncent, dans la présence occidentale, une oppression légitimant la «résistance» des nazislamistes.

Les élections en Palestine ? La libération du Liban ? «Coïncidences», répondent les apparatchiks de la pensée unique. Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, ne voit que l'Ukraine comme source d'inspiration de la «révolution du Cèdre». Mais le Libanais Walid Joumblatt admet, lui, s'être trompé dans son opposition à la guerre en Irak : «C'est mon fond d'éducation soviétique qui me faisait dénoncer l'impérialisme (américain). Une intervention étrangère, quel que soit le nom que vous lui donnez, est parfois utile.»

Regarder les faits récents invite à constater que Bush, s'il a additionné les erreurs, marque des points. La relance des discussions entre Israéliens et Palestiniens après la mort d'Arafat a donné raison aux États-Unis, qui accusaient le protégé de la France d'être l'obstacle à la paix. En Irak, le succès des élections législatives du 30 janvier a contredit les prédictions assurant que le peuple refuserait un processus imposé de démocratisation. «Je ne suis pas Saddam Hussein, je veux coopérer», dit à son tour le président syrien Bachar el-Assad.

Ces premiers résultats soulignent l'angélisme de la théorie française du «soft power», cocktail de pacifisme et de multilatéralisme censé faire prévaloir la politique d'un pays sur d'autres Etats grâce à «l'attraction, la force de conviction, la persuasion» (Pascal Boniface, expert en géopolitique). L'aspiration au changement du Moyen-Orient illustre aussi l'erreur qu'il y avait, à Paris, à redouter une guerre des cultures. Seul l'islamisme rétrograde reste le vrai danger. …

Cet aveuglement d'une intelligentsia, se mirant dans sa posture moraliste : cela ne vous rappelle rien ? Raymond Aron, dont on célèbre cette semaine le centenaire de la naissance, avait décrit l'attraction exercée par l'idéologie communiste sur la plupart des intellectuels. Or l'antiaméricanisme opère à nouveau le même obscurcissement des raisonnements chez nos «faux gentils». C'est la France antiimpérialiste, tiers-mondiste, pacifiste, humaniste, proarabe qui a préjugé de la politique de Bush, en tenant les mêmes propos que la défunte URSS. Excommunications comprises pour les dissidents. …

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