Share It

2013/10/15

La Tea Party serait raciste sans aucun Noir parmi ses membres ou ses dirigeants?!


Au moyen d'une guérilla parlementaire sans merci, les élus du Tea Party accommodent la bonne vieille recette du conservatisme radical, avec ses ingrédients classiques, y compris le fond de sauce le plus rance, celui que les observateurs évoquent rarement tant il semble renvoyer les Etats-Unis à leurs vieux démons: la question raciale.
Ainsi écrit Pap Ndiaye, Professeur d'histoire nord-américaine à Sciences Po Paris, qui — évidemment — trouve moult racisme chez «les stratèges du Tea Party tracent implicitement une frontière entre "leur" Amérique, celle que Sarah Palin appelle "la vraie Amérique" ("real America"), blanche, chrétienne».
Bien entendu, il n'est pas possible pour les porte-parole du Tea Party – sauf quand un lapsus ou une imprudence les trahissent – de revendiquer une quelconque identité blanche. Ces élus ne parlent que de budget fédéral équilibré, d'assécher financièrement l'"Obamacare" (la loi sur l'assurance-santé), et autres thèmes apparemment dépourvus d'enjeu racial.
Ann Coulter a adressé cette attaque dans son livre Mugged :
Liberals claim Republicans speak in racist code words for the simple reason that Republicans aren't saying anything that's objectively racist
"Identité blanche"?! "Enjeu racial"?!

Vous connaissez Tim SCOTT? Non? Ça ne m'étonne pas. Pourtant le seul Noir dans le Sénat mériterait d'être (presque) aussi célébre qu'Obama—non? Or, Tim Scott est républicain. Et Sudiste, qui de plus est! (Du premier État qui fit sécession en 1860 — la Caroline du Sud.)

Par conséquent, il ne faut PAS en parler. Car autrement il serait BEAUCOUP plus difficile de faire passer les Républicains/les Sudistes/les Tea Partiers pour des racistes ou pour des "fachos".

Pour le cinquantenaire du discours de Martin Luther King (on s'empresse d'oublier que ce Prix Nobel de la paix aussi était membre du Parti républicain), n'aurait-on pas pu croire que cinq décennies après la lutte contre Jim Crow, ce Noir sudiste élu au sénat des États-Unis aurait dû être l'invité, voire l'un des invités, d'honneur ? Eh bien non : Tim Scott n'a même pas reçu d'invitation, car par la suite il aurait été BEAUCOUP plus compliqué de prétendre que le Parti républicain et/ou que le Sud, voire que l'Amérique toute entière, est toujours et encore rongé(e) par le racisme le plus viscéral…

Mêmes yeux fermés pour les gouverneurs Bobby JINDAL et Nikki HALEY, Républicains (d'origine indienne, et aussi d'États du Sud — Caroline du Sud et Louisiane) dont la peau est à peu près aussi noire, voire plus, que celle d'Obama…

Et ne parlons pas, non plus, des héros noirs de la Tea Party tels que :

Allen West, Mia Love, Herman Cain, Thomas Sowell, Walter Williams, Larry Elder, Bob Parks, Star Parker, J.C. Watts, Lloyd Marcus, Michael Steele, Ken Blackwell, le rappeur AlfonZo Rachel, etc etc etc…

Ce sont des Noirs inconnus du grand public — tant américain qu'européen — car, pour la gauche (tant américaine qu'étrangère), le seul bon Noir est un Noir qui est convaincu que les membres de sa race sont des martyrs et qui vote donc pour le parti des victimes, c'est-à-dire pour la gauche (aux USA, le Parti démocrate).

Surtout, ne parlons pas de Benjamin Carson, ce chirurgien qui a proposé une alternative à l'Obamacare — ce qui lui a valu une visite du fisc (merci, Barack Obama et au nouveau respect pour la justice en Amérique) — et qui figure en tête des intentions de vote des conservateurs pour les présidentielles en 2016.

1 comment:

TOTO said...

E.S. Le Tea Party n'est pas ceci... n'est pas cela... mais il est "opportuniste" comme tous les partis populistes, ils s'offrent le luxe d'occuper l'esprit du présent ... sans argument ... par des contres ... Il est facile de démolir ... mais plus vertueux de construire! Tout comme la critique!
http://www.youtube.com/watch?v=Jn_sqTstyuY