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2010/04/10

À 15 km de Paris : Craintes par rapport à la ghettoïsation de la société française

Le maire Courage (comme Luc Bronner appelle Claude Dilain), élu socialiste de Clichy-sous-Bois (30 000 habitants), la commune de Seine-Saint-Denis mondialement connue pour avoir été l'épicentre des émeutes de l'automne 2005,
ne cache pas ses craintes face à la ghettoïsation de la société française. Maire depuis 1995, réélu au premier tour en 2008, il a vu défiler un nombre incalculable de ministres, de parlementaires, d'experts internationaux, de sociologues, de journalistes, venus s'informer sur les causes de la "crise des banlieues". A tous, il fait visiter sa ville et ses quartiers, convaincu de la nécessité de faire connaître la gravité de la crise sociale et urbaine, soucieux aussi de faire exister les banlieues dans l'agenda politique et médiatique pour espérer obtenir une action plus volontariste.

Pédiatre de formation, Claude Dilain, qui continue d'exercer quatre demi-journées par semaine dans sa ville, se désole de l'insuffisance et de la lenteur des politiques publiques en faveur des banlieues populaires. Et, de l'indifférence de la société vis-à-vis des cités sensibles. Un manque d'intérêt auquel le président de l'association Ville et banlieue donne une explication sociologique : suivant les travaux de l'économiste Eric Maurin, auteur du Ghetto français (Le Seuil, 2004), il est convaincu que la concentration des populations pauvres et immigrées dans certaines villes, certains quartiers, arrange la société, en particulier les classes moyennes et favorisées, qui évitent ainsi d'avoir à cohabiter — et à scolariser leurs enfants — avec des populations plus fragiles.
Dans Le Monde , Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois qui déclare avoir "honte d'être le représentant impuissant de la République française",
souhaite faire passer un message essentiel : la politique de la ville, si elle n'est pas défendue au plus haut niveau de l'Etat par un premier ministre capable de mobiliser tous les ministères, ne peut résoudre les problèmes des banlieues les plus difficiles, quelle que soit la volonté affichée par les ministres ou secrétaires d'Etat successifs.
Claude Dilain persiste :
notre territoire, parmi les plus pauvres de France, est éligible à tous les dispositifs mis en place depuis des dizaines d'années. Il incarne la "politique de la ville", une des politiques publiques les plus évaluées, les plus remises en question aussi, sans doute parce qu'elle n'a pas réussi, seule, à enrayer la ghettoïsation de nos quartiers.

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