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2004/06/19

Quel film récent décrit "un pays rongé par la corruption et la bigoterie"?

Chaque fois qu'il le peut, le critique de cinéma principal au Le Monde semble utiliser ses colonnes pour fustiger l'Amérique, ses leaders, et/ou leurs politiques. Nous allons reparler de Samuel Blumenfeld dans les semaines a venir, mais pour le moment, contentons-nous de citer son article dans le numéro actuel de Le Monde 2, où le sujet de son article fustige George W Bush.

Cela est peu surprenant, peut-être, vu la renommée de Paul Verhoeven. Mais une interview avec les frères Coen dans le numéro du 30 mai parlait ainsi des personnages de leur film le plus récent :

Tous dessinent un pays rongé par la corruption et la bigoterie, la finance et la religion, métaphore parfaite de l'Amerique de George W. Bush.
Maintenant, je souhaiterais dire que je n'ai pas de doute que Joel et Ethan Coen sont, comme beaucoup de leur collègues à Hollywood, pro-Démocrates et anti-Républicains. Il n'y a aussi que deux problèmes ici : Le premier est que pas une seule fois, dans l'article de trois pages qui leur est consacré, les frères ne parlent de politique, intérieure ou étrangère, et pas une seule fois ne mentionnent-ils le nom d'un politicien. (La description de Blumenfeld est d'autant plus étonnante quand on sait que la star qu'ils ont choisi pour leur film n'est connu ni pour être anti-Bush ni pour avoir pris position contre l'armée américaine.)

Le second problème est que Tueurs de Dame est le remake d'une comédie britannique de 1955, quand le 43eme président des États-Unis avait… 9 ans. Évidemment, il pourrait être intéressant de découvrir si l'intention du metteur en scène du premier film (Alexander Mackendrick) était de fustiger, ne fût-ce que partiellement, le gouvernement britannique de l'époque. Mais à mon avis, la raison d'être de la comédie des studios Ealing (avec Alec Guinness et Peter Sellers) était juste d'amuser son public.

Le choix des mots semble donc entièrement gratuit, un choix de Blumenfeld qui se sentait probablement inspiré par l'attitude dominante en France (et dans les bureaux du Monde), celle qui préconise que la Maison Blanche doit être fustigée à tout moment.

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