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2012/09/24

La France n'est pas une vieille femme mourante, mais une belle adolescente enfermée dans sa chambre, qui n'a plus confiance en elle, alors qu'elle regorge de capacités

Sur le plan des références intellectuelles, la droite doit, dans un premier temps, se réconcilier avec la confiance dans l'individu
écrit Mathieu Laine, directeur d'Altermind et enseignant à Sciences Po, dans Le Monde.
Le sarkozysme, qui est un ultra-constructivisme, a péché par surinterventionnisme. En cela, il était certes incontestablement de droite. Mais pas une droite moderne : la droite réactionnaire, héritière de Louis de Bonald et de Joseph de Maistre, défiants à l'encontre de la liberté et confiants dans "un roi tuteur" d'un peuple incapable de se gouverner lui-même.

Et il était également incroyablement de gauche. De ce socialisme ancien, obsédé par le mirage de la justice sociale, convaincu hélas que la relance, dont on a fait des "plans", est forcément keynésienne et passe par une demande nourrie de fonds publics. Le résultat est connu : la bulle de la dette privée s'est transformée en bulle de la dette publique, la fiscalité s'est accrue, l'effort et l'innovation ont, en conséquence, été pénalisés, la croissance s'est éteinte, le chômage a retrouvé ses courbes ascendantes, le poids de l'Etat a augmenté. Et Nicolas Sarkozy, malgré et sans doute à cause d'un durcissement nationaliste-protectionniste, de la promesse de faire lui aussi payer des riches qu'il irait même chasser au-delà des frontières et celle de nous protéger tous contre les malheurs de la vie, a échoué.

… La vraie modernité n'est pas dans l'agitation. Elle règne dans la compréhension de l'action humaine, de cette capacité de chacun à s'adapter, à répondre à des incitations pour améliorer son bien-être. Le politique doit descendre de son piédestal, ne plus raisonner macro mais micro, et cesser de vouloir changer l'homme, mais le respecter.

Comprendre, par exemple, avant de se précipiter dans la surenchère fiscale pour combler des trous budgétaires, ce dont a besoin un entrepreneur pour construire, créer des emplois et avoir envie de le faire en France. Percevoir que de nouvelles solidarités s'orchestreront, avec plus d'efficacité, le jour où l'on ne dépensera plus, comme aujourd'hui, près de 600 milliards de dépenses sociales par an (ce qui n'est tout simplement plus tenable). Cesser de vouloir tout régenter, tout contrôler. Dire la vérité, mais retrouver aussi un discours optimiste. La France n'est pas une vieille femme mourante, mais une belle adolescente enfermée dans sa chambre, qui n'a plus confiance en elle, a peur des autres comme d'elle-même, alors qu'elle regorge de capacités. Mais on lui parle mal. On dicte à chacun ce qu'il doit faire, ne pas faire, quand il faudrait lui refaire confiance, lui parler en adulte libre et responsable.

1 comment:

farmland investment said...

That is true, but can a country which has long focused on "social cohesion" and top down allow the individuals to flourish - and some to fail too?