2010/10/31

« Tous les chefs d'Etat veulent peser sur la télévision »

Alors que paraît Cartes sur table, un livre d'entretiens avec Alain Duhamel, 70 ans, éditorialiste et analyste politique, et son frère, Patrice, 65 ans, ex-numéro deux de France Télévisions, les deux frères analysent le lien entre pouvoir et petit écran
Dans un entretien qui met en doute la neutrailté et l'objectivité des médias français, les frères Duhamel sont interviewés par Josyane Savigneau dans Le Monde.
ans Cartes sur table (entretiens avec Renaud Revel, Plon, 220 p., 19 euros), vous êtes très nuancés. Pourtant, depuis quarante ans, rien ne semble avoir vraiment changé du désir du pouvoir politique de peser sur la télévision publique.

Alain Duhamel : Aucun président de la République n'a renoncé à influencer la télévision. Les méthodes sont différentes, mais sur le fond les expériences sont comparables. Ma petite théorie personnelle est que, le système français étant ce qu'il est - institutionnel, politique, et la nature des médias français, en particulier les grands groupes, tous liés aux commandes de l'Etat -, quel que soit le président, cela ne peut pas bien se passer avec les journalistes de la télévision, notamment avec les journalistes politiques, et que c'est une très bonne chose. Si cela se passait bien, cela voudrait dire que le pouvoir a gagné.

Patrice Duhamel : Il y a eu des progrès considérables concernant l'indépendance et la liberté de l'information. D'ailleurs, tous les présidents qui ont essayé d'avoir des rédactions à leur main ont échoué aux élections suivantes.

A. D : Oui, tous veulent peser sur la politique à la télévision. Et, en effet, tous ont échoué électoralement, ce qui prouve qu'il n'y a pas vraiment de moyen d'asseoir une emprise. D'abord à cause de la concurrence au sein de l'audiovisuel. Ensuite, à cause de l'alternance et de la cohabitation. Plus personne ne pense qu'il y a un camp éternellement fait pour être au pouvoir.

Vous aviez, Alain Duhamel, de bons rapports avec François Mitterrand. Pourquoi ne s'est-il pas opposé à la chasse aux sorcières de 1981 à la télévision ?

A. D : Tous ont essayé de conforter leur pouvoir. A travers des charrettes et des changements de statuts. Cela a eu lieu en 1968, quand le pouvoir voulait finaliser sa victoire. Puis en 1974 avec Giscard. Et en 1981. La cohabitation a tout changé. Et la concurrence, dont je persiste à dire qu'elle a été une bénédiction pour la politique et une catastrophe pour la création culturelle à la télévision.

2010/10/29

Barack Obama et son administration ont été un désastre pour les Etats-Unis, à la fois sur le plan intérieur et extérieur

Stuart Haugen, ancien président des Républicains en France, répond aux questions de Marianne Enault du Journal de Dimanche et affirme que "L'idée selon laquelle le Tea Party serait un ramassis d'extrémistes n'existe que dans les médias et dans les rangs de la gauche libérale" (au sens américain du terme).

Quel est l'objectif du parti républicain pour les élections de mi-mandat?
Atteindre un seuil suffisamment critique au sein des deux chambres [Sénat et Chambre des représentants, ndlr] pour bloquer les mesures les plus radicales de Barack Obama, les grands programmes gouvernementaux et commencer à s'attaquer au déficit massif et au problème de la dette qui s'aggravent depuis dix ans. Les républicains veulent aussi réduire la taille et le poids du gouvernement fédéral. Enfin, nous souhaitons créer un environnement économique stable, dans lequel le business se sentira à l'aise pour investir et donc créer de l'emploi.

… Aujourd'hui, le gouvernement est totalement hors de contrôle, à la fois sur le plan fiscal et économique. Il dit aux gens comment il faut vivre, ce qu'ils doivent acheter… l'arrivée apparemment soudaine du Tea Party n'est pas tant liée à Barack Obama qu'à cette colère accumulée à l'encontre d'une administration fédérale hors de portée.

Quel bilan faites-vous des deux premières années de mandat de Barack Obama?
Barack Obama et son administration ont été un désastre pour les Etats-Unis, à la fois sur le plan intérieur et extérieur. Il est en passe d'être un président pire que Jimmy Carter! Nous sommes peut-être un peu plus "aimés" à l'étranger mais nous sommes moins respectés, à la fois par nos "amis" mais aussi par nos ennemis. La Chine et la Russie traitent Obama avec un manque de respect total. L'Iran et la Corée du Nord se moquent ouvertement de l'administration américaine. Enfin, nos alliés en Europe nous font la morale - à juste titre aurais-je envie d'ajouter - sur nos dépenses incontrôlées.

FYI, as a minor critique of the interview as printed in a shortened form, Stuart Haugen adds that
I did not really claim the Iraq war spending as a major motivation for the rise of the Tea Party (I did include it in the long list but she applied her "French" bias to make it the primary motivator, not a disaster…) and on one quote where I talk about spending money to expand public sector while the "private sector" is dying, she made an error.

2010/10/28

Un article sur l'une des élections des mid-terms entièrement focalisé sur le Démocrate & où le Républicain n'apparait qu'à travers ses yeux subjectifs

Trop typique, malheureusement, l'article de Sylvain Cypel dans Le Monde dans lequel il raconte les élections pour le siège vacant à la Chambre de la 29e circonscription de l'Etat de New York.

Ou plutôt, il ne raconte pas les élections, il raconte la personnalité d'un (seul) candidat, à savoir le brave candidat démocrate, "ouvert sur les questions de société" et, donc, lucide à souhait.

Malheureusement, c'est trop typique de raconter l'odyssée d'un gauchiste comme un combat personnel, éminemment louable, presque comme une saga.

L'une des raisons de l'article est que Matt Zeller est tout jeune (il a 28 ans). Voyez la différence avec une Sarah Palin ou une Christine McDonnell. Quand il s'agit d'un Républicain/d'un conservateur, l'âge aurait été une occasion rêvée, entre beaucoup d'autres, pour ridiculiser le candidat ainsi que le parti pour lequel une personne avec (supposément) aussi peu d'expérience combat. Justement, ici, le Républicain n'est présenté qu'à travers les opinions (auto-congratulatoires) du Démocrate.
Son adversaire, Tom Reed, est un avocat spécialisé dans le recouvrement de dettes liées à la santé : "un mercenaire du big business", dit M. Zeller.
Pour les besoins de son article, Sylvain Cypel n'aurait-il pas pu tenter de contacter Tom Reed, ne fut-ce que pour donner le point de vue de l'adversaire de Matt Zeller et éventuellement recueillir ne fut-ce qu'une seule citation de ce Républicain ?

2010/10/19

La démocrature (entre démocratie et dictature) : une menace ténébreuse lorsqu'elle est de droite, une chose infiniment utile lorsqu'elle est de gauche

La démocratie est installée depuis vingt ans en Hongrie
écrit Marion Van Renterghem dans Le Monde.
On peut y parler ouvertement, créer des partis politiques, incendier le gouvernement dans la presse, bénéficier des largesses d'une loi sur la liberté d'expression où rien n'est sanctionné, pas même les propos racistes ou antisémites.
Et pourtant, demande l'envoyée spéciale à Budapest,
Faut-il avoir peur de Viktor Orban ? … le premier ministre conservateur et nationaliste, 47 ans, triomphalement élu en avril, n'est plus celui qui avait dirigé le pays de 1998 à 2002. Pour la première fois, il a tous les pouvoirs. Son parti, le Fidesz, dispose d'une écrasante majorité et les élections municipales du 3 octobre ont confirmé son emprise. … L'écrivain [György Konrad] a sa définition du nouveau régime : une "démocrature", entre démocratie et dictature.
En une page entière, Le Monde regrette que
le premier ministre [ait] la majorité des deux tiers au Parlement, le contrôle total de l'appareil législatif et exécutif. Face à lui, … aucun contre-pouvoir solide.
Le Monde regrette cette montée du "populisme" dans laquelle on prône
l'ordre et la stabilité, plutôt que la liberté ou la démocratie.
Et pourtant, en lisant l'article de Denis Lacorne sur les Tea Parties — qui met les lecteurs en garde contre les "partisans de l'ultralibéralisme" et contre les opinions "délirantes" de l'opposition à Washington (et au parti au pouvoir), ainsi que contre le danger d'"une complète paralysie législative" si, par (le plus grand des) malheur(s), elle devait gagner trop de sieges — on a l'impression que rien ne ferait plus plaisir au Monde et aux élites de France qu'une "démocrature" aux États-Unis.

On voudrait que Barack Obama ait "tous les pouvoirs." On voudrait que "Son parti," le Parti démocrate, "dispose d'une écrasante majorité". On voudrait que Obama ait "la majorité des deux tiers au Parlement, le contrôle total de l'appareil législatif et exécutif." Et on voudrait que "Face à lui, [il n'y ait] aucun contre-pouvoir solide."

En fin de compte, il n'y aurait rien de mieux qu'une "démocrature" lorsque cette démocrature est de gauche, s'entend, et aux mains d'un Grand Timonier (inter?)national comme Barack Obama, guide spirituel de la nation américaine (et de la planète toute entière)…

Comme on pouvait s'y attendre du journal de référence, un article sur les Tea Parties fort généreux en qualificatifs péjoratifs et en caricatures

L'article de plein page dans Le Monde sur les Tea Parties par Denis Lacorne multiplie les caricatures des Républicains, le mépris des libéraux (toujours des ultras), et les termes péjoratifs pour les Américains qui ne font pas partie des élites de l'Est ("une émeute", "rappel farfelu", "ses incohérences", les "plus extrémistes", "un chacun pour soi généralisé", "sans la moindre considération", "la hantise", "des amateurs", "une néophyte de la politique", "la risée des médias", "de façon hystérique", "des opinions aussi délirantes", "parodie du mouvement des droits civiques", "un discours insipide", "travestir la pensée de Martin Luther King", "partisans de l'ultralibéralisme", "un discours répressif", "cette maladie infantile de l'ultraconservatisme"…)

Pendant ce temps, Corine Lesnes, sa consœur du Monde, en rajoute, multipliant les bordées contre les tea parties, tout en traitant Sharron Angle, rivale républicaine du sénateur démocrate Harry Reid, de… Ma Dalton !

No wonder que les habitants de l'Amérique profonde ont toujours une si mauvaise réputation en Europe…

En plus, en évoquant le danger d'"une complète paralysie législative", Le Monde se fait le chantre du museleage (de l'auto-muselage?) et de la soumission devant le pouvoir.

Être "une néophyte de la politique" ? N'était-ce pas pour cela qu'on a, jadis (en 2008), porté Barack Obama aux nues ?

Et être "la risée des médias" ? À quel point est-ce vraiment une tache noire sur la réputation des politiciens — pardon, des néophytes — en question quand on sait le parti pris des médias, américains comme européens, pour l'État-providence et pour ses champions ?!

Comme le dit un lecteur :
Comme on pouvait s'y attendre du «journal de référence», un article à charge fort généreux en qualificatifs péjoratifs et en caricatures. Il serait intéressant que l'auteur s'interroge sur les causes du succès des Tea Parties (sans se limiter à l'explication standard par la bêtise des Américains qui, c'est bien connu, ne valent pas les fins Européens produits par Sciences Po).
En effet, on serait tenté de croire que les braves champions gauchistes de la démocratie ne souhaitent rien de mieux pour les USA qu'une démocrature (entre démocratie et dictature).

Ailleurs, Sylvain Cypel énonce bien quelques demandes des Républicains…
L'Etat de New York n'est pas seulement très endetté, il est dit "ingérable". La faute aux "intérêts spéciaux", un terme qui désigne aussi bien les multiples lobbies actifs dans sa capitale, Albany, que les syndicats. L'opposition dénonce une fonction publique "pléthorique et intouchable", un "gouffre budgétaire". Albany serait "corrompue", et son impéritie insondable, clame-t-elle, ce que même le candidat démocrate est amené à juger partiellement fondé. … [Le candidat républicain] promet d'y mettre bon ordre. Elu, il décrétera "l'état d'urgence financière", "abolira l'Etat-providence", réduira les dépenses publiques de 10 % à 20 %, licenciera les personnes "inutiles", baissera massivement tous les impôts, mettra les syndicats au pas et un terme à la gabegie des aides sociales, pourchassera les clandestins...
…mais cet article du Monde vient dans le contexte de Crazy Carl — "Carl le dingue" Paladino qui commettrait gaffe sur gaffe ainsi que "ses bourdes coutumières"

2010/10/15

Facile de condamner les autres pour leur peine de mort et leurs actes pendant la guerre lorsque les vôtres sont ignorés pendant plus d'un demi-siècle

Deux choses que les Français sont toujours friands de faire est de reprocher aux Américains — voire, les condamner pour, que dis-je, les diaboliser pour — leur peine de mort et leur comportement pendant une guerre (ainsi que leur racisme et leurs violations des droits de l'homme). Il est vrai qu'il est plus facile de donner des leçons à tout le monde (et surtout aux Ricains) lorsque ses propres manquements sont ignorés (de façon délibérée ou autre), ou alors lorsque ses manquements ne viennent au jour que seulement beaucoup d'années après, par exemple le temps d'un… demi-siècle !

Ainsi, par exemple, François Mitterrand, grand héros de la gauche, a pu terminer presque deux septennats comme président de la République (rien de moins) avant que les journalistes français et que les historiens français apprennent (et cela, seulement grâce à la connivence de l'intéressé) qu'il avait travaillé dans le gouvernement de Vichy. Et voilà que, 15 ans (seulement!) après son départ du pouvoir, on apprend que celui qui avait mis fin à la peine de mort avait fait librement usage de la guillotine lorsqu'il était ministre pendant la Guerre d'Algérie.
Les condamnations à la peine capitale pleuvent. La guillotine, jamais utilisée contre un nationaliste depuis le début des "événements", fait son office à Paris comme à Alger. Les têtes des fellaghas tombent à une cadence oubliée depuis l'Occupation allemande : jusqu'à cinq certains jours.
Ainsi écrit Jean-Pierre Tuquoi dans Le Monde, en évoquant le livre de François Malye et de Benjamin Stora. Au printemps 1956,
François Mitterrand signe les décrets des "pouvoirs spéciaux". Désormais, les tribunaux militaires prennent le pas sur les juridictions civiles. La loi autorise la "traduction directe devant le tribunal militaire permanent des forces armées, sans instruction préalable, des personnes prises en flagrant délit de participation à une action contre les personnes ou les biens, même si ces infractions sont susceptibles d'entraîner la peine capitale". Ce faisant, rappellent les auteurs, François Mitterrand approuve une mesure que son prédécesseur, Robert Schuman, avait refusée car il y voyait une "négation du droit de la défense".

A juridiction d'exception, verdict d'exception. Les condamnations à la peine capitale pleuvent. La guillotine, jamais utilisée contre un nationaliste depuis le début des "événements", fait son office à Paris comme à Alger. Les têtes des fellaghas tombent à une cadence oubliée depuis l'Occupation allemande : jusqu'à cinq certains jours. Sans résultat probant sur le plan sécuritaire : loin de réduire la violence, la "Veuve" la nourrit.

Avant chaque exécution le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), dont la vice-présidence est assurée par le garde des sceaux, se réunit pour conseiller le président de la République sur les recours en grâce des condamnés à mort. Pendant des décennies, on a ignoré dans quel sens s'était prononcé François Mitterrand au cours des seize mois où il fut ministre de la justice. Ses biographes assuraient que la peine de mort lui répugnait, et qu'il avait sauvé des têtes.

L'examen du registre des grâces (partiellement ouvert depuis 2001) contredit cette image : "Sur les quarante-cinq dossiers d'exécutés lors de son passage Place Vendôme, François Mitterrand ne donne que huit avis favorables (cinq autres avis sont manquants). On peut le dire autrement : dans 80 % des cas connus, il a voté la mort."

…François Mitterrand n'a jamais livré la clé de son attitude. Revenir sur cette tranche de vie le gênait. Dans ses livres, ses discours, ses interventions, il la passe sous silence. "Il en avait honte", assure son premier biographe, Franz-Olivier Giesbert. "Ça l'exaspérait, et il passait très vite à autre sujet", confie au Monde un ancien ministre du gouvernement d'union de la gauche, sous couvert d'anonymat.

Gisèle Halimi ne dit pas autre chose. Avocate, elle a pris la défense de militants du Front de libération nationale (FLN) ; femme de gauche, elle a introduit le futur président de la République auprès de certains de ses amis artistes. "Je me souviens d'un dîner chez moi. Durant sa campagne (celle de 1981), je réunissais souvent des gens du spectacle (...). On était tous en train de parler de l'horreur des exécutions capitales. Il a d'abord été silencieux. J'ai voulu évoquer la période algérienne, et là, immédiatement, il a changé de sujet." Personne ne reviendra sur ce sujet.

Pas même les partis politiques, tant et si bien que les "années algériennes" de François Mitterrand n'ont pas nui à sa carrière. Alors que son bref compagnonnage avec Vichy a suscité livres et commentaires à foison, les quelque cinq cents jours où il fut ministre de la justice n'ont pas été instrumentalisés par ses adversaires politiques, de droite comme de gauche.

Qui aurait eu intérêt à le faire ?

…La singularité est que ce même François Mitterrand est aussi celui qui a aboli la peine de mort en France, contre le souhait d'une majorité de l'opinion publique.

Selon un lecteur :
Soulevez le vernis angélique de la Gauche, ne vous laissez pas berner par ses déclarations humanistes mais observez ses acteurs : vous y découvrirez des êtres (hommes et femmes) avides de pouvoir, prêts à toutes les compromissions pour l'obtenir. Sur cet aspect, je préfère la Droite, qui assume ses choix. Moins faux-culs, en quelque sorte !

2010/10/14

La France condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa procédure de garde à vue

Le pays qui n'aime rien de mieux que de donner des leçons des droits de l'homme aux Américains débiles a été condamné, jeudi 14 octobre, par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa procédure de garde à vue.
Les juges estiment que les gardés à vue doivent pouvoir bénéficier d'un avocat dès le début de la procédure et durant tous les interrogatoires et insistent pour que soit respecté le droit d'un mis en cause à garder le silence.
Les « dix commandements » du gardé à vue
oici les « bons réflexes » dispensés par le cabinet d'avocat :
Ne répondre « qu'à la question posée » ;
ne pas « sonoriser les silences »
(comprendre ne pas tenter de les meubler) ;
avoir « le droit de ne pas savoir ;
avoir « celui de ne pas se souvenir » ;
se « faire reformuler les questions si nécessaire » ;
« ne pas se laisser impressionner par ses interlocuteurs » ;
« livrer des faits, pas d'interprétations » ;
« se méfier du «off» » ;
ne signer son procès-verbal que si l'on est « d'accord sur tout » ;
exiger « des temps de repos » ;
« user de son droit de voir médecin et avocat ».

2010/10/13

Protesting against a raise in the retirement age to 62?! Grow up!

Beaucoup d'Américains ne semblent pas impressionnés par les révendications des protestataires…
PARIS: Sarkozy stands firm as pension protests escalate. “More than 3 million demonstrators – one in 20 of all French people – marched yesterday against the President’s plans to raise the standard retirement age from 60 to 62. Tens of thousands of students joined the marches for the first time, threatening to radicalise the protests and broaden them into a rebellion against a deeply unpopular presidency.”

Miserable parasites — protesting against a raise in the retirement age to 62? Grow up.

2010/10/12

Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté

En français … j'ai toujours peur de me tromper.
Dans un entretien avec Eric Fottorino, Umberto Eco aide à expliquer pourquoi le français n'est plus la langue universelle…

Avez-vous déjà eu la tentation d'écrire dans une autre langue que la vôtre ?

Oui, il m'est arrivé d'écrire beaucoup d'essais en anglais. Directement en anglais.

Cela suppose de très bien manier la langue anglaise, et pas seulement de la parler...

Je parle mieux le français que l'anglais. Mais je préfère écrire en anglais qu'en français. Car en français, il y a des problèmes d'accents et d'orthographe qui sont terribles. Ou bien vous écrivez un bon français, ou bien vous n'êtes pas accepté. Tandis que quand vous écrivez un mauvais anglais, tout le monde vous accepte.

C'est formidable, pour une maison d'édition anglophone, d'avoir un auteur qui écrit directement son livre en anglais !

Cela se fait de plus en plus. Tous les scientifiques écrivent en anglais. En français, je suis capable de préparer un texte pour une conférence, mais j'ai toujours peur de me tromper. En français, il y a onze façons d'écrire le son "o". C'est en France qu'il y a le plus grand taux de dyslexie. En allemand ou en italien, un son s'écrit exactement comme on le dit, et cela aide beaucoup. En anglais, on le dit et on l'écrit toujours d'une façon différente. En français, il y a des règles, mais elles sont trop compliquées.

2010/10/11

Haines d'Alsace

Le directeur du cinéma Odyssée, une figure de la vie intellectuelle strasbourgeoise, français d'origine turque, est l'avant-dernière victime de la série d'actes xénophobes, racistes, antisémites ou islamophobes qui secouent l'Alsace depuis le début de l'année
écrit Béatrice Gurrey dans Le Monde — une quinzaine d'actes de ce type au total — en rapportant ce qui se passe dans l'arrière-cour des Français pendant que ces êtres extra-lucides dénoncent le racisme supposé de ces abrutis d'habitants de l'Amérique profonde.
Sur la porte de la maison familiale [de Faruk Günaltay — deux voitures presque carbonisées], des croix gammées et les chiffres 14 et 88 avaient été tracés, références aux 14 mots d'un slogan raciste et au salut nazi "Heil Hitler", le H étant la huitième lettre de l'alphabet. … Le domicile de [Israël Nisand,] conseiller municipal de Strasbourg, dans la majorité du maire socialiste Roland Ries, a été tagué de trois croix gammées, des initiales SS et de la phrase "Mort à Zog", (Zionist organization government, le sigle antisémite utilisé par l'extrême droite).
Il y a aussi le clip
posté sur Internet dans lequel un homme brûle une page du Coran puis urine sur les cendres "au nom de la liberté".
Béatrice Gurrey nous rapporte les réactions des locaux :
"Ces actes sont un véritable traumatisme pour les Alsaciens et sont de nature à atteindre le "vivre ensemble". Leur violence, leur lâcheté, leur gratuité provoquent un sentiment de consternation et de dégoût."
For some reason, French cartoonist Martin Vidberg manages to implicate John McCain ("McCain fries"?!?!) in the Koran burning! (Then again, the Arizona senator is emblematic of American conservatives…)

Un lecteur réagit (à la nouvelle du clip) :
"brûler le Coran" ? "un acte barbare" ? Non, mais on aura tout vu ! Un acte barbare, c'est se faire sauter au milieu d'un marché, c'est vitrioler une gamine qui va à l'école, brûler une fille qui vous dit non, c'est lapider une femme pour avoir disposé de son corps comme elle l'entend et j'en passe. N'inversons pas les rôles ! C'est un bouquin. Point barre.
Tandis que deux autres font valoir les deux poids deux mesures :
On croit rêver ... qui s'indigne quand les Chrétiens se font massacrer au Nigeria, en Irak, en Palestine .... PERSONNE !!! et surtout nos chers compatriotes musulmans. De +, il faut que tout le monde lise le Coran pour voir a quel point les positions sur la laïcité, les femmes, les chrétiens, les apostats sont très claires (et complètement contraire a nos lois).

[Brûler le Coran est un] Acte stupide certes,mais effecivement comme le soulignent nombre de lecteurs pas UN [seul] représentant du culte musulman en France ne condamne les massacres de chrétiens en terre d'Islam: Turquie (Mgr Padovese en juin dernier pour ne citer que ce dernier cas),Nigéria,Moyen-Orient,Indonésie...et ce au nom d'une supériorité qui fait que les autres croyants sont considérés comme des infidèles au mieux comme des dhimmis!Qu'ils balaient devant leur porte! On n'est plus au Moyen-Age,eux si!

2010/09/27

Le communisme n'a tué que 100 millions de personnes ; Il faut lui donner une autre chance !

Following Guy Sorman's common-sense decision to refer to Phnom Penh as The Nuremburg of Communism because of the Cambodian capital's Khmer Rouge trials, Le Monde gets inundated with reactions from intellectuals and readers saying that Karl Marx and his theories should not be rejected — how dare he?! — because of "mistakes" by communist régimes…

Or, as the Protest Warrior T-shirt proclaims:
Communism has only killed 100 million people;
let's give it another chance!

2010/09/26

S'attaquer à l'hécatombe du communisme dans Le Monde fait sortir les Marxistes de tout poil

Suite à la décision, emplie de bon sens, de Guy Sorman, de faire référence dans Le Monde au procès des Khmers rouges à Phnom Penh en tant que le Nuremberg du communisme, multiples sont les marxistes auto-proclamés à réagir, d'Yvon Quiniou à Jean-Pierre Bizet en passant par Pierre Bance.

Récuser Marx au nom des régimes communistes relève de l'amalgame ou de l'incompréhension, fait Yvon Quiniou, en insultant allègrement Guy Sorman, tandis que Pierre Bance répond et Jean-Pierre Bizet en rajoute.

Ce n'était pas la première fois que Guy Sorman était ainsi attaqué. Deux mois auparavant, son article, J'accuse le régime chinois, avait donné lieu à une réponse d'un Chinois, Jin Chunlei, intitulé (on a du mal à y croire) Si, la Chine est une démocratie.

Comme le dit le T-shirt des Protest Warriors,
Le communisme n'a tué que 100 millions de personnes ; il faut lui donner une autre chance !

2010/09/23

Il sera très facile d'avoir la paix avec, mettons, la Russie et l'Islam : il suffit simplement d'ignorer les provocations et les actes d'aggression

Deux ans après la guerre éclair entre la Russie et la Géorgie, le paysage a changé dans l'espace postsoviétique. La remise à plat décidée par Barack Obama a produit son effet. Outre la question des voies de transit vers l'Afghanistan, Washington a privilégié deux dossiers, sur lesquels Moscou s'est montré coopératif : la réduction des arsenaux nucléaires et l'Iran. Les pays européens, autrefois déchirés entre droits de l'homme et intérêts économiques, ont aussi basculé dans le réalisme. Même l'extension jusqu'à 2042 du bail de la flotte russe dans le port ukrainien de Sébastopol est passée, en avril, comme une lettre à la poste.
L'analyse de Piotr Smolar dans Le Monde est une longue liste de si nous fermons les yeux, si nous nous bouchons les oreilles, si on se tait, alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…
Aujourd'hui, une unanimité diplomatique se dessine : les rapports avec la Russie ne doivent plus se développer dans la méfiance mutuelle. La vente possible d'un navire de guerre à Moscou par un pays de l'OTAN - en l'occurrence la France, avec le Mistral - aurait été inimaginable dans un passé récent. Plus d'états d'âme : dans les chancelleries occidentales, on parle économie et sécurité.
"Plus d'états d'âme" ; "basculé dans le réalisme" ; " inimaginable dans un passé récent" ; "victoire du pragmatisme". Il ne reste qu'à se demander jusqu'où peut se baisser le défaitisme occidental (notons que les ennemis de la détente viennent — comme d'habitude — des USA, vu que les horribles Républicains méfiants pourraient miner la nouvelle atmosphère de paix puisque "aux Etats-Unis, le nouveau traité Start pourrait faire l'objet d'une offensive républicaine cet automne" et s'il "n'était pas ratifié, Barack Obama subirait [ciel !] un grave revers"), surtout suite au scandale du livre de Bob Woodward aux Etats-Unis par rapport à un autre ennemi de l'Occident. (Pardon, c'est vrai, toute the leftist narrative repose sur le fait — n'ayons "plus d'états d'âme" et basculons "dans le réalisme" afin de jouir de la "victoire du pragmatisme" — qu'en fait, l'Occident n'a pas d'ennemis. Il suffit d'un peu de compréhension et de bonne volonté — une volonté de s'incliner — de temps en temps, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…) On apprenait dans Obama's Wars que Barack Obama, alias the Apologizer-in-Chief, avait dit que
We can absorb a terrorist attack. We’ll do everything we can to prevent it, but even a 9/11, even the biggest attack ever . . . we absorbed it and we are stronger.
En d'autres mots, essayons de basculer dans le réalisme et de ne pas réagir trop fortement et d'ignorer l'acte de terrorisme occasionnel, et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cela vient de celui qui a juré de défendre le peuple américain (ainsi que la Constitution). Comme on peut le lire dans The Blaze,
Ace of Spades blogger “Ace” believes that the comment represents an underlying leftist belief that “we’re just going to have to be mature about mass murder.” … He adds:

But the left is pushing this idea that we can safely “absorb” many new 9/11′s with an eye towards getting us to “accept” the greater bargain they fatuously offer — peace, and a general wind-down of post-9/11 security “overreactions” like the FBI tracking Muslims suspected of terrorist ties. If only we didn’t overreact to the occasional mass-murder, we could go about our business without war, without increased security measures, without “Islamophobia,” without the rest of it.

As Enderlin Publishes His Book on the Mohamed Al Dura Affair, Le Monde Praises His Integrity While Demonizing His "Hateful" Critics

Il est des livres que l'on écrit pour se défendre contre la diffamation, tenter de rétablir sa vérité et laver son honneur. Tel est l'objet d'Un enfant est mort. C'est peu dire que Charles Enderlin, correspondant permanent de France 2 à Jérusalem depuis 1981, a été meurtri par la campagne de dénigrement qui le poursuit depuis dix ans à propos de l'affaire du petit Mohammed Al-Dura.
In his Le Monde review of Charles Enderlin's Un enfant est mort (A Child Is Dead), Laurent Zecchini serves out the same ol' defense of the Mohamed Al Dura affair based on praise for Charles Enderlin (as a poor martyred victim, trying innocently to carry out his journalists' job in good faith) coupled with demonization of his critics (as shameless, treacherous, envious, and virulent members of the "powerful pro-Israeli lobby")…

Among the people of unimaginable bad faith in "the heart of France's Jewish community", engaged in concocting a diabolical plot and creating a "hateful, insulting, sometimes threatening" campaign "of calumnies" against "a journalist" ("whose professional reputation is undeniable" but who has "been bruised by the denigration campaign which has been following him for ten years") are a filthily rich Jewish lawyer and other unsavory characters from France's "powerful pro-Israeli lobby". The review ends by praising the book as symbolic of the Israeli-Palestinian conflict, in that "it illustrates the intensity of the hatreds which the latter feeds on."
…un puissant lobby pro-israélien s'est mis en branle, visant à délégitimer le journaliste (il n'était pas présent sur les lieux du tournage), et instrumentaliser une théorie du complot : le film serait un "montage", une "mise en scène", une "manipulation" et une "imposture".

La campagne contre Charles Enderlin, en Israël et au sein de la communauté juive de France, va devenir haineuse, insultante, parfois menaçante. … La mécanique de la diffamation est en marche, elle ne s'arrêtera plus. Elle dispose d'avocats déterminés et influents. A sa tête, Philippe Karsenty, pour qui l'affaire Al-Dura est devenue, depuis dix ans, un véritable fonds de commerce. …

Le livre de Charles Enderlin n'est pas un règlement de comptes, mais une démonstration : il décrit minutieusement, faits et citations à l'appui, la trame et la progression d'une campagne de calomnies. Si Un enfant est mort est d'abord le récit de l'acharnement contre un journaliste, c'est aussi un livre sur le conflit israélo-palestinien, en ce sens qu'il illustre l'intensité des haines dont celui-ci se nourrit.

"Vous avez dit acharnement?" demande JC Durbant, incrédule :
Démasquage par la TV publique allemande, perte de ses procès en diffamation, condamnation de Canal plus, interview-fleuve de Karsenty dans Médias, limogeage de Chabot, deconstruction minutieuse de Taguieff …

A l’heure ou 10 ans tout juste après la tristement fameuse imposture de la pretendue mort en direct du petit Mohammed qui lancait la 2e infifada et contribuait largement à mettre a feu et à sang le Moyen-Orient et une bonne partie du monde …

Le Quotidien de révérence, qui ne rechigne pas lui meme à l’occasion à recourir au bidonnage d’infos, ressort l’artillerie lourde (« opinion arabe et musulmane », « assassiné un enfant », « puissant lobby pro-israélien », « théorie du complot », « mécanique de la diffamation », « acharnement ») …

Pour lancer l’apparemment ultime baroud d’honneur (« Un enfant est mort », Charles Enderlin) censé « rétablir la vérité et laver l’honneur » du tristement fameux faussaire et jusqu’ici indéboulonnable correspondant permanent de France 2 à Jérusalem (bientôt 30 ans au compteur !) …

2010/09/17

Un quart des habitants de Bruxelles, capitale de l'UE où se côtoient très riches et très pauvres, vivent sous le seuil de pauvreté

Capitale internationale, belge et (officiellement) flamande, [Bruxelles] génère près de 25 % du produit intérieur brut du pays mais un quart de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
According the information in the Jean-Pierre Stroobants article in Le Monde, the capital of the European Union, i.e., the capital of those hundreds of millions of people who are constantly giving Americans lessons in social norms and in generosity and in redistributing riches — and that Americans such as, say, Barack Obama constantly eulogize and desperately want to emulate — has a poverty level that covers fully one quarter (!) of its inhabitants. And that ain't all: the unemployment rate in Brussels is the highest in Belgium, which the French daily calls the "city where the very wealthy and the very poor live side by side."
Et puis, le chômage y est le plus élevé du pays (20 %, et même 35 % chez les moins de 25 ans). Enfin, des études évoquent le risque d'une explosion sociale, liée à la "balkanisation" de cette ville où se côtoient très riches et très pauvres.

2010/09/16

Malgré — ou à cause de — la présence de Barack Obama à la Maison Blanche, Le Monde taxe l'Américain moyen de raciste

Dans sa critique du livre de Nicole Bacharan, Les noirs américains : Des champs de coton à la Maison Blanche, Alain Frachon fait plusieurs remarques pertinentes dans Le Monde. Malheureusement, il (res)sort beaucoup de contes de fées gauchistes et, en bon gauchiste qui se respecte, il se voit — évidemment — obligé de taxer l'Américain moyen de raciste.
…de façon subliminale ou beaucoup moins parfois, les animateurs des Tea Parties questionnent "l'américanité" d'Obama. Ils le font pour une seule raison : il est noir.
Ah oui ?! Qu'en sait-il ?! Leur a-t'il demandé ce qu'ils pensent ? À ne fut-ce que l'un d'entre eux ? Est-il allé dans leur(s) cerveau(x) ? Dans leur(s) âme(s) ? N'y en a-t'il pas un — pas un seul — qui ait un argument objectif pour souligner ses opinions ?

La vraie raison qu'Alain Frachon "sait" cela (que l'Américain moyen est raciste), n'est-elle pas en fait que les gauchistes comme lui, comme la moyenne des Européens oh éminemment lucides sont — évidemment — bien plus supérieurs aux abrutis de l'Amérique profonde ?…

Entretemps, succès des Tea Partiers oblige, on sent que son collègue au Monde, Corine Lesnes, cherche à s'éloigner tant soit peu de "the narrative" ultranégative des membres des Tea Parties (surtout avec autant de minorités dans les rangs républicains), en mettant le focus sur le côté victoire pour la gente féminine…
Le Tea Party est-il porté par les femmes ? On aurait pu le croire, mardi 14 septembre, en voyant la nouvelle sensation du paysage politique américain : Christine O'Donnell, 41 ans, inconnue il y a quelques semaines et "tombeuse" d'un notable républicain dans les primaires pour le siège de sénateur de l'Etat du Delaware. … Comme Sarah Palin, elle a rendu hommage à Hillary Clinton, la pionnière "dans un monde d'hommes".

Selon un sondage de l'université Quinnipiac, publié en mars, la moitié environ des militants des Tea Parties sont des femmes. Les analystes pensent que la forme du mouvement, très décentralisé, communautaire, favorise leur émergence, au contraire d'une structure fortement hiérarchisée comme le Parti républicain. "C'est l'année des femmes conservatrices", s'est félicitée Marjorie Dannenfelser, la présidente de Team Sarah, l'un des clubs proches de l'ex-gouverneur de l'Alaska. Parmi celles-ci : Sharron Angle, victorieuse des primaires dans le Nevada, Carly Fiorina et Meg Whitman en Californie, Nikki Haley, en Caroline du Sud...

Erick Ericson, le fondateur de Redstate.com, l'un des sites ayant accompagné la montée des Tea Parties, s'est lui aussi réjoui que, dans un parti qui "choisissait toujours les vieux candidats blancs", la base en ait, cette année, décidé autrement, au nom du changement. Outre les femmes, les militants ont désigné le jeune Américain d'origine cubaine Marco Rubio pour les sénatoriales en Floride, et les deux anciens militaires noirs Charles Collar dans le Maryland et West Allen en Floride.

2010/09/15

Le moindre litige se règle au gros calibre — kalachnikov, Scorpio, Uzi, pistolet automatique — et finit au cimetière

Pendant que les policiers français — n'ayons pas peur d'utiliser les seuls mots qui conviennent — emm*rdent les citoyens honnêtes avec des contraventions sans fin et la garde à vue arbitraire, ailleurs la violence explose, écrit Yves Bordenave dans Le Monde.

For a nation — and a continent — used to give Americans lessons 1) on the follies of possessing firearms, 2) on the (related) benefits of trusting the police, and 3) on the (resulting) peace that will follow for society, France has displayed an impressive, and a macabre, collection of bullet-ridden bodies this summer…
Dans [la ville de Marseille] où le milieu "avec un grand M" conserve des positions importantes dans le monde des jeux et des établissements nocturnes, le grand banditisme est aujourd'hui dépassé par ce que Roland Gauze, le directeur interrégional de la police judiciaire de Marseille, appelle "le banditisme des cités". Les parrains corso-marseillais, qui ont longtemps fait régner leur ordre implacable sur le monde du crime, voient la montée en puissance de ces nouveaux adeptes de la gâchette sans foi ni loi.

Leur fond de commerce est le trafic de stupéfiants, essentiellement le cannabis dont la vente fait florès dans les quartiers nord de la ville. Ces territoires sont autant de marchés que se disputent de jeunes truands, organisés sur le modèle des gangs.

…Le chiffre d'affaires quotidien peut dépasser les 10 000 euros pour un seul point de vente ; une activité qui rapporte gros et ne souffre pas la concurrence. Les équipes, composées d'une quinzaine d'individus, s'approprient un territoire (en général autour de leur domicile) qu'ils contrôlent arme au poing. Aucune intrusion n'y est tolérée. Le moindre litige se règle au gros calibre — kalachnikov, Scorpio, Uzi, pistolet automatique — et finit au cimetière. "Il n'y a pas de mise à l'amende, pas de peine intermédiaire. On tire sans préavis, comme dans les séries télé", explique M. Gauze.

The model of the drug trafficking groups, or gangs, adds Yves Bordenave, is usually organized among family members or among friends…

L'analyse des données détaillées montre une diminution significative des infractions les moins graves, portant sur les biens, notamment les vols de véhicules (-36,6%) ou les dégradations et incendies de voiture (-27,7%), et une augmentation importante des atteintes aux personnes, notamment des violences
ajoute Luc Bronner dans son rapport du Monde qui constate "une augmentation des "crimes et délits contre les personnes" de 42,4 % en huit ans."
Le nombre de dépôts de plainte pour "coups et blessures" a augmenté de 53%. Les violences contre les personnes dépositaires de l'autorité, notamment les policiers, ont crû de 30%. Les vols avec violence ont augmenté de 15% sur cette période.
On ne s'étonnera donc pas que les armes, destinés à des cités sensibles d'Ile-de-France, forment un trafic très rentable, avec pour clients des bandes spécialisées dans le grand banditisme, selon Piotr Smolar in Le Monde.
Les policiers de l'office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) interviennent au moment où les sacs sont chargés à bord du véhicule volé de Necho, pourvu d'une fausse plaque d'immatriculation. Ils y découvrent huit pistolets-mitrailleurs Ingram de calibre 9 mm, avec chacun un silencieux, ainsi que des munitions.

2010/09/10

Les policiers "deviennent des machines à faire de la contravention ou de la garde à vue ; Ils se coupent peu à peu des citoyens"

Comme nombre de citoyens ordinaires, Philippe Vénère dénonce les dérives de la garde à vue dont le nombre a explosé ces dernières années
écrit Benoît Hopquin dans Le Monde.
Venant d'un ancien du 36, quai des Orfèvres, d'un commissaire divisionnaire à la retraite, la critique n'en a que plus de sel. "Il y a excès dans l'usage, systématisation d'une procédure qui ne doit, en principe, être mise en oeuvre que lorsque l'exigent les nécessités de l'enquête. Je n'appelle pas cela faire de la police", balance-t-il. A 66 ans, l'homme peut se targuer, à bon droit, d'une expertise : en trente-sept ans de maison, il estime avoir lui-même procédé à 40 000 gardes à vue.

…"Je sais que je ne vais pas me faire que des amis dans l'institution avec ce bouquin, assure Philippe Vénère. Mais je sais aussi que des collègues encore en activité m'approuvent. En tout cas, il sera difficile de me contredire, car c'est un vécu de l'intérieur." Ce fils d'Italien, né à Paris, s'exprimant avec la gouaille et l'accent du titi, a débuté comme simple gardien de la paix en 1965 pour terminer sa carrière en haut de la hiérarchie à l'orée des années 2000. Il a collectionné dans l'intervalle une dizaine de blessures et presque autant de médailles. Il continue aujourd'hui de dispenser des cours de droit à l'université Paris-VIII (Saint-Denis).

Et il y a donc ces 40 000 gardes à vue, ces tête-à-tête serrés au-dessus de la machine à écrire, ces "d'homme-à-homme". De quoi se forger une opinion tranchée sur la question. "Je n'ai jamais pensé que c'était une procédure banale. Je n'ai jamais cru que c'était une commodité. Avec l'expérience, j'ai appris à quel point la garde à vue pouvait causer des dégâts désastreux." Et de citer sans fard ses propres erreurs et les douleurs qu'elles ont pu générer.

…Au fil des exemples, il recense deux travers à ses yeux intolérables. D'abord, les gardes à vue qu'il appelle "de confort" : "Un fonctionnaire interpelle une personne juste avant la fin de son service et, plutôt que d'empiéter sur son repos pour l'interroger, laisse l'individu mariner toute la nuit, jusqu'à son retour le lendemain." Ensuite, la garde à vue "de sanction" ou de "susceptibilité" : "Parce qu'un individu a contesté, s'est un tant soit peu rebiffé, on le colle en garde à vue pour outrage."

…Pour Philippe Vénère, la réputation des policiers ne peut que souffrir de cette forme de déshumanisation. "Aux yeux de l'opinion publique, ils deviennent des machines à faire de la contravention ou de la garde à vue. Ils se coupent peu à peu des citoyens. Lorsque j'étais simple gardien de la paix, nous devions saluer au préalable la personne qui nous demandait le chemin dans la rue, sous peine d'un jour de mise à pied. Aujourd'hui, à l'université, j'ai des étudiants d'origine immigrée qui me disent être contrôlés trois fois dans la journée par le même agent qui les tutoie. Je crois qu'il faut une certaine discipline dans la police, un respect des règles, si nous voulons être nous-mêmes respectés des citoyens."

2010/08/20

Les juges, "aveuglés par l'idéologie bobo" : Deux poids deux mesures ?

S'il faut en croire Riposte Laïque,
Les Républicains, épris de justice, sont profondément indignés du maintien en prison d'un vieil homme de 73 ans, René Galinier, quand des voyous qui agressent délibérément des policiers, aux Tarterets, sortent libres du tribunal. C'en est assez de ces juges, aveuglés par l'idéologie bobo, qui pratiquent, depuis des années, l’inversion des valeurs entre vrais délinquants et simples citoyens, donnant l'impression d'un insupportable système de «deux poids deux mesures ».

… Nous pourrions multiplier les exemples de décisions étranges prises par des magistrats totalement déconnectés de nos concitoyens, et qui semblent tellement les mépriser qu’on se demande si la justice est encore rendue « au nom du peuple français » dans notre pays. Ce peuple n’intervient d’ailleurs plus que dans les jurys d’assise, et il est justement question de les supprimer, afin que la nomenklatura judiciaire puisse agir encore à sa guise et selon son bon vouloir.

L’affaire d’Outreau n’a servi à rien, sinon à prouver que les magistrats ont soutenu leur collègue, le juge Fabrice Burgaud, malgré la souffrance des victimes de cette erreur judiciaire gravissime qui a brisé des vies et causé deux morts. Burgaud n’a écopé que d’une « réprimande avec inscription au dossier » ! Depuis cette lamentable affaire, et malgré les promesses présidentielles de Nicolas Sarkozy, les juges et les procureurs ne sont toujours guère « jugeables » et punissables au pénal et au civil pour leurs fautes.

[Les autorités] veulent sans doute que les Français ne fassent pas justice eux-mêmes. Ils ont raison… mais à la seule condition que la justice fasse bonne justice elle-même ! En incarcérant et condamnant par avance René Galinier, ne donnent-ils pas à nos concitoyens un bon argument pour se méfier davantage de l’institution qu’ils représentent, et par conséquent pour multiplier les actes d’autodéfense ? Et ne sont-ils pas les premiers responsables du « trouble à l’ordre public » dans l’affaire du papy de Nissan-lez-Enserune ?

2010/07/16

Les Médiateurs : Ni des juges, ni des défenseurs, ni des procureurs, mais « Des veilleurs, des balises qui signalent comment les vents se présentent »

Dans l'article principal (et de couverture) du quotidien Le Monde Télévision, sur les médiateurs (Médiateurs Mal-Aimés), Jean-Baptiste de Montvalon écrit que :
Il est symptomatique que les médiateurs se définissent d'abord par ce qu'ils ne sont pas. « Il ne faut pas se prendre pour un procureur », explique la médiatrice de France 3, -Marie-Laure Augry. « Je ne suis pas un juge. Ni un défenseur de la télévision, ni un procureur », ajoute Alain Le Garrec, médiateur des programmes à France Télévisions. Alors quoi ? « Des veilleurs, des balises qui signalent comment les vents se présentent », avance Marie-Laure Augry.

Ces phares sont généralement érigés après la tempête : comme le rappelle le sociologue Jean-Marie Charon dans l'entretien qu'il nous a accordé, ce sont des crises de confiance qui ont incité l'Etat à instaurer cette fonction dans l'audiovisuel public. La nomination d'un médiateur est d'abord une réponse au désaveu du public, avant d'être l'anticipation d'éventuels malentendus.

[À TF1,] Jean-Marc Pillas … reconnaît les limites de sa fonction. « Je ne suis pas au-dessus des lois de l'entreprise. Je ne suis pas payé pour mettre en danger l'image de la chaîne », dit-il.
Dans un entretien avec Jean-Baptiste de Montvalon, Jean-Marie Charon ajoute que
Les médiateurs sont exposés à deux risques principaux : se heurter jusqu'à une sorte de point de non-retour avec la hiérarchie de la rédaction ou, à l'inverse, se transformer en porte-parole de leur média, trop proches du marketing. … Il y a … eu des médiateurs trop discrets ou trop soucieux d'expliquer le travail de leurs collègues.
"France 2 a choisi, en 2008, d'interrompre la diffusion de « L'hebdo du médiateur ». Une telle fonction a-t-elle un sens si elle ne dispose pas de visibilité à l'antenne ?"
La disparition du médiateur de l'antenne de France 2 est une véritable régression. En faisant preuve d'une telle frilosité, les directions de l'audiovisuel public vont à contresens de l'histoire des médias, de leurs médias, au moment où sur Internet le public manifeste un vif engouement pour une prise de parole, qu'il s'agisse de commentaires des contenus proposés, de recommandations, de classements, de propositions de contenus.
"Un médiateur qui s'efforce d'assumer sa fonction risque de déranger une direction et d'agacer une rédaction, sans pour autant satisfaire les auditeurs ou les téléspectateurs. Ne s'agit-il pas d'une mission impossible ?"
La presse américaine a dégagé depuis longtemps quelques pistes qui me paraissent toujours valables. Un médiateur ne peut jouer utilement son rôle que dans une durée limitée et définie dès le départ. Il doit être hors hiérarchie rédactionnelle et dépendre directement de la direction du média. Ce doit être un senior, reconnu dans sa compétence, son expérience, sans ambition de carrière. Nombre de journaux américains préféraient appeler quelqu'un d'extérieur, n'ayant pas de passif ou d'amitiés au sein de la rédaction. La question peut se discuter, la plupart des médias français ayant préféré faire appel à l'un des leurs. C'est une mission difficile, mais plus nécessaire que jamais !

2010/06/26

Highly Recommended

I know the liberals call you 'the most dangerous man in America,' but don't worry about it, they used to say the same thing about me. Keep up the good work.
— Ronald Reagan
in a letter to
Rush Limbaugh,
December 11, 1992

2010/06/25

Le Monde's problems make it the textbook example of the evolution of French press over the last years

Within two weeks, the French newspaper Le Monde will run out of cash
write Frédéric Filloux and Jean-Louis Gassée.
By this Monday at noon, candidates to the takeover of the most prestigious French daily will have disclosed their offers. By June 28, the staff will vote and make the final decision for the fate of the 66 years-old paper.

More importantly, the newspaper’s independence will be under severe pressure.

Le Monde is the textbook example of the evolution of French press over the last years …

2010/06/11

Rencontre Sarkozy-Obama : Cordialité ou rivalité

Evelyne Joslain sur Le Ring de LCI avec Stu Haugen, Meredith Gowan Le Goff, et Jean-Philippe Immarigeon, le tout "parrainé" par le présentateur Romain Hussenot.

The Ring (31-03-2010) from Bolt-On.Corp on Vimeo.