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2016/07/04

Michel Rocard nous a quittés

Un ancien premier ministre français est mort, nous apprend Le Monde (Michel Rocard sur Le Monde Watch).
Michel Rocard avait le « parler-vrai », la dent dure et le jugement acéré. Nul doute qu’il se serait gaussé de l’avalanche d’hommages qui lui ont été rendus, au lendemain de sa mort le 2 juillet.
A gauche, bien sûr, François Hollande a salué ce socialiste capable de « concilier utopie et modernité », Manuel Valls a évoqué avec émotion ce « visionnaire » qui fut son « père en politique », Lionel Jospin cette « référence », Emmanuel Macron cet « exemple », Jean-Pierre Chevènement ce « militant sincère qui croyait à la force des idées », ou Jean-Luc Mélenchon cet « éclaireur » dont « la vie est une leçon ».

A droite, tout autant, où Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou François Fillon ont dit leur respect pour l’homme d’Etat. A l’extrême droite même, puisque Marine Le Pen a adressé ses condoléances aux proches de cet « homme de conviction ». Sans oublier Nicolas Hulot et Brigitte Bardot.
 … L’homme de gauche Rocard mérite ces hommages, évidemment. … Pour son pragmatisme tenace, sa capacité d’innovation autant que de conciliation, le premier ministre Rocard (1988-1991) ne mérite pas moins l’éloge.
 … La frustration de constater que les qualités reconnues à Michel Rocard – une exigence de morale en politique, un inlassable engagement pour ses idées, une inépuisable ouverture d’esprit – paraissent si peu et si mal répandues aujourd’hui.
Le regret est de voir disparaître un homme, et une voix, qui incarnait une conception noble de l’action publique : celle qui fonde l’ambition et l’exercice du pouvoir sur la force et la justesse des idées, du savoir et de la culture. Et non celle qui instrumentalise les idées au service de la seule stratégie qui vaille, la conquête du pouvoir. C’est ce qui a fait sa singularité et lui confère aujourd’hui une aura particulière. C’est aussi, et il le reconnaissait lucidement, ce qui a fait sa faiblesse pendant quarante ans.

2010/12/02

Discours contre la guerre en Irak : Rocard dit que Villepin s'identifiait à Napoléon, alors qu'il était plus un personnage du type Cyrano de Bergerac

Les Français en veulent souvent à Sarkozy l'Américain pour avoir critiqué la position diplomatique française de Jacques Chirac et Dominique de Villepin sur l'Irak, directement ou indirectement, mais comme le montre Piotr Smolar dans Le Monde, en s'appuyant sur les révélations de WikiLeaks, Nicolas Sarkozy n'était pas le seul à trouver les positions de Chirac et de Villepin excessives :
Devant les diplomates américains, l'ancien premier ministre Michel Rocard a exprimé sa "colère" au sujet du fameux discours de Dominique de Villepin contre la guerre en Irak, prononcé en 2003 devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Lors d'une rencontre avec l'ambassadeur américain, le 24 octobre 2005, M. Rocard a estimé que ce discours avait été "contre-productif", surtout vis-à-vis du secrétaire d'Etat de l'époque. "Nous aurions dû soutenir (Colin) Powell, au lieu de cela, nous l'avons poussé dans un coin", confie-t-il alors. "Rocard a dit que, s'il avait été président de la France à l'époque, il aurait écrit une lettre de quatre ou cinq pages au président Bush" pour exprimer ses réserves quant à l'option militaire. Puis, si Washington avait malgré tout choisi cette voie, il serait resté silencieux. "Rocard a plaisanté en disant que Villepin s'identifiait à Napoléon, alors qu'il était plus un personnage du type Cyrano de Bergerac. Il est l'héritier d'une fière tradition orale française : "On aime parler ; si vous voulez un partenaire silencieux, vous devriez vous adresser aux Finlandais"."
À noter que l'un des commentateurs sur le site du journal de référence fait cette remarque pertinente :
Vraiment, à lire là encore les commentaires ou la moitié d'entre-eux sont d'une sous-élévation affligeante... J'ai le sentiment ce jour que le monde des lecteurs du monde ne soit devenu un repère de coupe-gorges.