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2004/06/29

La France avait raison : les Irakiens manifestent toute leur "amertume"

"Je les préviens, ces terroristes, tous les Irakiens
vont se redresser et les frapper avec l'acier."

La voix de George W Bush, ou de l'un des néo-conservateurs américains tant moqués et décriés en France?

Non, c'est la voix d'Ali, un Bagdadi dont l'opinion a été largement partagée durant la première journée de la première chaîne de radio de discussion et de débats indépendante en Irak.

Il est clair que ce sont là des infos dont il ne faut pas crier la portée trop haut sur les toits en France. Les Français, en effet, semblent préfèrer une vision totalement cynique de quiconque ne semble pas être, directement ou indirectement, à raison ou à tort, l'allié de leur gouvernement. Mais sortons de la France et de son univers médiatique et revenons en Irak même. Quittons les voix françaises et laissons s'exprimer un peu un journaliste irakien. (Ce que, d'aucuns s'accorderont, ne doit pas être sans apport bénéfique du point de vue information…)

Tarek el-Tablawy souligne que durant toute la journée, les auditeurs de Radio Djila (ainsi que de Bagdad FM) semblent ignorer le "pays dévasté", "le protégé de la CIA", et autres ignomies (du point de vue français). Ils ont laissé éclater leur joie. "Il y a un sentement de bonheur parmi les auditeurs", disait le fondateur de Radio Djila, Ahmed al-Rikabi.

Ceux qui ont téléphoné aux deux stations ont aussi utilisé l'opportunité pour souligner que tous les Irakiens — les Sunnites, les Shi'ites, les Kurdes, et les Chrétiens — devront s'épauler devant les challenges auxquels le pays aura à faire face dans les mois qui viennent. "Je souhaite dire au nouveau gouvernement que tout le monde ici est uni" dit Layla…
Une attitude d'optimisme, et, jusqu'ici, d'approbation du nouveau gouvernement irakien, était aussi ce qu'avait vu Thanassis Cambanis du Boston Globe.

En d'autres mots, commentait le Captain Ed, en se référant aux pessimistes et aux cyniques du "camp de la paix" :

ça ne ressemble pas à une nation qui ne veut pas être libre qui veut faire front commun avec Al-Qaida, et qui veut vire dans un théocratie islamo-fasciste. Cela ressemble à un peuple qui veut être libre et que veut se débarrasser des brutes de Saddam et des brutes étrangères qui continuent à massacrer leurs concitoyens. En clair, cela ressemble à un pays qui veut se battre pour sa liberté.
Ahlala, qu'il est naïf, le Cap'n Ed. Ahlala, qu'il est naïf, Thanassis Cambanis. Qu'il est naïf, Tarek el-Tablawy. Qu'il est naïf, Ali. Qu'elle est naïve, Layla. Qu'il est naïf, Ali Abbas. Qu'ils sont naïfs, les auditeurs de Radio Djila. Qu'ils sont naïfs, les auditeurs de Bagdad FM. Qu'ils sont naïfs, les Irakiens qui ont répondu aux sondages en disant que leurs vies allaient mieux et qu'ils avaient de l'espoir et de l'optimisme pour l'avenir. Qu'ils sont naïfs, les Rosbifs, et les Ritals, et les Polacks, et tous les autres qui se sont rangés derrière le perfide Oncle Sam et qui auraient mieux fait de se taire. Qu'il est naïf, George W Bush. Ils n'ont rien compris. Il faudrait quand même faire quelque chose, il faudrait quand même expliquer à tout ce monde à quel point ils se sont mis le doigt dans l'œil…

(Évidemment, cela aiderait si tout ce beau monde — et en premier lieu, les Irakiens — ne se méfiaient pas tant soit peu des opinions "objectives" qui leur parviennent du berceau des droits de l'homme…)

Read an English article about Radio Djila

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