2005/10/15

Un Etat fait preuve de faiblesse quand il n'a d'autres convictions qu'un humanisme de façade et ne sait plus distinguer l'allié de l'adversaire

…un Etat fait preuve de faiblesse quand il n'a d'autres convictions qu'un humanisme de façade et ne sait plus distinguer l'allié de l'adversaire
nous rappelle Ivan Rioufol.
A quoi bon ces rodomontades contre George W. Bush et Tony Blair, seuls en guerre contre l'«islamo-fascisme» qui menace les démocraties, si c'est pour s'incliner, chez soi, devant des minorités arrogantes ? Au fait : samedi, les Irakiens vont être invités à voter sur une Constitution. Médias et experts français ont tous annoncé qu'elle ne verrait jamais le jour. Wait and see...

Vargas Llosa au Moyen-Orient

For Le Monde, Mario Vargas Llosa has written an exclusive in-depth article on his trip into the heart of the Israeli-Palestinian conflict.

2005/10/11

"Le rire de gauche pour cafés-théâtres, ce sont des rires aux dépens des autres, des rires tristes, à pleurer"

Dans son édition du 17 septembre, Le Monde 2 consacrait ses archives a Louis de Funès.

D'habitude, le supplément hebdomadaire n'est qu'une longue litanie d'articles écrits par et pour les avant-gardistes bien-pensants, de tirades contre les Yankees et le systeme capitaliste, et de célebrations d'hommes d'État et d'artistes "engagés" (comme Les Guignols). Mais pour une fois, avec une interview de Fufu daté du 23 décembre 1971 et sa defense du rire populaire face au mépris et aux moqueries hautaines, une certaine vérité est parvenue à percer…

Le Monde : Savez-vous que des jeunes considèrent votre comique sans cible politique comme démobilisateur et donc favorable à l'ordre etabli?

Louis de Funès : Ce sont des isolés et je demande à voir leur photo ! Etre de gauche, c'est une mode, comme les cheveux longs. Le rire, lui, dure. Il est innocent. Je ne vois pas comment on peut aller lui chercher des sens cachés. … nous on est l'antidote. Et qu'on ne me dise pas qu'ils rient en Union Soviétique ou dans les pays communistes ! Des pièces comiques, il n'y en a pas lourd …

Le Monde : Un nouvel humour apparaît, très critique. Qu'en pensez-vous?

Louis de Funès : Ah oui! le rire de gauche pour cafés-théâtres, comme Romain Bouteille, ce sont des rires aux dépens des autres, des rires tristes, à pleurer, je n'aime pas ça. Ils arrachent tout, ils jettent tout aux ordures sans rien reconstruire. …

Le Monde : Si on vous proposait des pièces ou des scénarios plus dangereux pour l'ordre établi, ça vous choquerait?

Louis de Funès : Pas s'ils sont drôles, et ça dépend quel ordre on veut détruire. L'ordre des gens de gauche, on le voit partout à l'œuvre, chez Castro ou ailleurs, le communisme ce n'est pas encore au point.

… Vous savez, un bon spectacle de gauche, bien fait, ce serait plein. Mais voilà, à gauche, il n'y a pas d'auteur comique de talent. Et c'est dommage, car le rire est un arme terrible, l'arme la plus rédoutable. A condition, quand même, qu'on ne manque pas de respect aux lois, comme c'est la mode depuis 1968, avec la gauche hirsute et tout ça. Vous savez, la droite, ce n'est pas les gens nantis, pas du tout. Sur les Champs-Elysées, en 1968, il n'y avait pas que des nantis.

… Quant aux gauchistes, ça ne m'intéresse pas du tout, leurs films sont tellement ennuyeux, prétentieux, ils ne font pas un rond… Et si je n'ai pas tous les miliex pour moi, tant pis, il faut me prendre comme je suis. … Non, vraiment, la politique tue le rire, c'est du poison. Tandis que le rire de consommation, on en aura toujours besoin. Toujours.

2005/10/08

George W Bush sur la définition du courage et de la lâcheté

"Ben Laden déclare que sa mission est de dire aux musulmans ce qui est bon pour eux et ce qui ne l'est pas. Cet homme né dans la richesse et les privilèges considère bon pour les musulmans pauvres de devenir des tueurs et des kamikazes. Il leur promet que c'est le chemin du paradis, mais il n'a jamais proposé de le prendre."
Ainsi s'est exprimé le président des États-Unis, jeudi 6 octobre, devant le National Endowment for Democracy (Fondation nationale pour la démocratie). Eric Leser dans Le Monde:
"Contre un tel ennemi, il n'y a qu'une seule réponse efficace. Nous ne devons jamais reculer, jamais abandonner et ne jamais accepter autre chose qu'une victoire totale." Afin de retrouver l'image du commandant en chef résolu, qui lui a permis d'être réélu il y a moins d'un an, et de contrer l'opposition grandissante, y compris au sein de son parti, au maintien des troupes américaines en Irak, George Bush a prononcé … son discours le plus argumenté et le plus sévère contre l'islamisme radical.

… Evoquant au moins dix attentats déjoués dans le monde depuis le 11 septembre 2001 dont trois aux Etats-Unis et les récentes attaques à Londres, Charm el-Cheikh et Bali, le président des Etats-Unis a mis en garde contre "un ensemble de croyances qui sont mauvaises mais pas folles". Selon lui, l'islamisme radical est soutenu par des "éléments dans les médias arabes qui incitent à la haine et à l'antisémitisme". Ceux qui "l'aident et lui facilitent la tâche" ont été "abrités par des régimes autoritaires, alliés de circonstances, comme la Syrie et l'Iran, qui partagent l'objectif de faire du mal à l'Amérique et aux régimes musulmans modérés et utilise la propagande terroriste pour reprocher leurs propres échecs à l'Occident, l'Amérique et aux juifs."

Le sujet central du discours était l'Irak, et la dénonciation du terrorisme islamiste sert de principal argument pour convaincre de la nécessité de continuer le combat dans ce pays. A quelques jours du référendum du 15 octobre sur la Constitution irakienne et avec des sondages au plus bas aux Etats-Unis ­ seulement 32 % des Américains approuvant la façon dont la guerre est menée , George Bush cherche à redevenir crédible. Il a répété que l'Irak était pour "les terroristes le front principal de la guerre contre l'humanité. Ils croient, en contrôlant ce pays, qu'ils pourront rallier les masses musulmanes et leur permettre de renverser les gouvernements modérés de la région et établir un empire islamique de l'Espagne à l'Indonésie. Après chaque attentat au hasard, après chaque enterrement d'un enfant, il devient plus clair que les extrémistes ne sont pas des patriotes ou des résistants. Ce sont des meurtriers en guerre avec le peuple irakien lui-même."

M. Bush a même répondu directement à Abou Moussab Al-Zarkaoui, le numéro un d'Al-Qaida en Irak, et à ses propos sur les Américains, "les plus lâches des créatures de Dieu". "Soyons clair, a rétorqué George Bush. La lâcheté est de chercher à tuer des enfants et des personnes âgées avec des voitures piégées, de couper la gorge d'un captif attaché et de viser les croyants à la sortie d'une mosquée. Mais le courage est de libérer plus de 50 millions de personnes."

Le président a cherché aussi à répondre à ceux qui estiment que la présence militaire américaine en Irak alimente le terrorisme. Il a rappelé qu'aucun soldat américain ne se trouvait dans ce pays le 11 septembre 2001 au moment des attaques contre New York et Washington. Il a aussi souligné que la Russie, opposée à l'invasion, a subi en 2004 une attaque à Beslan au cours de laquelle plus de 300 enfants ont été tués.

M. Bush s'en est pris enfin aux opposants à la guerre, aux Etats-Unis, qui préfèrent, d'après lui, la facilité. "Il y a toujours la tentation au milieu d'une longue lutte de chercher une vie tranquille, d'échapper à ses devoirs et aux problèmes du monde et d'espérer que l'ennemi se lasse du fanatisme et des meurtres. Nous allons conserver notre sang-froid et remporter cette victoire." …

2005/10/05

Les réflexions, absurdes — "c'est mieux comme ça" — ou abjectes — "on devrait euthanasier les dépressifs"

Chaque année, plus de 10 000 personnes mettent fin à leurs jours en France ; 2 000 ont moins de 34 ans, 600 moins de 24
écrit Benoît Hopquin.
Dans cette catégorie d'âge, le suicide est la deuxième cause de mortalité, après les accidents de voiture. Le nombre de décès diminue légèrement depuis 1986.

L'amélioration des techniques d'urgence explique en partie cette baisse. "Nous intervenons plus vite et mieux" , affirme Jean-Yves Bassetti, médecin colonel des pompiers. Selon lui, les médicaments ont aussi une toxicité moindre, même utilisés à haute dose. Dans l'Aude, où il travaille, M. Bassetti assure qu'il ne se passe pas une journée sans qu'une équipe soit appelée pour de tels cas. Les tentatives de suicide grimpent en flèche, surtout chez les jeunes. Le chiffre officiel, 50 000 chez les moins de 24 ans, semble au-dessous de la réalité. Selon une étude épidémiologique conduite en Gironde en 2001, 7 % des élèves affirment avoir effectué une tentative qui, dans 9 cas sur 10, n'a fait l'objet d'aucun suivi. Le passage à l'acte est, en outre, de plus en plus précoce. En 2000, un enfant de moins de 10 ans s'est donné la mort.

… Elle dépeint "des parents abandonnés à eux-mêmes", plongés dans une immense solitude. Les amis qui s'éloignent, "parce qu'on ne peut passer son temps à remonter le moral" , ou qu'on éloigne, parce qu'on n'a plus rien en commun. Et puis les réflexions, absurdes ­ "c'est mieux comme ça" ­ ou abjectes ­ "on devrait euthanasier les dépressifs." La mère de Solène exprime sa colère contre une société qui n'a pas totalement levé le tabou sur le suicide. On n'en est plus à refuser les obsèques religieuses aux morts outrageants. Mais les mentalités sont encore dans le déni. Ainsi ce professeur de Solène, prenant à témoin une autre élève, atteinte d'un cancer : "Elle, au moins, elle se bat." "Preuve qu'il y a toujours les maladies nobles et les maladies honteuses" , constate la mère.

… La majorité des suicides surviennent au domicile familial, renforçant la culpabilité qui torture les parents, et que la société les laisse assumer seuls. Les "histoires de famille" ne sont pourtant pas toujours à l'origine du geste fatal.

… On le lui reprochera. "Il paraît que ça ne se fait pas" de révéler publiquement le suicide d'un fils. Mme Ferrand dénonce à présent un système psychiatrique qui n'a pas su comprendre la douleur de son enfant. … "Les médicaments éteignaient la flamme au lieu de la rallumer." Elle dénonce l'isolement, l'"absence d'écoute", "le manque d'humilité des psys", leur volonté de la tenir à l'écart.

… Policiers et urgentistes ont souvent appris, par empirisme, à trouver les mots, et à interdire la scène aux familles. …

… En 1991, Mme Hannier a créé l'association Phare, avec un double objectif : accompagner les familles endeuillées et aider les adolescents en difficulté et leurs parents. La structure a un numéro d'appel, le 0810-810-987. Elle organise chaque mois des groupes de parole.

2005/10/02

L'Europe s'est retrouvée dans une position humiliante, un régime totalitaire lui donnant une leçon de libre-échange

Il y a deux raisons pour lesquelles l'élaboration d'une politique étrangère européenne commune s'est révélée beaucoup plus difficile qu'attendu
écrit Chris Patten.
La première se nomme Jacques Chirac et la seconde Gerhard Schröder. Cela est particulièrement vrai pour les relations que l'Europe entretient avec les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

Si les dirigeants français et allemands ont eu raison de s'opposer à l'invasion de l'Irak menée par les Etats-Unis, leur attitude dans l'ensemble, entre rivalité improbable et servilité obséquieuse, a rendu difficile la construction de relations avec Washington sur des bases indépendantes.

Au sujet de la Russie, M. Schröder, le chancelier allemand, a semblé se mettre en avant, fasciné par la maîtrise de la langue allemande du président Vladimir Poutine ˇ – acquise, il n'est pas inutile de le rappeler, dans l'objectif d'espionner l'Allemagne – ˇ et attiré par les ressources énergétiques contrôlées par Moscou. Les sensibilités et les intérêts de la Pologne, de l'Ukraine et des Etats baltes ont été ignorés.

Bien sûr, l'Europe a besoin de ces ressources russes mais la Russie a, elle-même, besoin de vendre du pétrole et du gaz à ses voisins occidentaux. Elle n'a que peu d'autres choses précieuses à offrir à l'Union européenne (UE). En revanche, on ne peut oublier que Moscou cherche à se bâtir une sphère d'influence autour de ses frontières, avec des alliés affaiblis. La France et l'Allemagne sont-elles heureuses de ce qui se passe, par exemple, dans le sud du Caucase, en Moldavie et dans les républiques d'Asie centrale ?

Les dirigeants européens évoquent des valeurs qu'ils partagent avec la Russie, alors que celle-ci ˇ – où liberté d'expression et démocratie sont en repli – ˇ serait justement l'endroit idéal pour commencer à défendre ces valeurs.

Mais c'est avec la Chine qu'il y a eu probablement le plus de dégâts. Contrairement à de nombreux stratèges américains, les Européens n'ont pas considéré l'ascension de la Chine comme une menace, même si cette dynamique est une véritable accélération du cours de l'histoire.

… Quant au nationalisme croissant de Pékin, il pourrait devenir inquiétant s'il venait à échapper à tout contrôle, comme cela s'est produit pour le Japon dans les années 1930. … l'Union européenne a fait tant d'efforts pour faire entrer la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce et discuté avec Pékin des conséquences de la fin du protectionnisme des pays riches face au textile. C'est aussi pour cela que nous avons insisté en faveur d'un dialogue à propos des droits de l'homme.

Cette stratégie réfléchie a échoué en raison de deux événements. Premièrement, la gestion lamentablement incompétente de l'embargo de l'UE sur les armes mis en place après les massacres de Tiananmen, en 1989. La position européenne était alors claire. Elle liait officieusement l'embargo aux progrès en matière de droits de l'homme, ce qui renvoyait essentiellement à la ratification et à la signature de la Convention sur les droits civiques et politiques des Nations unies (ONU). M. Chirac et M. Schröder ont sonné le glas de cette politique : le premier pour obtenir davantage de sourires de la part du président Hu Jintao lors de sa première visite officielle à Paris ; le second en croyant bêtement que les Chinois étaient différents des autres dès lors qu'il s'agissait de faire des affaires et qu'ils achèteraient du matériel ferroviaire allemand si Berlin se mettait au diapason de Pékin.

C'est alors que les Etats-Unis ont tapé du poing sur la table en soutenant, ce qui n'avait rien d'incongru, qu'ils méritaient, au moins, d'être consultés quant à un tel changement de politique. Sans compter qu'une bonne part de l'industrie de l'armement européenne est dépendante du savoir-faire américain ou des ventes aux Etats-Unis. Au bout de quelques mois, l'Europe est donc rentrée dans le rang. Elle est revenue à sa position de départ, celle d'avant cette équipée embarrassante – non sans perdre de la crédibilité, à Washington, et la face, en Chine.

… [L'acord des mesures protectionnistes afin de bloquer les exportations chinoises bon marché] a été salué par le premier ministre français, Dominique de Villepin, comme un grand moment pour l'Europe. En vérité, c'est tout l'inverse d'un grand moment. Le message a été donné aux Chinois que nous privilégiions les règles de la négociation pour la gestion des politiques économiques uniquement lorsqu'elles nous convenaient. Une fois qu'elles se révélaient inadaptées – pénalisant, dans le cas présent, les entrepreneurs qui n'avaient pas réussi à restructurer leur entreprise –, nous pouvions décider unilatéralement de les abandonner. L'Europe s'est donc retrouvée dans une position humiliante, un régime totalitaire lui donnant une leçon de libre-échange.

Il nous faut maintenant ramasser les morceaux et tenter de reconstruire une stratégie cohérente. Prions pour que le type de diplomatie pratiquée par les dirigeants français et allemands ne façonne pas nos futures approches de la question.

2005/09/30

Une certaine autosuffisance, aussi en Europe du nord: Vous pensez tellement être une norme pour le monde entier que vous en devenez très égocentriques

"La Norvège se fait une assez haute idée de l'éthique, constate Henrik Syse. C'est une vieille attitude missionnaire très norvégienne qui veut que l'on sache mieux que les autres ce qui est bon pour le monde." Mais qui va de pair avec une certaine autosuffisance. "Vous pensez tellement être une norme pour le monde entier que vous en devenez très égocentriques."
Les paroles recueillies par Olivier Truc dans Le Monde sont d'un jeune philosophe norvégien de 39 ans, chargé de réfléchir au sein de la Banque centrale de Norvège à la gestion éthique de la formidable manne pétrolière qui se déverse sur le royaume. Ne semblerait-il pas qu'elles puissent s'appliquer à bien d'autres peuplades de par la Scandinavie et le reste de l'Europe?…

2005/09/25

France's fabled "social model" assumes that companies should operate like nonprofit organizations or charities

France's staggering jobless rate is largely the result of a fundamental misunderstanding of capitalism
writes The Wall Street Journal (merci à Hervé).
Somehow, the country's fabled "social model" assumes that companies should operate like nonprofit organizations. But neither do entrepreneurs create jobs out of charity nor do they lay off people out of malice -- despite French Employment Minister Gerard Larcher's calling Hewlett-Packard's plan "brutal."

It is the much-maligned drive for profit that creates growth and jobs. Labor laws that make it costly to lay off workers are not "social"; they discourage companies from hiring. And when not even unprofitable plants can be shut down, it will hardly prompt investors, foreign or domestic, to open new ones.

France isn't very investor-friendly to begin with. Rumors in July that Pepsi might take over dairy food company Danone put Mr. Chirac into protectionist overdrive. The government is drawing up a list of industries to keep out of foreign hands. Even Paris will have difficulty though arguing yogurt production is a matter of national security. And yet, despite renewed speculation this week, a Pepsi-Danone deal is in doubt. As one analyst told Reuters Wednesday: "If I put myself in Pepsi's shoes, do I want to invest $30 billion in buying a company in France with President Chirac, the chairman, unions and farmers hostile to the move? You'd be insane."

Smart investors rarely are insane, as France's unemployment rate demonstrates.
Read also Cristina Losada's It’s Expensive To Keep Them Poor!

2005/09/23

"Je ne vous ai pas oubliés"

Les nazis l'alignent avec trois douzaines d'autres juifs et les exécutent un par un, d'une balle dans la nuque. C'est son tour. Mais le soldat, a raconté [Simon] Wiesenthal, fait une pause pour avaler une vodka. Puis les cloches d'une église voisine se mettent à sonner pour la messe du soir, et le soldat s'en va prier : Simon Wiesenthal échappe à la mort, une première fois.
raconte Franck Johannès dans Le Monde.
… le 12 avril 1943, les SS ramènent Wiesenthal à Janoswka, avec 40 autres juifs. On les conduit près d'une fosse, on leur ordonne de se déshabiller. Cette fois, c'est la fin. Et à nouveau, le miracle : un sous-officier SS le sort de là, le renvoie au camp des chemins de fer : on le cherchait partout, c'était le 54e anniversaire de Hitler, et le commandant du camp avait besoin de lui pour dessiner une belle pancarte, "Wir danken unserem Führer" ("Nous remercions notre Führer").

… Mais les Alliés approchent. Et à nouveau, on aligne Simon Wiesenthal avec 33 déportés ­ ils étaient à l'origine 100 000 dans le camp, les autres sont morts ou ont été transférés. Le commandant du camp se ravise : s'il a des prisonniers à garder, il évitera le front de l'Est. "Nous étions 34 juifs, a raconté Wiesenthal, devenus l'assurance-vie de 200 SS."

La petite troupe part vers l'ouest. Quelques déportés sont tués en cours de route. Un sous-officier lui demande un jour ce qu'il dirait des camps de concentration s'il arrivait jamais jusqu'à New York. Il répond qu'il raconterait sûrement la vérité. "On ne te croira pas, a rigolé l'Allemand. On dira que tu es fou." Simon Wiesenthal s'est bien juré ce jour-là qu'il survivrait, et qu'il témoignerait.

…Wiesenthal, qui est ramassé par un camion qui rapporte les cadavres. On découvre qu'il n'est pas mort, un garde lui donne un bol de soupe, et un Polonais compatissant lui apporte parfois un morceau de pain. Mais c'est l'enfer. "Le dernier jour à Mauthausen, a expliqué Wiesenthal au New York Times en juillet 2000, j'ai dit à mes amis que je voudrais vivre un quart d'heure de plus, pour voir la tête des nazis quand les Américains arriveront." Ils arrivent le 5 mai 1945.

Simon, qui a survécu à douze camps nazis, n'est plus qu'un petit paquet d'os. Il voit un char avec l'étoile blanche, rêve de la toucher ­ "J'avais survécu pour voir ce jour" ­ mais il est incapable de faire un pas. On le porte, il ne peut plus ouvrir la bouche, montre l'étoile du doigt. On l'amène jusqu'au char. Il touche l'étoile et s'évanouit.
Lire aussi : The Long Ballad of Tibor 'Ted' Rubin

2005/09/20

Une "inhumanité totale" pendant les "jours d’épouvante" : une perle de suffisance et d'anti-américanisme

On atteint les limites du surrealisme [avec] cette "perle" de suffisance et d'anti-américanisme
nous écrit Julien Regnard à propos de textes comme l'édito du 8 septembre dans Paris Match.
Un hélicoptère de l’armée américaine se pose au milieu de la cour de récréation [de la Louisiane]. Le vacarme est assourdissant. La caméra montre les visages effrayés, les femmes serrant leurs enfants dans les bras. Des soldats jaillissent de l’hélicoptère, fusil d’assaut à l’épaule. Prennent position. Comme en Irak. … Une scène d’une inhumanité totale. … Même [si les Noirs] souffrent, s’ils meurent, comme ces jours d’épouvante en Louisiane, la première réponse n’est pas humanitaire. Mais militaire. L’Amérique de Bush reproduit, par réflexe, sur son propre sol, ce qu’elle entend faire partout dans le monde, en Irak, ailleurs : sécuriser de force un territoire sans respect pour les peuples. Y compris le sien, quand il est de couleur. Elle ne sait pas aimer, aider les plus pauvres, leur tendre la main. Elle parle sans cesse de la Bible et du Bien mais « évangélise » avec ses soldats qui patrouillent pour rassurer les « bons citoyens », contre les autres.
Si ca continue comme-ca, les pays d'Europe de l'Est vont devoir creer une nouvelle "radio free europa" pour envoyer des infos a l'ouest pour lutter contre la propagande officielle. Avec la difference cette fois ci que les peuples d'Europe de l'ouest veulent croire aveuglement dans cette propagande.

2005/09/15

Les Américains aveuglés, leurs médias aussi…

Les médias américains montrent encore une fois leur aveuglement, leur statut de zombies, et leur inféodation à Bush

A Typical Week at Le Monde

On Monday, France 3 showed Phil Craig's outstanding docudrama, The Flight That Fought Back. Le Monde's Dominique Dhombres agrees the story of UA 93 on 9-11 is good, but bemoans, in the usual patronizing way that is the bane of la France laïque louée aux Cieux, "the religious and patriotic parts", suggesting religion and patriotism are outdated blinders worthy of nothing but scorn, and that because co-producer Brian Lapping is a Briton, that content means that a lucid European like him must have been forced to compromise his integrity and sell out.

In a letter to the editor on September 14 (no link available), a Swiss reader pointed out how partisan Le Monde is: An article four days earlier read "The Swiss …have retained their autonomy and still haven't become members of the European Union (EU)". Before slicing up the rest of the indigest article, Pierre Boskovitz points out that the Swiss have not "retained" their "autonomy", but "form until further notice an independent, free, and democratic country." He adds that "the term 'still' is unacceptable, because it suggests that Switzerland ought to be a member of the EU, but that it is shuffling its feet although entering is its duty. Unless I am mistaken, Switzerland and Norway are countries whose democratic character is not in doubt and who have decided, freely and democratically, not to enter the EU."

Speaking of multinational organisations: Philippe Bolopion approaches the Oil-for-Food scandal (and others at the United Nations) through the reactions of the UN's (anonymous) employees. The result: lots of whining and pointing fingers (at Uncle Sam, natch) and tears about the unfairness of it all, not to mention anger (the "objective" journalist's) at the "raging" neo-cons unfairly wanting to punish the UN just like they did with poor little France.

Eric Leser paints a heroic portrait of Mayor Ray Nagin (saying "the Democrat African-American may become the hero America has been desperately seeking since Hurricane Katrina hit"), while Denis Lacorne's online chat shows the usual haughty and patronizing tone of all Frenchmen (himself included) and the afore-mentioned Dhombres intimates that the BBC is honest and objective while he wags his finger at Dubya:

Des propos, impensables jusqu'ici, sont tenus. "S'il dit encore une fois que c'est la faute des autorités locales, je lui mets ma main sur la figure", s'écrie, exaspérée, une sénatrice démocrate de Louisiane.

…Il n'en est pas encore au point d'admettre ce que les témoins répètent pourtant à satiété devant les caméras : dans les jours qui ont suivi le passage du cyclone, le pouvoir fédéral avait tout simplement déserté.

Of course, the above criticism couldn't be due a tendency to shift away blame, could it?

Speaking of racism, real, alleged, or other, Benoît Hopquin details how when French authorities were faced with a lack of manpower in rural zones 40 years ago, they sent for 1,600 children in La Réunion, establishing the "transfer" of the Indian Ocean youngsters to l'Hexagone.

This, of course, is to be denounced by Frenchmen of all colors, albeit briefly and never in a tone that suggests, as with any American lapse or sin, big or small, real or other, that this is typical and that the country is beyond salvation.

2005/09/11

Armorique Amérique, même combat

Fascinante histoire, celle de Bécassine, l'ancêtre de BD qui fête ses 100 ans cette annee. La petite bretonne devait son succés au fait que (dans les mots de Bernard Lehembre) elle incarnait "un type de sotte peu futée, ignorante, et d'une naïveté deconcertante."

En d'autres mots, elle devait son succés au fait qu'elle etait l'objet de mépris de la part du Français moyen et que celui-ci pouvait, avec facilité, se doter d'un sentiment de supériorité suffisant.

Cela vous rappelle-t'il quelque chose? (Hint hint).

("Ah non, ce ne sont pas les Breton(ne)s que nous sommes contre, ce sont juste leurs bonnes…")

On appréciera la suite de l'article de Yves-Marie Labé :

La publicité (la Chicorée Leroux) et les journaux satiriques (L'Assiette au beurre, Le Journal amusant, Le Rire) s'emparent de l'image de la villageoise bretonne, empotée ou naïvement servile. Quand les seconds ne brocardent pas violemment la province et son catholicisme au nom du combat anticlérical. « Il n'est pas de meilleurs chrétiens que cette crapule de Bretagne ; il n'en est pas de plus réfractaire à la civilisation, éditorialise L'Assiette au beurre du 3 octobre 1903. Idolâtre, fesse-mathieu, lâche, sournois, alcoolique et patriote, le cagot armoricain (…) ne raisonne pas, il prie, et, porté par la prière, tombe au dernier degré de l'abjection. »
Bien que le mot utilisé ait été "armoricain" (et non "américain"), on reconnaitra tant l'attitude suffisante que le vocabulaire méprisant.

2005/09/07

Le témoignage d'un Louisianais qui ne partage pas le cynisme des élites françaises

Un lecteur de Louisiane d'origine française écrit comme suit :
Aujourd’hui 6 septembre, reprise des cours interrompus par Katrina. Je m’assure que tous mes étudiants et leurs familles sont en sécurité. Je m’étais promis de ne pas parler de l’ouragan, mais pour finir je ressors un condensé de ce que vous avez lu précédemment. À la fin du cours, un étudiant un peu intimidé vient me reprendre et me dit en substance : « N’effrayez pas, ne désespérez pas les étudiants ! Dès mardi, le lendemain du passage de l’ouragan, j’ai été volontaire pour une organisation de santé, les gens arrivaient on leur donnait les premiers soins, tout marchait à merveille ! Nous devons être optimistes ! ».

J’ai vu aussi les exemples extraordinaires de dévouement partout, les gens de toutes classes et toutes couleurs donnent sans jamais penser à s’épargner personnellement, sans mesquinerie, sans chipoter sur rien : un don total par des millions d’inconnus de leur personne, de leurs ressources, de leur intelligence et de leurs aptitudes, une générosité et un dévouement à l’autre quel qu’il soit SANS LIMITES, jusqu’à mon assistante française qui a fait du volontariat que personne ne lui avait demandé.

Ce qui m’amène à ma conclusion: J'AI UNE CONFIANCE INÉBRANBLABLE DANS LE PEUPLE AMÉRICAIN ; IL REBÂTIRA CE QUI A ÉTÉ DÉTRUIT ET IL FERA CE QU'IL AURAIT FALLU, FAUT ET FAUDRA FAIRE, comme , la plupart du temps dans son histoire, il l’a fait. Et, grâce à mon assistante, je suis aussi optimiste pour l’ensemble de l’humanité !

2005/09/05

Hurricane Katrina

Arthur Chrenkoff offers a plethora of tasteless quotes about Hurricane Katrina, along with interesting food for thought, the most powerful of which comes perhaps from Americans for Freedom
Global warming and hurricanes - The hurricanes aren’t historically on the increase, and the number of the most serious – category 4 and 5 – is down compared to previous decades (EU Rota has some nice tables). Hurricanes are also a part of a natural decades-long cycle of changing temperature of the Atlantic Ocean.

Bush diverted the money away from flood-proofing New Orleans - Two problems with that – New Orleans has been on notice since the previous devastating hurricane Betsy in 1965. Bush has been in the White House for only the last five of these past 40 years, so one might as well blame every other President since LBJ for not doing enough – and then ask, why should all the blame be laid at the feet of the feds, instead of sharing it with state and local authorities?

Dans son courrier à la Minute du Sablier, un témoin (qui veut préserver son anonymat) de la catastrophe cyclonique (anti-Bush s'abstenir) ne mâche pas ses mots :
Trois gangs de pillards (gens qui n'ont pas été aimé par papa maman et opprimés par l'homme blanc, donc ils sont excusables) ont pris contrôle de la Nouvelle Orléans. Ils tiraient sur les hélicoptères et les embarcations de secours, mettaient le feu aux supermarchés et pillaient les armureries. Ils prenaient d'assaut les hôpitaux pour la came. 8 ont été abattus, d'après les nouvelles. L'ordre commence seulement à se rétablir, 4 jours après la catastrophe. La question qu’il faut poser à propos des pillards et violeurs et meurtriers qui ont fait surface à la suite de l’inondation : cette lie était connue de la police et terrorisait les quartiers pauvres depuis des années ; pourquoi la police noire en majorité sous des maires noirs depuis des décennies ne s’en sont jamais occupés ? Parce qu’ils sont racistes et se fichent du limpenproletariat. La corruption est plus grasse quand on s’occupe des touristes riches, qu’on la pègre faire ses bénéfices sur le dos des plus pauvres et qu’on prend son pourcentage au passage. La police de la Nouvelle-Orléans est la pire, la plus corrumpue du pays. Parmi les mille policiers qui ne se sont pas présentés au rapport, il y avait certes des victimes de la catastrophe ; mais aussi des policiers qui avaient peur de la situation qu’ils connaissaient parce qu’ils l’ont laissée se développer.

Pour prolonger l’angle racial, pourquoi toutes ces mères célibataires parmi les réfugiés. A-t-on jamais entendu parler d’une recherche en paternité pour forcer les pères noirs à assumer leurs responsabilités paternelles ? Hé bien non, la plupart des politiques sociales ont concouru à détruire la cellule familiale noire.

La garde nationale est enfin présente en force, et l'évacuation totale est enfin en bon cours, quoiqu'on ne sache pas où mettre tous ces gens qui ont tout perdu, y compris beaucoup sans nouvelles de leurs proches. Faillite totale des autorités locales, le maire bafouille, la gouverneure pleure à la télé; secours fédéraux très lents à s'organiser, il est vrai que la tâche est colossale. J'étais enragé de voir des gens secourus par hélicoptère abandonnés au bord de l'autoroute sans information, sans nourriture, sans eau. Enragé bien évidemment aussi par les pillards.

Baton Rouge a doublé sa population en une semaine de 350.000 à 700.000 habitants, et avec l'agglomération, est soudainement devenue la plus grande ville de Louisiane. Les hôpitaux sont débordés. Il y a recrudescence de la criminalité, la vermine étant arrivée avec le bon grain.

70% de NO est noire et pauvre, ce serait étonnant si les victimes étaient blanches et riches.

Ceci dit, je suis aussi indigné par l'incompétence des services de secours, mais ça n'a rien à faire avec la couleur de la peau.

Rappellez-vous aussi que la structure politique de NO est noire...la gouverneure est blanche, l'armée est de couleur arc-en-ciel. L'affaire est prise en main par des démagogues (Jesse Jackson, Al Sharpton) dont le fond de commerce — littéralement — est l'incitation à la haine raciale et qui ont tout intérêt à maintenir le lumpenproletariat noir dans des conditions abjectes (c'est la clientèle dont ils tirent leurs gras revenus). Les victimes doivent être maintenues dans l’irresponsabilité et la dépendance totale à tous les niveaux, sinon elles n’auront plus besoin de leurs prétendus « sauveurs ». Ces sont les clients des sénateurs romains. Il y a quelques années, j'avais vu Jackson déclarer tranquillement que les noirs américains ne pourraient jamais dépasser leur condition. Rien de plus raciste qu'une telle pensée.

Quant à la gauche (peut-être extrême) américaine, elle fait son foin en mettant absolument tout sur le dos de Bush, alors qu'en ce moment de crise, l'unité nationale devrait être leur première préoccupation. Le problème est qu'il y a ici une cinquième colonne qui se réjouit de voir l'Amérique humiliée.

Pour mémoire les ouragans n'ont rien à faire avec le protocole de Kyoto; tout d'abord, leur intensité a diminué par rapport à la moyenne historique. Secondo, Clinton eût-il fait ratifier le traité par le Congrès (ce qu'il s'est bien garder de faire), la réduction de CO2 eût été de 0.14 % au terme de son application.

Bush a supplié Blanco (gouverneure démocrate de Louisiane) et Nagin (maire noir et démocrate) d’évacuer la ville en totalité et immédiatement un jour avant l’atterrisage de Katrina.

En résumé, la fin du monde pour 2 millions de personnes, sur une

étendue de territoire égale à la moitié de la France. Beaucoup d'endroits sont des trous noirs du point de vue de l'information, mon avis est qu’on n’a pas du tout encore pris la mesure de la catastrophe. On peut objecter au style de JC Durbant (personnellement... ses points de suspension et d'exclamation... je n'aime pas trop!!!). Quant au fond, qui s'écarte du consensus et de la pensée unique, il est immédiatement qualifié de "haineux" pour cette raison même.

Ce qui me frappe dans la presse américaine de gauche, et la presse européenne, c'est que Bush est la source de tous les maux du monde, un bouc émissaire commode pour éviter de penser aux problèmes.

Ainsi, dans le cas de Katrina,
1. L'ouragan, c'est sa faute, il n'a pas signé le protocole de Kyoto (en fait c'est Clinton qui ne l'a pas fait ratifier). De plus ce protocole n'aurait amené qu'une réduction absolument ridicule du CO2.

2. La gabegie hallucinante après l'atterissage de Katrina, c'est sa faute: il ne se préoccupe pas assez des pauvres, victimes majoritaires, ce sont des noirs, donc il s'en fiche (c'est le président le plus aveugle à la couleur de la peau de toute l'histoire des USA). Je lui reproche cependant sa lenteur à réagir et à mettre de l'ordre dans l'aide fédérale. Je l'ai vu plusieurs fois à la télé: mon impression est positive. Bon, ce n'est pas un Démosthène, mais il a rassénéré, rassuré, redonné de l'espoir pour le futur, contrairement à beaucoup de responsables politiques écrasés par la catastrophe.

3. Les autorités de Louisiane portent une responsabilité énorme dans le fiasco (qui, comme je suis humain, m'a enragé; il était insupportable de voir des gens sauvés laissés 4 jours sur une autorout accessibles sans instructions, sans eau, sans nourriture). La gouverneure n'a pas écouté Bush qui avait déclaré l'état de zone sinistrée deux jours avant Katrina. Elle a refusé d'harmoniser le commandement de l'opération sous l'égide fédéral.

Le maire a laisser inonder 350 bus qui auraient pu évacuer les plus démunis. Je l'ai vu ressortir d'un entretien avec Bush visiblement rasséréné, mais posant une question hallucinante 4 jours après la catastrophe: "Quelle est la chaîne de commandement?"

4. Les digues qui ont lâché, c'est la faute à Bush aussi. Hé bien non, elles étaient prévues pour un ouragan de catégorie 3, au dessus on s'en remettait à Dieu. Les sections qui ont pété avaient été vérifiés et certifiées comme saines, récemment. Ça dure depuis vingt ans et 4 présidents, cette histoire; pour rendre les digues capables de résister à une autre Katrina, c'est vingt ans de travaux et 1000 milliards — donc il faut tout remettre à plat en ce qui concerne la Nouvelle-Orléans, et décider d'un périmètre à sauver en toutes circonstances; pour le rester, il faut interdire l'habitation en zone dangereuse, réétablir les marais qui font office de tampon, etc.) Les dépenses de l'Irak n'ont rien à voir; ce qui s'est passé est un problème depuis la fondation de NO par un français, contre l'avis de ses propres ingénieurs. La garde nationale mise en oeuvre était bien suffisante en nombre et matériel, seule sa lenteur à agir peut être mise en cause et ça, c'était le boulot des autorités locales. Un vétéran de la garde national, revenu d'Iraq, a dit par ailleurs qu'il aurait préféré être à Bagdad, ça donne une idée de la situtation.

5. Sur le plan domestique, Bush dépense comme un démocrate saoûl (extension très coûteuse du Medicare, par exemple) ; le problème est que c’est incontrôlé et politique (comme toute décision budgétaire au niveau fédétal). La Louisiane reçoit 530 millions ; où sont-ils ? …

En conclusion, il ne s'agit pas d'excuser Bush à tout prix, mais de remettre les choses en perspective: il porte certes une part de responsabilité (lenteur de la réaction fédérale, invraisemblable fouillis de bureaucraties où la chaine de commandement se perd dans un marécage). Le reste, c'est du fantasme et de la haine.

Baton Rouge est passée de 350 à 700 mille habitants en une nuit; tu connais l'infrastructure, déjà insuffisante en temps normal, et tu vois le problème... Enfin, ce n'est rien quand c'est recadré par l'ampleur de la catastrophe. Le bruit de fond ici, c'est maintenant le vrombissement des hélicoptères et les sirènes des ambulances. Pénurie d'essence, les épiceries dévalisées. Je suis soulagé que l'évacuation se soit terminée, c'était terriblement déprimant et angoissant de voir tous ces pauvres gens totalement abandonnés à eux-mêmes. Je pense qu'il y aura 50.000 morts au total, et peu, au fond, dûs aux forces de la nature (exemples: au Superdome, un garçon de sept ans sodomisé et tué, une fille de quatorze ans violées jusqu'à la mort).

Sur le plan positif, l'élan de générosité et de dévouement partout dans le peuple est absolument extraordinaire. Je ferai ma part financière pour la Croix Rouge. Pour l'ensemble de l'opération, le sauvetage fédéral compris, grille 500 millions de dollars PAR JOUR, donc il faut aider.

2005/08/27

Le profond manque d'intérêt des universités françaises envers les étudiants étrangers

Votre article sur des étudiants étrangers en France m'a rendu heureux car, en ce moment, j'essaie de suivre cette même piste
écrit Shadrock Roberts, un Américain de Austin, Texas, avec un diplôme de niveau maîtrise qui souhaiterait poursuivre ses études de troisième cycle en France.
Malheureusement, le profond manque d'intérêt que je perçois de la part des universités françaises m'étonne. … du côté des service de la scolarité c'est le laxisme : jamais de réponse à mes demandes de renseignements et impossibilité d'obtenir les documents nécessaires à mon inscription. …

Venir en France, s'installer dans la société et s'adapter à cette vie étudiante serait plus facile si l'on se sentait désiré. Je conseille aux universités d'améliorer, surtout, leur accueil. Sans lui, s'il n'est pas dynamique, c'est tout le système éducatif qui donne l'impression d'être apathique.

C'est pas d'hier

La France tuera la politique ou la politique tuera la France.

A. Tournier (merci à J. Costagliola)

Quiconque fait des affaires et contribue à la prospérité du pays est suspect et toute entreprise qui ne se ruine pas est tenue pour criminelle.

Yves Guyot (Illustration, janvier 1896)

2005/08/05

"Les trois cent mille morts d'Hiroshima ont épargné bien davantage de Japonais, qui auraient été écrasés sous des bombes ordinaires"

Il faut juger tout ça à l'échelle de l'Histoire. Les bombardements de Dresde et de Leipzig ont fait plus de morts que les deux bombes atomiques. Les trois cent mille morts d'Hiroshima ont épargné bien davantage de Japonais, qui auraient été écrasés sous des bombes ordinaires. Et surtout, ils ont épargné les dizaines de millions de morts d'une autre guerre mondiale, qui n'aurait pas manqué de suivre de peu la précédente. Les morts par bombardements classiques auraient été des morts inutiles. Les morts d'Hiroshima ont été des morts… nécessaires.

Charles de Gaulle
(C'était de Gaulle,
Alain Peyrefitte)

2005/08/03

The bogus distinction between civil or human rights on the one hand and property rights on the other

My computer is my property
notes Walter E. Williams as he examines the bogus distinction between civil or human rights on the one hand and property rights on the other, saying it reflects little understanding.
Does it have any rights -- like the rights to life, liberty and the pursuit of happiness? Are there any constitutional guarantees held by my computer? Anyone, except maybe a lawyer, would agree that to think of property as possessing rights is unadulterated nonsense.

So where do property rights come in? Property rights are human rights to use economic goods and services. Private property rights contain your right to use, transfer, trade and exclude others from use of property deemed yours. The supposition that there's a conflict or difference between human rights to use property and civil rights is bogus and misguided.