2013/03/16

N'ayez crainte, la police veille sur vous !


Non, mais quand même, il faut quand que nous tous admettions que, quoi qu'il se passe, heureusement que la police veille sur nous !

(Et le fait que "l'un des brigadiers … est soupçonné de corruption lors de la verbalisation d'automobilistes" n'est que le moindre des maux…)

Comme l'écrit Laurent Borredon dans Le Monde :
Du jamais-vu. Sept policiers en délégation sont venus dénoncer les turpitudes de certains de leurs collègues – alcoolisme, vols, dégradations, voire corruption – directement auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices"), à Paris.

Des membres de la brigade canine de Seine-et-Marne se sont résolus à mener cette action inhabituelle, le 19 novembre 2012. Ils ont ainsi outrepassé leur hiérarchie, qu'ils assurent avoir alertée sans résultat. Et ils l'ont payé cher : ces fonctionnaires bien notés et expérimentés ont dû quitter leurs postes.

 … Il y a l'alcool, d'abord, consommé et stocké sans gêne. Certains pots, durant les heures de service, dégénèrent. Le chef tire avec son arme de service sur un lapin qui passe sur le terrain – situé en bordure d'une zone d'activité et d'une route –, le formateur canarde le bungalow d'entraînement, criblé d'impacts. Ils s'amusent à mettre un fumigène dans la vieille Renault 25 qui sert à l'entraînement des chiens. La voiture s'enflamme... Un jour, le commissariat voisin appelle, inquiet : des riverains ont signalé un incendie. En réalité, pour se distraire, quelques policiers ont mis le feu à un touret en bois aspergé de carburant avant de le faire rouler jusqu'à la route.

Ce relâchement crée des tensions, aggravées par des faits plus graves, comme la découverte dans un véhicule du service de nombreuses pièces automobiles, dont certaines encore emballées. Elles ont été volées dans un hangar prêté à l'unité pour un entraînement, et elles finissent sur un site de vente en ligne, cédées par l'un des brigadiers. Ce même policier est soupçonné de corruption lors de la verbalisation d'automobilistes.

 … Les trois policiers dont les dérives ont été dénoncées sont immédiatement reçus par la directrice. Ils sont sanctionnés (blâmes ou avertissements), mais maintenus à leurs postes. Quelques minutes plus tard, les noms des fonctionnaires qui vont devoir quitter l'unité sont égrenés. Ils sont dix : les sept du 19 novembre et deux autres qui avaient pris fait et cause pour leurs chefs. Et puis une invitée surprise, qui fond en larmes. Son seul tort : avoir confirmé les accusations lors de son audition.

2013/03/13

L'Oncle Sam en fou des armes, assoiffé de sang, et sans amour pour ses prochains

Ça ne pouvait pas durer…

Même dans l'ère de Barack Obama — ou précisément, dans l'ère d'Obama (puisque cette espèce de messie à l'européenne était, et est, censé apporter la lucidité© et la tolérance™, toutes européennes, aux Ricains débiles) — Serguei se sent obligé de nous resservir la bonne vieille caricature de l'Oncle Sam en monstre violent, fou des armes, assoiffé de sang, et sans amour pour ses prochain…

2013/03/12

Soutien "pour le moins inattendu" à un ministre socialiste français par un gros symbole du capitaliste américain

Pas sûr qu'Arnaud Montebourg s'attendait à un tel renfort 
note, quasi-incrédule, Cédric Pietralunga.
Embarqué depuis quelques jours dans une violente polémique avec Maurice M. Taylor, le PDG du fabricant américain de pneus Titan International, qui accuse les ouvriers français de Goodyear d'être trop chers et de "ne travailler que trois heures" par jour, le ministre du redressement productif a reçu, vendredi 22 février, une lettre de soutien de... Coca-Cola.

"Nous sommes heureux d'investir en France, cela depuis quatre-vingt-dix ans", écrit Tristan Farabet, PDG de Coca-Cola Entreprise, la société qui fabrique et commercialise en France le célèbre breuvage, dans une missive dont Le Monde s'est procuré une copie.
"Profondément convaincus de l'intérêt, de l'opportunité mais aussi de la responsabilité sociétale qu'implique le fait de produire en France, nous souhaitons aujourd'hui participer encore plus activement à la promotion de l'attractivité du territoire français auprès des entreprises étrangères", propose le groupe américain.

"ON NE PARLE PAS D'UN PAYS [...] DE LA SORTE"

Coca-Cola a investi "près de 400 millions d'euros au cours des cinq dernières années" dans l'Hexagone, rappelle M. Farabet, et compte dépenser 66 millions de plus en 2013, pour assurer le "développement industriel" de ses cinq usines tricolores.

Ce soutien pour le moins inattendu intervient après celui affiché la semaine dernière par Clara Gaymard, la présidente de General Electric France et responsable de la chambre de commerce américaine à Paris (AmCham France), qui a notamment fustigé le patron de Titan dans Les Echos du 21 février, estimant qu'"on ne parle pas d'un pays, d'un gouvernement, d'une personne en s'exprimant de la sorte".

"Si je suis intervenue, c'est surtout parce que je ne voulais pas qu'il y ait un amalgame entre les propos de M. Taylor et ce que vivent les 4 200 entreprises américaines présentes en France, qui emploient 500 000 personnes", explique-t-elle au Monde, en prenant bien soin de préciser qu'"il ne s'agit pas pour autant d'un plaidoyer pour la politique du gouvernement". Un soutien mais pas de blanc-seing...

2013/03/11

L'Etat-providence le plus cher du monde : La France a consacré beaucoup trop d'énergie, de temps et de subventions à sauver des secteurs en déclin


Interrogé par Jean-Baptiste Chastand, Bruno Palier, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de la protection sociale au Centre d'études européennes de Sciences Po, revient sur la politique menée en France depuis trente ans pour tenter de sauver l'industrie.
La France fait-elle l'erreur de défendre une industrie vieillissante ?
Oui, la France a consacré beaucoup trop d'énergie, de temps et de subventions à sauver des secteurs en déclin, en perdant de vue les autres voies qui passent par le renouvellement ou la conquête de nouveaux secteurs industriels. Notre économie ne peut pas être tirée par une industrie qui a été conçue soit après la seconde guerre mondiale pour l'automobile, soit dans les années 1970 pour Airbus, le TGV ou le nucléaire. Les dirigeants de l'industrie automobile disent eux-mêmes que pour qu'elle survive, il faut supprimer des postes.

Comment expliquez-vous que la France persiste dans cette stratégie ?
Beaucoup de monde y trouve son intérêt. Le patronat et les syndicats sont enclins à défendre les industries vieillissantes. Le patronat semble n'avoir qu'une obsession : assouplir le droit du travail pour réduire toujours plus le coût de la main-d'oeuvre, et sauver ce qui peut l'être. Les syndicats sont surtout présents dans la vieille industrie et le secteur public. Ils défendent donc la survie de ces secteurs, sans suffisamment se préoccuper du sort de ceux qui sont précarisés, pour sauver l'industrie. Cependant, quand la demande de flexibilisation est trop forte, ils finissent généralement par céder, pas sur les droits de ceux qu'ils représentent, mais sur ceux des gens peu syndiqués, à savoir les non-diplômés, les femmes, les jeunes ou les migrants qui travaillent dans les services et pour qui les emplois atypiques se multiplient.

Tout le monde s'accorde pour dire que nous produisons trop cher. Mais nous pouvons en tirer deux conclusions : soit il faut améliorer ce que nous produisons, aligner la qualité de nos produits et services sur nos coûts, et donc monter en gamme, soit il faut produire la même chose mais pour moins cher. L'erreur a été de choisir la deuxième option. Cette stratégie de low cost, ce refus de produire mieux, tout cela a des conséquences rudes pour notre Etat-providence, qui se trouve être le plus cher du monde : en jouant le low cost, nous ne produisons pas suffisamment de richesse pour le financer.

2013/03/07

Pris pour un mouton, l’automobiliste est tondu, retondu et culpabilisé sans arrêt pour ses prétendus excès (d’alcool, de vitesse, de pollution…)

 … les automobilistes n’ont jamais été considérés comme autre chose que des vaches à lait par tous les gouvernements
note Hashtable.
Et quand ce ne sont pas des prétextes écologiques ou sanitaires qui sont utilisés pour pomper les uns, ce sont des prétextes sécuritaires qui ratisseront les autres.

Bien évidemment, le premier exemple qui vient frapper l’esprit (et le portefeuille) dès qu’on parle de sécurité et de ratisser de l’automobiliste, c’est celui du radar automatique. Mis en place dans les années les plus pétaradantes d’un sarkozysme détendu de la sanction, les appareils avaient dans un premier temps été loués pour leur efficacité à diminuer le nombre de morts sur les routes françaises. L’analyse un peu plus fine que ce que laissait entendre la Sécurité Routière (et des médias humidement complaisants à son égard) montrait qu’en réalité, l’arrivée des radars automatiques coïncidait aussi avec l’entrée en force de toute un batterie de sécurités passives sur les véhicules, à la faveur du renouvellement du parc. Sécurité passive qui, elle, n’est que du fait des constructeurs et de la volonté des consommateurs à ne pas mourir ensardinés dans une boîte de tôle à 140 km/h, embobinés sur un pylône de Et quand ce ne sont pas des prétextes écologiques ou sanitaires qui sont utilisés pour pomper les uns, ce sont des prétextes sécuritaires qui ratisseront les autres.

Du reste, il suffit de comparer les moyens mis en œuvre pour déployer ces radars (dont l’écrasante majorité ne se trouve absolument pas aux endroits les plus dangereux de circulation, mais bien dans les plus belles lignes droites de France), avec les moyens — ou à leur absence, disons — pour lutter contre des maladies ou des accidents domestiques pourtant faciles à éviter, et qui font plus de morts tous les ans, à raison de plusieurs ordres de grandeur pour comprendre très vite que le but de toute la manœuvre est exclusivement financier : rapporter des thunes à l’État.

 … Il faut reconnaître que la vie en Absurdistan est tout de même bien amusante. Tout s’y passe comme si chaque Français, finalement, désirait ardemment que son pays devienne tous les jours plus impraticable : s’il n’y avait pas toutes les administrations débiles, les règles, décrets, obligations, lois et autres normes toutes plus stupides les unes que les autres à respecter, le Français, à l’évidence, s’ennuierait de toute cette liberté de faire ce qu’il veut tant qu’il engage toute sa responsabilité et rien que sa responsabilité.

 … À ce train, je recommande l’obligation aux automobilistes de disposer, sur la plage arrière de leur véhicule, un chien en plastique qui remue la tête. Il suffira de commanditer un consultant ou l’autre pour prouver que cette innovation diminue l’insécurité routière ou l’émission de particules soufrées ou la quantité de CO2 ou n’importe quelle raison idiote, et en tout cas, cela va mécaniquement entraîner la création d’une bonne centaine d’emplois destinés à fabriquer ces ridicules joujoux. Et actuellement, l’emploi, on en a vraiment besoin ! Quant à Bastiat, il peut aller se rhabiller lui et ses éthylotests cassés.

Seulement voilà.

Tout ceci est bel et bien bon, mais à force de cogner toujours sur les automobilistes, ils commencent à trouver la situation un tantinet désagréable. De même que sont rares ceux qui prennent maintenant la route par plaisir et tout plein de frétillance à l’idée de conduire sur les routes de plus en plus surveillées de France, rares sont ceux qui font des excès de vitesse par strict plaisir. Il faut se rendre à l’évidence : conduire en France est devenu une corvée, un luxe ou un risque.

 … je soupçonne ouvertement les DDE françaises de lâcher les pires psychopathes pour installer les signalisations dans les villes et aux abords d’icelles.

Pris pour un mouton, tondu, retondu et culpabilisé sans arrêt pour ses excès (d’alcool, de vitesse, de pollution, …), ce qui devait arriver arriva : l’automobiliste se rebelle. 

Pour le moment, c’est encore assez peu visible, encore que la recrudescence des fausses plaques d’immatriculation montre un mouvement général d’ensemble assez symptomatique. Du reste, la façon de traiter cette information est habituelle : si les conducteurs ont de plus en plus souvent des fausses plaques, c’est parce qu’elles sont trop faciles à obtenir. On n’analyse surtout pas la cause, on va vite tenter de résoudre le symptôme, par exemple en déversant une nouvelle avalanche de lois et de règlements pour obtenir une plaque, ce qui va continuer d’agacer les gens honnêtes au point de les faire basculer du côté obscur de la conduite, celle qui revient à explicitement envoyer promener les autorités de moins en moins compétentes.

2013/03/06

L’automobiliste moyen est traité comme un ennemi de classe par le politicien et le haut technocrate ; Lesquels voudraient pourtant que nous nous pressions dans les concessions pour sauver Peugeot et Renault

 L’État crache sur l'automobile puis se plaint que les Français n'en achètent plus 
note, médusé, Vincent Bénard (merci à Jean-Philippe Casoni).
L'automobile française se meurt, se lamente-t-on dans la presse et dans les ministères. L’année 2012 a vu les ventes reculer au niveau de 1997 sur notre marché, alors que la population a entretemps gagné 5 millions d’âmes. Et 2013 promet d’être encore pire. Les dégâts économiques et sociaux de cette débandade font peur.

 … voyons ce qui attend l’automobiliste nouveau en 2013. Il sera traqué comme au coin d’un bois dès qu’il dépassera de 5km/h une limite fixée dans les années 70 et toujours poussée à la baisse par l’alliance des politiciens et de la technostructure qui les conseille. La justice, si lente à juger le cambrioleur et l’escroc (sans parler du politicien véreux), aura envers lui une efficacité toute particulière, qui ferait presque honneur au service public.

S’il veut aller en ville, l’espace viaire lui sera un peu plus grignoté chaque année au profit de bus à la circulation irrégulière et de vélos dont Mao Zedong aimait déjà vanter le côté populaire. Le stationnement de rue, qu’il a pourtant financé par ses impôts, lui sera toujours plus chichement mesuré mais de plus en plus largement facturé : il faut bien drainer les fous qui se hasardent en ville vers les parkings gérés par les grands groupes spécialisés dans leur gestion, qui tirent parti de nombreuses délégations de service publics que leurs octroient les politiques. Connivence, connivence, quand tu nous tiens.

Il sera dénoncé comme un fauteur d’embouteillages, vous savez, ceux qui empêchent les élites qui ne prennent jamais les transports en commun d’arriver à l’heure à leurs rendez-vous. Alors on lui martèlera qu’il doit prendre les transports collectifs, fussent-ils sales et peu sûrs, mais par ailleurs très fortement subventionnés, malgré un rapport coût-efficacité dramatiquement faible mais soigneusement caché au public.

Il sera dénoncé par la vulgate comme fauteur de réchauffement climatique, quand bien même les vrais scientifiques sont de plus en plus nombreux à affirmer que la farce du CO2 calorifère a assez duré. Mais "le CO2 qui chauffe", c’est de la taxe qui rentre, mon bon monsieur ! Les gros "malus écologiques", autrefois réservés aux grosses automobiles de luxe, rattrapent les petites familiales ou certains modèles low cost qui sont tout ce que certains peuvent encore s’offrir. Après quoi, les taxes sur le carburant n’épargneront pas son budget, sans parler du prix du pétrole aux humeurs capricieuses.

Et alors qu’autrefois, l’on pouvait rêver de grandes berlines et de multi-soupapes vrombissantes sans passer pour un dangereux écocide, aujourd’hui, la voiture qu’on présente comme l’avenir est infichue de parcourir plus de 150 kilomètres, et coûte un bras, au point que l’État se croit obligé de la subventionner fortement pour la faire vendre. Vous parlez d’un rêve ! Alors l’on préfère tirer sur son vieux Diesel, qui tourne encore comme une horloge, malgré ses 300 000 kilomètres.

Diesel ? Mais voilà que ce mode de propulsion autrefois favorisé par l’État devient le nouvel ennemi à abattre : à partir de chiffres hautement douteux de l’OMS, cet organisme officiel qui prévoyait que la grippe aviaire ferait des millions de morts, l’on affirme que "les particules tuent" ! De fauteur d’embouteillages, vous voilà promu au rang d’assassin de masse, et qu’importe si les moteurs modernes, équipés de filtres ad hoc, rejettent un gaz d’échappement relativement inoffensif. Naturellement, les ministres concernés ne s’en cachent même pas : puisque 80% des automobilistes, orientés par les choix fiscaux du gouvernement, ont choisi le méchant diesel tueur, ils seront désormais plus taxés !

Bref, entre discours culpabilisants, taxes expansionnistes, aménagements de voirie punitifs, et attentions particulières de la justice, l’automobiliste moyen est traité comme un ennemi de classe par le politicien et le haut technocrate. Lesquels voudraient pourtant que nous nous pressions dans les concessions pour sauver Peugeot et Renault. Vous avez dit "schizophrènes" ?

Il y a plus grave. La mobilité de point à point, pour laquelle la voiture est aujourd’hui imbattable, n’a pas pour seul enjeu les ventes de nos grands groupes. L’auto-mobilité, c’est ce qui nous permet de mettre en concurrence un plus grand nombre d’employeurs, de rationaliser nos approvisionnements, de diversifier nos loisirs... L’auto-mobilité a été l’un des déterminants majeurs de l’accroissement de notre richesse au XXème siècle. En s’attaquant à cette mobilité, les Don Quichotte anti-bagnole qui sévissent dans les mairies et les ministères ne menacent pas que les emplois de la principale filière industrielle du pays. Ils menacent les fondements même de notre prospérité. 
• Lire aussi : Bruno Bertez sur Atlantico : Le politiciens veulent casser l’usage de la voiture, mais ils jouent les pucelles effarouchées lorsque ladite industrie supprime 8000 postes

• Sophie Landrin dans Le Monde : Les politiciens se félicitent que leur politique ait entraîné l'abandon, par 40% des Parisiens, de la voiture et puis sont scandalisés par la suppression, par Peugeot, de 8000 postes

• Hashtable : Pris pour un mouton, l’automobiliste est tondu, retondu et culpabilisé sans arrêt pour ses prétendus excès (d’alcool, de vitesse, de pollution…)

2013/02/22

La tragédie d'Oradour évoque la question des citoyens armés ainsi que celle de l'inutilité de la perpétuité soi-disant incompressible


C'est l'histoire d'Oradour-sur-Glane, page tragique de la seconde guerre mondiale
expliquent .
10 juin 1944 : le régiment Der Führer de la Panzerdivision Waffen SS Das Reich investit ce bourg de Haute-Vienne et massacre 642 personnes, dont 221 femmes et 215 enfants de moins de 14 ans. Parmi la poignée de rescapés, Robert Hébras, fusillé dans une grange, sauvé par miracle du coup de grâce puis de l'incendie allumé par les bourreaux. Sa mère et ses deux soeurs sont mortes, brûlées dans l'église. C'était alors un jeune homme de 18 ans, un être agile, ce qui lui sauva la vie.

Il a aujourd'hui 87 ans. Droit comme un i, il guide toujours des visites dans le labyrinthe des ruines, jusqu'aux murs de la grange où les hommes ont été fusillés, "pour le souvenir mais surtout pour le présent". Robert Hébras a été récemment décoré en Allemagne et en Autriche pour "son implication passionnée dans le travail de réconciliation".

Georges Châtain et Benoît Hopquin rappellent aussi que
le massacre du 10 juin est la pire, mais pas la seule, des tueries perpétrées par la division Das Reich dans sa traversée de la région. La veille, le 9 juin, elle a pendu 99 otages aux balcons de Tulle (Corrèze) et envoyé en déportation 149 hommes dont 101 ne reviendront pas. Elle a fusillé 67 civils à Argenton-sur-Creuse (Indre).

 … Georges-René Boos, le seul Alsacien volontaire, condamné à mort à Bordeaux, peine commuée en prison à vie, sera à son tour élargi en 1958 et disparaîtra dans la nature.

 … c'est la France entière qui est perturbée. Dans Le Monde du 20 février 1953, Hubert Beuve-Méry signe l'éditorial "Une victoire de Hitler". "Fallait-il jeter un manteau de silence, sinon d'oubli, sur l'odieux massacre... L'honneur n'avait et n'a rien à faire dans ce débat, sinon par le jeu combiné de raisonnements mal conduits et de sentiments exaspérés..."

Est-il possible de se poser deux questions — tout en évoquant les critiques habituelles de la société américaine, par les Européens naturellement plus doués que les Ricains sur ces questions (sur toute question) ?

• Est-ce qu'on peut admettre que les habitants d'Oradour-sur-Glane auraient bien aimé avoir eu des armes à feu le 10 juin 1944, et qu'il aurait été bon pour eux de pouvoir "vendre chèrement leurs peaux" — voire mettre en fuite les membres du SS (qui ne pouvaient savoir combien de citoyens étaient armés, s'ils étaient en face de gens bien entraînés, et qui même en cas de victoire finale de l'armée allemande, ne souhaitaient pas être tués, même avec une balle d'un vieux fusil de la dernière guerre) ?

• Est-ce qu'on peut admettre que la seule chose que méritaient bon nombre de ces SS, c'était la peine de mort ? et que la commution de cette sentence à la prison à vie — une perpétuité invariablement promise par les opposants de la peine de mort comme réelle et incompressible —, même dans un cas aussi extrême que celle-ci (un massacre de 642 âmes!), a presque aussitôt été réduite à une peine risible (5 ans en prison) ?

2013/02/21

American Capitalist to French Socialist Politician: "How Stupid Do You Think We Are?"

A huge scandal has erupted in France as an American tycoon answers bluntly a socialist government's call for a take-over of a French factory, thereby saving its workers' jobs.

Maurice Taylor refuses to rescue Goodyear's tire factory in Amiens, he told French industry minister Arnaud Montebourg, because the workers are lazy, they are overpaid, and they talk too much, writes The Daily Mail's Ian Sparks.

French workers get "one hour for breaks, talk for three hours and work for three", said the chairman of U.S. tire giant Titan International, adding that "I told the French union workers this to their faces. They told me that's the French way!"

"Goodyear tried for over four years to save some of the highest-paid Amiens jobs, but the French unions and the French government did nothing but talk."

More from Les Echos journalist Leïla de Comarmond (merci à Carine, Bill, Damian, Valerie, et al). But the story doesn't end there: Arnaud Montebourg's way of replying to Maurice Taylor's "ignorant" words — "as extremist as they are insulting", "as ridiculous as they are insensitive" — is to give the Titan CEO lessons in history, bringing up Lafayette and the Normandy landings as well as… Barack Obama:
Do you at least know what La Fayette did for the United States of America? As for us, we Frenchmen, we will never forget the sacrifice of young American soldiers on the beaches of Normandy in 1944 to deliver us from Nazism. And since you have made the choice of criticizing your own country in your letter to me, I must tell to what point the French government admires the policies implemented by President Obama. 
Regarding the Lafayette argument, Damian Bennett feels the need to react:
Well, yes, he was certainly instrumental. No true American would ever hesitate to help out Lafayette.

But M. Montebourg here is the difference — Lafayette worked a full day and then some, worked hard, endured hardships and deprivations, and gave an exemplary account of himself. America is forever in his debt.

GoodYear d'Amiens is no Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, the Marquis de La Fayette.

2013/02/19

Tout compris : Les hommes ne sont autre que des brutes réactionnaires tandis que les femmes sont des anges pures et sans reproche


Résumé de l'article de Patric Jean qui descend des organisations comme SOS Papa :

Ce cinéaste, évidemment neutre et objectif, à tout compris. Les hommes ne sont autre que des brutes réactionnaires tandis que les femmes sont des anges pures et sans reproche.

L'article dit que le premier homme a fait de la prison. Pourquoi ? Pour "avoir enlevé" son fils.

N'est-ce pas, plutôt, la femme qui a enlevé le fils (de la vie du mari), et ensuite l'État qui a enlevé le fils en toute "légalité"?

Qu'est-ce un pays où le gouvernement peut entrer dans la vie d'un être humain (homme ou femme) et lui prend son enfant, c'est-à-dire ce qui lui est le plus cher? Totalitaire?

Les pères n'auraient qu'un seul droit, celui d'être une machine à sous (et de fermer leurs gueules).

Après cela, qu'ils s'estiment heureux s'ils voient leur enfant une heure toutes les deux semaines, et cela en présence d'une parasite — pardon, d'une assistante sociale bien plus qualifiée que lui (évidemment!) de savoir ce qui est bon pour l'enfant. L'enfant qu'il a vu naître et qu'il a chéri, contrairement au juge.

Apparemment, peu de nos féministes avant-gardistes se sont dit que ce qui pourrait être bon pour l'enfant serait — peut-être, hein? — de… ne pas être séparé de leurs pères.
"Ce papa bénéficiait d'un droit de visite élargi"

"de quel droit ces papas réclament-ils la garde...alors que la justice a déjà statué l'inverse?"
Mais quelle est cette société soi-disante avant-gardiste et progressiste et… libre (!) que nous avons créée où des juges, des bureaucrates, viennent se mêler de la vie privée des citoyen(ne)s et leur enlèvent leur "bien" le plus cher?!

Les féministes n'ont pu ce faire qu'en convaincant la population que l'homme moyen est un incapable, une brute…

Le Monde :
"Je ne regrette absolument pas" d'avoir emmené mon fils "l'année dernière deux mois en Ardèche, car sinon je ne l'aurais pas vu", a-t-il expliqué. Dans un communiqué adressé à l'AFP, relevant une série d'éléments graves attribués au père, l'avocate de la mère de l'enfant, né en 2006, avait fait état de deux soustractions d'enfant – l'une de quinze jours, en 2010, et une seconde de deux mois et demi, en 2011 –, ainsi que de propos menaçants de Serge Charnay à l'endroit de la mère de son fils. Selon l'avocate, à la suite de ces soustractions, "la cour d'appel de Rennes a suspendu le droit d'accueil du père". …

DES ÉMULES
L'action de Serge Charnay a fait des émules. Un autre père, d'une trentaine d'années, qui se plaint d'être privé de tout contact avec son fils depuis trois ans, s'est ainsi retranché pendant deux heures dimanche matin en haut d'une grue à Strasbourg, puis en est descendu de lui-même après l'intervention de la police.

A Saintes (Charente-Maritime), un homme de 41 ans, lui aussi mécontent d'un jugement relatif à la garde de son enfant, est monté dans la nuit de samedi à dimanche sur le toit de son immeuble, menaçant d'en sauter. L'homme est descendu au bout d'une heure et a été hospitalisé, a-t-on appris auprès des pompiers et de la police.
Anne-Sophie intervient :
Un peu de misandrie de bon matin ça réveille.... Non mais c'est quoi cet article?! Tous les hommes concernés par l'éducation de leurs enfants sont donc des pédophiles potentiels, des machos, des homophobes...

2013/02/18

Loin d'aider les "défavorisés", l'assistanat aggrave plutôt leurs conditions

Le plus éprouvant dans la période est sans doute cette bonne conscience scientiste et technocratique qui reste persuadée qu'avec cet État issu du changement de civilisation promis par Aubry et Taubira (entre autres), il n'y aurait plus jamais de vente de cheval en lieu de boeuf, plus jamais de chômeur immolé, plus jamais de licenciement, et bien au contraire du travail pour tous, de la protection pour tous, et déjà du mariage pour tous, ce qui est bien la preuve que cela avance dans la bonne direction… 
 Lucien SA Oulahbib nous revient avec une autre perle d'article :
Sauf que c'est cette conviction qui ne doute jamais d'elle-même qui fatigue. Elle reste persuadée de connaître "la" cause de tout ce qui ne va pas et qui pourrait être résolu définitivement. Il est aisé de la deviner : c'est "le" libéralisme bien sûr, et son "profit", sa "domination" ; supprimez-les et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, CQFD.

Exagéré ? Si peu. Il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre d'observer les arguments socialistes les plus "sérieux" pour justifier le fameux impôt des 75% : il serait question de faire "comme Roosevelt " qui avait taxé à 82% pendant des années durant les années 40 jusqu'aux années 70, or, précisément, cette "manne" a financé un assistanat qui a créé Harlem et le Bronx, les familles séparées volontairement pour mieux toucher chacun de son côté le "welfare ", les hommes laissant les femmes se dépatouiller avec les enfants qui, sans autorité paternelle, se sont mis à traîner dans les rues avant d'être pris en charge par les gangs, et il a fallu attendre les années 80, le pic des affrontements urbains, à L.A par exemple, pour que certains intellectuels (comme Rawls) pourtant libéraux (au sens américain, bref, de "gauche") émettent l'idée pourtant rabattue par nombre de films, de romans, d'intellectuels de "droite" que l'assistanat (le fait de distribuer du poisson au lieu d'apprendre à le pêcher) loin d'aider les "défavorisés" aggrave plutôt leurs conditions. Et depuis que l'assistanat a été réformé, Harlem et le Bronx sont devenus sous Clinton puis Bush, des quartiers comme les autres

… Mais rien n'y fait. L'élite postmoderne actuelle est autiste, suicidaire même, toute réfutation est considérée comme une "contestation" de sa vérité puisqu'elle est persuadée d'avoir raison sur toute la ligne : il existe de "la domination", des "inégalités", du "genre", etc, donc il faut les supprimer. Comment ? il faut ! oui, mais, comment ? Déjà en supprimant le genre, puis la différence, par exemple entre citoyen et non citoyen, enfin le patron, du moins celui qui ne veut pas faire comme il faut ; autrement dit ce qui prime c'est l'irrationnel, la confusion, l'anti-rationnel aussi, au sens de croire que la croissance se décrète, qu'il suffirait de supprimer le nucléaire pour donner du travail pour tous, supprimer les profits, les "licenciements boursiers" alors que souvent en période basse les entreprises restructurent, même si elles font des profits, parce qu'il s'agit de ne pas attendre que cela aille plus mal pour agir en amont.

Mais le seul fait d'écrire ce qui précède catalogue, c'est fini, la secte ferme ses écoutilles, et elle psalmodie : " discours de droite, discours de droite" comme un mantra qu'elle récite, elle blâme avec aussi, juge, écarte : est de "droite", donc le mal absolu, tout discours qui critique ces formules dominantes clouant au pilori le riche, le chrétien anti-PMA et GPA. Dans ce cas, il n'y a même plus de discussion possible ; le discours du national-étatisme postmoderne se met en route et écrase tout ce qui n'est pas lui. Le règne de l'absolutisme s'amorce, se renforce même tous les jours.

2013/02/15

La sexualité devient une arme de combat

… celles et ceux qui sont homosexuel (le)s … veulent donner l'impression qu'ils ont fait un choix de vie jusqu'à le revendiquer comme une manière d'être au monde, ce qui dans ce cas relève bien plus d'une philosophie que d'une contrainte psychophysique
explique Lucien SA Oulahbib dans son article, De la Sexualité Idéologique ;
dans cette optique ces gens deviennent "gays" comme ils étaient autrefois communistes, ou ils combinent les deux, parce qu'il s'agit d'opter pour une destruction de la stabilité "bourgeoise" en agissant aussi au sein de l'identité de chacun, dans son fond intérieur.

La sexualité devient ainsi une arme de combat. Y compris pour "l'hétéro" d'ailleurs puisque de nos jours le sexe est non seulement délié de la procréation mais aussi de l'affection : il devient un programme d'action, il reste un statut lié à un prestige, mais aussi se mesure au quotidien comme une compensation, au même titre qu'une drogue une douceur… Et l'on pourrait même lire la nature de certains désirs à cette aune comme on le sait depuis Don Juan et Faust: le coureur de jupons tend à masquer une impuissance à être ou à construire, un narcissisme qui se lit aussi dans la frénésie masturbatoire posée comme une exigence progressiste sous peine de moquerie "psy" mondaine (bien sûr que cela ne rend pas sourd etc) ; ne parlons pas de ce désir forcené de sodomie ou de fellation pour certains qui exigent cela de la gente féminine, non seulement pour être rassuré dans leur machisme, mais aussi compenser un manque de statut social suffisant : remarquons en passant que les rapports inter-humains, aujourd'hui balisés, voire parfois complètement aseptisés, réduits à rien, au "ça baigne ?" se déchaînent par contre dans la vie dite sexuelle  là où tout semble bon à prendre, et ce d'autant plus que cela serait tamponné un tantinet "sauvage" par le m'as-tu-vu du moment, jusqu'à ce que l'on condamne comme "ultra-libéral" dans la sphère politico-économique, devient une pratique banale au niveau des moeurs, DSK en étant par exemple le prototype à l'état presque pur.

2013/01/28

"Mauvaises manières" américaines : quand ce sont les USA qui ne semblent pas soutenir la France dans une guerre, cela relève du scandaleux


Ce n'est pas à proprement parler une crise bilatérale
proteste Natalie Nougayrède dans un article du quotidien Le Monde qui tendrait à démontrer que quand les Américains ne semblent pas soutenir les Français dans une guerre, c'est (tout bonnement) scandaleux. Ceci est à mettre en contraste avec les fois où les Français ne soutiennent pas les Américains dans une guerre (Irak), ce qui est (entièrement) normal — voire un geste des plus laudatoires.

Et puis, qu'importe si, dans tous les cas, il s'avère que les Yankees semblent soutenir les Frenchies plus que les Nations Unies ou l'Union Européeenne ?! Quant à la presse américaine, elle vient à la défense des… Français ! (Voilà une chose qu'on aurait aimé plus voir du côté de l'Hexagone dans les années qui ont suivi 2003…)

Enfin, comme ce n'est pas George W Bush qui est aux commandes, mais Barack Obama, on pardonne tout à la Maison Blanche, y compris les contes de fée gauchistes (comme le colonialisme damné aux quatre vents) et comme une attitude qui pourrait être perçue comme une traîtrise…
Plutôt une série de doutes, d'interrogations, d'incompréhensions. La relation entre Paris et Washington est mise à l'épreuve par la crise au Mali. La rapidité et les contours de l'intervention armée française ont pris l'allié américain de court. Des responsables français ont été choqués quand les Etats-Unis ont tendu une facture de 20 millions de dollars (15 millions d'euros) pour l'utilisation des avions gros transporteurs C-17 de la US Air Force. "50 000 dollars l'heure de vol !", s'indigne-t-on encore à Paris. Le refus a été tout net.

L'affaire a "fuité" dans la presse anglo-américaine. Le 18 janvier, le Washington Post a ce titre ravageur pour l'administration Obama : "Un sale coup contre un allié au Mali", l'allié étant la France. L'article souligne que "grâce à la France, des troupes américaines ne sont pas nécessaires au Mali". Faire payer un partenaire qui combat seul, dans les sables du Sahel, un danger djihadiste reconnu de tous ? Finalement, Washington corrige son tarif : l'emploi des C-17 sera gratuit. Ce n'était pas la fin des tractations. Vendredi 25 janvier, Paris guettait une autre décision américaine : les trois avions ravitailleurs, dont la France a besoin pour ses capacités logistiques, vont-ils être mis à disposition ?

A l'inverse de Nicolas Sarkozy, qui avait laissé éclater sa colère au téléphone contre Barack Obama, fin mars 2011, après avoir compris que le président américain retirait ses avions bombardiers de l'opération en Libye, l'Elysée de François Hollande a décidé de réagir avec placidité aux "mauvaises manières " américaines. Surtout, ne rien laisser entrevoir de l'agacement ambiant. "Et ne pas donner l'impression aux Algériens" qu'il y a un malaise, glisse un officiel français. Car, sur le fond, l'Amérique soutient et aide. Son apport en renseignements est crucial.

LE PROBLÈME S'EST SITUÉ À LA MAISON BLANCHE 

Le problème du Sahel figure depuis longtemps sur l'écran radar de Washington. En 2004, George W.Bush avait lancé l'"Initiative pan-sahélienne" de lutte contre le terrorisme, le début d'un positionnement de forces spéciales dans plusieurs pays de la région. L'administration Obama a parachevé la mise en place du commandement "Africom", doublée d'un programme de formation d'armées locales. Après l'attaque contre le consulat américain à Benghazi, puis la récente prise d'otages en Algérie, où trois Américains ont trouvé la mort, l'attention accordée à la mouvance d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) s'est accrue. Les services de renseignement américains font la même analyse que leurs collègues français du degré de la menace.

S'il y a eu un hiatus franco-américain, le problème s'est situé à la Maison blanche bien plus que du côté du Pentagone. Barack Obama et ses conseillers se sont interrogés sur l'ampleur de l'aide à fournir aux Français, et sur la posture de belligérant que cela conférerait aux Etats-Unis. L'attaque française au Mali, avec ses allures de corps expéditionnaire en ancienne terre coloniale, ne correspond pas vraiment à la stratégie préférée du dirigeant américain, celle des opérations armées furtives, faites de frappes de drones et d'opérations commandos, comme en Somalie et au Yémen.

Fin octobre 2012, lors d'une discrète réunion à haut niveau, à Paris, des émissaires de Washington, parmis lesquels Micheal Sheehan, le "monsieur antiterrorisme" de l'administration, demandaient avec enthousiasme à leurs interlocuteurs français : "Alors, comment allez-vous les frapper, ces salauds ?", en parlant des groupes djihadistes au Mali. La guerre se préparait, mais la diplomatie américaine avait aussi de gros doutes sur le plan français prévoyant un déploiement de forces ouest-africaines.

"LES AMÉRICAINS ONT AUSSI DES CONTRAINTES BUDGÉTAIRES"

Quand l'intervention française a commencé, les conseillers de la Maison blanche ont opposé des arguments juridiques aux demandes d'entraide de Paris : "On ne connaît pas vos cibles, comment peut-on être certain que vous allez tuer des personnes représentant un danger direct pour les Etats-Unis ?" Rien ne s'est arrangé quand, apparemment sur instruction de la Maison blanche, le secrétaire à la défense, Leon Panetta, a brusquement annulé un déjeuner prévu à Paris, le 19 janvier, avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian. Les deux hommes se sont parlé le lendemain, par téléphone.

Dans l'entourage de M.Hollande, on met ces flottements sur le compte de la période de transition politique à Washington : la cérémonie d'investiture, les nouvelles nominations dans l'administration. Et puis, glisse une source officielle à Paris, "les Américains ont aussi des contraintes budgétaires. Ils ne peuvent pas tout faire. On ne peut pas exclure qu'ils se "réservent" pour le dossier syrien..."

Quand Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat sortante, a déclaré, le 23 janvier, que son pays devait "s'engager plus" au Sahel, les responsables français se sont demandé s'il s'agissait d'un solo politique, ou bien une éclaircie dans la relation avec "une Amérique compliquée".

Vendredi soir, M.Obama a téléphoné à M.Hollande, leur première conversation depuis le début de la guerre. Selon la Maison Blanche, il a "exprimé son soutien au leadership" français au Mali et le dirigeant français l'a "remercié pour le soutien significatif apporté par les Etats-Unis".

La question qui doit se poser n'est pas celle des droits des adultes, mais des devoirs envers les enfants


Le Monde a publié une chronique de Nathalie Heinich, chronique que le quotidien de référence n'a pas cru bon de republier sur son site web (ce qui est souligné l'est par Le Salon Beige).
Il est faux d'affirmer que le mariage est non seulement l'institution organisant la filiation mais aussi celle reconnaissant une " communauté de vie " : si c'était le cas, maints pères pourraient se marier avec leur fille, maintes mères avec leur fils, maints frères avec leur soeur, puisque nombreuses sont les familles où existe une telle communauté de vie. Ce que reconnaît l'institution du mariage, c'est l'existence d'un rapport sexuel dans une communauté de vie, ouvrant donc à la possibilité d'une filiation.
Dans ces conditions, prétendre ne revendiquer le mariage homosexuel que pour la reconnaissance d'un lien amoureux, et non pas pour la filiation, revient à exiger de l'Etat qu'il ait un droit de regard sur la sexualité des personnes (ce que, soit dit en passant, les mouvements de défense des homosexuels ont longtemps combattu, du temps où existaient des lois condamnant l'homosexualité). Faut-il accepter, au nom de l'égalité, que la sexualité entre adultes consentants devienne, pour tous - hétérosexuels comme homosexuels -, une affaire d'Etat ? C'est là une conséquence majeure de l'actuel projet de loi, qui mériterait d'être, pour le moins, discutée.
Concernant, justement, l'argument de l'égalité : il est faux d'affirmer que le mariage homosexuel serait conforme à l'exigence d'égalité de tous les citoyens, car une telle exigence n'a jamais existé, en démocratie, que sur le plan des droits civiques - le droit de vote en particulier.
[...] Reste la question de la parentalité : là, le statut des homosexuels n'est pas équivalent à celui des hétérosexuels, puisque leur sexualité rend problématique l'engendrement, sauf à pratiquer la bisexualité ou à recourir à des techniques artificielles. Nos institutions juridiques ont-elles pour vocation de compenser les conséquences problématiques que peuvent avoir pour des individus leur refus de recourir à des arrangements avec l'autre sexe, en dissociant plaisir sexuel et procréation ? Là encore, le saut logique et éthique est considérable. Certes, l'on peut toujours modifier une institution. Mais est-ce parce qu'une modification est possible, ou parce qu'elle est souhaitée par certains, qu'elle doit être imposée à tous, au prix de bouleversements dont les implications n'ont pas été réellement discutées, faute justement de réel débat ou d'arguments sérieux ?
[...] En l'état de nos institutions, il faut donc admettre que le mariage homosexuel ne prend sens que dans une revendication de filiation : ce qui est d'ailleurs le fondement de l'institution du mariage, qui consiste initialement (même si cette fonction a été historiquement élargie par diverses réformes) à donner des parents légaux (donc une généalogie) à des êtres de chair. Et en effet, autoriser le mariage homosexuel, c'est ouvrir automatiquement le droit à l'adoption pour les couples homosexuels.
La question qui doit se poser alors n'est plus celle des droits des adultes, mais des devoirs envers les enfants ; et précisément : quel sera leur état civil ? Auront-ils accès à l'identité de leurs géniteurs ? Leur propre identité sera-t-elle inscrite dans la différence des sexes qui a présidé à leur engendrement, ou bien y aura-t-il déni de cette réalité originaire ? Sachant l'importance des troubles (parfois psychotiques) liés au secret ou au déni de l'origine, il serait irresponsable de s'engager dans une ouverture du mariage, donc de la filiation, aux couples de même sexe, sans réponse claire à ces questions - principe de précaution oblige. Et ne parlons même pas ici des problèmes posés par la procréation médicalement assistée (PMA) ou la gestation pour autrui (GPA), qui ne manqueront pas d'être exigés, toujours au nom de l'égalité. [...]"

2013/01/24

BRAZIL — And Now, Class, Everyone Together, Repeat After Me: The Price for a Bl*wj*b Is…


This sounds like an idea for a Monty Python sketch.

Brazilians prostitutes are taking English lessons for in time for the 2014 World Cup, we learn from Claire Maupas (obrigado para OT), and that in order to better "satisfy" the (non-Portuguese-speaking) tourists and their expectations.

In order to negotiate prices with clients and to clearly understand their stated fantasies, the ladies of the noite will learn, among many other things, how to say condom — although the Portuguese expression is far more romantic (camisa-de-vênus means "Venus shirt").

Whether lessons really need to last 6 to 8 months sounds dubious to this webmaster…

By the way, have your heard of Aprosmig? Yep, kudos for guessing it right away, it's the name of the local hookers association, the one that is going to be teaching English to Minas Gerais streetwalkers (for free), and you can Like their page on Facebook (warning, this may not be recommended, as some of your amigos — and amigas — might misunderstand the sentiment)…
Objectif : pouvoir négocier les prix et comprendre les fantasmes des clients, comme l’explique la présidente de l’Aspromig, Cida Vieira.

In related news, Giovana da Silva (aka Mara) was the beaming winner of the Miss Brazilian Prostitute title, also organized by the Associação das Prostitutas de Minas Gerais…

2013/01/20

Le chat est-il un thérapeute malgré lui ?

Le chat est-il un thérapeute malgré lui ?
demandent Le Monde et l'AFP dans un article sur un sujet dont je viens de terminer un papier avec Jixie Juny.
Pour Jean-Yves Gauchet, vétérinaire à Toulouse qui revendique en France la paternité de la "ronron thérapie", le ronronnement du félin "apaise et agit comme un médicament sans effet secondaire".
Selon lui, "quand l'organisme lutte contre des situations pénibles – stress, insomnie ou anxiété – le ronronnement du chat émet des vibrations sonores apaisantes et bienfaisantes, un peu comme la musique". Le chat, comme un violoncelle dont la musique s'amplifie en fonction de la taille de sa cage thoracique, fait office de caisse de résonance. "C'est par le tympan mais aussi les corpuscules de Pacini, des terminaisons nerveuses situées au ras de la peau, que nous percevons le ronron qui émet des fréquences basses, entre 20 et 50 hertz. Des pensées positives et de bien-être sont alors transmises à notre cerveau", explique-t-il.

LE RONRONNEMENT, "MADELEINE DE PROUST"
"Le ronronnement utilise le même chemin dans le cerveau, à travers le circuit hippocampe-amygdale, une structure étroitement liée au déclenchement de la peur, indique Jean-Yves Gauchet sur psychologie.com. Écouter ce doux bruit entraîne une production de sérotonine, l'hormone du bonheur, impliquée dans la qualité de notre sommeil et de notre humeur. Le praticien ajoute que "le ronronnement joue un peu le rôle de la madeleine de Proust, sauf, bien sûr, si vous êtes encore traumatisé par ce chat qui vous a griffé au visage quand vous aviez six ans".
"C'est un puissant anti-stress, régulateur de la tension artérielle, boosteur des défenses immunitaires et un soutien psycho-moteur", note Véronique Aïache, journaliste santé et auteur de La Ronron thérapie (éd. Guy Trédaniel, octobre 2009), rapportant les résultats d'une étude menée dans les années 1950 par le corps médical américain. "A fracture égale, le chat se rétablit trois fois plus vite que tout autre animal. Les vibrations émises par le ronronnement ont d'ailleurs été reproduites par des kinésithérapeutes pour accélérer la cicatrisation osseuse", explique-t-elle par aileurs [sic].

UN THÉ, UN CHAT ET L'ADDITION, S'IL VOUS PLAIT
Les vertus des chats, qui sont près de 11 millions dans les foyers français, ne se limitent pas au ronronnement. Car le chat "est un éternel bébé qui aime se faire cajoler et ne demande qu'à jouer. Dans certains cas, il comble un manque affectif pour ceux qui n'ont pas d'enfant", déclare M. Gauchet.
Dans les "bars à chats", répandus en Asie et surtout au Japon, les clients viennent se détendre au contact des félins, sirotant un thé d'une main, et caressant un chat de l'autre. En mai 2012, ce concept originaire du Japon s'est implanté en Europe : le Café Neko (neko signifie chat en japonais) a ouvert ses portes à Vienne. A quand dans l'Hexagone ?

Connaissez-vous la ronronthérapie ? par Minute_de_la_connaissance

2013/01/19

Les 10 pays où partir pour préparer un diplôme ; à moins qu'on ne veuille d'une fac U.S. à… Paris


Dans Le Monde, Benoît Floc'h et Marie-Morgane Le Moël nous parlent des dix pays où partir pour préparer un diplôme, notamment en Australie.

À moins qu'on veuille tenter l'aventure à l'American University of Paris (AUP), comme nous le rappelle Vincent Coste… 
ÉTUDIER dans une université américaine sans traverser l'Atlantique, tel est le pari que permet de relever depuis cinquante ans l'American University of Paris (AUP). Alors que les universités de New York ou de Chicago ont choisi de développer seulement quelques enseignements à Paris pour y envoyer ponctuellement leurs étudiants, l'AUP est l'un des rares établissements américains à proposer un cursus complet, reconnu et accrédité, qui se déroule exclusivement sur le territoire français. Avec des formations qui vont de l'histoire de l'art aux sciences politiques en passant par l'" international business " et l'entrepreunariat, l'AUP attire près de 15 % de Français par promotion. Ce qui, sur un total de mille étudiants, n'est pas négligeable.

Dans un marché de l'emploi toujours plus international, le bilinguisme est évidemment un atout tentant. Et comme l'explique Celeste Schenck, présidente de l'AUP, l'université offre plus encore, puisque " les étudiants baignent dans un univers international et multiculturel ". Ils s'ouvrent là à une autre façon de penser.

D'autant que, au-delà de la pratique linguistique, les facs américaines proposent une alternative à la pédagogie française. Elles importent là les recettes du modèle américain. Fondée sur la participation active et critique des étudiants, la pédagogie laisse " plus de liberté et favorise l'entraide entre les étudiants ", témoigne Thomas Benetreau, en 4e année à l'AUP. Aux antipodes des cours magistraux donnés par un professeur devant un amphithéâtre de 500 étudiants, le modèle américain " offre une plus grande proximité avec le professeur et accompagne l'étudiant dans l'élaboration de son projet professionnel ". Les salles de classe n'y dépassent donc pas vingt à trente élèves, et chacun est incité à apporter sa contribution.

" Un réel investissement "

Pour intégrer un tel établissement, seuls sont requis le baccalauréat et un bon niveau d'anglais, évalué par un test d'admission. A l'AUP comme au Paris College of Arts (PCA), qui propose un cursus pluridisciplinaire sur quatre ans (Bachelor) dans le domaine artistique, la plupart des étudiants entrent avec un niveau équivalent à un score de 90 (sur 120) au TOEFL. Pour autant, ce niveau n'est pas obligatoire, puisque les élèves peuvent bénéficier de cours de soutien en première année. Si de prime abord le système d'apprentissage à l'américaine peut déconcerter, " les étudiants français s'intègrent sans problème ", estime Celeste Schenck. D'ailleurs, le nombre de postulants est en constante progression depuis plusieurs années, constate-t-on à l'AUP comme au PCA. Avec un bémol tout de même. " Depuis trois ans, la crise fait stagner les demandes ", poursuit Celeste Schenck. Il faut bien dire qu'avec 25 000 euros de frais de scolarité annuels, les études à l'AUP " constituent un réel investissement ". Même son de cloche du côté du PCA, où les factures sont quasi-identiques. 15 % des revenus de l'université ont beau être consacrés au versement de bourses qui peuvent couvrir jusqu'à 50 % des frais de scolarité, cela ne suffit pas toujours.

Est-ce le prix à payer pour voyager sans se déplacer ? L'AUP, qui s'en défend, ne veut pas être une enclave fermée au coeur de Paris, et propose un curriculum imprégné de culture française et européenne, développant des partenariats avec des universités françaises comme Paris-I et Paris-IV. De son côté, le PCA permet à ses étudiants de collaborer avec le Centre Pompidou ou le Centre de recherche du château de Versailles.
 

2013/01/18

Edwy Plenel : "S'attaquer à la gauche, c'est toujours plus difficile"


En France, et en Europe, comme aux États-Unis, une fois qu'ils sont au pouvoir, la gauche n'aime généralement pas être soumise à la transparence et à la morale qu'elle réclame quand ses membres étaient dans l'opposition.

Et les médias non plus, toujours prêts à accuser un droitiste des pires méfaits, des pires insinuations, tout en ignorant, minimisant, ou ridiculisant la vaste majorité des charges envers quelqu'un de gauche (charges qui, pour la plupart, en fait se retournent contre les attaquants, de droite ou autres, puisqu'ils prouve(raie)nt la perfidie de ces derniers).

Ainsi, l'affaire "qui empoisonne le gouvernement et déchire les médias", selon Le Monde, et qui implique l'un des leaders de ces socialistes moralisateurs qui, tout en imposant 75% d'impôts aux citoyens riches, profiteraient des comptes de banque en Suisse.

Quand même un ex-militant d'extrême gauche est en droit de se plaindre — "S'attaquer à la gauche, vous verrez, c'est toujours plus difficile" — on se dit que c'est du sérieux.

"D'un côté, un site d'informations qui fait des révélations sur un compte en Suisse", écrivent Emeline Cazi et Ariane Chemin dans Le Monde."De l'autre, un ministre qui nie en bloc."
Jérôme Cahuzac, qui a déjà vu le Conseil constitutionnel "retoquer" la fameuse tranche d'imposition à 75 % à laquelle tenaient tant les socialistes, signe ses parapheurs dans son bureau Empire de Bercy lorsque la nouvelle tombe : six semaines après que Mediapart l'a accusé d'avoir détenu un compte bancaire non déclaré en Suisse, qu'il aurait transféré en 2010 à Singapour, le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "blanchiment de fraude fiscale".
 
Une procédure contre un ministre qui vient de déposer plainte pour diffamation, voilà un cas franchement "inédit", s'étrangle Jérôme Cahuzac.  "C'est comme une coloscopie", soupire l'ancien chirurgien viscéral en se préfigurant les prochaines "fouilles" de sa vie et de son intimité. Vite, pourtant, le ministre reprend ses esprits. Marion Bougeard, sa communicante d'Euro RSCG, fait partir un bref communiqué où il affiche sa "satisfaction" : "Cette démarche permettra (...) de démontrer sa complète innocence."

Paradoxalement, le président de Mediapart, Edwy Plenel, fait aussi contre mauvaise fortune bon cœur : lui aurait "préféré qu'on nomme un juge indépendant". Seule conviction partagée : pour le journaliste comme pour le ministre, c'est une nouvelle manche qui commence.

 … L'affaire Cahuzac est aussi devenue une affaire Mediapart. Radio, télés, et même Le Canard enchaîné critiquent les méthodes du site. En tête, Jean-Michel Aphatie, chroniqueur politique sur RTL. Le 24 décembre, Jean-Michel Aphatie (105 000 followers) tweete sa "demande au Père#Noël : les preuves du compte suisse de #Cahuzac que #Mediapart a soignement cachées #journalisme farceur". Réponse de Fabrice Arfi (20 800 followers) : "Vous voulez pas plutôt un calepin, un stylo et une carte Navigo pour prendre un peu l'air frais du terrain ?"

L'échange potache masque à peine la guerre au couteau où se règlent vieux contentieux contre Edwy Plenel, le plus célèbre des enquêteurs français (117 000 followers), se devinent les querelles de génération, et ou s'affrontent "commentateurs" et "investigateurs" – eux-mêmes plus que divisés. "Jusqu'ici on a vu au moins autant d'insinuation que d'investigation", accuse ainsi l'ancien complice d'Edwy Plenel au Monde Hervé Gattegno dans sa chronique sur RMC, comme pris d'un "certain malaise".

" sont les preuves, sont les preuves ? (...) Où, où, où, sont-elles ?", intime Pascale Clark face à l'ex-directeur de la rédaction du Monde,  sur France Inter. "Les preuves ! Les preuves !", s'acharne aussi Jean-Michel Aphatie, ancien collègue d'Edwy Plenel au quotidien du soir.
 …

LA PARANO DE JÉRÔME CAHUZAC ET DE MANUEL VALLS

Edwy Plenel avait prévenu ses troupes après la présidentielle: "S'attaquer à la gauche, vous verrez, c'est toujours plus difficile." Dans ce bras de fer engagé contre un ministre de François Hollande, le journaliste veut offrir  la preuve de son indépendance.

Les anciens strauss-kahniens, eux, voient au contraire dans cet "acharnement" une occasion pour l'ex-militant d'extrême gauche de régler des comptes avec ces rocardiens honnis depuis toujours, et davantage encore depuis qu'ils sont devenus "sarko-compatibles" et "sociaux-libéraux".

Déjà, en octobre, Manuel Valls s'était arrêté sur le portrait qu'avait brossé de lui Edwy Plenel dans Marianne "ce reniement dont Valls est le nom". Quant à Jérôme Cahuzac, c'est simple, il se voit des ennemis partout, jusqu'à l'Elysée : une vraie paranoïa. Il faut dire qu'il y a de quoi. …

2013/01/16

Une véritable migration de journalistes qui brûlent leurs vaisseaux et intégrent des ministères

Plus d'une dizaine de "cartes de presse" ont fait le grand saut depuis les élections de mai, écrit leur (ex-)collègue Bastien Bonnefous dans Le Monde, et franchi le Rubicon pour entamer une deuxième vie professionnelle, dans la communication politique. "A chaque fois, ces transferts nourrissent dans l'opinion des critiques à l'encontre du journalisme politique, déjà marqué du sceau de la connivence avec les cercles du pouvoir."

Mardi 15 janvier, lors de la cérémonie des vœux à la presse du premier secrétaire du PS, Harlem Désir, elle devra prendre garde, réflexe oblige, à ne pas s'asseoir aux côtés de ses anciens confrères. Hélène Fontanaud est devenue depuis ce lundi la nouvelle responsable du service de presse de la Rue de Solférino. A 53 ans, celle qui fut journaliste politique pendant presque trois décennies – à Reuters, Europe 1, La Tribune, Les Inrockuptibles et Sipa News – a franchi le Rubicon pour entamer une deuxième vie professionnelle, dans la communication politique. "Je me suis toujours dit que je n'aurais pas qu'un métier dans ma vie. C'est chose faite", explique Mme Fontanaud.

Son cas est loin d'être isolé : depuis l'accession au pouvoir de François Hollande, ils sont plus d'une dizaine de "cartes de presse" à avoir fait le grand saut. Le dernier en date, sans doute le plus célèbre, est Claude Sérillon, l'ancien présentateur du "20 heures" de France 2, qui vient de rejoindre les conseillers en communication de l'Elysée. Avant lui, il y avait eu Patrice Biancone, éditorialiste politique de RFI, nommé chef du cabinet de Valérie Trierweiler, la compagne du chef de l'Etat, elle-même ancienne journaliste de Paris Match.

[Proche de François Hollande, l'homme de télévision a travaillé de façon officieuse pour le candidat pendant la présidentielle, notamment dans la préparation du débat d'entre-deux-tours.]
Plusieurs "rubricards" ont également intégré des équipes ministérielles. Pierre Rancé, longtemps chroniqueur judiciaire sur Europe 1, est devenu porte-parole du ministère de la justice, et sa consoeur Muriel Barthélémi, ancienne journaliste de France 3 Pays de Loire, assure le service de presse de la garde des sceaux. Renaud Czarnes, qui a couvert la campagne présidentielle de François Hollande pour Les Echos, a rejoint Matignon. Brigitte Béjean, d'Europe 1, dirige les relations presse de Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux transports, tout comme trois autres journalistes aux ministères de la culture, de la ville, et des personnes âgées...

CRITIQUES

Si l'on ajoute à cette liste les noms de Sylvie Pierre-Brossolette, chef du service politique du Point, et de Mémona Hintermann, grand reporter à France 3, récemment nommées au Conseil supérieur de l'audiovisuel, c'est à une véritable migration que l'on assiste. Déjà, en 2007, l'élection de Nicolas Sarkozy avait suscité un tel phénomène, mais dans des proportions moindres : Catherine Pégard, du Point, était devenue conseillère à l'Elysée, Myriam Lévy, du Figaro, avait rejoint François Fillon à Matignon, et Jean-Marc Plantade, du Parisien, Christine Lagarde à Bercy.

A chaque fois, ces transferts nourrissent dans l'opinion des critiques à l'encontre du journalisme politique, déjà marqué du sceau de la connivence avec les cercles du pouvoir. "Dès qu'un journaliste change de camp, tout ce qu'il a écrit ou dit dans sa carrière est revu d'un autre oeil", estime le chargé de presse d'un ministre du gouvernement, opposé à ce type de concurrence. "Les politiques croient que, grâce aux carnets d'adresses de ces journalistes, ils vont être plus visibles et choyés par les médias, décrypte-t-il. C'est faux. Généralement même, ça se passe mal, parce que leurs anciens confrères leur en veulent d'avoir retourné leur veste."

Une accusation que réfute Françoise Degois, ancienne journaliste politique de France Inter, devenue en 2009 conseillère politique de Ségolène Royal et désormais de Guillaume Garot, ministre délégué à l'agriculture. "Ce sont deux métiers totalement différents et tout aussi respectables. J'ai été d'une loyauté totale à Radio France lorsque j'étais journaliste, je suis aujourd'hui d'une loyauté totale au monde politique", explique-t-elle.

PAUPÉRISATION DE LA PROFESSION

Ces virages à 180 degrés traduisent également la paupérisation d'une profession frappée par la crise économique. "Le milieu médiatique est de plus en plus précarisé, et certains journalistes, qui estiment leur avenir bouché, font le choix de la communication, métier bien payé", explique un "spin doctor" d'une agence parisienne.

Licenciée de Sipa News après le dépôt de bilan de l'agence de presse en décembre, Hélène Fontanaud reconnaît l'impact de la conjoncture économique : "Je me posais des questions sur mon métier depuis quelques années. C'était le moment ou jamais. Je savais qu'Harlem Désir cherchait quelqu'un pour le PS, alors j'ai pris contact avec lui en décembre", explique l'ancienne reporter, qui fréquente le responsable socialiste de longue date, pour avoir milité avec lui à SOS-Racisme de 1985 à 1988.
Mais elle sait que, en faisant ce choix, elle a brûlé ses vaisseaux journalistiques. "Avant, un journaliste pouvait être un militant politique ; désormais, ce n'est plus possible, si on veut militer, il faut quitter le journalisme. J'ai donc pris un aller sans retour", assume-t-elle.

Après la défaite de Nicolas Sarkozy, Myriam Lévy est devenue consultante pour l'agence de communication Image Sept. Jean-Marc Plantade, lui, a été nommé au Conseil économique, social et environnemental. Et Catherine Pégard préside désormais l'Etablissement public du château de Versailles.