2012/06/16

No Cell Phones Allowed During the Baccalaureate Exams

As a timid François Hollande hides under his desk, the baccalaureate examiner exclaims:
Valérie!! What did I tell you?!
Voir aussi : les gags précédents de Plantu

Lire également : Royal et Trierweiler, les femmes du président

2012/06/13

Royal et Trierweiler, les femmes du président

Entre film muet et soap opera…

… Tout au long de la campagne électorale, les équipes de François Hollande, les collaborateurs de Ségolène Royal, se concertent sans cesse pour éviter que les deux femmes ne se croisent dans les meetings.
Article superbe de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin sur Royal et Trierweiler, les femmes du président.
CRUELLE

Quand il arrive … à Paris, place de la Bastille, le nouveau président salue la foule, et applaudit en compagnie des figures socialistes le succès de la gauche. Puis quitte soudainement sa place pour embrasser affectueusement sur les deux joues Ségolène Royal, l'ancienne candidate malheureuse de 2007, la mère de ses enfants. Lorsque le nouveau chef de l'Etat revient à sa place, Valérie Trierweiler se glisse près de lui et le presse : "Embrasse-moi sur la bouche."

Quelques jours plus tard, elle mettra les choses au point pour les Français : "Elle est la femme politique, je suis la femme du politique." Et, cruelle, à l'attention du monde entier, dans le quotidien britannique The Times : "Il n'y a plus d'histoire sentimentale entre eux depuis sept ans." Autant dire depuis 2005, deux ans avant la séparation officielle du couple Hollande-Royal.

"CONFUSION"

Il faut se méfier des soirs d'élection présidentielle : ils sont souvent comme les scènes d'exposition des années à venir. Ce 6 mai 2012 sera-t-il le générique d'un mauvais vaudeville où François Hollande devrait s'accommoder de la rivalité de ces deux femmes, l'une compagne de son histoire passée, l'autre de sa vie présente ?

"Président normal", avait annoncé le candidat du PS. Sa promesse résonnait comme une rupture avec son prédécesseur - son ultraprésidence, la surexposition de son intimité et de sa famille. "Il y a des trucs que Sarkozy a tués, notamment l'affichage permanent du conjoint. Les Français ne supportent plus cette confusion du privé et du public", confiait-il au Point le 24 février 2011. Un an et quelques tweets plus tard, le pari est déjà raté.

Lire : Le conflit entre Trierweiler et Royal trouble la présidence Hollande

Lire aussi : Le tweet de Trierweiler "nous ramène à certains errements du sarkozysme"

Pour comprendre l'intrigue du petit drame politico-sentimental qui se noue, il faut remonter l'histoire politique sept ans en arrière. Nous sommes en 2005, quelques mois avant la première primaire socialiste. Ségolène Royal appelle les uns après les autres les plus proches amis du couple qu'elle forme, depuis leurs années étudiantes à l'ENA, avec François Hollande. "Tu as vu les sondages ? Ceux de François ? Les miens ?", demande-t-elle à Jean-Pierre Jouyet et à d'autres, qui finissent par comprendre qu'elle les somme de choisir entre eux lequel sera le candidat à la présidentielle. Voilà que s'enclenche ce qui restera l'un des secrets les mieux gardés de la campagne de 2007 : si Ségolène se présente, c'est aussi pour se venger d'un François Hollande qui l'a trahie.

Fin d'un couple, début d'une haine ordinaire. Les deux femmes ont pourtant bien des choses en commun. Une beauté classique à la française, des racines provinciales et un caractère autoritaire. Mais il y a, d'un côté, une femme blessée, qui n'entend pas tout perdre, y compris ce qu'elle croit être son destin politique. De l'autre, une compagne qui considère que Ségolène Royal a empêché, en le devançant, François Hollande de se présenter à l'élection présidentielle de 2007. "Vous n'avez aucune idée de tout ce qu'elle m'a fait !", répète la journaliste pour justifier ses préventions à l'égard de "l'ex".

2012/06/12

Halte à la désinformation sur la Pologne !

Halte à la désinformation sur la Pologne ! s'écrie Tomasz Orlowski, ambassadeur de Varsovie en France, qui, dans les dernières lignes de son brûlot, rappelle les façons méprisants dont l'Élysée avait traité la Pologne ainsi que d'autres pays de l'Est durant la guerre avec l'Irak.
… comment comprendre la phrase assassine : "L'UE, dont fait partie la Pologne, ne peut en aucun cas accepter en son sein l'existence et la persécution de prisonniers politiques" ? N'est-ce pas quasiment une imputation que la Pologne fait le contraire ? L'on conviendra que c'est aller assez loin.

Je ne connais pas les auteurs de ce pamphlet, ce qui ne joue pas en ma faveur, car ils doivent être des gens dotés de compétences rares, étant donné la certitude avec laquelle ils se prononcent, non seulement au sujet des sports, mais aussi des infrastructures, de la crise financière, de l'histoire contemporaine de l'Europe et tant d'autres. Si je les connaissais, je les aurais certainement priés de satisfaire ma curiosité et mon ignorance, en demandant quelle personnalité polonaise avait "l'impudence de dénoncer les menaces de boycottage politique lancées par certaines personnalités européennes comme "pratique de guerre froide"" ? !

Je tire mon chapeau devant l'intransigeance dont ils font preuve, aussi j'observerai avec intérêt s'ils vont défendre avec le même zèle les droits de l'homme dans le cas des autres grandes manifestations sportives qui nous attendent dans les prochains mois et années. Malheureusement, je crains qu'ils ne risquent d'en boycotter quelques-unes. Pour l'instant, je me limiterai à citer un homme politique français qui, il y a quelques années, a dit au sujet de mon pays : "Ils ont manqué une bonne occasion de se taire." Je leur laisse donc cette phrase à méditer.

2012/06/10

Portrait de l'un des idiots utiles d'un dictateur du Moyen-Orient

Toutes les dictatures ont leurs idiots utiles et Pierre Piccinin a bien servi le "bacharo-baassisme".
Ainsi commence l'article de Christophe Ayad dans Le Monde (qui le fait suivre avec un autre article, plus court, sur la galaxie hétéroclite des soutiens au régime de Bachar Al-Assad).
Jusqu'à ce qu'il ne soit plus utile à rien et qu'on l'envoie dans un cul-de-basse-fosse méditer sur l'ingratitude des dictateurs en général et de Bachar Al-Assad en particulier. Pierre Piccinin, 39 ans, belge et enseignant, est un aventurier sans fantaisie, un chercheur sans qualification. Bref, un touriste de la guerre.

Tel Fabrice à Waterloo, il a traversé la Syrie en révolution, sans rien y comprendre mais en croyant y voir clair. Jusqu'à ce qu'il passe de l'autre côté du miroir et découvre les geôles d'un régime qu'il avait défendu au-delà du raisonnable. Le 17 mai 2012, au mitan de son troisième séjour en un an, Pierre Piccinin a été arrêté en tentant d'entrer dans Tall Kalakh, un village près de Homs tenu par la rébellion et cerné par l'armée. Il a passé une semaine dans les geôles syriennes, trimballé de centres d'interrogatoire en lieux de détention, battu, torturé à l'électricité et contraint d'assister à l'agonie de pauvres diables atrocement suppliciés.

"EN SYRIE, ON TORTURE À LA CHAÎNE"

Ce saint Thomas contemporain aux convictions catholiques a vu de ses yeux les couloirs maculés de sang et les hommes en lambeaux. Il a entendu de ses oreilles les hurlements des torturés et la radio poussée à fond pour les couvrir. "En Syrie, on torture à la chaîne", dit-il aujourd'hui. On torture pour torturer, même pas pour des aveux.

Depuis son expulsion, le 23 mai, Pierre Piccinin plaide pour une intervention étrangère, seule à même, selon lui, de mettre fin au calvaire du peuple syrien. C'est un virage à 180 degrés pour ce chercheur autoproclamé et professeur d'histoire à l'Ecole européenne de Bruxelles. Pierre Piccinin, qui a effectué trois séjours en Syrie ces onze derniers mois, ne connaissait pas le pays avant le début du soulèvement en mars 2011. Alors que la quasi-totalité de la presse internationale se voit refuser des visas, il a bénéficié d'une surprenante tolérance, mais jamais ne s'en est étonné.

Visiblement éprouvé par la semaine passée en détention, Piccinin reste droit dans ses bottes, comme s'il faisait un effort intense pour ne pas voler en éclats avec ses illusions.

…. "On m'avait décrit un pays à feu et à sang, des manifestations monstres, une répression sans pitié, raconte-t-il. Et j'ai trouvé un pays calme, normal. Les rares manifestations étaient très limitées et les soldats ne tiraient pas. Les seules traces de destruction étaient le fait des manifestants." Son témoignage, publié sur son site, ravit le régime au point que le journal officiel As-Saoura le publie, sans les passages gênants, où il traite le régime baassiste de "dictature". Ses analyses plaisent tellement à Damas qu'il est réinvité, cette fois-ci par le ministère de l'information.

Avant de retourner en Syrie, il se rend deux fois en Libye pour vérifier ce qu'il appelle une "hypothèse" : "La chute de Kadhafi est le fruit d'une guerre de la France et de la Grande-Bretagne pour assurer leurs intérêts économiques." Obsédé par les théories du complot, il lui faut toujours découvrir le véritable sens caché des choses. Le régime syrien a su jouer à merveille de sa vanité et de son amertume d'être snobé par les chercheurs comme par les journalistes, qu'il ne se prive pas de critiquer.

Une Assemblée de cumulards : "Pour légiférer, il faut passer par le Parlement, ce qui revient à demander aux cumulards de mettre fin au cumul"


Anne Chemin sur Une Assemblée de cumulards :
le chemin de la rénovation semble difficile : plusieurs groupes de réflexion — la commission Mauroy sur la démocratie locale en 2000, le Comité Balladur sur la modernisation de la Ve République en 2007 — ont plaidé contre le cumul, et plus d'une quinzaine de propositions de loi ont été déposées depuis 2002, mais aucune n'a jamais abouti. "Pour légiférer, il faut passer par le Parlement, ce qui revient à demander aux cumulards de mettre fin au cumul, ironise Guy Carcassonne. Ce n'est pas le mouvement le plus naturel..."

Prudent, François Hollande n'a jamais promis le mandat unique qui prévaut dans certains pays anglo-saxons. Le nouveau chef de l'Etat s'est cependant engagé, dans ses 60 propositions, à faire voter une loi limitant le cumul des mandats : les députés pourraient dans ce cas conserver leur mandat de conseiller municipal, général ou régional, mais il leur serait interdit d'exercer des fonctions exécutives locales (maire ou maire-adjoint, président ou vice-président d'une collectivité territoriale) - une idée que les militants socialistes avaient approuvée à plus de 70 % lors d'une consultation, en 2009. Le PS admettait alors qu'il s'agissait là d'une "mesure modérée", mais il promettait d'imposer, un jour, un "mandat parlementaire unique". L'avenir dira si ces engagements seront respectés.

2012/05/29

"Des Torquemadas de café du commerce, des professionnels du choquage, de l'indignation tarifée"


Dans un article du Monde de Daniel Psenny, Eric Zemmour
a fustigé, lundi matin, sur RTL, les "professionnels du choquage, de l'indignation tarifée".
Le chroniqueur risque d'être licencié de RTL pour avoir dit qu'
"En quelques jours, Taubira a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues, sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs dans le mauvais"

Le journaliste a aussi reproché à la nouvelle ministre de la justice de se montrer "douce, compatissante et compréhensive comme une maman pour ses enfants, ces pauvres enfants qui volent, trafiquent, torturent, menacent, rackettent, violentent, tuent aussi parfois".

Sur RTL, Eric Zemmour a aussi dénoncé

"des Torquemadas de café du commerce", des "professionnels de l'indignation tarifée".
SOS Racisme proteste.

Déjà, il y a plus d'un an, un lecteur du Monde réagissait :
Réactionnaire est un terme dont le Parti Communiste affublait tous ceux qui s'opposait à sa doctrine, à ses manipulations,à ses mensonges.Par extension toute la Gauche affuble ses opposants de "réactionnaires",cad tous ceux qui ne partagent pas ses idées,ses lubies.Je m'étonne que RB, éminente journaliste dévie ce terme pour disqualifier des personnes qui ne font qu'exprimer la liberté d'expression dans ce pays.On peut aussi dire qu'ils réagissent à l'embrigadement du politiquement correct.

2012/05/26

"Quelle hypocrisie! Maintenant que votre candidat a été élu, vous pouvez verser des larmes de crocodile sur l'antisarkozysme des médias"

Jacques Sauvage lives up to his name as he blasts Le Monde in 2012 for the same reasons that America's mainstream media outlets were blasted after Barack Obama's 2008 win for their subsequent hypocritical in-hindsight crocodile tears and hand-wringing.

Jacques Sauvage, de Paris :
"Quelle hypocrisie ! Maintenant que votre candidat a été élu, vous pouvez, sur deux pages, verser des larmes de crocodile sur l'antisarkozysme des médias"

2012/05/25

Depuis l’été 2011, les soldats français en Afghanistan n’interviennent plus sur le terrain et sont cantonnés dans leurs casernes

Michel Garroté compare les conditions dans les armées américaine et française.
Depuis l’été 2011, les soldats français n’interviennent plus sur le terrain et sont cantonnés dans leurs casernes. Cette décision a été prise par [Nicolas] Sarkozy en vue des présidentielles de 2012.

En effet, la mort de 83 soldats français ayant soulevé l’émoi en France, l’ex-président avait jugé préférable de faire en sorte que plus aucun soldat français ne soit exposé au moindre risque (ce qui n'a pas empêché les talibans de tuer des soldats français). Vu sous cet angle, le retrait des troupes combattantes françaises d’ici 2012 ne change rien, puisque ces troupes combattantes françaises d’Afghanistan sont recluses dans leurs casernes depuis l’été 2011 ; et puisque de toute façon, elles ne représentent que 3% des effectifs si l’on comptabilise les soldats américains.

En réalité, ce n’est pas le retrait des troupes combattantes françaises en lui-même qui pose problème, mais le rythme auquel ces troupes seront rapatriées. A cet égard, il faut bien comprendre un certain nombre de conditions. Pour
un soldat français combattant, il y a trois soldats français chargés de la couverture et de la logistique. En clair, sur 3'000 soldats français en Afghanistan, 750 soldats sont des troupes combattantes et 2'250 soldats sont des éléments chargés de la couverture et de la logistique. Autrement dit, jusqu’à l’été 2011, 750 soldats français, et non pas 3'000, ont combattus. Et sur ces 750 combattants français, 83 ont été tués.

Ce ratio (11%) est déplorable : 83 combattants tués pour 750 combattants au total, cela signifie que les 2'250 autres soldats français, chargés de la couverture et de la logistique, n’étaient pas assez nombreux et pas assez équipés. A titre de comparaison, dans l’armée américaine basée en Afghanistan, pour un combattant, il y a dix soldats, et non pas trois, chargés de la couverture et de la logistique. Et de ce fait, le ratio des soldats américains tués (3%) est nettement moins élevé que dans le cas de figure français (11%).

A ce propos, je me permets de rappeler que sur ce blog, nous avons régulièrement rendu hommage aux combattants français de la liberté tués au champ d’honneur ; alors que les médias français, eux, préféraient dénoncer la mort de ces combattants et réclamer le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.

… Enfin, j’aimerais revenir sur le fait que la France est - à nouveau - membre de l’Otan, et ce, depuis 2009, à l’initiative de Sarkozy. Pour mémoire, le « Pacte Atlantique » a été fondé en 1945 et la France en faisait partie. Mais en 1966, De Gaulle a fait sortir la France de ce qui aujourd’hui s’appelle « l’Otan ». En cette année 1966, De Gaulle justifie sa décision en déclarant que l’Europe n’est pas un « protectorat américain ».


Je m’abstiens de commenter ici en détail le jargon du général, mais je note qu’en sortant du Pacte Atlantique, la France, avec l’intense lobbying du Parti Communiste Français aligné sur Moscou, s’est notablement rapprochée de l’URSS, ce qui relativise considérablement la notion gaullienne d’indépendance. Sans parler de la « politique arabe de la France » dont chacun peut aujourd’hui évaluer les effets catastrophiques.

… je note avec inquiétude que Hollande et Fabius opèrent en ce moment un rapprochement avec l’Iran sur le dossier nucléaire. La France de François Hollande sera-t-elle encore pire que celle de Nicolas Sarkozy pour les Chrétiens d’Orient et pour Israël ? Je crois qu’il est permis de se poser la question.

2012/05/23

Les infrastructures et surtout les voitures ont fait d’énormes progrès, la technologie a permis de les rendre plus sûres


Faut-il dépasser les limites de vitesse, demande L'Argus, qui lance le débat avec plusieurs tests entre "une Renault Laguna, l’un des modèles actuels de grande série les plus sûrs, [et] sa grand-mère, star de l’époque, la Renault R16 TS."
Équipée d'aides électroniques, l'automobile d'aujourd'hui permet de rouler en toute sécurité, bien au-delà des limitations de vitesse fixées il y a 40 ans. Faut-il faire évoluer ces dernières sous certaines conditions?

Près de 40 ans plus tard, le nombre de morts a été divisé par quatre. En même temps, le trafic automobile a plus que doublé. Les infrastructures et surtout les voitures ont fait d’énormes progrès. La technologie a permis de les rendre plus sûres. Pourtant, les limitations de vitesses n’ont pas changé. Face à ce paradoxe, la législation doit-elle évoluer ? Pour apporter une réponse L’argus s’est livré à plusieurs tests.

En guise de conclusion (lire le détail des 4 tests), Christophe Bourgeois explique que
Malgré ses 40 ans d’âge, la R16 n'a pas démérité. Mais la Laguna est à largement plus sûre. Son comportement irréprochable, son freinage puissant et ses aides électroniques, aujourd'hui de série sur la quasi-totalité des voitures commercialisées, lui permettent de rouler en toute sécurité à des vitesses bien supérieures à celles fixées par une législation vieille de 40 ans.

Alors faut-il supprimer les limitations dans certaines conditions ? Les adapter aux autos d’aujourd’hui ? Les moduler en fonction du trafic, des conditions météos, du réseau ? Le débat est lancé.

2012/05/21

Yves Roucaute sur la reconquête du pouvoir par la droite

… chacun pourra apercevoir le socle commun de la reconquête
du pouvoir par la droite, claironne Yves Roucaute dans Le Monde :
les valeurs universelles d'origine judéo-chrétiennes, la défense du mode de vie à la française et de la puissance de la France dans une Europe forte. Ce qui est précisément le patriotisme à la française.

2012/05/20

Dans un vote au Centre de Formation des Journalistes, Hollande rassemble 100 % des suffrages alors que Sarkozy n'obtient pas une voix

A l'occasion du scrutin présidentiel, le Centre de formation des journalistes de Paris organise un vote parmi les étudiants de première année. François Hollande et Jean-Luc Mélenchon arrivent en tête du premier tour ; Nicolas Sarkozy n'obtient pas une voix. Le candidat socialiste rassemble 100 % des suffrages au deuxième tour. Un score à la nord-coréenne ! Grognards et grognons de l'UMP y voient la confirmation de ce qu'ils disent : la presse est partisane.
Alain Frachon part alors aux États-Unis pour évoquer
une grosse étude intitulée L'Elite médiatique. C'est du costaud, argumenté, documenté. Le livre [de trois politologues américains, Robert Lichter, Stanley Rothman, Linda Lichter] démontre que la plupart des journalistes aux Etats-Unis sont des électeurs du Parti démocrate. Il établit un parti pris systématiquement antirépublicain dans la couverture des grands quotidiens et des grandes chaînes de télévision. Il dénonce ce qu'il appelle "un biais journalistique presque inconscient" en faveur de la gauche, mélange de suffisance élitiste et de complexe de supériorité morale, qui, dit-il, ne reflète aucunement l'état de l'opinion.
Retour en France, où Le Monde revient sur vote au Centre de formation des journalistes de Paris :
" Les journalistes sont tous de gauche ", assure une femme. Elle en veut pour preuve le sondage réalisé dans une école de journalistes : 100 % des étudiants ont voté pour l'autre bord. " Dès le départ, ils sont hostiles ", dit-elle. On parle ensuite d'Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg, d'Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn, de François Hollande et Valérie Trierweiler, pour montrer jusqu'où vont ces affinités électives.
Voir aussi : Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?

2012/05/19

Les journalistes ont été l'une des grandes indignations de la campagne, presque une colère

Chez les lecteurs, les téléspectateurs et les électeurs, les journalistes ont été l'une des grandes indignations de la campagne, presque une colère
racontent Florence Aubenas, Raphaëlle Bacqué, Ariane Chemin, Benoît Hopquin et Vanessa Schneider qui présentent "un florilège de quelques scènes de la vie politique et médiatique qui ont scandé la présidentielle."
Au sein de la presse, la plupart des journaux s'insurgent aussi. Jusqu'à Alain Duhamel qui convient : "C'est une amie d'Anne Sinclair et une amie d'Anne Sinclair ne devrait pas interroger Dominique Strauss-Kahn..."
… C'est une des vidéos qui fascine tout Internet, avec connexions en rafale, déchaînement de commentaires et bravos virtuels. Vendredi 13 avril, Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle sous l'étiquette Debout la République, est invité au "Grand Journal"" sur Canal+ : en trois minutes cinquante-sept secondes, il va produire un concentré de "tout ce qu'on pense des journalistes", estime un internaute, et "donner un coup de pied dans cette saloperie de fourmilière".

Ce soir-là, donc, Nicolas Dupont-Aignan monte au créneau, assez vite : "Je sais pourquoi les Français ne lisent plus les journaux. Ils vont sur Internet, et heureusement qu'il y a Internet. Parce que tous ces éditorialistes de bazar, qui vivent ensemble, qui font tout le temps les mêmes articles, qui sont totalement coupés des réalités, qui gagnent un argent fou, et qui croient connaître les Français, on va s'en débarrasser un jour."

Sur le plateau, face à lui, Ariane Massenet, qui mène l'interview, reprend en souriant : "Vous vous mélenchonisez !" A vrai dire, elle aurait pu aussi bien dire "vous vous lepénisez", ou "vous vous sarkozissez", voire "vous vous évajolisez" tant les critiques contre les médias ont, cette année, fait partie intégrante des discours de campagne. Nicolas Dupont-Aignan, lui, est lancé : "Madame, venez avec moi une fois sur le terrain, venez voir les Français qui souffrent. On ne vit pas dans le même monde."

Cette fois, c'est Michel Denisot, le patron de l'émission, qui reprend, calme : "Mais si, Monsieur. On ne vit pas sur la lune. Vous ne savez pas où je vis." A partir de là, l'émission s'échappe, les rôles s'inversent et l'interrogé interroge : "Donnez-nous votre salaire, combien vous gagnez ?", demande Nicolas Dupont-Aignan. "Dites-le aux Français ! Vous n'oserez pas le dire." Michel Denisot refuse "de polémiquer", mais le candidat est lancé : "Vous ne pouvez pas dire droit dans les yeux aux Français combien vous gagnez, car c'est une somme tellement extravagante (...). Tous ces gens qui s'en mettent plein les poches, qui donnent des leçons à la terre entière (...)."

Voir aussi : Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?

2012/05/18

"Engagement partisan" : Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?

Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?
demande Pascal Galinier, le Médiateur du quotidien de référence dont la chronique note des descriptions de François Hollande pour le moins discutables, comme par exemple la «tonalité churchillienne» du candidat socialiste.
"Le despote, le chef de la peste brune, l'hydre de la droite a été mis à terre et terrassé par «saint Georges Hollande», avec l'aide de votre corporation en général, par votre résistance opiniâtre et soutenue contre l'empire du mal..." L'ironie de Maurice Guyader (Toulon) est amère. Elle donne le ton du courrier de nos lecteurs depuis l'élection d'un président de gauche à l'Elysée.

Le Monde a-t-il contribué à la chute de Nicolas Sarkozy ?

… En janvier, Dominique Brun notait que "l'engouement des éditorialistes et journalistes du Monde pour le candidat Hollande (...) ne constitue pas une totale surprise pour un vieux lecteur". Cela n'empêchait pas ce "vieux lecteur" de Neuilly (Hauts-de-Seine) d'épingler "le lyrisme des commentaires à propos du candidat ou de son programme : «volonté de réalisme et de sérieux» dans Le Monde du 24 janvier, «tonalité churchillienne» (pas moins !) dans Le Monde du 27 janvier..." Peut-on conclure comme lui que cela "relève de l'engagement partisan » ?

… Certains de nos lecteurs ont, eux, déjà aiguisé leur plume... L'ère du soupçon a-t-elle commencé ? L'air du soupçon trotte en tout cas dans leurs lettres... "S'il est une profession qui doit se réjouir de la victoire de Hollande, c'est celle de journaliste", affirme Roger Saint-Pierre (La Rochelle). Il a son explication : "Les niches fiscales qui concernent les journalistes étaient menacées d'être réduites ou supprimées en cas de réélection de Sarkozy. Avec Hollande, il n'y a rien à craindre !" "Le Monde, second gros perdant de la présidentielle", tranche au contraire Daniel Boéri, de Monaco : "Avançant masqué, telle une pythie, distribuant comme toujours ses leçons de morale aux uns et aux autres, il vient de tomber de son piédestal. C'est sans doute l'échec le plus retentissant de toute la presse."

Caroline Madec pense utile de nous rappeler que "le rôle d'un journal n'est pas de convaincre ses lecteurs de croire en quelque chose mais de les informer, afin de leur permettre de prendre la meilleure décision, en connaissance de cause". Une belle et bonne définition de notre métier, tel que nous nous efforçons de le pratiquer jour après jour, croyez-le bien, chère "fervente lectrice" de Quimper ! … De Hambourg, en Allemagne, une certaine... France (qui souhaite rester anonyme) nous dit son "malaise" de lectrice : "l'objectivité n'existe pas, pas plus que l'impartialité. Cependant, Le Monde m'avait habituée à plus de rigueur, d'équité et à moins d'ambiguïté dans le traitement des informations. Je peux très bien comprendre, admettre, partager votre rejet de tel ou tel comportement, de tel ou tel candidat, mais je souhaiterais que vous les traitiez sur un pied d'égalité".

2012/05/15

Au sein de l'UE, les 20 % les plus riches ont des revenus 5 fois plus élevés que les 20 % les plus pauvres

Pendant que les Européens font la morale aux Américains sur les "ravages" de leur système "ultra-libéral" et "ultra-capitaliste" et "sauvage", Le Monde nous apprend qu'au sein de l'UE, les inégalités de revenus vont du simple au double.
En moyenne, au sein de l'UE, les 20 % les plus riches ont des revenus cinq fois plus élevés que les 20 % les plus pauvres, mais les niveaux d'inégalité peuvent différer du simple au double entre pays.

Depuis 2007 et le déclenchement de la crise, les plus fortes hausses ont été enregistrées en Espagne et en Lituanie. La moyenne européenne est, elle, restée stable.

Les inégalités se sont également creusées en France (+ 0,6) depuis 2007. Après une baisse dans les années 1990, l'écart est reparti à la hausse au cours de la dernière décennie, notait un rapport de l'OCDE en décembre 2011. Selon l'organisation, le système de redistribution (à travers les prestations sociales et les impôts), qui permet de réduire les inégalités de 30 % en moyenne, est devenu moins efficace.

2012/05/14

The "Beauty of Siberia's Nature": For a Number of Prisoners, Writes Le Monde, the Soviet Gulag Was a Positive Learning Experience

Pour tous ceux qui sont arrivés enfants au goulag et y sont devenus adultes, ce fut un épisode douloureux mais aussi un moment de formation, une école.
After the first moment of satisfaction of learning that a book (Déportés en URSS) has been published concerning the Soviet gulag (in conjunction with the setup of an EU website), your eyes kind of, how to say this, pop open when you read in Julie Clarini's book review that the Le Monde reporter thinks nothing of describing the communist horrors in a perfectly lackadaisical fashion:
Let us remember that a large number did not survive. The others managed to adapt and the majority was freed in the middle of the 1950s.
A "large number did not survive", she writes; not "a large number were mercilessly assassinated." Later, you will notice, she mentions the (passive) "dead" and not the (actively) "murdered."

From that insouciant description — although it is not clear whether the laid-back tone of the review reflects that in Marta Craveri and Alain Blum's book — it does not take long to learn about "the insignificant amount of hatred felt by the prisoners towards the Russians" and how
Amongst the dead [not "the murdered"], the cold, the mud, and the insects, one runs into a girl who would never forget the beauty of the Siberian nature, or a boy who was proud to drive a tractor. For all those who arrived in the gulag as children and who grew up there, it was a painful episode, but also a learning experience, a sort of school.
We are then told it was a "bitter school", but the question remains, Would any reviewer have been so casual in describing the Nazis' concentration camps?! Can you imagine any reviewer thus speaking about… Guantánamo Bay?!
Au milieu des morts, du froid, de la boue et des insectes, on croise ici une fillette à jamais marquée par la beauté de la nature sibérienne, là un jeune garçon tout à sa fierté de conduire un tracteur. Pour tous ceux qui sont arrivés enfants au goulag et y sont devenus adultes, ce fut un épisode douloureux mais aussi un moment de formation, une école.

2012/05/03

Interview Enquête & Débat

Une interview réalisé par Jean Robin sur le site Enquête & Débat :

E&D : Erik Svane, vous êtes un Américain à Paris, et vous vous occupez de plusieurs blogs : Le Monde Watch et No Pasarán, notamment.
Pourquoi tous ces blogs ?

Je suis écrivain, je suis journaliste, je suis scénariste, et ces blogs c'était, et c'est, la seule façon d'être 100% sûr de m'exprimer en public et de commenter les infos — et parfois de commenter… l'absence d'infos. Pas seulement en tant qu'américain (je suis aussi de nationalité danoise, après tout), mais tout simplement comme individu qui réfléchit et qui utilise sa cervelle. Tout de suite après les attentats du 11 septembre, j'ai senti une montée de l'antiaméricanisme — et cela bien avant l'intervention en Irak (même avant la fin de l'année 2001) — notamment par l'emploi, péjarotif, du mot cow-boy, qui revenait sans cesse dans tous les journaux, de droite comme de gauche.

J'ai donc écrit un essai qui faisait tout simplement valoir que (c'était aussi le titre du papier) Parfois le Cow-boy a raison. Cet article, ou une version plus courte, j'ai essayé de le faire publier dans tous les grands quotidiens, dans plusieurs magazines, mais sans le moindre succès, et même en rencontrant pas mal de réactions négatives. (J'ajoute que je ne trouve nullement surprenant que les rédacteurs divers rejettent un article à moi ou cet article particulier — voire qu'ils le raccourcissent avant publication —, mais qu'ils donnent la parole au moins à une personne de temps en temps qui ne soit pas foncièrement antiaméricaine ; la diversité, et tout ça…) Au siège du Figaro, par exemple, les rédacteurs m'ont pratiquement jeté dehors physiquement (ils ont pris le papier, me l'ont mis à la poubelle devant mes yeux, et m'ont pris par le bras jusqu'à l'ascenseur).

C'était à l'époque de la montée des blogs, et donc j'ai commencé à blogguer — comme l'ont fait nombre de conservateurs aux États-Unis, pays où l'ensemble des médias sont de gauche et où les gens de droite n'ont pas été beaucoup entendus avant l'avènement de l'internet, époque qui marque un début de fin du monopole de la gauche en ce qui concerne la présentation des infos.

Puisqu'il semblait impossible de faire connaître ma voix dans les journaux, j'ai travaillé sur ces blogs et j'ai aussi écrit un livre sur l'antiaméricanisme en France et à travers le monde. La Bannière Étalée fait 400 pages (on peut lire un extrait ici)… (Pour la petite histoire, je suis aussi scénariste de bandes dessinées…)

J'ajouterai que si d'aucuns voudraient éventuellement avoir une vision autre que caricaturale des Américains, et surtout des conservateurs et des habitants de l'Amérique profonde, ils devraient visiter le blog Instapundit de temps en temps…

E&D : Que pensez-vous du traitement médiatique de l'élection présidentielle ?

Le problème, comme aux États-Unis, c'est que la plupart des journaux, comme la plupart des journalistes, sont de gauche ou, si l'on préfère, le problème c'est qu'ils sont partisans de "la confiance dans les interventions de l'État-providence" et que pour eux, "la confiance dans la responsabilité de l'individu" est quasi-inexistante, voire inimaginable.

E&D : Que pensez-vous de l'élection présidentielle 2012 ?

Mathieu Laine l'a très bien exprimé dans Le Monde :
Cette campagne fait … figure d'exception. Non seulement par l'unanimité et la violence de son hostilité aux idées libérales, mais également parce qu'il n'y a guère plus qu'en France que l'on raisonne encore sur le seul axe « droite-gauche » et non sur une opposition « croyance dans l'Etat-confiance dans l'individu ». Nos représentants politiques, tous bords confondus, demeurent en effet rivés aux anciennes recettes, aux vieilles querelles, et rivalisent, tous, de promesses d'interventions publiques quand le reste du monde teste des solutions nouvelles.

… la France, avec ses 54 % de dépenses publiques, contre 43 % en moyenne parmi les pays membres de l'OCDE, semble « en plein déni », comme le titrait récemment et très justement l'hebdomadaire The Economist ... En France, à l'inverse, les plus bas instincts sont flattés. L'envie et la peur sont les deux mamelles auxquelles viennent s'abreuver les marchands de protections. Des 75 % délibérément punitifs de François Hollande aux ambitions protectionnistes de Nicolas Sarkozy, sans oublier les débats à mille lieues des exigences contemporaines sur la viande halal ou l'espace Schengen, les vrais sujets sont évacués et la démagogie vit ses plus belles heures.

Pourtant, la pensée libérale … qui fait reposer les relations sociales sur le primat de la liberté individuelle, et donc sur la responsabilité, a fait largement ses preuves et constitue un réservoir d'idées et d'innovations pertinentes pour qui veut, notamment en économie ouverte, relancer un pays, recréer de la croissance, restaurer le plein-emploi et assurer l'épanouissement humain.
E&D : La France est-elle devenue socialiste selon vous ?

Depuis longtemps, 5000 ans en fait, la vaste majorité des pays, des communautés, sont étatistes, mais il est vrai qu'en Europe, la France a encore moins confiance dans les capacités de l'individu que les autres pays, par exemple le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les pays scandinaves, et qu'elle est bien plus méfiante par rapport au marché libre et à ses capitalistes supposés diaboliques… C'est quand même aberrant de savoir que les Français défendent encore le système communiste chinois et que, selon un sondage récent, les habitants de la Chine elle-même font plus confiance dans le marché libre que les Français.

E&D : Où en est l'anti-américanisme en France ? Y a-t-il une différence entre la position des élites (médias, politiques) et du peuple ?

Le problème avec l'anti-américanisme, c'est que ce sont les élites qui instruisent le peuple, avec leurs antiracistes professionnels, leurs humanistes patentés, et leurs champions de la générosité inégalables. Ainsi, grâce aux médias et à l'Éducation nationale, les Français "savent" que l'Amérique est un enfer cauchemardesque de racisme, ils savent que que l'Amérique est un enfer cauchemardesque du point de vue de la santé, ils savent que que l'Amérique est un enfer cauchemardesque du point de vue du capitalisme, avec des milliers et de milliers d'Américains souffrant de la façon la plus atroce (et qui ne doivent rêver que d'une seule chose, émigrer le plus vite possible dans l'Europe humaniste à souhait et généreuse jusqu'aux cieux). Thierry Meyssan n'a pas quitté la scène, il y a toujours la malbouffe, et tout reste toujours la faute de Deubeliou. Tenez, cette année l'opposition de Villepin à Bush et à Rumsfeld était comparée à celle de De Gaulle à Pétain et Hitler, et l'année dernière, Oussama Ben Laden était comparé à "un Clint Eastwood arabe, un Robin des bois musulman".

E&D : Un candidat comme Mélenchon est-il possible aux Etats-Unis ?

En tout cas, pas mal de monde disent que Barack Obama est l'équivalent de Jean-Luc Mélenchon, avec ses nationalisations, son incapacité de comprendre les bases de l'économie (sauf à travers le prisme de la diabolisation des riches), sa prédilection pour la lutte des classes, et ses autres contes de fée gauchistes (genre l'Amérique, ou l'Occident, est (le seul) coupable de tous les maux du monde depuis la Seconde Guerre Mondiale).

E&D : Le virage socialiste de Marine le Pen sera-t-il payant électoralement ?

Sans doute, mais avez-vous entendu ce que Marine Le Pen a dit au New York Times ? Que Barack "Obama est loin à droite [!] de nous" ?! Par ailleurs, je ne raffole pas trop de son attitude en ce qui concerne les affaires étrangères. Elle souhaite que la France se "tourne vers la Russie" tout en "tournant le dos aux Etats-Unis". Elle devrait partir en voyage en Pologne, en Lituanie, et dans la République Tchèque, où cette attitude envers Moscou rendra sans doute la France très populaire. Comme je l'ai dit dans mon livre, je crois que bon nombre de Lettons, de Slovaques et de Roumains auraient bien aimé souffrir (comme l'ont fait tant de malheureux Ouest-Européens) sous ces fléaux terribles — horribles, vous dis-je — que sont Hollywood, McDonald's, Bill Gates, et une souris nommée Mickey.

E&D : Sommes-nous en démocratie en France selon vous ?

Ah, absolument. Mais… ce n'est pas forcément une bonne chose. Et avant qu'on m'accuse, hystériquement, d'être anti-démocratique, ou monarchiste, ou dictatorial, laissez-moi m'expliquer. On a tendance à oublier que le summum du meilleur type de gouvernement n'est pas la démocratie — contrairement à ce que nous font penser les gauchistes, tant en Amérique qu'en Europe, depuis un siècle ; c'est la république. ( Il s'agit de la République Française, les États-Unis sont décrits comme une république tant dans la Déclaration d'Indépendance que dans leur Constitution…)

Alors quelle est la différence ? On a d'un côté la pire des gouvernements, qui est la dictature ; de l'autre, on a la meilleure, qui est la république (mais qui pourrait éventuellement prendre la forme d'une monarchie constitutionnelle). Entre les deux se trouvent d'autres formes de gouvernements, comme l'oligarchie (qui est plus proche de la dictature) et la démocratie (qui est tout de même plus proche de la république). Il y a une série de vidéos excellente qui explique le côté trompeur de la vision gauche/droite et que je recommande tout particulièrement. Si on peut ignorer son côté patriotique américain et le fait que la vidéo (d'une demi-heure environ en tout) a été produite par la John Birch Society, on découvre une approche étonamment fraîche et lucide de la différence entre les formes variées de gouvernenent.

Mais pourquoi la démocratie — le gouvernement par le peuple — ne serait pas la meilleure des gouvernements ? La raison c'est que le peuple, la foule, the mob, les excités, peuvent être menés, ne fût-ce que temporairement, par le bout du nez par des démagos — que ce soit les élites ou les médias — ou tout simplement par des personnes certes bien-intentionnées mais qui peuvent s'être trompés. Du coup, la démocratie peut devenir, ne fût-ce que temporairement, l'équivalent d'une autocratie ou d'une oligarchie.

Pour citer John McManus (5:45—7:00), la démocratie, c'est le groupuscule de citoyens (the posse) qui se lancent à la poursuite d'un hors-la-loi et qui, l'ayant attrapé, décident (majoritairement) de le lyncher à la branche d'un arbre ; la république, c'est le même scénario, mais avec le shérif qui intervient et qui insiste que l'outlaw soit ramené (vivant) dans la ville et jugé dans un tribunal. En d'autres mots, pour que le hors-la-loi (présumé) garde tous ses droits.

Par exemple : si la gauche a eu autant de succès aux États-Unis depuis les années 1960, sinon politiquement du moins culturellement, c'est que la presse est dominée presque entièrement par des gauchistes — ou par des Étatistes. (La grande croisade contre Fox News, tant en France qu'aux États-Unis ("les gens avec qui je discutais n'étaient jamais — ô grand jamais! — allé voir cette chaîne ; ils basaient leur attitude exclusivement sur ce qu'on leur avait appris"), est dûe à une aversion des gauchistes contre quiconque pourrait contrecarrer la pensée unique — exactement comme c'est le cas pour le politiquement correct en France.)

Alors qu'est la République ? La République c'est le gouvernement par les lois. La république suggère la présence d'une Constitution, et cette constitution suggère une énumération de droits basiques qu'aucune foule ne peut piétiner, qu'aucune majorité gouvernementale ne peut renverser, fût-ce temporairement.

La révolution américaine de 1776, c'est le message des Britanniques dans les colonies de l'Amérique à leur roi qu'ils sont parfaitement capables de se diriger eux-mêmes, qu'ils auront eux-mêmes leur mot à dire sur le taux d'impôts qu'ils auront à payer à George III, et que si sa majesté ne veut pas accepter cela, ces Britanniques renonceront à la mère-patrie et déclareront leur indépendance.

Mais qu'y a-t'il d'autre de présupposé dans la thèse de la République ? La prémisse de la République, c'est que l'homme est bon. C'est que l'homme est intelligent. C'est que l'homme, ou tout du moins, le citoyen moyen, est indépendant et éminemment capable de prendre soin de lui-même. Et qu'a priori, on peut faire confiance aux autres êtres humains.

Dès lors, nous comprenons pourquoi aujourd'hui, tant en Amérique qu'en Europe, il est tellement nécessaire, tellement fondamental, de bannir la religion de la "chose publique" (de la res publica) et de diaboliser ou de ridiculiser tant les prêtres que les croyants. Toutes les croyances diverses issues de la civilisation judéo-chrétienne se basent sur des pensées égalisatrices, dont l'expression la plus positive est que chaque homme (et chaque femme) est un être bon, un être pur, un enfant de Dieu, et dont l'expression la plus négative est que nous sommes tous des vilains pécheurs. Dans tous les cas, il est difficile sinon impossible pour le gauchiste, ou pour l'étatiste si vous préférez, d'avancer que le citoyen moyen est un abruti et/ou une victime, alors que les méchants riches sont des êtres monstrueux ; et que tout ce lot d'humanité a besoin d'être guidé par un homme providentiel et par les dirigeants de son parti (ainsi que par son armée de fonctionnaires) qui vont écrire toutes sortes de lois pour réguler notre vie, pour "notre bien", pour le bien de tous.

Si tout le monde est un enfant de Dieu et/ou si tout le monde est un pécheur, il est beaucoup plus difficile de défendre la vision d'une masse de citoyens moyens (abrutis à souhait), d'une masse de victimes, d'une masse de rapaces, d'un homme providentiel venu sauver les uns en contrecarrant les projets des autres, tout en régulant chaque partie de la vie du citoyen. Il y a certainement beaucoup de raisons valables pour s'opposer à la religion et il est parfaitement légitime de mettre en cause la participation de religieux dans la politique. Mais du coup, la question que se pose souvent la gauche (mais seulement, de façon unilatérale, par rapport à leurs adversaires), "Quelle est la vraie raison pour la position d'Untel ?" (en suggérant que celle-ci ne peut qu'être hypocrite), devrait aussi être posée par rapport à leur propre opposition à la religion (même si pour beaucoup de membres de la gauche, la réalité de cette opposition n'est pas consciente).

Un bref mot sur les monarchistes d'aujourd'hui : si les monarchistes soutiennent une monarchie parce qu'ils voient le danger et les incohérences de la foule et/ou d'une majorité menée par des démagos, et que par conséquent ils soutiennent une monarchie de type disons constitutionnelle, je dirais que c'est une bonne chose. Mais s'ils supportent la monarchie parce qu'ils veulent leur propre type d'homme providentiel (un roi qui serait leur propre Che Guevara, leur propre Obama), c'est-à-dire s'ils croient eux aussi (!) que le peuple est composé d'abrutis qui ont besoin d'un saint pour les guider, je dirais que c'est une mauvaise chose.

Depuis de longues années, j'ai cherché l'idée qui exprimerait le mieux en une seule phrase le gouvernement idéal pour les êtres humains. Et après des années de recherche, je pense l'avoir trouvé dans le livre de Harry Jaffa, A New Birth of Freedom.
[In Abraham Lincoln's 1854 Peoria speech lies] the meaning of the rule of law as it arises from the proposition that all men are created equal. Those who live under the law have an equal right in the making of the law, and those who make the law have a corresponding duty to live under the law.

"Ceux qui vivent sous la loi ont un droit égal à la création des lois, et ceux qui font la loi ont un devoir correspondant de vivre sous la loi."
Réfléchissez à cette phrase, et vous verrez qu'elle s'applique à toutes les décisions d'un quelconque gouvernement, où et quel qu'il soit.

Prenons un exemple qui n'est a priori ni de droite ni de gauche et qui pourrait paraître anodin : la limitation de vitesse. (En France comme aux États-Unis comme ailleurs.)

Ces derniers temps, j'ai dévolu beaucoup de posts sur Le Monde Watch aux radars et à la répression des conducteurs sur les routes.

Par rapport à la citation de Harry Jaffa, par exemple, tout le monde reconnaîtra que "ceux qui font la loi" ne se font pas "un devoir correspondant de vivre sous la loi" ; si nos élus, ou si leurs chauffeurs, dépassent la limite de vitesse, tout le monde sait qu'a priori leurs effraction ne sera pas constatée, ils ne recevront pas de PVs, et ils ne perdront pas de points. Tout comme les policiers eux-mêmes, par ailleurs.

C'est ici que la plupart des citoyens font une erreur. Ils disent que cet exemple de deux poids deux mesures est scandaleux (ils ont raison) mais ils demandront ensuite, ils exigeront que ces élus soient traités comme nous. Or, il s'avère que ces élus, ou que leurs chauffeurs, ont raison de ne pas être inquiétés — puisque ces effractions, nous le reconnaissons tous, ne sont d'aucune gravité et que le système de répression est trop sévère. Il ne s'agit pas de demander à ce que les grands soient traités comme nous, il ne s'agit pas de rabaisser les autres. Non, il s'agit par contre de nous relever ; il s'agit d'exiger que nous soyions traités comme eux.

Et voilà la première partie de la citation de Harry Jaffa — celle que nous oublions trop souvent : "Ceux qui vivent sous la loi ont un droit égal à la création des lois". Il y a par ailleurs beaucoup de gens dont la première, la seule, réaction est de dire "eh ben c'est la loi, y'a qu'à l'obéïr" (par exemple, "c'est simple, y'a qu'à faire comme moi, je dépasse jamais 130 km/h"). Il n'y a pas le moindre désaccord, là. Pas le moindre. Mais est-ce que lces citoyens-là, est-ce que les citoyens en général, ont mis au courant de tous les tenants d'un problème particulier ?

Par exemple, les gens sont sous l'impression que la limite à 130 km/h est une espèce de chiffre magique, une vitesse qui serait la vitesse de sécurité par définition. (C'est le résultat de la pensée unique, le résultat de ne pas avoir eu de vrai dialogue sur un sujet particulier.) Or, dans le cadre de la limite à 130 km/h, la vitesse date des années 1970, à l'époque de la DS et du Ford Falcon, avant l'avènement de véhicules plus sûrs équipés de toutes sortes d'innovations comme les freins ABS, les airbags, et les pneus qui n'explosent plus. Imagine-t'on les lois et réglémentations sur les téléphones, les portables, les iPhones d'aujourd'hui étant les mêmes que celles régissant cette industrie en 1970 ?!

Par ailleurs, il s'avère que la limite de 130 km/h n'a pas été instaurée pour des raisons sécuritaires du tout, mais pour répondre à des besoins économiques — la crise du pétrole causée par l'OPEP —, et cela par décret de l'Élysée (et non pas par vote des élus du peuple dans l'Hémicycle, donc), lequel Georges Pompidou avait promis de s'en défaire un an ou deux après la fin de la crise. D'aucune façon ne peut-on dire, donc — ni aujourd'hui ni même dans les années 70 — que la première partie de la citation de Harry Jaffa s'applique à la limite de vitesse de 130 km/h.

Que les gens qui conduisent trop vite soient punis, certes. Que les chauffards perdent des points sur leurs permis, pourquoi pas ? Que des limites de vitesse dans certains endroits restent les mêmes qu'il y a 40 ans — voire qu'elles soient réduites par exemple en ville (ou dans certaines villes) —, pourquoi pas ? Mais que ce soit fait avec l'aval de l'ensemble des conducteurs, l'ensemble des citoyens (conducteurs ou non) — après qu'ils aient été dûment informés de toutes les informations concernant une question particulière…

Par exemple, les citoyens (oui, même ceux qui n'ont pas de voiture et qui ne conduisent pas) seraient-ils d'accord pour dépenser autant d'argent sur les radars s'ils savaient que deux radars sur trois ne sont pas placés à des endroits dangereux et que, par ailleurs, il y a eu des instances où ils semblent causer des accidents ? Seraient-ils d'accord pour avoir tous ces gendarmes et policiers sur les routes (afin d'en faire des percepteurs — du propre aveu de l'un des syndicats de la police nationale) en train de matraquer les citoyens honnêtes, s'ils savaient que cela signifie autant de représentants de l'ordre en moins pour le combat contre la criminalité ? Seraient-ils d'accord pour garder le système actuel s'ils connassaient le cauchemar des erreurs et des amendes injustifiées, s'ils savaient à quel point contester ses PVs est compliqué, s'ils savaient que l'automobiliste se voit refuser le droit de se défendre, et s'ils étaient au courant de l'exaspération des automobilistes qui dénoncent la répression et le racket et le fait que les Français sont traités comme des enfants ? Seraient-ils d'accord que tant de dizaines de milliers de citoyens perdent leurs permis et leur outil de travail — et par extension, leurs travail tout court — pour des bagatelles sans gravité à cause du système de répression extensif mise en place ?

Les citoyens seraient-ils contre le fait de hausser la limite de vitesse sur autoroute, ces chaussées les plus sûres de France (dixit la Ligue de Défense des Conducteurs, qui demande des limites à 150, voire 160 km/h) s'ils connaissaient le problème de la somnolence sur route (et donc, de cette limite qui de fait est devenue une vitesse… soporifique) et s'ils savaient que déjà dans les années 1960 — il y a un demi-siècle ! — il y avait des appels pour abolir "les limites de vitesse stupides" — car les études des Américains montraient que dans les États des USA où les lois étaient plus libérales, il y avait moins d'accidents ? (Parce que les conducteurs lambda ne souffraient pas de la distraction de craindre la police de la route, ceux-ci étaient plus en sécurité que les conducteurs dans les États avec plus de répression, distraits par la nécessité de surveiller la route pour les voitures de police.) Seraient-ils d'accord avec le grignotage des libertés civiles et publiques élémentaires comme celles du droit à la vie privée et à la présomption d’innocence ainsi qu'avec l'intention beaucoup moins avouée de renflouer les caisses de l'Etat ?

"Ceux qui vivent sous la loi ont un droit égal à la création des lois."

Tout ce dont nous venons de parler, c'est le message des Tea Partiers aux USA, dont la devise de base pourrait être : "Je ne suis pas une vache à lait !" (Un équivalent français est le journal Le Cri du Contribuable.) C'est précisément parce que les politiciens professionnels — tant à l'étranger qu'aux États-Unis mêmes ! — savent que la fête risque d'être terminée si les thèses des Tea Partiers se généralisent qu'il s'agit de les diaboliser à tout prix, ces Tea Partiers (en les traitant de racistes, de badauds, etc), de les descendre, de les ridiculiser…

E&D : Qui va gagner l'élection présidentielle selon vous ?

J'ai bien l'impression que ce sera François Hollande, mais Nicolas Sarkozy a toujours été capable de faire des surprises… Par rapport au débat, je pense tout de même que Hollande n'a pas été présidentiable. Qu'il interrompe Sarkozy quelques fois, c'est acceptable, mais là, cela semblait vraiment être de façon systématique, et attendre que cela fût son tour pour refuter les arguments de Sarkozy aurait été plus présidentiable, à mon avis.

E&D : La France est-elle foutue, ou bien a-t-elle encore un espoir et si oui lequel ?

Comme je l'ai dit, l'État socialiste, l'État dirigiste, l'État interventionniste, l'État des fonctionnaires qui régulisent notre vie pour notre bien, c'est ça la norme, ça a toujours été la norme, et ce depuis 5000 ans. La liberté, voilà quelque chose qui sort des normes, voilà ce qui est une chose extraordinaire — et dès qu'elle apparaît, toutes les médias et les élites de l'ensemble des États dirigistes font valoir que c'est en fait un enfer cauchemardesque, que ce sont les gens qui vivent dans cette anse de la liberté qui sont foutus (voir la description, dans l'Éducation Nationale, de l'enfer cauchemardesque que vivent les pauvres Américains quotidiennement). Il faudra toujours lutter pour faire trimpher la liberté dans tel ou tel pays, et quand une ombre de liberté apparaîtra, tout de suite des groupuscules (le plus souvent, une armée de fonctionnaires) vont essayer de grignoter, nullifier ces libertés. C'est une lutte interminable…

E&D : Merci d'avoir répondu à nos questions

2012/05/02

Les policiers n'aiment pas quand les règles s'appliquent à eux

Les policiers n'aiment pas quand les règles du code de la route s'appliquent à eux, que ce soit en France ou à l'étranger…

Certains habitants du Texas, en effet, sont mécontents par
le tâtillonnement et par la sévérité des mesures disciplinaires pour des infractions mineures telles que les excès de vitesse.
Or, les habitants du Texas en questions sont… les policiers de Dallas !

Phrase impayable : Les policiers de Dallas sont mécontents parce que leurs responsables préférent la répression plutôt que trouver des moyens pour améliorer la conduite !

Coyote Blog (aucun lien avec la société de détecteurs de radars Coyote) :
… officers felt they were being nitpicked with disciplinary action for minor infractions such as speeding. … In 11 months of operation, the unit reviewing the video found numerous examples of officers exceeding the department’s speed requirements …

While in many cases these actions are against department policy, police commanders say they became concerned that some supervisors were taking a heavy-handed approach to routine problems, meting out discipline rather than finding ways to change behavior.

“The folklore among officers is, ‘I’m afraid to go five miles over the speed limit because I’ll be disciplined,’” said Chief David Brown.