2014/05/09

La Limite de Vitesse, comme les Autres Lois, C'est pour les Manants…

Il y a bientôt deux ans, la moto de BFMTV épinglait la voiture du nouveau président de la république, François Hollande.
Dans le tunnel de La Défense … le rythme s'accèlère ; la vitesse est limitée à 70, le convoi présidentiel roule à près de 140 km/h. Sur l'autoroute, le cortège frôle les 180 km/h. (0:50)

Etre un bon citoyen, n'est ce pas respecter les lois ?
Notre slogan préféré "le respect", respecter le code de la route, n'est ce pas aussi respecter les autres ?
Personne n'est en désaccord, Marcel Granier.

Encore faut-il que les lois soient — tant soit peu — raisonnables (et que la loi soit la même pour tous, que nos élus nous respectent autant que nous sommes censés les respecter, eux, ainsi que les uns les autres)…

J'ai roulé vite, mais il ne me serait jamais venu à l'idée de manifester contre les radars, si j’avais eu une contreventions j'aurais assumé mes conneries … il vient un moment où il faut être raisonnable 
 Personne n'est en désaccord, Marcel Granier.

Encore faut-il que nous ayions une définition — tant soit peu — raisonnable (le voilà, ce mot que vous aimez bien) de ce que constitue une "connerie" et ce qui est "raisonnable"…


(Par ailleurs, il y a une façon très facile d'avoir la "paix" — avec les autorités, avec la loi, avec des fonctionnaires : se soumettre tout de suite et se tenir coi, comme un bon petit élève discipliné…)

Vous me direz : "Ah et qui diable êtes-vous pour prétendre définir ce qui est raisonnable ?!?!"

Alors, je vais vous lire la définition la plus pure de la démocratie, de la république, et de la thèse "tous les hommes sont créés égaux" que je connaisse, écrite voici 15 ans par Harry Jaffa :

Ceux qui vivent sous la loi ont un droit égal à la création des lois, et 
ceux qui font la loi ont un devoir correspondant de vivre sous la loi.
Ceux qui ont ce que vous pensez être le toupet de manifester contre les radars, les 130 km/h et l'abus du retrait des points, ont-ils aidé à développer ces paramètres ?! … SI vous dites que ce sont leurs élus qui ont écrit ces règles, je veux bien en admettre la possibilité, mais ceux-ci ont-ils consulté l'ensemble de leurs citoyens une seule fois sur ce dossier ? Surtout, est-ce que un seul d'entre eux a-t'il fait campagne sur la thèse qu'il soutiendrait la toute-répression ?!?!

Combien de citoyens sont d'accord pour dire qu'avoir roulé à 139 km/h sur une autoroute droite (et éventuellement vide) est une "connerie" ? (Je vais développer cette thèse dans mon post suivant.) Et pour un chauffeur qui utilise son véhicule quotidiennement, mérite-il vraiment de perdre son permis et éventuellement son boulot pour cette "connerie" (qui n'a nui à personne) une douzaine de fois en combien — un an, 2, 3 ans? ?

Venons-en à la seconde partie de la thèse de Jaffa : Sarkozy, Hollande, Obama, la reine Elizabeth "ont un devoir correspondant de vivre sous la loi."

Vous qui parlez de "respecter les autres" et d'être "raisonnable", Marcel Granier, quand la voiture de François Hollande est prise en train de faire 140 km/h dans un zone limité à 70, suivi par 170-180 km/h sur autoroute (et qu'importe que vous soyez pro-Hollande, anti-Hollande, sympathisant du PS, de l'UMP, ou de n'importe quel autre parti), est-ce que c'est "raisonnable" de penser que cet élu, ou n'importe quel autre, a été, lui, "raisonnable" et qu'il "respecte les autres", cf. les citoyens de la RF — qui sont autrement matraqués par la police ?!?! Et qu'en est-il des autres élus, de leurs épouses, de leurs enfants, de leurs chauffeurs, de leurs amis, des amis de leurs amis ?…

Or, la solution n'est pas de demander que Hollande (ou son chauffeur) perde 6 points, ou que tout autre élu paie son amende ; la solution ce n'est pas de demander que nos dirigeants soient traités comme nous, la solution c'est d'exiger que nous soyions traités comme eux (peut-être pas 140 dans une zone à 70, mais que le zone de 70 soit monté à 90-100, et que l'autoroute soit effectivement mis à 160 km/h)…

2014/05/07

Et si le mouvement vert n'était pas en train de sauver la planète, mais en train d'asservir l'humanité ?

"La question, ce n'est pas le rechauffement climatique, c'est le pouvoir"
"C'est une arnaque pour gagner beaucoup de pognon" (0:45) 
Pour le bien de la planète (pour la "sauver"!!), pour le bien de la République, que faut-il faire ?

Il faut que les citoyens français deviennent… plus pauvres !

Tous doivent payer plus d'impôts écologiques et, s'ils sont des automobilistes, ils doivent payer plus de contraventions et perdre leur abilité de circuler tout à fait librement sur les routes.

Mais ! c'est pour le bien de tous !


Et par conséquent, ce qu'on nous dit, c'est que les citoyens, pour le bien de la nation, pour le bien de la planète, et (donc) pour leur propre bien, doivent (pour prendre un mot un peu extrême) se rapprocher du sort de… l'esclave !

What if the "green" movement isn't saving the earth, but instead is enslaving humanity?
Blue  est un documentaire sur le nouvel esclavage, celui que prône le mouvement vert, un documentaire que d'aucuns ne vont pas aimer car il est a été fait par un groupe religieux (américain, de plus est).

Or, il convient de se demander si notre anti-religiosité vanté, celui fourni (ne l'oublions point) par… les autorités laïques (!), n'a pas été "formé" (merci, l'Éducation Nationale) non pas pour que nous fassions un seul mouvement, celui de seulement abandonner (avec ou sans raison) l'église (ou son autorité), mais précisément pour que nous nous fassions aussi un second mouvement, celui de nous tourner vers le gouvernement et son autorité en tout ce qui concerne justement le domaine moral. (Ne voit-on pas dans l'expression État "providence" une nouvelle, soit-disante meilleure, religion?)

Le nouveau domaine moral avec leurs nouveaux péchés (le tabac, la vitesse, etc) — qui leur fournissent énormément de revenus (pour notre bien) —, et avec les nouveaux diables sataniques
(les fumeurs, les conducteurs alias assassins en herbe, etc) qu'il convient de combattre — pour remporter des victoires (pour notre bien) qui leur rapportent aussi énormément de revenus (pour notre bien)…

Les péchés de l'Homme (vrais ou faux) décrits par l'Église ne rapportait pas
d'argent à l'État, les nouveaux péchés des verts et de leurs acolytes étatistes
(de droite comme de gauche), c'est tout à fait différent…
"The whole issue is not about the weather it's about power"
"It's a scheme to make people a lot of money" (0:45)

"Environmentalism gets the whole thing backward,
thinks that people are better off if they're poor,
and in reality they are better off if they are wealthy.
So is the environment." (1:15)

2014/04/18

Pascal Bruckner sur l'Irak : « Je ne regrette rien, le Kurdistan est libre, et voyez comme on reproche aux Etats-Unis de ne pas bouger sur la Syrie aujourd’hui »

Raphaëlle Leyris a un portrait sur Pascal Bruckner, l'auteur
de La Tyrannie de la pénitence (Grasset, 2002), qui fustigeait le regard porté par les Occidentaux sur leur histoire, et les appelait à troquer leur culpabilité contre la joie d’en avoir surmonté les pires épisodes pour devenir des sociétés démocratiques.

 … Pascal Bruckner reconnaît que le refus de [son héritage familial] a beaucoup à voir avec le fait qu’il ait choisi autrefois la gauche, et se revendique définitivement du côté du camp « progressiste », « malgré l’épaisse bêtise et la bonne conscience qui y règnent ». Malgré, aussi, lui rétorqueraient sans doute certains membres de cette famille politique, des prises de position pas tout à fait raccord, de son soutien à l’intervention américaine en Irak, en 2003 (« Je ne regrette rien, le Kurdistan est libre, et voyez comme on reproche aux Etats-Unis de ne pas bouger sur la Syrie aujourd’hui. ») à sa vision de l’écologie comme obstacle à l’hédonisme (Le Fanatisme de l’Apocalypse, Grasset, 2011), en passant par son vote pour Nicolas Sarkozy en 2007 (« Je pensais qu’il incarnait une droite moderniste et libérale ; c’était juste un caractériel timoré. »). S’il admet la dimension « erratique » de certains engagements, il ne se repent d’aucun, se dit toujours « très fier » de certains, comme celui pour la Bosnie. Il dit aussi : « Il vaut mieux rester dans la gauche pour la pilonner de l’intérieur plutôt que d’être à l’extérieur, déconsidéré. » Et puis, écho involontaire à son parcours : « Je suis trop vieux pour changer de famille. » 
Pascal Bruckner, c'est celui qui avait dit (à l’époque de la guerre en Yougoslavie) qu'il existe en Europe un groupe de critiques primaires, pour qui le pire crime d’un tyran comme Milosevic … ne pourra jamais égaler le crime fondamental de l’Amérique — le simple fait d’exister.

Extrait de mon livre, La Bannière Étalée :
 … les supporters de la guerre pour renverser Saddam, voire les supporters de Bush lui-même, de l’Amérique, ou du capitalisme — journalistes ou simples citoyens — ne se sentent absolument pas libres de s’exprimer. L’un des rares intellectuels (avec André Glucksmann, Ivan Rioufol, Yves Roucaute, Maurice G Dantec, et Romain Goupil, entre autres) à avoir ouvertement soutenu la guerre, Pascal Bruckner, racontera plus tard ce que lui coûta sa franchise dans le pays cartésien, dans le pays vantant l'ouverture, le dialogue, le respect, et la tolérance. «J’ai connu les insultes dans la rue, les menaces téléphoniques. Mes copains beurs qui me disaient : “Tu es tombé sur la tête” … Ceux de la revue Esprit m’ont lâché … Je me suis senti très seul.»

2014/03/31

Un candidat a soixante-huit ans, écrit Le Monde, l'autre en a 49. Personny n'y voit de problème ?


Ignorons la défaite sans précédent du parti socialiste aux élections municipales de 2014 pour focaliser sur un détail journalistique dans l'article de Raphaëlle Bacqué dans Le Monde.
Ses supporters ne sont pas les seuls à croiser les doigts pour sauver Bernard Poignant d'un ballottage d'autant plus défavorable que l'effondrement de ses alliés écologistes au premier tour le prive de réserves. Depuis dimanche soir, François Hollande téléphone presque chaque jour pour s'enquérir de sa campagne. Car si Poignant chute, le chef de l'Etat en sera tenu pour partie responsable. Le Télégramme, qui fait presque toujours suivre le nom de Bernard Poignant d'un « LE conseiller du président » écrit en lettres capitales, appelle cela « l'effet double lame » : au niveau local, un plan de circulation très contesté et une certaine usure du pouvoir ont érodé les suffrages de l'électorat plus centriste de l'édile de soixante-huit ans. La proximité affichée avec un Hollande impopulaire a cisaillé les votes de l'électorat populaire.
« IL A UN BUREAU À L'ELYSÉE... »
Ses adversaires ne l'ignorent pas. Attablé au Bar des amis, au cœur du vieux Quimper, la tête de liste UMP, Ludovic Jolivet, un communicant de 49 ans qui est arrivé en tête au premier tour avec 29,3 % des voix contre 27,9 % à Poignant et a fusionné sa liste avec la MoDem Isabelle Le Bal (14,9 %), ne manque pas de souligner : « Il paie les erreurs du gouvernement d'autant plus fort qu'il a un bureau à l'Elysée… » Ah, ce fameux bureau !
Bernard Poignant a soixante-huit ans, Ludovic Jolivet a 49 ans.

Personne ne voit un problème ici ?  Soit le maire de Quimper devrait avoir soixante-huit ans, et son adversaire quarante-neuf (en lettres), soit le socialiste devrait en avoir 68 et le candidat UMP 49 (en chiffres).

De façon générale,il me semble que les journaux devraient mettre tous les âges en chiffres, en tout cas ceux de deux chiffres et plus (au-dessus de neuf), comme le font les Anglo-Saxons. Les écrire en lettres prend beaucoup de place (alors que la plupart de papiers sont plus longs à l'origine et sont coupés pour les intégrer dans les pages du journal). Je me souviens encore d'un article sur les nombreux candidats à une élection présidentielle. Il s'agissait de l'ensemble des candidats républicains contre Clinton en 1996 (presque une dizaine) et à pour chacun, leur âge était inclus, et cela en lettres. Une demi-douzaine de lignes perdues pour rien. Par ailleurs, je dirais qu'en lisant, le cerveau du lecteur moyen intègre plus vite les chiffres (49 plutôt que quarante-neuf, par exemple 68 plutôt que soixante-huit).

2014/03/23

« C'est quand même nous, les victimes, qui avons fait tout le boulot d'enquête ! » : La victime d'une arnaque choquée par l'accueil désinvolte des policiers

… l'arnaqueuse, Smahan G … propose des sacs Lancel sur le site de ventes d'occasion, reçoit l'argent (entre 300 et 600 euros), mais n'envoie pas la marchandise
écrit Rafaële Rivais.
En janvier 2013, l'une de ses « clientes » flouées, que nous appellerons Louise, dépose une plainte, en Haute-Loire. Une épreuve : « J'ai dû insister pour qu'elle soit enregistrée », dit-elle. « Les policiers m'ont dit que ce qui m'arrivait était bien fait pour moi ; que j'aurais dû me douter que la vente de produits de luxe sur Leboncoin était une “arnaque nigériane” » – escroquerie répandue sur le Net. « Ils n'ont même pas orthographié correctement le nom de la fraudeuse, si bien que j'ai dû y retourner le lendemain. Ils m'ont dit qu'ils ne la retrouveraient jamais. »

Louise est si choquée par l'accueil des policiers qu'elle décide de poster un message sur le forum d'Arnaques.com, un site bien connu des consommateurs – il a reçu, selon Médiamétrie-NetRatings, 623 000 visiteurs uniques en décembre 2013.

 … Louise … appelait un policier [au Havre] tous les mois, pour faire le point sur l'avancement du dossier. « Puis il me répondit qu'il avait perdu la trace : elle déménageait sans arrêt, ou bien disparaissait au Maroc », se souvient-elle, avec le sentiment que son affaire « n'est pas jugée prioritaire » – un euphémisme.

 … Smahan G. est finalement arrêtée le 10 février, au centre d'appels, et déferrée à la maison d'arrêt de Châlons-en-Champagne.

Elle a reconnu les faits – le montant du préjudice s'élèverait à dix mille euros. Louise compte bien assister à son procès : « C'est quand même nous, les victimes, qui avons fait tout le boulot d'enquête ! », observe-t-elle.
C'est sûr que la police a des choses beaucoup plus importantes à faire, savez-vous, que d'arrêter les arnaqueurs, résoudre les meurtres, et (par exemple) protéger les joialliers (tant à Paris qu'à Nice).

Il est beaucoup plus important pour la police de nous "protéger" en donnant des contraventions aux citoyens honnêtes — je parle de ces "chauffards" dangereux qui osent rouler à 140-150 km/h sur les autoroutes (les routes les plus sûres de France) ou à 90 — pardon, à 80 — km/h sur le périphérique parisien

2014/01/23

Vite oubliés : Ceinture de sécurité, ABS, airbag, resistance au crash test, ESP, etc…

Les radars, les campagnes de pub ?
demande Diane Heurtaut sur TF1.
Certes, les études l'ont montré, l'installation des 4097 radars automatiques sur les routes de France (métropole et Outre-mer) depuis quelques années a contribué à la lutte contre l'insécurité routière. Certes, les autorités ont multiplié les campagnes Tv choc. Prévention donc. Mais ce n'est pas tout. Si en 2013 encore le nombre de tués sur les routes a reculé (une baisse record de 11%), les voitures y sont elles aussi pour beaucoup. Ceinture de sécurité, ABS, airbag, resistance au crash test ou encore ESP (correcteur électronique de trajectoire)  : le sujet vidéo ci-dessus revient sur ces outils technologiques qui ont sauvé des vies.

Au total, 3250 personnes ont perdu la vie en 2013, autant qu'à la date des premières statistiques, en 1948. Un plus bas historique donc. Un "bilan encourageant" mais pas "suffisant", a dit le ministre qui vise moins de 2000 morts d'ici à 2020. 

A noter qu'alcool (20%) et vitesse (25%) sont les deux principales causes d'accident mortel suivis des refus de priorité (14%), la part de la conduite sous stupéfiants étant de 4%. Manuel Valls a annoncé la tenue, courant 2014, d'un Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) sous l'autorité du Premier ministre, qui devra également examiner les éthylotests dans les voitures. Le ministre a en outre promis de poursuivre et amplifier les campagnes de communication ainsi que la modernisation des radars.

2014/01/22

Les policiers ne risqueraient-ils pas à être plus efficaces aux alentours des joailleries plutôt qu'à mettre des contraventions ?


Faisant echo au(x) joaillier(s) de Nice, Alain Nemarq, le PDG de Mauboussin,
s'avoue préoccupé par « le climat global d'insécurité en France » et souhaite pour sa part « un renforcement du nombre de policiers » sur la place Vendôme
écrit Nicole Vulser dans son article du Monde sur la récente multiplication des braquages aux abords de la place Vendôme à Paris, que ce soit armés de haches et de masses ou avec une voiture-bélier.
« Ils seraient plus efficaces là plutôt qu'à mettre des contraventions », s'agace-t-il.
En effet,
« Le niveau de violence a décuplé chez les malfaiteurs », témoigne … Jacques Morel, référent sécurité de l'Union française de la bijouterie, de la joaillerie, de l'orfèvrerie et du négoce des pierres et perles (UFBJOP).

2014/01/21

La parité – élément fort du bréviaire politiquement correct – est totalement contraire au principe de l'égalité républicaine entre tous les citoyens

L'éditorial " Egalité hommes-femmes, encore un – gros – effort ! " (Le Monde du 10 janvier) évoque l'égalité hommes-femmes, objectif républicain et légitime s'il en est
écrit Alain Guiseris, cadre retraité, un ancien directeur régional délégué de la région de Chambéry qui s'est aussi exprimé sur la pénalisation des clients de prostituées.
Mais, au nom de ce principe d'égalité, voilà que Le Monde réclame la parité pour toutes les nominations à de hautes fonctions.

Pourtant, la parité – élément fort du bréviaire politiquement correct de l'heure – est totalement contraire au principe de l'égalité républicaine entre tous les citoyens, sans distinction d'âge, de classe, de couleur de peau, de religion ou de sexe.

Défendrez-vous bientôt pour l'admission à Polytechnique un quota de 50 % de filles, quitte à ce que les bénéficiaires de cette disposition soient reçues avec des notes inférieures à celles de garçons recalés ? Déjà, hélas, les ministres de la République ne sont plus nommés sur l'unique critère de leurs capacités à s'acquitter de leurs éminentes missions ; c'est l'absurde règle de parité qui commande à leurs désignations. Alors halte là, la parité, retrouvons la raison – et avec elle, l'égalité républicaine !

Alain Guiseris
Chambéry

2014/01/06

Le racisme contemporain s'exprime toujours dans les mots de l'antiracisme, sur le mode de la dénégation


L'écrivain antillais Frantz Fanon aimait à rapporter les paroles de son professeur de philosophie : « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l'oreille, on parle de vous. » Un antisémite était forcément un négrophobe, englobant l'un et l'autre dans une même animosité.
Ainsi commence l'article de Pascal Bruckner in Le Monde.
LA HIÉRARCHIE DES RACES

Il ne peut y avoir de racisme anti-Blanc, nous expliquent des voix autorisées, sinon par réaction puisque le Blanc est seul coupable d'avoir inventé la hiérarchie des races et d'avoir répandu le malheur partout où il s'est installé. Or, ce racisme existe, il nous crève les yeux, et c'est l'antisémitisme, présent au Maghreb, au Moyen-Orient, en Afrique subsaharienne et dans nos banlieues, et réactivant la vieille haine antijuive de notre extrême droite.

Il est étonnant qu'une association antiraciste comme les Indivisibles, dirigée par Rokhaya Diallo et chargée de dénoncer la stigmatisation des musulmans, des immigrés et des cités, n'ait jamais gratifié Dieudonné de son Y'a bon Awards, son prix annuel de dérision, comme s'il était protégé par sa couleur de peau et que ses propos antisémites ne pesaient rien. Deux poids, deux mesures.

Il est vrai que le racisme contemporain s'exprime toujours dans les mots de l'antiracisme, sur le mode de la dénégation, comme Anelka s'exclamant, après avoir fait le geste de la quenelle sur un stade, en soutien à son ami Dieudonné : « Je ne suis ni raciste ni antisémite. » Personne ne vomit les juifs ouvertement, c'est juste Israël et son allié américain qui veulent dominer le monde et opprimer les peuples, lesquels se défendent.

JOUER AVEC LES TABOUS ET LA LOI

Reste que Dieudonné fait preuve d'un réel talent et qu'il fédère autour de sa personne un vaste public. Il sait jouer avec les tabous et la loi. Reconnaissons-le : il est souvent drôle, en dépit du dégoût que peuvent inspirer ses propos. L'abjection devient comique à partir d'une certaine énormité. Va-t-on prohiber la quenelle dans les restaurants ?
 
Interdire l'humoriste, ce serait le servir, donner à ses thèses complotistes un fondement objectif, lui faire une publicité qu'il ne mérite pas. Il serait plus avisé de décupler les amendes judiciaires qui le frappent quand il dérape, et de l'assécher ainsi.

Le voilà déjà connu dans le monde entier, depuis que notre ministre de l'intérieur envisage d'empêcher ses spectacles. En matière de liberté d'expression, le libéralisme à l'anglo-saxonne paraît préférable à la volonté française de censure. On n'éteint pas la haine par décret. Au risque de la décupler.

2013/12/15

D-Day and the Bridge of Hope

The first place on French soil liberated by the Allies on D-Day was the Gondrée café by Pegasus Bridge. Five months after the British glider troops took the bridge (after midnight on June 6, 1944), the café couple's daughter was born, and in the intervening 70 years, she has remained true to her roots, remaining in the café, which now doubles as a Pegasus Bridge museum, and greeting  all types of veterans and tourists on their visits to Normandy.

Now Françoise H. Gondrée has written a memoir of her life, Pegasus Bridge Le pont de l'espoir. Let's hope it is due to be translated so that an English-language version is available.


2013/11/17

C'est le monde à l'envers : « Ce soir, je mange des french fries »


C'est le monde à l'envers
écrit Corine Lesnes dans Le Monde et sur son blog
Après l'échec des négociations de Genève sur le programme nucléaire iranien, samedi 9 novembre, les néoconservateurs américains n'ont pas assez de louanges pour la France, alors que certains défenseurs de l'administration Obama sont remplis d'amertume envers « le plus vieil allié » des Etats-Unis pour avoir fait capoter l'accord par son « intransigeance ».


« Dieu soit loué pour la France », a déclaré le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham sur CNN. « Les Français sont en train de devenir de très bons leaders sur le Proche-Orient. » Ce n'est pas la première fois que M. Graham, qui fait partie des faucons républicains, prend le parti de la diplomatie française. Fin octobre, lors du dîner annuel de l'ambassade de France à Washington en l'honneur de Raymond Aron, il a exprimé plus de sympathie pour les pays alliés ayant fait l'objet d'écoutes de la NSA que n'en a jamais fait l'administration.

John McCain, l'ancien candidat à la Maison Blanche, a lui aussi rendu hommage à la position française. « La France a eu le courage d'empêcher un très mauvais accord avec l'Iran », a-t-il salué, sur Twitter, avant d'ajouter en français : « Vive la France ! »

Dès la fin de la session à Genève, l'un des pratiquants de la première heure du french bashing de 2002-2003, ex-porte-parole de la délégation américaine lors de la bataille sur l'Irak à l'ONU, Rick Grenell, a lancé un mot d'ordre : « Ce soir, je mange des french fries [des frites]. » Avant de se féliciter : « Contrairement à Obama et Kerry, la France ne veut pas adoucir les six résolutions précédentes sur l'Iran. »

"DEAL DU SIÈCLE" POUR LES IRANIENS ?

 … Le républicain Bob Corker a regretté que l'administration ait « toujours l'air prête à se jeter dans les bras des gens » au risque de « diminuer nos moyens de pression ».
C’est quand même fou, qu’à chaque fois que les faucons ou les « néo-conservateurs » (houlà, quelles expressions à vous faire peur!) (ré)agissent d’une manière ou d’une autre, on doive les décrire par des phrases pleines d’émotion (ébahir « Tous ceux qui ont arpenté les couloirs de l’ONU en 2002-2003″, « s’est pris de passion pour l’Hexagone », etc), suggérant que ce sont des badauds…

Personne ne semble se dire que les néo-conservateurs aient — tout simplement — pu faire (je ne dis même pas « ont fait ») preuve d’intelligence, de bon sens et — surtout — de consistence, et cela tout au long de leur présence sur la scène américaine :

• En 2003, disaient-ils (à l’attention de Chirac), les démocraties doivent s’unir face aux dictatures sanglantes et aux forces de l’obscurantisme ;

• En 2013, disent-ils (à l’attention d’Obama), les démocraties doivent s’unir face aux dictatures sanglantes et aux forces de l’obscurantisme

Rien d’inconsistent (ou d’effrayant) là-dedans…

N’est-ce pas ?

2013/11/13

Les autophobes s'emploient à limiter l'usage de l'automobile, à submerger l'usager de taxes, et ensuite à se lamenter que l'industrie nationale du même nom se craquèle de toute part

 L'automobiliste avalera-t-il cette couleuvre supplémentaire qui occupe beaucoup les politiques, plus enclins à traquer les conducteurs que les véritables délinquants ?
demande Jacques Chevalier de l'association 40 millions d'automobilistes.
La lecture des panneaux, des lignes et même des obstacles assiste le conducteur, jusqu'à intervenir sur la conduite du véhicule
Après le projet d'abaissement de 80 à 70 km/h de la vitesse sur le périphérique parisien, celle de 130 à 120 km/h sur les autoroutes, cette nouvelle offensive laisse clairement apparaître la ligne d'attaque des autophobes. Ceux là s'emploient d'un coté à limiter l'usage de l'automobile, à submerger l'usager de taxes de toutes sortes et ensuite à se lamenter que l'industrie nationale du même nom, qui emploie une personne sur dix en France, se craquèle de toute part. La sottise et l'inconséquence mènent hélas depuis des décennies, droite et gauche confondues, le débat sur la sécurité routière. Quelques ayatollahs s'arrogent la bonne parole et la répercutent régulièrement sur des ondes médiatiques volontiers complaisantes.

2013/11/10

Que font les voisins européens en termes de sécurité routière ? Miser sur la qualité des infrastructures plutôt que sur le « tout-répressif »

La répression routière avec la multiplication des radars n’a pas grand chose à voir avec la baisse de la mortalité au volant
écrit 40 millions d’automobilistes.
Il est temps de changer de modèle de sécurité routière.

les radars deviennent un sujet de polémique. Avec leur rapide multiplication sur l’ensemble du territoire et l’apparition de radars de nouvelle génération, la répression routière s’intensifie considérablement. Les flashes crépitent et l’utilité des radars en termes de sécurité routière est remise en question. Les radars automatiques apparaissent de plus en plus comme une manne financière formidable pour l’État (4,2 milliards d’euros depuis 2003) et de moins en moins comme un outil servant à abaisser la mortalité. Progressivement, l’opinion publique s’est donc inversée : aujourd’hui, 80% des Français sont défavorables à la poursuite de cette politique de contrôle-sanction automatisé.

Les radars sauvent-ils des vies ?

 … "les choses ont changé et il faut aussi faire évoluer notre façon de penser : on ne fait pas de la sécurité routière avec des formules mathématiques, mais avec du pragmatisme » remarque Pierre Chasseray, délégué général de « 40 millions d’automobilistes ».
Que font nos voisins européens en termes de sécurité routière ?

Depuis 2011, nos amis anglais ont fait le choix de supprimer 700 radars. Décision prise pour motif économique à l’origine, le ministère des Transports anglais reconnaît aujourd’hui qu’elle a aussi une justification en termes de sécurité routière, car « les radars sont une solution par défaut pour réduire la mortalité sur les routes » et « leur efficacité à long terme sur la mortalité est limitée ». Malgré les 2 millions de procès-verbaux annuels distribués pour excès de vitesse, le ministère des Transports avoue que l’implantation des radars n’a pas eu de véritable impact sur la sécurité routière.

Ainsi, l’argent qui servait autrefois à entretenir et implanter de nouveaux radars est maintenant investi dans l’amélioration des infrastructures routières. Et l’année 2012 au Royaume-Uni – tout comme en France – est un millésime en termes de sécurité routière.

L’Allemagne, de son côté, a fait le choix de la confiance envers ses automobilistes : sur certaines portions d’autoroute, la vitesse de circulation est laissée à la libre appréciation des conducteurs. Et si le système de contrôle-sanction est bel et bien présent sur le territoire allemand, il se concentre sur les zones véritablement dangereuses et accidentogènes : les agglomérations et le réseau secondaire. Car quel est l’intérêt de renforcer les contrôles automatiques de vitesse sur des routes où il n’y a aucun accident dû à la vitesse ?

Et il s’avère que ce pari est payant ! L’Allemagne occupe ainsi la 5ème place du classement européen des meilleurs élèves en termes de sécurité routière (tandis que le Royaume-Uni trône à la 3ème place et que la France se trouve en 8ème po­sition).

« Nous qui aimons tant nous comparer à nos voisins européens, nous devrions prendre exemple sur leur politique de sécurité routière : préférer miser sur la qualité des infrastructures plutôt que sur le « tout-répressif » et la confiance dans l’évolution du comportement des automobilistes à l’infantilisation. Cela amène une meilleure acceptation des règles et de meilleurs résultats en termes de sécurité routière » conclut Daniel Quéro, président de l’association.

2013/10/30

No We Can't : Barack Obama n'est plus cool, il est froid

Lorsque Barack Obama a été élu, en 2008, l'Europe a été saisie d'un furieux accès d'Obamania
écrit Sylvie Kauffmann dans Le Monde.
Longtemps, le président américain a conservé de l'autre côté de l'Atlantique une popularité bien supérieure à celle de la moyenne des dirigeants européens, même lorsque sa cote s'effondrait auprès de ses propres concitoyens. Obama ne ressemblait ni à Angela Merkel ni à Nicolas Sarkozy. Obama était un président cool.

Cet été, l'image a basculé. Le président du « yes we can » est devenu celui du « yes we scan ». Sur les dessins de presse, de grandes oreilles lui ont poussé. Ce n'est pas -– pas encore -– la répulsion qu'a pu inspirer son prédécesseur, George W. Bush, mais le charme s'est évaporé. Privé du talent d'Hillary Clinton, Barack Obama n'est plus cool, il est froid.

 … Sommé de se justifier par les chefs d'Etat et de gouvernement du Brésil, du Mexique, de France ou d'Allemagne, tous des pays amis, le président cool n'a cherché ni à s'excuser ni même à s'expliquer.

CONFIANCE « GRAVEMENT TROMPÉE »

A vrai dire, Barack Obama ne compte plus les dirigeants amis qu'il s'est mis à dos. Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, est furieux de sa politique iranienne et le fait savoir à Washington. Egalement inquiets de l'ouverture vers l'Iran, les Saoudiens sont furieux de la politique syrienne des Etats-Unis et boudent sérieusement sous la ghutrah blanche. Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, est furieuse d'avoir été mise sur écoute et a annulé sa visite à Washington.

Cruellement déçus par la défection de Barack Obama au sommet de Bali il y a deux semaines, les dirigeants des pays d'Asie du Sud-Est n'ont toujours pas compris comment le président du pays le plus puissant de la planète, qui leur chante le retour de l'Amérique dans l'Asie-Pacifique depuis quatre ans, renonce à une tournée de la première importance à cause de problèmes budgétaires.

David Cameron et François Hollande ont beaucoup de mal à digérer la désinvolture avec laquelle Barack Obama les a traités dans la crise syrienne, eux qui sont bravement montés au créneau mais ont compris un peu tard que les Etats-Unis préféraient traiter directement, et seuls-s'il-vous-plaît, avec Vladimir Poutine. Et voilà maintenant Angela Merkel, l'alliée la plus placide, la première de la classe, qui se met en colère.

 … la déception n'en est que plus profonde. Elle ne fait plus confiance à Barack Obama.

 … politiquement et commercialement, la perte de confiance provoquée par la gestion du dossier NSA par l'administration Obama fera plus de dégâts que le dernier Conseil européen.

2013/10/21

Texas Vilified in Le Monde for Being "the State Most Hostile to ObamaCare"


Corine Lesnes travels to Irving to write an article for Le Monde full of spite for Texas, for the Tea Partiers, for Rick Perry, etc, etc, etc.
Le Texas est aussi l'Etat le plus hostile à l'Obamacare. Le gouverneur Rick Perry et le Congrès, à majorité républicaine, ont refusé de mettre en place la réforme, et le gouvernement fédéral (comme dans 26 autres Etats) a dû s'en charger. Ancien candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle de 2012, Rick Perry est un défenseur acharné du "modèle texan" ("peu d'impôts, peu de services"). Selon le professeur Calvin Jillson, de l'université Southern Methodist de Dallas, deux statistiques résument son raisonnement : 10 % seulement des "Anglos" sont sans assurance (contre 40 % pour les Noirs et les Latinos), "et les Anglos votent à 70 % républicain". Bref, pour le parti conservateur, l'Obamacare, "c'est une augmentation des coûts sans bénéfices additionnels", dit le professeur.

"ACCROS AUX SUBVENTIONS"

Les républicains ne se contentent pas de boycotter la réforme phare du premier mandat d'Obama. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour la "faire dérailler", constate le Texas Tribune. Ted Cruz, la figure de proue du Tea Party, l'a dit : "Si elle arrive au 1er janvier, on ne pourra plus s'en débarrasser." Le sénateur redoute que les Texans prennent tellement goût à leur assurance médicale qu'ils deviennent "accros aux subventions". Susan Norwood, 63 ans, y a déjà pris goût. Esthéticienne, elle paie 350 dollars (257 euros) par mois une assurance qui ne lui rembourse qu'une visite médicale par an et les éventuels accidents ou maladies graves. Grâce à l'Obamacare, elle va économiser 200 dollars par mois. "C'est la grande peur des républicains et c'est notre grand espoir", dit-elle.
Readers are as full of spite as Corine Lesnes:
OlivierW — Un bel article, bravo ! SI j'ose, pourrait-on avoir son miroir, demandant candidement aux républicains de se défendre ? Ils s'empêtreraient dans les grandes largeurs, ça serait beau =) 
Rien de plus facile. Loin d'être simplement "le parti du Non", les conservateurs luttent depuis des années pour deux réformes qui feraient baisser les prix pour tout le monde et que les gauchistes (Démocrates) refusent:

1) Moins d'entraves à la compétition entre compagnie d'assurance (ce que refuse le parti des bureaucrates) et

2) Moins de facilité à faire des procès contre la profession médicale (ce que refuse le parti des avocats — tous les candidats démocrates pour la présidence et la vice-présidence sans exception des 7 ou 8 dernières élections ont été des avocats)

Cela dit, je suis content qu'OlivierW ait admis — fût-ce inconsciemment — que l'article de Corine Lesnes est partisane, en caricaturant l'opposition, et cela de façon grotesque, et sans lui donner la parole à aucun moment…
 

2013/10/16

Tandis que Xavier Gorce fait de l'humour dans Le Monde et que Mathieu Laine prône l'invention d'une "fiscalité librement consentie", Françoise Fressoz interroge le Chargé de recherche au Centre d'histoire de Sciences Po, Nicolas Delalande, auteur du livre Les Batailles de l'impôt (Seuil, 2011).

Mathieu Laine:
La France a mal à ses impôts. Tellement qu'engager la réflexion sur le consentement à l'impôt par l'actualité brûlante du "ras-le-bol" fiscal des Français est devenu tarte à la crème.

… il faudra sortir de la logique perverse selon laquelle il faudrait payer avec joie et sans limite l'impôt d'un pays qui nous a tant donné. Car l'effet Laffer – "Trop d'impôt tue l'impôt" – n'a jamais été aussi tangible et provoque un désastre économique et social mesurable en emplois supprimés et non créés ainsi qu'en points de croissance euthanasiés. Qui peut y consentir ?

Nous sommes confrontés à une alternative lourde : soit on prolonge notre modèle social généreux, qui sera pulvérisé par la révolution technologique, la compétition internationale, les pressions migratoires et la fuite des talents. Nous resterons alors prisonniers d'une fiscalité lourde, révélatrice d'une société envieuse faisant le pari de la naissance, des réseaux et de la rente comme sources légitimes des richesses futures.

Soit on revient aux fondements des incitations individuelles et des droits fondamentaux, à une société qui parie sur les efforts librement consentis de chacun comme moteur des revenus à venir. Il en émergera un pays moins redistributif, mais moins taxé et plus responsabilisé. Fort de cette liberté recouvrée, nous redonnerons ses capacités à la société civile, à la générosité privée et à l'inventivité humaine.

A quand une mobilisation massive pour une fiscalité basse, respectueuse des droits et des désirs de progrès ? En la matière, la bougonnerie de comptoir n'a jamais fait bouger un politique. Il faut dénoncer et révéler les effets pervers. Car en la matière, qui ne dit "maux" consent !
Françoise Fressoz interroge le Chargé de recherche au Centre d'histoire de Sciences Po, Nicolas Delalande :
On parle beaucoup aujourd'hui du "ras-le-bol fiscal", mais la méfiance à l'égard de l'impôt n'est-elle pas une constante ?

Nicolas Delalande Le rapport des Français à la fiscalité apparaît en effet beaucoup moins serein que celui qui s'est construit en Grande-Bretagne ou en Allemagne, par exemple. L'histoire française est jalonnée de protestations récurrentes contre l'impôt qui ont pris la forme, soit d'une dénonciation radicale de l'injustice fiscale, comme ce fut le cas sous la Révolution française, soit de contestations violentes émanant de tels ou tels groupes sociaux, comme on a pu le voir au début du XIXe siècle dans les campagnes, puis à quelques reprises au cours du XXe siècle. Ces contestations sont à relier à la haute idée de la justice fiscale que les Français se font et qui est apparue d'emblée comme une promesse déçue.

Que voulez-vous dire ?

Pour bien comprendre cette insatisfaction chronique, il faut remonter à la Révolution et aux déceptions qu'elle a créées. La question fiscale est alors essentielle. La royauté se meurt de l'impôt. Les multiples taxes directes et indirectes que les fermiers généraux prélèvent pour le compte du roi ne suffisent plus à payer la charge de la dette, mais elles sont devenues écrasantes pour les plus faibles. Dès les années 1760, la contestation monte contre l'impôt, devenu le symbole de l'arbitraire royal. La monarchie en prend conscience, mais elle est trop faible pour bâtir un nouveau compromis fiscal car le système repose sur une mosaïque de privilèges et d'exemptions.

La Révolution ambitionne de tout changer. Elle supprime la quasi-totalité des impôts d'Ancien Régime pour les remplacer par quatre nouvelles contributions directes. Elle proclame l'égalité du citoyen devant l'impôt, mais est incapable de tenir ses promesses, car très vite, la France se retrouve en guerre contre l'Europe. Napoléon a besoin d'argent. Il rétablit l'impôt sur ce qui est le plus facilement taxable : le sel, les boissons, la circulation des marchandises. C'est exactement ce que faisait l'Ancien Régime. L'impôt redevient impopulaire.

Et quand on balaie l'histoire depuis, on s'aperçoit que les Français n'ont eu un rapport apaisé à l'impôt qu'à de très rares moments : à la fin du XIXe siècle, lorsque la IIIe République, renonçant dans un premier temps à toute réforme d'envergure, utilise l'impôt de façon opportuniste pour alléger la charge de tel ou tel groupe social et développer une politique protectionniste. Puis, plus tard, pendant les "trente glorieuses" : la forte croissance et les mutations que connaît la France favorisent un rapport pacifié à l'impôt – poujadisme mis à part évidemment.

Hormis ces périodes, quels reproches fait-on à l'impôt ?

On lui a longtemps reproché d'être vexatoire et intrusif. Cela se disait beaucoup à la fin de l'Empire napoléonien, parce que tout un système de surveillance avait été mis en place sur le transport des marchandises. C'est aussi ce qui a motivé les mouvements de révolte de certaines régions rurales contre l'Etat central au milieu du XIXe siècle. Les élites ont rallié la France des petits propriétaires, des petits paysans, des indépendants, dans leur lutte contre l'emprise croissante de l'Etat. Mais au cours des années 1930, la contestation fiscale a pris une autre tournure : la dégradation des finances publiques, la prolifération de taxes qui rendaient le système illisible conjuguée à l'instabilité ministérielle ont donné naissance à un puissant mouvement antiparlementaire qui rejetait l'Etat, dénonçait la paperasserie, s'en prenait aux fonctionnaires en opposant "les payants" aux "payés".

Feriez-vous un parallèle entre les années 1930 et ce qui se passe aujourd'hui ?

Les similitudes sont évidentes. J'en vois au moins deux. D'abord, la politisation du mécontentement. La droite s'est emparée du sujet, elle prône "un choc fiscal", la décrue des dépenses de l'Etat, la réduction du nombre des fonctionnaires, sans avoir elle-même réussi à régler le problème lorsqu'elle était au pouvoir. Deuxième ressemblance : la focalisation sur les problèmes d'évasion fiscale, qui accrédite l'idée que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne.

2013/10/15

La Tea Party serait raciste sans aucun Noir parmi ses membres ou ses dirigeants?!


Au moyen d'une guérilla parlementaire sans merci, les élus du Tea Party accommodent la bonne vieille recette du conservatisme radical, avec ses ingrédients classiques, y compris le fond de sauce le plus rance, celui que les observateurs évoquent rarement tant il semble renvoyer les Etats-Unis à leurs vieux démons: la question raciale.
Ainsi écrit Pap Ndiaye, Professeur d'histoire nord-américaine à Sciences Po Paris, qui — évidemment — trouve moult racisme chez «les stratèges du Tea Party tracent implicitement une frontière entre "leur" Amérique, celle que Sarah Palin appelle "la vraie Amérique" ("real America"), blanche, chrétienne».
Bien entendu, il n'est pas possible pour les porte-parole du Tea Party – sauf quand un lapsus ou une imprudence les trahissent – de revendiquer une quelconque identité blanche. Ces élus ne parlent que de budget fédéral équilibré, d'assécher financièrement l'"Obamacare" (la loi sur l'assurance-santé), et autres thèmes apparemment dépourvus d'enjeu racial.
Ann Coulter a adressé cette attaque dans son livre Mugged :
Liberals claim Republicans speak in racist code words for the simple reason that Republicans aren't saying anything that's objectively racist
"Identité blanche"?! "Enjeu racial"?!

Vous connaissez Tim SCOTT? Non? Ça ne m'étonne pas. Pourtant le seul Noir dans le Sénat mériterait d'être (presque) aussi célébre qu'Obama—non? Or, Tim Scott est républicain. Et Sudiste, qui de plus est! (Du premier État qui fit sécession en 1860 — la Caroline du Sud.)

Par conséquent, il ne faut PAS en parler. Car autrement il serait BEAUCOUP plus difficile de faire passer les Républicains/les Sudistes/les Tea Partiers pour des racistes ou pour des "fachos".

Pour le cinquantenaire du discours de Martin Luther King (on s'empresse d'oublier que ce Prix Nobel de la paix aussi était membre du Parti républicain), n'aurait-on pas pu croire que cinq décennies après la lutte contre Jim Crow, ce Noir sudiste élu au sénat des États-Unis aurait dû être l'invité, voire l'un des invités, d'honneur ? Eh bien non : Tim Scott n'a même pas reçu d'invitation, car par la suite il aurait été BEAUCOUP plus compliqué de prétendre que le Parti républicain et/ou que le Sud, voire que l'Amérique toute entière, est toujours et encore rongé(e) par le racisme le plus viscéral…

Mêmes yeux fermés pour les gouverneurs Bobby JINDAL et Nikki HALEY, Républicains (d'origine indienne, et aussi d'États du Sud — Caroline du Sud et Louisiane) dont la peau est à peu près aussi noire, voire plus, que celle d'Obama…

Et ne parlons pas, non plus, des héros noirs de la Tea Party tels que :

Allen West, Mia Love, Herman Cain, Thomas Sowell, Walter Williams, Larry Elder, Bob Parks, Star Parker, J.C. Watts, Lloyd Marcus, Michael Steele, Ken Blackwell, le rappeur AlfonZo Rachel, etc etc etc…

Ce sont des Noirs inconnus du grand public — tant américain qu'européen — car, pour la gauche (tant américaine qu'étrangère), le seul bon Noir est un Noir qui est convaincu que les membres de sa race sont des martyrs et qui vote donc pour le parti des victimes, c'est-à-dire pour la gauche (aux USA, le Parti démocrate).

Surtout, ne parlons pas de Benjamin Carson, ce chirurgien qui a proposé une alternative à l'Obamacare — ce qui lui a valu une visite du fisc (merci, Barack Obama et au nouveau respect pour la justice en Amérique) — et qui figure en tête des intentions de vote des conservateurs pour les présidentielles en 2016.

2013/10/11

Porter le soupçon sur toute espèce de réussite : S'il y a de l'argent sale, il y a aussi de l'argent juste

La pauvreté n'est pas un crime", explique l'association Emmaüs dans une campagne publicitaire. Il faudrait ajouter : la richesse non plus.
C'est ainsi que Pascal Bruckner commence son papier dans Le Monde.
Le mauvais tour pris par l'affaire Cahuzac réveille chez nos compatriotes une vieille passion française, la haine de l'argent, née de la rencontre du catholicisme et de l'esprit républicain, et qui n'est la plupart du temps que de l'envie inversée. Comme si la soif de l'or se nourrissait de ce qu'elle enlève aux hommes, prostituait leurs rêves les plus chers.

 Paradoxe étonnant : la France n'entre dans le capitalisme mondial, surtout à gauche, que sous l'angle de la dénégation, à travers une débauche d'anathèmes qu'on aurait tort de prendre à la lettre mais qui font porter le soupçon sur toute espèce de réussite.

Au moment où l'on fustige le règne de l'argent, l'Europe s'appauvrit, notre pays subit chômage, marasme, austérité. Etrange monarque qui règne sur un désert. L'argent, c'est d'abord ce qui manque tragiquement : à l'Etat, aux particuliers et la principale terreur de nos compatriotes, c'est le déclassement social. En quoi l'ostentation dans la modestie pécuniaire chez nos ministres, soumis à la contrainte de transparence, ne dupe personne.

 … Dénoncer chez les autres ce que l'on incarne soi-même, telle fut l'inversion des valeurs à laquelle s'est livré M. Cahuzac. Mais il ne faudrait pas que cet exemple de duplicité nous entraîne dans une apologie de la pauvreté telle que la défendent les écologistes et certains économistes repentis. Nous demander de chérir l'indigence comme notre bien le plus précieux, vanter " la frugalité heureuse", c'est, sous couleur de sauver la planète, vouloir plier les populations à la nouvelle donne économique qui pénalise les classes populaires et moyennes.

Nous sommes déjà en décroissance, elle s'appelle la récession et n'apporte que détresse et malheurs. Ne commettons pas un contresens fondamental : ce n'est pas l'argent qui est fou, c'est son absence.
A vociférer contre le Veau d'or, semaine après semaine, alors que la France s'enfonce, à suspecter dans le moindre succès industriel ou commercial une spoliation ou un vol, on décourage les jeunes générations de travailler chez nous, on pousse les plus talentueux à s'exiler.

Plus grave que la fraude fiscale, la fuite des cerveaux menace directement notre avenir. L'esprit d'entreprise, l'appât du gain, n'ont en soi rien de honteux. S'il y a de l'argent sale, il y a aussi de l'argent juste.

2013/10/10

ENCORE UNE DEMI-MESURE !




Dans Le Monde, les pingouins Indégivrables de Xavier Gorce arrivent à la conclusion (on ne peut plus) logique…

2013/10/06

L'histoire française est jalonnée de protestations récurrentes contre l'impôt

Tandis que Xavier Gorce fait de l'humour dans Le Monde et que Mathieu Laine prône l'invention d'une "fiscalité librement consentie", Françoise Fressoz interroge le Chargé de recherche au Centre d'histoire de Sciences Po, Nicolas Delalande, auteur du livre Les Batailles de l'impôt (Seuil, 2011).

Mathieu Laine:
La France a mal à ses impôts. Tellement qu'engager la réflexion sur le consentement à l'impôt par l'actualité brûlante du "ras-le-bol" fiscal des Français est devenu tarte à la crème.

… il faudra sortir de la logique perverse selon laquelle il faudrait payer avec joie et sans limite l'impôt d'un pays qui nous a tant donné. Car l'effet Laffer – "Trop d'impôt tue l'impôt" – n'a jamais été aussi tangible et provoque un désastre économique et social mesurable en emplois supprimés et non créés ainsi qu'en points de croissance euthanasiés. Qui peut y consentir ?

Nous sommes confrontés à une alternative lourde : soit on prolonge notre modèle social généreux, qui sera pulvérisé par la révolution technologique, la compétition internationale, les pressions migratoires et la fuite des talents. Nous resterons alors prisonniers d'une fiscalité lourde, révélatrice d'une société envieuse faisant le pari de la naissance, des réseaux et de la rente comme sources légitimes des richesses futures.

Soit on revient aux fondements des incitations individuelles et des droits fondamentaux, à une société qui parie sur les efforts librement consentis de chacun comme moteur des revenus à venir. Il en émergera un pays moins redistributif, mais moins taxé et plus responsabilisé. Fort de cette liberté recouvrée, nous redonnerons ses capacités à la société civile, à la générosité privée et à l'inventivité humaine.

A quand une mobilisation massive pour une fiscalité basse, respectueuse des droits et des désirs de progrès ? En la matière, la bougonnerie de comptoir n'a jamais fait bouger un politique. Il faut dénoncer et révéler les effets pervers. Car en la matière, qui ne dit "maux" consent !
Françoise Fressoz interroge le Chargé de recherche au Centre d'histoire de Sciences Po, Nicolas Delalande :
On parle beaucoup aujourd'hui du "ras-le-bol fiscal", mais la méfiance à l'égard de l'impôt n'est-elle pas une constante ?

Nicolas Delalande Le rapport des Français à la fiscalité apparaît en effet beaucoup moins serein que celui qui s'est construit en Grande-Bretagne ou en Allemagne, par exemple. L'histoire française est jalonnée de protestations récurrentes contre l'impôt qui ont pris la forme, soit d'une dénonciation radicale de l'injustice fiscale, comme ce fut le cas sous la Révolution française, soit de contestations violentes émanant de tels ou tels groupes sociaux, comme on a pu le voir au début du XIXe siècle dans les campagnes, puis à quelques reprises au cours du XXe siècle. Ces contestations sont à relier à la haute idée de la justice fiscale que les Français se font et qui est apparue d'emblée comme une promesse déçue.

Que voulez-vous dire ?

Pour bien comprendre cette insatisfaction chronique, il faut remonter à la Révolution et aux déceptions qu'elle a créées. La question fiscale est alors essentielle. La royauté se meurt de l'impôt. Les multiples taxes directes et indirectes que les fermiers généraux prélèvent pour le compte du roi ne suffisent plus à payer la charge de la dette, mais elles sont devenues écrasantes pour les plus faibles. Dès les années 1760, la contestation monte contre l'impôt, devenu le symbole de l'arbitraire royal. La monarchie en prend conscience, mais elle est trop faible pour bâtir un nouveau compromis fiscal car le système repose sur une mosaïque de privilèges et d'exemptions.

La Révolution ambitionne de tout changer. Elle supprime la quasi-totalité des impôts d'Ancien Régime pour les remplacer par quatre nouvelles contributions directes. Elle proclame l'égalité du citoyen devant l'impôt, mais est incapable de tenir ses promesses, car très vite, la France se retrouve en guerre contre l'Europe. Napoléon a besoin d'argent. Il rétablit l'impôt sur ce qui est le plus facilement taxable : le sel, les boissons, la circulation des marchandises. C'est exactement ce que faisait l'Ancien Régime. L'impôt redevient impopulaire.

Et quand on balaie l'histoire depuis, on s'aperçoit que les Français n'ont eu un rapport apaisé à l'impôt qu'à de très rares moments : à la fin du XIXe siècle, lorsque la IIIe République, renonçant dans un premier temps à toute réforme d'envergure, utilise l'impôt de façon opportuniste pour alléger la charge de tel ou tel groupe social et développer une politique protectionniste. Puis, plus tard, pendant les "trente glorieuses" : la forte croissance et les mutations que connaît la France favorisent un rapport pacifié à l'impôt – poujadisme mis à part évidemment.

Hormis ces périodes, quels reproches fait-on à l'impôt ?

On lui a longtemps reproché d'être vexatoire et intrusif. Cela se disait beaucoup à la fin de l'Empire napoléonien, parce que tout un système de surveillance avait été mis en place sur le transport des marchandises. C'est aussi ce qui a motivé les mouvements de révolte de certaines régions rurales contre l'Etat central au milieu du XIXe siècle. Les élites ont rallié la France des petits propriétaires, des petits paysans, des indépendants, dans leur lutte contre l'emprise croissante de l'Etat. Mais au cours des années 1930, la contestation fiscale a pris une autre tournure : la dégradation des finances publiques, la prolifération de taxes qui rendaient le système illisible conjuguée à l'instabilité ministérielle ont donné naissance à un puissant mouvement antiparlementaire qui rejetait l'Etat, dénonçait la paperasserie, s'en prenait aux fonctionnaires en opposant "les payants" aux "payés".

Feriez-vous un parallèle entre les années 1930 et ce qui se passe aujourd'hui ?

Les similitudes sont évidentes. J'en vois au moins deux. D'abord, la politisation du mécontentement. La droite s'est emparée du sujet, elle prône "un choc fiscal", la décrue des dépenses de l'Etat, la réduction du nombre des fonctionnaires, sans avoir elle-même réussi à régler le problème lorsqu'elle était au pouvoir. Deuxième ressemblance : la focalisation sur les problèmes d'évasion fiscale, qui accrédite l'idée que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne.