2011/05/02

Que veut-on ? Une idéologie dominante, avec un credo à réciter sous peine de bûcher médiatique ?

Fauché par la mort à l'âge de 47 ans, [Albert Camus] a passé un temps considérable à répondre à la haine répandue par les journaux qui se déchaînaient contre ses livres, coupables de dire la vérité en un temps où l'on préférait le mensonge avec Sartre que la vérité avec lui
rappelle Michel Onfray en évoquant le philosophe (sur lequel il écrit un livre) qui s'interrogeait, entre autres, «sur la fascination des intellectuels opposés à la peine de mort mais qui la défendent tout de même pourvu qu'elle soit infligée au nom de la prétendue bonne cause du progrès marxiste — il en reste aujourd'hui une poignée tout au culte de "l'idée communiste"...» Michel Onfray (philoshope lui aussi) entend ainsi se joindre à ceux qui, tels Yvan Rioufol ou Elisabeth Lévy, répondent aux bien-pensants, aux "humanistes", aux élites, et à tous les autres membres de leurs réseaux — dont le journal Le Monde — qui essaient de "[pulvériser] celui qui ne dit pas comme eux".
A plus d'un demi-siècle de distance, Camus pense un monde qui semble être encore le nôtre ! Il se révèle également juste dans ses analyses, quand il diagnostique que la polémique a remplacé le dialogue : "Le XXe siècle est, chez nous, le siècle de la polémique et de l'insulte." Qu'est-ce que la polémique ? "Elle consiste à considérer l'adversaire en ennemi, à le simplifier par conséquent et à refuser de le voir. Celui que j'insulte, je ne connais plus la couleur de son regard. Grâce à la polémique, nous ne vivons plus dans un monde d'hommes, mais dans un monde de silhouettes."

On ne cherche plus à persuader, on intimide ; on ne veut pas dialoguer, on terrorise ; on ne souhaite plus échanger, on lance l'anathème, on recouvre sous des flots de haine et d'insultes, de mépris et de calomnies. Dans cette perspective, Camus propose une "morale du dialogue" et en appelle à Socrate — auquel il associe Montaigne et Nietzsche.

Quel intellectuel ne souscrit pas aujourd'hui à cette scie prêtée à Voltaire : "Je ne suis pas d'accord avec vous, mais je me battrai toute ma vie pour que vous puissiez vous exprimer", avant d'envoyer un formidable coup de gourdin sur la tête de celui qui ne pense pas comme lui puis d'activer les réseaux d'amis qui, dans les médias, pulvérisent celui qui ne dit pas comme eux ? Les journalistes, si souvent coupables d'inceste intellectuel, prennent ces temps-ci la plume pour dénoncer une poignée de journalistes (Zemmour en navire amiral, Robert Ménard en destroyer, Elisabeth Lévy en corvette, plus quelques autres petits bâtiments de guerre...), tous coupables d'attentats à la pensée correcte. On ne résoudra pas le problème en transformant ses adversaires en ennemis, en les stigmatisant comme pétainistes, néofascistes, crypto-vichystes, sous-marins de Le Pen et autres noms d'oiseaux qui dispensent de débattre.

Que veut-on ? Une idéologie dominante, avec un credo à réciter sous peine de bûcher médiatique ? Mais qui décide alors du catéchisme ? Ceux qui affûtent la guillotine... Je crains qu'en France le sartrisme domine encore comme une imprégnation éthologique dès qu'il s'agit du débat d'idées !

En 1955, Simone de Beauvoir écrivait dans un article intitulé "La pensée de droite aujourd'hui", repris dans Privilèges : "La vérité est une, l'erreur multiple. Ce n'est pas un hasard si la droite professe le pluralisme"... Camus, le philosophe, qui, dans Actuelles II, opposait "la gauche policière" à la "gauche libre" avait alors répondu : "Si la vérité devait être de droite, alors je serais de droite."

Arrêtons donc la haine, le mépris, l'insulte, l'anathème, la guillotine, les autodafés, les bûchers qui, pour l'instant, ne sont que de papier. Si d'aventure le débat véritable prenait la place de la polémique, nul doute que reculerait un peu le spectre des échafauds concrets.

Rioufol évoque le comportement absurde du discours unique qui souligne le désarroi des idéologues confrontés à l'effondrement de leurs utopies

Tout ce qui est répété [en politique] est contredit au quotidien. Or cela n'empêche pas les esprits automatiques de s'arrimer aux dénis du réel en jugeant relaps les contradicteurs. Ce comportement absurde souligne le désarroi des idéologues confrontés à l'effondrement de leurs utopies. Trente ans de pilonnage n'ont cessé de contourner les faits et de prendre les gens pour des imbéciles. Aujourd'hui, cela se voit…
C'est ainsi que Yvan Rioufol répond aux bien-pensants, aux "humanistes", aux élites, et à tous les autres — dont le journal Le Monde — pour qui "la méthode Coué appliquée à la politique et à l'information ne consiste pas seulement à n'admettre qu'un discours unique", elle "oblige à ne voir que ce qui est autorisé par la doctrine."
Les journaux «progressistes», acteurs du bourrage de crâne, en sont à dresser la liste de ceux (Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, Robert Ménard, Éric Brunet, votre serviteur) qu'ils accusent d'accaparer la parole au prétexte qu'ils n'observent pas les codes de la pensée labellisée. Parce que ces cinq-là semblent trouver l'écoute d'une opinion rebelle qui a investi Internet, ils irritent la caste dépossédée de son monopole. Les épinglés seraient réactionnaires, ultraconservateurs, extrémistes. Voire néofascistes ou postnazis, puisque leurs discours se rapprocheraient de ceux des années 1930, comme le récitent des historiens du dimanche: procès authentiquement staliniens, ceux-là.

Cette poignée d'accusés révèle en fait l'intransigeance d'un journalisme militant rejetant le choc des idées. Ce que disent les hérétiques devrait passer inaperçu: ils défendent la liberté d'expression, la laïcité, le modèle républicain. Y voir les signes d'une pensée rétrograde et totalitaire est un non-sens effrayant. Si la démocratie est menacée, c'est par ceux qui en contestent les règles, à commencer par la tolérance.

… La comédie des bons sentiments touche à sa fin. À moins de se ridiculiser davantage, le monde politique ne peut plus recourir aux faux-semblants humanistes utilisés pour méconnaître le réel. …

2011/04/21

Qu'est un droitiste dont les prévisions s'avèrent fausses ? Un infâme menteur ; Un gauchiste? "peu importe", il était "en mal d'inspiration"

Même les grandes plumes sont parfois en mal d'inspiration
écrit Corine Lesnes dans Le Monde. Avant de décrire avec le plus grand des joies, pendant quatre colonnes (sur cinq), le voyage de John Steinbeck avec son chien — "un caniche d'un âge respectable, francophone de naissance ("à Bercy"), et toujours d'un maintien parfait" — à travers les USA, une aventure "plein de ces personnages rocailleux qui font l'Amérique éternelle — Tea Party avant l'heure, pourrait-on dire." Ce n'est que dans les trois ou quatre derniers paragraphes que l'on apprend que la raison pour laquelle le récit de ce voyage (de 1962) est à l'heure aujourd'hui :
Cinquante ans plus tard, le journaliste Bill Steigerwald a refait les étapes du voyage. Sans chien, mais avec la prétention journalistique de mesurer le changement. Il ne s'attendait pas à ce qu'il a trouvé : affabulations, exagérations, approximations... Recoupements faits, il apparaît que Steinbeck a enjolivé quand il n'a pas tout simplement bidonné comme un vulgaire journaliste en mal de scoops.

Dans le magazine Reason d'avril, Steigerwald a publié un récit accablant. En 75 nuits, l'écrivain en a passé tout au plus une quinzaine seul dans sa roulotte. La plupart du temps, il a dormi dans des motels, parfois luxueux. Elaine, sa femme, a passé 45 jours avec lui (à San Francisco, ils ont même mis Charley au chenil !). Certains des personnages hauts en couleur n'étaient pas là où il dit les avoir croisés. [Pis, Corine Lesnes: Plusieurs personnages hauts en couleur semblent avoir été inventés de toutes pieces.]

La découverte a suscité quelque émotion dans les milieux universitaires spécialisés, pris en défaut d'esprit critique. … D'autres ont dit : peu importe. L'écrivain a tous les droits.

Trois-quatre paragraphes qui annullent toutes les raisons pour avoir pris quatre colonnes pour (re-)raconter les (non-)périples de John Steinbeck et de Charley.

De toute apparence, quand un conservateur — fût-il artiste, politicien (George W Bush), ou autre — est pris en défaut (à tort ou à raison), et que ses prévisions, raisonnables, s'avèrent être fausses, il n'est rien de moins qu'un fieffé menteur qui est coupable de tous les maux et qui doit être fustigé, sans relâche, avec toutes les armes possibles. Quand un gauchiste est pris en défaut — et que ses récits de ce qu'il (n')a (pas) fait s'avèrent être un véritable mensonge (aucun autre terme ne fournit une meilleure description) — c'est (toujours) un grand homme (une grande plume) "en mal d'inspiration" qui fait partie de ces êtres qui ont "tous les droits."

2011/04/05

Un politique qui ment, en France, ce n'est pas considéré comme gravissime ; Alors qu'aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, c'est inenvisageable

Allez sur le site de la Maison Blanche
exige Franck Nouchi dans Le Monde.
Vous constaterez que le porte-parole, Jay Carney, doit faire face, chaque jour, à un véritable bombardement de questions. "Il est important, explique Natalie Nougayrède, que le pouvoir soit considéré comme comptable de la parole qu'il prononce, et tenu de s'expliquer sur les décisions qu'il annonce."

Présent lui aussi sur le plateau d'"Arrêt sur images", David Pujadas y voit une "différence de mentalité, de culture, entre les pays, et même un autre rapport à la vérité et au mensonge". Est-ce que cela signifie qu'en France "les politiques baratinent ?", demande Daniel Schneidermann. "Non seulement ils baratinent, répond le présentateur du "20 heures" de France 2, mais un politique qui ment, en France, ce n'est pas considéré comme gravissime. Alors qu'aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, c'est inenvisageable."

"Il y a en France une tradition de non-communication, ajoute Philippe Chaffanjon, directeur de France Info. Demandez aux correspondants étrangers en poste à Paris. Ils sont hallucinés par la manière dont tout cela fonctionne."

Reste alors le "off" pour débusquer ce qui se cache derrière la langue de bois des porte-parole. Quand il y en a...

2011/04/04

Une ironie à l'égard du "politiquement correct" (cette autre façon, pour eux, de dire "la gauche")

Dans les télévisions et les radios, il est désormais impossible de tenir un débat sans eux
explique Raphaëlle Bacqué.

Oh, ce n'est pas un gros bataillon. Une demi-douzaine de polémistes tout au plus, mais ils cumulent chacun deux, trois, quatre collaborations rémunérées dans les médias les plus importants et une multitude d'invitations gracieuses dans les talk-shows.

On les reconnaît vite à leur ton, souvent à l'emporte-pièce, et plus encore à leurs thèmes de prédilection: une vision catastrophée de l'école, une ironie à l'égard du "politiquement correct" (cette autre façon, pour eux, de dire "la gauche"), un discours parfois très raide sur l'immigration et l'islam et, depuis l'avènement de Marine Le Pen, la certitude affichée que le Front national doit être tenu pour un parti comme un autre.

"Eric Zemmour est le plus connu et le plus cultivé", souligne Elisabeth Lévy, l'unique femme du groupe, avant de citer Robert Ménard, Yvan Rioufol et Eric Brunet. Cinq donc, c'est évidemment peu dans des médias qu'ils croient, à l'instar de ce dernier, "tenus à 80% par la gauche". Il y a d'ailleurs des nuances notables entre eux.

…Ce qui frappe, cependant, c'est leur récent succès médiatique. … Robert Ménard s'apprête à publier un pamphlet, carrément intitulé Vive Le Pen!, dans lequel il défend, dit-il, "la liberté d'expression et de représentation parlementaire du FN". Il a choisi ce titre provocateur "parce que c'est la seule chose que l'on ne peut pas dire dans les médias, alors que l'on peut se réclamer du philosophe Alain Badiou, qui admire pourtant toujours Mao et Pol Pot!".
Un lecteur du Monde réagit :
Réactionnaire est un terme dont le Parti Communiste affublait tous ceux qui s'opposait à sa doctrine, à ses manipulations,à ses mensonges.Par extension toute la Gauche affuble ses opposants de "réactionnaires",cad tous ceux qui ne partagent pas ses idées,ses lubies.Je m'étonne que RB, éminente journaliste dévie ce terme pour disqualifier des personnes qui ne font qu'exprimer la liberté d'expression dans ce pays.On peut aussi dire qu'ils réagissent à l'embrigadement du politiquement correct.
Yvan Rioufol répond, lui aussi, contre les
journaux «progressistes», acteurs du bourrage de crâne, [ces "esprits automatiques" s'arrimant "aux dénis du réel" qui] en sont à dresser la liste de ceux (Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, Robert Ménard, Éric Brunet, votre serviteur) qu'ils accusent d'accaparer la parole au prétexte qu'ils n'observent pas les codes de la pensée labellisée…
Réaction aussi d'Elisabeth Lévy :
D'éminents journalistes semblent découvrir avec stupéfaction et/ou indignation que quelques trublions qui ont le front de ne pas penser comme eux ont le droit de s'exprimer. … Après tout, on a bien le droit de préférer le débat entre gens du même avis.
Tandis que Michel Onfray, en évoquant le cas d'Albert Camus, demande :
Que veut-on ? Une idéologie dominante, avec un credo à réciter sous peine de bûcher médiatique ?

2011/03/31

L'objectif du FN : capter les peurs engendrées par la mondialisation et surfer sur l'insécurité et la souffrance sociales

…le vice-président du Front national [Louis Aliot] veut encourager l'entrisme dans les syndicats. Il s'agit de capter les peurs engendrées par la mondialisation, de surfer sur l'insécurité et la souffrance sociales et de concourir à l'ambition de Marine Le Pen de « reconquête des classes populaires ».
Confirmation encore, si besoin était, grâce à l'analyse de Michel Noblecourt sur les relations entre le Front National et les syndicats, que les préceptes de l'extrême droite française (ou de l'extrême droite de n'importe quel pays, y compris les USA) — ainsi que les diatribes de Marine Le Pen contre "l'idéologie ultralibérale" — n'ont rien à voir avec les tea partiers américains et le marché libre à l'américaine.

2011/03/22

Dans les villages, le sentiment du deux poids, deux mesures fait des ravages ; Plus que du racisme, c'est le sentiment de ne pas exister qui prédomine

Ce qui fait mal, c'est l'affaire Marleix, fils de l'ancien ministre, longtemps conseiller à l'Elysée, maire (SE) d'une petite commune du département, qui s'est "fait pincer" en voiture par les gendarmes 50 km/h au-dessus de la vitesse autorisée mais n'a pas été sanctionné. "Comment voulez-vous que les gens aillent voter après ce genre d'histoire ?", lance un électeur en colère, au cours d'une réunion publique du candidat UMP. "Un pour tous, tous pourris", résume un futur électeur du Front national, déclenchant l'acquiescement de ses camarades de café.
Dans Le Monde, Luc Bronner essaie d'expliquer le succès du "vote FN [qui] s'est déplacé [des] quartiers populaires de la ville [de Dreux, pour basculer] dans les villages aux alentours."
Dans les villages, le sentiment du deux poids, deux mesures fait des ravages. C'est le syndrome de la file d'attente. L'expression de leur colère lorsque les "Français" voient passer des familles issues de l'immigration devant eux à l'hôpital ou à la CAF. "Je vais me faire naturaliser marocain", plaisante un artisan en buvant un café à Tréon. Son voisin de comptoir, également artisan dans le BTP, refuse de dire s'il votera Marine Le Pen, mais donne les clés de son succès dans les sondages : "Ceux que Sarkozy voulait arrêter ne paient jamais. Nous, il suffit d'un excès de vitesse pour avoir une amende, alors que, eux, ils font des rallyes dans les quartiers et ne sont jamais poursuivis", explique le quadragénaire d'origine portugaise.

Plus que du racisme ou le rejet des étrangers, c'est le sentiment de ne pas exister qui prédomine. L'impression d'être transparent. De ne pas compter. D'être les derniers dans la file d'attente des préoccupations publiques.
C'est un ras-le-bol similaire qui a fait sortir les Tea Partiers dans les rues des États-Unis, mais comme je l'ai déjà écrit, ce n'est pas pour se tourner vers le Front National ou un équivalent, mais vers un système où le contribuable n'est pas une vache à lait, et où il survit en dépit du (prétendu) besoin d'État fort (cf Marine Le Pen)…

Pour reprendre les mots de Lucien Oulahbib, les Tea Parties sont une révolte de la société contre l'élite étatiste qui pense que manipuler des modèles mathématiques permet de saisir le réel humain ; "Le mouvement a donc pour origine la révolte des contribuables" ajoute Évelyne Joslain, "C’est la révolte des classes moyennes contre la gauche soixante-huitarde au pouvoir [et] contre … l’esprit de caste." Contre un esprit de caste, qu'il soit de gauche, de droite, d'extrême-gauche, ou d'extrême-droite. Pour les droits de l'individu. Pour qu'il ne soit pas emm--dé — par la gauche, par la droite, par l'extrême-gauche, par l'extrême-droite. Par personne.

2011/03/21

Adieux…

Suite à Robert Solé, c'est au tour de son successeur comme médiateur/médiatrice au journal Le Monde, Véronique Maurus, de tirer sa révérence…
Robert Solé, s'il est le plus visible, ne sera pas le seul à partir. Son départ s'explique en effet par l'ouverture de la clause dite « de cession » prévue par une loi votée (à l'unanimité) en 1935, afin de protéger la liberté de la presse. Elle permet à tout journaliste de quitter son entreprise après un changement significatif du capital, en bénéficiant des conditions d'un licenciement.

Au Monde, c'est, bien sûr, la première fois qu'elle s'exerce. Une douzaine de journalistes — dont Robert Solé — ont déjà demandé à en bénéficier pour des motifs divers et strictement personnels — non en raison de divergences avec la rédaction. D'ici à la fin du mois de juin, d'autres suivront... y compris moi-même, dès le 16 mars.

2011/03/20

French Intervention Better



In contrast with his cartoons on UN intervention — with its smiles, bon enfant-ness, and joy incarnate — and on U.S. intervention — with its hatred, death, and destruction (See UN Intervention Good, U.S. intervention Bad) — Plantu's cartoon on French intervention is something between the two (the French fighter is more realistic than the UN plane but with less focus than the U.S. plane on its killing capacities, while its pilot's neutral expression avoids the evil look of his American counterpart) and thus reflects, sans doute, the golden middle road.

What does the French cartoon symbolize but a policy that — naturellement — is inherently sober, somber, lucide, eminently responsible?…

2011/03/19

UN Intervention Good,
U.S. Intervention Bad


Compare Plantu's March 18, 2011, cartoon regarding Libya to his cartoon regarding Iraq of exactly seven years earlier (March 19, 2004)… See any difference?

In case it needs to be spelled out:
• U.S. intervention (notice the focus on the (realistically-drawn) plane's undercarriage and its bombs as well as the hatred in the pilot's face) brings death and destruction, killing innocents (one of whom is holding a sign with the pacifists' dove symbol) and terrorists alike, and results only in weeping, wailing, and gnashing of teeth;
• while UN intervention (notice the focus on the plane's body — with its far more cartoonish rendering and its pacifist UN logo along with its refraining from dropping any bombs at all — as well as the good spirits on that pilot's face) brings but smiles, joy, and profound happiness, and — get this — doesn't even kill bad guys (Muammar Qaddafi), but only cuts the (evil capitalist oil) legs from under them…

Update:
U.S. Intervention Bad,
UN Intervention Good,
French Intervention Better

2011/03/08

Imaginer si Washington était à la place de Paris : La façon de faire de la France vis-à-vis des Comores est irrespectueuse du droit international

En réaction aux infos que l'île de Mayotte deviendrait le
101e département français et le 5e d'outre-mer, un lecteur du Monde écrit :

La façon de faire de la France vis-à-vis des Comores est irrespectueuse du droit international : imaginons que les Etats-Unis décident

de faire de la Guadeloupe un Etat américain et traitent directement avec ce territoire, y investissent un peu d'argent et, de cette manière, achètent le vote des habitants qui deviennent donc américains ! Que ne dirait-on pas sur le comportement impérialiste des Etats-Unis ! Eh bien, c'est ce que nous faisons à Mayotte !

Depuis des années, la diplomatie française négocie chaque année à New York lors de l'Assemblée générale annuelle pour éviter que ce dossier ne soit inscrit à l'ordre du jour, car nous serions alors solennellement condamnés par la quasi-totalité des pays de l'ONU. Mayotte appartient aux Comores, et la France n'a aucun droit sur ce territoire. Nous abusons de la faiblesse de ce pays et usons de notre entregent international pour une mauvaise cause.

Par ailleurs, hormis un parlementaire communiste de Seine-Maritime, gauche et droite sont d'accord sur cette spoliation internationale.

Après nos errements diplomatiques, avons-nous vraiment besoin d'abaisser davantage l'image de la France dans le monde en faisant, encore une fois, le contraire de ce que nous proclamons !

Lionel Pascal
Périgueux

2011/03/07

Since 1631, with France’s first newspaper, La Gazette, “the French press has been dependent on power”

A malaise that goes back more than 300 years
is the way that The Economist styles its article on French newspapers, Too close to power.
Christophe Deloire, director of the Centre for Journalist Training in Paris, traces the problem to France’s first newspaper, La Gazette, founded in 1631 under the auspices of Cardinal Richelieu. Since then “the French press has been dependent on power,” he says; this has blunted its edge.
While another article reminds us that it was it was the country's ruler(s), in the form of "Charles de Gaulle [himself, who] called for the launch of Le Monde, first published in 1944, to replace Le Temps," one French reader writes that
French unions and government have killed their print media. The government almost edits the papers; it controls far too much. People will eventually realize they need a democracy without the enarques running everything.

2011/03/03

Interior Ministry to overhaul computers that sent automated vehicle fines to the wrong people

COMPUTER systems in the Interior Ministry are to be overhauled as a matter of urgency to stop automated fines being sent to the wrong people
reports The Connexion.
Newly appointed minister Claude Guéant said that, while the IT system would be improved and all those falsely fined would have their points restored and money refunded, the government would also seek to change the law.

He stopped short of appointing an ombudsman to oversee complaints.

Such false fines can arise through fraud, a failure of motorists to update their details or delays in updating records.

One notorious case saw a farmer in the Gard receive a fine for driving 112kmh around the Rouen ringroad (some 810km away).

The vehicle in question was a 15-tonne tractor with a top speed of 25kph that had never left the farmer's village.

Currently all fines must be paid straightaway and the appeals procedure is unclear.

The Interior Minister wants to change the law to place the burden of responsibility for the vehicle and for updating documents on the buyer, not, as is now the case, the seller.

2011/03/01

Et si les néoconservateurs avaient raison ?

Une telle suggestion — les néoconservateurs auraient eu raison — ne peut susciter en France qu'ironie et indignation
écrit Jacques Rollet dans Le Monde.
Même si les néoconservateurs américains, comme le dit justement Justin Vaïsse, ont fait preuve d'arrogance et de paresse intellectuelle lors de la deuxième guerre d'Irak (voir son ouvrage : Histoire du néoconservatisme aux Etats-Unis, Odile Jacob, 2008), il n'en reste pas moins qu'ils ont déployé une authentique philosophie politique selon laquelle la démocratie est un bien qu'il faut propager sans arrière-pensées et sans réserves nées de la realpolitik.

On peut consulter sur le messianisme de cette vision les travaux d'universitaires (à titre d'exemple, Sébastien Fath) et de journalistes français. N'oublions pas que Bill Clinton déclarait en 1999 : "Les Etats-Unis ont l'opportunité, et je dirais, la responsabilité solennelle de modeler pour le XXIe siècle un monde plus paisible, plus prospère, plus démocratique." Les Américains, avec tous leurs défauts, ne sont pas seulement matérialistes comme le pense le cynisme français ; ils sont également idéalistes comme nous ne le sommes pas suffisamment.

[Par contraste, les] politologues français spécialistes des relations internationales se caractérisent souvent par une grande pauvreté en termes de théorie, pauvreté due à l'absence d'une véritable philosophie politique, exclue en France, de la science politique. La question n'est pas académique ou anecdotique. Les nombreux travaux de philosophie politique depuis une vingtaine d'années n'ont pas changé la vision sceptique de la classe politique française concernant la démocratie.

…Si donc la démocratie est le meilleur régime ou le moins mauvais, elle est valable pour tous les peuples et pas seulement pour les Occidentaux. Il est vrai qu'il faut analyser les conditions de son établissement selon l'état d'avancement des cultures et des économies, mais il faut vouloir cet établissement.

Après un tel refus de suivre la pensée unique, on se doute bien que Jacques Rollet se fait descendre en flammes par les lecteurs du Monde (dont l'un, sachant où trouver les vrais cerveaux de la politique internationale (sic), cite un sketch des… Guignols et un autre, faisant preuve d'une lucidité à toute épreuve (re-sic), trouve intéressant de comparer l'auteur (politologue à l'université de Rouen) avec le (avec l'anti-)héros de la série Dallas (tous deux ayant les initiales JR))…

Point Final pour Robert Solé

C'est mon dernier billet, chers lecteurs. Et mon dernier jour au Monde. Oui, il y a une fin à tout.
Comme dit l'intéressé, c'est le dernier billet de Robert Solé dans Le Monde

2011/02/24

Critique de la privatisation et de la politique ultralibérale : Marine Le Pen prouve que les conservateurs US n'ont rien à voir avec les thèses du FN


Critiquant un rival (Dominique Strauss-Kahn) pour être pour "le libre-échange généralisé", Marine Le Pen répond aux questions de Jean-François Achilli, Jean-Jérôme Bertolus et Françoise Fressoz, montrant — encore une fois (si besoin était) — l'erronnement complet d'associer les Républicains américains, les conservateurs américains, et les Tea Partiers avec les supposés membres de la (de l'extrême-)droite, avec les supposés (néo-)fascistes, et avec les supposés extrêmistes quasiment nazis, et en tout cas de considérer ces Américains comme proches des thèses du Front National.

Encore une fois, demandez-vous donc qui, dans la critique de DSK qui suit, serait plutôt apte à être d’accord avec Marine Le Pen ?

Serait-ce plutôt un conservateur, un Républicain, un Tea Partier, ou tout autre personne (aux USA ou ailleurs) qui demande une réduction de l’état ?

Ou serait-ce plutôt l’un de ceux — tant aux États-Unis qu'à l'étranger — qui fustigent Bush, les Républicains, les Tea Partiers, les banquiers, et les capitalistes ?
Partout où il est passé, [DSK] a appliqué une politique ultralibérale, avec son cortège de délocalisations, de chômage et de régression sociale. Lorsqu'il était ministre, il a plus privatisé que n'importe quel autre ministre. Il est l'homme des 35 heures, dont on peut admettre qu'elles ont eu comme conséquence une désorganisation massive.

2011/02/02

D'un côté on leur reproche de jouer aux gendarmes du monde, de l'autre, de ne pas agir avec la responsabilité et la diligence de gendarmes du monde

…on a beau tourner le sujet dans tous les sens, le seul problème du monde, c'est les Etats-Unis. Les USA fournissent des armes à Israël, "déstabilisent" le Moyen-Orient en dérangeant les dictateurs qui y vendaient paisiblement leur pétrole, et parallèlement, restent froids et inactifs devant les "bonnes" catastrophes (comprendre, celles qui n'ont pas d'effet sur le prix de l'essence. Ceci dit sans matérialisme aucun, bien sûr.) Bref, ça ne va jamais. D'un côté on leur reproche de jouer aux gendarmes du monde, de l'autre, de ne pas agir avec la responsabilité et la diligence de gendarmes du monde. Un reportage édifiant sur la tragédie du Darfour expliquait les atermoiements des Etats-Unis sur ce dossier, donc leur responsabilité sur les centaines de milliers de morts de ce génocide. L'opposition de la Chine et de la Russie à l'ONU? Aucun reproche. L'inertie de la France, grande donneuse de leçon devant l'éternel sans avoir l'excuse d'être déjà engagée en Irak? Le reportage n'en parlera pas. Un seul pays est sur la sellette, toujours le même.
Still relevant: Stéphane s'attaque à McDonald's, aux quartiers pauvres de Los Angeles, à l'embargo (non un blocus) de Cuba, et à d'autres aspects de l'antiaméricanisme en France…
De toutes façons, face au moindre événement géopolitique, chacun trouvera toujours le moyen d'expliquer que les Etats-Unis sortent grands gagnants. N'importe quelle aventure n'est que l'occasion d'étendre l'American Way of Life ou de récolter des dollars. Leur richesse ne peut s'expliquer par autre chose que la malhonnêteté, l'exploitation et le pillage d'autres pays. Les multinationales tentaculaires font la loi dans le tiers-monde, avec la complicité de l'appareil d'Etat américain.

…Jamais il ne viendra à l'esprit que l'Amérique fonctionne parce qu'elle repose sur des règles différentes, et meilleures, et que son succès vient de là. Une telle perception est intolérable pour un socio-démocrate, dressé depuis l'enfance à penser qu'il n'existe pas de meilleure conception de l'Etat et de la société que la sienne.

Si quelqu'un fait mieux en faisant différemment, il y a forcément une arnaque quelque part. A défaut de la trouver, on l'inventera; et au passage, on décriera, critiquera, méprisera de façon hautaine tout ce que l'autre arrive à réussir.

…Plus que jamais, l'antiaméricanisme reste d'actualité en Europe, peu importe les démonstrations contradictoires qui peuvent lui être apportées. La réalité n'a aucune prise sur le phénomène, tout simplement parce qu'il est nécessaire à la survie du système.

2011/01/31

Pour les automobilistes victimes d'amendes injustifiées, un vrai cauchemar

Le nombre des PV injustifiés ne cesse d'augmenter
écrivent Aymeric Renoli et Anne-Cécile Juillet dans Le Parisien (qui évoque aussi le cas des amendes à la volée).
Ce sont souvent des situations ubuesques. Mais un vrai cauchemar pour les automobilistes victimes d'amendes injustifiées. Et ils sont de plus en plus nombreux.
Las de recevoir des PV injustifiés, près de 1 500 € d’amende et 8 points en moins pour un véhicule dont il n’est plus le propriétaire, Daniel Merlet, un Vendéen de 54 ans, a fait quatre jours de grève de la faim.
« Le système est trop automatisé » explique un juriste spécialisé dans les contentieux automobiles. Juriste et docteur en droit, Rémy Josseaume est également président de la commission juridique de l’association 40 Millions d’automobilistes.

Comment les éviter

2011/01/27

Le Monde semble joindre sa voix à l'angoisse des colonialistes et profiteurs du postcolonialisme qui essaient d'éviter une contagion de la démocratie

Le courrier du jour :

La contagion de la liberté

Quel choc à la réception du Monde du 19 janvier avec ce titre en " une " " Maghreb : les risques de la contagion tunisienne ". La démocratie serait contagieuse et ce serait un risque ! ! Vite, vaccinons tous les Arabes, et tous les peuples opprimés d'Afrique, d'Amérique et du monde en même temps ! Plus sérieusement : vu que les articles des pages 5 et 6 et les pages " Débats " sont bien plus balancés que ce titre maladroit, pourquoi n'avoir pas choisi " Les espoirs de la contagion tunisienne " ?

Des millions de personnes dans le monde fondent des espoirs énormes sur l'expérience en cours d'une révolution populaire appuyée par Internet et par la détermination de millions de citoyens opprimés en Iran, en Egypte, en Algérie, en Libye... qui rêvent d'une contagion de la liberté...

Tous espèrent une contagion de la peur pour les dictateurs et de l'espoir pour les peuples...

Je regrette que Le Monde semble ainsi joindre sa voix à l'angoisse des colonialistes et profiteurs du postcolonialisme qui ont soutenu Ben Ali et continueront de soutenir les successeurs qui essaient d'éviter une contagion.

Martin Guillemot
Leucate (Aude)

2011/01/23

Des droits accrus pour les personnes en garde à vue

Il faut donc réformer la garde à vue avant fin mai
écrit Franck Johannès dans Le Monde.
Puisque Le Conseil constitutionnel a … décidé, le 30 juillet 2010, que la garde à vue n'assurait pas "une conciliation équilibrée" entre "la recherche des auteurs d'infractions" et "l'exercice des libertés constitutionnellement garanties" et a donné un an au gouvernement pour trouver une solution. [En effet, la] chancellerie avait déposé un texte à l'Assemblée dès le 13 octobre, qu'elle a amendé a minima après la condamnation de la France, le 14 octobre, par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) et les arrêts du 19 octobre de la Cour de cassation.

…le nombre de gardes à vue a plus que doublé en moins de dix ans, passant de 336 718 en 2001 à 792 293 en 2009, dont 174 244 pour de simples infractions au code de la route. … Pour ramener le nombre de gardes à vue à 500 000, la chancellerie avait prévu d'en faire une mesure exceptionnelle et de créer une "audition libre", sans avocat ni garanties particulières. La commission des lois a estimé la mesure contraire à la jurisprudence de la CEDH, s'est inquiétée qu'on puisse "abuser de l'ignorance de la personne des droits auxquels elle renonce" et a supprimé l'audition libre.

Le débat n'est pas tranché …

Présence de l'avocat et droits accrus. Le droit de garder le silence en garde à vue, supprimé par la loi sur la sécurité intérieure de 2003, est rétabli comme dans la plupart des démocraties. Le gardé à vue pourra désormais faire prévenir sa famille et son employeur (et non l'un ou l'autre). Surtout, il pourra être assisté par un avocat tout au long de son audition et non plus le consulter une demi-heure comme aujourd'hui.

… Les personnes pourront conserver leurs lunettes ou leur soutien-gorge, des mesures de privation considérées comme inutilement humiliantes. … les conducteurs en état d'ivresse, jusqu'ici placés en garde à vue, pourront se dégriser chez eux, en attendant leur convocation.
Tandis que Franck Johannès fait valoir que De fortes contraintes pèsent sur la mise en oeuvre (sur fond d'une femme qui porte plainte pour viol en Garde à vue), Yves Bordenave recueille les propos de Christian Flaesch, directeur de la police judiciaire (PJ) à la préfecture de police de Paris. Devant la réforme de la garde à vue, un lecteur s'insurge :
800 000 gardes à vue par an ! C'est scandaleux. Ce régime a trouvé le moyen de ficher la population. Evidemment, quand certains prônent la tolérance zéro, pour les autres s'entend, il n'est pas étonnant de les retrouver grands amis de Ben Ali, lequel rêvait d'un policier derrière chaque tunisien. Les libertés se meurent dans ce pays. Il faudra bien qu'il y ait un sursaut, une grande évasion.

2011/01/18

"Le besoin d'Etat fort": les mots de Le Pen prouvent que la (l'extrême-)droite française n'a rien à voir avec le Republican Party et les Tea Partiers

Je souhaiterais faire remarquer, par rapport à l’une des “critiques” les plus virulentes à l'encontre des Républicains, des conservateurs, des Tea Partiers, et d'autres habitants de l’Amérique profonde (c’est en fait un ad hominem censé les diaboliser et ainsi mettre fin au débat tout en servant d'auto-congratulation permanente au service des "humanistes" auto-proclamés), c’est que tout ce (pas si) joli monde serait composé de membres de la (extrême-)droite, de (néo-)fascistes, et d'extrêmistes quasiment nazis, et, en fin du compte, rien de moins que proches des thèses du Front National.

Or, s’il faut en croire… (Abel Mestre et Caroline Monnot dans) Le Monde (!) (ainsi que la contre-enquête de Abel Mestre, Caroline Monnot, Pierre Jaxel-Truer, et Sophie Landrin), on devrait se demander qui est plus proche des thèses du FN, la gauche (cf les droits-de-l'hommistes professionnels de tout pays, quel qu'il soit) ou la droite (cf la droite américaine ou le Parti Républicain) ?

Demandez-vous donc qui, dans la citation qui suit, serait plutôt apte à être d’accord avec Marine Le Pen ?

Serait-ce plutôt un conservateur, un Républicain, un Tea Partier, ou tout autre personne qui demande une réduction de l’état ?

Ou serait-ce plutôt l’un de ceux — tant aux États-Unis qu'à l'étranger — qui fustigent Bush, les Républicains, les Tea Partiers, les banquiers, et les capitalistes ?
"Quand il faut réguler, protéger, innover, c'est vers l'Etat que l'on se tourne naturellement, parce que c'est l'Etat qui a la taille suffisante pour agir, la légitimité démocratique indispensable, et qu'il est inscrit dans notre ADN national", a-t-elle insisté, évoquant "le besoin d'Etat fort" face à "l'argent roi", prônant des nationalisations, y compris de banques.

Mise à jour : Marine Le Pen persiste et signe, en critiquant la privitisation et le libre-échange généralisé [ainsi qu']une politique ultralibérale, avec son cortège de délocalisations, de chômage et de régression sociale

2011/01/12

Chasse aux sorcières en Arizona de la Gauche, américaine comme internationale

…l'Amérique contemporaine est familière de ce type de violence
dit l'Éditorial du Monde.
Elle est souvent le fait d'illuminés, mais elle peut aussi être rattachée au contexte politique de l'heure. Et c'est ce contexte qu'invoquent nombre d'observateurs — journalistes et dirigeants politiques — au lendemain du drame de Tucson. Ils incriminent le climat créé par la nouvelle droite républicaine, celle qui va peupler les rangs du nouveau Congrès.

Ils pointent du doigt certains commentateurs vedettes de la chaîne Fox News, les théories du complot et la diabolisation du gouvernement fédéral véhiculées par le mouvement Tea Party.

Bref, ils dénoncent la banalisation d'un discours de haine. Une haine qui vise Barack Obama et les démocrates. Ils stigmatisent les appels à "l'insurrection" pour en finir avec la "tyrannie" de Washington et de ses représentants.

Non! L'Amérique ne "s'interroge" pas — sous-entendu, une réflexion généralisée dans le calme — et "nombre d'observateurs" — sous-entendu, des observateurs neutres entièrement objectifs — n'invoquent rien du tout. C'est la gauche, tant aux USA qu'à l'étranger, qui récupère un évènement tragique dont le tueur, en admettant qu'il fût politisé du tout, était plutôt à gauche (Le Manifeste Communiste de Karl Marx, Noam Chomsky, tentative de travailler pour la campagne d'un(e) politicien(e) démocrate (Gabrielle Giffords en personne)) et c'est — par (le plus grand des) hasard(s), quelle surprise ! — la "droite républicaine" qui se trouve être le coupable de ce ramassis "d'observateurs objectifs"..

Comme c'est pratique !

Mais déjà, grâce à la contre-attaque des conservateurs incriminés, le narrative véhiculé par la chasse aux sorcières de la Gauche commençait à s'effriter et, un jour plus tard, Corine Lesnes était obligée d'avouer dans Le Monde que
Le portrait du tireur, pour l'instant, n'est pas très Tea Party. … Dans un emballement communicatif, la gauche et les médias ont incriminé la violence du discours politique, le Tea Party, les radios de droite, Sarah Palin...

"Imaginez ! Si le tireur s'était appelé Mohammed ! a plaidé Rush Limbaugh sur les ondes de sa radio. Est-ce qu'on aurait blâmé les radios musulmanes ? Non, on nous aurait dit qu'on ne peut pas blâmer tous les musulmans pour les actes d'un fou."
Il semblerait établi que Corine Lesnes lise les posts sur son site, notammant celui qui citait une réaction de Limbaugh :
Rush Limbaugh is now posing a new question.

“Just ask yourself this. If the shooter had been a 22-year-old named Muhammad, would we be hearing that Muslim talk radio and the Muslim Internet blamed for it?” the top-rated host asked today. “No, we’d have been told that we can’t blame Muslims for the action of one kook.”

2011/01/10

Due to the Tucson Schooting, According to the French, the "Tea Partiers Are in the in the Dock"

The shooting in which a Democrat was seriously wounded in Arizona has appalled the American Left, which denounces the "poisoned rhetoric" of the ultraconservatives…
(Updated below) Go to Instapundit to see (a massive amount of) evidence to the contrary, especially Glenn Reynolds' own article in the Wall Street Journal, The Arizona Tragedy and the Politics of Blood Libel.

As for martial metaphors, Le Monde itself has a doozy, featuring a (sports) article called Que signifie selon vous l'hécatombe des clubs de Ligue 1 en 32es de finale de la Coupe de France ?, i.e., referring to the (sorry) fate of the predominant league in French soccer clubs in the 32nd-finals (!) towards the Coupe de France, whose mass elimination is described as a "massacre" or a "slaughter".

And as far as the former Alaska governor's allegedly disturbing maps are concerned, it turns out that the issue is moot, because "what Palin had on her webpage was a graphic of a surveyor’s symbol. Not cross-hairs." (Compare and contrast.)

Sylvain Cypel ajoute :
Chacun interprétait à sa façon les "écrits" laissés sur la Toile par Jared Loughner. Ils manifestent effectivement une grande incohérence - des spécialistes ont parlé de "schizophrénie" -, mais aussi des détestations qui, sur certains points, rejoignent des thèmes usuels de la mouvance du Tea Party : la détestation du "gouvernement", c'est-à-dire de l'emprise de l'Etat fédéral, ou le retour à l'étalon-or, une idée promue par ceux qui prônent l'abolition de la Réserve fédérale (banque centrale américaine).
Le problème, évidemment, c'est que c’est (beaucoup plus) facile de mettre tout sur le dos de la droite quand on ignore délibérément les preuves — beaucoup plus conséquentes — que Jared L. Loughner est à (l’extrême) gauche…

Back to the Wall Street Journal:
With only the barest outline of events available, pundits and reporters seemed to agree that the massacre had to be the fault of the tea party movement in general, and of Sarah Palin in particular. Why? Because they had created, in New York Times columnist Paul Krugman's words, a "climate of hate."

The critics were a bit short on particulars as to what that meant. Mrs. Palin has used some martial metaphors—"lock and load"—and talked about "targeting" opponents.
But as media writer Howard Kurtz noted in The Daily Beast, such metaphors are common in politics. Palin critic Markos Moulitsas, on his Daily Kos blog, had even included Rep. Gabrielle Giffords's district on a list of congressional districts "bullseyed" for primary challenges. When Democrats use language like this—or even harsher language like Mr. Obama's famous remark, in Philadelphia during the 2008 campaign, "If they bring a knife to the fight, we bring a gun"—it's just evidence of high spirits, apparently. But if Republicans do it, it somehow creates a climate of hate.

There's a climate of hate out there, all right, but it doesn't derive from the innocuous use of political clichés. And former Gov. Palin and the tea party movement are more the targets than the source.

Update — from The National Review:
We barely knew all the facts in the immediate aftermath of the shooting, though, before this vicious act was being milked for political advantage by ghoulish opportunists on the Left.

…The irony of criticizing the overheated rhetoric of your opponents at the same time you call them accomplices to murder apparently was lost on these people, most of whom have never been noted for their subtlety (or civility). It is vile to attempt to tar the opposition with the crimes of a lunatic so as to render illegitimate the views of about half of America.

2010/12/29

Obama's Failure to Close Guantanamo? It's the Fault of Bush and of the Trap Laid by His Evil Henchmen

It's all Bush's fault! Bush Derangement Syndrome is back in force in France (but did it ever leave Europe's shores?), as Le Monde — which obviously has no idea of the contents of the Geneva Convention — describes the Guantánamo situation as a "judicial trap" (and "a pure illegality" concerning "that camp of shame") laid by lying, conniving, treacherous officials of the Bush administration. With most Le Monde readers adding their habitual hooey, this of course means in turn that Barack Obama is but a poor defenseless victim of the evil Bush — as you can see in the piece's title (Barack Obama Caught in the Guantanamo Trap) and in very first sentence.
Le piège juridique installé par l'administration Bush, ancrée dans l'idéologie de la "guerre au terrorisme", se referme sur l'administration Obama. En janvier 2011, le président américain devrait signer un décret présidentiel autorisant l'internement sans jugement et pour une durée illimitée de certains des détenus de la base militaire de Guantanamo, à Cuba.

…Ce piège, mis en place après les attentats d'Al-Qaida du 11 septembre 2001, a d'abord consisté à inventer une catégorie juridique, nommée "combattant ennemi illégal", dans le seul objectif de déroger au droit américain et international, en particulier au droit de la guerre codifié par les Conventions de Genève.

Dès lors que lesdits terroristes n'entraient pas dans les catégories usuelles du droit, on pouvait aussi bien créer la prison de Guantanamo que pratiquer sur eux la torture, pour peu que des "avis juridiques" les décrètent conformes au droit.

…Selon le principe de la prophétie autoréalisatrice, en légalisant de facto un "trou noir" juridique, l'administration Bush a créé des prisonniers non justiciables.

Le 21 mai 2009, M. Obama reconnaissait que ceux-ci constituent "l'enjeu spécifique le plus difficile qu'affronte" son administration. Aujourd'hui, par décret, il se retrouve empêtré dans cette situation exorbitante et en passe de confirmer, à son tour, une pure illégalité : la privation de liberté sans fin imposée sans jugement à des êtres humains.

"You broke it, you fix it", dit un dicton américain : celui qui casse doit réparer. Washington, sous George Bush, a "cassé" le respect que devait son administration au droit international. Barack Obama entendait le rétablir. Face à un Congrès où les républicains (massivement) et les démocrates (majoritairement) privilégient les impératifs de sécurité sur toute autre préoccupation, il assure toujours vouloir y parvenir. Et, à terme, fermer ce camp de la honte.

Mais, en attendant, il en vient, lui aussi, à déroger au droit international. La facilité consisterait à suivre le point de vue d'un Jack Goldsmith, ex-rédacteur des "avis juridiques" de George Bush ; il conseillait récemment à M. Obama de s'en tenir à une norme simple : "Ne jugez pas les terroristes, enfermez-les." Le réalisme est de se souvenir que l'abandon du droit finit toujours par se retourner contre celui qui s'y laisse entraîner, même s'il croit ne le faire qu'à titre conjoncturel.

related: What should enrage every decent citizen is that the real torturers — from Zimbabwe to China, from Syria to North Korea — get a pass from the political left ("The demands to shut down our Guantanamo lock-up for terrorists have nothing to do with human rights. They're about punishing America for our power and success.")

2010/12/23

Le bon peuple automobile, pourchassé par les radars, harcelé par la maréchaussée, et privé de permis de conduire pour de vénielles étourderies

Un soir de 1966, alors premier ministre, Georges Pompidou piqua une brusque colère devant la pile de textes réglementaires qu'un malheureux collaborateur venait présenter à sa signature
raconte Gérard Courtois dans Le Monde.
"Arrêtez d'emmerder les Français : il y a trop de lois, trop de règlements dans ce pays. On en crève ! Laissez-les vivre un peu, et vous verrez que tout ira mieux !", lança-t-il de sa voix rocailleuse.

L'histoire ne dit pas s'il signa, mais elle retiendra que, depuis cette date, le nombre de textes régissant la vie du pays a doublé : 8 500 lois, quelque 120 000 décrets et arrêtés, sans compter d'innombrables règlements.

Fort de cet illustre précédent, Jacques Myard, éruptif député UMP des Yvelines, n'y est donc pas allé par quatre chemins, jeudi 16 décembre. Ce jour-là, l'Assemblée nationale examinait la Loppsi 2 — traduisez deuxième loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure — et en particulier un article introduit par les sénateurs, en septembre, pour assouplir le système du permis de conduire à points.

"Il existe un profond malaise dans la population sur la question du permis à points", attaqua donc M. Myard. Emporté par son élan, il n'hésita pas à dénoncer un "système complètement imbécile", qui "remet en cause la liberté publique d'aller et venir dans un véhicule", bref une "sorte de guillotine" tombant sur la nuque du pauvre conducteur coupable d'infractions mineures.

L'heure était donc grave. D'autant que M. Myard n'était pas seul, sur les bancs de la majorité, à défendre ainsi le bon peuple automobile, pourchassé par les radars, harcelé par la maréchaussée et, éventuellement, privé de permis de conduire pour de vénielles étourderies. Claude Bodin, Philippe Goujon, Bernard Reynès fustigèrent "ce sentiment de chasse aux automobilistes qui s'est insinué dans notre pays", invitèrent le gouvernement à faire preuve de "tolérance" et à cesser de "traiter les Français comme des enfants".

… Le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, et le rapporteur du texte, Eric Ciotti, durent composer et céder, au moins partiellement, à la fronde de la vaste confrérie des automobilistes en colère.

2010/12/20

Julian-Christ? Crucified by the Empire? Le Monde Prints Opinion Comparing WikiLeaks' Assange to Jesus

First Che Guevara… Now Julian Assange.

Among the half dozen letters to the editor that Le Monde (aka France's newspaper of reference) chose to publish over the weekend in its print edition on the subject of WikiLeaks — besides the letter bemoaning the fate of "the poor American soldier" (PFC Bradley Manning,) who "is risking some 50 years of prison" — is one comparing Julian Assange to none other than Jesus Christ (and Julian's followers to Jesus's disciples).

In the rest of his letter (from Montreal), Christian Feuillette builds on this comparison with bromides such as the one that "in 2000 years, humanity has not evolved and truth is still as hated as ever" and that (therefore) this "enemy of hypocrisy [Julian Assange] will probably end up like Jesus-Christ, crucified by the empire" (Uncle Sam — naturally). But not to worry: the message of this "Christ of modern times" — and what follows is, just to make sure and in so many words, repeated twice in the letter — "will survive him through his disciples and will end by emerging triumphant."
Julian Assange, celui par qui le scandale arrive, et qui menace avec WikiLeaks l'ordre du monde, tout comme l'Evangile le faisait il y a deux mille ans, peut être comparé à un Christ des temps modernes. " Ce fou, cet insensé sublime " (comme disait Nerval), ennemi de l'hypocrisie, était alors celui qui menaçait l'ordre établi et ébranlait les colonnes du Temple. Traqué, condamné par les docteurs de la foi, son message lui survivra à travers ses disciples, et finira par triompher. Julian Assange, sur qui pèse déjà une fatwa des docteurs de l'establishment, finira probablement comme Jésus-Christ, crucifié par l'empire. En deux mille ans, l'humanité n'a guère évolué et on déteste toujours autant la vérité. Pourtant son oeuvre de salut public, relayée par ses disciples et par la magie de l'Internet, finira aussi par triompher.

2010/12/16

WikiLeaks : Les journalistes français "ne considèrent pas forcément que leur premier devoir est de surveiller le pouvoir en place"

Selon les télégrammes diplomatiques obtenus par WikiLeaks, écrit Xavier Ternisien dans Le Monde, les diplomates de l'ambassade des Etats-Unis à Parisexpliquent la situation de la presse en France
par le fait que "les grands journalistes français sont souvent issus des mêmes écoles élitistes que beaucoup de responsables gouvernementaux. Ces journalistes ne considèrent pas forcément que leur premier devoir est de surveiller le pouvoir en place. Nombre d'entre eux se voient plutôt comme des intellectuels, préférant analyser les événements et influencer les lecteurs plutôt que de reporter des faits".

L'ambassade ajoute que "le secteur privé des médias en France – en presse écrite et audiovisuelle – continue d'être dominé par un petit nombre de conglomérats, et les médias français sont plus régulés et soumis aux pressions politiques et commerciales que leurs équivalents américains". Elle insiste sur la montée en puissance des médias Internet, et notamment des blogs, qui sont un moyen d'expression prisé chez les minorités et les organisations non gouvernementales.