2012/10/25

Débat sur l'avenir et sur l'identité même de l'Amérique

L'avenir de l'Amérique, les élections U.S., et l'identité même de la république américaine débattus par un conservateur et une gauchiste

During an intense one-hour debate on the la Locale TV station, with UNESCO's Beseat Kiflé Sélassié moderating, Erik Svane and Ellen Kountz of the Obama à la carte blog discussed everything from the 2012 elections, Mitt Romney, and Barack Obama, to Alexis de Tocqueville, federalism/decentralization, and the very identity of America, as well as the country's future…

2012/10/24

Le parti pris pro-gauche de la presse démontré en une seule phrase

Une brève de Philippe Bernard dans Le Monde va démontrer exactement de quelle manière la presse (tant américaine que française) est profondément et irrémédiablement partisane en faveur de la gauche. Et cela, en une seule phrase…

Lisez plutôt :
Les propositions de la commission [Simpson-Bowles] n'ont pas été adoptées et ses travaux illustrèrent le refus de compromis des républicains, ces derniers accusant le président d'avoir fait capoter des négociations.
Cette phrase peut être coupée en deux parties :

• 1) Les propositions de la commission n'ont pas été adoptées ;

• 2) ses travaux illustrèrent le refus de compromis des républicains (ces derniers accusant le président d'avoir fait capoter des négociations).

Pourquoi cette brève, pourquoi cette phrase, serait-elle partisane ?

Regardez les deux parties de la phrase : La première est au passif. La seconde partie est à l'actif, elle fait intervenir un jugement (masqué sous le couvert de la neutralité journalistique), et elle annonce où il faut attribuer la responsabilité d'un dérapage.

Pourquoi ce choix ?

Pour masquer la responsabilité de la gauche, c'est-à-dire le fait que (première partie) "Les propositions de la commission n'ont pas été adoptées" par… Par qui ? Par Barack Obama!

Une fois que la commission que "Barack Obama avait [lui-même!] créé, en 2010", a fait état de ses propositions, le même Barack Obama les a… ignorés ! (Il a donc ignoré les propositions de sa propre commission…)

Il y a par conséquent une raison éminemment légitime pour laquelle les républicains "accus[ent] le président d'avoir fait capoter des négociations" !

Pour Le Monde, par contre, il s'agit (à tout prix) de diaboliser et de matraquer les Républicains, donc d'eux seuls qu'on fait mention, et ce en leur attribuant la responsabilité — la totalité de la responsabilité — du capotage desdites négociations.

Comme le dit Instapundit :
DOESN’T FIT THE NARRATIVE: Democrats Literally Do Not Want To Debate Simpson-Bowles. “President Obama commissioned former Sen. Alan Simpson and former Clinton chief of staff Erskine Bowles to come up with a deficit reduction plan. When they delivered their plan, Obama ignored them and proceeded to rack up about $5 trillion in new debt for the nation. One might expect that the president’s actions could come up in the presidential debates this fall. But if several Democrats get their way, no questions about Simpson-Bowles will be asked.”
Have you noticed how they [how leftists] always try to rewrite the rules so that they can win without fighting?

• Voir aussi : Le parti pris anti-droite de la presse démontré en une seule phrase

2012/10/23

Taught by public education teachers and indoctrinated by the media about Americans dying in the streets and killing each other

Le président François Hollande a été interpellé par une habitante ce soir à Echirolles (Isère), où il était venu rendre visite aux familles des deux victimes de la rixe mortelle de vendredi. "Mon fils aussi, il a vécu ça. Il n'est pas mort, heureusement. J'allais vous écrire. Vous êtes là aujourd'hui. Ces deux-là, il ne faut pas qu'ils soient morts pour rien", lui a lancé cette femme. "Ils ne le seront pas", lui a répondu le chef de l'Etat. "Il faut que ça change à Grenoble ou Echirolles. C'est devenu le Texas. On est où là, M. le président ? J'ai voté pour vous ! Tous ces gens-là, ils ont voté pour vous !", a poursuivi l'habitante.

"Eh bien, ils ont droit à la sécurité, c'est ce que je suis venu leur apporter. Sécurité, justice et réussite ! Merci !", a répondu François Hollande, accompagné du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. A la suite d'une première dispute, Kevin, étudiant en master, et Sofiane, âgés tous deux de 21 ans, ont été lynchés par un groupe d'une quinzaine de jeunes munis de manches de pioche, de marteaux et de couteaux.
 Carine sniffs about this AFP story:
 2 kids age 21 have been slaughtered near Grenoble by a group of “youths” writes Carine. The “youths” used hammers, knifes and pickaxes handles.

What was the reaction of one of the women there when Hollande visited?

“This must change in Grenoble or Echirolles. This place has become Texas. Where are we, Mr. President ? I voted for you ! All these people, they voted for you! »
Duncan Hill comments:
To compare this to Texas is so ignorant that it doesn't deserve a rebuttal...but, since I can't resist...a more accurate comparison would be Camden, NJ. The murder capital of the US. And they're so broke, they've laid off their police force.

Why can't Europeans accept that their paradise is and always has been an illusion?...that's a rhetorical question. Their problems are their own and comparisons to the US are baseless.
Carine replies:
I’d risk another comparison, and that would be Kinshasa. Look at what the “youths” used as killing “tools.”

Of course any comparison with the U.S. is pointless, but they’ve been taught by public education teachers and indoctrinated by the media about Americans dying in the streets and killing each other. The wild wild west mythology is so engrained in their little heads that, although most have never been to  the U.S., they will tell you “I don’t believe you” when you try to share your experience (Vs. their mythology).

Of course a comparison with Texas is fine, even if ridiculous. But dare the comparison I dared or ask if the “youths” were muslims and you’ll be lynched.
But these people vote.

2012/10/20

Encore des preuves que les Français commencent à craindre la victoire de Mitt Romney

More evidence of French people starting to fear that Barack Obama's presidency is starting to unravel comes from a special issue of Le Nouvel Observateur called Travels Through the America We Love and the America that Scares Us, the good America being the left-leaning USA "of the poor" by Obama, George Clooney, and Scarlett Johansson, and the latter being the USA of "the rich" like Mitt Romney and Arnold Schwarzenegger (an Austrian immigrant?!).

2012/10/19

Le Front National serait l'équivalent du Parti Républicain ? Les électeurs FN sont pour Obama à 70% !


Pour ceux qui affirment, sans la moindre preuve, que le Parti Républicain serait l’équivalent du Front National — alors que Marine Le Pen prône l’intervention de l’État et l'alliance avec la Russie tout en affirmant au New York Times que « Obama est loin à droite de nous » (!!!) —, sachez qu’il s’avère que France-Amérique (merci à Carine) cite un sondage exclusif Harris Interactive pour Marianne (dans lequel on apprend que "88% des Français souhaitent la réélection de Barack Obama le 6 novembre prochain. Son adversaire républicain, Mitt Romney, ne recueille que 10% des voix") :
L'hebdomadaire précise que "les électeurs de droite ne sont guère séduits par le candidat républicain, en principe plus proche de leur famille politique : à peine 21% d’entre eux espèrent en sa victoire. Même les électeurs FN sont pour Obama, à 70% et seuls 26% d’entre eux préfèrent l’homme soutenu par la droite dure américaine".

2012/10/17

La preuve que Le Monde commence à croire à (ou à craindre) la victoire de Mitt Romney

On peut se tromper, mais pendant toute l'ère Obama il n'y a pas eu, ou il y a eu peu, d'articles sur l'enfer cachemarseque qu'est la société américaine, sous tous ses angles (sociale, médicale, raciale, etc etc etc)…

Et voilà que, quelques semaines avant les élections de 2012, ce type d'articles commence à fleurir de nouveau — telle cette série de 10 papiers intitulée "Un Œil sur l'Amérique", avec les photos d'un Carlos Javier Ortiz ou les articles d'un Philippe Bernard qui évoquent par exemple "les nouveaux forçats des champs" ou l'association Remote Area Medical qui "sillonne les Etats-Unis pour dispenser gratuitement des soins médicaux et dentaires aux plus nécessiteux."

Ne serait-ce pas la preuve que Le Monde commence à croire à (ou à craindre) la victoire d'un Mitt Romney ?!

2012/10/11

18h : Débat d'une heure entre un conservateur et une gauchiste

Tous les soirs à 18h du 11 au 21 octobre 2012, on pourra voir sur la Locale le débat (pré-enrégistré) entre un bloggueur conservateur et Ellen Kountz de Obama à la carte, avec Beseat Kiflé Sélassié jouant le rôle de modérateur…

Vous pouvez voir l'émission sur http://www.lalocale.com/
et sur les boxs ADSL :
• BOUYGUES : canal 168
• FREE : canal 206
• Alice : canal 356
• Neuf Box de sfr : canal 338

Le temps du bourreau

Comme son pote Plantu, Serguei ne s'en rend probablement pas compte, mais son dessin sur la Syrie est aussi critique des Nations-Unies que ne le sont les (néo-)conservateurs américains au sujet de l'ONU, diabolisés à souhait…

2012/10/10

Plus ou moins latent, notre antiaméricanisme traditionnel s'en donne à coeur joie lors de l'élection présidentielle américaine

Alors que Le Monde est forcé d'admettre que Mitt Romney confirme sa percée dans les sondages, et alors que Corine Lesnes trouve nécessaire de souligner qu'il est possible que Barack le "Nègre magique" (le "Magical Negro" est aussi connu comme le "Noir super héros") "n'était pas prêt pour la présidence", Olivier Dassault signe une chronique dans laquelle le député UMP lie la réputation négative de Romney en France à notre bon vieux ami, l'antiaméricanisme.
S'il est un courant de pensée toujours très vif en France, c'est bien l'antiaméricanisme. Plus ou moins latent, notre antiaméricanisme traditionnel s'en donne à coeur joie lors de l'élection présidentielle américaine. Il y a quatre ans cependant, la victoire de Barack Obama semblait l'avoir fait disparaître mais l'état de grâce n'eut qu'un temps.

Ce qu'on a appelé "l'obamania" fit du nouveau président l'icône d'une Amérique que l'Europe pourrait aimer de nouveau. Mais, cette année, crise oblige, Barack Obama est redevenu humain, leader d'une puissance vacillante, économiquement affaiblie et divisée. Adieu les rêves, bonjour la réalité !

La réalité d'un monde où la montée en puissance des pays émergents, l'instabilité géopolitique et une crise financière d'une gravité exceptionnelle bouleversent la donne. Les Etats-Unis furent la première victime de cette crise.

En octobre 2009, le taux de chômage y était monté à 10 % de la population active, le plus haut depuis 1981. Depuis, il n'a cessé de diminuer pour atteindre 8,2 %, son plus bas niveau depuis avril 2009. Si cette embellie est à porter au crédit du président Barack Obama, on peut s'interroger sur le coût des moyens mis en oeuvre. Un plan de relance de 831 milliards de dollars (642,9 milliards d'euros) pour un pays qui a déjà une dette de 16 000 milliards de dollars, soit 107 % de son PIB, était-il raisonnable ?

Malgré cet effort, les thuriféraires de la dépense publique n'en furent pas satisfaits, comme le très keynésien Prix Nobel d'économie, Paul Krugman. Christina Romer, ex-présidente du conseil économique de la Maison Blanche, voulait, elle, en porter le montant à 1 800 milliards de dollars.

Solution à la crise

Attaché à la notion de responsabilité, il m'est impossible de souscrire à ce qui en est la négation, à savoir la dépense illimitée dans un contexte de ressources limitées. Et si "en politique, l'absurdité n'est pas un obstacle", comme l'écrivait Napoléon, les réalités budgétaires constitueront toujours des écueils sur lesquels s'échoueront les navires mal pilotés.

Prendre parti dans une élection étrangère depuis Paris n'a pas beaucoup de sens, mais je souhaite mettre en garde contre toute caricature de Mitt Romney et de son colistier, Paul Ryan, libéraux américains fidèles à leurs valeurs, que l'on ne peut juger à l'aune de nos critères européens si l'on souhaite les comprendre.

Républicain ou démocrate, le prochain président devra être celui qui récréera les conditions d'une économie prospère, car nous avons besoin d'une Amérique forte. A eux seuls, les Etats-Unis représentent 20 % du PIB mondial et un tiers des exportations et importations globales. Ils sont, hors Union européenne, le premier "client" de la France (22 milliards d'exportations françaises). Et les échanges euro-américains demeurent le moteur de l'économie mondiale, avec 610 milliards d'euros auxquels il faut ajouter les investissements directs de part et d'autre de l'Atlantique (près de 1 300 milliards d'euros), sans oublier les quinze millions de personnes employées par des sociétés européennes aux Etats-Unis et américaines en Europe.

C'est ensemble qu'Américains et Européens trouveront une solution à la crise, car nous sommes frappés des mêmes maux : hausse de la dette, fragilisation de l'économie et du lien social, réponses politiques inadaptées. La solution pourrait être la création d'une véritable zone de libre-échange regroupant l'Union européenne et les Etats-Unis, voire l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena). Ce projet consisterait à tenter une synthèse de ce que chacun a de meilleur : la capacité d'innovation américaine alliée à celle des Etats européens d'offrir à leurs citoyens des conditions de vie et de développement personnel de très grande qualité.

Un subtil dosage entre le dynamisme américain et l'humanisme européen. Nous avons besoin de la capacité américaine de tirer vers le haut les économies du reste de la planète. A nous ensuite de nous adapter pour profiter de ce nouveau cercle vertueux !

2012/09/28

Cette pudeur de la France vis-à-vis de l'argent — qui est totalement absente aux Etats-Unis — est un vrai problème, car elle peut freiner le développement de la philanthropie

Vice-président de l'Hôpital américain de Paris chargé du mécénat et organisateur de collectes de fonds pour des universités américaines telles que Columbia et Tufts, John Crawford est interviewé par Frédéric Cazenave de Le Monde Argent :
Pourquoi la philanthropie reste-t-elle marginale en France par rapport aux Etats-Unis ?
L'essor du mouvement philanthropique remonte au début du XXe siècle aux Etats-Unis, avec de grands noms comme Andrew Carnegie et les familles Vanderbilt ou Rockefeller. En France, il a fallu attendre les années 1960 pour que l'Etat s'intéresse à cette question. La tradition religieuse a joué un rôle-clé : il existe dans la plupart des religions une obligation morale à faire oeuvre de charité. C'est encore plus vrai pour les grandes fortunes, pour qui léguer une partie de leur richesse est souvent une évidence. Autre différence notable : l'Etat providence, si cher à la France, n'existe pas au même degré outre-Atlantique. Pour les Américains, les individus doivent se prendre en main, prendre en charge la culture, l'éducation... Les dons jouent, par exemple, un rôle primordial dans le fonctionnement des universités privées américaines. Le mécénat permet de financer les bourses des étudiants, d'attirer les plus grands professeurs, de développer la recherche. Sur ce point, le contraste est évident avec la France, même si quelques grandes écoles comme HEC, l'ESSEC ou Insead ont fait preuve d'innovation dans ce domaine.

La France rattrape-t-elle son retard ? 
 Oui, même si seulement 2 000 fondations sont recensées dans l'Hexagone, contre plus de 120 000 aux Etats-Unis. Depuis une trentaine d'années, des incitations fiscales ainsi que de nouveaux outils, comme les fonds de dotation, permettent au mécénat de se développer. La Fondation de France et d'autres, comme la Fondation du Patrimoine, sont très actives auprès des pouvoirs publics afin de créer un environnement favorable. Côté fiscalité, les avantages accordés en France sont, pour le moment, au moins aussi intéressants qu'aux Etats-Unis. En revanche, les Américains bénéficient d'une totale liberté en matière de legs de leur fortune, ce qui n'est pas le cas en France, où la loi protège les intérêts des héritiers. Enfin, côté administratif créer une fondation est beaucoup plus simple aux Etats-Unis qu'en France.

La philanthropie américaine profite aussi de la médiatisation de célébrités comme Bill Gates ou Warren Buffett...
Beaucoup de Français sont de grands philanthropes, ou mécènes, mais souhaitent rester discrets. Pourtant, leur médiatisation serait positive car elle provoquerait un effet d'entraînement. Cette pudeur de la France vis-à-vis de l'argent - qui est totalement absente aux Etats-Unis - est un vrai problème, car elle peut freiner le développement de la philanthropie.

2012/09/25

Au théâtre : Nous avons Dieu en thérapie

Erick Dietrich et Angélique Veillard ont écrit Nous avons Dieu en thérapie pour le théâtre.
Nous avons Dieu en thérapie est une comédie bien menée dans un univers dantesque. Avec un ton léger, sont abordées deux thématiques complexes : la psychologie et la religion. Le schéma traditionnel du huis clos pesant, que l'on s imagine d un cabinet de psy, est renversé : les personnages bibliques se livrent dans ce confessionnal. Fragiles et aux nombreuses blessures, ils sont drôles et excessifs. Le texte mêle les registres, avec des répliques empreintes d'humour et souvent licencieuses. En faisant leur mea culpa, ces patients hors normes ouvrent la boîte de Pandore des névroses psychologiques sur un ton parfois scabreux visant à briser les tabous sexuels. Toutes les angoisses, les frustrations, les émotions ressurgissent dans ce purgatoire de l'absurde. Les patients, les thérapeutes, y compris la secrétaire gardienne des lieux , font l'aveu de leurs "péchés" dans l'espoir de recevoir l'absolution.

2012/09/24

La France n'est pas une vieille femme mourante, mais une belle adolescente enfermée dans sa chambre, qui n'a plus confiance en elle, alors qu'elle regorge de capacités

Sur le plan des références intellectuelles, la droite doit, dans un premier temps, se réconcilier avec la confiance dans l'individu
écrit Mathieu Laine, directeur d'Altermind et enseignant à Sciences Po, dans Le Monde.
Le sarkozysme, qui est un ultra-constructivisme, a péché par surinterventionnisme. En cela, il était certes incontestablement de droite. Mais pas une droite moderne : la droite réactionnaire, héritière de Louis de Bonald et de Joseph de Maistre, défiants à l'encontre de la liberté et confiants dans "un roi tuteur" d'un peuple incapable de se gouverner lui-même.

Et il était également incroyablement de gauche. De ce socialisme ancien, obsédé par le mirage de la justice sociale, convaincu hélas que la relance, dont on a fait des "plans", est forcément keynésienne et passe par une demande nourrie de fonds publics. Le résultat est connu : la bulle de la dette privée s'est transformée en bulle de la dette publique, la fiscalité s'est accrue, l'effort et l'innovation ont, en conséquence, été pénalisés, la croissance s'est éteinte, le chômage a retrouvé ses courbes ascendantes, le poids de l'Etat a augmenté. Et Nicolas Sarkozy, malgré et sans doute à cause d'un durcissement nationaliste-protectionniste, de la promesse de faire lui aussi payer des riches qu'il irait même chasser au-delà des frontières et celle de nous protéger tous contre les malheurs de la vie, a échoué.

… La vraie modernité n'est pas dans l'agitation. Elle règne dans la compréhension de l'action humaine, de cette capacité de chacun à s'adapter, à répondre à des incitations pour améliorer son bien-être. Le politique doit descendre de son piédestal, ne plus raisonner macro mais micro, et cesser de vouloir changer l'homme, mais le respecter.

Comprendre, par exemple, avant de se précipiter dans la surenchère fiscale pour combler des trous budgétaires, ce dont a besoin un entrepreneur pour construire, créer des emplois et avoir envie de le faire en France. Percevoir que de nouvelles solidarités s'orchestreront, avec plus d'efficacité, le jour où l'on ne dépensera plus, comme aujourd'hui, près de 600 milliards de dépenses sociales par an (ce qui n'est tout simplement plus tenable). Cesser de vouloir tout régenter, tout contrôler. Dire la vérité, mais retrouver aussi un discours optimiste. La France n'est pas une vieille femme mourante, mais une belle adolescente enfermée dans sa chambre, qui n'a plus confiance en elle, a peur des autres comme d'elle-même, alors qu'elle regorge de capacités. Mais on lui parle mal. On dicte à chacun ce qu'il doit faire, ne pas faire, quand il faudrait lui refaire confiance, lui parler en adulte libre et responsable.

2012/09/17

Un lecteur qui évoque "les Etats-Uniens" appelle Mitt Romney pire que Reagan et Bush ? Le Monde publie 4 de ses courriers en moins d'un mois

Un lecteur qui aime utiliser expression les Etats-Uniens (ou l'un de ses dérivés) fait une caricature grotesque de Mitt Romney en l'appelant pire que Reagan et Deubeliou réunis ? Le Monde publie quatre courriers d'André Fromon en moins d'un mois !

Article paru dans l'édition du 12.09.12

Romney = Reagan & Bush Jr ?


'attelage du milliardaire mormon et du catholique professionnel de la politique s'apprête à refaire la bonne politique dite « Reaganomics » qui a mené, avec celle de Bush Jr, leur pays et le monde là où il est, en crise gravissime : conforter les milliardaires ; couper les maigres vivres des chômeurs et des vieux ; déréguler encore et toujours la finance en dépit du bon sens et de l'expérience, augmenter, sinon conforter le Pentagone dans ses dépenses insensées ; vouloir faire revivre le « big stick » de Theodore Roosevelt, etc. Consternant. Et toujours le poids de la religion dans un pays en principe laïc et séparé de l'Eglise. Bien sûr, ce ne sont que des bateleurs d'estrade tentant de faire accroire à leur peuple qu'il n'est pas sur le déclin - bien que la majorité le croie -, mais ce spectacle d'apprentis sorciers laisse songeur. Bush Jr est reconnu dans son pays comme ayant été le pire de ses 44 présidents. Apparemment, le record est à battre.  
André Fromon, 
Strasbourg

2012/09/11

Que l'Amérique pervertisse le monde, cela va sans dire et fait consensus, de l'extrême droite à l'extrême gauche

Ce qui surprend surtout Bruno Chaouat dans l'affaire Eloge littéraire d'Anders Breivik (Langue fantôme, Pierre-Guillaume de Roux, 120 p, 16 euros), écrit-il dans Le Monde (avec réactions des lecteurs), c'est l'aveuglement de la critique :
écrivains et journalistes se sont montrés prompts à dénoncer le racisme et l'islamophobie de Richard Millet. Soit. Mais nul n'a identifié l'ennemi de l'écrivain. Or, la véritable hantise de Millet, ce ne sont ni les Noirs ni les Arabes (tout lecteur un peu attentif sait qu'il a une grande admiration pour la culture arabe). Son idée fixe, c'est l'Amérique.

C'est que, fidèle à une longue tradition française, Millet identifie l'Amérique et « l'américanisation » de la France, de l'Europe, voire du monde, comme la causalité diabolique du déclin de l'Occident. On reconnaît le tropisme antiaméricain à ce qu'aucun paradoxe ne l'arrête. Ainsi, selon lui, l'Amérique serait responsable à la fois de la montée de l'islam en Europe et de l'islamophobie génocidaire du terroriste norvégien. Le paradoxe ne semble pas avoir suscité l'interrogation des lecteurs français, et pour cause : l'antiaméricanisme est inscrit dans l'ADN de l'intelligentsia française. Que l'Amérique pervertisse le monde, cela va sans dire et fait consensus, de l'extrême droite à l'extrême gauche.

Mais si, à l'extrême gauche, l'Amérique est raciste, violente, esclavagiste et impérialiste, selon Millet elle est responsable de l'effémination, du métissage, de la virtualisation de l'expérience, et du déclin de l'esprit européen. Il y a une dizaine d'années, Philippe Roger (L'Ennemi américain, Le Seuil, 2002) avait montré à quel point les écrivains et intellectuels français depuis le XVIIIe siècle projettent leur angoisse identitaire sur l'Amérique. En 1930, Georges Duhamel imputait à celle-ci, par un tour de force défiant toute logique, à la fois le racisme et le métissage. Injuste avec les Noirs, bien plus raciste que la France, l'Amérique annonçait pour Duhamel l'avenir effrayant de l'Europe, voire du monde, à savoir, le délétère mélange des races...

Ne pouvant échapper depuis quelques mois aux débats électoraux, j'atteste que Millet a tort de voir en Amérique la prima causa de ce qu'il déplore pour la France et les « vieilles nations chrétiennes ». Millet se dit ostracisé comme Blanc, chrétien et hétérosexuel. Or, parmi les principaux enjeux de la prochaine élection présidentielle, sont le mariage homosexuel et l'avortement. Imagine-t-on ces questions, qui ressortissent au théologico-politique, au centre d'une élection française ?

Rappelons que le président des Etats-Unis prête serment sur la Bible plus souvent qu'à son tour, faisant des Etats-Unis un pays où la séparation de droit entre l'Eglise et l'Etat est une coquetterie que les Pères fondateurs pouvaient se permettre, confiants qu'ils étaient dans l'influence et la pérennité du christianisme dans la vie publique. Deux tiers des juges à la Cour suprême sont catholiques, chrétiens non seulement par l'accident de la naissance et du baptême, mais chrétiens de coeur et de conviction.

La tradition chrétienne de l'Amérique est si sûre d'elle-même qu'on n'y a pas à « craindre » de processus d'islamisation de la société, pour autant que c'est dans le vide spirituel et religieux, dans l'abîme ouvert par la mort de Dieu que s'engouffre l'islamisme en Europe. Quant à l'effémination, hormis le type dit du « métrosexuel », répandu dans les grandes villes d'Occident, l'Américain, jaloux de ses armes à feu, est loin d'être dévirilisé. Pour avoir lu Richard Millet, je crois savoir qu'il ne dédaigne pas les fines gâchettes.

Enfin, Richard Millet se plaint à juste titre du chantage au pénal et du bâillonnement de la liberté d'expression en France. J'invite donc le premier éditeur français à avoir promu un Goncourt américain (Jonathan Littell) à s'expatrier aux Etats-Unis où la liberté de la presse n'est pas un vain mot et où les « mal-pensants » ne s'exposent qu'à la censure de l'opinion.

2012/09/10

Face au "rythme soutenu des assassinats" à Marseille


'ARMÉE pour garantir la sécurité dans les quartiers ?
demandent Laurent Borredon dans Le Monde (qui inclut aussi un article de Sylvia Zappi) tandis que les Français critiquent la violence chez ces fous des armes à feu aux États-Unis.
Bien sûr, ils ont été un peu piqués au vif, les flics marseillais, par la proposition de la sénatrice PS, Samia Ghali, le 30 août dans La Provence. Mais la déclaration les a placés face à leur bilan. Alors ils sont montés au créneau, avec en tête le premier d'entre eux, le préfet délégué à la sécurité, Alain Gardère, qui est allé jusqu'à assurer, le 31 août, sur RTL, que Marseille est « plutôt une ville paisible ». Depuis janvier, 14 personnes ont trouvé la mort dans des règlements de comptes par armes à feu liés au trafic de stupéfiants. Sans compter ces corps calcinés découverts dans les villes qui jouxtent les quartiers nord, ou cet homme qui est mort, le 12 février, de huit coups de couteau, dans la cité de Frais-Vallons. Il était sorti de prison le jour même.

« On essaie de faire face, on n'est pas démotivé », assure un responsable de la PJ locale. Mais, avec le rythme soutenu des assassinats, une affaire chasse l'autre. Le début de l'année est représentatif : du 12 février au 28 mai, pas moins de onze morts dans des règlements de comptes en seize semaines, rien qu'à Marseille. Le problème d'affichage réside dans le décalage - inévitable en police judiciaire - entre les faits et leur résolution. « Ce ne sont pas des trucs qu'on peut régler en un claquement de doigts, il faut faire un gros travail de terrain. La police technique et scientifique nous aide, mais les délais sont longs. Tout ça est incompréhensible pour le grand public », explique un haut responsable parisien, passé par Marseille, comme beaucoup. « Tout est compliqué par la loi du silence », ajoute un responsable marseillais …
« Poser le bon diagnostic »
Car si les règlements de comptes ont toujours existé à Marseille (dans les années 1980 ou 1990, le chiffre évoluait déjà entre 15 et 20 par an), la ville connaît une recrudescence, depuis 2008, à rebours de la situation nationale. En 2011, près d'un tiers des meurtres entre truands en France ont eu lieu dans les Bouches-du-Rhône. Et 2012 s'annonce comme une année record.

2012/09/04

100 médailles d'or aux JO ?

Et voilà que de nouveau — dans une parade d'adulation de l'Europe contre le "nationalisme ferment" qui semble revenir tous les quatre ans —, d'aucuns nous sortent les statistique bidons de l'explosion de médailles que pourrait gagner et que pourrait avoir gagné l'Europe aux Jeux Olympiques si seulement elle était unie :

100 médailles d'or aux JO !

Peut-on comparer les Etats-Unis (310 millions d'habitants) avec la France (65 millions) ? Si le tableau d'honneur mettait en équivalence les populations, l'Europe serait la grande gagnante des JO de Londres : de la Grande-Bretagne (29) à la Lettonie (1), quelque vingt pays ont rapporté à l'Europe un total de 100 médailles d'or ! Deux fois plus que les Etats-Unis (46), presque trois fois la Chine (38), quatre fois la Russie (24) ! Est-on enfermé dans un nationalisme ferment de divisions que les JO entretiendraient indéfiniment ? Question subsidiaire : l'Europe existe-t-elle ?


Pierre Chalier,
Toulouse

Pourquoi des statistiques bidon ?!

Élémentaire, mon cher Watson!

Tous les quatre ans, donc, il y a quelqu'un qui nous sort le vieux refrain que si seulement l'Europe était unie, elle rapporterait une montagne de médailles.

Mais il faut savoir choisir : Si vous voulez avoir une équipe (trans)nationale européenne, il va de soi que la logique demande de mettre fin à la trentaine d'équipes des nations membres de l'UE. Passant outre le fait que le spectateur de Marseille ne va pas nécessairement trouvertrès passionnant de voir un athlète danois et que le spectateur de Copenhague ne va pas trouver d'un intérêt extrême de voir un athlète polonais, on ne peut demander à avoir le beur et l'argent du beur.

Si l'Europe était unie, les Européens ne pourraient mettre la vingtaine d'équipes en compétition mentionnés par Pierre Chalier puisque, logiquement, ils n'y aurait pas lieu pour une équipe (trans)nationale d'entrer en compétition entre eux.

Pour faire la comparaison, il faudrait alors laisser aux Américains le droit de mettre 50 fois plus d'athlètes en compétition, un par État de la Fédération américaine, et qu'en fin des jeux, on additionne toutes ces médailles pour un total au nom des seuls États-Unis !

Ils ne s'en rendent pas compte, mais ce que demandent les champions de l'Europe (il n'y a rien de mal en soi, évidemment, à être champion de l'Europe), c'est le beurre et l'argent du beurre ; ou, en termes moins diplomatiques, de la triche…

2012/09/03

Tandis que les Français critiquent la violence aux USA, on appelle à l'armée française à intervenir à Marseille

"Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et puis pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir", affirme Samia Ghali dans La Provence.

Tandis que les Français critiquent la société hyper-violente des USA, Laurent Borredon avec David Revault d'Allonnes nous apprend que
la sénatrice PS Samia Ghali a appelé à ce que l'armée intervienne dans les quartiers nord [ de Marseille], dans un entretien à La Provence. La veille, un nouveau règlement de compte, le dix-neuvième depuis janvier, avait fait une victime – la quatorzième sur la même période.
L'armée, il n'en est pas question, se sont hâtés de rappeler le ministre de l'intérieur, le premier ministre, et même le président de la République, depuis Madrid : "L'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers de notre République." Mais le gouvernement, lancé en cette rentrée dans une grande offensive de reconquête d'une opinion qui doute de l'activité de l'exécutif, ne veut pas être pris en flagrant délit de passivité sur ce dossier. Jean-Marc Ayrault a convoqué un comité interministériel, jeudi 6 septembre. Il réunira les ministres de l'intérieur, de la justice, de l'éducation, de la ville, de la réforme de l'Etat, du redressement productif et de l'économie et des finances.

"C'EST TOUTE LA CHAÎNE QU'IL FAUT RENOUVELER"

Branle-bas de combat ?

… les règlements de comptes, eux, n'ont jamais cessé, notamment dans les cités des quartiers nord. "Il n'a rien changé", estime un policier marseillais.
A COURT DE SOLUTIONS

A Marseille, les policiers semblent à court de solutions. "Ça ne sert plus à rien d'envoyer un car de CRS pour arrêter des dealers. Quand dix d'entre eux sont arrêtés, dix autres reprennent le flambeau. C'est comme combattre une fourmilière", explique Mme Ghali, maire des 15e et 16e arrondissements, dans son entretien à La Provence। Fin 2010, l'opération Brennus – une série de descentes policières dans les cités, décrétée après la mort par balles d'un adolescent de 16 ans – avait ainsi échoué.

"Quand on parle de Marseille, on pense, comme ailleurs en France, violences urbaines et règlements de compte de cités. Alors qu'il s'agit déjà de banditisme, de jeunes qui obéissent aux lois du milieu. C'est un problème de police judiciaire et de réponse pénale", juge pour sa part Bruno Beschizza, secrétaire national de l'UMP.

2012/09/02

L'ONU: Plantu imite la critique de tous ces conservateurs US honnis

Sans s'en rendre compte, Plantu se fait écho de la critique des conservateurs américains honnis à propos des Nations Unies…