2013/09/23

François Hollande et Joachim Gauck à Oradour-sur-Glane


S'il fallait ne retenir qu'un seul moment, ce serait celui-ci
écrit Thomas Wieder dans Le Monde (vidéo) :
Il est 14 h 46 dans la petite église d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), ce mercredi 4 septembre, quand François Hollande et Joachim Gauck s'avancent dans la nef désormais sans toit où les SS de la division « Das Reich » enfermèrent puis exterminèrent près de 400 femmes et enfants dans l'après-midi du 10 juin 1944. …

Emotion contenue

De ces discours, prononcés sur l'esplanade qui sépare les ruines du village martyr du bourg reconstruit après la guerre, que retenir ? Chez Joachim Gauck, l'ancien pasteur d'Allemagne de l'Est, une longue réflexion sur la notion de « culpabilité », nourrie des écrits du psychiatre et philosophe Karl Jaspers. Des mots forts, aussi, adressés aux familles des 642 victimes : « Je partage votre amertume par rapport au fait que des assassins n'ont pas eu à rendre de comptes ; votre amertume est la mienne, je l'emporte avec moi en Allemagne et je ne resterai pas muet. »

Chez François Hollande, la tonalité fut beaucoup plus politique, avec notamment deux allusions. L'une, explicite, aux « malgré- nous »,
ces Français d'Alsace et de Moselle qui combattirent sous l'uniforme allemand et dont Nicolas Sarkozy affirma, en 2010, qu'ils étaient « les victimes d'un véritable crime de guerre ». A Oradour, où des « malgré-nous » ont participé à la tuerie de 1944, la phrase avait choqué. M. Hollande s'est voulu plus rond que son prédécesseur. « Il a fallu des décennies pour que soit reconnu le drame des incorporés de force et que le Limousin et l'Alsace fassent la paix des mémoires. »

L'autre allusion, implicite, concerna la Syrie. Le mot ne fut pas prononcé, mais tout le monde comprit la référence lorsque François Hollande lança à Joachim Gauck : « Votre présence, monsieur le Président, est bien plus qu'un symbole, c'est une promesse de défendre les droits de l'Homme chaque fois qu'ils sont violés près de chez nous ou loin d'ici. »

 … Après Adenauer et de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises, le 14 septembre 1958, après Kohl et Mitterrand à Verdun, le 22 septembre 1984, il faudra désormais ajouter cette image à l'album de la réconciliation franco-allemande : François Hollande et Joachim Gauck, à Oradour-sur-Glane, le 4 septembre 2013.

Quant à Gérard Courtois, il écrit que
"Seule la vérité fonde la réconciliation", [aurait pu déclarer François Hollande], comme il l'a fait, le 4 septembre, en accueillant le président allemand, Joachim Gauck, à Oradour-sur-Glane, sur le lieu même du "crime contre l'humanité" commis le 10 juin 1944 par la division SS Das Reich.

Après d'autres, le geste des deux présidents réunis dans la même émotion ne manquait pas d'allure pour exprimer l'amitié franco-allemande, à l'orée de la double commémoration, en 2014, du centenaire de la première guerre mondiale et des soixante-dix ans de la Libération.

Thomas Wieder :
Longtemps, les représentants de l'Etat ne seront pas les bienvenus à Oradour. Le 21 mai 1962, le général de Gaulle s'y arrête. L'accueil est "sympathique et bruyant", note l'envoyé spécial du Monde. Mais le chef de l'Etat laisse les habitants sur leur faim. Ceux-ci attendent un engagement fort en faveur de l'extradition du général Lammerding, l'ancien commandant de la division Das Reich, condamné à mort par contumace à Bordeaux en 1953, et qui mène alors une vie tranquille d'ingénieur à Düsseldorf. "L'affaire se poursuit", se contente de répondre de Gaulle, qui invoque les "barrières internationales" empêchant l'extradition. Lammerding mourra en 1971, sans avoir été inquiété.

2013/09/22

Conduire très vite est interdit, alors que cette activité (sur autoroute) permet de contrecarrer la cause la plus répandue d'accidents mortels, la distraction et la somnolence

Article dans un journal technologique américain :

À quel point est-ce DANGEREUX de RÊVASSER derrière le volant ?

Quelques réflexions :

• 5 fois plus d'accidents mortels sont dûs à la rêvasserie qu'à l'utilistation du téléphone portable par le conducteur (que ce soit pour parler ou même pour… écrire des textos!)

• Si/quand on conduit (très) vite, on n'a pas tendance à rêvasser, mais à… être alerte.

Parler au téléphone est interdit, et conduire très vite est interdit, alors que cette dernière activité (sur autoroute, s'entend) permet de contrecarrer la cause la plus répandue d'accidents mortels (sur autoroute), la distraction et la somnolence…
Daydreaming can't be eliminated, only minimized.

Just how dangerous is daydreaming while driving? When the Erie Insurance Group studied 65,000 fatal crashes over a two-year span (2010–11), its researchers found that one in 10 were attributed to driver distraction, and 62 percent were blamed on daydreaming—five times as many as talking or texting on a mobile phone. The study was based on a nationwide database, kept by the National Highway Traffic Safety Administration, called the Fatality Analysis Reporting System, or FARS, that tracks all vehicle deaths. "The results were disturbing," says Erie senior vice president Doug Smith.

What's sneaky about daydream driving is that you may feel totally aware of your environment but be out of conscious contact with it. You're not really seeing what you're looking at. For example, most of us know the sensation of suddenly snapping to attention during a long stretch of highway or getting home from a drive and not remembering parts of the trip.
Entretemps, nous apprenons que l'Utah suit le Texas et augmente sa limite de vitesse sur plusieurs autoroutes à presque 140 km/h — et cela, parce que cela rend la route "plus sûre".
KSL News reports that yesterday the Utah Department of Transportation (UDOT) installed 80 MPH signs on some of its rural highways after multi-year studies found that higher speed limits would be safer than lower ones.
"We had to look at geometry and speed ... speed-related crashes, just to see if it made sense," said John Gleason of UDOT. "And in these designated areas ... 80 miles per hour is the optimal speed."
KSL News goes on to point out that UDOT's recently-concluded study found that vehicle crashes decreased slightly in existing 80 MPH zones. They attributed the new safety to more vehicles traveling at the same speed. If that sounds familiar, it's because the 'Speed Kills Your Pocketbook' video says pretty much the exact same thing.

Not every road deserves higher speeds, but it's good to see that one state government is listening to reason and raising limits where appropriate.

The Venezuelan State's Occupy "Movement": The Victory of Socialism!


A Venezuelan state agency on Friday ordered the temporary takeover of a factory that produces toilet paper 
writes Reuters (gracias para Hervé),
in what it called an effort to ensure consistent supplies after embarrassing shortages earlier this year.

Critics of President Nicolas Maduro say the nagging shortages of products ranging from bathroom tissue to milk are a sign his socialist government's rigid price and currency controls are failing. They have also used the situation to poke fun at his administration on social media networks.

 A national agency called Sundecop, which enforces price controls, said in a statement it would occupy one of the factories belonging to paper producer Manpa for 15 days, adding that National Guard troops would "safeguard" the facility.
Frenchman Hervé writes
Having grown in a staunch Socialist country, I was always told Socialism is the Glorious Path to a Bright and Enlightened Future, where great intellectuals will be describing the greatness of Socialism while sipping delicious cocktails, sitting on chairs at tables overlooking the happy proletariat running naked in the fields, laughing and chanting with butterfields and pink rabbits.

Well, they gotta start some place: no running naked after pink rabbits and butterflies if you don't wipe your ass, comrade.

2013/09/21

"Cela fait 40 ans que le système judiciaire persécute la paternité ; Les pères sont écartés, diffamés, évincés"

Les mois passent, et les actions spectaculaires de pères qui se disent privés de leurs enfants ne faiblissent pas
écrit Gaëlle Dupont dans Le Monde.
Ils montent sur des grues, occupent des cathédrales, parcourent la France à pied...

Dimanche 15 septembre, une manifestation est organisée à Paris par le Collectif pour la coparentalité (Copco), association fondée par Nicolas Moreno, le père de deux enfants de 2 et 3 ans qu'il voit une fois par mois et pendant les vacances scolaires. "Je ne suis pas misogyne, je ne suis pas masculiniste, affirme-t-il. Je veux simplement être auprès de mes enfants." …

"LE SYSTÈME JUDICIAIRE PERSÉCUTE LA PATERNITÉ"

Pourquoi une telle floraison d'initiatives ? "Il y a un malaise général, répond Philippe Veysset, porte-parole du Collectif de la grue jaune. Cela fait quarante ans que le système judiciaire persécute la paternité. Les pères sont écartés, diffamés, évincés." …



"Il y a les victimes qui se voient et aussi celles qui ne se voient pas, souligne Jean Latizeau, porte-parole de SOS Papa. Il n'est pas étonnant que les pères ne demandent pas quelque chose qu'ils ont très peu de chance d'obtenir."

Les propos tenus par Serge Charnay sur les "bonnes femmes" qui nous gouvernent, la mise en cause "des magistrates" (par Philippe Veysset par exemple) peuvent laisser penser qu'il y a là un mouvement qui en veut aux femmes, voire qui souhaiterait rétablir la suprématie masculine. …

PAS DE RÉSIDENCE ALTERNÉE "PAR DÉFAUT"

Mais il n'y a aucune unité dans ce mouvement éclaté. Chacun défend sa cause, raconte son histoire, en mettant plus ou moins violemment en cause la justice, sans qu'il soit possible de déterminer la part des faits et des affects dans les discours. Certaines associations, certains individus, tiennent bien un discours égalitaire.

Un mot d'ordre les met cependant tous d'accord : faire de la résidence alternée la solution "par défaut" en cas de séparation. En clair, que celle-ci s'impose, sauf en cas d'impossibilité matérielle ou de désaccord de l'un des parents, qui devrait être justifié. Selon eux, seul ce basculement permettrait de faire bouger les lignes. Il est vrai qu'au sein des couples comme chez les magistrats, l'idée que la femme doit s'occuper des enfants continue de prévaloir.
Dans son livre Taken Into Custody (The War Against Fathers, Marriage, and the Family), Stephen Baskerville dit que
ce qui nous confrontons ici est une machine bureaucratique d'une espèce que nous n'avons jamais vue auparavant … car couper le lien intime entre les parents et leurs enfants menace les libertés de chacun d'entre nous

 ... La croissance de cette machine a été accompagnée par une gigantesque campagne de propagande afin de justifier des mesures punitives contre des citoyens qui n'ont été condamnés pour aucun crime.

2013/09/20

"Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux à Marseille, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir"


Voici deux jours pourtant que le Petit-Colombes, zone urbaine sensible (ZUS) de cette ville des Hauts-de-Seine, vit dans un climat rendu tendu par des tirs échangés entre bandes de petits dealers de deux cités
écrit Sylvia Zappi dans Le Monde à propos d'une ville dans le pays qui, contrairement à l'Amérique, serait à l'abri des passionnés de la violence et des armes à feu.
C'est dans cette dernière que, dans la nuit de lundi à mardi, un homme a été blessé aux jambes par balles de calibre 9 mm. Mardi, un groupe de jeunes a tiré sur le conducteur d'un véhicule qui a pris la fuite sans qu'on sache s'il a été touché. Ces règlements de comptes rappellent la série des 15 agressions par arme à feu comptabilisées entre octobre 2011 et janvier 2013. En juin, des perquisitions avaient permis de saisir drogues et armes et conduit à douze interpellations.

"APPROPRIATION DU TERRITOIRE"

Le maire, Philippe Sarre (PS), s'est empressé de comparer la situation de sa ville avec celle de Marseille. Un rapprochement qui a choqué certains élus et habitants.

Concernant la ville phocéenne, justement :
En s'interrogeant, mardi 12 septembre, sur i-Télé, sur l'opportunité d'envoyer l'armée contribuer à ramener l'ordre à Marseille, Ségolène Royal a relancé une polémique pourtant tranchée il y a un an par le chef de l'Etat. "Marseille n'est pas en guerre, a reconnu l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle. Cela dit, puisqu'il y a des armes de guerre qui sont disséminées, pourquoi ne pas imaginer une coopération entre la police et l'armée pour saisir et détruire ces armes de guerre ?"  Selon un sondage (méthode des quotas,  échantillon représentatif de 944 personnes) réalisé pour le HuffingtonPost, 57% des Français seraient favorables à une telle intervention.  … 
  • Que demandent les politiques favorables à une intervention ?
La sénatrice et maire PS du 8e secteur de Marseille, Samia Ghali, avait appelé en août 2012 à un recours à l'armée pour lutter contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers nord de la ville. "Ça ne sert plus à rien d'envoyer un car de CRS pour arrêter des dealers. Quand dix d'entre eux sont arrêtés, dix autres reprennent le flambeau ! déclarait-elle dans un entretien à La Provence. C'est comme combattre une fourmilière. Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et puis pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages."

2013/09/19

En France, même le trafic de cannabis est imposable


Lorsqu'il a été condamné, le 15 avril 2011, à trois ans de prison pour trafic de stupéfiants par le tribunal de Nanterre, Farid, 37 ans, s'imaginait que la sanction s'arrêterait là,
écrit ,
et qu'une fois sa peine purgée, il pourrait redémarrer de zéro. Mais le 5 décembre 2012, deux semaines avant sa sortie de prison, il reçoit un courrier de mise en demeure de la direction générale des finances publiques lui réclamant 23 933 euros d'impôts sur le revenu et 15 227 euros au titre des prélèvements sociaux. "A payer immédiatement", sur la base de la somme issue du trafic de stupéfiant saisie lors de son interpellation.

Lorsque les policiers avaient arrêté Farid dans son appartement cossu des Hauts-de-Seine, ils avaient trouvé 305 grammes de résine de cannabis dans une boîte de cigares et 60 700 euros en liquide. L'Agence de gestion et
de recouvrement des avoirs saisis et confisqués avait saisi cette somme, ainsi que les soldes de ses comptes bancaires, une voiture et un scooter.

A la réception du courrier, Farid pense à une erreur : "Dans ma tête, ce trafic était un dépannage, pas un vrai travail, c'est pas imposable." En fait, une loi de finances de 2009 a créé une "présomption de revenus pour les personnes qui se livrent à certains trafics délictueux et met en place un dispositif de taxation forfaitaire en fonction du train de vie. (...) Rien n'empêche l'imposition de revenus issus d'activités lucratives non déclarées et illicites comme le trafic de stupéfiants."

A sa sortie de prison, dans le cadre d'un sursis avec mise à l'épreuve, Farid a obtenu un contrat aidé de serveur dans une entreprise d'insertion, payé au smic et choisi de solliciter un délai de paiement. Le fisc lui accorde un échelonnement pour une partie de sa dette (à raison de 50 euros par mois).

2013/09/18

Soutien de Nice et de Facebook (1,5 millions de Likes) pour le bijoutier de Nice qui a abattu un criminel


Stephan Turk a découvert ce week-end qu'il était, pour de nombreux Français, "un héros"
écrivent Louis Imbert et Paul Barelli.
La ville de Nice fait bloc derrière le bijoutier de 67 ans, mis en examen, vendredi 13 septembre, pour homicide volontaire et détention illicite d'arme, après avoir tué, mercredi, un jeune de 19 ans qui venait de braquer sa boutique et prenait la fuite en scooter. Lundi, des associations de commerçants appelaient à un rassemblement de soutien et incitaient leurs membres à baisser leur rideau pendant un quart d'heure. Vers 15 heures, ils étaient entre huit cents et mille à répondre à l'appel.

Les manifestations de sympathie dépassent largement le cadre niçois. Assigné à résidence avec un bracelet électronique dans un lieu situé à l'écart de la ville, Stephan Turk a été rejoint, ce week-end, par son fils Yahya. Celui-ci avait imprimé des dizaines de messages pour son père, postés par des inconnus sur une page de soutien au bijoutier sur Facebook suivie, lundi, par 1,5 million de personnes. Samedi, Stephan Turk, qui plaide la légitime défense, tentait de comprendre quelque chose à ce flot d'éloges.


Son fils voit dans cette vague de soutien un "ras-le-bol contre l'insécurité". Il évoque une "société coupée en deux : il y a ceux qui se lèvent le matin pour travailler, qui en ont marre de payer autant d'impôts et de ne pas se sentir en sécurité" – et il y a les autres. Il apprécie le soutien exprimé par le député et maire (UMP) de Nice, Christian Estrosi, "qui m'a appelé dès les premiers moments", et celui d'Eric Ciotti, député (UMP) des Alpes-maritimes. Samedi, M. Estrosi déclarait sur Twitter : "La première victime, celle qui a été menacée de mort, c'est le bijoutier et je suis toujours du côté des victimes."

LE BIJOUTIER FAIT FEU À TROIS REPRISES


Selon le parquet et les enquêteurs, Stephan Turk a été agressé alors qu'il levait le rideau métallique de sa boutique, vers 8 h 45 dans le quartier central de Notre-Dame. Le visage couvert par des casques, gantés, les deux hommes sont armés, l'un d'un fusil à pompe, l'autre d'un pistolet automatique. Ils ordonnent au bijoutier d'ouvrir le coffre-fort, que l'un vide tandis que l'autre tient Stephan Turk en joue avec le fusil.
Quand les deux complices emportent leur butin, le bijoutier se saisit d'un pistolet calibre 7.65, qu'il détient sans permis. Il le charge et s'accroupit sous le rideau de fer. Au moment où le scooter T-Max démarre, le bijoutier fait feu à trois reprises. Anthony, atteint d'une balle dans le dos, s'écroule 200 mètres plus loin.

2013/09/16

Au pays de la non-violence, un homme "a été abattu comme un animal"


Heureusement que les armes ne sont pas en vente libre en Europe comme chez ces abrutis d'Amerloques rétrogrades et réactionnaires. Ainsi les armes à feu sont mis hors la loi et ne sont entre les mains de personne. Sauf, évidemment, entre les mains des criminels et d'autres… hors-la-loi — qui sont des personnes qui (comme c'est étrange, comme c'est inattendu) ne… respectent point… la loi.

Ainsi, nous apprend l'AFP,
Alors que deux hommes ont été tués par balle, jeudi 5 septembre à Marseille et dans sa région, la préfecture a annoncé une table ronde sur la sécurité samedi matin en présence de l'ensemble des élus et parlementaires de cette ville
 
LE FILS DU DIRECTEUR SPORTIF DE L'OM ABATTU
La région marseillaise a été le théâtre, dans la journée de jeudi, de deux nouveaux règlements de comptes, après un été marqué par une série d'homicides et d'agressions.
En effet, selon Luc Leroux et Laurent Télo, l'un d'entre eux n'est autre que le fils du
directeur sportif de l'Olympique de Marseille depuis 2005 [Le fils de José Anigo] a été abattu, jeudi 5 septembre en milieu d'après-midi, par deux hommes vêtus de noir, casqués et gantés alors qu'il se trouvait au volant d'un véhicule de location. Adrien Anigo, 30 ans, était arrêté à un feu tricolore sur une voie rapide du 13e arrondissement de Marseille. Sur un scooter de forte cylindrée, ses assassins auraient remonté la file des véhicules à l'arrêt. Entre dix et quinze coups de feu provenant d'armes de calibre 9 mm et 11.43 ont été tirés sur le conducteur du véhicule. Selon des témoins, le scooter s'est rapidement noyé dans la circulation. La victime n'était pas armée.

Comme en atteste la venue sur les lieux d'un représentant du parquet de la juridiction interrégionale spécialisée dans la lutte contre le crime organisé, magistrats et enquêteurs ont d'emblée classé ce nouveau règlement de comptes mortel – le quatorzième depuis le début de l'année à Marseille – dans la catégorie du grand banditisme. Contrairement aux nombreux assassinats commis sur fond de trafic de stupéfiants, "nous ne sommes pas dans une affaire de néobanditisme de cité, confie une source proche de l'enquête, mais vraisemblablement dans une lutte entre deux équipes".

"IL A ÉTÉ ABATTU COMME UN ANIMAL"

 … Avant cette série de vols qu'il a toujours contestés, Adrien Anigo avait déjà connu la prison, et son casier judiciaire portait neuf mentions entre 2001 et 2005. "La détention l'avait profondément meurtri, assure son avocat, Me Christophe Bass. Il me donnait l'image de quelqu'un qui se tenait à distance de relations pouvant le polluer. Il a été abattu comme un animal, ce qui me choque car je le voyais éloigné d'un tel milieu."

 … Moins de douze heures avant l'assassinat d'Adrien Anigo, un employé d'une déchetterie de La Ciotat (à 25 km à l'est de Marseille) était abattu dans le plus pur style des règlements de comptes alors qu'il allait prendre son travail à 5 h 30.

2013/09/15

L'Express Tente de Descendre Jean-François Revel

Dans certains métiers -intellectuel, adjudant-chef, Premier ministre-, gueuler est un art 
écrit Philippe Chevallier dans un article de L'Express (obrigado para OT) dans lequel il essaie de démolir Jean-François Revel.

 Ce qui confirme bien les paroles de Roger-Pol Droit dans Le Monde, que ce "penseur hérétique et relapse" qu'était Revel, celui aux pamphlets motivés par le "refus des charabias, des boniments, des fumigènes", était "copieusement haï de l'intelligentsia" parce qu'il "osait n'être pas marxiste" et — surtout — qu'il "avait osé dire que les rois philosophes étaient nus, la Sorbonne un asile de gâteux arrogants et la philosophie une affaire classée depuis le XVIIIe siècle."

2013/09/13

“Je regrette d’avoir abandonné le chômage pour ouvrir ce magasin” — En réalité le PS n’est plus le parti des travailleurs ; Le PS est devenu le PAS : le Parti des ASsistés

Le site Enquête & Débat a interrogé le porte-parole du nouveau parti belge La Droite, Aldo-Michel Mungo, pour voir s'il pourrait s'agir d'un parti d'extrêmistes, de fanatiques et d'autres individus peu recommendables aux idées insensées, loufoques et dangereuses.
Pourquoi avoir créé un nouveau parti et pourquoi l’avoir appelé “LA DROITE”?

Aldo-Michel Mungo : Pour la même raison: Parce qu’il n’existe plus aucun parti aujourd’hui en Belgique qui défende les valeurs économiques “de droite”. Tous les partis se veulent sociaux. Nous aussi, seulement nous, nous n’oublions pas que le social ne peut exister que si l’économie fonctionne bien, donc si elle est régie par des règles libérales. Ce qui signifie le moins d’impôts possible, le moins d’administration possible, le moins de règles contraignantes par rapport à la concurrence internationale. Or, qui défend encore l’économie libérale aujourd’hui? Le MR et l’OPEN VLD? Voyez tous les conclaves budgétaires!  …  La réalité, c’est que le MR et l’OPEN VLD ont oublié ce que sont les valeurs libérales. Il y a donc là un vide à combler. Et pour cela, quel meilleur nom choisir que “LA DROITE”, tout simplement?

Si vous vous appelez LA DROITE, vous êtes opposés à la gauche?

Non! Ou plus exactement: oui ET non.

OUI parce que nous nous opposons à toutes les dérives de la gauche en Belgique: les nominations politiques (en Wallonie, plus d’un citoyen sur deux travaille pour le compte de l’État), la corruption (savez-vous que la Belgique a la réputation d’être le pays le plus corrompu du monde?), le réflexe de vouloir toujours dépenser plus (en oubliant que cela alourdit nécessairement l’impôt), la multiplication des règles bureaucratiques auxquelles doivent se soumettre les entreprises (alors que leur souci premier, c’est de faire face à la concurrence internationale), etc.

NON parce que nous partageons les deux valeurs fondamentales de la gauche (qui sont d’ailleurs, rappelons-le, à l’origine celles du libéralisme): assurer à tous les travailleurs de bien gagner leur vie, et assurer le progrès de la société par rapport aux traditions conservatrices du passé. Le problème, c’est qu’aujourd’hui le PS est devenu le parti conservateur de la gauche-caviar: il se complait dans un beau langage “de gauche” mais s’est éloigné des travailleurs mal payés. Et le travailleur le plus mal payé aujourd’hui, c’est le petit indépendant. J’ai encore croisé l’autre jour un petit commerçant qui me disait: “Je regrette d’avoir abandonné le chômage pour ouvrir ce magasin”. Cette situation n’est pas normale.

Pourtant, la défense des “petits”, c’est le “core business” du PS?

C’est ce qu’ils prétendent. C’est même ce qu’ils croient. Mais en réalité le PS n’est plus le parti des travailleurs. Le PS est devenu le PAS : le Parti des ASsistés. Vous croyez que la majorité des ouvriers vote PS? Pas du tout. Ceux qui ont intérêt à voter PS, ce sont surtout ceux qui ne travaillent pas : les chômeurs et les bénéficiaires d’allocations diverses. Tous ces gens doivent être aidés, bien sûr (hormis les fraudeurs). Mais il est essentiel que leur premier objectif reste de trouver un travail. Et pour cela il faut qu’ils y gagnent plus. Or, aujourd’hui, c’est le contraire: un jeune qui a été inséré dans le système de l’assistance perd de l’argent quand il trouve un emploi, à cause des divers avantages qu’on lui avait octroyés (transports gratuits, logement, etc.) et qui vont disparaître! Ce n’est pas normal…  …
 
Vous avez d’autres revendications en tant que parti LA DROITE ?

 Oui, bien sûr : notre programme est très complet et vise toujours le même objectif: encourager le travail. Pourquoi? Parce que c’est le seul moyen d’augmenter le pouvoir d’achat. Par exemple, nous demandons à l’Etat d’oser cesser de taxer les morts: pourquoi leurs héritiers doivent-ils encore payer des taxes sur des biens qui ont déjà fait l’objet de taxations multiples? D’oser supprimer le revenu cadastral sur le logement familial : pourquoi payer un loyer à l’état sur un bien qui nous appartient, que nous occupons et sur lequel nous avons déjà payé des droits lors de l’achat? D’oser limiter le personnel politique : la Belgique est le pays qui compte le plus de ministres par habitant, de mandats publics, de fausses asbl politiques subsidiées, de parlementaires et de niveaux de pouvoirs. D’oser interdire la double nationalité comme c’était le cas il y a 50 ans : Pourquoi diable certains citoyens auraient-ils le droit d’appartenir à deux nations à la fois? D’oser enfin lier les droits aux devoirs : la Belgique n’est pas capable financièrement d’assurer l’assistanat à vie à tous ceux qui veulent venir s’y installer sans jamais y travailler. La population belge active a toujours voulu être très solidaire. Elle a pu aider sans trop de problèmes 1, 10, 100, 1.000, 10.000, 100.000, 500.000 personnes sans travail. Mais quand ces 500.000 deviennent 1.000.000, alors là, c’est trop. Si l’on continue on va ruiner le pays pour plusieurs générations.

2013/08/23

Le Monde au service des politiciens qui brisent leurs promesses

Typique des journalistes dépendants de l'État de prendre les déclarations auto-congratulatoires des politiciens pour argent comptant et publier un article qui soutient leur politique mensongère.  Et pas n'importe où ; en titre principal sur la Une du quotidien de référence, Le Monde ! (Trop fort, "politique mensongère", exagéré ? Peut-être ; mais lisez donc la suite…)
Faut-il taxer plus lourdement le diesel, cette addiction française ? titrait Le Monde sur la Une il y a quelques mois, en utilisant le spectre d'une société malade, à l'agonie presque, comme excuse pour imposer (encore) un impôt sur les Français.

Notez que Le Monde prend comme acquis, qu'il ne met pas en doute, la prémisse, la présomption, qu'il y ait une addiction française.

Non, Messieurs : il n'y a pas d'addiction qui soit.

En Normandie, un ouvrier utilise sa voiture pour aller au boulot.

En Auvergne, un fermier utilise son camion pour emmener ses volailles au marché.

En Alsace, un PDG utilise sa bagnole pour aller au bureau.

En Bretagne, une femme au foyer emmène ses enfants voir les endroits touristiques.

Partout, des individus utilisent leurs véhicules pour leur besoin personnel et/ou professionnel, et cela sans se préoccuper de leurs voisins ou du reste de leurs concitoyens — et l'idée qu'il faille parler d'une quelleconque "addiction française" n'a pas le moindre sens et est complètement illogique.

Sauf — évidemment — dans le but de hausser les impôts.

Pour notre bien.

Bien entendu.

Évidemment, le diesel avait été loué, aux Cieux, par le même corpus de politiciens (ou par les "pères" des politiciens actuels, mais c'est exactement la même chose) comme une sorte de panacée, et donc ne devait pas être taxé lourdement, pas autant que l'essence normale.

Du coup, les automobilistes aiment. Et achètent. Achètent voitures diesel. Et achètent carburant diesel.

Bientôt, les politiciens découvrent que ça fait un beau pactole, tout ce fric, c'est triste de ne pas en (ab)user ("les quelque 7 milliards d'euros de recettes supplémentaires"), et que ce ne serait une mauvaise idée de le taxer.

Malheureusement, cela pourrait être considéré comme un mensonge par la population ("politiquement délicat").

Alors, que faire ?

Inventer une maladie — une addiction.
(Sans parler d'un tas d'autres soucis, difficilement prouvables…)
Pour bien faire comprendre aux Français que c'est pour leur bien que les politiciens vont nous imposer un impôt de plus.

Ça y est ? Vous commencez à comprendre pourquoi les Tea Parties sont apparus aux USA ?

Un grand merci au Monde, en tout cas, pour leur contribution aux politiciens afin de les aider à briser leurs promesses.

2013/08/19

Pour Le Monde, l'Amérique est un pays d' "excités de la gâchette" qui "jouent aux superflics"


Alors, pour bien entretenir l'histoire du racisme en Amérique (merci l'Éducation Nationale), comme le fait Louise Couvelaire dans son article sur "Les nouveaux shérifs d'Amérique" pour M le magazine du Monde, il faut surtout présenter George Zimmerman comme un blanc, un "excité de la gâchette" qui "joue" aux " superflics" et qui lors de ce "jeu" aurait presque nonchallamment abattu un Noir, un Noir qui serait un adolescent innocent et inoffensif, pour ne pas dire un lycéen des plus sérieux (de préférence en montrant une photo prise il y a 3-4 ans lorsque Trayvon Martin avait 13 ans).
[Cet "ambassadeur" qu'est] Nick Levin ne fait pas partie de ces citoyens américains qui jouent aux superflics, garants autoproclamés de l'ordre public. Il n'a rien à voir avec un George Zimmerman, ce milicien de quartier acquitté le 13 juillet dernier du meurtre de Trayvon Martin, un adolescent afro-américain tué par balle en Floride en 2012. 

 … Personne ne veut de cow-boys dans les rues. A l'image de certains excités de la gâchette, membres des milices de quartier qui, sans supervision ni expérience, organisent des rondes pour surveiller les rues. De plus en plus nombreuses, ces milices ne font pas l'unanimité. La police comme les agents de sécurité privée s'en méfient. "Ils nous appellent pour un rien, confie Franck Flores. Ils sont complètement paranos."
Il faut surtout oublier, ou minimiser, le fait que George Zimmerman est latino, qui vit dans un voisinage infesté de crimes, et que lorsqu'il a appuyé sur la gâchette, il était par terre, sur la bitume, sous (le grand gabarit de) Trayvon Martin, en train de se faire fracasser la tête dans le ciment.

2013/08/18

Les images et la rhétorique des Le Pen et du FN

aroles, paroles, paroles... » Marine Le Pen aime chanter ce tube de Dalida pour dénoncer les promesses de vent de ses adversaires politiques. Pourtant, s'il est bien un parti qui, faute de mandat exécutif, existe avant tout comme discours, c'est le Front national. Car tout autant qu'un groupe politique, c'est un système de communication global - des hommes mais aussi des mots -, qui explique son succès.
Depuis sa fondation, en 1972, selon Cécile Alduy dans Le Monde, le Front national s'appuie sur un imaginaire de la décadence française, un récit anxiogène d'une redoutable efficacité
Dès la fin des années 1970, les leaders du parti, s'inspirant du théoricien socialiste Antonio Gramsci, se lancent explicitement dans une bataille sémantique. Or un retour sur quarante ans de parole frontiste révèle une remarquable stabilité des structures profondes de ce discours extrême. Au-delà des effets de surface - néologismes et calembours du patriarche, humour policé de la fille -, ce sont les mêmes mythes ancestraux que propage le Front national depuis sa création en 1972 : décadence, nostalgie d'un âge d'or révolu, théorie du complot et appel au chef messianique trament un récit national d'une efficacité redoutable.

L'une des forces du frontisme est d'être une forme de discours qui fait immédiatement sens. La cohérence anthropologique de la vision du monde qu'il véhicule explique en partie la longévité politique et l'attractivité d'un parti dont le programme s'est pourtant fossilisé en 1978.

La cosmologie lepéniste est fondamentalement une eschatologie : la fin du monde, ou plutôt de la France, est annoncée à longueur d'années. Jean-Marie Le Pen est le prophète des visions apocalyptiques : barbarie, anarchie, fléaux, et « torrents de sang » émaillent ses textes. Marine Le Pen se contente de rationaliser le vocabulaire millénariste dont elle hérite.
Un deuxième article de Cécile Alduy vient complèter la page, La rhétorique diabolique des Le Pen :
EAN-Marie Le Pen jouait volontiers au diable ; Marine Le Pen se campe en ange laïc. Mais la « dédiabolisation » ne signifie pas l'abandon d'une mythologie manichéenne d'inspiration biblique : le potentiel émotionnel de cette configuration fantasmatique est trop puissant pour ne pas être exploité.

Jean-Marie Le Pen a sciemment participé à sa propre diabolisation. Très tôt, il comprend l'intérêt médiatique et la légitimité morale paradoxale que cette double posture de victime et de trublion lui confère. Tandis que l'ethos victimaire fait de lui un martyr, il puise son autorité dans une parole subversive, donc vraie : Lucifer « porteur de lumière » dit les vérités qu'on ne veut pas entendre.

2013/08/17

L'image de la Grande Dépression américaine n'a jamais plu à Florence Owens ni à ses enfants, embarrassés d'être réduits à des victimes


La Mère migrante, la vraie, n'a jamais correspondu à sa légende, et n'a jamais apprécié d'être réduite à un symbole
écrit Claire Guillot dans un article dans la série du Monde, Ce que l'on croit voir...
Cette femme au visage marqué et au geste inquiet, qui serre contre elle ses trois enfants en haillons, a été photographiée par Dorothea Lange en 1936 au camp de Nipomo, en Californie. Incarnation du dénuement mais aussi du courage, elle a fini par symboliser la Grande Dépression américaine et la résilience d'une nation face à la crise. Roy Stryker, employeur de Dorothea Lange à la Farm and Security Administration (FSA), voyait même en elle une madone universelle : "Elle a toute la souffrance de l'humanité mais sa persévérance aussi. Une retenue et un étrange courage. Vous pouvez voir tout ce que vous voulez en elle. Elle est immortelle."

Dorothea Lange avait été recrutée par la Resettlement Administration, future FSA, pour illustrer l'action du gouvernement en faveur des travailleurs agricoles migrants. Elle a raconté en 1960 avoir pris la photographie un peu par hasard. En mars 1936, en suivant une pancarte, elle tombe sur le camp de travailleurs de Nipomo, en Californie.

 … Son nom n'émergera que quarante ans plus tard. Florence Owens Thompson, elle-même, écrit à un journal local en 1979 pour dire tout le mal qu'elle pense de l'image qui l'a représentée. Elle n'est pas vraiment une migrante, puisqu'elle résidait déjà en Californie quand la Dépression a frappé. Mieux, elle n'est pas une Américaine blanche chassée de sa ferme par la crise, mais une Indienne de la tribu Cherokee, née en 1903 dans une réserve de l'Oklahoma – où sa tribu avait atterri après avoir été dépossédée de ses terres. Alors que la FSA en a fait son héroïne, Florence Owens Thompson s'est toujours méfiée du gouvernement : "Sa plus grande peur, dira plus tard son fils Troy Owens, était que si elle demandait de l'aide, on lui prendrait ses enfants."

Les souvenirs de Dorothea Lange, en plus d'être parcellaires, se révèlent inexacts. Le jour de la photo, Florence Owens n'habite pas dans le camp de Nipomo, elle s'y est juste arrêtée avec sa famille le temps de faire réparer sa voiture – dont elle n'a jamais vendu les pneus. …


UNE FEMME AIGRIE ET PLEINE D'AMERTUME

En 1979, celle qui vit dans un mobile home se sent trahie par la photographe et exploitée : "Je regrette qu'elle ait pris ma photo. Je ne peux pas en tirer un seul centime. Elle ne m'a jamais demandé mon nom. Elle a dit qu'elle m'enverrait une copie et elle ne l'a jamais fait." On découvre une femme aigrie et pleine d'amertume, bien loin du mythe glorieux.

L'image n'a jamais plu à Florence Owens ni à ses enfants, embarrassés d'être réduits à des victimes. En 2002, le réalisateur Geoffrey Dunne leur donne la parole dans le magazine New Times. Norma Rydlewski, le bébé sur la photo, déclare : "Maman était une femme qui aimait la vie, qui aimait ses enfants. Elle aimait la musique et elle aimait danser. Quand je regarde cette photo, cela m'attriste. Ce n'est pas comme ça que je me souviens d'elle."

 C'est seulement à sa mort que la famille se réconcilie avec l'icône.

2013/08/16

Chaque fois qu'une vague de répression policière se répand sur les routes, le nombre d'automobilistes tués augmente



Des amendes, toujours des amendes ! L'État ne sait faire que ça depuis plus de trente ans, frapper les citoyens pour d'obscurs délits tout en escamotant ce qui est de son devoir et pour lequel nous cotisons tous par nos impôts : l'amélioration des routes et la disparition des points noirs routiers mortels. Ce sont pourtant deux mesures qui réduiraient indiscutablement le nombre de morts sans passer par la répression et qui recueilleraient l'adhésion générale.
Ainsi parle jpdelespinay dans son article, PRETENDANT "SAUVER NOS VIES" SUR LES ROUTES, L'ÉTAT NOUS TUE POUR DE L'ARGENT.
L'État entend faire supporter de nouveaux efforts prétendument sécuritaires par les citoyens, qui ne lui demandent rien, refusant d'assumer son rôle et nos impôts pour ce qu'on lui réclame à corps et à cris : l'amélioration des voies de circulation. Cette répression … exaspère même [des élus] qui s'en plai[gne]nt ouvertement. Citons Yves Albarello, député UMP de Seine-et-Marne : "Le gouvernement est dans sa bulle, sourd aux attentes de milliers de français" … 

II - La répression routière, un procédé qui tue au lieu de sauver

Regardez cette courbe [ci-haut] de la Sécurité Routière :

Comme on le voit, de 1972 à 2008 la tendance est à la baisse constante de la mortalité, avec des soubresauts mortels qui vont justement être analysés plus loin. Cette baisse est due à un ensemble de facteurs en constante amélioration : état des routes, véhicules de plus en plus sûrs, de moins en moins de conducteurs du dimanche, circulation de plus en plus dense obligeant à une attention accrue et à de petites vitesses (en 2002, 29 tués pour un million d'habitants dans les Hauts-de-Seine et 292 en Ariège, un des départements les moins peuplés).

La courbe montait jusqu'en 1972, puis de 1972 à 1974, elle chute presque verticalement, grâce aux 50 % de morts évités par l'installation progressive de la ceinture dans les voitures. La ceinture solidarise l'occupant au véhicule : "en cas de choc la force de retenue est de 50 kg avec les bras, 150 kg avec les jambes et de 3 tonnes avec la ceinture de sécurité" (Saser). Les Français l'ont si bien compris que la quasi-totalité boucle sa ceinture avant de partir (97 % en 2007), privant nos gendarmes et nos policiers de ressources en amendes de ce côté-là.

 … Qu'a-t-il bien pu se passer en 1974 qui inverse si brutalement la tendance ? Inutile de chercher loin : le seul facteur nouveau et brutal de cette année-là sur nos routes, c'est la généralisation de la limitation de vitesse, qui se traduit par la généralisation des contrôles policiers. La mortalité remonte dramatiquement pendant 3 ans !

 …La leçon est claire : chaque fois qu'une vague de répression policière se répand sur les routes ou que l'automobiliste se sent menacé dans son droit à conduire, le nombre d'automobilistes tués augmente. Pourquoi ? Parce que c'est le moment où les conducteurs sont contraints de respecter à la lettre une limitation de vitesse antinaturelle. Une vitesse trop basse endort l'attention et cause la somnolence. Et la somnolence est devenue, et de loin, le 1er facteur de mortalité sans que l'État ne le fasse savoir :


Il est prouvé scientifiquement que la vitesse en elle-même ne tue pas. C'est l'inattention qui tue. Au contraire, la vitesse sauve des vies car elle oblige à davantage d'attention de la part du conducteur. Dans son numéro de septembre 1991, Science et Vie publiait un long article intitulé "Non, la vitesse ne tue pas !". Vu certaines réactions indignées, la revue sortit un second article en novembre 1991 qui répondait aux objections et confirmait fermement le premier. Citons aussi la fameuse expérience de l'État du Montana aux États-Unis, qui institua pendant 4 ans la vitesse libre sur autoroute de 1995 à 1999, contrairement à tous les autres états américains. Le nombre des morts chuta à un niveau "historiquement bas". Le Congrès (les députés américains) s'en émut et décida que cette mesure était "inconstitutionnelle" ! Le Montana fut contraint de rétablir en 2000 la répression. Le nombre de morts augmenta aussitôt de 43 % ! Vous croyez que les politiciens revinrent sur leur décision ? Non... Là-bas aussi, les élus tuent leurs concitoyens pour de l'argent.


IV - DEPUIS bientôt 40 ANS, l'etat invente des delits pour nous racketter et tant pis si ça nous tue !

Depuis 1974, nos présidents sont issus de l'administration. De Gaulle était militaire, Pompidou professeur (mais il est le seul à avoir aussi dirigé des entreprises), Giscard est énarque et polytechnicien, Chirac est énarque, Mitterrand écumait les postes dans les ministères de la 4ème et la 5ème républiques. Quant à Sarkozy, le seul non-fonctionnaire, c'est un avocat devenu rapidement politicien allié de fait de la haute administration, qui l'a remercié en le portant au pouvoir. 

 … Ces présidents-là ne savent pas gérer un Etat, faute d'avoir jamais rien géré avant d'arriver au pouvoir. Ils font de la politique politicienne : ils privilégient une clientèle. Et bien entendu celle à laquelle ils appartiennent : la fonction publique. D'où la croissance permanente du nombre de fonctionnaires et d'agents payés par les pouvoirs publics en France et leurs revenus bien supérieurs à la moyenne nationale. Aujourd'hui, ils sont 7 millions à être rémunérés par l'Etat, soit le quart de la population active. Leurs patrons ce sont les "hauts-fonctionnaires". Des super-diplômés bombardés patrons de services de l'Etat dès la sortie de l'école, qui n'ont jamais mis le pied sur le terrain, jamais travaillé en entreprise, qui méprisent le privé faute d'avoir le courage d'y avoir fait leurs classes comme Pompidou, qui détestent les patrons dont ils jalousent la compétence. Leur incapacité est inscrite dans leur CV mais c'est eux qui dirigent, c'est eux notre "élite"...

Ces 7 millions coûtent cher ! Il faut financer leurs salaires, les charges, leurs excès et leurs erreurs, le tout en permanente augmentation. Sans parler de la capacité de nuisance d'un grand nombre d'entre eux - proportionnelle à leur pouvoir - sur la progression de notre économie, donc de notre niveau de vie ! Nos présidents-fonctionnaires ne savent pas gérer un Etat : "en France, depuis 1975, le budget de l'État est chaque année déficitaire" (Wikipédia). Comme par hasard... depuis Giscard ! Faute d'intelligence, ils ont toujours retenu la solution bête pour remplir les caisses de l'État : ils puisent de force l'argent dans les poches des Français et des entreprises. D'où cette augmentation constante des impôts, des taxes, de la TVA, la réduction des "niches" et les services de l'État qui deviennent payants … Mais le citoyen renâcle devant cette accumulation de prélèvements obligatoires ! Alors, on crée des lois... Des lois qui inventent des délits. Des lois impossibles à respecter. Ces lois vont générer une pluie de sanctions donc du cash !

L'irresponsabilité est l'un des attributs du fonctionnaire comme du politique et ils y tiennent tous les deux. Que la répression tue, quelle importance pour eux, si l'argent rentre ?

2013/08/15

"The Total State": The 3 Philosophers Who Prepared the Road for Adolf Hitler

Pour le philosophe et écrivain Jean-Pierre Faye, soixante-dix ans après, il faut enfin admettre que ce sont trois grands esprits philosophiques – Heidegger, Jünger et Schmitt – qui ont fait le lit d'Hitler.
 … existe-t-il des écrits vraiment nazis de Heidegger, le philosophe auquel allait notre respect en raison de ses essais "existentiels" des années 1920 ? L'honnêteté de la lecture découvre en effet chez lui des écrits politiques marqués plus gravement encore que ceux de son ami l'écrivain et essayiste Ernst Jünger (1895-1998), l'auteur, dès 1930, de La Mobilisation totale (Die totale Mobilmachung), traduite en français et publiée chez Gallimard en 1990.

"L'ETAT TOTAL"

Ceux-ci se prolongent chez l'ami Carl Schmitt, l'idéologue de "l'Etat total", à qui Hitler devra, pour une très grande part, d'avoir reçu le pouvoir en 1933 – par l'effet même de la conférence sur le totale Staat que Schmitt donne, le 23 novembre 1932, devant les représentants de la grande industrie. Une amitié intensément politique lie alors Heidegger à Jünger et, par lui, à Carl Schmitt. C'est le triptyque des noms qui dessine un temple d'acceptation pour l'idéologie propagée par la furie hitlérienne.

Il faut lire les écrits politiques d'Heidegger en 1933-1934 pour saisir ces enjeux. Dès son "Appel aux étudiants" du 3 novembre 1933, il prononce : "Le Führer lui-même et lui seul est la réalité allemande d'aujourd'hui et de demain..." Et sa "Profession de foi en Adolf Hitler", la Bekenntnis zu Adolf Hitler en décembre 1933, décrit le Führer comme l'instant de "retourner à l'essence de l'Etre". Le Führer devient une ontologie...

Bien pire, son "Appel pour le service du travail", le 23 janvier 1934, souligne "l'empreinte préfigurée dans le Parti national-socialiste ouvrier allemand". Ce parti dont le nom est raccourci par Goebbels en Parti nazi-sozi, ou en version courte : Nazi. Il s'agira en effet des camps de travail, salués par Heidegger comme "le bienfait qui émerge du mystère vivifiant qu'est l'avenir nouveau de notre peuple"... Le délire nazi atteint son apogée.

Car au même moment surviennent d'autres camps de travail, dits "camps de concentration", qui couvrent le territoire national. Durant la seconde guerre mondiale, apparaissent en Pologne ceux qui sont nommés secrètement les camps d'extermination, les Vernichtungslager.

 Or le 1er mai 1933, Heidegger et Carl Schmitt adhèrent au Parti nazi. Il faut souligner le fait que l'adhésion au parti unique est difficile dans le Reich hitlérien. Contrairement à l'Italie mussolinienne, où tout le monde prend sa carte, comme la "carte du pain". Il y aura 24 millions d'adhérents au Parti fasciste, 8 millions seulement au parti hitlérien. Le geste de l'adhésion est donc grave et contrôlé. Heidegger, dans son cours de décembre 1933 sur Héraclite..., énonce la nécessité de "l'attaque", dans le but "d'effectuer l'extermination totale".

LES CAMPS D'EXTERMINATION

Ce terme terrible va marquer les Vernichtungslager, les camps d'extermination hitlériens de 1942-1945. Surgis dans la Pologne anéantie : à Chelmno, à Belzec, Auschwitz-Birkenau, Maïdanek, Sobibor, Treblinka... Ce terme s'inscrit dans la plus terrible réalité de l'Histoire. Heidegger aura-t-il connaissance de ce qui a lieu dans les camps de Pologne ? Jünger note dans son journal ce qu'il entrevoit en 1943 à Lodz, en deçà du front de l'Est...

Mobilisation totale, Etat total, extermination totale : ces trois formules dessinent l'Europe en état de guerre. Jünger, Carl Schmitt, Heidegger prononcent en ces termes le réel le plus dangereux et la même terreur politique croissante.

 … Carl Schmitt ? Ce juriste est un ami de longue date pour Jünger, ce dont témoigne son journal posthume, comme Jünger devient l'ami intense d'Heidegger. Carl Schmitt a donc en décembre 1932 donné sa conférence décisive devant ce qui se nomme "l'Union au Long Nom", réunissant les plus grands de la grande industrie. La conférence de Schmitt devant un tel auditoire culmine dans l'exigence de fonder "l'Etat total" – Etat qui doit s'affirmer "total au sens de la qualité et de l'énergie"... Un Etat qui s'attribue "les moyens de la puissance"...

Ainsi l'Etat total est-il défini par Schmitt en opposition à l'Etat "quantitativ total", celui qui se retrouverait gonflé d'entreprises nationalisées... Au contraire, "l'Etat total en ce sens est un Etat fort... Il est total au sens de la qualité et de l'énergie, comme l'Etat fasciste se nomme "Stato totalitario"", précise Carl Schmitt, reprenant les termes du fascisme italien. Mais qui sait aujourd'hui que le mot "totalitaire" est une improvisation mussolinienne ?

Voici surgir la doctrine de Schmitt sur les "nouveaux moyens de puissance". Nous sommes le 23 novembre 1932. Dans un mois et une semaine, l'ex-chancelier von Papen, dont Schmitt est l'avocat, et dont le chancelier Schleicher a pris la place, aura préparé la "combinaison" du 30 janvier 1933. Donnant le pouvoir au caporal Hitler, méprisé et haï par le président Hindenburg, qui pourtant le nomme chancelier du Reich. …

"LES MOYENS DE LA PUISSANCE"

La formule de Schmitt souligne les enjeux : "L'Etat total" est l'Etat des "moyens de puissance", et non des socialisations, il se gonfle de police, et non d'entreprises socialisées. Le totale Staat hitlérien vient prendre la relève du Stato totalitario fasciste. Car le mot "totalitär" n'est pas un terme hitlérien : il est refusé comme "trop libéral" par le juriste nazi Wilhelm Stuckart, celui dont Eichmann sera le subordonné.

 … Par Carl Schmitt, juriste spécialisé dans le droit d'Etat, est donc apparue cette proposition grave, dans sa conférence de novembre 1932 : c'est la figure de "l'Etat total" – cette formule dangereuse d'où va survenir le mot "totalitarisme", aujourd'hui courant, exploré plus tard par Hannah Arendt, qui va pourtant méconnaître son origine mussolinienne.

On peut sous-estimer la magie toxique de ces creuses formules. Et négliger le lien étroit entre Carl Schmitt, Heidegger et Jünger, le porteur de la mobilisation totale. Car ce triumvirat va demeurer en marge du IIIe Reich qui survient. Mais Jünger l'a annoncé, par sa formule explosive. Carl Schmitt l'énonce violemment en termes de "droit" – ou de "contre-droit"...

 … Ainsi les trois amis, Schmitt, Jünger, Heidegger – l'étrange trio des penseurs – contribuent au langage de ce Reich qui dévaste l'Europe de la seconde guerre mondiale. Tous trois se retrouvent donc en 1955 pour fêter l'anniversaire de l'un d'eux, Jünger. A l'occasion de cette fête, Heidegger décrira ce qu'il nomme l'Abbau, que le philosophe français Gérard Granel (1930-2000) traduira par la "déconstruction".

Cette inflation des langages débouche dans ce qu'Heidegger revendique à son compte comme "la Terreur". Cette terreur aura suscité de surcroît pour notre avenir l'arme de la destruction absolue.

2013/08/14

Encore une p'tite bière et une barbe à papa, et le capitalisme s'effondrera de lui-meme comme un fruit mûr


A La Courneuve, chaque deuxième week-end de septembre que font Marx et Engels, se tient la Fête de L'Humanité, dite "Fête de L'Huma". Fête du quotidien communiste fondé en 1904 par Jaurès, L'Humanité. Fête des luttes, des régions, des débats, des livres, de la musique. Pendant trois jours, on voit des visages qu'on ne voit jamais. Si, à la Foire du Trône : les visages du peuple détendu. Les artistes du monde entier auront défilé ici. Tel fut le conservatoire national de Marc Perrone, en face de la cité.
Francis Marmande célébre la fête des communistes.
UN RESTE TERRESTRE

Fête lancée en 1930 par Marcel Cachin, mille camarades participent à sa première édition. Perrone dit "les copains". En 36, la Fête du Front populaire dépasse les 300 000 participants (le double, aujourd'hui). Dédicaces, discours, stands de boissons exotiques, chaleureuse ambiance, quel est l'en-plus de la Fête de L'Huma ? Certaine camaraderie diffuse, une joie de vivre et de partager, sans compter le regret de ce qui n'existe probablement plus que là.

Programme de la grande scène en 1973 ? Chuck Berry, Alan Stivell, Catherine Ribeiro, Ange, Sun Ra, Robert Charlebois. Au fait, en 1968 ? Mireille Mathieu... Historiens, au boulot ! Epoque et idéologie par les programmes de la Fête de L'Huma. Dans les années 1970, le PSU, la LCR, Lutte ouvrière, tous les journaux et mouvements gauchistes faisaient leur fête. Avec leur mixture d'utopie, de nourritures terrestres et de musiques.

 … Question subsidiaire : pourquoi, d'un Parti communiste et d'un journal aussi affaiblis ou menacés, ne subsiste que la Fête de L'Huma ? Et si les fêtes n'étaient que le reste terrestre des rêves ?
Un lecteur réagit :
A. de Tocqueville
Encore une petite biere et une barbe a papa et le capitalisme s'effondrera de lui-meme comme un fruit mur, victime de ses contradictions socio-historico-materialisto-imperialistes. Au moins je vois qu'on vend des T-shirt ornes de la faucille et du marteau, le meme symbole qui flottait au-dessus des goulag, et au nom duquel Staline et Mao ont massacre des dizaines de millions de "camarades".

2013/08/13

Surtout, il s'agit d'un Noir en couple avec une Blanche, qui plus est blonde


Un des plus grands photographes américains de New York s'appelle Garry Winogrand (1928-1984)
nous raconte Pauline Auzou dans le cadre d'un article du monde de la série Ce que l'on croit voir... où elle peut puiser dans ce sujet cher aux élites et aux journalistes européens tout en étant adoré des Européens moyens — le racisme (prétendu ou réel) en Amérique.
Dans le genre compulsif. Il descendait dans la rue, marchait, et déclenchait comme un forcené, se demandant à quoi pouvaient ressembler les gens une fois qu'ils étaient prisonniers de son objectif grand angle.

Il essayait d'y caser le plus possible d'informations, sans message à livrer. "Il trouvait ennuyeuses et trop évidentes les photographies à message politique", confirme Peter Galassi, ancien directeur de la photographie au Musée d'art moderne de New York (MoMA). Il ne considérait pas, non plus, qu'il avait une responsabilité sociale. Ses détracteurs n'appréciaient guère ce formalisme assumé. Les photos de Garry Winogrand reflètent pourtant la société américaine, celle de la consommation, de la libération des moeurs, le tout entre brutalité et tendresse.

Ce couple impeccable, elle blonde, lui noir, portant deux singes habillés comme des enfants, est une des grandes photographies de Winogrand. Elle a été prise en 1967. Elle figure dans sa première exposition en solo au MoMA, en 1969, intitulée "The Animals", qui était accompagnée d'un livre du même nom. La première lecture de l'image, donc, nous oriente vers les animaux, et non vers ceux qui les tiennent dans les bras.

 …  Une autre lecture de l'image est possible, qui nous ramène au couple. Rappelons le contexte. L'ivresse joyeuse des années 1950 aux Etats-Unis est passée, et les années 1960 se réveillent avec la gueule de bois. La guerre du Vietnam, l'assassinat de John Kennedy et la lutte des Noirs américains pour l'égalité des droits civiques impriment leur marque sur cette décennie. Les photos de Garry Winogrand, non sans humour, reflètent bien ce pessimisme ambiant.

L'image de ce couple a quelque chose d'amusant, avec ces deux petits singes qui se comportent comme s'ils étaient ses enfants. Il y a encore le visage sérieux des "adultes", comme si la scène n'avait rien d'incongru, qui renforce la froideur sinistre d'une photo de famille pourtant peu ordinaire. Et, surtout, il s'agit d'un Noir en couple avec une Blanche, qui plus est blonde. …

RACISME AMBIANT DANS CETTE PHOTO

Nous sommes ici à New York, ville plus libérale que beaucoup d'autres aux Etats-Unis. A sa façon, et par des chemins de traverse, Garry Winogrand parle du racisme ambiant dans cette photo où les enfants ne sont pas humains : ce sont des primates nés d'une union contre nature. "Winogrand a évidemment conscience, en la réalisant, de la dimension raciste de son image, affirme Peter Galassi. Néanmoins, il n'a fait que photographier une réalité qui existe, une scène anodine qui se passe dans un zoo. Si on l'avait accusé de racisme, il aurait alors répondu que c'est juste une image."

 … Aujourd'hui, il est à parier que, dans un film américain à grand spectacle, ce couple symboliserait l'harmonie apparente d'une nation multiculturelle.